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Auteur RECUEIL des récits, des témoignages et des anecdotes sous les KR.   ( Réponses 164 | Lectures 10890 )
Haut de page 05/12/2012 @ 19:59 Bas de page
RECUEIL des récits, des témoignages et des anecdotes sous les KR. Reply With Quote
Déconnecté(e) Khennara
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Mes respects à tous et à toutes !

Durant ces années de drame, il n'y a pas un seul khmer qui s'échappe à cette tragédie.
Des séquelles se sont gravés à tout jamais dans la mémoire de nos compatriotes qui sont vécus directement.
J'ai un ami en France s'est suicidé au cours de deux années seulement d'angoisse et de souffrance, il y a d' autres cas dans le 13 ème arrondissement de Paris et peut être dans d'autres endroits.
Je prie Seun nmott et Neakreach et d'autres qui ont reçu le message de poster son témoignage ici.

Pour le respect de tous ces mémoires, je ne demande que ce soit un espace neutre, sans polémique ni amalgame.

Merci !


#89283 View Khennara's ProfileView All Posts by KhennaraU2U Member
Haut de page 05/12/2012 @ 21:27 Bas de page
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Dans l'ordre ou dans le désordre...
Je veux dire par là que nous commençons depuis le début 17 avril 1975 ou vers la fin...


"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
#89286 View NeakReach's ProfileView All Posts by NeakReachU2U Member
Haut de page 05/12/2012 @ 22:21 Bas de page
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NeakReach a écrit

Dans l'ordre ou dans le désordre...
Je veux dire par là que nous commençons depuis le début 17 avril 1975 ou vers la fin...



Etant donné qu'il a y eu pas mal écrit sur le début, le mien est vers la fin qui correspond à la saison(temps) qui court, comme son titre(du paragraphe)retour à la vie.
C'est un peu long!!! :reflechi1:

Je salue l’initiative de Khennara.
Je souhaite préciser aussi que je ne vais pas transformer ce rubrique en blog perso.
Pourvu que ces récits puissent vous être utile.
#89290 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 06/12/2012 @ 16:33 Bas de page
Re : RECUEIL des récits, des témoignages et des anecdotes sous les KR. Reply With Quote
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LE RETOUR A LA VIE
C’est un épisode où nous retournons à la ville, suite à la débandade des Khmers Rouges.

…… Quelque part à Battambang, vers la fin de 1978
.....

Dans le village on se fait des soucis. Les bruits courent. Les gens des villages voisins sont évacués. Les phoums(village) sont vidés des ses habitants. Bientôt ce sera le tour de notre village.
Les forgerons du Khsoy(notre village) ne fabriquent plus les outilles de travail. Ils ont reçu les ordres de fabriquer que des chaines et des menottes. Eux-mêmes, s’inquiètent. Les travaux des champs sont quasiment suspendus.
Un petit matin, nous (ma femme, mon fils et moi) sommes réveillés par un appel à fuir le village.
Nous ne savons pas ce que c’est exactement, mais les gens du village quittent les uns après les autres leurs abris, en ne prenant que ce qui est à portée de la main. Nous avons pris de panique comme eux. La hantise d’une évacuation du village vers un endroit inconnu, la disparition des villages précédents dont on n’a aucune nouvelle, nous pousse à croire qu’il faut fuir, sans tarder.

Ma femme et moi, nous ne somme pas en bonne santé. Seul mon fils D… tient encore debout. Nous prenons tout ce qui est nécessaire et léger. Quand nous étions à la sotie du village, en direction de la zone inondée de Tonlé Sap, nous avons le sentiment que nous sommes parmi les derniers.
Après presque une journée de marche, nous décidâmes de faire une pause. Puisque, premièrement nous ne savons plus où aller. Les gens sont partis très loin devant. Nous perdons leurs traces. Deuxièmement, nous sommes très fatigués et avons eu très faim. Nous campons près du sentier.

Il y avait quelques familles qui sont aussi très en retard, et lorsqu’elles sont arrivées à notre niveau, elles nous encourageaient de reprendre le chemin. Car de rester là c’est très dangereux, on n’est pas à l’abri.
C’est trop tard, nous n‘en pouvons plus. Puis il fallait reposer aussi nos deux vieux bœufs. Sans eux nous ne pouvons rien emmener. Pour transporter nos biens( nos balluchons et quelques nourritures), j’ai pris notre charrue, je la transformais en traîneau, à la place de notre charrette réquisitionnée de force par un caïd du village.
On a passé la nuit à cet endroit, tant pis.

Au petit matin, encore, nous sommes de nouveau réveillés par de drôle de bruit. C’était des bruits causés par le flot des gens. Ce sont tous ceux qui ont fuit hier vers le Roniem (la mangrove) et qui sont maintenant de retour ?
Mais ils n’ont pas oubliaient de nous interpeller à rentrer au village. Puisqu’il n’y a plus rien à craindre.
Bonne nouvelle, pour nous, car nous n’avons pas besoin d’aller aussi loin pour revenir. Alors renter c’est plus que bienvenue. Nous avons décidé de prendre un peu de temps, car rien ne presse. Il n’y avait plus de gardiens, ni de bourreaux.

Nous arrivons à notre fameux abri, un peu avant la tombé de la nuit. C’est super de pouvoir y retourner, et encore en vie. Comme nous ne fréquentons pas trop les gens, en fin nous n’avons pas le droit de les fréquenter, il faut le dire, nous n’apprenons pas grande chose.
Une journée est passée sans que nous ne l’apercevons. Nous nous occupons de nous même. Nous pensons à faire à manger nous même. Puisque, il y a presque une semaine qu’il n’y a plus de cantine collective. On se débrouille, ou il nous laisse nous débrouiller. Les responsables sont quasiment invisibles. Mais nous sommes toujours sur nos gardes, car nous ne savons jamais ce qui peut nous arriver.
Nous avons remarqués qu'il y a de moins en moins de gens dans le village. C’est déjà deux jour qu’on est au village, il me semble vraiment que tout le monde le déserte. Alors j’ai en fin décidé d’aller voir un voisin. Lui, il est encore là.

C’est un quadragénaire qui vient de perdre sa femme, lui laissant un bébé de quelques semaines. Je l’appelle frère K.. . C’est lui qui m’a dit qu’il n’y a plus de gardiens, on peut faire comme on veut. Beaucoup de gens sont retournés en ville. Il m’a dit que si je veux, je peux y retourner… Quant à lui il ne peut pas encore. Il doit attendre un peu, car son bébé est trop petit pour faire le voyage de retour.
Frère K.., était un ancien vendeur de viande au petit marché d’AnglongVil, se trouvant 6km à l’est de Battambangville en direction de Pursat. Il est nouveau peuple comme moi. Seulement lui et sa femme, étaient des enfants pauvres du pays, d’où ils sont bien vus par les nouveaux maitres.
K.. travail à la cantine collective comme cuiseur du riz. C’est un gentil gars, qui fait son boulot et ne cherchant pas à faire mal à quiconque. Frère K.. ne manque pas de vives. *(sa F......rien)
Moi, je n’en ai plus rien. Les stocks de la cantine sont vandalisés. Il me faut des vivres. C’est à dire, d’abord faire du riz, d’où il faut moissonner.

Un autre gars(C…) est venu nous voir, par curiosité. Lui aussi, il n’a pas encore quitté le village. C’est quelqu’un qui n’est pas, lui non plus, en bonne santé. Sa femme vient d’avoir un petit bébé. Puis il a encore d’autres enfants de bas âges. Du coup nous sommes trois à se dire rester, le temps nécessaire de faire des provisions. On se formait un petit groupe d’entre aide. Nous habitons à environ cinquante mètres les uns et des autres.
Alors « C… », moi, et ma femme, nous sommes allés moissonner. On se fait chacun du riz. Ma femme et moi, nous avons récolté au tour de 20kg de riz. Puis, je dois trouver de la viande. Pourquoi ne pas attraper une génisse, ou un veau. Une idée est venue à l’esprit tout seul. Or depuis qu’il y avait plus de responsable, les gens abandonnaient leurs taches, le gardien de l’étable du village est disparu. Les bêtes sont encore là et partout. Il y en a qui sont encore docile, donc facile à les approcher et à les attraper. Frère K.., étant boucher de métier, savait comment faire de la viande avec un bœuf. C… se propose de venir m’aider. Et on en a attrapé un. Les viandes sont partagées en trois parts égales.
Quelques jours après, nous avons réunit ce qu’il nous faut, du riz et de la viande.

Quand nous nous décidâmes de rentrer en ville, c’était déjà une semaine passée depuis que les gens ont quitté le village. Nous nous demandons, qu’est ce qu’il peut se passer ?
Est ce que les Khmers rouge se sont en train de se battre, et nous laisser tomber ?
Y a-t-il autre chose qui est en train se passer ? Puisqu’il y avait des avions dans le ciel pendant que nous moissonnons. On se pose encore beaucoup de questions.
Un matin nous avons décidé de quitter ce village. Là où depuis quatre ans qu’on y est. Il y a beaucoup des souvenirs et de souffrances. Nous quittons ce village Khsoy sans aucun regret.
Sur le chemin de retour, nous avons traversé beaucoup de villages abandonnés. Nous avons vu des abris restés tel quel, des objets éparpillés, comme si une catastrophe est passée par là. Sans aucun chat, ni aucune âme, ni même un oiseau dans le ciel. Des villages fantômes.

Mon fils D porte des tongs trouvées sur le chemin, avec une branche de bambou. On a cueilli des noix de coco, comme si on a tout les droits. Personne ne nous empêchait, car il y avait que nous et le silence du village. C’est drôle mais c’est vrai, et c’est la seule fois de puis quatre ans, que mon fils et moi, nous avons pu boire du l’eau de coco à volonté et manger leur chair royalement.
Trois jours après nous arrivons au bord d’un village en banlieue de la ville. Trois jours par ce que nous n’avançons à nos rythmes. Il y a des gens malades et des bébés dans ce petit convoi. Frère K porte son bébé, ses affaires sont sur mon traineau. C porte une partie de ses affaires, le reste était aussi sur mon traineau. Nous faisons beaucoup de pauses.

Frère K nous a proposé de venir dans cette direction, puisqu’il connaît le lieu, l’itinéraire et la géographie. Quant à C… et moi nous étions des citadins de Battambang, ignorent complètement ce parcours.
Nous marquons notre pause dans les champs de rizières bordant ce village. Puis c’est frère K.. qui est parti au village voir quelqu’un de sa famille, qui d’après lui habitait ce patelin.
Une dizaine minutes plus tard, nous l’avons vu revenir avec une femme. Cette femme qui a l’air très sincère, mais elle est très nerveuse, elle nous presse de rentrer tout de suite dans le village…
-Vite rentrer dans le village, à l’intérieur nous avons de la protection. C’est très dangereux de rester par ici. Dans les rizières, à la nuit tombée, les Khmers rouges y rodaient et tuaient tout ce qu’ils trouvent…
Alors moi, J’ai pensé que pendant ces trois jours qu’on a traversé ce « no mans land », sans se soucier de rien. C’est seulement par ignorance, je pense. Mais quelle chance incroyable… On ne les avait pas croisé.

Pourquoi ?

Vers la fin de la journée, lorsqu’on é été accueilli dans le village, c'est à peine la nuit tombée, les défenseurs du village se mobilisent, courent vers les rizières, les armes aux points.
Oui, il y avait des présences de quelques Khmers rouges dans les environs. Mais il n’y avait pas de coup de feu tiré. Fausse alerte ou les khmers rouges n’ont pas osé faire quoi que ce soit.

Nous avons dormis à la belle étoile comme les nuits précédentes. Mais cette fois ci dans un village habité par les gens comme nous. Il n’y avait pas de khmers krâhaoms à nous épier.

Le lendemain, nous avons appris que les Khmers rouges ont été chassés par les troupes vietnamiennes venant du Vietnam. Ils ne tiennent plus face aux l’avancés des ces troupes. Ils sont carrément en déroute.
C’est pourquoi pendant qu’on moissonnait dans les rizières de khsoy, il y avait des avions dans le ciel. On s’étonnait. On n’avait jamais vu des avions depuis qu’on est là. Nos gardiens ont tout fout le camp.
La famille de frère K.. est venue nous dire qu’un petit coin dans le champ de Pamplemousse est accordé par le comité de phoum(village) à nos trois familles. Alors chacun a le droit d’y construire son abri temporaire. Les gens sont de nouveau gentils, il y en a qui nous offre des outils, des planches de bois, des clous et des tôles etc. Et des coups de mains. Nous avons un nouvel abri.
J’ai pu faire un tour de reconnaissance de lieu, et du village librement. Il y a long temps que je n’ai pas ce sentiment. On est à 500m au nord de vat Sophi( la pagode Sophi). Il y a beaucoup de monde qui va et vient sur la route goudronnée. Il y a longtemps que je n’ai pas vu ça.

Mais qu’est ce qu’ils font, et où est ce qu’ils vont ? Je me pose des questions. Tout simplement, c’est la vie qui recommence, m’a dit ma femme. C’est vrai il n’y a plus de cantine collective, les gens vivent dans leur foyers en famille. Chacun a sa propre cuisine. Il faut le dire.
Alors chaque jour, chacun doit chercher à vivre. Que je suis bête. J’ai perdu un peu l’habitude. On ne va plus manger à la cantine, on doit manger ce qu’on a. Alors il faut trouver les nourritures nous même.
Nous somme en train d’épuiser nos stocks. Lorsqu’on m’a appris qu’on puisse trouver bien de choses dans les villages abandonnés avoisinants, du riz, des légumes, des fruits, des outils, etc.

Un matin, j’ai essayé de suivre un groupe de voisin. Nous sommes allés vers le sud de Battambang en direction de Vat Ko. A environ 4-5km seulement du centre de ville.
Là bas à partir de vat Kandeung(1km avant arriver à vat Ko), après la ligne de chemin de fer, c’est un lieu encore inhabité. Mais on y vient chercher ce qu’on peut trouver, pendant la journée. Vers le milieu de l’après midi, personne n’ose y aventurer. La peur d’être pris de nouveau par les khmers rouges est présente en permanent.
J’ai pu rencontrer les anciens de Khsoys qui m’a appris que lorsqu’on est appelé à quitter khsoys pour aller à Roniem, c’est par ce que nos gardes, les khmers Krâhaoms de Peayoap sont pourchassés par ceux de Niredei. Les Peayoaps nous entrainent avec eux pour pouvoir se camoufler. Une fois arrivés dans les mangroves, ils prirent le chemin de Tonlé Sap. Certains se rejoignaient Kampong Thom . Ces Khmers krâhaoms sont en vérité en train de se faire une guerre fratricide permettant la venue des Vietnamiens. Ce sont des messages qui courent de l’un à l’autre.

Depuis, chaque matin je suis parti chercher de la nourriture comme les autres. J’ai ramassé pas mal de choses. Mais chaque jour il faut aller plus loin. Bien souvent on ne rentre chez soi que vers la fin de la journée. Il m’arrive à aller beaucoup plus loin, vers de Phnom Sampeuv( la montagne Sampeuv) par exemple. Nous avons pu refaire notre stock. Avec le surplus journalier, nous pouvons faire des trocs avec les autres. Ou si non, nous pouvons les vendre en nous faisant payer en riz. Une monnaie qui est devenue courante, après les petites pièces d’or.

Mais le pire est que chaque matin il faut qu’on aille faire nos besoins... Là c’est l'enfer, partout il y a des excréments. Il n’y a pas de latrines, les gens chiaient n’importe où, dès qu’il trouve un petit coin. Alors il faut se lever très tôt pour avoir moins de problème. Pour les petits enfants, eux ils en ont moins. En ce début de l’année, il fait beau, il n’y a pas de pluie. Je me suis dis, si jamais il pleut, alors on aura un très, très gros problème.

Fin de l’épisode 1

Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
#89308 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 07/12/2012 @ 13:12 Bas de page
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Retour à la vie
Episode II

....Ce n’est qu’un petit détail de la vie, il reste d’autres grands problèmes à résoudre. Avant de penser à l’avenir, c’est résoudre la vie de chaque jour. Gagner la vie et se faire une santé.

Depuis que mon fils, ma femme et moi, sommes installés temporairement à cet endroit, nous sentons beaucoup mieux, nous avons beaucoup plus de morales et de motivations. Chaque jour nous gagnons notre confiance. Un soir, nous sommes allés nous baigner dans le steung Sangkè(la rivière Sangkè qui est à peine 100m de notre abri. C’était un des vrais bonheurs qu’on a trouvé ensemble que l’on ne l’a pas eu depuis bien longtemps.
Un matin en partant faire mon train-train quotidien, je suis passé devant un attroupement. Il y avait un buffle au milieu d’une foule. La bête est attachée à un poteau.
Un mariage est annoncé !

Ce jour là je suis rentré un peu plus tôt que d’habitude, pour être en forme pour le lendemain, qui sera un grand jour pour moi. Puisque je suis accepté par un groupe qui parte chercher du riz plus loin, mais en charrette à bœuf. Nous serons trois par charrette, et il va y avoir une dizaine de charrettes.
La surprise pour moi c’est qu’une fois arrivé à mon abri, je me suis trouvé en face de moi plein de bonnes choses à manger. Des mets succulents, des desserts que je rêve depuis longtemps, des fruits. Beaucoup de fruits.
Pendant mon absence, ma femme a été sollicitée par une femme du village, c’est la mère de la mariée. Cette femme est venue demander à ma femme de maquiller sa fille. Ce qu’on a souvent oublié c’est que les femmes jettent difficilement son trousseau de maquillage. Ma femme, elle a un trousseau qui est toujours avec elle depuis le premier jour de la déportation. Je ne savais pas comment elle a pu conserver son trousseau jusqu’à maintenant. Du coup elle a maquillé la jeune mariée.
Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que cette jeune mariée est une jeune fille de la communauté Cham. Or elle doit être la plus belle, et voilà les poudres de maquillage de ma femme sont sollicitées. Ce que ma femme ne sait pas, c’est que dans leurs coutumes, la personne qui maquille la mariée est devenue une personne importante dans la cérémonie. La mariée doit s’agenouiller et la remercier en offrant beaucoup de choses. Ma femme ignore complètement cette façon, elle est allé la donner un coup de main, sans rien attendre. Rendre service à quelqu’un pour un évènement heureux, c’est un plaisir. Elle est récompensée à la grande surprise générale. Imaginez qu’une troupe de gens arrive devant vous chez avec plein de choses, à vous offrir. Ma femme est tombée sur la tête. Et moi après…. Mon fils souriait tranquillement dans son coin.
On est régalé……

Dès l’aube le convoi est déjà formé, et est prêt à quitter le lieu de rendez vous. Je suis arrivé à l’heure prévue. Sur place les charrettes s’alignent le longue de la route, côté rivière. Tout le monde est là.
Dans quelques minutes le convoi démarre, on m’a précisé qu’on va vers le village Thmor Kaul. Ce village se trouve à une vingtaine de kilomètres de Battambang sur la nationale N°5 en direction de Svay Sisophon.
Le convoi passait devant Vat Sophy, il longe la route vers le nouveau pont. C’est le pont qui se trouve le plus au nord de la ville de Battambang. Sur la nationale 5, nous traversons les agglomérations Hay San , Otaki et beaucoup d’autre. Il y a beaucoup de monde qui va et vient.
Un peu plus de quatre heures après nous sommes arrivés Thmor Kaul. Les autres charrettes à bœuf sont déjà là. Il y en a au moins cent. Les organisateurs et les milices, oui les milices sont armés, se coordonnent. Mon groupe attend les décisions. On est un peu avant midi, en regardant le soleil, nous n’avons pas encore l’heure au poignet. Les charrettes commencent à quitter la route en descendant vers le champ de riz, qui s’étend à perd de vue. La couleur jaune d’or des rizières nous embaume le cœur. Nous avons reçu les consignes de ne pas trop éloigner les uns des autres, et de rester sur nos gardes. Il faut ramasser le maximum de riz possible.

Les parcelles de rizière qui sont près de la route ont été toutes moissonnées. Nous devons aller plus loin, c'est-à-dire que nous prenons plus de risques, puisque les khmers rouges rodaient dans les bois après les rizières. D’un moment à l’autre ils peuvent nous tomber dessus. Nous avons les milices qui sont là pour nous protéger. Les signaux d’alertes seront faits pas les coups de sifflets.
Sur notre charrette nous avons des sacs de jute et des faucilles. Comme nous ne sommes pas les premiers, et bien nous ne faisons qu’à avancer, avancer. Lorsque nous trouvons un endroit adjugé bon pour moissonner, nous ne sommes pas bien placés pour être tranquille à ramasser du riz. On devait alors travailler avec « les yeux sur le front ». Mais si on a décidé de prendre cet endroit, c’est par ce qu’il y a des tas de riz déjà moissonnés, mais ils sont encore par terre, ils ne sont pas encore ramassés. C’est un avantage. Par prudent, on ne libère pas les bœufs, Ils restent attachés près de leur joug, mais ils peuvent brouter aisément les riz qui sont autour d’eux.
Il ne nous reste qu’à faire tomber les grains de riz de ces tiges, et les remplir dans nos sacs. Le midi vient de passer, nous n’arrêtons pas pour déjeuner. Quand il y a plus de riz moissonnés, il faut maintenant les moissonner. Un de nous guette les bois qui sont à peu près entre 100 et 200mètre de nous. Quant à route nationale, elle est à plus d’un kilomètre. En cas d’alerte il faut être les premiers à se sauver.

Nous avons rempli cinq sacs. Ces cinq sacs sont cousus et posés dans la charrette. Le sixième est commencé à peine, le temps d’une cigarette, lorsqu’un coup de feu s’éclate, puis suivi de plusieurs autres coups. Des coups de sifflets sonnent l’alerte.
J’étais en train de fauciller, au premier coup de feu, il ne me reste qu’à m’asseoir par terre, les tiges de riz me cache amplement. Je n’ai pas cherché à savoir d’où vient le coup de feu. Je cherche à me sauver avec ma charrette. L’un de nous, le conducteur est en train de remettre les bœufs en place. C’est un bon. L’autre est près de la charrette. Je me diriger vers eux. Le conducteur m’a dit :
Sais-tu conduire ?
- je lui ai répondu : Oui.
-Alors monte.
Il vient de me dire conduire la charrette. Je n’ai pas attendu une seconde. D’un seul bond, je montais au poste de conduite. J’ai saisi les rênes. J’ai démarré. Direction la route nationale.
Nous traversons les parcelles de rizières. Entre chaque parcelle il y a une diguette qui nous ralentissait. Nous perdons du temps. Les coups de feu nous paniquent de plus en plus. Les milices et les soldats, en uniforme, sont en formation et se dirigeaient vers les bois, en tirant. C’était un concert de coups de feu. Nous ne sommes pas en bonne position. Je veux dire que nous sommes entre les deux feux.
Les autres charrettes sont déjà sur les pistes en direction de la route nationale. Des bouchons énormes. Elles n’avancent pas. Je n’ai pas envie de me trouver à la queue de l’un de ces bouchons. Je me dirigeais alors vers le ruisseau. L’ancien conducteur, qui est probablement le propriétaire de cette charrette, courait près de l’un des bœufs. Il aidait ces bœufs à traverser les diguettes et en même temps les empêcher de paniquer par les bruits des coups de feu. L’autre gars, le troisième, lui est à l’arrière de la charrette. Il empêchait le basculement de celle-ci en faisant le contre poids. Ils ont l’air d’approuver ma décision, puisqu’ils ne protestaient pas. Nous sommes arrivés au ruisseau. Il est vide de son eau en cette saison. Il n’y a que du sable. Je l’avais vu quand on vient d’arriver ce matin.
Une fois qu’on est dans le lit de ce ruisseau, sur ce sable bien dégagé, je sentais pouvoir mettre plein gaz. Les deux autres ont compris mon intention. Ils montèrent sur la charrette. Je lève mon fouet. Et nous traçons deux lignes droites sur le sable du lit de ce ruisseau. Du coup nous nous trouvons plus bas que les autres, donc nous somme à l’abri. Nous avançons beaucoup plus vite que les autres. Il y en a qui nous suivaient.

Nous arrivons à la route nationale parmi les premiers. Sauvé, nous pouvons le dire. En d’autre terme nous avons gagné, puisqu’on a pris une bonne décision. Les efforts des deux autres gars ont évité la charrette de se retourner, d’où sauver nos butins. Une fois sur la nationale, beaucoup d’autres charrettes sont encore dans les champs de riz. Mais nos défenseurs sont déjà en postes bien avancés. La peur est de prendre les balles perdues que d’être enlevés par les khmers rouges.
Les khmers rouges ont abandonné la partie. Les défenseurs sont toujours en position dans les champs de riz face aux positions des khmers rouges qui eux sont cachés dans les bois. Les échanges de feu ont durée une bonne dizaine de minutes.

Toutes les charrettes et les gens ont rejoint la route, hors de la zone de risque. Avec les autres nous restons groupés, attendant les avis des organisateurs. Ils ont décidés de passer la nuit sur place. Puisqu’il est tard de renter, il me semble qu’on est vers la fin de la journée. Nous campons dans la cours d’une maison. On décide en fin de manger, c’est notre premier repas de la journée. La nuit est passée bien calme. Il n’y a aucun coup de feu à nous réveiller. Dès l’aube le convoi prend le chemin de retour. Nous arrivons à la pagode Sophi, notre point de rassemblement. Les sacs de riz ont été réunit dans un lieu. Le lendemain j’ai reçu une trentaine de kilogramme de riz, pour ce que j’ai fait. C’est raisonnable. Le paddy tout juste de quitter le champ est encore mouillé. Un sac de paddy peut faire entre 60 à 70 kilogramme, ne donne pas 70 kilogramme de riz écorcé. Ce que nous avons ramassé doit partager en cinq parts égales. Une part pour chaque personne, une part pour la charrette, et une part pour les bœufs. En dehors de ça, il faut penser aux organisateurs et les défenseurs. En fin c’est ce qu’il dit. Pour moi ça me va. J’avais eu chaud pendant un bon quart d’heure. C’est la première de toute ma vie, depuis le début de la guerre civile dans le pays, que je me suis trouvé entre les feux.
Après le départ des Khmers rouges plusieurs magasins de stock en ville, ont été découverts et dévalisés aussitôt. Souvent je suis arrivé sur les lieux un peu trop tard. Les petits commerces se forment chaque jour. Il y a même des boutiques de Kuteav(la soupe de vermicelle de riz). Tout ce que les khmers rouges veulent supprimer sont en train de renaître. Le centre de ville est de nouveau habité. Les villages se reforment et les administrations aussi. A force de sortir tous les jours j’ai pu retrouver des amis et des connaissances. C’était une énorme joie de pouvoir se retrouver, et apprendre en même temps des tristes nouvelles, hélas!

Les khmers rouges ont ramassé et stocké beaucoup de choses dans des appartements dans le centre de ville. On peut citer d’énorme stock de matelas, où ils n’arrivaient plus à les brûler tous. Ils en veulent tellement au matelas, pour eux c’est un signe de la bourgeoisie. Les « Préng Kola »(les baumes ou gels pour alléger les maux de tête ou de ventre) ou encore « préng kyaol » (les essences liquides, même usage que les baumes). Il y a bien d’autres stocks que les gens n’ont pas eu le temps ni le droit de toucher. C’est réservé ou été vidé par les « autorités ».

La première plus belle retrouvaille, c’est d’avoir retrouvé une cousine de ma femme. Elle habitait Battambang avant 1975. On s’est perdus de vue. Ce jour là, une commune du centre de ville de Battambang organise une sortie pour récupérer plusieurs tonnes de riz d’un entrepôt qui vient d’être abandonné par les khmers rouges. Un convoi de plusieurs tracteurs -remorqueurs se rassemblaient dans le centre de cette commune. On attend les volontaires, la main d’œuvre. J’étais porté volontaire. Puisque depuis un moment je dois faire entre vint et trente kilomètres, à pied, et ramassait de moins en moins de choses. C’est très usant. Seulement depuis qu’on est là, et depuis que j’ai pu trouver des choses chaque jour, mon fils, ma femme et moi, nous nous portons de mieux en mieux. Ma femme restait à la cabane, veille sur son enfant et nos deux vieux bœufs. Je me sens de jour en jour bien en forme. Pour moi il faut trouver un autre moyen de rentrer des vives à la « maison ». C’est pourquoi que je me sui présenté aux appels des volontaires de cette commune, sans attendre.

Cette fois plus sérieuse, ce sont des véhicules motorisés. Il y a une vingtaines d’hommes dans chaque remorque, celle-ci est tirée par un tracteur. Il y en a beaucoup. Le convoi prenait la direction de Phnom Sampeuv.
Nous sommes arrivés dans un village inconnu pour moi. Il y avait des milices de partout. On nous a demandé d’aller porter des sacs de riz et de les charger dans les remorques respectives. C’était un grand hangar en tôle, dans lequel des sacs de riz sont en tassés comme une montagne. On m’a appris qu’on est entre le village Sdao et Trèng. Les remorques sont stationnées en ligne devant l’entrée du hangar. Tout le monde s’active, sans perdre une minute. Je portais, comme les autres, chaque fois un sac de paddy sur le dos. J’étais surpris d’en être capable. Les remorques sont remplies très vite, puisqu’on était nombreux. Ça ne traine pas.

Une fois que toutes les remorques ont été chargées, on quitte les lieux. Quand est retourné au village à Battambang, il est midi à peine passé. Les organisateurs distribuaient les parts en riz aux volontaires. Vingt kilo de chaque, est vachement bien payé pour une demi journée de travail. Il me faut une bonne heure pour rentrer à la cabane. Et passait toute l’après midi en famille. C’est super. Ça fait presque une semaine que je fais ce boulot. Il me va très bien. Avec du riz nous avons pu « acheter » des habits et des gâteaux. Nous n’avons pas encore osé nous payer un bol de Kuteav. Qu’un après midi, en attendant ma part, j’ai reconnu un homme parmi les organisateurs. C’est le mari de la cousine de ma femme. C’est pourquoi j’ai pu retrouver sa femme qui habite dans cette commune. Dans cet après midi même, nous sommes venus les rendre visite. La retrouvaille est très éprouvante. C’était la seule femme très proche de ma femme. Une première fois que ma femme a pu revoir une de ses proches de puis quatre ans. La cousine, une femme grande, d’une teinte claire, souriante et généreuse de nature, n’a pas attendu un moment pour nous inviter à venir habiter ensemble avec elle dans son appartement en pierre. L’appartement n’est pas très grand. Pour elle, son fils et son mari, il y en encore de la place pour nous trois. Son invitation est très bien venue. Ma femme a retrouvé une autre chaleur qu’elle n’en avait perdue.
Au retour à la cabane, nous avons annoncé cette nouvelle aux deux familles (K et C). Qui en même temps sont contents et tristes à la fois. Nous avons vendu nos vieux bœufs.
Et voilà retourné vivre en ville, en février 1979.


Edité le 08/12/2012 @ 09:32 par Seun nmott
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Je vous ai déjà dit, c'est un peu long, je suis désolé.
Vous avez de quoi lire pendant ce WE. J'attends vos remarques.
J'ai essayé .....

Bonne lecture.

Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
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Je me souviens le jours ou arrive des vietnamien. On entendait au loin des bombe tombées de façon régulières et cadencées. Des grande personne nous dire que ce sont des enfants qui jouent dans des voitures abandonnées sur la route qui provoque ce vacarme.

Après nous avoir faire déménager de village en village. Des KR nous installe dans un village au bort de la N5.
Nous habitons dans une cabane à 100m de la route.

Quelques jours avant arrivait des vietnamiens, on assiste au défiler ininterrompu de voitures de camions camouflés dans des branchages. Pour un enfant c'est un émerveillement, moi qui n'a jamais connu de voiture.
Certaines sont tombés en pannes et abandonnées sur la route.
On a habitude de dire que des KR sont courageux !! moi j'ai impression qu'ils essaie de sauver qui peut. C'est le débâcle, la fuit. Ils sont peut être courageux avec des gens sans défende, mais avec des vrai soldats, ils se sauve la queue entre les jambes bien avant leur arrivé.

On m'a réveiller pendent la nuit, les bruit de canons sont là et toujours aussi cadencé, on voir des lumières tombe sur la route toujours à une bonne distance l'une de l'autre (je pense que ce sont des cartouches tombées des canons de chars).
Des vietnamiens font vraiment de bruit. Ce bruit permet au KR de courent un peu plus vite.
On ne les voir plus nul part dans le village.
Le défilé des chars s'éloignent,des gens s'inquiètent que des KR revient

La réponse se trouve sur la route, des milliers de personnes suivent le convoie des militaires vietnamiens. Avec tous ce qu'ils ont pu transporté. Quelques un ont de vaches sans la charrette et ils les font transportaient des baluchons sur de simple tige de bambou attaché au collier. Mais beaucoup sont à pied avec quelques affaire sur la tête.

On marche pendent la nuit en direction de la ville de Battambang. A l’aube, on rencontre un groupe de personne qui surveille la route, ils ressemble au KR mais on m'a dit que ce sont des KABET BROTHOV (Machette et Ache) une sorte de groupe de résistance contre des KR. Depuis ce jour je n'ai jamais plus entendu parler d'eux.


A un moment je ne sais plus quel endroit, nous quittons la national pour rejoint notre village.
Seule sur des routes secondaires nous enfonçant sous la canopée, traversons des villages fantômes. Tout est silencieux pas un bruit, pas un cri oiseau. C'est étrange de traverser un village bien entretenu mais vidés de sa population. Je me souviens de ce camionnette en bois abandonné dans une cours que j'ai regardais avec envie.

Enfin nous arrivons chez nous. La grande battisse en bois est toujours debout, c'est une chance car ses voisines sont racées pour laisser place aux greniers communal alignés comme de barre d'immeuble dans lequel on stocke des immobilier de l'ancien époque.

Notre maison a était transformé en une sorte de QG de commande pour des travailleurs qui construisaient le barrage sur le Sangkère.
La maison semble si grande et nous sommes beaucoup moins nombreux qu'avant (deux adultes 4 enfants) il nous manquent 5 adultes
Tout est silencieux, une silence de mort mêlé aux odeur de sueurs c'est vraiment flippant.
On se rendre rapidement compte qu'à l'étage il y a encore une famille de cadre KR qui vit encore.
On n'a pas osé les déranger et préfère d'aller ailler.
En sortant de la cours de notre maison on rencontre des gens en charrette qui s’arrêtaient pour ramasser des noir de coco.
Ma tant leurs a dit que c'est nos cocotiers, et demande qu'ils nous en donne quelques un.
Ils nous ont rien dit, une fois remplir leur charrette ils repart sans un regarde.

Nous regardons le noir de coco avec l'envie mais percés à 10m du sol et aucun de nous ne sait grimper.
chez des voisins de l'autre coté du village, on nous a reçu avec du riz et du sel au poivre. Quel délisse quel goût succulent.
J'ai des larme au yeux à cause du poivre mais quel régale.



Edité le 08/12/2012 @ 10:16 par NEO
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Merci messieurs pour vos récits.

Quelques choses me frappent dans vos récits : des villages abandonnés, vidés et sans âme. Sauriez-vous où étaient partis leurs habitants ? Ils faisaient comme vous ou ils suivaient des troupes KR dans leur fuite ?


"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
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Merci, ça vous remue.

Mais il ne faut jamais oublier, ou, plutôt : se souvenir mais dépasser.



:sompeah:


Ps : je lirai plus tard - J-1.
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NeakReach a écrit

Merci messieurs pour vos récits.

Quelques choses me frappent dans vos récits : des villages abandonnés, vidés et sans âme. Sauriez-vous où étaient partis leurs habitants ? Ils faisaient comme vous ou ils suivaient des troupes KR dans leur fuite ?




A l'époque je ne me pose même pas la question pour savoir pourquoi des villages sont vide ?
je ne sais pas ou' sont passé des villageois?
Mais c'est qu'en même étrange de voir un barrage en plein chantier et qu'il n y avait personne. Des machines sont abandonné, un tracteur a même était abandonné sur la berge. Ou' sont passé des millier de jeune gens que des KR ont forcé à porter des paniers de terre pour la construction?
Je n'ai pas de réponse, j'étais trop petit pour poser des questions aussi pertinence.


Apolitique !
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Mes considérations à tous et à toutes !

Vous êtes tous des mémoires vivantes !

Nous avons tous un travail de mémoire et un devoir de mémoire à accomplir. Pour ne pas les tâcher, ça exige une vérité parfaite, càd des faits réellement existants car l'histoire ne juge pas : elle écrit, elle explique le passé...donc...
Je ne vous en doute à aucun moment; mais seulement pour mettre en garde contre certain dérapage.

Soyez fort pour pouvoir déterrer ces souvenirs douloureux, et, mettez au dessus de tout soupçons !

On devrait aussi faire parler le silence ! Recueillir également des mémoires de tous ceux qui n'ont pas les possibilités de poster.

Que tous vos récits soient indélébiles à tout jamais comme feu Vann Nath a montré dans ses peintures.

Merci !
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En lisant l'extrait de Seu mott, je râle. Car il vivait sûrement à 3 ou 4 km de chez moi.
Et à cette époque je criais la famine. J'ai toujours faim et il n'y a pas grande chose à me mettre sous les dents.
J'ai regardé des autres enfants avec leurs assiettes de riz et de morceau de poulet.
J'avalais la salive et je me fait réprimander car l'on ne regarde pas les autre magnaient.
C'est une époque injuste, pour certain c'est l'abondant et pour d'autre c'est la disette.

Ceux qui savait se débrouiller, ils trouve tous ce dont ils ont besoin : du riz, du poisson, du cochon des vache....Mais ce qui ne savait rien faire c'est la misère.
On a essayer d'aller récolter du riz, mais on arrive toujours trop tard alors on se contente de ramasser ceux qui sont tombés parterre. Moi je ne savais même pas ce qu'il faut ramasser je me contente de courir après des autres.
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des villages abandonnés, vidés et sans âme.

Pour ma part, ces villages sont abandonnés comme des milliers d’autres sous les jougs des KR, la population cherche avant tout à s’échapper. Certains villages ont été abandonnés sous les feux, d’autres anticipent les évènements. Dans les deux cas les gens n’ont pas vraiment le temps de prendre ce qu’ils possèdent.
Les villages dont j’ai cités dans mon récit, sont évacués par leurs maîtres vers une destination inconnue, dont personne ne sait où c’est. Ce sont des villages qui ont révoltés contre les contrôles des cadres de Nrirdey parachutés entre fin 77 et le début de 78. La population de ces villages est en majorité des proches des cadres de Piryoip, peuple ancien. Ces villages sont plus lotis que le nôtre, normal.
Une fois que les Nirdey sont bien installés, ils commencent à s’en débarrasser.




Ils faisaient comme vous ou ils suivaient des troupes KR dans leur fuite ?


Non , je ne pense pas.

C’était, à mon avis une déportation pure et simple, dont les gens pas besoin de rien prendre, c’est pourquoi dans ces maisons ou abris, les choses restent presque intacts. Seuls les gens sont partis. Je ne cite pas les noms de ces villages pour l’instant, une raison de préserver les authenticités en cas de déformation ou de piratage.
#89347 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
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NEO a écrit

En lisant l'extrait de Seu mott, je râle. Car il vivait sûrement à 3 ou 4 km de chez moi.




Bonjour Néo
3 ou 4 km à l'époque c'est très loin, très loin pour nous peuple nouveau.
dépasser les 200m du village sans autorisation, vous étés vus, et adjugé par Angkar comme fuyard, dons à bénir.

J'ai mon enfant qui avait le même sentiment que toi, manger à sa faim....
non comment.

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#89348 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
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sorenathy a écrit

Témoigner, pour ne jamais oublier - comme feu VANN Nath.

Merci, ça vous remue.

Mais il ne faut jamais oublier, ou, plutôt : se souvenir mais dépasser.



:sompeah:


Ps : je lirai plus tard - J-1.


Merci pour le conseil :sourire:

Je sais que beaucoup de jeunes, comme Néo, ont vécu ce drame, seulement étant trop petit à l'époque, ils ne pouvaient pas donner plus de précision.
J'ai presque un devoir d'apporter ce témoignage vécu, comme une trace, un outil, ou tout simplement un souvenir comme a souligné Sorenathy.

... faut connaitre son passé pour mieux prévoir son future...
#89349 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
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Merci messieurs de vos réponses.

Dans la province de Kampong Chhnang, tous les villages étaient aussi vidés et leurs habitants étaient "déportés" vers Phnom Aural.

Je ne sais pas si le mot "déporté" est adapté. A ma connaissance, nous n’étions pas forcés de suivre les troupes KR. Les responsables nous disaient seulement qu’il fallait quitter le village. Il faut dire aussi que, à cette époque, on nous apprenait à être pleu-pleu. Lorsqu’Angkar nous disait à gauche, tout le monde partait à gauche…

Quoi qu’il en soit, nous étions des centaines de milliers répartis en plusieurs groupes (regroupés par village d’origine) à nous trouver dans ce Phnom dont certains endroits étaient encore vierges de toute habitation humaine.

-------

J’en résume, d’après vos récits, que la province de Battambang, et peut-être dans tout le Cambodge, les villages avaient été vidés de leurs habitants. Mais à Battambang, où étaient-ils allés ces habitants ? Dans des forêts vierges de toute habitation humaine ? Mais où ?



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Par rhumer ou la vérité je n'ai jamais plu vérifier, j'ai entendu dire que des gens sont amené directement au bort de la fosse commune. en particuliier dans le province de kampong cham

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Pchum Ben 1978

A l’approche de Pchum Ben 1978, les responsables des Koma nous annonçaient que nous aurions 3 jours de repos complet. De plus, nous étions autorisés à rendre visite à notre famille. Ce fut un bonheur indescriptible pour nous qui étions séparés de notre famille depuis plusieurs années.

Pour mes 2 petites sœurs et moi, ce bonheur était accompagné par une autre bonne nouvelle, notre mère était libérée de prison depuis 2 ou 3 mois et sa vie n’était plus en danger. Le bonheur qui nous attendait était total.

Tout à coup, je ressentais un coup de blue terrible. Pour la première fois, je m’étais posé la question sur l’essence même de la vie, sur le pourquoi nous vivions, avions-nous encore de l’espoir qu’un jour tout redeviendrait "normal". Plus le Pchum Ben s’approchait, plus je me sentais mal. Ce coup de blue ne voulait absolument pas sortir de ma tête.

Soudain, la veille du jour J, lors d’une réunion d’assemblement, Angkar cherchait des koma volontaires pour une mission "à haut risque". Je m’étais alors porté volontaire pour cette mission, au désespoir de mes 2 sœurs présentes à cette réunion, qui ne comprenaient pas mon geste.

Le jour de Pchum Ben arriva, je ne m’étais pas pressé pour aller voir ma mère… Je me promenais et admirais des paysages de la rizière. Lorsque j’étais arrivé, je voyais avec bonheur et tendresse les visages de ma mère et de mes sœurs tourner vers moi. C’était un moment unique dans la vie. Nous n’avions pas besoin de mots pour exprimer ce que nous ressentions et surtout après tout ce qu’il était arrivé à ma mère. Ma mère me serrait très fort dans ses bras et je voyais ses larmes coulées. Tout à coup, elle me disait : "kon meas mday, tu ne trouves pas que les choses sont déjà si compliquées comme ça ?". J’avais envie de lui répondre mais je rétractais dernier moment ; ma réponse aurait été : j’avais besoin de cette adrénaline sinon je ne savais pas ce qu’il pourrait m’arriver.

Dizaine de jours plus tard, je partais comme prévu avec une vingtaine d’autres koma et une responsable vers la mission qui nous était confiée avec le sourire puisque ma mère et mes 2 sœurs allaient bien.


L’hymne à la nature

La mission consistait à couper les arbustes, nettoyer et ramasser des branches dans l’eau de profondeur entre 1 et 2m. Un peu plus loin et plus haut, environ 1000m, il y avait une digue qui retenait l’eau tant bien que mal. On avait l’impression qu’elle pouvait s’effondrer à tout moment. Ce travail, par anticipation, permettait de cultiver le srè "prang" dans les meilleurs délais lorsque l’eau se retirait complètement.

Quand nous arrivions sur le lieu, il n’y avait pas de l’endroit "sec" pour nous installer. Alors nous commencions par bâtir la cabane provisoire pour nous loger. Malheureusement, les places nous manquaient. Les premières nuits, seule la responsable et quelques bras-droits avaient le droit de dormir dans cette cabane. Les restes devaient se débrouiller seuls pour trouver l’endroit pour dormir. Certains entre nous avaient dormi sur les arbres comme des singes.

La première nuit, j’avais essayé de placer 2 barres sur les branches d’arbre et de dormir là-dessus en faisant de l’équilibre. A chaque fois que j’étais sur le point de dormir, les 2 barres s’écartaient et je tombais dans l’eau. Au bout de 5 ou 6ème fois, j’en avais assez de tomber, alors je jetais une barre et je dormais en équilibre avec celle restante. Assez étonnant soit-il, j’arrivais à dormir de cette manière pendant plusieurs nuits.

Peu à peu, notre vie collective s’organisait. Comme il n’y avait aucun représentant d’Angkar avec nous et que notre responsable était un peu fainéante, notre journée type était : le matin, on se levait vers 5 heures après soit nous partions à la chasse, soit nous pêchions jusqu’à 9h. Entre 9h et 11h, tout le monde travaillait. Entre 11h et 15h, repas puis sieste. Entre 15h et 16h travail. Entre 16h et 18h la chasse ou la pêche. Après 18h repas puis dodo.

Pour la pêche, c’était relativement simple puisqu’il y avait partout de poissons. Pour la chasse, nous partions un petit peu plus loin vers là où il y avait de la terre sans eau pour mettre des pièges pour capter les poules d’eau. Des poules d’eau ainsi que d’autres oiseaux étaient nombreux. Nous les captions 2 ou 3 par jour.

Entre 12h et 15h, nous écoutions même la radio des KR. Nous n’avions pas de piles pour la faire marcher mais nous débrouillions avec un générateur électrique manuel en tournant de manière régulière. Et nous écoutions les chants révolutionnaires. Nous apprenions ainsi que nous étions en guerre avec le Vietnam. Nos soldats combattaient avec courage et il y avait aucun doute que nous allions gagner cette guerre haut la main.

Un beau jour, en écoutant cette radio, nous y entendions des coups de feu. Tout à coup, nous entendions une voix vietnamienne dans cette radio. Panique à bord, la responsable nous ordonnait aussitôt de la couper et nous envoyait travailler. Quelques heures plus tard, une personne venue du village nous indiquait l’ordre de renter chez nous.

Lorsque nous arrivions dans notre village, c’était la panique totale. L’ordre d’évacuation était donné. Nous devions tous partir vers le Phnom Aural. Un autre calvaire encore plus dur nous attendait…



Edité le 10/12/2012 @ 23:09 par NeakReach

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Merci messieurs de vos réponses.

Dans la province de Kampong Chhnang, tous les villages étaient aussi vidés et leurs habitants étaient "déportés" vers Phnom Aural.
.....
J’en résume, d’après vos récits, que la province de Battambang, et peut-être dans tout le Cambodge, les villages avaient été vidés de leurs habitants. Mais à Battambang, où étaient-ils allés ces habitants ? Dans des forêts vierges de toute habitation humaine ? Mais où ?





Je joins une carte pour faciliter mes dires.
Les zones qui se trouvent au nord de Khsoy, est très propice à ce genre de crime. Une zone loin des yeux curieux, les évacuations sont silencieuses et discrètes, une zones plein d'anciennes cachettes du temps de guerre, la crue du tonlé Sap peut détruire toutes traces..
Les gens doutent que les villageois malheureux finissent leur vit par là. Il y en a qui avancent qu'il y avait des cages(anciens) dans ces zone inondées. Imaginez...
Ce ne sont que rumeurs.

EbIX2.jpg

PS : khsoy n'a pas été évacué, par ce que les cadres piryoip de khsoy n'ont pas opposés aux contrôles de Nirdey, dès le début. Les forces de Nirdey ne cherchent qu'à arrêter les cadres de priyoip. Je peux certifier, car j'ai été victime de cette chasse.



Edité le 08/12/2012 @ 23:41 par Seun nmott
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la jeune chinoise.

Au bout de quelques jours le cadre Kr est disparu, il nous laisse un mot sur le mur : « veillez balayer et maintenir cette maison propre ».

Nous investissons notre maison. La cuisine est brûlé depuis long temps il paraît que c'est à causse des obus de Lonol.
Les deux salles suivantes manquent de toile, le planché est abîmé, on risque à tout moment de passer à travers. Le mur de la salle principale est couver d'éclat d'obus.
Mais c'est qu'en même bien, de pouvoir dormir à la belle étoile tout en restant dans la maison.

Ce soir des grandes ont entendu quelqu'un râlait au ré-de-chaussé de notre deuxième maison.
Le lendemain matin le mari de ma tante est allé vérifier. Effectivement une jeune femme est clouée au lit. Elle est blessé et bondonnée par ses camarades. Elle n'a pas manger ni boire depuis quelques jours.
Il paraît que ses plais sont infectés et il y avait du pue et des vers qui la ronge de l'intérieur .
Elle est paralysé mais conscience.
Je ne l'ai jamais vu , on ne me l'a pas laisser approché.

On l'apporte à manger et à boire régulièrement mais l'on ne peut pas la soignée, elle râle en permanent et au bout de quelques jour on nous a dit qu'elle est morte. C'est une chinoise de Phnom Penh. Et apparemment c'est une très jolie jeune fille.

Le mari de ma tente qui est un ancien vénérable de la pagode sait parfaitement ce qu'il faut faire. Et il enterre derrière notre maison.
Maintenant on a récupéré ses ossement et la incinéré à la pagode en même temps que des restes de nos proches.

Edité le 09/12/2012 @ 16:11 par NEO
#89379 View NEO's ProfileView All Posts by NEOU2U Member
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Le moment de bonheur, si on peut le dire.
Dans les bras de votre mère, le mot "kon meas mday" est le plus beau mot du monde. Il faut être dans ces conditions là pour connaitre ce que c'est.

.....Quand ils m'ont relâché, je me suis jeté dans les bras de ma femme devant notre cabane de fortune. On a oublié tout ce qui nous entoure. Ce n'est pas une habitude des asiatiques..

J'arrête là...

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Seun nmott a écrit


Le moment de bonheur, si on peut le dire.
Dans les bras de votre mère, le mot "kon meas mday" est le plus beau mot du monde. Il faut être dans ces conditions là pour connaitre ce que c'est.

.....Quand ils m'ont relâché, je me suis jeté dans les bras de ma femme devant notre cabane de fortune. On a oublié tout ce qui nous entoure. Ce n'est pas une habitude des asiatiques..



C’était les moments magiques que nous rencontrons une ou deux fois dans notre vie. Tellement magique que je ne serais pas capable de raconter à haute voix.


"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
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Seun nmott a écrit

NeakReach a écrit

Merci messieurs de vos réponses.

Dans la province de Kampong Chhnang, tous les villages étaient aussi vidés et leurs habitants étaient "déportés" vers Phnom Aural.
.....
J’en résume, d’après vos récits, que la province de Battambang, et peut-être dans tout le Cambodge, les villages avaient été vidés de leurs habitants. Mais à Battambang, où étaient-ils allés ces habitants ? Dans des forêts vierges de toute habitation humaine ? Mais où ?





Je joins une carte pour faciliter mes dires.
Les zones qui se trouvent au nord de Khsoy, est très propice à ce genre de crime. Une zone loin des yeux curieux, les évacuations sont silencieuses et discrètes, une zones plein d'anciennes cachettes du temps de guerre, la crue du tonlé Sap peut détruire toutes traces..
Les gens doutent que les villageois malheureux finissent leur vit par là. Il y en a qui avancent qu'il y avait des cages(anciens) dans ces zone inondées. Imaginez...
Ce ne sont que rumeurs.

EbIX2.jpg

PS : khsoy n'a pas été évacué, par ce que les cadres piryoip de khsoy n'ont pas opposés aux contrôles de Nirdey, dès le début. Les forces de Nirdey ne cherchent qu'à arrêter les cadres de priyoip. Je peux certifier, car j'ai été victime de cette chasse.




Ce qui est assez étonnant dans la région de Battambang, c’est que tous les villages n’ont pas été évacués. J’ai envie de dire que seuls les villages à dominant "peuple ancien" étaient concernés par cette évacuation.

Il y a quand même des questions sans réponse…


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Ma famille est enraciné à Battambang depuis toujours on ne peut sûrement pas nous considérer comme le peuple nouveau.
Mais on nous considère comme des Nirtone « des riches » . Tout simplement par ce que ces grands familles de battambang sont des propriétaire terrien et leurs enfants ont abandonnés la terre pour ce convertir dans le commerce ou l'administration et sont devenu de vrai citadins.

Ils louent leur terre ou leur fait travailler par des autres. Ils prennent le pourcentage sur la récolte.
Pour ainsi dire qu'ils peuvent vire confortablement sans avoir à travailler.
Certain ouvrier ont des dents longues contre leurs patrons et leur faire payer chèrement.
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Seun nmott a écrit

Le moment de bonheur, si on peut le dire.
Dans les bras de votre mère, le mot "kon meas mday" est le plus beau mot du monde. Il faut être dans ces conditions là pour connaitre ce que c'est.
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On risque pas de pleurer en lisant vos histoires là ?
On peut légitimement se demander si ce n'est pas une réunion pour se raconter chacun sa tristesse et ensuite pleurer collectivement chacun tout seul et à sa manière derrière son ordinateur ?
Remarquez que ce n'est pas vraiment gênant du fait que chacun peut pleurer solitairement dans son coin sans être vu .
il faut alors en profiter car cela n'arrive pas tous les jours de pouvoir pleurer sans être gêné ....je veux dire ...idéalement!!.
Aujourd'hui j'ai assez pleuré, je repasserai demain pour de nouvelles épisodes que je souhaite tout aussi émouvantes et j'insiste ...!!

Edité le 09/12/2012 @ 18:10 par le effaçable
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