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Auteur Film de Rithy Panh à Beaubourg   ( Réponses 63 | Lectures 9626 )
Haut de page 13/03/2007 @ 23:57 Bas de page
Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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Ronan, un ami de mon cours de khmer du samedi vient de m'informer de la projection du dernier film de Rithy Panh "LE PAPIER NE PEUT PAS ENVELOPPER LA BRAISE" samedi prochain à
16h30 et 20h30 au cinéma 1 du Centre Pompidou (voir lien).

http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf...D85?OpenDocument&sessionM=&L=1&view=

--------------

EDIT :

D'après les renseignements de Sothy, le film sera également diffusé sur France 3 le vendredi 30 mars à 23h25.

http://www.fipa.tm.fr/programmes/?2007doc_15580

http://programmes.france3.fr/le-papier-ne-peut-p...ise/rubrique.php?numsite=238&id_rubrique=243

Merci à Robin et à Yann D. pour les liens !



--------------


Edité le 29/03/2007 @ 07:26 par Jean-Sien : Orthographe !
#35609 View Jean-Sien's ProfileView All Posts by Jean-SienU2U Member
Haut de page 14/03/2007 @ 22:34 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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Bonsoir Jean - Sien,

Faut-il réserver la place ?
#35680 View paristhmey's ProfileView All Posts by paristhmeyU2U Member
Haut de page 14/03/2007 @ 23:57 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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Voir aussi ces infos:


- Cet article du Supplément Radio-TV du Monde:

"La colère de Rithy Panh récompensée"

" Dans le dortoir lugubre où logent des dizaines de prostituées, à Phnom Penh, l'une d'elle fait le calcul: " La passe est à 10 dollars. En six ans de travail, j'ai rapporté 20 000 dollars à mon patron."
Une somme qui fait rêver ces jeunes femmes, venues de villages si pauvres qu'on y cuisine avec des sacs en plastique et des déchets pour tout combustible. Une somme que s'approprient pour l'essentiel patrons, tenanciers d'hôtels et policiers. Elles, elles travaillent chaque nuit, avec des clients Cambodgiens, souvent armés, qui ont tous les droits - les prendre à plusieurs, les menacer, les humilier. "Un client a voulu me tirer dessus, puis il est parti sans payer. Je suis rentrée sans argent. La maquerelle m'a battue à coups de ceinture et m'a enfermée jusqu'au soir sans nourriture."

" Le papier ne peut pas envelopper la braise " du cinéaste cambodgien RITHY Panh (S-21, la machine de mort khmer rouge; Les Artistes du théatre brulé) a obtenu le FIPA d'or du documentaire , samedi 28 janvier. Il sera diffusé sur France 3 dans l'année.

Dans son film RITHY Panh scrute l'ampleur des destructions humaines et économiques dans son pays, à l'issue de la guerre. La situation de ces femmes et leur vulnérabilité découlent directement du génocide. Déracinées après avoir grandi dans les camps, filles aînées de familles ayant perdu leur terre et leurs revenus, orphelines, elles subissent les effets d'une société déstructurée, où les solidarités traditionnelles ont volé en éclats. Dès lors, pour manger, une mère peut vendre sa fille vierge à une maquerelle; une autre peut reprocher violemment à son aînée prosttituée de se plaindre alors que " du temps des khmers rouges, c'était bien pire".

La colère du cinéaste court tout au long du film, comme une basse continue. Elle donne à ses portraits de femmes une grâce et une énergie singulière. RITHY Panh ne s'apitoie pas. Il montre des êtres abîmés mais lucides.
"J'en veux à ceux qui vont voir "ces putains", explique-t-il, à l'indifférence, à la misère, à la bonne conscience. Le film ressemble à cette rage, morcelé, tranchant comme les débris d'un rêve."

(C.Ba - Le Monde supplément Radio-TV)

- Et cet autre lien Internet (à retaper manuellement si nécesaire):

http://www.fipa.tm.fr/programmes/?2007doc_15580

- La date de diffusion sur FR3(annoncée dans l'article ci-dessus) serait peut-être dès la fin de ce mois de mars 2007 (vers le 23/24 d'après certains)


#35690 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 15/03/2007 @ 00:02 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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Merci pour les infos Robin.
Non, je ne crois pas qu'il faille réserver sa place. Il n'y a en tout cas aucune indication sur le site du Centre Pompidou.
#35691 View Jean-Sien's ProfileView All Posts by Jean-SienU2U Member
Haut de page 17/03/2007 @ 23:21 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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Il y avait un monde fou à la séance de 16h30 - j'ai bien fait d'y aller plus d'une heure avant (j'ai retrouvé nelly and C°, on était bien placés du coup) ...

J'ai trouvé ce film "Bouleversant ! superbement bien fait.

Voilà un film qu'il faudrait passer dans les avions en direction de Bangkok et autour - ça ferait peut-être refléchir certains ...

Mais ce n'est pas un film qui accuse les étrangers ; c'est la galère de ces pauvres filles endurée de la part de toute sorte de client.

Etonnante refléxion d'une maman (qui souffrait sans aucun doute de voir ses filles prostituées) : qu'elles ne se plaignent pas trop, car c'était autrement plus dur sous les Khmers Rouges ! ...


C'est un film dur, mais vraiment à voir.

Dommage : y avait un débat à la clef, mais j'ai du partir avant la fin (visite à l'hosto oblige)".

L'interview de Laure Adler avec Rithy Panh (pour ceux qui ne l'avaient pas vu sur le monochat) :

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture...ssions/avventura/index.php?emission_id=110060163





Edité le 17/03/2007 @ 22:22 par sothy
#35806 View sothy's ProfileView All Posts by sothyU2U Member
Haut de page 18/03/2007 @ 07:25 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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La date de diffusion à la TV
est annoncée sur les premiers programmes TV que j'ai vus, pour

-le vendredi 30 Mars 2007 à 23h25 sur FR3 - avec un cotation 3 étoiles = à enregistrer ou a conserver
#35813 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 18/03/2007 @ 11:49 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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La séance de 20h30 était elle aussi complète (d'après le guichetier, car en fait il y avait au moins 8 places de disponibles à ma droite).

J'ai trouvé le film très beau, c'est un portrait de femme incroyable, qui prend les tripes. Les images et les plans sont sublimes, et viennent caresser au plus près les personnages, pour la plupart brisés dans le cercle infernal de la drogue, de la pauvreté et de la résignation.

Il y a quand même deux-trois choses perfectibles : j'ai trouvé le montage maladroit par exemple. La petite fille du début fait craindre le pire, que le film ne va être qu'un énorme mélodrame glauque. La fin est trop brusque (elle dure moins d'une minute !!!), on a l'impression de se faire claquer la porte au nez, après s'être fait jeter dehors. Cette brutalité ressemble beaucoup à un raccourci narratif expédié, à tel point que j'ai surpris mes voisins à s'interroger sur l'éventuelle part fictionnelle du film.
La musique d'arrière-plan, en tout cas sur ce film-là, était inutile voire parfois gênante. Elle fonctionne souvent bien dans les autres films de Rithy Panh, mais ici, on dirait une recette qu'il nous ressert à toutes les sauces...

Mais au final, la substance du film est tellement intense qu'il mérite absolument d'être vu, ne serait-ce que pour Thida, la protagoniste principale, exceptionnelle, qui porte le film à elle seule. Elle donne au film tout le relief de son humanité, de sa fragilité, et de sa force.

---------

EDIT : correction du lien de Sothy
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture...ssions/avventura/index.php?emission_id=110060163


Edité le 20/03/2007 @ 08:32 par Jean-Sien
#35818 View Jean-Sien's ProfileView All Posts by Jean-SienU2U Member
Haut de page 19/03/2007 @ 02:09 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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Jean-Sien a écrit

La séance de 20h30 était elle aussi complète (d'après le guichetier, car en fait il y avait au moins 8 places de disponibles à ma droite).
(ils vendent aussi les places à l'avance - les gens sont ptet pas venus ?)

J'ai trouvé le film très beau, c'est un portrait de femme incroyable, qui prend les tripes. Les images et les plans sont sublimes, et viennent caresser au plus près les personnages, pour la plupart brisés dans le cercle infernal de la drogue, de la pauvreté et de la résignation.

Il y a bien deux trois choses perfectibles : j'ai trouvé le montage maladroit par exemple. La petite fille du début fait craindre le pire, que le film ne va être qu'un énorme mélodrame glauque.
(je trouve le début comme l'arrivé à PP - tu prends une bonne claque dans la g*eu*e et t'as envie de repartir aussitôt ; moi en tout cas ça m'a rappellé ça)

La fin est trop brusque (elle dure moins d'une minute !!!), on a l'impression de se faire claquer la porte au nez, de se faire jeter dehors. La fin est un peu trop "précipitée", à tel point que mes voisins à s'interroger sur l'éventuelle part fictionnelle du film.
(comme j'ai assisté au début du débat : aucune fiction ! le film a été tourné sur 1 ans 1/2 [sf erreur] ce qu'on voit à la transformation de la petite fille d'une des prostituées) (je crois me souvenir que Rithy Panh a mis des crayons dans les mains des filles - qui ont fait des dessins d'un "monde où tout es beau" - incroyablement contrastant avec la tirste réalité)

La musique d'arrière-plan, en tout cas sur ce film-là, était inutile voire parfois gênante. Elle fonctionne souvent bien dans les autres films de Rithy Panh, mais là, ça ressemble à une recette qu'il nous ressert...
(hmm ... question de goût, mais je ne suis jamais assez "critique" sur les films et leur musique [la preuve, j'ai adoré DOGORA qua beaucoup n'ont pas aimé] comme sur les livres [par.ex. Somaly Mam, on m'a dit que, non seulement elle est critiquée dans sonn action, mais aussi pour son écriture ...)

Mais au final, la substance du film est tellement intense qu'il mérite absolument d'être vu, ne serait-ce que pour Thida, la protagoniste principale, exceptionnelle, qui porte le film à elle seule. Elle donne au film tout le relief de son humanité, de sa fragilité, et de sa force.

---------

EDIT : correction du lien de Sothy
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture...ssions/avventura/index.php?emission_id=110060163




Et comment ça se fait que les liens des fois déc*****t et, que ça parait pareil - mais avec toi ... ça marche :quoi:
#35843 View sothy's ProfileView All Posts by sothyU2U Member
Haut de page 20/03/2007 @ 09:39 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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Les liens trop longs sont raccourcis automatiquement avec des [...] lorsqu'ils sont affichés sur les pages du forum, il ne faut pas copier les liens raccourcis, mais les liens originaux pour que ça fonctionne.
Merci pour ton lien en tout cas. J'ai deviné ce que les [...] du lien pouvaient bien être, j'ai tenté /france-culture/emissions/avventura et ça a marché.

L'autre astuce quand les liens déconnent consiste à encadrer le lien par des balises "[ url ]" et "[ /url ]".



Edité le 20/03/2007 @ 08:42 par Jean-Sien
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Haut de page 27/03/2007 @ 00:46 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--clt/Les-films-de-la-semaine.html

Les films de la semaine
2007-03-26 18:39:38
PARIS (AFP)

Sortie le 31 mars:


- "Le papier ne peut pas envelopper la braise" documentaire de Rithy (France, 1H30). Le cinéaste Rithy Panh continue d'explorer les blessures du peuple cambodgien mutilé par le génocide perpétré par les Khmers rouges il y a trente ans. Tourné presque exclusivement dans le taudis d'un immeuble de Phnom Penh, lieu de repos de treize très jeunes prostituées, le film dessine sans pathos la vie de ces parias de la société cambodgienne. Rithy Panh réussit le prodige de filmer au plus près ces jeunes femmes détruites, sans jamais tomber dans le voyeurisme ou la pitié. "Le papier ne peut pas envelopper la braise", parfois insoutenable, est une plongée directe au plus profond de la détresse. Il a remporté un FIPA d'or au Festival international de programmes audiovisuels de 2007.

Rappel : diffusion le Vendredi 30 mars à 23h25 sur France3

http://programmes.france3.fr/le-papier-ne-peut-pas-envelopper-la-braise/accueil.php?numsite=238

Un visage dans une lumière rouge...
- Pourquoi ne rentres-tu pas maintenant au village ?
- Je ne veux pas... J’ai honte.
- Personne ne sait ton histoire. Si tu veux, je t’aiderai...
Retourne au village.
- Non. J’ai honte. Personne ne sait ce que je fais ici à Phnom Penh. Mais moi je le sais.
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Haut de page 29/03/2007 @ 06:14 Bas de page
Re : Film de Rithy Pahn à Beaubourg Reply With Quote
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Un entretien avec Rithy Panh« J'ai été comme irradié par une bombe nucléaire »

Survivant de la machine de mort khmère rouge, le cinéaste de « S21 » consacre un film et un livre aux jeunes prostituées de Phnom Penh


Le Nouvel Observateur. - Pourquoi ce film et ce livre?
Rithy Panh. - Un jour, à Phnom Penh, j'ai vu une fille de 15 ans entre deux portes, qui semblait en détresse. Quelqu'un l'a tirée par la main, je n'ai pas réagi. Je n'ai pas arrêté d'y penser et j'ai eu l'idée d'un film sur plusieurs femmes comme cette gamine. Dans les reportages censés dénoncer l'exploitation sexuelle, on masque le visage des consommateurs, mais pas celui des enfants, et à la fin on donne les adresses ! Quand on me dit que j'ai écrit les dialogues, je réponds que soit ces filles sont des comédiennes géniales, soit je suis un trop grand écrivain. Ou alors, c'est que vous n'acceptez pas que les pauvres s'expriment, que l'autre ait une opinion, une sensibilité. C'est la première marque de l'irrespect : ne pas les écouter, puis broder des phrases sur leur sort. Faire un film, ce n'est pas faire sur les autres, c'est être avec les autres. Quand je forme un cameraman, je n'attends pas de lui une image propre, je lui demande d'entendre : si l'image est floue, c'est qu'il n'écoute pas. Je fais des films et des livres pour rétablir l'humain que l'on a effacé. Les gens de mon équipe ne voient pas les rushes, les échanges sont trop intimes. J'ai toujours une caméra avec moi, mais il me faut un temps monstrueux pour me décider, j'ai honte de filmer, et pourtant j'ai besoin de cette image pour raconter l'histoire de l'autre. Mais il arrive que ce soit tellement vrai que ça paraît faux : dans « S21 », un gardien raconte qu'il devait fouiller les prisonniers pour éviter qu'ils ne cachent sur eux une plume ou un boulon pour ensuite se suicider. Plus tard, Nath [un rescapé du centre S21] gratte la poussière avec une tige de bois et trouve un bouton, puis une plume... Au montage, je ne peux pas montrer la plume : cette vérité crée un doute.

N. O.- Rétablir l'humain, c'est d'abord redonner une identité?
R. Panh.- Si je montre un visage, je le nomme. Aux Etats-Unis sont organisées des expositions de photos des victimes de S21. Encadrées comme des oeuvres d'art. Mieux valent cinq photos seulement, mais qui donnent à raconter la vie de ces cinq personnes. Si on avait mieux expliqué le Cambodge, peut-être n'y aurait-il pas eu la Bosnie ou le Rwanda. On se mobilise moins pour le Cambodge ou le Rwanda que pour le tsunami, parce que le tsunami n'exige pas de dégager une responsabilité : il ne s'agit pas d'accuser les responsables, mais de reconnaître sa propre responsabilité. Quelle est notre part ? Il est plus simple de ne pas savoir. On ne change pas le monde avec les films, mais on peut amener l'individu à reconsidérer sa part du mal, à repenser sa place dans la communauté humaine. Le mal est en nous ? Vous pourriez être bourreau ou victime ? Non, vous avez le choix. Tout le monde n'est pas disposé à tuer, c'est le pouvoir donné qui transforme la personne en bourreau. Si j'avais été complaisant avec le pouvoir, j'aurais été bourreau. C'est un choix de ne pas écraser les autres pour survivre. Ce qui fait la civilisation, c'est le choix.

N. O.- Quelle est la fonction de votre livre par rapport à votre film?
R. Panh .- Je me trouve avec des centaines d'histoires, qu'il est toujours douloureux de ramener à un objet filmique. Dès que je rencontre les gens qui vont me faire partager leur parcours, leur dignité, leur résistance, une écriture devient nécessaire : le livre n'est pas ce que le film ne peut pas être, ce que vous n'avez pas vu, mais un travail d'écriture et de réflexion, mis en chantier par un coauteur à partir de premières remarques. Le livre a continué plusieurs mois après le tournage, et avec lui le dialogue. Il y a plus d'écoute dans le livre que dans le film. Le film est passé, la force des mots reste. Film ou livre, je fais d'abord le mot à mot. Après, je récris. J'adore ça, mais pour dix pages il me faut trois mois. Que va devenir Ada ? Elle a contracté la maladie dont est morte sa soeur... Est-ce qu'un jour cette jeune fille va pouvoir être comme nous ? Vivre un peu ? Juste vivre un peu ? Pour moi, le dialogue continue après le livre.

N. O.- Pourquoi avez-vous créé le centre Bophana à Phnom Penh?
R. Panh.- C'est une suite logique. Le centre est un espace de rencontre, de découverte, d'échange, il vient en complément des films, pas seulement les miens. Les pauvres n'ont jamais l'accès, il leur faut un espace, c'est comme ça qu'on apprend à aimer les oeuvres. C'est quand on n'aime pas qu'on vole. Cette offre d'accès à la mémoire n'existe nulle part ailleurs. C'est un outil nécessaire à la naissance d'une nouvelle génération de cinéastes. Un projet culturel doit se greffer sur une dimension économique, et la dimension économique, c'est la création. Quand vous faites un film, vous formez des métiers, le projet acquiert sa dimension économique et culturelle, il devient pérenne. La phase de reconstitution de la mémoire est achevée, la phase de formation professionnelle commence. J'ai envie d'échanger avec l'Afrique, que les jeunes Africains viennent chez nous, montrent leurs films, puis l'inverse. Les institutions devraient favoriser ces échanges. Ça coûte moins cher que les colloques, qui ne servent à rien.

N. O.- Comment faites-vous pour surmonter ce que vous avez vécu?
R. Panh.- Quand on touche à votre humanité, vous ne vous en remettez pas. J'aime la vie, mais je sais que je ne m'en remettrai pas. J'ai été comme irradié par une bombe nucléaire. Il ne faut jamais laisser les gens aller jusque-là. Tous les jours j'apprends à rire, à goûter un mets, je réapprends mon humanité... Le mal infligé est plus fort. Etre avec les autres est la seule chose qui me fasse du bien. Le cinéma m'amène à l'autre, il est l'outil qui me permet de continuer. Si je tourne aussi des films de fiction, c'est pour dire aux connards d'assassins : loupé, je suis là, je suis capable de faire un plan, de mettre de la musique, de rire, vous vouliez me détruire, me mettre dans un malheur sans fin, je suis là, je continue. La terreur laisse des traces, mais je n'ai pas peur. Tarkovski a résisté au pire de l'époque brejnévienne, je ne fais pas la même chose que lui, mais je crois avoir compris : il est dans le trou et il part vers Andreï Roublev. On ne peut pas détruire ça. Pas même l'interdire. Quand Grossman écrit « Vie et destin », il dit : j'existe, vous ne pouvez pas m'atteindre. Devant ces gens-là, devant Primo Levi, je me mets à genoux. Il ne faut pas céder, détruire le pont qui unit une personne à une autre, un pays à un autre. Je ne supporte pas cette phrase, «si vous n'aimez pas la France, quittez-la», la France ne mérite pas ça, elle est beaucoup plus belle, infiniment plus généreuse.

«Le papier ne peut pas envelopper la braise», par Rithy Panh, en salles le 31 mars. Sous le même titre, le livre (écrit avec Louis Lorentz) paraît le 3 avril chez Grasset (17,90 euros).

Rithy Panh est né en 1964 à Phnom Penh. A 15 ans, il fuit les camps de « réhabilitation » des Khmers rouges et trouve refuge en Thaïlande, puis un an plus tard en France. Il a réalisé notamment « Cambodge, entre guerre et paix » (1991), « les Gens de la rizière » (1993), « Bophana, une tragédie cambodgienne » (1996), « S21, la machine de mort khmère rouge » (2003).


Pascal MérigeauLe Nouvel Observateur - 29/03/2007




Edité le 29/03/2007 @ 06:14 par Vicheya






#36376 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
Haut de page 30/03/2007 @ 10:15 Bas de page
Re : Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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Génération perdue à Phnom Penh
[ 29/03/07 ]

Un reportage accablant sur les jeunes prostituées de Phnom Penh.
Elles se nomment Thida - mais on l'appelle Da (vingt-trois ans), Môm (vingt-deux ans), Sinourn (vingt et un ans), Aun Thom (vingt-deux ans), Mab (dix-neuf ans). Elles sont logées par une mère maquerelle dans un deux-pièces au quatrième étage du Building blanc, un bâtiment délabré au coeur de la capitale cambodgienne, Phnom Penh. Au sol, des nattes en plastique et des valises pour armoires. Ces femmes sont, comme 30.000 Cambodgiennes, des paysannes venues des rizières, poussées par la misère à vendre leur corps (10 dollars la passe). Pendant dix-huit mois, Rithy Panh a suivi ces jeunes femmes humiliées. Elles témoignent : les coups, les viols, les maladies, les avortements, la drogue. Le réalisateur a également interrogé des proxénètes et leurs hommes de main. L'un d'entre eux, comptable sourcilleux, explique « l'économie » de la prostitution avec des poupées style Barbie représentant les femmes. Le film de Rithy Panh, diffusé sur France 3 vendredi soir et en salles le lendemain, est complété par un livre. Il a le même titre que le film : « Le papier ne peut pas envelopper la braise », une phrase en forme de confidence prononcée par une des jeunes femmes. Rithy Panh raconte, avec plus de détails, « ces tragédies muettes qui font le profit des marchands de chair humaine ». Il s'adresse « aux hommes qui ne veulent pas voir cette misère sexuelle : «Ecoutez ces jeunes femmes vous dire que lorsqu'elles ouvrent leurs cuisses, elles sont mortes. Qu'elles ne sont que de la viande sur une planche à découper !» ».

Témoin d'une histoire tragique
Rithy Panh (quarante-trois ans) est depuis vingt ans le témoin de l'histoire tragique du Cambodge. En avril 1975, il a onze ans, les Khmers rouges prennent le pouvoir et vident la ville de sa population en vingt-quatre heures. Il part en camp de rééducation. La plupart des membres de sa famille y disparaissent (et 2 millions de Cambodgiens, sur une population de 8 millions). Après quatre ans de détention, il s'échappe à la frontière thaïlandaise et gagne la France où un de ses frères exerce la médecine. Il apprend le français, va au lycée, intègre l'école de cinéma de Paris, l'Idhec. Son premier film, « Le Passé imparfait » (1985), traite du Cambodge. A l'exception d'un portrait du cinéaste africain Souleymane Cissé, tous ses autres films traiteront du Cambodge : « Site 2 » (1989), un documentaire sur un camp de réfugiés, « Les Gens de la rizière » (1994), « S21, la machine de mort khmère rouge » (2003) - sans doute son chef-d'oeuvre, primé à Cannes, témoignage des victimes et des bourreaux d'un centre de torture de Pnomh Penh, « Les Artistes du théâtre brûlé » (2005)... 16 au total.

« Vies violées »
« Le papier ne peut pas envelopper la braise » ne traite pas de l'enfer khmer rouge, il en est la suite chronologique. « Dans un pays qui a subi des décennies de guerre, écrit le réalisateur, le signe évident de la fêlure sociale apparaît dans l'exploitation économique et politique du corps et de l'esprit, affirme Rithy Panh. Les pères-soldats morts au combat laissent des enfants ouvriers, sous-payés, ou pire, prostitués. Corps, objets de transactions, vies violées, destins ravagés. »

Au Festival international des programmes audiovisuels, en janvier dernier, « Le papier ne peut pas envelopper la braise » a obtenu le Fipa d'or. « Au Cambodge, dit Rithy Panh, le cinéma est une médecine. »

EMMANUEL HECHT
http://www.lesechos.fr/info/loisirs/4557147.htm



Un film, un livre, des archives
A voir : le documentaire sur France 3, vendredi 30 mars, à 23 h 25. En salle, samedi 31 mars. C'est ce soir !!!!
A lire : le livre est le produit d'un travail en parallèle du film. Le titre est identique : « Le papier ne peut pas envelopper la braise », de Rithy Panh (avec Louise Lorentz), Grasset (en vente le 3 avril).
A consulter : le site www.bophana.org, le Centre des ressources audiovisuelles de Phnom Penh, créé par Rithy Panh et dédié au génocide khmer, lancé en 2006.






#36496 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Re : Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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Donc ce soir sur France 3 à 23h25 puis rediffusion le 1.4 et le 7.4 à des heures impossibles

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J'avais oublié ce, que ça m'avait fait dès le début au cinéma : j'avais envie de prendre la main da ma voisine KNienne pour pleurer :larme:

Finalement, je trouve le film bien fait, comme je l'avais dit au début - malgré l'opinion de Jean-Sien ;
mais dur, dur, dur ... triste, comme la réalité !

Et on peut vraiment comprendre en quoi Rithy Panh dit "que le génocide est responsable en quelque sorte aussi de la prostitution".

Trop triste - sans grand espoir :larme:



Edité le 04/04/2007 @ 23:00 par sothy
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:ideenoire: Oui Sothy, comme tu le dis, c'était triste comme film, :larme:, mais je trouve que c'est dommage, le film n'a pas été sous-titré en français car j'avais du mal à comprendre de ce qu'elles racontaient en khmère :lol:

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liberté a écrit

:ideenoire: Oui Sothy, comme tu le dis, c'était triste comme film, :larme:, mais je trouve que c'est dommage, le film n'a pas été sous-titré en français car j'avais du mal à comprendre de ce qu'elles racontaient en khmère :lol:



Et moi (puis d'autres) j'ai regretté qu'il soit "traduit" en français - ça ne fait plus la même chose ! Toi (et un ami) vous l'avez vu en Khmer - la chance ... le câble ?

Tiens, on ira le voir au ciné en "délégation" forum KN - en v.o. avec sous-titres. C'est comme ça que je le préfère !

Pourquoi pas, hein ?

:larme: sothy :lol:
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Oui, on m'a appris que France 3 avait eu la mauvaise idée de coller un doublage en français ! un ami a pu choisir de regarder la version originale sous-titrée via sa Freebox. Quelqu'un a peut-être eu la lumineuse idée d'enregistrer la VO pour les absents.
#36720 View Jean-Sien's ProfileView All Posts by Jean-SienU2U Member
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Re : Re : Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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sothy a écrit

liberté a écrit

:ideenoire: Oui Sothy, comme tu le dis, c'était triste comme film, :larme:, mais je trouve que c'est dommage, le film n'a pas été sous-titré en français car j'avais du mal à comprendre de ce qu'elles racontaient en khmère :lol:



Et moi (puis d'autres) j'ai regretté qu'il soit "traduit" en français - ça ne fait plus la même chose ! Toi (et un ami) vous l'avez vu en Khmer - la chance ... le câble ?

Tiens, on ira le voir au ciné en "délégation" forum KN - en v.o. avec sous-titres. C'est comme ça que je le préfère !

Pourquoi pas, hein ?

:larme: sothy :lol:



:lol: mais oui, en vo, c'est encore mieux, n'est pas Sothy? puisque tu parles couramment le khmer :bon:
Ok, sans dire des bêtises, je trouve que ce film, et encore une fois bien car le réalisateur voudrait nous montrer comment vivent les femmes khmères quand on est pauvre et pas de travail, ni de métier bien précise. Et je me plains pour elles, :larme:

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liberté a écrit

le réalisateur voudrait nous montrer comment vivent les femmes khmères quand on est pauvre et pas de travail, ni de métier bien précise. Et je me plains pour elles, :larme:


Enfin .....:reflechi1: Heureusement que pas toutes les femmes pauvres et sans métier finissent ainsi ! :sarcastic:

Edité le 01/04/2007 @ 18:38 par Vicheya
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Re : Re : Re : Re : Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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Vicheya a écrit

liberté a écrit

le réalisateur voudrait nous montrer comment vivent les femmes khmères quand on est pauvre et pas de travail, ni de métier bien précise. Et je me plains pour elles, :larme:


Enfin .....:reflechi1: Heureusement que pas toutes les femmes pauvres et sans métier finissent ainsi ! :sarcastic:


:lol: Ok, j'ai oublié de préciser, alors, j'ai droit ça :xtrem:, et je ne voudrais pas généraliser à toutes les femmes. Je voudrais dire tout simplement que quand on est pauvre et on a des bouches à nourir, alors on est prêt à tout pour gagner sa vie. :bon:

Edité le 01/04/2007 @ 18:55 par liberté

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Il me fait sourire quand il dit que le "cinéma" est une médecine au Cambodge. En tout cas, ses réalisations ne sont pas du tout une thérapie pour la diaspora cambodgienne ou le Cambodge.

C'est tout à son honneur de dénoncer l'exploitation et la condition de la femme sur "le plus vieux métier du monde" au Cambodge. Mais le film n'est qu'une vitrine débordant de la misére sexuelle jusqu'à l'écoeurement... Je n'ai pas aimé !!!

#36959 View yayawarman's ProfileView All Posts by yayawarmanU2U Member
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Re : Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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sothy a écrit

J'avais oublié ce, que ça m'avait fait dès le début au cinéma : j'avais envie de prendre la main da ma voisine KNienne pour pleurer :larme:

Finalement, je trouve le film bien fait, comme je l'avais dit au début - malgré l'opinion de Jean-Sien ;
mais dur, dur, dur ... triste, comme la réalité !

Et on peut vraiment comprendre en quoi Rithy Panh dit "que le génocide est responsable en quelque sorte aussi de la prostitution".

Trop triste - sans grand espoir :larme:







Voici un article qui va dans le sujet - je ne sais pas si vous l'avez déjà posté :


http://french.peopledaily.com.cn/International/4164405.html




Pauvreté, la cause principale du trafic sexuel au CAMBODGE

La pauvreté, la fraude, la violence domestique et le manque d'éducation sont les principales causes des filles de rue de se retrouver victimes des trafiquants sexuels, ont rapporté jeudi les médias locaux cambodgiens...



... M. Chan Sotheavy, député secrétaire du ministère de la justice, a indiqué : "les résultats sont des points positifs.
Nous devons les analyser et identifier leurs problèmes pour découvrir pourquoi elles ont été jetées dans cette situation, de sorte que nous puissions installer pour elles des politiques et des protections légales."

Source: le Quotidien du Peuple en ligne
#37004 View sothy's ProfileView All Posts by sothyU2U Member
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Re : Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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yayawarman a écrit

Il me fait sourire quand il dit que le "cinéma" est une médecine au Cambodge. En tout cas, ses réalisations ne sont pas du tout une thérapie pour la diaspora cambodgienne ou le Cambodge.

C'est tout à son honneur de dénoncer l'exploitation et la condition de la femme sur "le plus vieux métier du monde" au Cambodge.

Mais le film n'est qu'une vitrine débordant de la misére sexuelle jusqu'à l'écoeurement...

Je suis bien d'accord avec toi - mais tel est la réalité, non ? :larme: Ca m'a fait le même effet avec le film S21 (même si le sujet n'a rien à voir) : à peine commencé, t'as envie de sortir.


Je n'ai pas aimé !!!

Quelque part moi non plus je n'ai pas aimé - c'est à cause du sujet ! mais je trouve bien de mettre le doigt dessus. Avis personnel ...


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Re : Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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Portraits
Rithy Panh, 43 ans. Dans ses documentaires, ce rescapé du génocide cambodgien rongé par la culpabilité du survivant, donne la parole aux acteurs comme aux victimes de la tragédie.
Peines de Phnom Penh
Par Christophe BOLTANSKI - Libération
QUOTIDIEN : mercredi 4 avril 2007



Des petits rires ponctuent ses phrases. De brefs éclats qui illuminent son visage tout en rondeurs, mais qui ont un goût d'orange amère. Des rires de tristesse, de gêne, de pudeur, d'autodérision, parfois de joie, jamais de mépris. Il les glisse dans ses récits de victimes, de bourreaux, d'anéantissement, d'exil, de servitude, comme des étincelles dans la nuit. Derrière le calme des mots, la douceur des traits, l'humour qui jaillit sans prévenir, l'homme laisse entrevoir le tumulte qui l'habite d'un aveu dont il s'excuse à l'avance: «Ça peut paraître prétentieux, mais je le dis de la façon la plus sincère et la plus droite : soit je fais des documentaires, soit je crève.»

Rithy Panh est un survivant de chaque instant d'un génocide qui a emporté les siens et détruit de 1975 à 1979 le quart de la population cambodgienne. Quand, à 14 ans, il a échappé à la machine de mort khmère rouge et franchi la frontière thaïlandaise, il ne disait plus rien. Aucun son ne sortait de cette bouche immense. «Ma langue était devenue aussi raide que le fer. J'avais l'impression d'avoir un méchant petit frère à l'intérieur qui m'empêchait de la remuer.» Il rêvait encore en khmer, pouvait le lire, le comprendre, pas l'articuler. C'était devenu le parler des gardiens et des tortionnaires. Un instrument à crier des ordres et des insultes. Le langage était le propre d'une humanité dont il avait été exclu.

Cette parole dont il a été privé, ce cinéaste la donne maintenant aux autres, à ceux qui ne l'ont plus, à ses semblables dépossédés d'eux-mêmes. A Nath, l'artiste rescapé du centre S-21, l'usine de terreur crée par les Khmers rouges. Plus récemment, à Da et aux autres prostituées de Phnom Penh. Ces adolescentes, venues de la campagne, parfois vendues par leurs propres familles, réduites à l'esclavage, battues, pour un demi-dollar par jour, le plus souvent condamnées par le Sida. Une tragédie anonyme partagée par plus de 30 000 Cambodgiennes. Dans son nouveau documentaire, doublé d'un livre, Le Papier ne peut pas envelopper la braise , il leur restitue un visage, un nom, une histoire.

Pour recueillir leur quotidien, pour extirper l'indicible, il les écoute «à bonne distance» , tout près avec sa caméra, à portée de main, comme si l'ouïe allait de pair avec le toucher, durant leur temps de repos, hors la présence des clients et de la maquerelle, dans le Building, maison à l'abandon, plantée au coeur de la capitale. Et il les suit pendant des mois, des années, jusqu'à ce que le «je» s'installe dans le discours, jusqu'à ce que les petits frères qui empêchent les langues de remuer disparaissent. Il lui a fallu trois ans pour «aller au fond» de Houy, l'adjoint à la sécurité de S-21, pour «casser» la carapace dans laquelle il s'était enfermé, et l'amener à raconter à la première personne, et gestes à l'appui, son rôle dans le processus d'extermination.

«Il faut que j'aille jusqu'au bout, sinon, je ne dors plus, je n'arrive plus à penser . » D'une oeuvre à l'autre, il poursuit le même but. Faire des films «pour rétablir l'humanité qu'on a effacée» . Ce n'est pas un inquisiteur. Il n'instruit pas le procès des Khmers rouges qui n'a jamais eu lieu. Il collecte patiemment la mémoire en miettes des Cambodgiens «pour pouvoir à nouveau vivre ensemble» . A Phnom Penh, il a créé un centre d'archives audiovisuelles, baptisé du nom d'une détenue du camp de S-21, Bophana. Il est hanté par tous les autres précédents et subséquents, la Shoah, le génocide rwandais, etc., d'une histoire qui n'apprend pas de ses crimes. C'est sa dette à l'égard des morts, son devoir envers les générations à venir. Dans ce Cambodge chaotique de l'après-guerre, il reconstruit un passé commun que l'oubli, l'indifférence, la dureté du quotidien ne cessent de défaire. Il le ressent comme un terrible échec et cite Kafka : «C'est l'âge d'une blessure qui fait mal, pas la blessure en soi.»

Comprendre, expliquer... Cette foi indéfectible dans l'enseignement lui vient de son père, instituteur, puis directeur de cabinet de plusieurs ministres de l'Education successifs. Un disciple de Jules Ferry, ardent défenseur d'une école laïque, gratuite et obligatoire pour tous, dans un pays fraîchement affranchi de la tutelle française. Il a grandi à ses côtés, il dormait souvent dans sa chambre. Il l'a suivi partout jusque dans les camps des Khmers rouges. Les premiers mois, le jeune garçon trouvait presque normal que des révolutionnaires «rééduquent» ceux qui ne pensaient pas comme eux. Son père, lui, a compris tout de suite qu'ils n'étaient pas là pour «apprendre» , mais pour être «détruits» . Il a résisté. «Il cherchait la confrontation. Il parlait aux miliciens en français. Ils ne l'ont pas exécuté. Ils n'osaient pas. Alors, il s'est laissé mourir de faim.» Comme tous les rescapés d'un génocide, Rithy Panh est rongé par la culpabilité d'avoir survécu. «Pourquoi ne s'est-on pas tous révoltés comme ça ?, demande-t-il. On ne peut pas s'empêcher de se sentir envahi par un sentiment de lâcheté.»

Un jour, à la faveur de l'invasion vietnamienne, il est parti, avec sa soeur aînée. «Ce n'était pas une fuite, mais une nécessité d'aller loin de tout ça. Mes parents, mes autres frères et soeurs, tout le monde était déjà mort.» Les deux adolescents ont été recueillis dans un camp en Thaïlande. Les médecins les ont aidés à retrouver la trace d'un frère boursier, qui étudiait la médecine à Grenoble. «Et puis, il y a eu un regroupement familial.» Il a rejoint la France, découvert une terre d'accueil qu'il ne reconnaît pas dans les dérives identitaires de ses dirigeants politiques. «En écoutant les candidats à l'élection présidentielle, j'ai l'impression d'un pays fermé, raciste. C'est faux. Il y a des gens formidables, ouverts, généreux.»

Le français, arme de résistance de son père, fut longtemps sa langue-refuge, son moyen de recouvrer la parole. Il dit l'avoir appris avec des chansons qui racontait un peu son histoire. «Quand j'entends Nuit et Brouillard de Ferrat, ou Brel chanter " Moi si j'étais le Bon Dieu, je crois que j'aurais des remords ", je pleure.» Puis, son professeur de dessin lui a mis une caméra super-8 dans les mains. «Comme j'écris très mal, ça m'a permis tout de suite d'avoir un support pour m'exprimer. J'ai fait un premier film drôle, une sorte de Charlot qui marche vite, poursuivi par un copain déguisé en surveillant général.» A 21 ans, il a été reçu à l'Idhec.
Ce Franco-Cambodgien vit aujourd'hui entre Paris et Phnom Penh. Vingt-huit ans plus tard, il ne s'est toujours pas habitué au froid hexagonal, à l'exiguïté des logements, à leur caractère confiné. Il rit, une fois de plus, en jetant un regard circulaire sur son bureau-cuisine, à deux pas de la place de la République. La pièce croule sous les cassettes vidéo, dont beaucoup de grands noms du cinéma russe, les livres, les affiches de ses films posées à même le sol dans leurs cadres. «J'ai un peu de mal à vivre dans des cages comme ça. Les studios à 30 m2 à deux, c'est difficile» . Sa «compagne» , documentaliste de profession, est française. Elle venait d'adopter une petite Cambodgienne lorsqu'ils se sont rencontrés. «Je suis arrivé en même temps» dans sa vie, précise cet autre orphelin.

Il déclare ne pas vouloir se laisser «enfermer dans S-21». Il veut recommencer à faire des fictions. Il prépare l'adaptation à l'écran du premier roman de Marguerite Duras, Barrage contre le Pacifique . Cette lutte désespérée contre l'océan, presque un écho de son propre combat contre l'oubli. «Une fiction, c'est être capable encore de créer, de rêver, d'imaginer.» Tout ce que le régime de Pol Pot «voulait détruire» . Il ajoute, sur le ton de la révolte: «Après tout, les Khmers rouges, ce n'est que quatre ans de ma vie.»



Rithy Panh en 7 dates 1964 Naissance à Phnom Penh. 17 avril 1975 Phnom Penh, pris par les Khmers rouges, est vidé de sa population. 1979 Réfugié en Thaïlande, puis en France. 1985 Entrée à l'Idhec. 1989 Filme au Cambodge Site 2. 2004 S-21, la machine de mort khmère rouge. 31 mars 2007 Le Papier ne peut pas envelopper la braise, film en salle et livre chez Grasset.


Edité le 05/04/2007 @ 21:15 par Vicheya






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Re : Film de Rithy Panh à Beaubourg Reply With Quote
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J'ai vu ce film vendredi dernier sur F3 à 23:25 !C'est très bien fait !!!Les témoignages de ces jeunes prostituées sont vraiment touchants!Mais quelle solidarité entre elles! Je les admire!
Ce sont toujours les pauvres qui trinquent!...Je me suis dit que dans quelques jours je vais devoir affronter cette dure réalité qu'est la pauvreté de mon pays natal!Je serai à PP le 9 avril !

#37121 View sivann's ProfileView All Posts by sivannU2U Member
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