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Apsaras

krama khmer - 13/12/2012 à 17:59
Bonjour, j'ai publié un article sur les apsaras dans mon blog: http://kramakhmershop.blogspot.fr/2012/12/les-apsaras-litteralement-celles-qui.html
Concernant la légende sur l'apsara Rambha, quelqu'un connaîtrait-il la fin de l'histoire, après qu'elle soit changée en pierre, un brahmane vient-il la délivrer du sort que lui a jeté Vishwamitra? Et aussi, quelqu'un aurait-il une photographie d'Urvasi sur un bas relief d'un temple khmer, je voudrais pouvoir identifier dans mes propres photos d'apsaras celles qui correspondent à Ursavi pour pouvoir en ajouter une dans le paragraphe consacré à Urvasi...

robin des bois - 13/12/2012 à 19:24
krama khmer a écrit

Bonjour, j'ai publié un article sur les apsaras dans mon blog: http://kramakhmershop.blogspot.fr/2012/12/les-apsaras-litteralement-celles-qui.html
Concernant la légende sur l'apsara Rambha, quelqu'un connaîtrait-il la fin de l'histoire, après qu'elle soit changée en pierre, un brahmane vient-il la délivrer du sort que lui a jeté Vishwamitra? Et aussi, quelqu'un aurait-il une photographie d'Urvasi sur un bas relief d'un temple khmer, je voudrais pouvoir identifier dans mes propres photos d'apsaras celles qui correspondent à Ursavi pour pouvoir en ajouter une dans le paragraphe consacré à Urvasi...



voici un joli texte sur les apsaras , déja publié sur ce forum en juin 2005


Sur une danseuse du Bayon"

(de Solange BERNARD,E.F.E.O-France-Asie, Août 1948)


"" Elle n'est rose que de l'auréole du jour finissant. Elle n'est rose que du rose tremblant de l'air. Elle n'est rose que des rayons de soie qui l'enveloppent tout entière.

Mais la pierre dont elle est faite, le grès ancestral arraché aux entrailles des phnoms est teinté d'un gris qui est l'absence même de couleur: le gris de l'eau, le gris du nuage, le gris de l'âme, qui accueille et reflète toute nuance fugitive.

La danseuse est fardée de soir et de soleil, la danseuse est poudrée d'étoiles et d'aube, la danseuse, tour à tour, est un corps enfantin de fraîcheur, un réceptacle de ténèbres, une magique fleur nocturne.

Elle ne fut point créée pour le regard des hommes, mais pour celui des dieux. Car le temple qu'elle éclaire de sa grâce n'est pas un fruit de l'art pour l'art. Elle n'est point née pour le plaisir, mais pour le rite - et pour la gravité fervente des actes religieux.

Petite apsara danseuse, êtes-vous ange ou démon, femme ou fleur, pierre ou lumière?

Petite apsara danseuse, éternellemnt danseuse sur la face des vieux temples songeurs, éternellement danseuse au coeur de la forêt moite, pour qui votre danse vaine, votre vain essor?

Toute flexible, presque nue, jambes arquées, taille si mince, cou semblable à une tige de lotus, voici la messagère des dieux, l'enfant de l'au-delà, la douce enfant surnaturelle.

Les archéologues l'ont beaucoup regardée.Ils ont mesuré ses seins et l'obliquité de ses yeux, et sans doute aussi la courbe de ses hanches et le retroussis de ses doigts.

Les poètes l'ont beaucoup respirée. Les poètes l'ont vu danser, surgissant de la pierre, toute céleste comme il est dit dans la légende. Elle et ses soeurs dans l'attitude de l'envol, les poètes les ont vu rejoindre leur aérien domaine, et le temple-montagne s'élever sur les ailes des garudas.

Mais les Khmers, eux, l'ont adoré, fée divine, musicienne du ciel, charmeuse de paradis.

Dans la forêt houleuse et peuplée de visages, la forêt sauvage et recéleuse de chefs-d'oeuvre, les apsara dansent. Elles dansent deux par deux, au rythme du monde.

Elles dansent pour la lumière et l'ombre, pour la vie et pour la mort - pour l'immobilité des pierres et le balancement des feuilles, pour l'âpreté des lianes dévorantes et la sève bouillonnante à travers les troncs et les tiges.

Elles dansent entre deux mondes: celui où l'art et la nature s'étreignent, se meurtrissent, se fécondent, celui où Art et Nature, l'un par l'autre, se créent et se ravagent.Et celui de l'eau, royaume du poisson, de la barque et de l'oiseau pêcheur, pays liquide où l'âme se dilue, où la pensée se prend aux mailles des filets, à la prison des nasses, où le rêve se perd à travers le dédale de la forêt noyée, où des villages flottent, des herbes flottent, des jardins flottent - monde où les jours de la vie, eux aussi, semblent flotter comme d'indifférentes roses d'eau.

Elles dansent à la musique des singes et des oiseaux, des serpents et des insectes qui bruissent, vibrent, crissent en strideurs étouffés.

Des convois militaires sur la route cheminent sous le regard des tours du Bayon, sous le regard-conscience des lourds visages du Bayon.

Et l'apsara danseuse, au rythme du monde, danse et danse.
Pour qui donc sa danse vaine ? Petite flamme d'éternité au coeur de la féerie végétale, petite étincelle éternelle au plus profond de la nuit verte, voici que le sourire d'apaisement fleurit sur les lèvres de pierre pour l'humble travail des hommes et pour le sommeil des hommes - comme il se voile de pitié pour l'inquiétude et pour la pauvre guerre des hommes.""


Solange BERNARD de l'Ecole Française d'Extrême-Orient,
(revue France-Asie n°29 d'Août 1948, pages 915 et 916)


texte "repiqué" sur un chouette de topic ouvert par Swan en juin 2005 sur Khmer-Network et intitulé
APSARA, danseuse bien humaine

http://www.khmer-network.com/forum/psujetKN-2143-1.html



ps : au fait, je viens de relire les 4 ou 5 pages ... avec beaucoup de plaisir :
- plutôt marrant et assez chaud !!!!

- et il y a de superbes illustrations : photos et cartes postales





Edité le 13/12/2012 @ 18:41 par robin des bois

krama khmer - 14/12/2012 à 04:12
Bonjour,
le texte est beau, et j'ai lu la discussion aussi, mais je n'ai toujours rien trouvé sur la légende de l'apsara Rambha, j'aimerais bien savoir comment se termine cette histoire... et la même chose pour trouver une représentation sculptée d'Urvasi dans un temple khmer. Quand je regarde toutes mes photos d'apsaras dans les bas-reliefs des temples, je pense qu'il est possible de les identifier avec les coiffes qu'elles portent, dans certains cas on peut clairement identifier la représentation de la même apsara dans des temples différents grâce à ça, ou parfois la pose ou les gestes que l'on retrouve exactement similaires dans des sculptures différentes.