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Auteur Duch revient à Tuol Sleng   ( Réponses 1 | Lectures 2649 )
Haut de page 21/11/2008 @ 10:43 Bas de page
Duch revient à Tuol Sleng Reply With Quote
Déconnecté(e) Vicheya
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Duch revient à Tuol Sleng
19-11-2008

Article paru le 28 février 2008 dans le Cambodge Soir Hebdo n°22

Reconstitution historique à Choeung Ek et Tuol Sleng, les 26 et 27 février, dans le cadre du tribunal Khmers rouges : l’ancien tortionnaire Duch est revenu sur les lieux de ses crimes, sous un important dispositif policier.


«Si je le pouvais, je tuerai Duch ! » Mardi matin, alors qu’un important cordon de sécurité empêche tout accès au mémorial de Choeung Ek, une riveraine laisse éclater sa colère : elle vient d’apprendre que l’objet de ces mesures de sécurité exceptionnelle est la venue de l’ancien directeur de Tuol Sleng sur le site de l’ancien charnier. Les Chambres Extraordinaires des Tribunaux Cambodgiens (CETC) ont organisé les 26 aux Killing Fields et 27 février à Tuol Sleng, une reconstitution préalable au procès de l’ancien directeur S21, prévu en juin prochain. Une première dans l’histoire du tribunal et une opération d’envergure, puisque outre l’inculpé, pas moins de 80 personnes y ont pris part. Parmi-elles se trouvent les co-juges d’instruction, les co-procureurs, les avocats de la défense, des greffiers, des témoins, des victimes et des représentants des parties civiles. De la teneur de la reconstitution, on ne saura pas grand chose. Et pour cause : les CETC, invoquant le secret de l’instruction judiciaire, ont fermement interdit à tout journaliste, photographe ou cameraman d’approcher des deux sites. Par l’intermédiaire de leur porte-parole, Reach Sambath, les Chambres ont même menacé de représailles judiciaires l’auteur et l’organe de presse qui reproduirait des images, dévoilant le déroulement des opérations... Mardi, plusieurs centaines de policiers entouraient Choeung Ek. A l’intérieur, Duch s’est retrouvé devant quatre témoins, en fait des anciens gardiens du camp. « Leur face à face n’a pas été tendu », dira en fin de matinée Reach Sambath. Mais l’information que retiennent tous les journalistes est relative à l’attitude de l’ancien tortionnaire lorsqu’il est passé devant le stupa aux 9 000 cranes. Duch, toujours selon le porteparole des CETC, en regardant les ossements aurait « baissé la tête et pleuré ». Difficile de savoir si ses larmes relèvent du pur calcul ou si elles manifestent d’un début de repentance de la part d’une des figures emblématiques du régime Khmer rouges ?

A l’extérieur de Tuol Sleng, les quelques rares personnes, non journalistes, qui se situent de l’autre côté du barrage de sécurité, sont bien loin de toutes ces considérations. La plupart des riverains interrogés « ne savaient pas » que Duch revenait aux Killing Fields. En réalité, l’annonce de cette reconstitution
historique n’a été que très peu reprise dans les médias cambodgiens.


Lorsque ces habitants prennent conscience de la situation, l’émotion est patente. Ainsi Yin témoigne les larmes au bord des yeux. « J’ai tout perdu à cause du régime de Pol Pot. Je veux que Duch paie, qu’il soit exécuté », s’emporte cette femme de 73 ans. Entre 1975 et 1979, elle a perdu son mari et sept enfants. « Aujourd’hui, je suis seule », se plaint-elle. À la chute des Polpotistes, elle est revenue s’installer à proximité de Killing Fields, dans son ancienne maison. « En 1979, à mon retour, j’ai vu les corps en décomposition... Jamais, je n’oublierai. » Non loin d’elle, une dame de 64 ans s’exclame : « Duch, je veux le voir ! Je veux qu’il m’explique pourquoi il a fait torturer et tuer autant de Cambodgiens. » Plus prosaïquement, cette femme avoue « avoir eu peur », lorsqu’elle a vu « tous ces policiers » à Choeung Ek : « Je pensais qu’il y avait une menace terroriste sur le mémorial, que quelqu’un voulait le faire exploser ».

Changement de décor mercredi, pour la reconstitution à Tuol Sleng. Le service de sécurité est beaucoup plus discret. Duch est arrivé dès 7 heures dans l’ancienne prison dont il avait la charge. Seule la rue 113 est bouclée. Les journalistes sont massés à l’angle de la rue 360. Quelques motodops attendent paisiblement à proximité. Surprise, l’un d’eux parle avec un responsable du service d’ordre. En fait, c’est un policier en civil. Deux autres fonctionnaires se font aussi passer pour des motos-taxis. Leur supérieur leur demandent de se poster à un autre endroit. La venue de Duch dans son ancienne antre ne semble pas intéresser grand monde dans le voisinage. Les marchands ambulants tentent de vendre leurs marchandises, les touk-touks hèlent le client. Une femme coupe du bois, une autre allume son brasero. Une journée comme les autres en somme... Comme à Choeug Ek, plusieurs personnes interviewées ignorent ce qui se passe à quelques mètres d’eux. Ce n’est pas le cas de cet épicier de 68 ans. Son échoppe se situe à moins de 50 mètres de l’entrée de S21, aujourd’hui transformé en musée du souvenir. Il y est installé depuis le début des années 80. Quatre de ses enfants sont morts sous les Khmers rouges. Cet homme, cheveux gris et petites lunettes en métal sur le nez, veut « que la reconstitution soit retransmise à la télé ». Il craint que les « inculpés ne meurent avant le terme du procès », auquel cas, dit-il, « nous n’auront pas de réponse ». A-t-il un jour visité Tuol Sleng ? « Non, répond-il dans un sourire. Je me dit sans cesse que je dois m’y rendre, mais le temps passe si vite... » Rue 113, une homme d’une trentaine d’années, assis en tailleur sur un petit banc en pierre, observe incrédule la présence de nombreux policiers : « Pourquoi les journalistes ne peuvent-ils approcher ? », demande-til. Il dit ne pas suivre spécialement le procès des Khmers rouges car, il est « débordé par le travail ». Par contre, il est déjà allé à Tuol Sleng, les photos de tortures accrochées au mur de certaines cellules l’interpelle : « Est-on bien certain que ces clichés n’ont pas été trafiqués » ?


Leang Delux et Jérôme Morinière


Sources : http://www.cambodgesoir.info/content.php?itemid=35104&p=







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Le procès de Duch aurait lieu en mars
17-01-2009

Après deux jours de réunions qui se sont terminées vendredi 16 janvier en fin d’après-midi, la date du procès de Duch, ancien chef du centre de détention S21, n’a toujours pas été officiellement annoncée. Mais, il devrait toutefois avoir lieu dans le courant du mois de mars, a-t-on appris de sources proches du dossier.

À l’issue de la réunion à laquelle toutes parties concernées ont participé, Reach Sambath, porte-parole du Tribunal des Khmers rouges (TKR) a affirmé à la presse que la date exacte du procès de Duch sera officiellement annoncée la semaine prochaine. Selon lui, toutes parties concernées, y compris Duch qui a également participé à la réunion, seraient prêtes pour ce procès.
Kang Khek Eav, alias Duch a été arrêté en 1999. Il est actuellement en détention provisoire avec quatre autres responsables du régime génocidaire de 1975-79 durant lequel près de deux millions de Cambodgiens ont perdu la vie. Le procès de Duch, qui devrait donc normalement avoir lieu dans le courant du mois de mars de cette année 2009, serait le premier procès dans le cadre du TKR. Très attendu.


Pen Bona



Sources : http://www.cambodgesoir.info/content.php?itemid=35347&p=
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