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Auteur Cannes 2013]Le Dernier des injustes" et "L'Image manquante" : Claude Lanzmann et Rithy Panh, face à l'horreur   ( Réponses 4 | Lectures 2326 )
Haut de page 22/05/2013 @ 12:47 Bas de page
Cannes 2013]Le Dernier des injustes" et "L'Image manquante" : Claude Lanzmann et Rithy Panh, face à l'horreur Reply With Quote
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http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article...-rithy-panh-face-a-l-horreur_3409540_766360.html

- cet article

"Le Dernier des injustes" et "L'Image manquante" : Claude Lanzmann et Rithy Panh, face à l'horreur

LE MONDE | 21.05.2013 à 10h23 •
Par Jacques Mandelbaum


Il est une catégorie de films, très rares, dont on ne sait trop s'il convient de célébrer ou de déplorer la présence à Cannes.
On veut parler des nouveaux documentaires de Claude Lanzmann et de Rithy Panh, qui ont été présentés, sans doute pas par l'effet du hasard, dimanche 19 mai, à quelques heures d'intervalle.
On sait ce que le cinéma et l'Histoire doivent à ces deux hommes : d'avoir pensé une esthétique, et donc un témoignage exemplaire, sur deux des principaux génocides du XXe siècle. Celui perpétré entre 1942 et 1945 contre les juifs par les nazis, et entre 1975 et 1979 contre leur propre peuple par des marxistes cambodgiens dévoyés.
Se réjouir, donc, que la sélection cannoise vienne sanctionner, haut et fort, la valeur artistique de leurs nouveaux documentaires. Mais s'inquiéter, aussi bien, que le voisinage avec la foire aux vanités environnante ne soit quelque peu entaché d'obscénité. Il faudrait d'ailleurs commencer par justifier leur rapprochement dans ce compte rendu. Il repose sur davantage que leur souci commun de rendre compte d'un désastre historique. C'est, d'une part, que ces deux hommes ont fait de cette matière incandescente l'histoire de leur vie, et qu'à ce feu ils n'ont cessé de se consumer et de renaître. D'autre part, leur incessant retour sur le sujet, dont on pourrait craindre à la longue qu'il finisse par lasser ou indisposer, réserve à chaque nouvelle incursion la surprise mêlée de l'horreur sans fond et de l'intelligence qui s'y attachent. S'agissant plus précisément des films qu'on découvre aujourd'hui à Cannes, ils partagent à l'évidence la nécessité, nouvelle, d'autant plus émouvante que tardive, d'une exposition intime de leur auteur.

Après Shoah, film-monument dédié à la mémoire des juifs disparus, Claude Lanzmann a utilisé à plusieurs reprises l'immense matériau accumulé lors du tournage pour développer, dans des films nouveaux et toujours admirables, des aspects restés dans l'ombre de l'œuvre initiale. Contrairement à cette dernière, organisée sur le mode de la prolifération et de la fugue, ces surgeons creusent une problématique particulière autour d'un seul personnage, que l'art discursif et incisif de Lanzmann parvient à chaque fois à rendre inoubliable. Maurice Rossel, délégué de la Croix-Rouge, dans Un vivant qui passe (1997), sur l'aveuglement des témoins ; Yehuda Lerner, combattant héroïque, dans Sobibor, 14 octobre 1963, 16 heures (2001), sur la révolte dans les camps ; Jan Karski, résistant polonais, dans Le Rapport Karski (2010), sur la divulgation du génocide dans le camp allié.


UN FILM CHOC, VERTIGINEUX, AMER ET SARDONIQUE

A leur suite, on découvre aujourd'hui Benjamin Murmelstein dans Le Dernier des injustes. Film choc, vertigineux, amer et sardonique, portant sur la plus perverse des questions engendrées par l'horreur nazie : la compromission des victimes dans le processus de leur propre extermination, à travers la nomination, dans les ghettos, de responsables dénommés "doyens" à la tête des tristement célèbres conseils juifs (Judenrat).

Ces hommes étaient chargés d'encadrer administrativement l'horreur organisée par les nazis et de désigner ceux qui partaient dans les convois vers les camps. Intenable situation, qui conférait à quelques-uns l'illusion d'un pouvoir qui ne changeait rien, y compris pour eux-mêmes, à la politique d'extermination. Certains en abusèrent ; d'autres, au contraire, s'acharnèrent sinon à éviter, du moins à différer le pire.

C'est le cas de Benjamin Murmelstein, sombre et étincelant héros de ce film, que Lanzmann rencontre en 1975 à Rome. Rabbin à Vienne, il devient, en décembre 1944, le troisième président du conseil juif du ghetto de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, une antichambre de la mort camouflée en ghetto modèle. Ses deux prédécesseurs ont été remerciés d'une balle dans la nuque. Il sera le seul juif à avoir assumé cette fonction qui survivra au génocide.


AU-DELÀ DE LA VÉRITÉ OU DU MENSONGE

A l'époque où Lanzmann le rencontre, il vit reclus en Italie, au ban de sa propre communauté, objet d'une haine encore vivace parmi les survivants. Cet entretien, que Lanzmann mène sans aucun ménagement, est donc pour son interlocuteur une sorte de plaidoyer, une manière rétrospective de justifier son action et de laver son honneur.

Il n'est toutefois pas certain que l'intérêt du film consiste à juger de la sincérité de cet homme, qui paraît entière. Ce film, cet homme sont au-delà de la vérité ou du mensonge. Ils tirent leur puissance de la sidération morale suscitée par l'abjection, du côté bigger than life de ce diable d'homme sorti tout vif d'entre les cendres d'un peuple exterminé. Doté d'une intelligence étourdissante, d'un humour dévastateur, d'une tchatche d'enfer, en un mot d'une vitalité à toute épreuve, Benjamin Murmelstein est un monstre revenu impromptu d'un type d'enfer dont on n'a même plus idée. Interlocuteur "privilégié" d'Eichmann en Autriche et contempteur subtil des thèses d'Hanna Arendt sur la "banalité du mal", le picaresque monsieur Murmelstein, truculent vieillard à l'heure où Lanzmann le rencontre, vous racontera en un mot quelques histoires vraies auprès desquelles le scénario imaginaire d'Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino, paraît une très naïve comptine.

Il est un autre point qui rend ce film infiniment précieux. C'est la double présence à l'écran de Claude Lanzmann. Celle de l'homme mûr qu'il fut dans son face-à-face avec Murmelstein, et celle de l'homme vénérable qu'il est devenu aujourd'hui, psalmodiant d'une démarche désormais un peu vacillante de longues contextualisations historiques sur le quai d'une gare est-européenne ou dans l'enceinte de l'ancien camp. Dans ce repli du temps, naît l'impression que Lanzmann tend à distance la main à Murmelstein, dont il partage aujourd'hui, à l'heure où le génocide entre dans l'Histoire, l'infinie solitude et le sentiment d'être sans doute le dernier témoin. Cela suffit à le rendre bouleversant.


L'IMAGE COMME LIEU D'UNE ÉTERNELLE CARENCE

Une grande émotion saisira aussi le spectateur à la vision de L'Image manquante. Après beaucoup de films consacrés au sujet, dont S21, la machine de mort khmer rouge (2002) serait la pièce centrale, Rithy Panh fait ici surgir une parole intime, lui qui fut déporté enfant dans les camps de travail, où toute sa famille succomba. Comme son titre l'indique, le film part à la recherche de l'image manquante du génocide. A défaut de la trouver, l'auteur la fabrique. Figurines d'argile, archives, musique, incrustations, texte d'une infinie beauté dit en voix off, tout est bon à Rithy Panh, dans cette lente et douloureuse remontée vers une enfance assujettie à la mort, pour évoquer ce qui ne peut se montrer.


On ne peut manquer d'être frappé par la proximité de pensée entre Rithy Panh et Claude Lanzmann sur le statut conféré à l'image comme lieu d'une éternelle carence. Ce manque est justement ce qui porte leur film à la hauteur de l'absence qu'ils déplorent.

UN EXTRAIT DU "DERNIER DES INJUSTES" (sur YouTube)


Documentaire franco-autrichien de Claude Lanzmann (3 h 40).

Documentaire cambodgien de Rithy Panh (1 h 35).

Edité le 22/05/2013 @ 12:49 par robin des bois
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"Le Dernier des injustes" et "L'Image manquante" : Claude Lanzmann et Rithy Panh, face à l'horreur

LE MONDE | 21.05.2013 à 10h23 •
Par Jacques Mandelbaum


Il est une catégorie de films, très rares, dont on ne sait trop s'il convient de célébrer ou de déplorer la présence à Cannes.
On veut parler des nouveaux documentaires de Claude Lanzmann et de Rithy Panh, qui ont été présentés, sans doute pas par l'effet du hasard, dimanche 19 mai, à quelques heures d'intervalle.
On sait ce que le cinéma et l'Histoire doivent à ces deux hommes : d'avoir pensé une esthétique, et donc un témoignage exemplaire, sur deux des principaux génocides du XXe siècle. Celui perpétré entre 1942 et 1945 contre les juifs par les nazis, et entre 1975 et 1979 contre leur propre peuple par des marxistes cambodgiens dévoyés.
Se réjouir, donc, que la sélection cannoise vienne sanctionner, haut et fort, la valeur artistique de leurs nouveaux documentaires. Mais s'inquiéter, aussi bien, que le voisinage avec la foire aux vanités environnante ne soit quelque peu entaché d'obscénité. Il faudrait d'ailleurs commencer par justifier leur rapprochement dans ce compte rendu. Il repose sur davantage que leur souci commun de rendre compte d'un désastre historique. C'est, d'une part, que ces deux hommes ont fait de cette matière incandescente l'histoire de leur vie, et qu'à ce feu ils n'ont cessé de se consumer et de renaître. D'autre part, leur incessant retour sur le sujet, dont on pourrait craindre à la longue qu'il finisse par lasser ou indisposer, réserve à chaque nouvelle incursion la surprise mêlée de l'horreur sans fond et de l'intelligence qui s'y attachent. S'agissant plus précisément des films qu'on découvre aujourd'hui à Cannes, ils partagent à l'évidence la nécessité, nouvelle, d'autant plus émouvante que tardive, d'une exposition intime de leur auteur.

Après Shoah, film-monument dédié à la mémoire des juifs disparus, Claude Lanzmann a utilisé à plusieurs reprises l'immense matériau accumulé lors du tournage pour développer, dans des films nouveaux et toujours admirables, des aspects restés dans l'ombre de l'œuvre initiale. Contrairement à cette dernière, organisée sur le mode de la prolifération et de la fugue, ces surgeons creusent une problématique particulière autour d'un seul personnage, que l'art discursif et incisif de Lanzmann parvient à chaque fois à rendre inoubliable. Maurice Rossel, délégué de la Croix-Rouge, dans Un vivant qui passe (1997), sur l'aveuglement des témoins ; Yehuda Lerner, combattant héroïque, dans Sobibor, 14 octobre 1963, 16 heures (2001), sur la révolte dans les camps ; Jan Karski, résistant polonais, dans Le Rapport Karski (2010), sur la divulgation du génocide dans le camp allié.


UN FILM CHOC, VERTIGINEUX, AMER ET SARDONIQUE

A leur suite, on découvre aujourd'hui Benjamin Murmelstein dans Le Dernier des injustes. Film choc, vertigineux, amer et sardonique, portant sur la plus perverse des questions engendrées par l'horreur nazie : la compromission des victimes dans le processus de leur propre extermination, à travers la nomination, dans les ghettos, de responsables dénommés "doyens" à la tête des tristement célèbres conseils juifs (Judenrat).

Ces hommes étaient chargés d'encadrer administrativement l'horreur organisée par les nazis et de désigner ceux qui partaient dans les convois vers les camps. Intenable situation, qui conférait à quelques-uns l'illusion d'un pouvoir qui ne changeait rien, y compris pour eux-mêmes, à la politique d'extermination. Certains en abusèrent ; d'autres, au contraire, s'acharnèrent sinon à éviter, du moins à différer le pire.

C'est le cas de Benjamin Murmelstein, sombre et étincelant héros de ce film, que Lanzmann rencontre en 1975 à Rome. Rabbin à Vienne, il devient, en décembre 1944, le troisième président du conseil juif du ghetto de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie, une antichambre de la mort camouflée en ghetto modèle. Ses deux prédécesseurs ont été remerciés d'une balle dans la nuque. Il sera le seul juif à avoir assumé cette fonction qui survivra au génocide.


AU-DELÀ DE LA VÉRITÉ OU DU MENSONGE

A l'époque où Lanzmann le rencontre, il vit reclus en Italie, au ban de sa propre communauté, objet d'une haine encore vivace parmi les survivants. Cet entretien, que Lanzmann mène sans aucun ménagement, est donc pour son interlocuteur une sorte de plaidoyer, une manière rétrospective de justifier son action et de laver son honneur.

Il n'est toutefois pas certain que l'intérêt du film consiste à juger de la sincérité de cet homme, qui paraît entière. Ce film, cet homme sont au-delà de la vérité ou du mensonge. Ils tirent leur puissance de la sidération morale suscitée par l'abjection, du côté bigger than life de ce diable d'homme sorti tout vif d'entre les cendres d'un peuple exterminé. Doté d'une intelligence étourdissante, d'un humour dévastateur, d'une tchatche d'enfer, en un mot d'une vitalité à toute épreuve, Benjamin Murmelstein est un monstre revenu impromptu d'un type d'enfer dont on n'a même plus idée. Interlocuteur "privilégié" d'Eichmann en Autriche et contempteur subtil des thèses d'Hanna Arendt sur la "banalité du mal", le picaresque monsieur Murmelstein, truculent vieillard à l'heure où Lanzmann le rencontre, vous racontera en un mot quelques histoires vraies auprès desquelles le scénario imaginaire d'Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino, paraît une très naïve comptine.

Il est un autre point qui rend ce film infiniment précieux. C'est la double présence à l'écran de Claude Lanzmann. Celle de l'homme mûr qu'il fut dans son face-à-face avec Murmelstein, et celle de l'homme vénérable qu'il est devenu aujourd'hui, psalmodiant d'une démarche désormais un peu vacillante de longues contextualisations historiques sur le quai d'une gare est-européenne ou dans l'enceinte de l'ancien camp. Dans ce repli du temps, naît l'impression que Lanzmann tend à distance la main à Murmelstein, dont il partage aujourd'hui, à l'heure où le génocide entre dans l'Histoire, l'infinie solitude et le sentiment d'être sans doute le dernier témoin. Cela suffit à le rendre bouleversant.


L'IMAGE COMME LIEU D'UNE ÉTERNELLE CARENCE

Une grande émotion saisira aussi le spectateur à la vision de L'Image manquante. Après beaucoup de films consacrés au sujet, dont S21, la machine de mort khmer rouge (2002) serait la pièce centrale, Rithy Panh fait ici surgir une parole intime, lui qui fut déporté enfant dans les camps de travail, où toute sa famille succomba. Comme son titre l'indique, le film part à la recherche de l'image manquante du génocide. A défaut de la trouver, l'auteur la fabrique. Figurines d'argile, archives, musique, incrustations, texte d'une infinie beauté dit en voix off, tout est bon à Rithy Panh, dans cette lente et douloureuse remontée vers une enfance assujettie à la mort, pour évoquer ce qui ne peut se montrer.


On ne peut manquer d'être frappé par la proximité de pensée entre Rithy Panh et Claude Lanzmann sur le statut conféré à l'image comme lieu d'une éternelle carence. Ce manque est justement ce qui porte leur film à la hauteur de l'absence qu'ils déplorent.

UN EXTRAIT DU "DERNIER DES INJUSTES" (sur YouTube)


Documentaire franco-autrichien de Claude Lanzmann (3 h 40).

Documentaire cambodgien de Rithy Panh (1 h 35).


Cannes , la montée des stars, 19 mai dernier.

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#93760 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
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oui je vous ai reconnu mr seun mott. vous avez pris l air de gangganm style de psy
#93853 View bbn's ProfileView All Posts by bbnU2U Member
Haut de page 25/05/2013 @ 13:51 Bas de page
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bbn a écrit

oui je vous ai reconnu mr seun mott. vous avez pris l air de gangganm style de psy

Erreur! j'y étais dans le coin(dimanche 19), mais bien discret.


Voici une dernière pour le plaisir :sourire:
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#93856 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
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- cet article :

Cannes : la section Un certain regard révèle son palmarès
Le Monde.fr | 25.05.2013 à 20h38 •

La section Un certain regard de la Sélection officielle du 66e Festival de Cannes a proposé dans sa compétition dix-sept films venus de quinze pays différents. Six d'entre eux étaient des premiers films. Le jury, présidé cette année par le réalisateur danois Thomas Vinterberg, était composé des actrices chinoise Zhang Ziyi et française Ludivine Sagnier, de la directrice du Festival de Rio, Ilda Santiago, et du producteur, distributeur, exploitant espagnol Enrique Gonzalez Macho.

Ce jury a attribué plusieurs prix, samedi 25 mai, dont le prix Un certain regard au cinéaste cambodgien Rithy Panh pour L'Image manquante.


Le réalisateur de S21, la machine de mort khmère rouge (2002) signe un nouveau film sur le travail de mémoire et la douleur des survivants du régime des Khmers rouges entre 1975 et 1979 au Cambodge. Dans ce documentaire, Rithy Panh, rescapé des camps de travail des Khmers rouges dans lesquels il a perdu une partie de sa famille, part à la recherche de "l'image manquante" du génocide, qui permettrait de raconter l'Histoire. Dans l'impossibilité de la trouver, il s'interroge sur son rôle de cinéaste et décide de fabriquer lui-même ces images qui aident à penser le passé, recréant avec des figurines de terre cuite dans un théâtre de marionnettes les images perdues de son enfance au Cambodge et de la tragédie traversée par sa famille.

... ...
Dans un communiqué diffusé samedi soir, le président du jury Un certain regard 2013, Thomas Vinterberg, souligne notamment à propos de la sélection de cette année : "Ce fut un grand honneur pour nous, d'autant que la sélection a été par bien des aspects extraordinaire. L'une des plus belles choses de notre métier est de créer des moments inoubliables – des moments qui demeurent en nous et dans la mémoire collective, ce miroir commun de notre existence. Figurines d'argile, beauté extrême, violence, fellations homosexuelles, humiliation systématique de la nature humaine, jambes de Léa Seydoux, formidables imitations de Brando sont les images uniques qui vont nous poursuivre pendant longtemps. Cette sélection était férocement non sentimentale mais toutefois poétique. Elle était politique, hautement originale, parfois déroutante, variée, mais avant tout inoubliable."

La liste des lauréats sur le site du Festival de Cannes

Lire aussi : la critique de L'Image manquante, par Jacques Mandelbaum

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