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Auteur Voyage : Au Cambodge, dans les derniers territoires vierges de tout tourisme   ( Réponses 0 | Lectures 796 )
Haut de page 13/12/2019 @ 12:32 Bas de page
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Voyage : Au Cambodge, dans les derniers territoires vierges de tout tourisme

Coincé entre la Thaïlande et le Vietnam, l'un des derniers bastions un peu authentiques d'Asie du Sud-Est recèle de spots sublimes et encore inexplorés. Par Constance Dovergne

Le Cambodge n’est pas une destination touristique tout à fait comme ses voisines d'Asie du Sud-Est. Brut, mystérieux et peuplé d'habitants dont on dit qu'ils sont les plus chaleureux du monde, c’est un pays dont l’histoire, d'une violence inédite, nourrit chaque instant l'expérience de ses visiteurs. Entre 1975 et 1979, les Khmers Rouge ont décimé le pays. Ils ont vidé ses villes, assassiné les élites et les intellectuels, réduit les autres civils en esclavage. Le génocide a fait 1,7 millions de victimes*, soit 20% de la population du pays. Alors pourquoi y voyager ? Parce que quarante ans plus tard, les Cambodgiens ont fait émerger des cendres un pays ultra-dynamique, à la fois tourné vers l'avenir et fidèle à des siècles d'une civilisation parmi les plus grandioses de l'Histoire.



Le témoignage le plus spectaculaire de cette civilisation est évidemment la cité d’Angkor érigée au VIIIe siècle. Depuis le fin fond de la jungle, elle a su résister à des siècles d’érosion, au pillage des colons français et au saccage provoqué par la guerre civile, mais semble bien fragile devant le plus grand danger qui la menace : une pression touristique absolument délirante. Plus d'un touriste sur deux atterrissant au Cambodge achète des billets pour voir les temples d'Angkor et chaque nouvelle visite abîme un peu plus l'illustre cité, qui caracole en tête des monuments historiques recommandés par TripAdvisor. Les instagrameurs y prennent la pose en s'appuyant sur des vestiges archéologiques, les pots d’échappement des tuk-tuks chargeant les touristes trop fatigués pour une exploration pédestre érodent la pierre, les visiteurs s'aventurent dans des zones interdites... Et n'ont fait que passer dans la vibrante Phnom Penh dont les inombrables marchés, temples cachés et ruelles labyrinthiques méritent pourtant une longue exploration.

Pour une visite de la capitale hors des sentiers battus, Urban Tales propose une « chasse aux trésors » au départ de la Bibliothèque nationale (qui semble tout droit sortie d'un Indiana Jones) à laquelle s'adonnent même les locaux à la recherche des spots secrets de la ville. Une option idéale pour pénétrer, sans guide, des lieux d'ordinaire infranchissables. En prenant le temps de s’y balader, on découvre une cité dynamique qui tente de composer entre sa soif de modernité et la volonté de resusciter son patrimoine historique dévasté par les Khmers Rouges.





C'est la quête effrénée de Luu Meng chez Malis, restaurant incontournable de la capitale qui accueille ses convives dans un jardin tropical. En cuisine, le chef se livre à un véritable travail d'historien, restaurant une assiette après l'autre les saveurs oubliée de la cuisine royale khmere. Ne manquer sous aucun prétexte la soupe Moringa, un simple bouillon de feuilles dont les propriétés médicinales sont célébrées depuis des temps ancestraux (sans doute le plat le plus intéressant de la carte). La cuisine locale est toujours une merveilleuse façon d’appréhender l’histoire d’un pays car elle révèle les flux migratoires qui l’ont influencées. En l’occurrence, l’Inde a donné au Cambodge ses épices (et l’hindouisme), puis les Chinois ont introduit le poisson à la vapeur et les pays voisins le travail des nombreuses herbes. Enfin, les Français importèrent au XXe siècle le concept de gastronomie qui séduisit particulièrement l'aristocratie cambodgienne et influença l'approche culinaire que Luu Meng tente aujourd'hui d'exhumer. Pour une popote plus populaire, faire un détour chez Friends, établissement géré par une ONG du même nom qui autonomise les jeunes Cambodgiens en les formant aux métiers de la restauration. Au menu : ambiance joyeuse, service impeccable et cuisine savoureuse, dont une version plus que parfaite du hit absolu de la cuisine cambodgienne, l'Amok Trei, un poisson blanc en feuille de bananier cuit dans le lait de coco infusé de galanga, kaffir, piment et citronnelle.



Après dîner, les derniers verres se prennent à Bassac Lane, étroite rue de la soif interlope dont la concentration de micro-bars est propice aux tournée de shots. On y croise quelques Cambodgiens fêtards, des entrepreneurs aventureux et pas mal d'expatriés allergiques à l'Asie Disneyland qu'on expérimente parfois en Thaïlande ou à Bali. Ici et ailleurs dans la ville, on rencontre aussi un nombre hallucinant de baby-boomers français arrivés des dizaines d'années plus tôt avec un projet humanitaire, avant de tomber fous amoureux du pays et de s'y installer pour la vie. Mais les histoires les plus passionnantes reviennent sans doute à tous ces vingtenaires, enfants d'immigrés cambodgiens qui, une fois leurs études bouclées, ont quitté la France pour entreprendre dans le pays de leurs origines. Ainsi les deux sœurs Neary et Bonary Mam qui, dans la capitale, ont monté la marque de vêtements Un été à Kep-sur-Mer, dont le style s'inspire de l'allure des élégantes qui, dans les années 60, envahissaient cette très chic station balnéaire de la côte. À trois heures de voiture de la capitale, Kep fut longtemps le hot spot de l’élite asiatique et des riches colons qui la surnommaient la Saint-Tropez cambodgienne. Bien que dévastée par les Khmers Rouges qui ne goûtaient pas son sens du bling, la ville recèle aujourd'hui de superbes villas abandonnées, cernées par les herbes hautes, qui appellent à l'exploration. Sur ses hauteurs, la Villa des Palmes, sublime maison composée de quatre chambres, deux piscines et d'une vue plongeante sur la forêt et la plage en contrebas, constitue un spot idéal pour s’aventurer dans les parages avec, toujours, la sensation d'être seul au monde : à l’exception de son agréable marché aux crabes bleus et du joli bord de mer ponctué de petits transats multicolores d'où l'on contemple, à l’ombre des palmiers, le calme de la mer, Kep semble déserte. On n'y croisera pas un étranger.

Pas plus dans la ville de Kampot qui, à quarante minutes de là, abrite une fascinante architecture tantôt coloniale et tantôt sixties et donne son nom à un poivre local réputé le meilleur au monde. C'est ce que nous confirmeront les deux frères fondateurs d'Atelier Kampot, qui est tout à la fois une marque (de poivre, donc), une boutique et un restaurant installé dans un bâtiment de 1945 dont la restauration architecturale tient du chef-d'œuvre. Il fait face à la rivière Preaek Tuek Chhu où l'on observe chaque soir, au coucher du soleil, la silhouette des longs bâteaux de pêcheurs défilant doucement en direction du large.

Le calme et l'authenticité de cette côte contrastent étrangement avec l'agitation des villes nouvelles que, plus loin, la Chine fait pousser comme des champignons. Car l'Empire du milieu, en quête de destinations de vacances à l'exotisme maîtrisé, finance massivement les infrastructures du Cambodge, au point que ses investissements dans le pays dépassent désormais ceux auxquels les Britanniques s'étaient livrés en Inde par le passé. Sortent alors de terre des mégapoles exclusivement dédiées au tourisme de masse qui ressemblent à des brochures des années 1980 avec leurs casinos, leurs plages privées et leurs resorts immaculés dont les retombées économiques sont inexistantes pour les populations locales puisque les investisseurs font venir les travailleurs de Chine. Comment s’imaginer qu’à quelques kilomètres de Sihanoukville, modèle du genre récemment paré d’un aéroport international, il existe désormais un paradis terrestre coupé du monde (ou presque) ?

Car si le potentiel de la région séduit les investisseurs chinois, il n’a pas non plus échappé aux pourvoyeurs d’expériences éco-luxe tels que Six Senses, qui a ouvert cette année l’un de ses plus beaux établissements. Il faudra attraper un bateau au port privé de l’hôtel car ses 40 villas ont été installées sur une petite île privée et luxuriante. Comme perdue dans la jungle, chacune d'entre elles jouit ainsi d’une intimité absolue et des standards très appréciables de la chaîne : vue mer, piscine privée, salle de bain XXL ouverte sur la nature, un majordome discret et un room-service sans fausse note. Bref, de quoi donner envie de se sentir disparaître dans la jungle, coupé du monde.

Les plus sociables, eux, apprécieront le water sports center, les sessions yoga chaque matin, les cours de cuisine khmer, les sorties snorkeling aux abords des îles alentour sur des bâteaux étincelants, la découverte d'un incroyable village de pêcheurs monté sur pilotis où les chefs des trois restaurants s'approvisionnent en poisson. « Ici, nous ne sommes rien de plus que les invités des locaux » insiste le général manager avant de dérouler la longue liste des initiatives durables de l'hôtel a mises en place tandis que nous longeons une piscine à débordement de la taille d'un terrain. Comme dans tous les Six Senses, l'île dispose de sa propre station de traitement de l'eau de mer et d'un potager bio pour des restaurants farm-to-table, ainsi que d'un programme de conservation pour la faune et la flore de l'île, et un autre pour la conservation des coraux. Enfin, l'hôtel est associé à l'association Allkids qui soutient l'éducation des enfants dans les zones alentours les moins favorisées et forme les agriculteurs voisins dont il achète les récoltes, à l'agriculture durable. Du développement qui va dans le bon sens.

Sources : https://www.vanityfair.fr/savoir-vivre/story/destination-cambodge/10572

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