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Auteur [Wall Street Journal] L'histoire du Cambodge s'écrit en grand à Angkor   ( Réponses 0 | Lectures 3074 )
Haut de page 28/01/2008 @ 16:55 Bas de page
[Wall Street Journal] L'histoire du Cambodge s'écrit en grand à Angkor Reply With Quote
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Cambodian History Writ Large At Angkor Wat


25 Janvier 2008

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SIEM REAP, Cambodge -- Le plus célèbre temple du pays doit avoir 900 ans, mais le message qu'il envoie est intemporel : ANGKOR WAT est tout consacré à la gloire. Le temple fait partie des centaines d'édifices construits par les rois khmers pour commémorer leur personne et leur empire autant que pour vénérer leurs dieux. Mais ANGKOR WAT se démarque du reste -- en art, en taille et dans l'imagerie populaire.

Un des plus vaste complexe cultuel du monde et le seul monument religieux qui figure sur un drapeau national, ANGKOR WAT est devenu synonyme du Cambodge et de son apogée - quand il fut le siège de l'empire khmer qui s'étendait du sud de la mer de Chine au golfe du Bengale. La taille monumentale du temple produit le même effet sur les visiteurs aujourd'hui que quand il fut construit. Le temple n'a qu'un seul accès : une longue chaussée d'un tiers de mile
(500 mètres) (aussi grand que six terrains de football mis bout à bout). Le chemin d'entrée traverse une douve de 600 pieds de large (un peu plus de 180 mètres). Mon guide m'assure qu'elle était remplie de crocodiles. Le corps central couvre environ 400 acres (1,6 km²) et a accueilli une ville d'environ 100 000 habitants.

Avec une tour centrale de 40 mètres entourée de quatre plus petites, le cœur du temple imite les cinq pics du mont MEHRU, la montagne mythique au centre de l'univers hindou. Les murs du temple (trois rectangles concentriques qui délimitent les accès de plus en plus protégés du temple), les jardins et les douves représentent le sol et la mer du monde terrestre.

Atteindre la Mont MEHRU, n'est pas une sinécure : les marches de pierre sont vertigineusement escarpées - plus comme une échelle de pierre que comme un escalier - comme un rappel des efforts que les humains doivent faire pour arriver près du paradis. Comme pour renforcer ce point, les sanctuaires intérieurs de la tour centrale n'étaient accessibles qu'au rois et à une poignée de prêtres triés sur le volet.

Quand ANGKOR WAT a été construit, le Cambodge était essentiellement hindou et la culture khmère cherchait une grande partie de son inspiration en Inde. La plupart des inscriptions d'ANGKOR sont en Sanscrit et les danseuses célestes ou les APSARAs telles des nymphes qui ornent de leurs grâces les murs dérivent de la mythologie hindoue. Plus tard, les rois khmers épousèrent le bouddhisme et ANGKOR WAT fut converti en monastère entre le 12ème et le 15ème siècle. La statue centrale du sanctuaire intérieur - vraisemblablement une statue de VISHNOU - fut retirée et une image bouddhiste fut érigée à la place. Pendant plusieurs siècles, l'empire khmer pratiqua une foi syncrétique qui combinait le bouddhisme et l'hindouisme.

Dans plusieurs sens ANGKOR WAT est tellement vaste que les détails du temple s'estompent en face des légendes qui l’entourent. Il est facile d'oublier qu’il ne contient pas loin de 2 000 pieds
(600 mètres) des plus fins bas reliefs khmers. C'est près de 2 000 APSARA célestes qui représentent l'apogée de la tradition cambodgienne de sculpture et fournissent un témoignage détaillé des tenues de la cour, de la mode féminine au moment de la construction, les coiffures élaborées, les lourds bijoux portés sur les bras et au cou et les habits flottants. La danse traditionnelle cambodgienne actuelle imite les poses et costumes de ces APSARA.

Un des reliefs les plus complexes décorant le mur de la première galerie, dépeint le barattage de la mer de lait, un évènement clé de la cosmologie hindoue pendant lequel le monde aurait été créé, à l'issue d'un tir à la corde épique et sans merci entre les dieux et les démons. Chaque camp tire sur un serpent géant à cinq têtes, enroulé autour du mont MEHRU. La torsion de la montagne qui en découle et le barattage de la mer donnent naissance aux APSARA dont la grâce orne les murs ainsi qu'à un élixir d'immortalité que se disputent alors les dieux et les démons. Dans cette histoire, le mont MEHRU n'est pas uniquement le centre de l'univers, mais aussi le lieu de naissance du monde connu.

L'empire khmer incluait les actuels Vietnam, Birmanie et Thaïlande - la plus grande étendue jamais atteinte par le Cambodge - et a jeté les bases de la culture et de l'art khmers pour les siècles à venir. Comme un signe de son importance, le palais du roi était certainement dans l'enceinte du temple, même si aujourd'hui rien n'en reste. D'après l'archéologue français Bernard Philippe GROLIER, environ un million d'hommes, de femmes et d'enfants habitaient près d'ANGKOR, faisant de la région la plus grosse concentration du monde préindustriel.

Toute cette main d'œuvre était nécessaire pour bâtir les temples, qui furent soigneusement érigés à partir de monolithes géants en grès retiré d'une carrière à plus de 37 miles
(60 kilomètres). Plutôt que d'avoir des fondations que s'enfoncent dans le sol, la plupart des temples angkoriens sont construit sur de vastes monticules de terre, ce qui leur donne leur forme pyramidale, le terrain provenant des douves ou d'un des lacs. Certains historiens ont émis la théorie que la multitude de constructions pendant l'empire khmer aurait pu n'être accompli que sous la contrainte, par l'appel au travail forcé imposé à tous les citoyens ou peut être par l'esclavage.

La grandeur qui marqua l'empire khmer n'a toutefois pas duré. La cité royale d'Angkor a été plusieurs fois mise à sac par l'armée Thaïe durant le 14ème siècle et en 1431, la capitale a été déplacée plus loin de la Thaïlande. ANGKOR WAT - mais à ce moment il avait été converti en un temple bouddhiste - continua de fonctionner, et pour des siècles il fut un monastère prospère qui attirait des pèlerins venant de très lointaines contrées, telles le Japon, alors que l'ancienne capitale environnante était graduellement investie par la jungle. Même si les bouddhistes qui occupaient le temple retirèrent la plupart de l'art hindouiste original, le fait qu''ANGKOR WAT resta habité et la maintenance de ses bâtiments ont aidé le temple à rester intact alors que beaucoup d'autres édifices angkoriens tombèrent en ruines.

Même après l'éviction de l'art hindou, ANGKOR WAT n'a pas entièrement échappé aux turbulences de l'histoire récente du Cambodge. La partie occidentale du Cambodge dont fait partie le temple était une place forte khmère rouge jusque dans les années 1990. (Les khmers rouges ont été chassés de la capitale en 1979). La restauration des temples a dû connaître une interruption forcée de plusieurs décennies, pendant les guerres de la fin du 20ème siècle qui ravagèrent le pays. La région était encore dangereuse pour les touristes il y a 10 ans, avant que les khmers rouges signent un traité de paix qui mit formellement fin à la guerre civile cambodgienne. Il y'eu relativement peu de dommages physique sur le temple imputable à la guerre, mais ils commirent des dégâts irréparables en détruisant la plupart des écrits concernant la période angkorienne. Christophe POTTIER, archéologue à l'école française d'extrême orient pense que 95% des documents importants ont été détruit ces trente dernières années; une perte inestimable.

Dans les années qui ont suivi la paix, les opportunités de pillage se sont multipliées au Cambodge et beaucoup de fines sculptures ont disparues du pays pour être vendues à des acheteurs étrangers. Le tourisme de masse a lui aussi apporté son lot de dangers, avec des temples qui souffrent de leur surexposition aux pas et aux mains curieuses. Mais malgré cela - même si les édifices invariablement se délabrent - ANGKOR continue de symboliser quelque chose de plus grand que lui même. La mémoire de l'empire khmer, et avec, la pleine puissance du Cambodge, qui ne s'estompera probablement pas de sitôt.

LESLIE HOOK

Mme HOOK est éditorialiste au Wall Street Journal Asia.






Source : http://online.wsj.com/article/SB120123557265716325.html

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Traduction non-officielle de l'article d'origine en anglais.
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