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Auteur /Article GAVROCHE-mai 2007/ Temples de Roluos : à la recherche du Palais Royal   ( Réponses 3 | Lectures 3424 )
Haut de page 05/06/2007 @ 04:23 Bas de page
/Article GAVROCHE-mai 2007/ Temples de Roluos : à la recherche du Palais Royal Reply With Quote
Déconnecté(e) Neko
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J ai trouve cet article dans le Gavroche Thailande de mai 2007, auteur Frederic AMAT...
Bonne lecture :clindoeil:

Temples de Roluos : à la recherche du Palais Royal

Ensemble de temples à 16 km au sud de Siem Reap, le groupe de Roluos dévoile chaque année davantage ses secrets. Christophe Pottier, membre de l'école française d'Extrême-Orient (EFEO) et son équipe composée notamment d'archéologues de l'autorité Apsara, ont engagé des fouilles depuis quatre ans dans cette zone qui renferme les vestiges de la première capitale du royaume angkorien.

Après avoir sondé les abords de l'imposant temple-montagne de Bakong et un site plus villageois à Trapéang Phong, l'équipe recherche cette année à localiser l'emplacement du Palais Royal, grâce aux financements de la Commission des fouilles du ministère français des Affaires étrangères. D'après une vieille hypothèse jamais vérifiée, ce palais se trouverait sur le site de Prei Monti, à quelques centaines de mètres seulement du Bakong.
La première campagne de fouilles se termine. Dans les sacs en plastiques déposés sur les bords des longues tranchées creusées depuis le début du mois, s'accumulent les artefacts. Ils n'ont aucune valeur marchande. Mais ils éclairent une nouvelle page de l'histoire du royaume. Ainsi ces nombreux petits fragments de céramiques probablement importées du Moyen-Orient : "En sept ans de fouilles dans des sites d'époque comparable, je n'ai trouvé que deux tessons de ces céramiques, mais encore aucun à Roluos. Rarissimes dons, mais ici, il y en a des dizaines. De même pour les nombreux tessons de porcelaines importées de Chine d'un type inédit à Angkor. Ces céramiques étrangères étaient vraisemblablement réservées à l'élite. Les retrouver ici constitue donc un élément majeur qui suggère la présence d'un palais ", explique Christophe Pottier, tenant entre ses doigts de petits tessons à la pâte jaune foncé enduite d'une remarquable glaçure vert turquoise brillante. Cette découverte illustre clairement qu'au-delà de ses relations privilégiées avec la Chine et l'Inde, ses deux grands voisins, Angkor, dès ses débuts, avait accès à un réseau d'échanges qui s'étendait jusqu'au Moyen-Orient.
Le Cambodge était donc connecté, tout comme ses voisins, l'Indonésie et la Malaisie, à un vaste réseau maritime d'échanges commerciaux. "Nous avons aussi trouvé une multitude de minuscules fragments de nacre, provenant peut-être de la marqueterie de meubles, et des nombreuses perles de verre. Ces objets sont aussi habituellement très rares sur les autres sites de Roluos. Leur concentration à Prei Monti suggère, avec les céramiques importées, un réel luxe qui évoque bien l'idée d'un palais royal. Seul un tel lieu pouvait drainer autant de richesses ", poursuit le chercheur. "Nous serions alors là où se tenait le palais d'Hariharalaya, la première capitale d'Angkor, où vécut Jayavarman II. Il daterait de la fin du VIIIe siècle ou du début du IXe siècle !"
Le groupe Roluos est considéré comme abritant la première capitale de la période angkorienne. Une inscription retrouvée en Thaïlande raconte que Jayavarman II, qu'on pense être le premier roi angkorien, termine ses jours au Roluos, après s'être fait sacrer au Kulen en 802. Son fils, le troisième du nom, vivra également ici, puis son successeur, le roi Indravarman Ier, régnera une vingtaine d'années à partir de 877 jusqu'à ce que Yasovarman déplace la capitale au Phnom Bakheng autour du Xe siècle. Jusqu'à présent, on datait la création des trois temples des Roluos à 881 pour le Bakong, 879 pour le Preah Koh et 877 pour le Lolei.
Toutes ces réalisations étaient imputées à Indravarman Ier. Or des fouilles précédentes avaient mis à jour que les alentours du temple étaient habités. C'était une véritable cité, une capitale bien avant la venue d'Indravarman. La découverte de l'emplacement du palais royal s'est pourtant effectuée sur un site qui ne présente, à première vue, que peu d'intérêt. Sous une forêt clairsemée, au détour d'un chemin, trois tours de brique, ruinées et visiblement jamais achevées par leurs bâtisseurs trônent non loin d'un imposant bassin de grès taillé dans la masse. C'est tout. Du moins pour l'oeil profane.
Mais le chercheur de l'EFEO connaît l'endroit presque par coeur. Il a passé de longues heures à arpenter les sous-bois et les rizières à la recherche d'indices. Pour un archéologue, le relief du sol est un élément aussi important que les fragments de poteries ou de briques en surface. Durant trois mois, les niveaux ont été méticuleusement mesurés sur la totalité de l'enceinte du site, soit plus de 30 hectares. "L'analyse des photos aériennes avait montré depuis longtemps que le petit temple de Prei Monti était situé à l'intérieur d'une vaste enceinte marquée par une douve. Elle a d'ailleurs des proportions assez similaires à celle qui délimite le seul emplacement de palais royal que nous connaissons un peu, celui d'Angkor Thom. Mais notre récent relevé a montré l'existence, au centre et sous la forêt, d'une nette surélévation, une plate-forme rectangulaire de 180 mètres sur 300. Nous y avons bien sûr réalisé une première tranchée cette année. Elle a révélé quelques traces de bâtiments, mais il faudra encore bien d'autres fouilles pour révéler le plan d'un palais aussi vaste", prévient le scientifique.
En effet, si les temples de grès ou de brique ont traversé les siècles, rien ne subsiste désormais des demeures des rois d'Angkor, construites de toute évidence en bois. Comment s'organisait la vie de Cour, quelles tailles avaient ses bâtiments, quelles fonctions avaient ses édifices ? Autant d'interrogations qui resteront donc en suspens jusqu'aux prochaines fouilles. "Ce qui est assez fascinant, c'est finalement de chercher un site palatial sans même savoir à quoi cela pouvait ressembler", concède le chercheur.


Encadre :
Juin 2004 : Christophe Pottier et son équipe découvrent le squelette en relativement bonne conservation d'un être humain dont la mort remonterait à plus de trois mille ans. Il a été exhumé et sa sépulture mise à jour du sol provisoirement asséché du Baray occidental, lors de fouilles organisées dans la région d'Angkor et représente la plus ancienne occupation humaine retrouvée ici. De plus, si une seule tombe a été mise à jour, de nombreux indices ont indiqués que cette sépulture s'intégrait dans une nécropole. Ce détail permet d'envisager une occupation encore plus ancienne du site.
Mars 2006 : La même équipe découvre trois nouvelles sépultures, celles-ci angkoriennes lors de fouilles archéologiques effectuées sur les restes d'un "hôpital-chapelle", situé derrière le mur piest de l'enceinte d'Angkor Thom. Il s'agit des premières tombes datant de cette époque, mises au jour depuis plus de quarante ans. Les fosses sont constituées de petits paquets d'os et d'offrandes. Depuis Grosliers en 1960, qui avait exhumé des sépultures du côté de Sras Srang, on n'en avait jamais découvert d'autres datant de l'époque angkorienne.
Mai 2006 : Le professeur Jacques Gaucher, membre de l'École française d'Extrême-Orient, dresse la carte fossile de ce qu'était jadis la cité d'Angkor Thom : une des plus grandes cités d'Asie (il y a plus de 700 ans), bien plus grande que Paris à la même époque. Dans ce qui apparaît être une ville organisée, entretenue et moderne, vécut le roi Jayavarman VII. La cité merveilleuse et vivante que décrit l'émissaire chinois Tchéou Ta Kouan en 1296 d'appelait alors Yaçodharapura. Plus de 150 km de rues et de voies d'eau ont ainsi été découverts. Près de 350 îlots -pour la plupart d'habitations- ont été recensés. Ils se découpent ainsi en grands rectangles, pris entre des voies de circulations ou des réseaux hydrauliques. Quelques 3000 bassins ont également été dénombrés dans la ville au sein de ces îlots, très certainement liés aux habitations. La forêt regorge de plus de 200 vestiges -maçonnés en latérite, briques ou grès-, monastères bouddhiques ou de prasat brahmaniques, de fortifications ou de canalisations.
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Haut de page 05/06/2007 @ 08:27 Bas de page
Re : /Article GAVROCHE-mai 2007/ Temples de Roluos : à la recherche du Palais Royal Reply With Quote
Déconnecté(e) NeangSrey
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Merci Neko pour cet article !




Edité le 05/06/2007 @ 08:30 par NeangSrey

#40860 View NeangSrey's ProfileView All Posts by NeangSreyU2U Member
Haut de page 05/06/2007 @ 08:45 Bas de page
Re : /Article GAVROCHE-mai 2007/ Temples de Roluos : à la recherche du Palais Royal Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
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Neko a écrit

En effet, si les temples de grès ou de brique ont traversé les siècles, rien ne subsiste désormais des demeures des rois d'Angkor, construites de toute évidence en bois. Comment s'organisait la vie de Cour, quelles tailles avaient ses bâtiments, quelles fonctions avaient ses édifices ? Autant d'interrogations qui resteront donc en suspens jusqu'aux prochaines fouilles. "Ce qui est assez fascinant, c'est finalement de chercher un site palatial sans même savoir à quoi cela pouvait ressembler", concède le chercheur.

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Aaarrrrrgggghhhhh.. même les lingas de Siva, utilisés pour le culte du Dévaraja de Jaja II.. bouffés par les termites ? Grandeur et décadence!!!
#40861 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 05/06/2007 @ 10:26 Bas de page
Re : Re : /Article GAVROCHE-mai 2007/ Temples de Roluos : à la recherche du Palais Royal Reply With Quote
Déconnecté(e) Neko
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robin des bois a écrit

Aaarrrrrgggghhhhh.. même les lingas de Siva, utilisés pour le culte du Dévaraja de Jaja II.. bouffés par les termites ? Grandeur et décadence!!!



:nono: Pas si vite l'infarctus Robin des bois
Je pense que l auteur ne voulait parler que de l habitat donc qui n inclue donc pas les objets et batiments de rite ! Non ? :chaipas:
#40868 View Neko's ProfileView All Posts by NekoU2U Member
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