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Auteur mon année au Cambodge   ( Réponses 45 | Lectures 13319 )
Haut de page 07/01/2006 @ 14:27 Bas de page
mon année au Cambodge Reply With Quote
Déconnecté(e) Vicheya
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Salut tout le monde !

A la demande de Ratha, je vais vous raconter mon experience au Cambodge. Mais c'est tellement long que je ne sais pas si ca va tenir dedans !!! :whaou:



A la fin de ma maîtrise de Français Langue Etrangère, j’ai été sélectionnée par mon université et par le Ministère des Affaires Etrangères pour faire un stage long de 9 mois (du 1er septembre 2004 au 31 mai 2005) au Cambodge.
Ce ne fut pas le hasard qui m’emmena au Cambodge - c’était d’ailleurs mon seul et unique choix - , mais une passion pour ce pays, ce peuple et cette culture qui me tient depuis l’âge de 14 ans.
D’ailleurs, c’était pour moi le deuxième séjour au Cambodge puisque j’y avais déjà fait un stage de 6 semaines au lycée Preah Sisowath de Phnom Penh.
J’ai donc été affectée au projet CAMB002 de la Mission de Coopération Militaire et de Défense, sous les ordres du Lieutenant-Colonel F. Avec un autre stagiaire, j’ai enseigné le français à l’ensemble des cadets et aux cadres de l’Ecole des Officiers d’Active de thmat paung, dans la province de Kompong Speu, à une quarantaine de kilomètres de Phnom Penh.


Ma vie à la M.C.M.D. "mission de cooperation militaire et de défense"et à Phnom Penh

La M.C.M.D. se trouve à Phnom Penh, rue 112, au Nord-Ouest de la ville, à l’intersection du boulevard Mao-Tsé-Toung et du boulevard de la Confédération de Russie.
C’est une rue sans issue avec deux gardiens à l’entrée. Dès que l’on franchit la barrière, nous ne sommes plus au Cambodge, mais dans une jolie rue française bordée de cocotiers et de belles villas. Mais je dois avouer, pour moi qui avais vécu au Cambodge lors de mon premier séjour totalement au milieu des Khmers, que la première soirée passée dans cette rue me pinça le cœur. La rue 112 s’est vidée dès la tombée de la nuit, vers 18H30. Ce n’était pas le Cambodge que j’avais connu, un pays vivant, avec des trottoirs encombrés de petits vendeurs, des rues grouillantes de monde jusqu’à 10 heures du soir, mais un petit bout de France au milieu du Cambodge.
Nous habitons dans des studios équipés, au deuxième étage du bâtiment du D.C.M. Ils sont équipés de 2 pièces meublées, d’une salle de bain, d’un réfrigérateur, d’un micro-ondes et de la climatisation. Ils sont agréables. Nous avons aussi une terrasse équipée d’une cuisine en plein air. Il n’y a rien à redire, c’est parfait. Le seul point négatif est la femme de ménage qui « fait partie de la location du studio » (32 dollars pour la location du studio et 30 dollars pour la femme de ménage par mois) et qui a besoin d’être recadrée régulièrement.
Au premier étage du bâtiment se trouvent les bureaux des coopérants, une salle de cours et une salle des professeurs bien équipée en matériels pédagogiques, pas toujours récents, mais corrects.

Tous les matins, du lundi au vendredi, nous partons pour thmat paung à 7H30 (ou à 6H00 le vendredi, jour des couleurs à thmat paung) en 4X4 avec les militaires français de CAMB 002. Le trajet dure environ 50 minutes quand la circulation est fluide. Nous revenons en début d’après-midi, vers 13H15.

Lors de mes déplacements personnels, j’utilise toujours les moto-dop. La circulation au Cambodge ne répondant à aucun code de la route connu, j’ai toujours préféré faire confiance aux gens du pays qui y sont habitués. En effet, rares sont les véhicules qui s’arrêtent aux croisements et aux stops. A croire que s’arrêter est un crime ! La notion de priorité est un mélange complexe de balistique, de bluff, de peur d’abîmer son véhicule et des conséquences si on cabosse celui de l’autre. La circulation au Cambodge est un réel problème qu’il ne faut pas prendre à la légère. On voit des accidents, plus ou moins graves, partout et tout le temps. Pendant mes 9 mois de stage à thmat paung, il y a eu trois accidents de la route concernant des personnes de l’école. Le premier a tué un cadre de l’école que nous avions en cours. Une semaine plus tard, ce fut le tour de mon élève, le major de la 8ème promotion, qui s’est fait renverser par une voiture. Après un mois de coma dans un état très grave, il s’est réveillé. Actuellement, 5 mois après, il se bat toujours pour récupérer toutes ses facultés motrices avec beaucoup de volonté et souhaite retourner à thmat paung. Le troisième fut aussi un cadre. Ce ne fut pas très grave, mais il garda tout de même des hématomes sur le visage pendant plus d’un mois.
Le port du casque est vivement conseillé. La vie d’une personne ne vaut rien pour les conducteurs de gros 4X4 et les soins dans les hôpitaux restent précaires, même à Calmette.
Une course en moto-dop coûte environ 1500 riel pour 4 ou 5 kilomètres, soit de la M.C.M.D. au Marché Central (le Psar Thmey) ou à la grande poste. J’ai toujours négocié avec fermeté car ils adorent nous faire des prix barang , quitte à leur lâcher 500 riel de plus, à la fin, de ma propre volonté. J’ai toujours négocié en khmer. Je me refusais à parler l’anglais, langue qui n’est pas la mienne et qui n’est pas la leur. De plus, parler ou « baragouiner » khmer avec eux me donnait l’avantage d’avoir de meilleurs prix et de me faire « adopter ». Quelques fois les moto-dop du quartier qui me connaissait bien m’ont aidé à négocier des prix, quand j’achetais quelque chose dans la rue, en me faisant une grimace quand c’était trop cher. L’un d'eux m’a fait visiter les alentours de Phnom Penh (le village de la soie, Oudong, le zoo de Phnom Tamao et des temples de la région de Kandal) en se transformant en un vrai guide touristique. A chaque fois que je sortais de la rue en moto ou en voiture, ceux qui attendaient n’ont jamais manqué de me sourire ou de me faire signe bonjour de la main.

Tout au long de mon stage, j’avoue avoir été plus en contact avec les Khmers qu’avec les Français, même avec mes collègues. Peut être parce que je ne voulais pas voir le Cambodge d’un point de vue touristique, mais en me rapprochant au maximum du peuple. Je connaissais déjà le Cambodge et la langue suffisamment pour ne pas me perdre et je n’avais aucune crainte à m’aventurer seule, même en province. J’avais aussi trois amis khmers et l’O.N.G. qui m’ont beaucoup sortis (Angkor Vat, Takéo, Kompong Speu et à Phnom Penh).
L’autre raison, certainement la plus importante, était que je voyais le Cambodge avec d’autres yeux que ceux de mes collègues. Pour eux, qui étaient plus jeunes que moi, c’était la liberté dans un pays qui incitent aux sorties (des cafés branchés, des restaurants occidentaux, des discothèques à des prix défiants toute concurrence). Ils n’ont jamais été dérangés par le fait de manger dans des restaurants remplis d’occidentaux au bord du fleuve, avec des gamins venant mendier ou travailler à des heures où ils devraient dormir, voir des jeunes avec des étrangers louches. Je n’étais pas à mon aise dans ces lieux. Pour comprendre, il faut savoir que j’allais souvent aider l’O.N.G. pour des courriers en français. J’ai rencontré un jeune de 17 ans, venir demander de l’aide à l’O.N.G. car il était séropositif, des enfants victimes de pédophiles ou prostitués, d’autres qui arrivaient tout maigres et sans cheveux car la colle qu’ils snifaient les faisaient tomber. Très souvent, j’ai lu des rapports de police sur les témoignages des victimes des pédophiles. J’avais du mal à passer de ce côté du Cambodge à un autre où tout était dollars et lumières. Fréquentez les quais Sisowath n’était pas une détente pour moi, mais une réalité qui me frappait en pleine figure. C’est pour cette raison que j’ai toujours préféré fréquenter des endroits moins clinquants et surtout moins touristiques, ce qui ne m’a pas empêché de m’amuser et de découvrir plein de choses.

Mes impressions

Pendant mes séjours au Cambodge, j’y ai découvert un peuple désorienté par son héritage historique et un pays partagé entre pauvreté et richesse et une communauté occidentale pas toujours à la hauteur de mes espérances.

Tout d’abord, j’ai trouvé ce peuple désorienté par son histoire. Une histoire qui leur a offert le meilleur, l’époque angkorienne, dont ils sont encore si fiers, mais aussi le pire, l’époque khmère rouge.
Les Cambodgiens ont été traumatisés par le régime de Pol Pot. Ça se voit, se ressent tous les jours. Comme me l’avait dit un Lieutenant cambodgien « Nous rions toujours, mais nos cœurs sont brisés ». Nombre de Cambodgiens, de plus de trente ans, souffrent de stress post-traumatique. La société a perdu ses repères culturels et moraux. Les problèmes sociaux sont nombreux : femmes battues, incestes, esclavage (livre de MAM Somaly) etc…
De plus, le régime actuel, une dictature corrompue jusqu’à la moelle ne leur donne pas la possibilité de remonter leur niveau de vie et le peuple reste dans la misère et la soumission. Très souvent, l’époque angkorienne reste leur seule fierté, mais cette grandeur passé n’est plus qu’un rêve si lointain …


De plus, la société creuse un fossé de plus en plus profond entre les pauvres et les riches.
Le Cambodge est un des pays les plus pauvres, avec des enfants dans les rues, des mendiants, aucun système scolaire ou sanitaire digne de ce nom. Un moto-dop à Phnom Penh ne gagnera pas plus de 30 ou 40 dollars par mois, une couturière en usine en gagnera 30 et un laveur de voiture 20. Pourtant l’argent est là. Il suffit de se rendre au « Psar Thmey » (le marché central) pour voir les liasses de 10.000 riel (= 2,5 dollars) circuler. 90% de l’économie cambodgienne est souterraine.
Le Cambodge n’est pas un pays démuni de ressources. Les terres y sont fertiles bien quelles subissent les caprices de la nature comme partout, on y exploite aussi l’hévéa (caoutchouc), les pierres précieuses et le bois.
Il n’y a pas de famine au Cambodge, mais le peuple n’a pas acces à la santé et à l’éducation. Les accidents de la route sont très nombreux et l’ambulance ne vous ramassera - dit-on- qu’à la condition que vous ayez 5.000 riel dans votre poche. A l’hôpital, tout est payant (pas de sécurité sociale et encore moins de mutuelle) et c’est à la famille du malade de venir lui apporter à manger et de le nettoyer.
L’éducation n’est pas mieux lotie. Les professeurs étant sous-payés, les élèves donnent chaque semaine de l’argent à leurs professeurs. La scolarité revient ainsi à une dizaine de dollars par mois pour un enfant. Quand on sait qu’à la campagne, une femme qui accouche n’a souvent pas l’argent pour enregistrer son enfant sur les registres d’Etat (le prix de l’enregistrement est de 2,50dollars), comment pourra-t-elle l’envoyer à l’école ?
Certains achète aussi les professeurs ou les sujets d’examens pour augmenter leurs chances de réussite scolaire ! Si malgré tout, ils échouent à un examen de fin d’année, il est toujours possible d’acheter la place d’un autre, qui, lui, aura réussi sans tricher mais n’aura pas assez d’argent pour continuer ses études !

Parallèlement à cette pauvreté, les seules voitures circulant à Phnom Penh, sont des Toyota Camry, des pick-up rutilants, des 4X4 noirs flamboyants, des Lexus, etc… Une Lexus coûte environ 100.000 dollars. A ce tarif là, il faudra à un petit laveur de voiture (qui lui gagne 20 dollars par mois) travailler 400 ans sans boire ni manger pour s’en offrir une, soit les 7 vies qui lui sont promises par le cycle des réincarnations bouddhiques. Tout espoir n’est pas perdu !!!
Les marchés sont remplis, il ne manque rien sur les étalages. On peux tout trouver à condition d’y mettre le prix. Une dizaine de magasins occidentaux sont dispersés dans la capitale, vendant des produits américains, français ou japonais aux étrangers et aux riches Cambodgiens. Le magasin le plus surprenant est certainement le « Psar Surya », grande surface à 5 étages dans laquelle on trouve un supermarché, des boutiques de vêtements occidentaux, de HI-Fi à la pointe de la modernité, de parfumerie, des fast-food et même un cinéma ! Ce marché se rempli tous les vendredi et samedi soirs de jeunes issus de la bourgeoisie de Phnom penh. La consommation, la modernité, avoir de belles choses occidentales sont devenues les modèles de la jeunesse cambodgienne. Il suffit de regarder un instant la télévision cambodgienne pour voir des publicités de savons, shampooing dont le prix d’achat correspond à deux journées de travail d’un ouvrier. Imaginez que vous voyez à la télévision française, des publicités pour une bouteille de shampooing à 100 Euro !!! Les karaokés, le loisir préféré de tous les Cambodgiens, idéalisent aussi un modèle de consommation, de richesse, de réussite, avec une belle maison, une grosse voiture, etc …
C’est d’ailleurs dans ce pays où j’ai vu les premiers téléphones portables qui prenaient des photos, ou alors des télévisions dans les voitures !

J’ai souvent eu l’impression que tout était arrivé trop vite dans ce pays. Il faut savoir qu’en 1980, le pays s’était retrouvé à l’époque moyenâgeuse. L’élite du pays avait été tuée par les Khmers Rouges et ceux qui ont survécus, se sont échappés pour la plupart vers les camps en Thailande. Imaginez un pays sans médecins, professeurs, instituteurs, avocats, policiers, des villes inoccupées durant 4 ans, des infrastructures détruites, plus de commerce, plus d‘argent. Il a fallu tout refaire depuis zéro avec les moyens du bord.
En 1980, quelques personnes possédaient un vélo, puis ça s’est généralisé. Dix ans plus tard, ce fut le tour des motos d’arriver dans les rues de Phnom Penh. Et en 2000, ce fut les gros 4X4. Le problème, c’est que la manière de circuler est restée la même depuis l’époque des vélos. On roule à contresens, on passe aux feux rouges, on fait de la vitesse. Le code de la route n’est pas appliqué. Mais un accident de vélos ne donne pas le même effet qu’un accident de voitures, surtout quand celle-ci rentre dans un vélo !
Un autre exemple, là où je travaillais, la coopération française apportait une aide matérielle à l’École de thmat paung. Ils ont équipé, entre autre, une grande salle avec une quarantaine d’ordinateur modernes. C’est très bien. Merci la France. Mais le ridicule, c’est quand on sait qu’il n’y a de l’électricité dans cette école seulement le matin. Ils ne font pas fonctionner le générateur l’après-midi pour faire des économies ! Le pire est encore de savoir que les cadets reçoivent une nourriture pitoyable. Mais voilà, c’est l’accord : le Cambodge financent les besoins de base : nourriture, électricité et la France finance les besoins pédagogiques. Mais comment former de bons soldats s’ils ont faim ?
Ceci est un exemple que j’ai vu de prêt, mais hélas beaucoup de choses au Cambodge fonctionnent ainsi. J’ai souvent eu l’impression que l’on avait construit un haut building magnifique sur des fondations de sable. Et après, on s’étonnera que ça se fissure de partout !!!



Dans ce pays en perte de repères, la communauté occidentale m’a souvent déçue.
Certains disaient ne pas aimer les Cambodgiens. Pourquoi ? Par manque de connaissances. Ils ne connaissaient pas le peuple cambodgiens, mais seulement des gens avec qui ils étaient en affaires : des riches vendeurs chinois, des mafiosi. Comment peut-on se faire une opinion d’un peuple en ne fréquentant que des gens en marge de la société.

Un jour, on me raconte qu’un «Barang » installé au Cambodge avait renversé un Cambodgien en moto avec sa voiture pendant la nuit. Ayant supposé qu’il l’avait tué, il a pris la fuite. Il ne voulait « pas payer pour ce con qui s’était jeté sur son capot ». Pour moi, c’est intolérable que des Occidentaux, venant de pays développé, qui a reçu une éducation civique, se comportent comme le pire des mafiosi cambodgiens.

Un autre exemple qui m’a touché de plus près montre bien la réaction de certains « Barang ». Un de mes élèves s’était fait renversé par un camion. Il est resté dans le coma pendant un mois. A son réveil, je suis allée lui rendre visite avec un Français. A l’hôpital, il y avait une partie de la famille du malade. A un moment, le père nous a demandé en anglais de l’aide. J’avais compris qu’il sollicitait notre aide en demandant des nouvelles aux médecins. Pour moi, c’était pas trop compréhensible. J’ai demandé à ce Français s’il avait compris et il m’a répondu que non en détournant la tête. En sortant de l’hôpital, il m’a dit que sitôt qu’il avait compris qu’on lui demandais de l’aide, il avait détourné la tête pour ne pas comprendre. Ça m’a blessé car même si ce monsieur nous avait demandé de l’argent pour son fils entre le vie et la mort, ça ne nous aurait pas ruiné.
J’ai compris par la suite, en discutant plus avec ce monsieur et d’autres Khmers, que les médecins donnaient plus de renseignements et gratuitement, si c’était moi, en tant qu’occidentale, qui les questionnais !

Certaines de mes illusions sont tombées. Je pensais que lorsque l’on partait pour travailler dans un pays pauvre, c’était avant tout pour aider le peuple, apporter nos inventions, mais aussi notre éducation, notre respect, etc…

Heureusement, d’autres Occidentaux étaient différents et s’investissaient dans les ONG pour aider le Cambodge. Certains venus au Cambodge en mission ou suivant leur mari ou leur femme dans ce pays, profitaient de leur temps libre pour travailler bénévolement. C’était le cas de mon chef qui donnait des cours de français avec sa femme dans une ONG, d’une autre femme qui s’occupait d’enfants séropositifs ou encore d’un orthophoniste qui est venu gratuitement faire quelques séances de travail avec mon élève qui était resté dans le coma.



Présentation de l’Ecole des Officiers d’Active de thmat paung.

L’école de thmat paung se trouve à une quarantaine de kilomètres au Nord-Ouest de Phnom Penh.
L’école forme les futurs officiers des FARK. La formation des cadets a 3 objectifs majeurs : transformer ces jeunes Cambodgiens en des instructeurs aptes à enseigner leur savoir-faire et leur savoir-être ; former des chefs militaires compétents, capables de réfléchir vite devant une situation tactique et de la résoudre de façon méthodique en donnant des ordres brefs et précis ; donner aux FARK des cadres compétents pour redonner des capacités aux forces en pleine restructuration.
Depuis 1996, l’école travaille en collaboration avec des conseillers français de la Mission de Coopération Militaire et de Défense. A ce jour, ils sont au nombre de trois : le Lieutenant-Colonel F qui travaille directement avec le Directeur de l’école, le Général OUK Sary et le conseille sur l’organisation générale de l’école ; le Lieutenant-Colonel L-E qui travaille avec le Centre de Formation des Commandants de Bataillon afin de renouveler le programme des cours de recyclage des commandants, s’occupe des cours de perfectionnement des officiers et conseille l’Instruction Spécialisée ; le Capitaine D conseille également l’Instruction Spécialisée sur les programmes d’enseignement dispensés aux cadets, Il est également responsable du matériel à fournir aux cadets, ainsi que de la bibliothèque de français. Les deux professeurs de FLE, qui étaient des appelés du contingent avant 2002, sont également payés par la France.



La politique linguistique de l’école.

Comme nous l’avons déjà dit, le Cambodge, ancien pays francophone, a subi une forte influence anglophone durant ces dernières années. Dans la rue, tout le monde parle anglais, pas un bon anglais, mais tout du moins avec un vocabulaire assez vaste pour se débrouiller. Au contraire, le français n’est pas utilisé dans la rue et ne semble pas être vu comme une langue utile par les jeunes. J’ai souvent eu l’occasion de discuter avec des jeunes (cadets, motodop, élèves du lycée Preah Sisowath dans lequel j’avais fait mon premier stage) et je me suis aperçue que même après 3 années d’apprentissage du français dans un lycée, beaucoup étaient incapables d’aligner trois mots. Ceci révèle les énormes problèmes dans l’Education Nationale au Cambodge sur lesquels nous ne nous attarderons pas ici.
A thmat paung, nous avons dû enseigner et promouvoir la langue française dans ce contexte politique et social. Ce qui est loin d’être facile, étant donné que les cadets reçoivent parallèlement et en heures de cours égales, des cours d’anglais. Pendant ces 9 mois, il a donc fallu se battre chaque jour contre la langue anglaise, qui rentrait insidieusement dans mes cours !
C’est ainsi que, dès le début, le Colonel nous a donné l’ordre de ne jamais utiliser l’anglais dans la salle de français. Bien que j’aie toujours respecté cette consigne, j’avoue que je n’ai pas compris son importance au début. Pour moi, sortant de mon université, je pensais que le plus important était de faire passer les informations, les explications. Au bout de quelques semaines, voyant que les élèves faisaient souvent appel à l’anglais et surtout prononçaient des mots français avec l’accent anglais, j’ai compris que l’anglais détenait une place très importante. Il a donc fallu user d’ingéniosité pour donner de l’importance à la langue française, donner aux cadets l’envie de l’apprendre.


La vie des cadets à thmat paung.

Jusqu’en 2003, les cadets étaient recrutés à partir du niveau licence et sur concours. Suite à une décision du Ministère de la Défense, les cadets sont actuellement recrutés dès le niveau baccalauréat et toujours sur concours. Etant donné le niveau du baccalauréat et les conditions dans lesquelles il a lieu au Cambodge, on peut se demander si cette décision a été judicieusement réfléchie pour sélectionner les meilleurs. En effet, quand je demande le parcours universitaire de mes élèves, je remarque très souvent que ceux qui ont continué leurs études après le baccalauréat, ont de meilleurs résultats, tout du moins en français (je ne connais pas les notes de mes élèves dans les autres matières).
Chaque promotion compte environ une centaine de cadets qui sont surveillés par quatre brigadiers.

Les cadets ont un rythme de vie très soutenu. Leur attention en cours s’en ressent. Les conditions de vie, d’hygiène, de santé, ainsi que la qualité de la nourriture, sont loin d’être suffisantes, voire même déplorables pour de jeunes militaires
Le levé se fait à 4H45. Le nettoyage des chambres et des toilettes se fait à l’aveuglette car il n’y a pas d’électricité ! Après le rassemblement, ils font du sport, puis se lavent et prennent le petit déjeuner. A 8H30, les cours commencent et se terminent à 12H30. Après le déjeuner, ils ont une pause de 13H00 à 15H00 (le moment le plus chaud) qu’ils utilisent pour se reposer, se détendre et étudier. L’après-midi, des cours de tactique, de tir, de culture générale, etc. sont dispensés jusqu’à 17H30. Après le dîner, à partir de 18H00, le soleil commence à décliner et il fait noir à 18H30, il n’est donc plus possible d’étudier car il n’y a pas d’électricité.
Le week-end, ils peuvent avoir des permissions pour rentrer chez leur famille, mais ce n’est pas systématique.
Ils reçoivent une solde mensuelle d’environ 15 dollars.
Certains cadets se démarquent par leur travail personnel et leur comportement très actif en classe, qui montre une réelle volonté de réussir. D’autres sont beaucoup plus passifs, mais en classe, ils travaillent tous sérieusement et sont toujours de bonne volonté ! Ce sont des élèves motivants avec lesquels j’ai toujours eu plaisir à travailler.

[/color]Les cours.[/color]

Même si nous n’étions que des stagiaires avec encore très peu d’expériences, nous avons eu une grande autonomie, tant dans la gestion des cours que dans leurs contenus.
N’ayant jamais recours à l’anglais et n’ayant pas d’assistant avec moi pour la 7ème et la 8ème promotion, il a fallu user de différents stratagèmes pour traduire et expliquer le vocabulaire nouveau et la grammaire. Généralement, l’utilisation de synonymes, de périphrases, de dessins ou de mimes ont été suffisantes pour se faire comprendre. Il y avait souvent un élève plus vif que les autres, qui comprenait et expliquait à ses camarades en khmer. En cas d’échec, j’avais recours au dictionnaire français-khmer qui reste en permanence dans la salle de classe.
Quelques élèves m’ont donné des cassettes vierges pour que je leur copie la cassette du manuel Initial, afin de travailler personnellement.

Ayant déjà enseigné à des Khmers, je savais que deux difficultés allaient se présenter : les différences interculturelles et l’écart inter-linguistique, qui est très important.

[/color]Les différences interculturelles.
J’ai toujours vu le Père GILLES commencer ses conférences sur les réfugiés du Sud-Est asiatique ainsi : Il faisait venir deux femmes auprès de lui, une Française et une Asiatique. Il leur demandait, devant l’auditoire, de peler chacune une pomme. L’une le faisait d’avant en arrière, en ramenant le couteau vers le pouce (la Française), l’autre dans le sens inverse en ramenant le couteau vers l’index (l’Asiatique). Ceci pour faire comprendre à l’auditoire qu’il était devant deux univers totalement différents. Il continuait en disant que « Descartes n’avait pas traversé le Canal de Suez ». Les manières de penser en Asie sont totalement différentes et ce qui est logique pour un Occidental ne l’est pas forcément pour un Asiatique, et vice et versa.

Bien évidemment, ces différences culturelles transparaissent dans la salle de classe.
Une classe de langue idéale serait composée d’élèves actifs, prenant spontanément la parole. Mais l’apprenant asiatique est passif et ne prend pas la parole spontanément. « Ce ne sont pas des leaders, mais plutôt des suiveurs ». Un Khmer ne prendra la parole que s’il est quasiment sûr d’avoir la bonne réponse pour ne pas perdre la face. La « face » est la base de la culture khmère (et asiatique en général). Toute atteinte à la face est ressenti comme une grave injure. Faire perdre la face à quelqu’un, c’est le « tuer » socialement. Regarder quelqu’un fixement, exprimer directement son désaccord, fait perdre la face à l’autre. Se fâcher, montrer ses sentiments, nous fait perdre la face. Tous les Khmers, lorsqu’ils sentiront une atteinte à leur face, se protègeront derrière un énigmatique sourire. Avec un peu d’expériences (et quelques erreurs ! ), on arrive très bien à reconnaître ce sourire de façade, qui exprime un malaise, une colère, etc…
Cette attitude n’est donc pas la meilleur dans une classe de langue. Pour dynamiser la classe, il faut tout d’abord qu’il y ait une cohésion, une solidarité dans la classe. Sur ce point, mis à part un élève de la 8ème promotion (maintenant dans la classe de l’assistant) qui était souvent mis à l’écart, il n’y a pas eu de problème. Ils se serrent les coudes.
Ensuite, il faut installer une mise en confiance entre eux et l’enseignant, tout en respectant et comprenant cette notion de face. Pour ce faire, j’ai souvent utilisé la langue khmère, quand je le pouvais. Par exemple, lorsqu’un élève lisait un mot en le prononçant à l’anglaise ou utilisait un mot anglais, je m’amusais à chaque fois à leur dire en khmer « oh ! phiesa anglais, khniom cheu trochiek !  ». Ce genre de remarques ne manquait jamais de les faire rire. De plus, mon accent et surtout ma syntaxe khmère, loin d’être parfaite, leur montrait que même le professeur, personne très respectée dans la culture khmère, faisait aussi des fautes en apprenant une langue étrangère ! Ils pouvaient donc en faire aussi. La complicité entre eux et moi s’est installée jusqu’au point où ils étaient ravis de m’enseigner à leur tour leur langue, de corriger ma prononciation quand je lisais un mot dans le dictionnaire ou de m’apprendre en khmer le mot que je venais de leur enseigner en français.
J’ai souvent remarqué, lorsque les Cambodgiens voient que l’on s’intéresse à eux, à leur pays, à leur culture, qu’ils nous « adoptaient » facilement, c’est-à-dire qu’ils ne nous percevaient plus comme un simple étranger et qu’un lien d’amitié pouvait se créer. Au contraire, lorsque nous n’arrivons pas à établir ces relations de confiance, les Khmers nous offrent qu’une façade, non sincère, et on y perd tout.
J’ai réussi très vite à les mettre en confiance. Je leur ai toujours montré que je m’intéressais à eux en m’informant sur les raisons de leurs absences, en donnant quelques fois du paracétamol à ceux qui avaient mal à la tête. Je me souviens d’un cadet de la 9ème promotion qui avait beaucoup de mal en français et qui ne participait pas. Il était assez introverti. Un jour, il est venu me demander l’autorisation de rester dans la chambre car il était malade. Il avait des boutons et des irritations sur les bras et la poitrine. Mon assistant ne connaissait pas le nom de cette maladie en français, mais il m’a dit qu’on en mourrait. Bien sûr, je me suis inquiétée et j’ai appelé sur-le-champ un de mes amis cambodgiens qui est infirmier. Ce dernier m’a dit que c’était du zona et que l’on n'en mourrait pas ! Il m’a indiqué un nom de médicament à prendre et m’a conseillé de lui donner du paracétamol pour calmer les douleurs. J’ai donné à ce cadet le nom du médicament et plusieurs cachets de paracétamol car il devait attendre encore deux jours avant de sortir ( Au début, la 9ème promotion devait attendre 3 mois avant de pouvoir sortir, soit jusqu’au Nouvel An khmer). Il m’a remercié avec un grand sourire et à son retour à l’école, après le Nouvel An khmer, j’ai demandé de ces nouvelles. Il était guéri. Depuis ce jour, malgré des difficultés, il fait son possible pour participer en cours et fait des progrès.

Pour les cours, je me suis appuyée sur Initial 1 et 2. Ce sont des livres de progression lente, mais ils ont l’avantage de ne pas créer de choc culturel. De plus, l’avantage d’utiliser un manuel, permet aux élèves de se voir progresser et de faciliter la reprise des cours par le professeur suivant qui sait exactement où les élèves se sont arrêtés. En plus d’Initial, j’ai utilisé le manuel Vacances en France pour compléter les leçons de grammaire. Je les ai fait travailler aussi sur des films Deux frères, des dessins animés Mulan, Le Roi Lion, des bandes dessinées Boule et Bill ainsi que des chansons françaises.
Pour les entraîner à parler et à se mettre en scène, nous avons fait régulièrement des jeux de rôle, que je faisais jouer à tour de rôle, devant la classe, après qu’ils les aient préparés à la maison et que je notais.

Quand on enseigne le français à des apprenants de culture différente, il faut non seulement leur apprendre la langue, mais aussi la culture française. « L’implicite est ce qui est virtuellement contenu dans une proposition, un fait, sans être formellement exprimé, et peut en être tiré par déduction, induction ».
Au Cambodge, quand on se parle, on regarde en général vaguement son interlocuteur et même parfois de côté : on ne fixe pas son regard sur le visage de l’autre. C’est ressenti comme une atteinte à la face. Les interlocuteurs se regardent peu dans les yeux, notamment entre les deux sexes. En France, on aime parler en se regardant dans les yeux. Sinon, cela pourrait être considéré comme une marque de timidité ou un manque de franchise.
Lorsqu’on a fait des jeux de rôles, j’ai tout de suite remarqué qu’ils ne savaient pas se saluer à l’occidental, surtout quand ils étaient plus de deux. Tous tendaient la main en même temps, ne sachant laquelle serrer ! Je leur ai expliqué, qu’en France, on regarde les gens droit dans les yeux, même si ce sont des personnes plus âgées ou des supérieurs et il était impoli de ne pas le faire. Je leur ai également expliqué qu’on ne tendait la main à quelqu’un seulement après avoir établi un contact visuel avec lui et jamais avant. Maintenant ils connaissent la règle, mais la pratique reste difficile.

Un autre problème lié à la face est le oui-oui et le oui-non. En effet, contrairement à nous, le « oui » cambodgien a culturellement deux sens : le oui-oui signifie « oui, j’ai compris et oui, je le ferai » alors que le oui-non signifie « oui, j’ai compris et non, je ne le ferai pas ». Mais voilà ! Comment différencier un oui-oui d’un oui-non ? Au Cambodge, et en générale dans toute l’Asie, on n’exprime jamais son opposition directement. On fera sentir, de manière détournée, que la réponse est négative, mais le Cambodgien vous dira toujours ba ou cha. Pour savoir reconnaître les oui-oui des oui-non, il faut apprendre à lire sur le visage, dans les yeux et bien sur, dans ce fameux sourire. Il faut être observateur. Même s’il n’est pas d’accord, un khmer vous dira toujours « oui » avec un sourire de façade pour préserver votre face et/ou la sienne. Il est très impoli en khmer de dire « non » directement, c’est ressenti comme une attaque à la face.
Le professeur, qui a un statut respecté, doit toujours faire attention à ce problème, car à la question « Vous avez compris ? », les élèves répondront toujours « oui » pour ne pas faire perdre la face au professeur. S’ils lui disaient « non », cela sous-entendrait que le professeur est mauvais. C’est donc au professeur d’apprendre, dans un premier temps, à distinguer les oui-oui et les oui-non pour comprendre ses élèves et dans un deuxième temps, leur apprendre que dire « non » et demander des explications supplémentaires ne fera pas perdre la face, ni à son professeur, ni à lui-même.

La gestuelle est quelque peu différente au Cambodge. Je leur ai donc fait remarquer quelques gestes différents, comme la manière de compter sur les doigts – les Français commencent par le pouce pour finir par l’auriculaire, alors que les Khmers font le contraire, commençant par l’auriculaire et finissant par le pouce – la manière de faire signe à quelqu’un de venir – nous agitons les doigts, paume de la main en l’air, alors que les Khmers font la même chose, mais paume de la main en direction du sol. Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres.
Les cours ont été également des moments de découvertes, comme le jour où je leur ai emmené une tranche d’emmental pour en faire goûter à chacun un petit bout. Les Khmers ne sont pas habitués aux produits laitiers et le fromage (qu’ils appellent en khmer le « prahoc barang ») est une des choses qui les étonne le plus au point de vue culinaire. Ce jour de dégustation d’emmental, j’ai eu droit à de nombreuses grimaces et rires !

L’écart inter linguistique
Avant de commencer, nous allons tout d’abord donner quelques informations sur la langue khmère.
Elle fait partie de la famille des langues môn-khmères, du groupe des langues austro-asiatiques parlé de l’Inde à la péninsule malaise. Elle s’est enrichie au cours des siècles des apports venus de l’Inde : le pâli et le sanskrit.
Le khmer est une langue dissyllabique à tendance monosyllabique. Comme pour les autres langues d’Extrême-Orient, le mot est invariable. Il n’y a pas de marque particulière indiquant le genre, le nombre, la personne, le temps, etc… et ainsi, pas de conjugaison !
Certes nous trouvons des mots qui tiennent le rôle de nos verbes, substantifs, adjectifs, mais rien ne permet de les différencier morphologiquement : leur rôle dépend de leur place.
Le Khmer s’exprime en précisant peu à peu sa pensée, allant du sens général à un sens particulier.
Exemple : pour traduire « Mes deux filles »
on dira « enfant-filles-deux-mes »,
soit « kon srey pi khnion »
L’écriture est très complexe. L’alphabet khmer comporte 33 consonnes, divisées en deux groupes (les sourdes et les aiguës), 23 voyelles qui se prononcent différemment selon si elles sont associées à une consonne sourde ou à une consonne aiguë, 12 voyelles spéciales et plusieurs signes diacritiques.

Etant donné l’écart inter linguistique important entre le khmer et le français, le premier cours donné à la 9ème promotion était une introduction à la langue française et à l’alphabet latin. Pour faire ce cours, je me suis appuyé sur le livre Français classe de 6ème . Nous leur avons présenté, une par une, les lettres de l’alphabet français avec leur correspondance en khmer, lorsque c’était possible, ainsi que quelques mots simples comportant les lettres apprises.
La langue khmère comptant de nombreux néologismes français (et anglais de plus en plus), je leur ai donné une trentaine de mot français, qui existent en khmer, pour leur faire remarque qu’ils connaissaient déjà quelques mots de français !
Exemple : [karot] une carotte
[kafé] le café
[sabou] un savon
[kasekèt] une casquette
Comme nous l’avons vu, il n’y a pas de conjugaison à proprement parler en khmer. Pour exprimer le passé ou le futur, on ajoute soit des adverbes avant ou après le verbe (hier, aujourd’hui, demain, etc.) soit des particules devant le verbe.
Exemple : khniom gnam bay â Je mange
« ban » donne le passé composé. Khniom ban gnam bay â J’ai mangé.
« neung » donne le futur. Khniom neung gnam bay â Je mangerai.
La conjugaison française est donc très déconcertante pour les apprenants khmers. Très souvent, j’ai fait appel au livre Vacances en France qui donne des explications sur la grammaire et la conjugaison en khmer pour des leçons compliquées telle que «l’emploi du Passé Compose et de l’Imparfait ».

Un autre problème récurrent : c’est l’enseignement des articles définis, indéfinis et des partitifs français à des Asiatiques. En effet, la langue khmère n’a pas d’articles et pour un Khmer, savoir s’il doit utiliser l’article défini, l’article indéfini ou le partitif est un réel casse-tête. Nombres de Khmers, parfaitement francophones, vivant au Cambodge ou même en France, continuent à faire des fautes dans l’utilisation des articles.
Mais ce problème n’est pas seulement linguistique car une langue reflète aussi une manière de penser, une culture et ceci est d’autant plus remarquable quand la langue qu’on apprend est très éloignée linguistiquement et culturellement de la sienne.
Par exemple, la phrase « Je mange une pomme. » sera dite par un Khmer « Je mange de la pomme ». En traduisant ainsi, il applique la règle de grammaire sur le partitif avec exactitude, mais le problème vient du culturel. En effet, on ne mange pas les pommes (et les fruits en général) en Asie de la même manière qu’en Europe. En France, on croque directement dans la pomme, donc on mange une pomme. Cependant, au Cambodge, la pomme sera toujours coupée en quartier et souvent partagée avec d’autres personnes. Il est donc logique pour eux d’employer le partitif car ils mangent des morceaux de pommes et non pas une pomme.

Pour finir, deux ou trois fois, nous avons eu cours avec des élèves morts de fatigue. Ils avaient, durant la nuit, fait des marches de plusieurs dizaines de kilomètres et étaient totalement éreintés. J’en ai profité pour leur passer des films que je préparais à l’avance pour ces « cours morts », où je savais qu’ils n’étaient capable de rien faire d’autres !

Le mois de mai a été consacré aux préparations du DELF. Nous avons fait beaucoup d’examens blancs pour, non seulement leur montrer en quoi cela consistait, mais aussi pour les mettre en situation, leur apprendre à parler devant quelqu’un, à prendre des notes, etc… Les jours des examens au Centre Culturel Français, je suis allée plusieurs fois les voir pour aider les retardataires à trouver leur salle, les encourager et avoir leur premières impressions.


L’évaluation

L’évaluation a été faite le plus régulièrement possible.
Les tests sont communs à l’ensemble d’une même promotion, afin de pouvoir établir un classement des cadets par promotion.
Deux sortes de tests ont été données :
· ceux faits sur table, qui comprennent de la grammaire, de la compréhension et de l’expression écrite.
· Ceux faits ou préparés à la maison, comme les jeux de rôle ou des rédactions.

En janvier, le Colonel F a offert un cadeau au meilleur élève en français de la 8ème promotion et au meilleur élève, toutes matières confondues, de la 8ème promotion (ce fut d’ailleurs le même cadet qui décrocha ces deux récompenses ! ) et aux quatre cadets de la 7ème et de la 8ème promotion ayant fait le plus de progrès.
Personnellement, j’ai appliqué également un petit système de récompense lors de la remise des tests faits sur table (exemple : calendriers, autocollants, porte-clefs, des Bescherelle, savons, etc…) aux meilleurs de la classe afin de les valoriser et de les encourager. Ces cadeaux ont toujours été sans grande valeur (entre 500 riels et 1.5 dollars), mais ils ont toujours été ravis de les recevoir.


Les projets mis en place.[color=#5900ff]

J’ai mis en place plusieurs projets, toujours avec le soutien total du Colonel F.
Comme projets à long terme, qui je l’espère seront continués avec mon successeur, il y a eu, tout d’abord, la mise en place d’un programme d’échange de correspondances écrites avec des personnes vivant en France.
Ensuite, sous les conseils du Colonel F, j’ai commencé à décorer la salle de classe afin de la rendre plus agréable et plus vivante.
Un troisième projet mis en place, m’est venu en tête lors d’une discussion avec ma classe de 7ème promotion. Excepté un ou deux, tous les autres n’avaient jamais touché Internet. Internet étant un outil moderne qui permet d’apprendre de nombreuses choses et de « rétrécir le monde », j’ai eu l’idée de leur faire découvrir cet outil, pas seulement pour leur apprentissage du français, mais aussi pour leurs connaissances personnelles.

Programme d’échange de correspondance avec la France
Personnellement, en tant qu’élève, j’ai commencé à m’intéressée à l’anglais quand j’ai eu mon premier correspondant (un Chinois de Hong Kong !) et que je me suis rendu compte concrètement que cette langue allait me permettre de discuter avec des gens à l’autre bout du monde.
Donc, afin de motiver mes élèves, j’ai eu l’idée de chercher des correspondants en France pour ceux qui étaient intéressés et qui avait un niveau suffisant. Tous les correspondants ont été trouvés sur Internet, soit à l’aide de sites gratuits spécialisés dans l’échange de correspondants, soit à l’aide du forum sur le site « Les jeunes Khmers », qui ont pris mon projet au sérieux. Ce site a été créé par de jeunes Khmers de France et ils utilisent le forum pour échanger leurs opinions, leurs impressions et même découvrir leur pays d’origine.
Le Colonel F a trouvé ce projet intéressant et a accepté de financer les frais de port Cambodge – France pour ne pas pénaliser les cadets les plus pauvres.
Ce programme s’est bien passé et nous comptons actuellement 14 cadets de la 7ème promotion et 6 cadets de la 8ème promotion y participant. Cependant, le point négatif de ce projet est la lenteur du courrier Cambodge-France-Cambodge, qui est frustrante pour les cadets qui attendent leur réponse. L’idéal serait d’utiliser Internet (par exemple, un ou deux ordinateurs qui seraient en libre accès à la bibliothèque), mais ceci reste impossible à thmat paung à cause des problèmes d’électricité. En effet, l’électricité ne fonctionne que de 8H30 à 12H30, quand les cadets sont en cours !
Ce programme demande un suivi des envois et des réceptions par le professeur et quelques fois des relances via Internet, mais j’ai été remercié de ce petit investissement en voyant leur tête à chaque réponse reçue !

Décoration de la salle
Au début de l’année, le Colonel F a fait repeindre les deux salles de français. Il fallait encore la décorer pour la rendre plus vivante et plus gaie.
Ayant travaillé comme surveillante cinq ans dans un collège en France avant de venir ici, j’ai écrit à mon ancien collège pour leur demander des affiches du Conseil Régional. Ils ont accepté sans problèmes et m’en ont envoyé une petite dizaine que l’on a fait encadrer.
Une autre idée m’est venue quand j’ai visité le réfectoire des cadets où des proverbes khmers (faisant souvent référence au travail ! ) étaient accrochés sur le haut des murs. J’ai donc fait des banderoles de papier couleur sur lesquelles j’ai écrit quelques proverbes français ! Le but étant, non seulement décoratif, mais aussi de leur donner des connaissances supplémentaires sur la culture française qu’ils pourront réutiliser peut-être un jour pour illustrer une de leur rédaction !

Initiation à Internet
Le troisième projet fut d’initier ma classe de la 7ème promotion à Internet. Pour cela, il fallait les emmener sur Phnom Penh un jour où ils n’avaient pas cours, soit un week-end. Le Colonel F était d’accord pour leur payer le trajet thmat paung – Phnom Penh – thmat paung et une séance d’Internet. Les cadets se sont organisés pour s’héberger les uns les autres, étant donné que le Commandant Fix, chef du D.C.M., avait refusé de louer les studios vacants pour ceux qui venaient de province. D’ailleurs l’un de mes élèves a été obligé de demander à une pagode de Phnom Penh de l’héberger !
Je ne voulais pas que cette initiation à Internet soit juste un week-end d’amusement sur Phnom Penh. Je leur ai donc concocté un bon programme pour ces deux journées (voir documents en annexe) : une visite guidée du Centre Culturel Français, une initiation à Internet de 2H30 avec des recherches à effectuer ( et une récompense pour le groupe gagnant), la diffusion du film « Deux frères » et un cours de préparation au DELF.
Ma classe de 24 élèves a été divisée en 2 car je ne pouvais pas suivre plus de 12 personnes sur Internet et nous avons organisé ces deux week-ends les 2 et 9 avril 2005.
Ils ont tous été très intéressés et très contents de ce week-end et je dois avouer que ça a resserré encore plus les liens entre eux et moi. Si je devais recommencer une année scolaire, je le referais avec la 8ème promotion, mais bien plus tôt dans l’année.


A la fin de l’année, un de mes élèves de la 7ème promotion a posé un petit paquet sur mon bureau en me disant que c’était un souvenir. Je n’ai pas eu le temps de réagir, qu’il s’était sauvé comme un voleur ! Connaissant cet élève pour être un blagueur, j’ai ouvert mon cadeau avec précaution pour y découvrir une statue représentante une tour à quatre visages comme celles du Temple du Bayon. J’ai été très touchée par ce cadeau. Cet élève était parti si vite que je n’ai pas pu le remercier. Je lui ai donc réservé une surprise au cours prochain : devant tout le monde, je l’ai remercié et lui ai fait un bisou. Bien sur, cette coutume du bisou n’existant pas au Cambodge – et n’ayant pas le même sens que chez nous – toute la classe a éclaté de rire en faisant « ou..ou…ouh » ! Ce cadeau m’a fait très plaisir et m’a prouvé – s’il fallait le prouver – que j’étais un professeur sévère, mais appréciée. Et je pense que ce sont les deux principales qualités d’un bon professeur !

Ce stage a été très positif sur plusieurs aspects.
D’un point de vue professionnel, travailler pendant 9 mois dans un pays tel que le Cambodge, m’a apporté beaucoup d’expériences, qui j’espère, me seront profitables dans ma future vie professionnelle.
D’un point de vue humain, vivre dans un pays pauvre m’aura appris à relativiser la vie encore plus qu’avant et mon élève, Chan Seyha, m’aura appris la volonté de se battre.
D’un point de vue personnel, travailler au Cambodge était mon rêve depuis des années. Combien de personnes peuvent se vanter d’avoir réaliser leur rêve ? Ce stage m’a donc apporté un immense bonheur et je me suis investie dedans corps et âme, avec le plus grand plaisir.

Je reviendrai au Cambodge, c’est certain.
Comme me l’a dit le Père GILLES  :(un pretre ayant travaillé dans les camps de réfugies en Thailande)
« Maintenant, tu es foutue ! Tu as attrapé le virus cambodgien et on n'en guérit pas ! »




:ideenoire: :dodo: :dodo: :dodo:



Vous ne vous êtes pas endormis ????? :sygus:

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Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Je ne maitrise pas encore très bien les couleurs !!!! :mauvais:
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Alors, je vais essayer de vous mettre des photos !
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#13075 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Et je vais essayé de mettre les autres en plus petite taille !!!
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#13077 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Bon, je suis trop nulle, j'arrete.

Expliquez moi la démarche pour inserer des photos
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Vicheya a écrit



Bon, je suis trop nulle, j'arrete.

Expliquez moi la démarche pour inserer des photos


C'est bon pour les photos ! (A part la derniere :lol:, qui ne semble pas être un format photo)

Bon je retourne à ma lecture de ton récit :-)

#13081 View Rotha's ProfileView All Posts by RothaU2U Member
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Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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C'est bon, j'ai tout lu !

Magnifique récit !
Il y a une phrase où je suis totalement d'accord, c'est quand tu dis qu'on a l'impression que tout est arrivé trop vite au Cambodge.

Tu y comptes retourné bientôt ?

#13120 View Rotha's ProfileView All Posts by RothaU2U Member
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Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Sitôt que ma cagnotte sera refaite ! J'espère en juillet 2007, mais ce sera en tant que touriste, bien que je ne ferai pas que du tourisme !!!

Pour l'instant, je me contente d'y repenser tous les jours. Ca me manque énormément.
#13122 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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J'adore la photo des trois soldats en premier plan.
Celui de gauche et celui de droite n'ont pas d'écussons sur le bras. Celui du milieu a un écusson sur le bras, mais il est en tong.

Pour moi cette photo me fait vraiment pensé à la société cambodgienne actuelle : il manque toujours quelques choses, mais c'est pas grave, on fait avec, ou on invente, on fabrique, on répare avec des petits rien pour que la vie continue.
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Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Les moto-dop !
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#13124 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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:lol: Et ici, c'est la meilleure !

ATTENTION A VOUS, voyez ce que mes petits militaires m'ont appris à faire.
J'ai même fait un carton avec la Kalachnikov !!! :up:
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Haut de page 08/01/2006 @ 22:28 Bas de page
Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Merci de nous avoir fait partagé ton expérience, c'était très intéressant ! :bon:

Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rame
Et qui peut quitter son ami
Sans verser une larme ?

Ne me parlez pas de politique !
#13165 View Creamy+Sopheap's ProfileView All Posts by Creamy+SopheapU2U Member
Haut de page 08/01/2006 @ 23:52 Bas de page
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Je trouve que les photos sont très jolies. Pour le texte, je le lirai plus tard. Parce qu’il me faudrait au moins trois heures….

Comme toi la photo qui m’a le plus marqué c’est la première.
En plus du tong, ce sont leurs casques qui ressemblent à des casseroles trop larges. Et au premier regarde, ils ne leur protègeraient rien.
#13179 View NEO's ProfileView All Posts by NEOU2U Member
Haut de page 09/01/2006 @ 11:17 Bas de page
Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Ton récit est tout simplement magnifique !
J'en arrive à t'envier...

#13206 View yayawarman's ProfileView All Posts by yayawarmanU2U Member
Haut de page 09/01/2006 @ 22:46 Bas de page
Re : Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Néo, si tu n'as pas le temps de tout lire, ce que je comprends bien car c'est long, lis au moins la partie "impressions" :12:


Merci à Yayawarman.
#13284 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
Haut de page 09/01/2006 @ 23:55 Bas de page
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Je pense que j’ai corresponde avec toi pendent un moment. Mais las, des personnes que j’ai en charge ne semblent pas très motivées.

#13301 View NEO's ProfileView All Posts by NEOU2U Member
Haut de page 10/01/2006 @ 19:28 Bas de page
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Ton récit se lit d'un trait... Quelle expérience humaine ?
Je sais maintenant pourquoi mes parents me disent que l'on apprend tous les jours ?
A quand d'autres récits aussi passionnant ?
Bonne continuation Miss Vicheya !

#13344 View yayawarman's ProfileView All Posts by yayawarmanU2U Member
Haut de page 11/01/2006 @ 09:11 Bas de page
Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Néo, Tu as correspondu avec moi ??? Peut etre quand je cherchais des corres pour mes étudiants.
C'est difficile de les motivre. La plupart n'ont pas internet et le courrier France Cambodge est long et peu sur. Il faut que leur prof les motivent régulièrement, mais ce n'est plus moi et je n'ai pas de nouvelles de ma remplacante. Je ne sais donc pas si elle a poursuivie dans ma voie !
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Moi, je veux encore des histoires !

#13378 View yayawarman's ProfileView All Posts by yayawarmanU2U Member
Haut de page 11/01/2006 @ 21:45 Bas de page
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Je n'en ai plus d'aussi belle, mais je vous tiendrai au courant des anecdotes.
#13430 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Re : Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Vicheya a écrit



Néo, Tu as correspondu avec moi ??? Peut etre quand je cherchais des corres pour mes étudiants.
C'est difficile de les motivre. La plupart n'ont pas internet et le courrier France Cambodge est long et peu sur. Il faut que leur prof les motivent régulièrement, mais ce n'est plus moi et je n'ai pas de nouvelles de ma remplacante. Je ne sais donc pas si elle a poursuivie dans ma voie !



Dommage ! Parce que cette année j’ai beaucoup des personne qui semble très intéressé par cette échange.
#13488 View NEO's ProfileView All Posts by NEOU2U Member
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Alors à quand les anecdotes ?
Vite, vite des histoires ? STP ?

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Haut de page 12/01/2006 @ 21:28 Bas de page
Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Néo, si tu as des contacts qui parlent anglais, dis le moi. Car j'ai une petite bande de gamins qui cherchent des correspondants en France, mais qui parlent anglais. Ce sont des gamins de l'ONG Our Home. Ils sont supers.

Yayawarman, soit patient un peu.
Peut etre ce week end, si je trouve un peu de temps !!!
#13517 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
Haut de page 12/01/2006 @ 21:33 Bas de page
Re : mon année au Cambodge Reply With Quote
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Ok ! Me! Me!
I speak and I write english too ! And I would like to communicate with them... How can I do please ?
Thanks.

#13519 View yayawarman's ProfileView All Posts by yayawarmanU2U Member
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