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Auteur Déforestation : Pillage et langue de bois   ( Réponses 0 | Lectures 1753 )
Haut de page 12/01/2009 @ 12:45 Bas de page
Déforestation : Pillage et langue de bois Reply With Quote
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L'Express a écrit

Pillage et langue de bois

Sous prétexte de développement, le clan au pouvoir se livre à une déforestation massive, affirme une ONG. Mais défense d'en parler...

Au Cambodge, un quotidien indépendant a été mis à mort. Le 12 juin, les administrateurs de Cambodge Soir, l'unique journal bilingue français-khmer du royaume, fondé en 1995, annoncent la fermeture brutale du titre - pourtant soutenu par l'Organisation internationale de la francophonie. Motif invoqué : « faillite » économique. La veille, la rédaction s'était mise en grève pour protester contre le licenciement, le 10 juin, sans préavis, d'un journaliste, Soren Seelow. Décision dont la rédactrice en chef, Stéphanie Gée, n'avait pas été informée. Auparavant, Soren Seelow avait consacré un article au dernier rapport, « Cambodia's Family Trees », de l'ONG britannique Global Witness (GW) sur la déforestation et le pillage des ressources du Cambodge par l'« élite kleptocratique » au pouvoir. Menée durant plus de deux ans, cette enquête minutieuse éclaire les liens politiques et familiaux entre les barons du commerce et les plus hauts représentants de l'Etat.

Publié dans Cambodge Soir, le texte de Soren Seelow a déclenché la fureur de la direction du journal et surtout celle de Philippe Monnin, administrateur et actionnaire minoritaire. Ce dernier occupe aussi les fonctions de conseiller auprès du ministère cambodgien de l'Agriculture, de la Forêt et de la Pêche... Or le détenteur de ce portefeuille, Chan Sarun, est mis en cause par GW, à l'instar du Premier ministre, Hun Sen. Le frère de celui-ci, Hung Neng, avertit en substance les représentants de GW qu'il leur fracassera la tête s'ils osent se montrer au Cambodge. Le pouvoir, qui rejette en bloc le contenu du rapport, interdit sa diffusion sur le territoire du royaume.

256 000 villageois en péril

Parmi les « syndicats du bois », le plus puissant, avance Global Witness, est la compagnie Seng Keang, dirigée par un cousin de Hun Sen, Dy Chouch ; par l'ex-femme de ce dernier, Seng Keang, liée d'amitié avec l'épouse de Hun Sen ; enfin, par Khun Kong, à la fois beau-frère du ministre de l'Agriculture, Chan Sarun, et beau-père du directeur de l'administration forestière, Ty Sokhun... En janvier 2002, sous la pression internationale, les autorités ont suspendu l'octroi de concessions forestières. Mais la déforestation se dissimule sous des projets de développement - à la faveur des « concessions économiques foncières ». La firme Seng Keang a ainsi obtenu de Chan Sarun 6 200 hectares destinés à une plantation d'hévéas et situés... au coeur de la forêt de Prey Long, la plus vaste à feuillage persistant de la plaine d'Asie du Sud-Est. Résultat : celle-ci a subi un « dommage terminal », souligne GW. Et l'existence de 256 000 villageois qui en dépendent est mise en péril. Inaugurée en 2001 par le Premier ministre, la plantation n'a toujours rien produit. Mais la scierie de Seng Keang, en pleine jungle, débiterait des grumes d'une valeur d'environ 13 millions de dollars par an. Sans compter les bois précieux.

La Brigade 70 - troupes d'élite des forces armées qui servent de réserve aux 4 000 hommes formant la garde prétorienne de Hun Sen - fournirait sa logistique aux grands barons de la déforestation, dont l'influente Yeay Phu. Sa compagnie, Pheapimex, contrôlerait 7,4 % du territoire cambodgien.

Chaque année, la moitié du budget national du Cambodge est financé par l'aide internationale. Directeur de GW, Simon Taylor presse les pays donateurs - qui doivent tenir leur réunion annuelle, les 19 et 20 juin, à Phnom Penh - de réclamer enfin des comptes au pouvoir cambodgien. En attendant, réfugié sur Internet, Cambodge Soir lutte pour sa survie.


Par Sylvaine Pasquier, publié le 21/06/2007

Photo : global witness

Pour installer une plantation d'hévéas, 6 200 hectares de forêt ont été dévastés.






Sources : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/pillage-et-langue-de-bois_729935.html

Edité le 12/01/2009 @ 11:45 par Administrateur
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