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Auteur [Portrait] Soreasmey Ke Bin, un Franco–cambodgien entre commerce et solidarité   ( Réponses 0 | Lectures 2044 )
Haut de page 05/02/2011 @ 15:01 Bas de page
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Soreasmey Ke Bin, un Franco–cambodgien entre commerce et solidarité

24/01/2011 | Anne Garrigue ( Aujourd'hui le Monde ).

Notre voyage au Cambodge se poursuit avec un homme d'affaires qui allie business et accueil des Cambodgiens qui reviennent au pays.

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Soreasmey Ke Bin

Certains l’appellent Soreasmey, d’autres Baptiste. Ce double prénom correspond à sa double nationalité -sa mère est française-, un métissage qu’il veut mettre à profit pour aider le pays de son père, où il a choisi de vivre.

« Je suis franco cambodgien. Revenu en 2002 pour rejoindre mon père, j’ai fondé, en actionnaire minoritaire, une première société d’informatique, puis une deuxième société de création graphique Around design . Pour la troisième tentative, j’ai pris moi-même directement les rênes en et me suis lancé en association avec un expatrié français dans la distribution et la vente de lingerie féminine, en créant Avanti Trading co et en ouvrant Promesses, une boutique de luxe à Phnom Penh.

Après avoir testé leurs compétences sur la distribution de protéines sportives et de boules de pétanque, les créateurs d’ Avanti Trading co ont commencé à commercialiser la marque Aubade, dont les exigences les ont poussé à ouvrir une boutique multimarques.

« Le but à terme est de devenir le représentant des grandes marques de mode dans le Royaume, explique Soreasmey Ke Bin. Au départ, nous voulions seulement distribuer. Mais, en l’absence de vrais grands magasins – on y vend encore trop de copies -, nous avons conçu un lieu intime et select où nous organisons des défilés et des évènements pour attirer la clientèle. Comme le Cambodge est encore un pays très conservateur, les défilés ont lieu chez nous et pour des clientes triées sur le volet. Au départ, la clientèle était surtout formée d’expatriées. Mais depuis six mois, les Cambodgiennes génèrent un plus gros chiffre d’affaires, même si elles sont moins nombreuses. »

Soreasmey Ke Bin vise d’abord les plus aisés pour atteindre ensuite les classes moyennes quand il aura davantage d’options d’emplacements.

« Je pense qu’on va vers un marché de distribution sélective. Le gros problème c'est que les Cambodgiennes aisées et les expatriés préfèrent encore faire leur shopping à Bangkok ou à Singapour. »

Avant de rentabiliser ses activités, Soreasmey Ke Bin doit réinjecter des fonds tous les six mois au moment des prises de commande.

« On est proche de l’équilibre, nous restons d’autant plus confiants que nous nous sommes diversifiés vers le balnéaire et avons depuis amené d’autres marques : Simone Perèle, BlueGlue, Implicite … ».

Reste que Aubade reste la marque phare, avec un effet d’entraînement certain.

« Nos clientes sont souvent sur Facebook. C’est notre principal moyen de communication avec elle. Nous utilisons toutes les semaines photos et vidéos de la marque. Nous organisons aussi des dégustations de vin ou de thé. Nos clientes viennent des « grosses familles. La société cambodgienne fonctionne en cercles fermés qui ne se mélangent pas. Il nous faut trouver celle qui entraine son cercle et faire venir ces cercles séparément ».

Une tâche difficile pour un homme. « Je ne peux pas leur parler en direct de lingerie et notre responsable des ventes vient d’un milieu plus modeste et n’a pas accès à elles ». Soreasmey Ke Bin a aussi des « office lady » avec des salaires mensuels de 300 /400 dollars qui vivent chez leurs parents et veulent pouvoir montrer leur raffinement en laissant apercevoir sous le débardeur une bretelle de luxe.

Fédérer ceux qui rentrent au pays

L’autre objectif de Soreasmey Ke Bin est d’aider ceux qui rentrent au pays. Il y a six mois, il a fondé avec un ami revenu des Etats-Unis l’initiative Anvaya , une association qui fédère les Khmers d’où qu’ils reviennent.

« A partir de 1990, une grande partie de l’élite est rentrée au Cambodge pour faire de la politique avec plus ou moins de réussite et avec parfois des comportements assez scandaleux. La diaspora cambodgienne est divisée entre ceux qui sont partis avant la guerre, au tout début de la guerre, pendant la guerre et après la guerre. Ceux qui sont partis le plus tôt, l’ont fait dans de meilleures conditions. Ils se sont beaucoup mieux intégrés dans les pays d’accueil et sont aussi ceux qui reviennent le plus. Mais, depuis trois ou quatre ans, de plus en plus de jeunes reviennent seuls. »

Anvaya, qui compte 180 inscrits, a été créé sur le modèle d’une association équivalente au Vietnam « Association for liaison with overseas Vietnamese » (ALOV-HCMC), initiée par le gouvernement.

« De notre côté nous tenons à notre indépendance, et de fait nous souhaitons devenir les interlocuteurs du gouvernement, mais cela prendra du temps, il nous faut gagner en légitimité ».

Le but est de favoriser le retour et l’intégration de ceux qu’on appelle un peu péjorativement au Cambodge « les déracinés » (aneakechuon).

Dans un pays en manque de cadres, les ressources humaines que constitue la diaspora ne sont pas négligeables, et peuvent aider à un développement accéléré.

« Il ne s’agit pas de nous placer en concurrence avec les locaux, nous pouvons apporter un véritable plus ».

A condition toutefois d’éviter certains écueils. « Quand je suis rentré il y a dix ans, on m’avait bombardé conseiller d’un responsable politique de premier plan sans que je ne demande rien. J’ai quitté ses fonctions au bout de deux ans. Je pense qu’on peut être plus utile en apportant des compétences techniques. Nous avons aussi un groupe féminin car les filles éprouvent plus de difficulté à se réintégrer. La preuve : les hommes qui reviennent se marient à 70% avec des « locales » alors que sur les 30 femmes de notre association, une seule a épousé un « local ». »

Anvaya veut rassembler tous ceux qui rentrent, qu’ils reviennent d’Europe, d’Océanie ou d’Amérique, mais la synergie n’est pas facile. « Les caractères nationaux sont différents - les « Américains » veulent quelque chose de très carré tout de suite ; les « Français » veulent attendre pour monter des projets que la communauté se crée – et il ya la grosse différence ente ceux qui viennent du monde des affaires et ceux qui sont dans les ONG. Même moi qui tente de rassembler tout le monde, j’ai été accusé d’exploiter les Cambodgiens ! Souvent les jeunes qui s’impliquent dans le social, cherchent à s’identifier aux « Cambodgiens d’en bas ». Ils imitent les comportements et se promènent toujours un Krama (écharpe traditionnelle khmère) autour du cou. Mais ils ont étudié en France et n’ont pas ni les mêmes modes de réflexion, ni les mêmes comportements. Je crois qu’on sert mieux son pays en le poussant vers le haut. »

Cambodge

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