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Auteur [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre   ( Réponses 12 | Lectures 2302 )
Haut de page 17/08/2009 @ 13:08 Bas de page
[AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre

Le génocide perpétré par les Khmers Rouges de Pol Pot au Cambodge, notamment pendant la brève période où ceux-ci ont été effectivement au pouvoir entre la chute de Saïgon et Phnom Penh en avril 1975 et l’invasion viêtnamienne du début 1979, n’a pas fini de déchaîner les passions.

Les médias occidentaux1, notamment la presse2, suivent de près depuis bien des mois déjà le procès des dirigeants khmers rouges, dont les auditions devant un tribunal spécial créé à cet effet ont commencé en février 2008. Pourtant, l’on trouve encore ici ou là sur le net, à propos de la question, des opinions caduques : notamment celle « d’autogénocide », appliquée à tort et à travers au génocide khmer, à partir des propos de Primo Levi -qui était d’ailleurs revenu sur ses propres déclarations à ce sujet. C’est d’autant plus surprenant que, du côté français, de nombreux chercheurs se sont penchés sur le génocide cambodgien, fournissant des analyses parfois discutables mais qui à l’occasion, sont originales et très instructives (cf bibliographie). En tant qu’étudiant en histoire, je me propose ici de revenir sur trois points précis se rapportant à la question, pour démonter quelques certitudes chez certains -et engager la discussion avec d’autres.


1) Le premier problème autour de ce procès repose évidemment dans l’accusation de génocide porté à l’encontre des chefs khmers rouges survivants. Le terme de génocide, défini par l’ONU en 1948, après la Seconde guerre mondiale, est d’un emploi des plus problématiques pour l’historien ou le chercheur en sciences sociales, comme l’a souligné Jacques Sémelin3 dans un article phare. Cette définition débouche sur plusieurs enjeux qui la détournent de son but premier : enjeux de mémoire lorsqu’une communauté tente de faire reconnaître des massacres passés comme génocide (le cas le plus emblématique étant celui des Arméniens) ; enjeux d’action immédiate lorsqu’une population victime de violences utilise le terme génocide pour susciter l’émoi de la communauté internationale et provoquer une réaction ; enjeux judiciaires lorsqu’il s’agit de poursuivre devant les tribunaux les auteurs encore vivants des massacres (Pinochet ou Milosevic par exemple). Jacques Sémelin4 propose plusieurs pistes pour dégager le chercheur de l’emprise de la notion « juridique » du génocide. Pour s’émanciper de l’influence juridico-politique du terme, Sémelin avance le recours à la notion de massacre, le génocide y étant inclus, même si ce choix peut aussi présenter des inconvénients (trop se concentrer sur l’acte lui-même aux dépens du reste, par exemple). Il pense le génocide comme un processus organisé de destruction des civils, ce qui englobe finalement tout l’ensemble. Il souligne que les massacres s’associent souvent à un contexte de guerre, qui les favorise ou les entraîne. Jacques Sémelin détermine alors deux sortes de massacres : ceux pour soumettre et ceux pour éradiquer. Le Cambodge relève de la première catégorie dans le sens où, vainqueurs d’une guerre civile, les Khmers Rouges se trouvent dans une phase de construction du pouvoir. Pour autant, ceux-ci projettent bien de remodeler complètement la société, ce qui donne un grand poids à la volonté idéologique et politique des leaders dans le massacre. Mais ces massacres de masse vont de pair avec une rééducation des Cambodgiens : le but n’est pas d’exterminer complètement ces derniers, mais de rééduquer les survivants. Cependant, Sémelin reconnaît que les deux catégories de massacre définies tout à l’heure s’interpénètrent dans le cas cambodgien : si les massacres des Khmers rouges relèvent bien d’un processus de destruction/soumission, ils s’accompagnent d’une volonté d’éradication des groupes spécifiques (les Chams musulmans notamment).


2) Autre point intéressant et souvent négligé dans les analyses sur le génocide cambodgien : l’importance de l’histoire du Parti Communiste local et de son installation progressive sous la tutelle viêtnamienne. Déjà, pendant la guerre d’Indochine entre la France et le Vietminh (1946-1954), la République Démocratique du Viêtnam avait commencé à étendre ses opérations au Laos et au Cambodge5, dès 1948, mais surtout après 1950 et le soutien apporté par la Chine devenue communiste. D’ailleurs, ce n’est qu’en 1953, lorsque l’armée populaire du Viêtnam lance ses régiments sur le nord Laos, que l’on peut parler de guerre d’Indochine, les opérations restant jusque là cantonnées au Viêtnam seul. Au moment de la bataille de Dien Bien Phu, dans la première moitié de l’année 1954, les Viêtnamiens sont ainsi engagés dans des opérations de diversion au Laos et au Cambodge. Pourquoi avoir investi ces deux ensembles frontaliers ? Deux raisons : d’abord établir une route entre l’Indochine du Nord et sa comparse méridionale (destinée à devenir la fameuse piste Hô Chi Minh), ce qui nécessite de contrôler à la fois l’est laotien et le nord-est du Cambodge. Cette piste doit servir à acheminer du matériel et du ravitaillement, mais également à lancer des offensives au sud à partir du nord. Ensuite, l’offensive finale de l’armée viêtnamienne en 1954 vise à disperser les forces françaises pour assurer la victoire à Dien Bien Phu ; pour autant, c’est bien la première attaque d’ensemble à l’échelle de l’Indochine, et d’aucuns ont supputé que les Viêtnamiens espéraient s’emparer de tous les territoires dans la foulée -on ne serait plus alors dans le cadre d’une simple diversion. Le Parti Communiste Indochinois avait toujours voulu étendre la révolution au Laos et au Cambodge, mais la rhétorique correspondante avait été mise en sommeil lors du déclenchement de la guerre avec la France. L’aspect indochinois de la guerre resurgit en 1948 et surtout en 1950, sous la plume du général Giap, qui définit ainsi la stratégie viêtnamienne : adossée aux provinces du nord frontalières de la Chine, qui fournit l’armement, l’armée populaire doit descendre vers le sud et submerger le Viêtnam, le Laos et le Cambodge. Giap développe ici le concept de « champ de bataille indochinois » alors que l’armée viêtnamienne entre à ce moment-là dans une troisième phase où elle va se confronter, au sein d’une guerre plus conventionnelle, aux troupes françaises.

Il s’agit alors d’implanter des structures politiques d’avant-garde au Laos et au Cambodge. La République démocratique du Viêtnam forme des cadres pour les envoyer sur place, mais aussi des milices laos et khmères destinées à appuyer ses propres soldats. Pour le Cambodge, une centaine de cadres politiques formés au Viêtnam sont envoyés pour préparer l’arrivée des forces de Hanoï. Le Vietminh s’appuie sur des Khmers ralliés, des Viêtnamiens de Thaïlande ou des cadres venant d’autres régions sous contrôle viêtnamien. Les Français suivent de près cette infiltration et déciment de nombreuses équipes de cadres jusqu’en 1952. A partir de 1953, la situation change avec le renforcement militaire du secteur par le Vietminh. Avec la division 325, de nombreux bataillons indépendants peuvent intervenir au Cambodge, car le but est de menacer la frontière thaïlandaise dont le régime est soutenu par les Etats-Unis. En septembre 1953, on compte ainsi 7 000 soldats viêtnamiens et 4 300 autres Laotiens et Cambodgiens prêts à intervenir. En janvier 1954, une attaque est déclenchée sur les Hauts-Plateaux : les forces viêtnamiennes descendent sur le Cambodge par le Bas-Laos. Une deuxième attaque frappe le Cambodge au moment de la bataille de Dien Bien Phu : le régiment 101 cherche à détruire le Groupe Mobile français 51. En mai 1954, après la chute du camp retranché, plusieurs bataillons réguliers s’implantent encore dans le secteur. Des conditions sont donc créées pour l’implantation d’une structure politique solide : Nguyen Can, membre du Comité des Affaires du parti pour le Nord-Est, collabore avec Tran Quy Hai, le commandant et commissaire politique de la division 325, pour installer des pouvoir locaux et les organismes révolutionnaires. Un Khmer est mis au pouvoir, « Xi Da », avec Nguyen Can comme commissaire politique. Les accords de Genève sapent pourtant l’installation d’un gouvernement révolutionnaire au Cambodge, contrairement au Laos. En août 1954, les Viêtnamiens sont obligés de faire appliquer le cessez-le-feu et de retirer leurs troupes entre le 15 et le 18, avec certains alliés khmers. Un groupe de « conseillers » viêtnamiens reste pourtant dans le nord-est du Cambodge jusqu’en 1957. La piste nord-sud et l’implantation au Cambodge seront cependant d’une grande utilité en mai 1959, lorsque le Nord-Viêtnam relancera la lutte contre le Sud et un nouvel ennemi : les Américains.


3) Un dernier point concerne la place du génocide dans le contexte à la fois d’une guerre civile incluse dans la guerre du Viêtnam, de la prise du pouvoir par les Khmers rouges et de leur éviction par l’invasion viêtnamienne, suivie d’une longue guérilla. Jean-Louis Margolin6 a bien insisté sur l’ampleur du génocide des Khmers rouges, qui dépasse de loin tout ce que l’on a pu rabâcher ailleurs sur les autres régimes communistes : les estimations varient entre 1,3 et 2,3 millions de morts, soit entre 17 % et 30 % de la population contemporaine des événements étudiés. Une étude statistique liée à la démographie permet quelque peu d’affiner ces chiffres : la surmortalité pendant la période des Khmers Rouges est comprise dans une fourchette entre 700 000 et 3,2 millions d’individus ; les personnes décédées de mort violente, par exécution, se situent elles entre 600 000 et 2 millions -nombres auxquels il faut rajouter les victimes de la guerre civile entre 1970 et 1975 (peut-être 300 000 ?) et les personnes mortes de la famine et des effets indirects des conflits (un chiffre très contesté de 600 000 personnes)7. Ce génocide s’inscrit dans un contexte de guerre8, puisque le Cambodge est concerné par la guerre du Viêtnam opposant le Nord aux Américains soutenant le Sud (ceux-ci larguent plus de 500 000 t de bombes sur le pays entre 1969 et 1973, mais surtout sur la partie orientale, et moins que sur le Viêtnam et le Laos ; par ailleurs les combats terrestres ont été plus limités qu’ailleurs) ; mais il connaît aussi une guerre civile avant de souffrir des affres de l’invasion étrangère – celle du Viêtnam- à partir de 1979. Le régime du Kampuchéa démocratique n’est pourtant pas uniquement un produit de la guerre. Il cherche d’abord à se dégager de l’emprise viêtnamienne, puisque comme nous l’avons vu, les premiers surgeons révolutionnaires cambodgiens sont dus au bienveillant voisin vainqueur des Français. L’organisation clandestine de Pol Pot ne compte que quelques centaines de membres dans les années 60, 4 000 en 1970, avec cette particularité que tout adhérent au parti est de facto un combattant révolutionnaire. Pol Pot doit son succès à une combinaison de facteurs : la volonté des Nord-Viêtnamiens de conserver un sanctuaire au Cambodge, le coup d’Etat militaire de 1970 qui jette dans les bras des Khmers Rouges le prince Sihanouk, et l’intervention plus prononcée des Américains sur place à ce moment-là, suivi d’un retrait tout aussi prononcé en 1973. Sihanouk a joué un subtil jeu d’équilibre, autorisant d’abord le transit des armes chinoises et l’installation de la piste Hô Chi Minh sur son territoire, avant de s’inquiéter de l’influence acquise par les Khmers rouges et de laisser son ministre et général Lon Nol renouer avec les Américains et autoriser des bombardements massifs sur les circuits d’approvisionnement viêtnamiens. Les militaires arrivés au pouvoir en 1970 perdent cependant vite la partie : leurs troupes ne peuvent soutenir la comparaison avec les combattants aguerris expédiés par Hanoï et tiennent seulement avec l’appui aérien américain ; très vite ils ne contrôlent plus que les villes, véritables forteresses assiégées dans une marée communiste. Les troupes viêtnamiennes quittent le Cambodge en 1973 au moment des accords de Paris mais Pol Pot et ses comparses ne s’emparent du pouvoir qu’en avril 1975, parallèlement à la chute du Sud-Viêtnam entre les mains du Nord. Cette période de cinq années de guerre civile voit déjà la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes, peut-être plus de 300 000, dont 70 000 Viêtnamiens victimes d’un pogrom consécutif au coup d’Etat de 1970.

Une fois au pouvoir, les Khmers rouges sont omnubilés par le danger de « l’ennemi intérieur », dissimulé parmi les populations rurales. Ils procèdent donc à l’évacuation des villes sous prétexte d’épargner à la population de nouveaux bombardements américains. La tension avec les Viêtnamiens est déjà palpable puisque tous les cadres exilés à Hanoï durant la guerre civile de retour au pays sont promptement liquidés ; le reste des réfugiés viêtnamiens est expulsé et des incidents maritimes ont lieu avec l’encombrant voisin. En mars-avril 1977, des commandos khmers passent la frontière et tuent plus de 1 200 personnes au Viêtnam. Les Khmers Rouges rêvent en fait de récupérer le delta du Mékong, pris par les Annamites aux XVIIème-XVIIIème siècles. Pour contrer ces ambitions, les troupes régulières viêtnamiennes pénètrent une première fois au Cambodge du 31 décembre 1977 au 6 janvier 1978, ramenant dans leurs bagages 100 000 réfugiés cambodgiens. En mars-avril, ce sont les Cambodgiens qui réalisent une nouvelle incursion, déplaçant de force 30 000 Khmers dans leurs frontières. L’offensive finale des Viêtnamiens démarre le 25 décembre : Pnom Penh tombe dès le 7 janvier, mais pas avant que les Khmers rouges aient procédé à de nombreuses exécutions, notamment dans la fameuse prison Tuol Sleng, dit S21, le principal centre de torture et d’exécution installé à Phnom Penh dans un ancien lycée. Ceux-ci se réfugient à la frontière thaïlandaise, entraînant avec eux une partie de la population ; leurs camps côtoient ceux des anciens affidés de Sihanouk et Lon Nol. La famine fait des ravages malgré une aide internationale importante. Les combats opposent alors, sur la frontière, les différents mouvements de la résistance cambodgienne -dont les Khmers rouges restent les plus efficaces- aux réguliers d’Hanoï bientôt relayés par les troupes de la République Populaire du Kampuchéa, direction fantoche composée de Khmers Rouges ralliés aux vainqueurs viêtnamiens. Les mines sont abondamment utilisées par toutes les parties en présence, et font plus de 100 000 estropiés (1 % de la population du pays). Les troubles psychologiques touchent quant à eux plus de 2 % de la population. La famine, au moins, cesse à partir de 1985. Le pire moment correspond sans doute à la recrudescence de la guérilla entre 1982 et 1985. Les Khmers Rouges se maintiennent pourtant au-delà du retrait viêtnamien de 1989, jusqu’en 1998, commettant de nombreuses exactions contre la population, spécialement contre les « traîtres » et les « pro-Lon Nol ». Pour mieux contrôler la population, entre 1975 et 1979, les Khmers Rouges avaient entièrement bouclé le pays : personne ne pouvait y entrer, ni en sortir. La lutte contre l’ennemi intérieur, la « cinquième colonne », primait tout le reste. Au nom de préjugés économiques, culturels et politiques, la population urbaine est transportée de force dans les campagnes et soumise à des violences physiques ou contrainte par la famine, ce qui fait qu’elle souffre proportionnellement plus en termes de pertes. Dans le régime de Pol Pot, c’est l’armée qui s’est substituée au parti : tout est organisé sur un modèle militaire.

Trois grandes catégories d’explications sont dégagées par Jean-Louis Margolin à propos de la violence des Khmers rouges : la première pose une réaction primitive au contexte de guerre imposé par les Américains, qui aurait provoqué une radicalisation des Khmers rouges, influencés par le maoïsme : ceux-ci auraient alors basculé dans une violence extrême. Michael Vickery y voit, lui, une réaction campagnarde autonome aux Khmers rouges dont Pol Pot se ferait l’expression. Mais l’on sent vite les limites de cette « brutalisation de la société cambodgienne », pour reprendre l’expression de George Mosse à propos de la Première guerre mondiale. Deuxième série d’explications : les traditions culturelles du Cambodge, représentées par exemple sur les bas-reliefs d’Angkor (réduction en esclavage, massacre de prisonniers vaincus), ou par l’incapacité du pays à trouver son unité ce qui générerait une xénophobie identitaire très forte. Mais les massacres des Khmers Rouges relèvent d’une certaine modernité, par bien des aspects, et non pas des traditions royales. Rithy Panh9, un réalisateur cambodgien qui a tourné de nombreux films sur le génocide des Khmers Rouges, et qui a pour ce faire collecté de nombreux témoignages, dénie toute vérité à l’explication « culturelle » du processus génocidaire à l’oeuvre entre 1975 et 1979, tout comme à l’idée « d’autogénocide »10. Il insiste au contraire sur le fait que l’idéologie des Khmers Rouges est « importée », et que les responsables du mouvement proviennent d’un milieu citadin, tout en ayant fait des études supérieures, au Cambodge ou à l’étranger. Autre explication : la victoire khmère serait celle des populations frustes des montagnes sur celles de la plaine urbanisée. Mais là encore, cela ne colle pas bien avec un examen attentif des faits. Dernière explication de cette deuxième catégorie : la similitude entre l’enseignement bouddhiste du Petit Véhicule et le marxisme-léninisme (!). Insuffisante, encore une fois, même si dans le cas de l’islam, par exemple, la religion sert bien à cimenter la résistance des Chams persécutés par les Khmers rouges. La dernière explication, qui a la faveur de Margolin, est celle dite « politico-idéologique », dans laquelle l’historien voit une variante radicale du communisme au pouvoir s’exprimant chez le Cambodge des Khmers Rouges. L’utopie du Kampuchéa Démocratique consistant à forger un nouveau Cambodge aurait-elle conduit à de tels actes ? De fait, les leaders khmers comme Pol Pot n’étaient pas au-dessus du lot intellectuellement parlant. Cependant, deux points distinguent le Cambodge des autres régimes communistes : la victoire amène au pouvoir une organisation des plus fragiles, où l’armée remplace le parti, sans soutien populaire massif, sans grand protecteur proche -les relations avec le Viêtnam sont des plus tendues. D’où une réaction brutale de Pol Pot et ses séides pour consolider leur emprise. Par ailleurs, le communisme cambodgien est des plus tardifs : la Chine commence déjà à s’orienter vers l’ouverture économique, l’URSS entame l’invasion de l’Afghanistan. Les Khmers Rouges ont donc voulu faire « le communisme en une nuit », déclenchant une guerre totale contre le peuple cambodgien. Ici, la « guerre est bien la continuation de la politique, par d’autres moyens » pour reprendre Clausewitz.



Bibliographie :

Christopher E. GOHSA, « Une guerre pour l’Indochine ? Le Laos et le Cambodge dans le conflit franco-viêtnamien (1948-1954). », Guerres mondiales et conflits contemporains n°211, 2003, p.29-58.

Patrick HEUVELINE, « L’insoutenable incertitude du nombre : estimations des décès de la période Khmer rouge. », Population n°53, 1998, p.1103-1117.

Jean-Louis MARGOLIN, « Le Cambodge des Khmers Rouges : de la logique de la guerre totale au génocide. », Vingtième Siècle. Revue d’histoire n°77, 2003, p.3-18.

Rithy PANH, « La parole filmée. Pour vaincre la terreur. », Communications n°71, 2001, p.373-394.

Jacques SEMELIN, « Du massacre au processus génocidaire. », Revue Internationale des Sciences Sociales n°174, 2002, p.483-492.


Pour approfondir :

La revue Politique Etrangère a consacré l’un de ses numéros à la situation du Cambodge au moment du retrait viêtnamien, en 1989. On peut le consulter intégralement sur le site Persée :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/issue/polit_0032-342x_1989_num_54_4
Voir aussi un autre article dans Politique Etrangère disponible lui aussi sur Persée :
Nicolas REGAUD, « Cambodge : quelle nouvelle donne ? », Politique Etrangère n°53, 1988, p.943-954.


Site d’informations sur le Cambodge (en français) :
http://ka-set.info/

The Cambodia Tribunal Monitor :
http://www.cambodiatribunal.org/

The Cambodian Genocide Program (université de Yale, Etats-Unis) :
http://www.yale.edu/cgp/

1. Par exemple le site d’informations Rue89 : http://www.rue89.com/tag/khmers-rouges
2. Sur le site du Figaro : http://recherche.lefigaro.fr/recherche/recherche.php?ecrivez=Khmers+rouges ; sur le site de Libération : http://www.liberation.fr/recherche/?q=khmers+rouges ; sur celui du New York Times : http://query.nytimes.com/search/sitesearch?query=cambodia&srchst=cse ; sur le site du Guardian : http://browse.guardian.co.uk/search?search=khmer+rouge&search_target=%2Fsearch&fr=cb-guardian ; etc.
3. Jacques SEMELIN, « Du massacre au processus génocidaire. », Revue Internationale des Sciences Sociales n°174, 2002, p.483-492.
4. Il dirige le projet international en ligne Online Encyclopedia of Mass Violence, http://www.massviolence.org/
5. Christopher E. GOHSA, « Une guerre pour l’Indochine ? Le Laos et le Cambodge dans le conflit franco-viêtnamien (1948-1954). », Guerres mondiales et conflits contemporains n°211, 2003, p.29-58.
6. Historien, agrégé d’histoire, maître de conférences à l’université d’Aix-en-Provence I, directeur adjoint de l’Institut de Recherche sur le Sud-est Asiatique. Il a notamment écrit L’armée de l’empereur : violences et crimes du Japon en guerre 1937-1945, Paris, Armand Colin, 2007.
7. Patrick HEUVELINE, « L’insoutenable incertitude du nombre : estimations des décès de la période Khmer rouge. », Population n°53, 1998, p.1103-1117.
8. Jean-Louis MARGOLIN, « Le Cambodge des Khmers rouges : de la logique de la guerre totale au génocide. », Vingtième Siècle. Revue d’histoire n°77, 2003, p.3-18.
9. Né en 1964, il s’enfuit du Cambodge en 1979 pour la Thaïlande, et arrive en France en 1980. Il est diplômé de l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques en 1985. Depuis, il a réalisé une quinzaine de films sur le Cambodge et le génocide perpétré par les Khmers rouges.
10. Rithy PANH, « La parole filmée. Pour vaincre la terreur. », Communications n°71, 2001, p.373-394.



Edité le 17/08/2009 @ 13:12 par Vorasith

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Instructif, mais comment peut-on être sûr de tout ce qui est écrit là ?
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Haut de page 17/08/2009 @ 14:20 Bas de page
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L'article est assez intéressant.
mais dites-moi donc, une fois qu'on l'a bien lu en détail, ce qu'il faut en retenir svp???

Quelqu'un est-il capable d'en faire une synthèse compréhensible pour les lecteurs de ce forumsvp??

*** S'agisaant de Génocide, auto-génocide, voire "crime de masse" etc ... il y a une sacrée hypocrisie du monde politique dans le maniement de ces mots.. et une tendance récente très nette des puissances occidentales siégeant à l'ONU pour restreindre désormais le mot "génocide" ... tout simplement pour ne pas avoir à intervenir dans les "affaires internes de certaines dictatures " : le Rwanda , çà refroidit.. et le Darfour: circulez , y a rien à voir!!!

- Que je sache, Jacques SEMELIN n'est pas le créateur du mot Génocide. A l'origine, il s'agit bien de LEMKIN qui l'a créé vers 1944, le procès de Nuremberg le faisant connaitre mondialement, associé au mot la SHOAH : et le sens en était assez restrictif puisqu'il consistait en l'extermination d'un "groupe ethnique" par un pouvoir déjà en place ..

Et d'ailleurs la majorité des "génocides " connus depuis lors avaient retenu cette définition, y compris celui des Arméniens ...

SAUF SAUF le "génocide Khmer": parce qu'entre 75 et 79, en dehors de l'élimination de certains groupes ethniques : Chinois , Vietnamiens et Chams, (à ne pas oublier), l'essentiel des victimes civiles non armées ont été des Khmers : en résumé un pouvoir en place Khmer élimine toute une partie de la population khmère (estimation 20à 25 % de cectte population : faut le faire!!)

S'agit-il bien d'un génocide, voire d'un "auto-génocide " ?
Certains crient à l'injure, à l'insulte (Rithy Panh), le peuple Khmer ne pouvant s'auto-détruire !!!

Ben faudrait demander aux Victimes elles-mêmes si elles sont en mesure de répondre !!!

"Auto ou pas" ... un pouvoir khmer en place entre 75 et 79, (et sans aide extérieure sauf chinoise ) a décidé, pour se maintenir au pouvoir et faire triompher ses idées, d'utiliser le "crime de masse" .
Voilà : c'est pas plus difficile que çà


*** S'agissant du rôle du parti communiste vietnamien, le sujet est efectivement très interessant mais un peu foireux quand même dans cet article.. (Qui vezut résumer svp??), si on veut bien esayer de s'y retrouver et de comprendre.!!
Il est exact que l'oncle HÖ, qui luttait contre l'Indochine de Papa, trouvait finalement très intéressant la "structure indochinoise, rapportée à l'instauration d'un parti communiste unique en Asie du Sud-Est " ; et çà lui aurait bien plu d'en être le Grand Chef !.
- D'une part du temps du Vietminh, il est exact que bon nombre de futurs KR (dont POL Pot)ont été formés dans les rangs du Vietminh ; tout aussi évident est le rôle de l'armée nord-vietnamùienne dans la "pacification musclée des zones libérées du Cambodge", entre mars 70 et le 1er semestre 73" .. Il est avéré que ces cadres nord-vietnamiens ont appris un tas de trucs aux petits maquisards KR (quelques milliers alors), notamment à éliminer discrètement le soir au fond des bois les ennemis de la révolution (et le camp M-13 de DUCH à ALONG -Venh, c'était déjà çà dès 1971) ..
Mais les soldats nord-vietnamiens sont bien partis en 73, sitôt les accords de Paris signés.
. Et ils n'étaient certainement pas là entre 75 et 79 du temps du génocide KR (par contre, on trouve plus de 400 dossiers de vietnamiens, dont 150 soldats "écrasés" par DUCH à TUOL Sleng)

- Car POL Pot n'aimait pas les Communistes Vietnamiens ; et il n'a eu de cesse de sortir du fameux PCI( I comme Indochinois) pour fonder son PCK (K comme Khmer): d'ailleurs, la date officielle de création du Parti communiste Khmer a servi à faire le tri et démasquer les "ennemis internes" de la révolution khmère: malheur à celui qui se trompait et citait par erreur ou oubli la date de création du PCI.

- Autre chose importante sur les mouvements communistes de l'ASE : si la Chine a apporté très tôt son soutien au maquis puis au régime KR, selon vous c'est pourquoi???
Et bien c'est justement pour encourager les Communistes Khmers à créer leur propre parti.
MAO avait grand peur que les Vietnamiens n'instaurent un Pari communiste unique sur son flanc sud, compte tenu des démlées permanentes qui ont otujours existé entre Chine et Vietnam ..

etc etc

*** Autres remarques en vrac :

- "Contexte de guerre" et génocide khmer :
° oui si on veut expliquer l'arrivée au pouvoir du mouvement KR entre 70 et 75

° Certainement pas si on veut parler uniquement du génociode entre 75 et 79,la chute de Saïgon datant du 30 Avril 1975 !!

- Et un oubli énorme pour comprendre la période 75/79

° Quid des notions du "peuple ancien" et du "peuple nouveau " svp.

° Et quid des 1er et 2 eme degrés de la "collectivisation des Coopératives": véritables camps de concentration khmers?

Trop difficile à étudier et à comprendre je suppose !!

Edité le 17/08/2009 @ 14:50 par robin des bois
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Haut de page 17/08/2009 @ 17:15 Bas de page
Re : [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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robin des bois a écrit

L'article est assez intéressant.

Oui j'ai aussi trouve l'article interessant (noye parmi les nombreuses news sur le Tribunal KR).

robin des bois a écrit

Quelqu'un est-il capable d'en faire une synthèse compréhensible pour les lecteurs de ce forumsvp??

C'est deja une synthese de points importants qui tient sur une ou 2 pages... tout en reprenant des idees de 5 bouquins/revues... Cette article regoupe des pistes de reflexions et ne peut repondre a toutes les questions.

Pour en revenir au point de l'auto-genocide, je serai du meme avis que notre cher Rithy Panh en deniant ce terme dans ce cas! :nono:

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Re : [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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"auto-génocide", et puis quoi encore ??? ça arrange qui ce terme "politiquement correct" ???

Faire une synthèse de cet article serait faire "une synthèse d'une synthèse"... C'est évidemment possible, mais tous les détails disparaissent au fur et à mesure. C'est ça, l'objet d'une synthèse : un lissage concis qui résume le plus possible... et de concision en concision, on y perd "tout" ce que "certains" voudraient ne plus y voir, tiens-donc :clindoeil:

Les Américains, les Russes et les Chinois, redoutent comme la peste d'être accusés eux-mêmes de "génocide" : Tchechénie, Irak, Palestine, Rwanda, Darfour, Tibet, pour ne parler que de ce que tout le monde peut lire dans les médias...
Alors il ne faut s'étonner qu'ils agissent en coulisses pour que ce soit les Khmers eux-mêmes qui se soit "génocidés", et comme le terme est impropre et même paradoxal, ILS inventeront bien un terme "politiquement correct" qui leur laissera "les cuisses propres"...
#66253 View ly's ProfileView All Posts by lyU2U Member
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Re : Re : [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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ly a écrit

"auto-génocide", et puis quoi encore ??? ça arrange qui ce terme "politiquement correct" ???
"...


Même si çà doit vous choquer, le pourquoi de ce terme "auto-génocide" réside -selon moi- en ceci :

- à l'origine, il s'est agi d'un "crime de masse" des gouvernants et pouvoirs politiques d'un pays clairement identifié l'Allemagne, contre un "groupe ethnique" relativement bien identifié aussi par sa religion et par un certain nombre de coutumes assimilant cette fraction du peuple allemand à une "sorte de diaspora étrangère" : coutumes juives, dont la nourriture, la circoncision masculine .. etc etc ...

- dans le cas du Kampuchéa democratique, ce crime de masse a bien été perpétré par un gouvernement et des pouvoirs politiques Khmers contre une fraction du peuple khmer qu'on ne pouvait absolument pas classé ethniquement comme étranger au groupe principal des Khmers !!!

Selon moi, c'était celà le sens que certains ont voulu donner à " auto" pour le différencier du génocide de la SHOAH , car y a une sacrée dfférence quand même !!

J'essaie seulment de comprendre le "pourquoi du comment"; mais perso, je vois mal les victimes khmères de TUOL Sleng sortir "le petit dictionnaire du parfait génocide" pour dire à DUCH :

"Faites excuse mais vous commettez une erreur ; vous n'avez pas le droit de m'écraser ..Entre Khmers, c'est pas prévu dans le dico du Parfait Génocide " ..






Edité le 17/08/2009 @ 19:06 par robin des bois
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Re : [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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Pour ce qui concerne l'Allemagne, c'est un peu plus compliqué :

Ce ne sont pas seulement les Juifs qui étaient "visés"... (les Gitans, les Communistes, les Socialistes non-nazis, les "non-Ariens", les "Francs-Maçons", les "Bolcheviques", les "voisins de palier", les "parents" dénoncés par leurs enfants, etc.).
Pourquoi parle-t-on BEAUCOUP, ENORMEMENT PLUS, DES JUIFS ? et dans tous les médias !!!
Ma réponse ne concerne pas KN ni les Khmers...

Je maintiens ce que j'ai dit : du "politiquement correct à la sauce américano-russo-chinoise" ! pour ce qui concerne le procès des KR...
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Re : [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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Ça ressemble quand même beaucoup à un condensé d'une conférence de Jacques SEMELIN à laquelle j'avais assisté il y a quelque mois et que j'avais trouvée très intéressante.

Pour la qualification de génocide/ auto-génocide/crime de masse,je trouve un peu dommage qu'elle éclipse le cœur du problème, à savoir, comme l'a fait remarqué Robin, "20 à 25 % de cette population" à été massacré.

Cela me fait penser à la remarque dans Désencyclopédie - l'encyclopédie bête et méchante - sur la réaction de la communauté internationale au massacre des khmers rouges:




Quelques experts discutent doctement du fait qu'il n'y a pas de génocide au Cambodge, puisque un génocide c'est un peuple qui en tue un autre, or, là c'est un peuple qui se tue lui-même, donc tout va bien...




Désolé, mais je lui trouve une once de vérité.

#66347 View Sundgauvien38's ProfileView All Posts by Sundgauvien38U2U Member
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ly a écrit

"auto-génocide", et puis quoi encore ??? ça arrange qui ce terme "politiquement correct" ???

Faire une synthèse de cet article serait faire "une synthèse d'une synthèse"... C'est évidemment possible, mais tous les détails disparaissent au fur et à mesure. C'est ça, l'objet d'une synthèse : un lissage concis qui résume le plus possible... et de concision en concision, on y perd "tout" ce que "certains" voudraient ne plus y voir, tiens-donc :clindoeil:

Les Américains, les Russes et les Chinois, redoutent comme la peste d'être accusés eux-mêmes de "génocide" : Tchechénie, Irak, Palestine, Rwanda, Darfour, Tibet, pour ne parler que de ce que tout le monde peut lire dans les médias...
Alors il ne faut s'étonner qu'ils agissent en coulisses pour que ce soit les Khmers eux-mêmes qui se soit "génocidés", et comme le terme est impropre et même paradoxal, ILS inventeront bien un terme "politiquement correct" qui leur laissera "les cuisses propres"...


Il n'y a pas de génocide en tchetchenie, ni en irak, ni en palestine, ni au tibet, au darfour, ce n'est pas clair.
#66370 View virgule's ProfileView All Posts by virguleU2U Member
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Re : Re : [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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ly a écrit

Pour ce qui concerne l'Allemagne, c'est un peu plus compliqué :

Ce ne sont pas seulement les Juifs qui étaient "visés"... (les Gitans, les Communistes, les Socialistes non-nazis, les "non-Ariens", les "Francs-Maçons", les "Bolcheviques", les "voisins de palier", les "parents" dénoncés par leurs enfants, etc.).
Pourquoi parle-t-on BEAUCOUP, ENORMEMENT PLUS, DES JUIFS ? et dans tous les médias !!!
Ma réponse ne concerne pas KN ni les Khmers...

Je maintiens ce que j'ai dit : du "politiquement correct à la sauce américano-russo-chinoise" ! pour ce qui concerne le procès des KR...


Je crois qu'il ne faut pas confondre répression et volonté d'anéantissement d'une groupe (en l'occurrence, les juifs et les tsiganes) et le "public" des camps de concentration. Sinon, on e arrive a des non sens et a la banalisation du mot génocide que l'on va utiliser a toutes les sauces jusqu'a galvauder ce terme (

Si crime de génocide il y a lorsque l'on souhaite éradiquer un groupe, ce n'est pas le cas du tout, même si les méthodes sont les mêmes, dès qu'il s'agit de "traiter" l'opposition.

En l'occurrence, les russes, qui n'avaient pas signé la convention de genève, on été mis en camps de concentration avec les opposants au régime, les homosexuels (triangle rose), les droits communs (souvent Kapos), les résistants, etc... Mais je ne crois pas que le régime nazi avait comme volonté de détruire les russes (et les eisatzgruppen ne se concentraient que sur les juifs de plus), la solution finale ("nacht und nebel") ne les concernant pas. Et enfin, il y aura des corps Waffen SS composés de russes... sans compter la légion Vlassov.

Bref :
génocide des francs macon? Non
génocide des non nazis? Non
Génocide des russes? Non
Génocide des voisins de paliers ou des parents? Non
Génocide des handicapés mentaux? Peut etre.

Répression et envois en camps de concentration? oui

Génocide des juifs? Oui car volonté de suppression de toute trace d'entité juive en europe
Génocide des tsiganes? Oui car volonté de suppression de toute trace d'entité tsigane en europe.

En ce qui concerne le terme "auto-génocide", pour moi, cela n'a rien d'un truc politiquement correct ou autre, mais une tentative de classification (que l'on approuve ou pas). Car de fait, les russes, les américains, et les chinois, n'ont pas, a ce que je sache, été les maître d'oeuvre du massacre, ni même les commanditaires (quoique certains accusent les viets...), ni mêmes les instigateurs.....
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Pour ceux que le sujet intéresse, je ne peux que renvoyer vers ces deux magnifiques bouquins :



Vous y trouverez les réponses à de nombreuses questions comme celle sur la définition d'un génocide (en réalité il y a autant de définitions que de chercheurs qui se sont penchés sur le sujet)

#66428 View Sundgauvien38's ProfileView All Posts by Sundgauvien38U2U Member
Haut de page 25/08/2009 @ 23:19 Bas de page
Re : [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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Je suis contre la qualification d'auto-génocide pour les crimes perpétrés par les KR. En le lisant, j'ai l'impression que tout le peuple khmer a voulu se suicider. Le crime de masse est indéniable, pourquoi tenter de le requalifier. Pour le procès, qu'est ce que ça change ?
#66429 View Aekreach's ProfileView All Posts by AekreachU2U Member
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Re : Re : [AGORAVOX] Quand le Cambodge voit rouge. Réflexions sur un massacre Reply With Quote
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Aekreach a écrit

Je suis contre la qualification d'auto-génocide pour les crimes perpétrés par les KR. En le lisant, j'ai l'impression que tout le peuple khmer a voulu se suicider. Le crime de masse est indéniable, pourquoi tenter de le requalifier. Pour le procès, qu'est ce que ça change ?



Tu as sans doute raison ; mais alors il ne faut pas chercher à le requalfier en "génocide, style Nazis/Shoah" (mot pour lequel il a été créé ):
crime de masse " suffit amplement...

On n'en finira jamais !!!
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