Vous n'êtes pas connecté [Connexion - Inscription]
Bas de page
Version imprimable | Envoyer à un ami | S'abonner | Ajouter aux Favoris Nouveau SujetNouveau sondageRépondre
    « Sujet précédent | Sujet suivant »  
Auteur [AFP] L'Asie du sud-est devrait "dédollariser", mais pas trop vite   ( Réponses 2 | Lectures 1946 )
Haut de page 18/10/2010 @ 11:02 Bas de page
[AFP] L'Asie du sud-est devrait "dédollariser", mais pas trop vite Reply With Quote
Déconnecté(e) Vorasith
Sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_8.jpg
 
Messages 1973
Inscrit(e) le 25/04/2003
Lieu de résidence Suisse / France
L'Asie du sud-est devrait "dédollariser", mais pas trop vite
De Michelle FITZPATRICK (AFP)

PHNOM PENH — Les pays d'Asie du sud-est qui se reposent beaucoup sur le dollar pourraient s'inquiéter de sa chute, mais ils ne devraient pas pour autant réduire du jour au lendemain leur dépendance à l'égard du billet vert, préviennent les analystes.

Au Cambodge, le dollar est bien plus commun que le riel local, et au Laos voisin, les achats se font en kip, en dollar ou même en baht thaïlandais.

Au Vietnam, le dong est assez répandu, mais le dollar représente quand même 20% de la monnaie en circulation. Et en Birmanie, le volatile kyat n'a pas la confiance de la population.

"Je n'ai jamais rencontré aucun Birman avec des économies en monnaie locale", souligne Sean Turnell, expert de l'économie birmane à l'université Macquarie de Sydney.

Une telle dépendance envers le dollar est connu sous le nom de "dollarisation" et reflète "un manque global de confiance dans la monnaie locale", explique Jayant Menon, économiste en chef de la Banque asiatique de développement.

Le billet vert évolue depuis le début du mois à ses niveaux les plus faibles depuis janvier par rapport à un panier de grandes monnaies étrangères, mais les analystes estiment que cette situation n'affectera pas immédiatement l'utilisation des monnaies locales dans ces pays asiatiques.

Cela pourrait malgré tout influencer la façon dont les habitants épargnent.

"Au Vietnam, cela pourrait entraîner un report vers l'or. Au Laos, vers le baht", note Jayant Menon.

"L'objectif à long terme pour ces pays devrait être de +dédollariser+", continue l'économiste, co-auteur d'un nouveau livre sur la "dollarisation" au Cambodge, au Laos et au Vietnam.

La dépendance au dollar a certes des avantages. Elle peut apporter une stabilité à un marché par ailleurs volatile et rendre plus difficile pour les gouvernements de simplement imprimer des billets en cas de problème budgétaire, selon les experts.

Mais elle limite également la possibilité pour les banques centrales de contrôler l'offre de monnaie et de mettre en place des politiques de change.

Malgré les mauvais côtés de la prédominance du dollar, certains responsables asiatiques la défendent.

"Grâce à la dollarisation, les gens n'ont pas peur de mettre de l'argent à la banque", a ainsi assuré Hang Chuon Naron, secrétaire général du Conseil économique national du Cambodge. "Et cela impose une discipline au gouvernement".

Malgré tout, même si la "dédollarisation" n'est pas une priorité, il peut concevoir un avenir où le riel devienne la monnaie principale de son pays.

Dans l'intervalle, il faut "faire des réserves nationales, et encourager un fort taux de croissance et une confiance à long terme. Nous devons faire ça pas à pas", a-t-il souligné.

Une approche à long terme soutenue par l'économiste en chef de la Banque asiatique de développement.

"Si les gouvernements essaient de changer le système du jour au lendemain, en exigeant l'utilisation de la monnaie nationale, l'expérience montre que c'est en fait contre-productif et retarde encore plus le processus de +dédollarisation+", prévient Jayant Menon.

Mais les gouvernements ont à leur disposition certaines mesures à court et moyen termes pour aller vers une émancipation vis-à-vis de la monnaie américaine.

Au Cambodge par exemple, le gouvernement "pourrait essayer d'inciter plus les gens à épargner dans la monnaie locale", conseille l'économiste. Ou une partie des salaires du secteur privé pourrait être payée en riel.

Et "à long terme, il faut améliorer les institutions, les marchés financiers, les marchés des capitaux et la stabilité économique et politique", souligne-t-il.

Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés

EK.gif
#76108 View Vorasith's ProfileVisit Vorasith's HomepageView All Posts by VorasithU2U Member
Haut de page 18/10/2010 @ 12:02 Bas de page
Re : [AFP] L'Asie du sud-est devrait Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7858
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
J'avais lu avec beaucoup d'intérêt, il y a plusieurs mois, un article allant dans le même sens.

J'avais trouvé que c'était tout à fait plausible et "Financièrement parlant" plutôt une attitude saine :

* à condition que l'on sache par quoi on remplace le dollar :
- par chaque monnaie nationale
- par la monnaie la plus forte de la zone d'échanges .. en l'occurence le yuan de la Chine ?

* avec un préalable évident : le pays de la monnaie de remplacement doit jouer le jeu des "échanges équilibrés" en acceptant de recevoir et de consommer aussi ( raison d'être de toute monnaie ) sinon on revient au troc !

Avec ou sans dollar, les échanges commerciaux entre les différents pays d'Asie sont-ils actuellement équilibrés ?

Personnellement, je ne le crois pas : donc de gros problèmes subsisteront avec ou sans dollar.
#76109 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 19/10/2010 @ 07:06 Bas de page
Re : [AFP] L'Asie du sud-est devrait Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7858
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
- sur ce lien du monde.fr :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/10/18/sortir-du-chaos-des-devises_1427581_3232.html


- cet article autour du même thème:


[Chronique

Sortir du chaos des devises

LE MONDE ECONOMIE | 18.10.10 | 15h31


C'est Guido Mantega, le ministre brésilien des finances, qui a mis le feu aux poudres en qualifiant de "guerre des monnaies" une situation confuse dont chacun percevait bien qu'elle ne se résumait plus à la controverse sino-américaine sur le taux de change de la monnaie chinoise.

L'expression évoque un précédent funeste : la série de dévaluations compétitives qui a suivi la décision par Londres, en septembre 1931, de rompre le lien fixe entre la livre et l'or. Seule la France, alors, s'était accrochée à la parité-or, et elle l'avait payé cher. Cette descente aux enfers, où chaque pays a joué de la dépréciation pour exporter son chômage, a laissé une forte empreinte dans la mémoire collective.

C'est pour prévenir pareils enchaînements qu'a été conçu le système monétaire de l'après-guerre ; c'est pour les traquer que le Fonds monétaire international (FMI) a été créé, avec pour mission d'exercer une "surveillance ferme" sur les politiques de change.

Octobre 1929, septembre 1931 ; septembre 2008, octobre 2010. Sommes-nous en train de revivre, selon le même tempo, le même scénario de transmission du choc financier au chaos monétaire ?

Les apparences le suggèrent : le Japon a unilatéralement vendu du yen contre du dollar afin de freiner l'appréciation de sa monnaie ; pour se défendre, il met en cause la politique de change coréenne ; les Etats-Unis réclament de plus en plus fermement que la Chine cesse d'accumuler des réserves en devises (elles ont atteint 2650 milliards de dollars, soit 1884 milliards d'euros) pour empêcher l'appréciation du yuan ; les banques centrales américaine et britannique se préparent à lancer de nouveaux programmes d'achats de titres publics ("quantitative easing") qui vont faire baisser les taux longs et ont déjà commencé d'affaiblir dollar et livre.

Quant aux pays émergents, de la Thaïlande qui taxe les entrées de capitaux, à Israël qui intervient à large échelle, tous s'efforcent de freiner l'appréciation de leur monnaie. Seule la Banque centrale européenne (BCE) prend le chemin inverse avec une résolution qui, certes, force l'admiration, mais s'est déjà traduite par une forte remontée de l'euro, laquelle va freiner la reprise et sérieusement compliquer le redressement des pays en difficulté comme l'Espagne, le Portugal et l'Irlande.

Ne voir dans la situation actuelle que la guerre de tous contre tous (ou presque) serait cependant une erreur. Car la récession n'a pas frappé tous les pays également.

En 2010, selon les dernières prévisions du FMI, le produit intérieur brut (PIB) des pays émergents se situera plus de 15 % au-dessus de son niveau de 2007, alors qu'il sera encore bien en dessous dans les pays avancés. Ces derniers vont encore longtemps se débattre avec les conséquences de la crise, quand les premiers l'ont déjà laissée derrière eux.

Deux chiffres résument bien la grande divergence qui s'est creusée depuis deux ans dans l'économie mondiale : toujours selon le FMI, il va falloir réduire les dépenses publiques ou augmenter les prélèvements de 9 points de PIB dans les pays avancés pour ramener le ratio de dette publique à 60 % d'ici à 2030 ; moins de 3 points suffiront dans les pays émergents pour rester à 40 %.

La réponse à une divergence de cette ampleur devrait être une asymétrie des politiques monétaires, avec des taux d'intérêt maintenus à très bas niveau dans les pays avancés, et un durcissement dans les pays émergents ; et, corrélativement, une appréciation des monnaies de ces derniers, qui accompagnerait le rééquilibrage de la croissance, limiterait les risques inflationnistes dans les pays en expansion et préviendrait la déflation dans les pays en convalescence. Les marchés l'ont bien compris, c'est pourquoi les capitaux affluent vers le Sud.

Mais ce rééquilibrage est bloqué par un problème d'action collective : aucun pays émergent n'accepte de voir sa monnaie s'apprécier contre celle des autres. Chacun surveille ses voisins, et tous lorgnent vers la Chine, en espérant qu'elle accepte enfin une hausse substantielle du yuan. Pékin, cependant, a tout aussi peur de voir ses industries de main-d'oeuvre se délocaliser au Bangladesh ou au Vietnam. [***]

Comme l'explique bien Martin Wolf, l'ajustement du taux de change réel entre le monde avancé et le monde émergent se produira d'une manière ou d'une autre. Mais le résultat sera très différent s'il se produit par une variation des taux de change, ou par une combinaison de déflation chez les uns et d'inflation chez les autres. C'est pourquoi il importe de résoudre le problème d'action collective des pays émergents.

Dire cela n'est pas minimiser la question du yuan : elle reste centrale. C'est seulement souligner que son appréciation n'est pas un enjeu sino-américain, mais un enjeu global, la clef d'un rééquilibrage d'ensemble qui est aujourd'hui entravé. Les réunions de Washington, il y a dix jours, ont d'ailleurs montré que les pays émergents critiquent de plus en plus l'inflexibilité chinoise.

Résoudre les problèmes d'action collective est la raison d'être des structures internationales. C'est ce qu'ont fait le G20 et le FMI en 2009, en organisant la relance. Il faut, de la même manière, que le FMI prenne désormais le leadership sur le front monétaire : qu'il propose un cadre conceptuel pour les discussions, fournisse des évaluations objectives et aide à la recherche d'un accord dans un cadre multilatéral. Il ne peut pas se substituer aux gouvernements et faire les choix à leur place. Mais il peut considérablement aider à la recherche d'une solution.]

Jean Pisani-Ferry, économiste et directeur de Bruegel, centre de recherche et de débat sur les politiques économiques en Europe

Article paru dans l'édition du 19.10.10


(***}: d'après les infos rdb, le "salaire minimum mensuel" serait de :

- Cambodge : 61 dollars, depuis octobre 2010 (bloqué jusqu'en 2014 !!!)
- Vietnam..: 70 dollars depuis 2009
- Chine....:140 dollars environ , depuis juin 2010 (jusqu'à 168 dollars en Chine du sud)

(le Bangladesh et l'Inde ont des salaires minimums inférieurs à celui du Cambodge)











Edité le 19/10/2010 @ 07:29 par robin des bois
#76112 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
    « Sujet précédent | Sujet suivant »  
Nouveau SujetNouveau sondageRépondre
Haut de page