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Auteur Quand Paris cède aux Khmers rouges   ( Réponses 2 | Lectures 2463 )
Haut de page 14/07/2015 @ 17:07 Bas de page
Quand Paris cède aux Khmers rouges Reply With Quote
Déconnecté(e) Vicheya
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Nous sommes le 17 avril 1975, les Khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge. Quelques heures plus tard, plusieurs centaines de personnes se réfugient à l’ambassade de France, à Phnom Penh. Et notamment des figures du régime renversé par les Khmers rouges.


Parmi elles : le Président de l’Assemblée nationale cambodgienne, Ung Boun Hor.

Trois jours plus tard, il tombe aux mains des Khmers rouges. On ne le reverra plus vivant. Son épouse, en revanche, a le temps de quitter le pays. Réfugiée à Paris avec ses enfants, elle voit à la télévision l’image de son mari sorti de l’ambassade de France et remis aux Khmers rouges.

"Ma fille est allée embrasser l’écran de la télévision en disant : « Regarde maman, c’est papa ! Ne sois pas triste, papa va venir nous rejoindre. » Elle ne comprenait pas. Je sentais tout s’effondrer. Tout ce que je pouvais faire, c’était prier, prier pour que mon mari s’éteigne vite sous les tortures des Khmers rouges."

C’est le début d’un long combat judiciaire pour la veuve de Ung Boun Hor, persuadée que la France a livré son mari aux Khmers rouges. En novembre 99, elle dépose plainte en France. En avril 2000, une information judiciaire est ouverte à Créteil pour « séquestration » et « actes de torture »

C’est finalement le Pôle génocide et crimes contre l’Humanité qui reprend l’enquête, en 2012. Dans un premier temps, les dignitaires cambodgiens sont cachés à l’intérieur de l’ambassade. Mais très vite, les Khmers rouges sont prévenus de leur présence. Ils lancent un ultimatum : « Livrez-nous ces dignitaires ! » Le consul de France, Jean Dyrac, est sous pression.

Mais devant les enquêteurs, il assure que toutes ces personnes ont quitté l’ambassade de leur plein gré.

"Ces dignitaires, dont Monsieur Ung Boun Hor, ont pris la décision de se rendre. En aucun cas, nous ne les avons amenés manu militari aux camions des Khmers rouges. Monsieur Ung Boun Hor n’a subi aucune contrainte. Paris ne m’a donné aucune instruction. J’ai agi uniquement en mon âme et conscience"

Pourtant, selon des télégrammes diplomatiques que nous avons pu consulter, le quai d’Orsay suit parfaitement la situation. Et il donne même des consignes très claires au consul de France.

Télégramme du cabinet du ministre des affaires étrangères. 17 avril 1975.

"Vous ferez savoir aux intéressés que nous ne sommes pas en mesure d’assurer la protection qu’ils attendent. Dès lors, il leur reste à apprécier s’il n’est pas de leur intérêt de chercher refuge en un autre lieu et de quitter rapidement le territoire de notre établissement."

La France refuse donc d’accorder l’asile politique. Deux jours plus tard, le président de l’Assemblée nationale cambodgienne quitte les lieux, encadré par deux gendarmes français. Un moment déchirant pour le photographe Arnaud Borrel, réfugié, lui aussi, dans l’ambassade. Il n’a jamais été entendu par la justice. Pour lui, Ung Boun Hor n’a pas eu le choix.

"Il a été viré. Il avait eu énormément de mal à entrer dans l’ambassade, et l’ambassade l’a viré quelque temps après. Il n’y a aucune discussion possible : nous l’avons viré. On était tous devant le portail de l’ambassade, il n’y avait pas de solution, on ne lui a pas laissé le choix, il fallait qu’il parte. Moi, j’avais honte. On s’est très mal conduit. On n’avait peut-être pas d’autre choix, mais on n’a pas essayé. On a cédé tout de suite"

Un passé qui ne passe pas pour la veuve d’Ung Boun Hor…

"Si on se réfugie dans une ambassade, c’est pour avoir la vie sauve. On a livré mon mari sur ordre du quai d’Orsay ! C’est vraiment très grave ce qu’on a fait, c’est vraiment un crime d’Etat. Je vais avoir 75 ans, mais j’ai besoin de savoir avant de le rejoindre, vous savez. Depuis 40 ans, je n’arrive pas à vivre comme une femme tranquille qui accepte la mort de mon mari, je ne peux pas accepter ! Qu’on me donne une vérité, et là, je pourrai faire mon deuil. Je ne demande pas les étoiles, ni que la France ne demande des excuses, rien du tout. Mais qu’on reconnaisse le vrai fait. Je fais ça pour que mon mari puisse au moins dans le trou où il est (je ne sais même pas dans quel trou il est au Cambodge), qu’il puisse fermer les yeux. "

Après 15 ans d’instruction, l’enquête s’est conclue par un non-lieu en janvier dernier. La justice n’a pas réussi à obtenir la preuve que Ung Bun Hor a été liquidé par les Khmers rouges, regrette l’avocat de sa veuve, Patrick Baudouin.

"L’obstacle juridique, pour résumer, c’est que la compétence de la justice française n’était valable que pour des actes de torture. Autrement dit : il fallait démontrer que M. Ung Boun Hor avait été victime (évidemment après avoir quitté l’ambassade) d’actes de torture commis par les Khmers rouges, et ça malheureusement on n’a pas réussi malgré toutes les démarches, malgré toutes les recherches, malgré tous les efforts, à établir des témoignages précis, concordants disant : « Oui, Monsieur Ung Boun Hor a été torturé ». C’est à peu près certainement ce qui s’est passé. De la même façon, bien qu’on ait pas retrouvé le corps, on sait qu’il est mort. Du côté français, on se retrouve dans l’impossibilité de poursuivre pour complicité d’actes de torture puisque l’acte de torture, lui-même, n’est pas démontré. "

Reste un livre, pour l’Histoire, écrit par la veuve d’Ung Boun Hor : « Rouge barbare», aux éditions Res Publica. Pour ne pas oublier ces heures tragiques.

Sources : http://www.franceinter.fr/emission-le-zoom-de-la-redaction-quand-paris-cede-aux-khmers-rouges







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Nous sommes le 17 avril 1975, les Khmers rouges prennent le pouvoir au Cambodge. Quelques heures plus tard, plusieurs centaines de personnes se réfugient à l’ambassade de France, à Phnom Penh. Et notamment des figures du régime renversé par les Khmers rouges.

Parmi elles : le Président de l’Assemblée nationale cambodgienne, Ung Boun Hor.

.....Après 15 ans d’instruction, l’enquête s’est conclue par un non-lieu en janvier dernier. La justice n’a pas réussi à obtenir la preuve que Ung Bun Hor a été liquidé par les Khmers rouges, regrette l’avocat de sa veuve, Patrick Baudouin.

....Reste un livre, pour l’Histoire, écrit par la veuve d’Ung Boun Hor : « Rouge barbare», aux éditions Res Publica. Pour ne pas oublier ces heures tragiques.

Sources : http://www.franceinter.fr/emission-le-zoom-de-la-redaction-quand-paris-cede-aux-khmers-rouges



Bonjour Vicheya

Ton article me rappelle plusieurs choses, dont certaines ont du certainement être évoquées sur ce forum K-N :

- d'abord cet article qui date déjà de 2010 de Arnaud VAULAURIN dans Libé , avec pratiquement le même titre :
http://www.liberation.fr/monde/2010/06/29/quand-paris-cedait-aux-khmers-rouges_662379

Quand Paris cédait aux Khmers rouges
Arnaud VAULERIN 29 juin 2010 à 00:00

- ensuite la célèbre photo de l'ambassade de France en mai 1975, certainement pas étrangère à la démarche de Mme UNG BUN HOR
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- en fin perso, j'ai toujours été quelque peu étonné que cette dame ait assez d'argent pour s'offrir un véritable cabinet d'avocat pour attaquer directement la France sur cette affaire..,
alors qu'elle a toujours superbement ignoré dans sa démarche l'attitude d'un certain chef du GRUNK de l'époque ;
il exigeait depuis PEKIN, en des termes outranciers, que la France remette les " 7 traitres nommément désignés" -dont UNG BUN HOR - au nouveau pouvoir légitime en place dont se disait le chef ..un certain NORODOM SIHANOUK


(j'ai le texte d'un article du monde où son représentant en Occident s'exprime au nom de SIHANOUK)


Edité le 14/07/2015 @ 17:51 par robin des bois
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Haut de page 14/07/2015 @ 20:18 Bas de page
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- Trouvé ce " document officiel" concernant la déposition d'un photographe américain, nomme ROCKOFF, qui était avec des journalistes et le fameux DITH PRAN, le Khmer héros du film "La déchirure"

http://www.eccc.gov.kh/sites/default/files/documents/courtdoc/2013-02-12%2010:48/E1_165.1_TR002_20130128_Final_FR_Pub.pdf

- SVP pour "l'épisode Ambassade de France" d'avril 1975, aller aux pages 70 et suivantes :

- dont cet extrait :

17 Q. Saviez-vous qu'il y avait un certain nombre de responsables du
18 gouvernement de Lon Nol qui avaient demandé l'asile et qui
19 étaient à l'ambassade?
20 R. Oui, comme Sisowath et Sirik… Sisowath Sirik Matak, mais je
21 n'étais pas là lorsqu'il a dû quitter l'ambassade. Nous savions
22 qu'il y avait un certain nombre de gens de Lon Nol à l'ambassade,
23 mais la plupart d'entre eux étaient des soldats ordinaires; un
24 peu comme la scène que vous voyez dans l'extrait vidéo que vous
25 venez de montrer, le soldat qui... sur lequel le personnel de la
73
1 Croix-Rouge opérait. C'était un soldat de Lon Nol qui avait reçu
2 une balle dans le dos; il a fini par mourir.
3 [13.51.09]
4 Il y avait aussi un autre groupe qui était venu de l'autre côté
5 du Mékong, quelque 300, et qui ont été chassés de l'ambassade
6 sous la menace des armes. C'étaient des… ces 300 personnes
7 étaient des militaires.
8 Q. Je reviendrai sur le sujet de ces personnes dans un instant,
9 mais j'aimerais maintenant vous lire un télégramme envoyé par le…
10 par le consul français, Jean Dyrac, le 18 avril, sur le sujet de
11 l'asile politique. Il s'agit du document portant la cote
12 D199/26.2.199 - je répète, donc: D199/26.2.199. Dans ce
13 télégramme qu'il envoie à ses supérieurs à Paris, Jean Dyrac
14 écrit:
15 "Suite ultimatum de la délégation du comité de la ville, je me
16 trouve dans l'obligation, afin d'assurer la sauvegarde de nos
17 compatriotes, de faire figurer sur la liste des personnes
18 présentes dans l'ambassade:
19 "1. Le prince Sirik Matak et deux de ses officiers;
20 "2. La princesse Mom Manivong, d'origine laotienne (troisième
21 épouse du prince Sihanouk), sa fille, son gendre et petits-fils;
22 "3. M. Ung Bun Hor, président de l'Assemblée nationale;
23 "4. M. Loeung Nal, Ministre de la santé.
24 "Sauf ordre express et immédiat du département m'enjoignant
25 d'accorder l'asile politique, je devrai, dans un délai qui ne

74
1 pourra excéder 24 heures, livrer le nom de ces personnalités."
2 Fin de la citation.
3 [13.53.27]
4 Vous avez dit que Sirik Matak était à l'ambassade. Est-ce que ce
5 télégramme vous rafraîchit la mémoire quant à d'autres
6 personnalités associées au régime de Lon Nol qui cherchaient à
7 obtenir l'asile à l'ambassade?
8 R. Je ne savais pas que ces autres personnes y étaient. J'ai
9 entendu parler de Sisowath Sirik Matak deux jours plus tard et…
10 quant à l'importance de ce qui s'était produit. Vous savez, la
11 situation était assez confuse dans les premières journées. Je ne
12 sais pas qui était là et combien de personnes étaient là. Et
13 c'était quelques jours avant que la majorité des Khmers qui
14 n'avaient pas de documents ont été forcés à… de quitter
15 l'ambassade. Je ne peux pas vous dire. Il y avait aussi un grand
16 groupe de militaires - et cela n'avait rien à voir avec les
17 civils - qui s'étaient




Edité le 05/08/2015 @ 06:35 par f6exb
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