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Author Communication   ( Replies 0 | Views 680 )
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Communication Reply With Quote
Offline swann
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Bruno Lévi Truffert, un fêlé de la Toile fondu du Cambodge



Sur fond noir et décor angkorien, Bruno Lévi Truffert raconte le Cambodge, sa "saga" historique, sa place dans la région au travers de 27 cartes, la visite de ses temples à Siem Reap, ses visions futuristes en image 3D d’Angkor, et le tout dernier module, et pas le moindre, un dictionnaire français-khmer et khmer-français.



Tout cela en ligne sur le site www.angkor-planet.com qu’il a créé en avril 2001. La visite, guidée par de petites Apsaras stylisées qui se déhanchent énergiquement sur des rythmes que l’on imaginerait davantage disco qu’issus de musiques traditionnelles cambodgiennes, révèle le doigté d’un professionnel; et pour cause, son créateur est dans la vie concepteur web. Titulaire d’un DEUG MASS (mathématiques appliquées aux sciences sociales) et d’un diplôme de réalisateur audiovisuel de l’ESRA (école supérieure de réalisation audiovisuelle), ce père de famille de 42 ans, quand il ne gagne pas sa vie à produire des supports de communication multimédia, dorlote sa passion, encore jeune, pour le royaume khmer.



Il foule pour la première fois le sol cambodgien en l’an 2000, "un hasard", explique-t-il dans un mail; "un bouleversement" qui suffit à le faire revenir sur ses pas quelques mois plus tard et le poussera à s’inscrire à l’Institut national des langues orientales (Inalco, à Paris), dans le but, explique-t-il, de dépasser le lexique primaire du touriste et de ne pas avoir à utiliser avec les Cambodgiens la langue véhiculaire de la mondialisation, l’anglais. Avant de s’en remettre au savoir de professeurs, il apprend le khmer en autodidacte, en s’aidant d’ouvrages d’apprentissage de la langue.



Bruno Truffert s’engouffre un peu plus encore dans l’aventure quand il se lance dans l’édification d’un site "dévoué" au Cambodge. Un chantier parti pour durer, qu’il avance progressivement, précise-t-il. Son dictionnaire en ligne, ambitieux, comporte à ce jour 7 800 entrées, ce qui lui fait modestement dire que son bébé n’a pas encore la taille d’un dictionnaire et n’en mérite donc pas le nom. L’outil est gratuit et simple d’utilisation, esthétique et rapide pour la recherche d’équivalents de mots d’une langue à l’autre. "J’ai effectué ce travail en pensant à un public bien précis : les jeunes Khmers de la diaspora, nés en pays francophones, et n’ayant pas la possibilité de suivre un enseignement en khmer plus poussé que celui de la transmission orale parentale."



Au fur et à mesure, de nouveaux mots s’ajoutent en mémoire, avec les correspondances dans les divers registres, royal, littéraire, courant, etc. De nombreux mots sont encore absents de sa banque de données mais les Cambodgiens francophones et Français du royaume trouveront incontestablement un intérêt à ce travail sans prétention, unique sur la Toile, à en croire le moteur de recherche Google.



Si des sites répertoriés annoncent des traductions en ligne du français vers le khmer et vice versa, ces dernières ne sont cependant pas encore en service.

On sent chez Bruno Truffert, toujours à l’affût des racines sanskrites, le passionné à l’exaltation presque enfantine devant "cette langue khmère avec ses ziguouiguouis si jolis, si mystérieux, si imbibés d’élégance et de subtilité...". Sa mère le prend pour un fou mais, assure le "self-made linguiste" non dénué d’humour, si son père était encore de ce monde, il aurait été amusé de cette nouvelle lubie de son fils qu’il avait forcé, jadis, à étudier le grec ancien. Enthousiasme débordant oblige, il voit toujours plus grand pour son site. Il envisage ainsi d’inclure une initiation à l’alphabet et à la phonétique khmère. S’il ne pense, pour l’heure, dépasser les 8 000 entrées, il se dit en quête de "généreux donateurs", selon son expression "pour enclencher d’une part la réalisation des fonctionnalités multimédia (prononciation sonorisée des entrées) et, d’autre part, l’amélioration de l’outil en tant qu’aide à l’apprentissage du français par les Khmers", et parle de limiter son travail sur son dictionnaire en l’épurant de ses éventuelles fautes, en l’affinant et le complétant au fur et à mesure qu’il se familiarise avec la langue de Sin Sisamouth.

L’amoureux du royaume khmer nourrit également des rêves qui l’emmèneraient... au Cambodge poursuivre ce travail. "Je souhaite qu’Angkor-planet devienne un magazine en quatre langues [khmer, français, anglais, japonais : les langues déjà retenues pour son site] d’actualité angkorienne ouvert à tous ceux qui ont quelque chose d’intéressant à dire ou à publier sur le sujet." Les domaines abordés seraient les mêmes que sur son site internet : histoire, histoire de l’art, langue et art pictural khmers, avec en tête l’idée de se rapprocher de la revue scientifique Udaya, publiée annuellement par Apsara (Autorité pour la sauvegarde et l’aménagement de la région d’Angkor), dont il se dit admiratif.



L’amateur rêve sans y croire que des spécialistes de ces questions khmères le rejoignent, bénévolement cela va sans dire, et viennent ajouter leurs pierres à son site de "modeste réalisateur multimédia-étudiant à l’Inalco".

Mais pour que son projet prenne cette direction, celui qui se présente comme un khmérophile - et un antiaméricain - devra trouver un mécène. Alors, en attendant, conclut-il, "j’avance lentement et à mon rythme sans rendre de comptes à personne". Et, insiste-t-il, "j’inscris mon travail dans une continuité de l’amitié franco-khmère".

Stéphanie Gée
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