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Auteur La biographie de Sereypheap   ( Réponses 431 | Lectures 39433 )
Haut de page 04/03/2006 @ 20:04 Bas de page
La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Bonsoir à toutes et à tous,

Voilà, comme toute chose, il y a toujours un début !:lol: Certains d'entre vous me connaissent et ont même lu plusieurs fois ma biographie, alors ceux là liront la suite. Mais pour les nouveaux, j'espère que mon histoire ne vous ennuit pas !:lol:


Edité le 04/03/2006 @ 20:04 par Sereypheap

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Haut de page 04/03/2006 @ 20:11 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Ah bon ? Ya une suite ? ...Bon alors zzzzzzz :dodo:

:cache: Je plaisaaaante ! J'ai été émue aux larmes en te lisant ! :larme:

Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rame
Et qui peut quitter son ami
Sans verser une larme ?

Ne me parlez pas de politique !
#18049 View Creamy+Sopheap's ProfileView All Posts by Creamy+SopheapU2U Member
Haut de page 04/03/2006 @ 20:13 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Heu ...
Elle est où la bio ?

#18050 View Rotha's ProfileView All Posts by RothaU2U Member
Haut de page 04/03/2006 @ 20:18 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Mon enfance n'était pas aussi florissante que celle de certains d'entre vous ! Au contraire, elle était maculée de tristesse, de la perte des êtres chers. Mon adolescence était réservée au rattrapage du temps perdu. Ma vie d'adulte cependant semble retrouver une vie normale ? Difficile d'en juger !!! Peut-on vraiment rattraper le temps écoulé inutilement ?

La période noire de ma vie pendant le régime de Pol Pot

Pour ne pas évoquer toujours la même sérénade, et surtout pour ne pas vous ennuyer avec des mêmes histoires des millions de Cambodgiens qui quittaient la Capitale, je vais droit au but de ma propre histoire, de l’endroit où j’étais censé être suite à l’exode rural du 17 avril 1975.

A vrai dire, je ne savais pas et ne sais toujours pas où j’étais pendant la période des Khmers Rouges ?!?! Donc, je ne puis vous donner un nom de lieu d’où j’étais. Est-il grave docteur ? Je ne sais pas comment s’est-il passé, ni comment suis-je arrivé à ce désastre résultat, qui était mon trou de mémoire pendant cette période ? En fait, si, avec du recul, je commence à comprendre la cause de cette perte de notion de lieu…

Plusieurs raisons pourraient expliquer cela. D’abord, mon cerveau depuis toujours ne retenait que ce qu’il est jugé utile et nécessaire de retenir !!! Il fonctionnait et continue de fonctionner encore de cette façon. Je m’explique. Lors d’une réunion au bureau par exemple, il est capital pour moi de savoir son but précis, à savoir son thème principal au risque ne rien retenir à la sortie de cette réunion !!! En effet, j’ai remarqué moi-même, que mon cerveau reste très attentionné à la réunion tant que tout ce qui est dit correspond à son thème. Dès que l’on s’éloigne un peu du but final de la réunion, mon cerveau prend sa propre initiative et s’offre un voyage dans le temps et l’espace, choisit le lieu et l’espace qui lui plaisent et tout cela sans demander mon avis sur quoi que ce soit !!! :lol:

Donc, cela explique le pourquoi en partie de ma perte de notion de lieu pendant le régime de Pol Pot. Eh oui, souvenez-vous, quelques jours après l’arrivée des Khmers Rouges dans la capitale, le slogan pour inciter l’exode rural en masse était que l’armée des Etats-Unis allait bombarder Phnom Penh, donc il fallait quitter notre maison à tout prix, quitte à revenir plus tard après les bombardements. Et donc, ce départ n‘était que provisoire. Ainsi, pour moi, enfin le moi ici est mon cerveau, il était inutile de savoir où on allait puisque la situation initiale serait restaurée, celle du retour à la maison évidemment !!!

Ensuite, tout ce que j’ai vécu et vu était tellement dur pour un enfant, il n’y a pas de mots pour caractériser cette dureté, cette misère, que j’ai refusé en quelque sorte d’admettre que ce régime soit viable, qu’il puisse continuer éternellement !!! Inconsciemment ou consciemment, je ne puis vous dire lequel des deux me poussait à ne rien me souvenir de l’endroit où j’étais. Et donc, tout cela échappait à ma logique de pensée, à ma logique de vie que j’ai toujours connue depuis mon enfance, donc au but final de la vie tout court.

Une autre raison de taille concernait l’alimentation. Je ne parle pas de la malnutrition, certes on mangeait n’importe quoi pour satisfaire sa faim, mais de la sous alimentation. Je me demande si les carences en permanence des vitamines de toutes sortes affectaient sérieusement mon cerveau pendant ce laps de temps ? En tout cas, cela ne m’a pas aidé à retenir ce détail de lieu qui me manque encore aujourd’hui.

Une autre raison plus plausible qui explique ce trou de mémoire était que j’étais orphelin et abandonné seul très jeune, à l’âge de 7 ans en 1975 !!! En effet, mes parents ne pouvant pas supporter la dureté de la vie, quelques mois à peine après le départ de Phnom Penh, ils étaient décédés de la famine. Donc, j’ai perdu là des repères importants. Plus de conseils, plus d’éducation émanant de mes parents, laissé seul à l’abandon au sein des autres jeunes dans la même situation que moi, je me souciais très peu de l'endroit où j’étais. Mon principal souci de tous les jours était de trouver de quoi satisfaire ma faim journalière. Et d’ailleurs, vous savez que dans la jungle cambodgienne, il n’y a jamais eu de noms de chemins ou de routes, ni de pancartes qui vous orientent ou indiquent un lieu de résidence quelconque. Comment voulez-vous que je sache où j’étais, hein je vous le demande ? :lol: Donc, je perdais non seulement les repères moraux mais également temporels et physiques, les notions de temps et de l’espace.

C’est sans doute cet ensemble d’états d’esprits qui font en sorte que ma vie pendant ce régime de Pol Pot n’était qu’un mauvais rêve, un très mauvais cauchemar que je suis incapable de reconstituer le puzzle. Je me rappelle des bribes de souvenirs par-ci par-là mais incapable d’avoir une suite logique de ma vie complète de cette époque. C’est triste, n’est-ce pas ? Mais ma vie lors de ce régime rouge était encore des millions de fois plus triste !

Voilà mon témoignage concernant la période de ce régime génocidaire unique au monde dans l'histoire de l'humanité qui était d'exterminer son propre peuple... Même Hitler ne faisait pas mieux !!!


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#18051 View Sereypheap's ProfileView All Posts by SereypheapU2U Member
Haut de page 04/03/2006 @ 20:21 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Comme vous le savez tous, environ trois millions de Cambodgiens ont péri en espace de quatre ans. Certains ont été exécutés, d’autres ont succombé à la famine organisée, aux multiples maladies comme le paludisme, les plaies bénignes qui s’aggravaient et par manque de médicaments qui devenaient ensuite mortelles…Dans ma famille, nous étions dix, mes parents, 6 frères et 2 sœurs. A la fin du régime, nous n’étions que cinq, 4 frères dont je fais partie et 1 sœur. Les décès des membres de ma famille étaient tous dus soit à la famine, soit aux maladies. Ils ont pu en quelque sorte échapper à l’exécution sauvage des Khmers Rouges ! Je vous épargne ici le détail de l’exécution !

Dans l’ordre, ma mère était la première victime de la famine à peine quelques mois après l’exode rural. Mon père ne pouvant pas supporter la perte de ma mère, et la famine aidant, a succombé à mon insu quelques mois après. Suivi de deux de mes frères dont un était mon aîné de 3 ans. Et l’une de mes sœurs, la cadette a été bêtement décédée à la dernière heure du régime de Pol Pot ! En effet, on voyait déjà arriver une troupe de soldats vietnamiens mais ma sœur voulait absolument amener avec elle sa mère adoptive, est retournée la chercher et on ne l’a plus revue depuis ce jour là.

Ainsi comme vous pouvez le constater, je passais mes 4 années dans le régime rouge sans en manquer aucune journée...

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#18052 View Sereypheap's ProfileView All Posts by SereypheapU2U Member
Haut de page 04/03/2006 @ 20:26 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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1978-1979 : ma période transitoire avant le départ du Cambodge

Fin 1978, on s’apercevait nettement que rien n’allait plus ! Les pionniers sont revenus sur leur lieu de départ. C’était à ce moment là que je retrouvais mes deux sœurs qui ont été parties en colonie début 1976. A peine quelques mois après, les soldats vietnamiens sont arrivés à l’endroit où j’étais ! C’était un grand soulagement, enfin, pensais-je, j’allais retrouver ma maison. Les soldats vietnamiens nous ont dit de les suivre tous les trois. Mais ma sœur cadette est retournée retrouver sa mère adoptive et a été présumée décédée à ce moment là !!! Nous étions donc deux, ma grande sœur et moi à rejoindre les soldats vietnamiens. Apparemment, ma sœur innocemment faisait l’objet des convoitises des soldats vietnamiens qui ont accepté de nous amener avec eux en GMC jusqu’à Phnom Penh… Rassurez-vous, ils n’ont rien obtenu d’elle !

Arrivés à Phnom Penh, notre première réaction était de nous rendre immédiatement à notre maison en espérant de retrouver nos grands frères. A Phnom Penh, notre appartement se trouvait devant l’école primaire Santho Mok. Je ne sais pas si quelqu’un connaît cette école primaire, en traversant une rue, on arrivait devant un immeuble d’environ 20 appartements rangés sur 4 étages de 5 appartements chacun. Cet immeuble appartenait à mon oncle, le frère de ma mère, et notre appartement se situait au premier étage.

Une grande déception, mes frères ne s’y trouvaient pas !!! De plus, tout l’immeuble était réaménagé et transformé en une sorte d’hôpital. Impossible donc d’y vivre ! Nous étions amenés à trouver un abri coûte que coûte. A cette époque, Phnom Penh était mis au pillage ! Premier arrivé, premier servi ! Il suffisait d’être le premier dans une maison et celle-ci vous appartenait. Nous avons repéré une grande maison et avons accepté de la partager avec une autre famille d’adulte. Quelques mois plus tard, un de mes frères nous a trouvés au marché portant le nom d’eau trouble (psa teuk lahak). Nous étions sauvés en quelque sorte. En effet, à l’époque ma sœur venait d'atteindre à peine sa majorité et moi à peine adolescent, il nous était très difficile de nous nourrir.

Vers le mois de juin 1979, mon autre frère, l’aîné, ayant appris la chute du régime rouge, est venu nous trouver au Cambodge et nous ramener tous les quatre au Vietnam. En fait, mon grand frère a pu échapper au joug des Khmers Rouges en fuyant en 1975 vers le Vietnam, plus exactement à Saigon. Il y restait avec sa famille pendant 4 ans en attendant l’opportunité de partir en France. Ainsi, bon gré, mal gré, je ne pouvais que suivre la direction de mes frères et sœur vers le Vietnam et nous y restions pendant 1 an. Pendant cette période, j’en avais profité pour commencer mon apprentissage du cours de français. C’était ma première dose du savoir après 4 ans de coupure totale avec le monde de la culture !!!



Edité le 04/03/2006 @ 20:33 par Sereypheap

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Haut de page 04/03/2006 @ 20:27 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Je vous laisse souffler un peu pour ne pas vous ennuyer !:lol: La suite plus tard...

Allez, avant d'aller dormir, une petite anecdote pour vous accompagner dans vos rêves !:lol:

Edité le 04/03/2006 @ 22:42 par Sereypheap

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Haut de page 04/03/2006 @ 22:40 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Notre retour au Cambodge avant le départ aux camps thaïlandais…

Au Vietnam, ma sœur et moi vivions donc sous la tutelle de notre aîné qui prenait en charge également de ma tante qui a pu envoyer ses enfants en France depuis l’époque de Lon Nol. Souvenez-vous, je vous ai parlé de l’immeuble qui se situait à Phnom Penh, et qui appartenait à mon oncle, eh bien, ma tante était son épouse. Ils étaient plus riches que mes parents, c’est pourquoi ils ont pu envoyer tous mes cousins et cousine en France avant 1975. Dans la famille de mon oncle, seul lui-même a été décédé, très tôt apparemment, puisque son épouse s’était enfuie avec mon frère aîné à Saigon en 1975, quelques mois à peine après l’arrivée des Khmers Rouges. Ce sont mes cousins et cousine qui étaient nos correspondants en France.

Début 1980, mon frère aîné, après plusieurs voyages aux frontières entre le Cambodge et le Vietnam, entre le Cambodge et la Thaïlande, à la recherche de mon autre frère, le troisième en partant du plus grand, l’a enfin retrouvé à la frontière thaïlandaise. Il l’a amené également au Vietnam. Ainsi, pour la première fois, les rescapés des membres de ma famille se retrouvaient après le régime rouge. Réunion de famille au grand complet des survivants ! Dix au départ, nous n’étions que cinq après !

Notre vie au Vietnam n’était pas non plus sans histoires. Nous ne pouvions pas circuler librement, à cause de notre clandestinité. Mais au moins, nous mangions à notre faim ! Un peu de liberté tout de même ! Nous nous sommes même offert le luxe de partir à la mer à Yung Tav, la seule et dernière fois que j’ai connu la mer en Asie ! Mais l’attente de partir à l’étranger était long, voire même impossible. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous, mon troisième frère, ma sœur et moi, sommes retournés au Cambodge dans le but de passer à la frontière thaïlandaise afin de gagner les Camps de réfugiés. L’autre raison, c’était que mon grand frère ne pouvait pas subvenir aux besoins de toute la famille !

Ainsi, nous trois étions de retour au Cambodge en 1980. D’ailleurs, nous ne pouvions pas faire autrement, à moins que nous passions par le Laos. En effet, le Vietnam se trouve au sud-est du Cambodge, la Thaïlande se situe au nord-ouest et le Laos au nord-est.


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#18055 View Sereypheap's ProfileView All Posts by SereypheapU2U Member
Haut de page 04/03/2006 @ 22:45 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Une petite carte du Cambodge s'impose pour vous situer un peu...

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#18056 View Sereypheap's ProfileView All Posts by SereypheapU2U Member
Haut de page 05/03/2006 @ 12:59 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Allez, on s'impatiente. J'attends surtout la suite ! :up:
#18120 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
Haut de page 05/03/2006 @ 13:22 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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De Kompong Cham à Khao I Dang

Kompong Cham, c’était la première ville où nous nous étions arrêtés en partant du Vietnam. Très heureux de retrouver ma ville natale où nous nous prenions un peu du bon temps ! Le temps d’apprécier la ville où je suis né et que je n’avais pas le temps de connaître. Là, une rencontre impromptue, une très heureuse rencontre d’ailleurs. En effet, par hasard, au marché de Kompong Cham, nous avions retrouvé notre grand-mère paternelle qui menait une existence au bord du gouffre ! Certes, elle était abandonnée seule sans enfants, ni petits enfants ! Il lui restait en sa position seulement quelques grammes de bijoux. Donc, pour elle, c’était une chance inestimable, une chance de sa vie, un second souffle après le régime rouge ! Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le régime rouge lui était plus profitable à ce moment là que la situation où nous l’avons retrouvée !

Le voyage jusqu’à la frontière thaïlandaise n’était pas de tout repos ! Au contraire, l’entreprise de passer la frontière rapidement devenait finalement un périple très contraignant ! Eh oui, désormais notre grand-mère nous rejoignait, devait participer ainsi aux courses poursuites nocturnes afin de joindre le camp de réfugié, le fameux camp que certains d’entre vous ont connu ou ont entendu vos parents vous conter, celui connu sous le nom de Khao I Dang. Nous ne pouvions traverser la frontière que la nuit pour échapper aux bandits, mais également aux Khmers rouges ! En effet, en 1980, ils se trouvaient encore aux frontières du Cambodge ! Donc, afin que le voyage puisse se dérouler sans trop de problème, mon grand frère avait payé un passeur et un porteur, celui qui s’occupait de ma grand-mère.

Nous attendions le coucher de soleil afin d’entreprendre le passage à la frontière. Je me souvenais d’attendre la nuit au clair de lune, l’ordre du passeur de donner le feu vert de courir pour échapper à je ne savais qui ni quoi, mais je me souvenais d’avoir couru derrière mon grand-frère en ne pensant à rien mais à courir jusqu’à nouvel ordre de nous arrêter ! C’était très impressionnant, la nuit dans la jungle cambodgienne et surtout l’attente groupée sous des arbres où nous faisions le moindre bruit possible, nous n’entendions que nos propres respirations, de peur d’être entendus, où nous ne dormions que d’un seul œil, l’autre surveillait !!! Bref, nous étions sur le qui-vive en permanence toute la nuit, prêts à courir et à nous cacher selon l’ordre du passeur. Une petite récompense de ce périple dans cette jungle, c’était l’atmosphère un peu humide et venteuse de la nuit très agréable, bref des brises fraîches par intermittence, pas comme celle en France pendant la canicule où il faisait lourd sans vent ni fraîcheur !

Il faut dire que la traversée de la frontière se faisait avec plusieurs passeurs, car d’autres personnes ont également payé d’autres passeurs qui travaillaient ensemble, et qui nous faisaient ainsi passer par plusieurs groupes d’une quinzaine de personnes. A l’approche de la destination, nous attendions dans la forêt l’aube avant de faire une dernière et ultime course en direction du camp avec beaucoup d’émotions et surtout de la joie lorsqu’à l’horizon, émergeaient des rangées et des rangées de paillotes qui dessinaient ainsi le paysage du camp Khao I Dang…


Edité le 05/03/2006 @ 13:23 par Sereypheap

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#18131 View Sereypheap's ProfileView All Posts by SereypheapU2U Member
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Re : Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Vicheya a écrit



Allez, on s'impatiente. J'attends surtout la suite ! :up:


Mais il faut d'abord que les autres soient au même niveau !:lol: Mais en attendant, il faut que tu relise car certains passages ont été revus et corrigés et surtout certaines anecdotes ont été incrustées...

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Haut de page 05/03/2006 @ 13:28 Bas de page
Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Et si tu nous mettais des ptites photos de toi jeunot pour agrémenter ton histoire ? :lol:

Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rame
Et qui peut quitter son ami
Sans verser une larme ?

Ne me parlez pas de politique !
#18135 View Creamy+Sopheap's ProfileView All Posts by Creamy+SopheapU2U Member
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Re : Re : Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Sereypheap a écrit

Vicheya a écrit



Allez, on s'impatiente. J'attends surtout la suite ! :up:


Mais il faut d'abord que les autres soient au même niveau !:lol: Mais en attendant, il faut que tu relise car certains passages ont été revus et corrigés et surtout certaines anecdotes ont été incrustées...


Ok, je vais relire ! :lol:
#18136 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Re : Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Creamy Sopheap a écrit

Et si tu nous mettais des ptites photos de toi jeunot pour agrémenter ton histoire ? :lol:


Et des petites photos actuelles. D'apres Om Ly, il serait mignon ce Sereypheap ! :lol:

J'attends de voir pour juger ! :up:
#18137 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Des journées au camp Khao I Dang

Une journée au sein d’un camp est rythmée par quelle activité, à votre avis ? Puisque les réfugiés sont nourris, logés et payés à ne rien faire ! Quel bonheur, me direz-vous ! En fait, je plaisantais. Cependant, je n’ai pas complètement tort. Il y avait ceux en effet qui passaient leur temps à se couler douce, si je puis me permettre de m’exprimer ainsi, et ils pouvaient se le permettre étant donné que nous ne risquions pas de mourir de faim. Certes, il y avait un organisme, U.N.H.C.R., je ne m’en rappelle plus très bien, qui distribuaient les rations hebdomadaires à tous les réfugiés inscrits et reconnus par lui-même. Ma famille et moi faisions partie de ces bénéficiaires. Quelle aubaine ! Eh oui, comme toute ration, il y a toujours des restrictions. C’était juste des minima sociaux ! De quoi se nourrir correctement, à savoir du riz, des poissons salés (on appelait cela trey plathou pray) et des conserves de poissons. Mais alors à tous les repas et à toutes les sauces, matin, midi et soir !

Alors vous comprenez bien pourquoi si on voulait varier un peu, disons, nos assiettes, il fallait bien faire autre chose en complément ! Et c’était cela que les activités des réfugiés se diversifiaient ! Entre ceux qui profitaient de leur temps à jouer aux cartes, à gagner leur train-train de vie grâce aux jeux, toutes sortes de jeux, kla-klok, apong (jeux de dé cambodgien) et ce sans faire de distinction entre adultes et enfants en mesure de jouer, et d’autres qui essayaient d’avoir des activités correctes, comme faire des petites commerces pour des adultes, et faire des études pour des enfants, sauf que pour ces derniers, ils ne risquaient pas de gagner d’argents mais ils étaient sûrs de ne pas en perdre non plus !

Je faisais partie de ces derniers, de ces enfants qui passaient leur temps à faire des « études ». C’est un peu un grand mot « les études ». En fait, cela résumait à suivre des cours de français et/ou d’anglais selon nos tempéraments, surtout cela dépendait de notre destination que l’on souhaiter s’orienter. Et des cours, il y en avait partout et de toute sorte, des cours gratuits organisés gracieusement par l’organisme qui s’occupait des réfugiés lui-même, mais également des cours privés et qui dit privé dit payant ! Alors comment un réfugié qui ne gagnait rien à part quelques bats fournis par l’U.N.H.C.R. pouvait se permettre du luxe de payer un cours privé ? A l’époque, c’était très en vogue de suivre les cours d’anglais d’un certain professeur très renommé et très connu, un nommé Som Vichet ! Les trois tomes, Book one, Book two et Book three étaient justement les trois livres les plus étudiés de la vie d’un réfugié du camp Khao I Dang. Si vous maîtrisiez les trois tomes, vous auriez gagné le respect des autres ! Chaque tome était comme un grade. En général, lorsque vous maîtrisiez les trois tomes, vous deveniez vous-même un professeur d’anglais ! Evidemment, le prix d’une séance d’un cours d’anglais dépendait de la notoriété du professeur en question. Plus vous étiez connus et soutenu de/par S.V.(Som Vichet), plus vous pourriez prétendre à des prix élevés ! Ainsi, le deuxième professeur le mieux payé par cours donné était une femme. Elle était l’une des élèves de S.V. et était en étroite collaboration avec l’U.N.H.C.R.

Ainsi, j’ai décidé de suivre des cours d’anglais de ces deux professeurs : Som Vichet et son élève, et ce à la longueur de la journée ! Sauf, pendant les heures de corvées que je devais envers mon frère, mon tuteur, c’étaient des corvées d’eau !!! Tous les jours, il fallait remplir notre « bassin d’eau » ! Eh oui, vous imaginez bien, il n’y avait pas de robinets qui arrivaient jusqu’à notre paillote ! Alors comment financer les cours d’anglais alors que moi étant enfant qui ne travaillait pas et qui essayait de suivre les cours d’anglais à la longueur de la journée ? Et de surcroît, je ne faisais pas partie des nouveaux riches ! Eh bien, je ne payais tout simplement pas mes cours. Je suivais tous mes cours d’anglais à l’extérieur, à travers des fenêtres ! Ceux qui suivaient des cours dehors étaient qualifiés de « outsiders » ! Som Vichet et cette dame, son élève la plus prestigieuse de tous les élèves de S.V. que j’aimais bien, plus que S.V. lui-même, surtout son accent d’anglais, avaient la gentillesse et la générosité de laisser les fenêtres de leurs paillotes ouvertes pour permettre à des gens comme moi la possibilité de faire ses « études »… Et cela, je ne les oublierais jamais…
C’était ainsi que se déroulaient mes journées dans ce camp Khao I Dang, entre les corvées d’eau et les cours d’anglais que je suivais de l’extérieur des fenêtres. Et ce pendant un an, tous les jours qui se levaient se ressemblaient comme des goûtes d’eau…

Ah j'ai oublié des loisirs, il y en avait tout de même. Tous les mois, je crois, il y avait des projections des films en plein air !!! Des films en anglais pour la plupart mais qui étaient traduits en live par justement Som Vichet lui-même et de temps en temps par son élève, la seconde renommée…


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Re : La biographie de Sereypheap Reply With Quote
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Voici mon autre activité que je qualifierai d'extrascolaire et familiale !

Au camp, malgré les aides sous forme de nourritures distribuées à chaque famille ayant droit, on mangeait à sa faim, cela était vrai, mais on ne pouvait pas s'en contenter car sinon on mangerait des poissons tous les jours et ce pendant des mois. Alors il fallait qu'on se débrouille soi-même pour varier ses plats ! Et donc, étant orphelin vivant avec un de mes frères, je devais l'aider à trouver de l'argent. Mon activité consistait à acheter à un grossiste quelque chose et à le revendre plus cher tout de suite.

Un jour, je partais avec 20 bats (la monnaie thaïlandaise) dans le but de ramener au moins 30 bats à la maison ! :lol: Mais malheureusement, le grossiste en question n'était pas venu ce jour là mais à côté régnait une ambiance de jeux comme on peut trouver au parc de Miribel ! Alors d'abord, j'ai commencé à observer le jeu de kla klok , et j'ai vu que c'était tellement facile de gagner, alors pourquoi s'en priver ? Ainsi, j'ai commencé à jouer. D'abord, j'ai essayé la moitié que je possédais et ai perdu. J'ai recommencé 5 bats supplémentaires et ai encore perdu. Je commençais à paniquer, car l'argent n'était pas à moi ! Alors, il fallait que je récupère au moins ce que j'ai perdu si je ne pouvais en gagner. J'ai failli entamer mes derniers 5 bats quand une main effleurait mon épaule. J'ai tourné la tête, une femme m'a souri gentiment et m'as fait signe de la suivre... Et avec ses conseils, j'ai pu garder les derniers bats qui me restaient. Voilà, depuis cette date, je n'ai jamais rejoué à aucun jeu avec de l'argent sauf avec ma famille pendant les jours de rencontre...


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Un jour, je suis passé à la bibliothèque de ma commune et j'ai trouvé un livre intitulé Cambodge, Le sourire bâilloné de Ly Heng et Françoise DEMEURE où ils ont raconté la vie des réfugiés dans le camp Khao I Dang et où j'ai pu trouver une carte qui vous permet de situer ce camp, le voici :
khaoidang.jpg

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Et pour vous permettre de concrétiser un peu la vie des réfugiés de ce camp, une autre photo montre assez bien l'ensemble de paysage de ce camp, le voici :

paysagekid.jpg

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Une autre photo :

enfantkid.jpg

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Je vous cite ici un passage du livre (Cambodge, Le sourire bâillonné de Ly Heng et Françoise DEMEUIRE) qui montre bien les libertés surveillées et réservées aux réfugiés du camp :

« Dans la journée, on tentait de se procurer l’indispensable grâce à un petit commerce, clandestin lui-aussi, qui avait pu s’organiser en soudoyant quelques militaires : ceux-ci fermaient les yeux pour laisser faire quelques achats et échanges à travers la barrière, entre les commerçants thaï du village le plus proche, et les réfugiés de l’intérieur du camp. On pouvait ainsi obtenir savon, épices, bananes, poisson sec, etc. On se revendait ensuite entre soi ces marchandises, mais attention ! si par malheur on se faisait surprendre, la répression était féroce. Ly se souvient de cette jeune femme qui faisait sauter des bananes dans l’huile, afin de les revendre. Malgré le guet, elle fut surprise par les militaires qui n’hésitèrent pas à verser sur sa tête sa marmite d’huile bouillante : l’horreur atteignait son comble…

Et que dire de cette autre vision qui reste douloureusement gravée dans les yeux de Ly ?

Un jeune garçon khmer d’environ douze ans se trouve à cinquante mètres environ à l’extérieur des barbelés. C’est le matin. Le garçon est seul, sans doute n’a-t-il plus de parents. Plus de famille. D’où vient-il ? Il cherche à entrer dans le camp. Il lève ses deux bras et approche doucement. De l’intérieur des barbelés, Ly le voit et le regarde. Ils sont à cent mètres de distance seulement. Ly voudrait courir vers lui, lui prendre la main et lui dire : « Viens ! Viens avec moi ! » Mais il y a des barbelés, les deux rangées de barbelés…Le petit garçon avance. Dans les tours de garde, les militaires thaï pointent leurs fusils vers lui. Mais lui tient ses deux bras bien haut et ses deux mains ouvertes, il n’a rien, il est dépossédé de tout, il demande seulement à vivre, rien que cela : entrer dans le camp ! Vivre ! Malgré les fusils pointés vers lui, il continue d’avancer, bras tendus et mains ouvertes…

Ly regarde :une salve déchire l’espace. Ce n’est pas possible ! Le petit garçon vient de tomber à terre, touché en pleine poitrine. Ses bras étaient levés : il ne demandait qu’à vivre ! Il avait douze ans ! » (Sic)

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Voilà comment se passait une journée au camp de Chun Bory pour le petit Sereypheap !

Sin Si Samoth, sa voix, l'air de presque de toutes ses musiques marquait à vie son empreinte dans mon esprit ! En effet, je connais, je devrais dire, je connaissais presque toutes les chansons de Sin Sisamout ! Ou plutôt, je l'entendais chanter à la longueur de la journée, et ce tous les jours à une époque. Un de mes frères était et est encore fan de Sin Sisamout, et comme j'étais avec lui depuis tout petit, enfin depuis l'enfance jusqu'à l'adolescence, ses chansons me berçaient, parfois m'agaçaient ! :lol: Parfois, je devrais mettre des boules quies dans les oreilles pour que je puisse apprendre correctement mes leçons ! :lol: Alors les airs de musiques me sont naturellement familiers...

Cela a commencé depuis qu'on était au camp de Chun Bory, le deuxième camp de transit, l'avant dernier camp avant le départ vers le "troisième monde" ou le "troisième pays". A ce propos, vous savez pourquoi on appelait ainsi le futur pays d'accueil ?

Bref, revenons à mon histoire. Et donc, cela commençait depuis ce camp. A l'époque, mon frère, mon tuteur était directeur de l'école élémentaire de ce camp. Vous savez les privilèges qu'un directeur ait à cette époque ? Eh bien, on ne manquait de rien en ce qui concerne les cahiers, les crayons, les craies. Enfin, quand je dis on, c'est plutôt moi :lol: , car il n'y a que moi qui m'en servais ! Et c'était le bonheur, vous ne savez pas à quel point ! J'avais soif de savoir, de remplir mes cellules grises dormant depuis trop longtemps ! Alors je me suis mis à copier un dictionnaire franco-khmer ! C'était l'une de mes activités journalières dans ce camp. Je ne sais pas pourquoi je faisais cela, mais surement par passion ou par "vengeance", non une vengeance envers quelqu'un, mais vers moi-même, ou plutôt envers mon ignorance, ou encore envers le retard considérable que j'ai pris, 4 ans + les deux encore que je trainais à passer d'un pays à l'autre sans avoir accès aux connaissances, à la culture tout simplement...

Voilà parmi les privilèges, on avait aussi droit à l'électricité à volonté ! Eh oui, puisque l'école élémentaire était en quelque sorte l'école de mon frère ! Il avait le passe-partout de toute l'école ! Alors comme on avait un magnétophone, et comme un garçon sérieux comme il faut que j'étais :lol:, je ne m'éloignais jamais de mon frère, je le suivais comme une ombre qui suit son propriétaire ! Et lui, il était passionné de Sin Samoth, alors il passait des soirées, des week-ends à écouter des musiques traditionnelles khmères. Et il n'y avait pas que Sin Si Samoth, il y avait aussi des chanteuses très célèbres, Rours Serey Sothea, Penn Ron, Huy Meas etc, toutes y passait et moi, j'y étais baigné, bercé, dorloté au milieu de ces personnages que je n'ai jamais vus de près ou de loin. Seules leurs voix resteraient gravées à jamais dans mon esprit ! Cela devait expliquer pourquoi de nos jours, petit-à-petit, je me remettais progressivement à me brancher à nos musiques traditionnnelles et en deviens moi-même un aficionado...



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La prochaine fois, ce sera la suite pour ceux qui me connaissent !:lol:

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Sereypheap vous venez de poster qques choses que j'évite d'y penser.
Je vais lire quand même votre vie dans ces camps .Même si ça me fera trop de douleurs!
je vais prendre mon temps . Une seule choses : je ne sais pas si j'arrive à dire qques choses.
PS: de juillet 79 à 01/01/80 : camp 007
02/01/80 à mars 80 Khao I dang
avril 80 buriram
juin 80 herblay (france)


Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
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Seun nmott a écrit

Sereypheap vous venez de poster qques choses que j'évite d'y penser.
Je vais lire quand même votre vie dans ces camps .Même si ça me fera trop de douleurs!
je vais prendre mon temps . Une seule choses : je ne sais pas si j'arrive à dire qques choses.
PS: de juillet 79 à 01/01/80 : camp 007



Ce camp 077 me dit quelque chose !

Seun nmott a écrit


juin 80 herblay (france)
...



Herblay dans le Val d'Oise ?:lol:

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