Vous n'êtes pas connecté [Connexion - Inscription]
Bas de page
Version imprimable | Envoyer à un ami | S'abonner | Ajouter aux Favoris Nouveau SujetNouveau sondageRépondre
« 1  2  3  4  5 »   « Sujet précédent | Sujet suivant »  
Auteur 17 avril jour pour jour   ( Réponses 218 | Lectures 11091 )
Haut de page 17/04/2013 @ 08:35 Bas de page
17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005
La descente aux enfers

Une bande de fous et de malades, croyaient qu'ils allaient changer le monde, a entrainé dans sa chute la descente aux enfers de tout un peuple. Un tier de la population est détruit après ces quatre ans de règne. A ce jour le seul qui a avoué avoir exécuté suivant les ordres de l'Angkar, des milliers de prisonniers,c'est le le bourreau de S21.
Les autres se contentent de la lenteur du procès, luttent et se combattent encore. Car pour eux c'est toujours la guerre. Personne ne se sent responsable de cette catastrophe.
Aujourd'hui nous sommes le 17 avril 2013, c'est 38 ans après, jour pour jour je vais vous raconter mon histoire...


C’était un jeudi.
Les khmers viennent de terminer leur fête de nouvel An, qui a duré trois jours.
On peut dire que les khmers Rouges les ont laissé finir leur fête.
Depuis l’aube de ce 17 avril 1975, la population de Battambang ce sont collés à leur poste pour suivre les actualités du pays. Puisque tout le monde attend quelque chose de très inquiétante. Depuis le début du mois d’avril Phnom Penh est coupé de Pochentong, son
Aéroport international, le seul moyen de liaison avec l’extérieur.
Vers 9h30 de ce jeudi matin, la radio nationale annonce la tombée de Phnom Penh aux mains des Khmers Rouges.
A Battambang quelques minutes plus tard on entendait un bruit de décollage d’un DC3 de la sa base d’aviation militaire. L’avion semble avoir du mal à prendre de l’altitude.
Cet avion de transport de marchandise est, à mon avis, pour ce jeudi matin, chargé au maximum des fugitifs. Ce ne sont que des militaires gradés et leurs familles, fuyant l’arrivée des Khmer Rouges.
La population est en désarrois. Ils se concertent entre voisins. Les inquiétudes se voient très facilement sur leur visage. Des questions sans réponses. Certains commencent à allumer les baguettes d’encens, et prient.

Un voisin m’a dit que le dernier bataillon de défense de la ville de Battambang est en train de se replier. On peut les voir arriver sur la grande rue de la ville…………………

…………………………..

Ma femme est moi, nous sommes allés voir ces héros.
Une fois sur la grande rue, nous ne sommes pas seuls. Il y en a déjà un peu de monde, ce sont des riverains qui sont aussi curieux que nous. La rue est déserte, il n’y a pas de circulation. Il me semble que les gens, par crainte, préfèrent rester chez soi. Nous nous mettons sur le trottoir comme les autres. De loin en direction de la nationale, nous voyons deux colonnes noires, une sur chaque trottoir.



Ce sont eux, les Cobras (Pourh vék en khmer). C’est un bataillon composé que des élites khmères de Kampuchéa Krom, formés par les GI. Il a une tunique noire, du pied à la tête. Il y en a qui a une casquette noir, ou des bandanas noir. Il y a un dessin d’une tête de Cobra dans le dos de sa veste, ils sont armés toujours jusqu’aux dents. Ils avancent en file indienne en direction de l’hôtel de ville. C’est sans doute leur lieu de rassemblement. Depuis des mois ils stoppent les avances des troupes khmères rouges à O dambang.
En les regardant avancer silencieusement, j’ai ressenti un mélange de sentiments qui sont en train de cogiter dans ma pauvre tête. Un sentiment de regret, de colère, de frustration et de peur…
Un de ces chefs, celui qui ne marche pas dans la colonne, passa près de nous. Quand il arrive à notre hauteur, il nous disait : venez avec nous, on s’en va(…….)
Sur le coup, j’avais les larmes aux jeux. Ma femme, elle me regarda dans un aire de supplice pendant quelques secondes, puis elle me dit : nos enfants sont encore trop petits pour ce… Elle n’a pas fini sa phrase, mais j’ai tout de suite compris ce qu’elle veut dire.
Quand je me retourne vers le Chef des Cobras, il est déjà loin. Mais devant nous la colonne avance toujours. Nous continuons à faire le « bye-bye » de la main. C’est là que j’ai compris pourquoi le chef cobras a parlé à nous. C’est par ce que nous sommes les seuls sur le trottoir à les faire le bye-bye.
Nous sentons maintenant abandonnés. Nos défenseurs sont partis. Les vainqueurs arriveront bientôt. J’ai fait signe à ma femme de rentrer chez nous. Sur le chemin de retour nous sommes très tristes. Puisque nous ne savons quoi faire, que d’attendre. Et puis attendre quoi ? Les khmers rouges je ne les connais pas, J’avais lu quelques livres sur eux. Mais c’est encore des infos sommaires, pas de détails. Je résume que les khmers rouges ne plaisantent pas, alors prudent et prudent.

Une fois rentrés la maison, nous avons vu que nos voisins sont encore dehors et sont en train de discuter sur ce qui vient de se passer. Il y en a qui disent que le bataillon Cobra est le seul qui est capable de faire face au bataillon Khmer Rouge commandé par une femme connu sous un pseudo « neray doh muoy » la femme qui n’a qu’un sein. On raconte que lors d’un combat, elle été blessé à la poitrine. Pour la sauver la vie, il a fallu lui amputé un sein, d’où il ne lui reste qu’un seul sein. Puis ce bataillon n’est composé que des femmes qui sont le plus féroce de la région. Seuls les cobras ont pu freiner leurs avances.

On approche le midi, tout le monde saut sur son poste de radio. Car on vient d’apprendre que les nouveaux chefs de Phnom Penh vont parler à la radio.

C’est la première fois de ma vie que je suis en face d’un événement pareil. Je n’ai jamais connu la guerre, jamais vu dans un combat. Seulement entend les nouvelles. Cette fois ci c’est très prenant. On entend une voie bien grave, froide, se présentant chef d’une région déclarant avoir gagné les ennemis par les armes, a pris Phnom Penh et le pays tout entier. Puis un autre passe, le même ton et la même façon de parler. En fin ils sont trois ou quatre à passer.
Nous somme terrifiés. Nous avons perdus tous nos réflexes. Seuls nos regards se croient dans un silence inexplicable.

Nous avons passé un après-midi à causer. J’ai l’impression de rien comprendre. Plus on cause plus on tourne en ronde. J’ai essayé de rassurer ma femme, qu’elle ne perde pas le courage. Quoiqu’il arrive nous restons unis. Mes enfants sont encore trop petits pour comprendre ce qui est passé ou ce qui va se passer. Vers dix-sept heures j’ai sorti ma moto et fait un tour dans centre de ville pour voir un peu comment ça se passe. Ma femme n’est pas très d’accord. Moi de rester devant ma porte je me sens dépourvu de tout, alors il faut que j’apprenne d’avantage sur ce qui se passe dehors. Il y a un peu plus de circulation que ce matin. Je me suis dis que j’ai bien fait de sortir. Car il y a bien des gens qui ont pensé comme moi.
Les gens se tassent sur les rives de la rivière. En cette saison le niveau de l’eau est bas, les refugiés trouvent bien de la place pour monter leur abri de fortune. Je suis arrivé au pont de fer (spéan dék). C’est un pont de structure en fer, de deux mètres de large, construit du temps de protectorat, qui travers la rivière Sangker, rivière principale de la province de Battambang.
Lorsque je suis attiré pas un bruit d’un hélicoptère qui approche du pont. J’arrête ma moto et voit un hélicoptère en train d’atterrit sur le rive Est du pont, à 50 m de moi. J’ai vu une personne monte dedans. A la seconde le hélicoptère s’en vol, et disparaissait de ma vue…..
……….*

Il est presque dix-huit heures, nos voisins disent que les khmers Rouges sont en train d’entrer Dans ville. Il n’est pas encore nuit, je cours vers la rue. Là je vois, par petit groupe, des jeunes soldats avancent à pas lente et avec précaution, bien qu’ils ne veuillent pas se montrer, ça ne peut pas cacher. Ils avancent vers l’hôtel de ville. Les premiers petits groupes sont très distancés, suivis d’autres derrière plus grands, plus nombreux et plus dense. Ils passent devant nous avec leur visage bien ferme. Pas de bruit, pas un mot.
Il y en a qui applaudissent leur arrivée, mais ces khmers rouges ne sont pas sensible à cette « bienvenue ». Moi, je me suis dis « ah ! Voilà les vainqueurs ». Je viens de les voir en chair et en os.


* Les points tillés sont des données personnelles.


Edité le 17/04/2013 @ 09:44 par Seun nmott
#92691 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 17/04/2013 @ 19:16 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) NeakReach
Super Moderator
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

ava_2690.jpg
 
Messages 1656
Inscrit(e) le 20/05/2012
Lieu de résidence France
En lisant les histoires de Seun nmott et de kaunklau, j’ai envie aussi d’écrire sur cette journée…

Ce jour du 17 avril 1975, nous étions à Phnom-Penh dans le quartier de "Teuk la-âh". Ça a commencé très tôt, vers 4 heures du matin, un soldat de la république venait frapper à notre porte et donna un ordre, venu du haut de la hiérarchie, à mon père de quitter le pays et qu’un hélicoptère l’attendait. Mon père fou de colère lui cria : "j’ai déjà dit plusieurs fois que je ne quitterai pas mon pays !". A sa surprise, le soldat lui rétorqua : "il faut savoir ce que vous voulez, l’un m’ordonne à gauche, l’autre me dit à droite. Si c’est comme ça, moi je m’en vais…". Il est parti en ayant laissé la jeep garée devant chez nous.

Suite à cette histoire, tout le monde est réveillé. Et nous attendions "tranquillement" l’arrivée des khmers rouges. Vers 6 heures, les soldats de la république allaient les uns après les autres déposer les armes qu’ils possédaient en face de chez nous. Vers 7 heures, les cris de liesse de population retentissaient. C’était la fin de la guerre civile. Les gens avaient l’air contents, la plupart courraient dans tous les sens avec les drapeaux blancs. Nous aussi, nous avons bricolé un drapeau blanc et nous mettions sur notre balcon.

Vers 9 heures, j’apercevais de loin à partir de notre balcon, les soldats khmers rouges entourés de la population qui les accueillait comme des héros. C’était un moment historique. Tout le monde voulait participer à cette fête. Mon père n’a pas pu résister et amena mon frère avec lui pour aller accueillir les soldats khmers rouges. Quant à moi, je participais de loin à partir de notre balcon.

Après le déjeuner, l’atmosphère changea et s’alourdit. La fête a vite laissé place à l’inquiétude. Ma mère demanda à mon père de partir chercher la famille de sa sœur à Tuol Kork. Mon père et mon frère sont à peine partis que nous entendions les haut-parleurs nous dire qu’il fallait quitter la ville car les américains allaient bombarder Phnom-Penh. Panique à bord ! Nous ne pouvions partir sans mon père, ni mon frère. Tout après-midi, nous guettions leur retour et nous voyions nos voisins partir les uns après les autres.

Vers 17 heures, comme par un miracle, mon père et mon frère se sont réapparus devant chez nous et en prime, la famille de ma tante au complet. Nous pouvions prendre la route, la longue route nationale 5… ce fut la route de la mort !


"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
#92699 View NeakReach's ProfileView All Posts by NeakReachU2U Member
Haut de page 17/04/2013 @ 22:41 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005
Au début, je ne voulais que laisser des empreintes pour mes enfants, seulement multe réflexions, j'ai compris qu'il faut en partager...
Il faut en parler, euh, comme des bouteilles à la mer. On ne sait jamiais.
38 ans après ou 50ans peu importe, on en parle encore et encore. Vann Nath a ses dons, moi je n'ai que quelques lignes, plus les vôtres et plus encore des autres...

Jour pour jour... Oui demain ce sera le 18. Battambang on en parle peu ou presque pas.

.......
#92705 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 04:45 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7801
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
Seun nmott a écrit

Au début, je ne voulais que laisser des empreintes pour mes enfants, seulement multe réflexions, j'ai compris qu'il faut en partager...
Il faut en parler, euh, comme des bouteilles à la mer.
On ne sait jamiais.
38 ans après ou 50ans peu importe, on en parle encore et encore. Vann Nath a ses dons, moi je n'ai que quelques lignes, plus les vôtres et plus encore des autres...

Jour pour jour... Oui demain ce sera le 18. Battambang on en parle peu ou presque pas.

.......



Bonjour Sn-n, Kaunklau et TLM

J'ai lu avec un très grand intérêt vos récits sur la journée du 17 avril 1975 ..

Grace à vous, je viens enfin de réaliser que l'entrée des KR à Phnom Penh s'est faite au lendemain des 3 jours de fêtes consacrées au Nouvel An khmer 1975 !!!!

S'agissant de la mémoire des victimes, j'ai lu cet extrait d'interview de l'ancien évêque de Phnom Penh durant toutes ces années tragiques, Mgr Yve RAMOUSSE ; il parle de l'un des tout premiers évêques d'origine khmère (sinon le premier)mort ou tué sous le régime KR et rapporte ses dernières paroles :

[Nous ne devons pas oublier le témoignage des martyrs. Mgr Joseph Chmar Salas, sur la route des camps de travail forcé, ne nous a-t-il pas laissé cette consigne au moment de nous séparer :

« Ne nous oubliez pas, parlez de nous au monde ! Priez pour nous ! » ...]

Tout l'interview est intéressant à mes yeux, si l'on veut bien accepter que "son contexte baigne dans le domaine religieux catholique" :

http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud-est/cambo...ge-les-cambodgiens-sont-ils?SearchableText=emile DESTOMBES

Merci pour les apports de tous les "témoins directs"






Edité le 18/04/2013 @ 05:52 par robin des bois
#92708 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 08:01 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) kaunklau
Sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre


 
Messages 3348
Inscrit(e) le 25/04/2011
Lieu de résidence thionville
J'ai copié-collé mon texte , sur le même titre :

Aujourd'hui le 17 Avril 2013 . Il fait donc 38 ans , que la capitale de Phnom Penh était vidée de sa population et c'est la date de "journée noire" que nous avions perdu de vue nos proches ,nos familles , nos amis sans jamais revu physiquement depuis .
Le 17 Avril ,
Je me souviens . C'était vers 17 heures , je me trouvais l'autre côté du fleuve de Mékong , en face de la capitale , précisément Chroy Chang var ,le quai "dâr Arex " . Plus rien pour traverser le fleuve pour revenir sur PP. De l'autre côté , je voyais des marées humaines , je pensais , c'est probablement " une grande manifestation " de la population phnom-penhoise de journée historique , de la fin de la guerre , de la gloire des khmers rouges , partisans du roi Norodom Sihanouk .

J'avais donc payé une pirogue d'une somme de 6000 riels pour me faire traverser le Mékong .Une fois posée les pieds sur le sol de la capitale , j'étais surpris que la foule , c'était l'évacuation de la capitale d'une durée de 3 jours sous menace de bombardement américain .
Je me trouvais dans la foule , car , j'ai essayé de rejoindre à pied ma famille , mes parents , à Méh phleung ( 500 m de musée S21 actuel , l'ancien Lycée Tuol Svay Prey ).
Hélas , c'était impossible de traverser la capitale . Les bandes de khmers rouges , me montraient le sens de marche vers le dehors de la capitale , donc c'était la direction de Stat Chas , en face de l'Ambassade de France . Les coups de rafales tirés en l'air , les hauts parleurs hurlaient à fond , avec le slogan " évacuation de 3 jours , dépêchez-vous les américains vont bombarder , prenez les affaires le plus léger possible , les armes doivent être tous déposés sur un tas .
J'avançais tout doucement , avec l' interdiction de revenir en arrière , la peur au ventre , car , les petits hommes habillés en noir , sont en train d'envoyer des rafales de AK 47 , en l'air .

J'avais faim , j'ai décidé donc de rejoindre Stung mean chey , " Beung brâ yab " , chez un cousin ( banlieue de P.Penh) .
La nuit tombée , j'étais arrivé chez lui , mais hélas plus personne . C'était une petite maison , j'y ai passé la nuit , après avoir trouvé à manger .
Le lendemain , avec la marée humaine , j'ai poursuivi la route vers l'Ouest de la capitale . La vitesse de l'évacuation n'est pas rapide , car , je pouvais rentrer dans les maisons inhabitées pour trouver à manger .

C'était déjà dur , pour moi , alors il y avait des familles avec des enfants de bas âge, des personnes âgées et chacun portaient ce qu'il pouvait , quelques kilos sur le dos , surtout des vêtements et du riz , des casseroles . Je dormais sur les trottoirs , comme tout le monde ...une dizaine de jours après , j'étais arrivé à la destination Ang Sérei 2 à 3 km de Oudong .

Les anciens ( prochea chorn chas ) qui possédaient des baraques en chaume , avec des bêtes , des charrettes , nous regroupaient en village(phoum) sous forme de Krom . Chaque famille doit construire elle même sa chaumière (khtorm ) . La ration de riz ,pour nous les prochea chorn chum leas , c'était un bol ,( un kam pong de 300g ) par personne , par jour . Le reste , chacun doit se débrouiller : khdam ( crabe de rizière ), khchorng(escargots) , feuilles ( sleuk bash) , Tum peang ( pouce de bambou) .
Ca commençait bien dans ce patelin , il n'y avait rien à manger , les nouveaux arrivés commençaient à échanger , ce qu'ils ramenaient de la capitale , jusqu'ils leurs restaient plus grande chose .

Cinq mois après , durant lesquelles , on travaillait dans les rizières , le chef de village (meh phoum) nous demandaient de détailler notre antécédent ( armée Lon Nol , administratifs , prof ,étudiants ....) . Tveur pra vat ta roub ! c'était la première fois que j'ai entendu ce mot khmer .
Le but , c'est donc de nous sélectionner pour la fameuse deuxième évacuation .
Je me trouvais dans un bateau jusqu'à Kompong chhnang , puis par camion jusqu'à Pursat .

Nouvelle vie commence , nouvelle galère commence également , sahakâr Chamrés , srok Kandieng , Dâmbân 7 ...

Merci , camarades Khmer Rouge , surtout leur "ANGKAR " de mes c..., Moha âs char , mohar ach kor , moha thleak tek...

Le 17 Avril , c'était une journée noire , la date de désastre pour la population innocente cambodgienne .

#92709 View kaunklau's ProfileVisit kaunklau's HomepageView All Posts by kaunklauU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 09:23 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005
18 avril 1975

Le matin du 18 avril, ma femme et moi nous sommes sortis faire un tour en ville. Certains réfugiés*, comptent renter à leurs domiciles. Les rues sont plus animées qu’hier, on y voit plus de jeunes soldats aux uniformes noirs et képi noir, armés de kalachnikov, circulent bizarrement. L’hôtel de ville abrite les nouveaux maitres. Les marchés sont de nouveaux ouvert.
Nous avons fait quelques courses puis nous sommes rentré en vitesse. Arrivé à la maison, ma nièce nous a dit que le directeur de la banque où travaille ma femme, est venu nous voir, comme nous étions absents, il a souhaité qu’on aille à la banque. Nous sommes allés le voir au siège la banque sur qui trouve sur la rue « ceinture ». Mr CB, la directeur, nous appris que tous les chefs de services de la province sont convoqués se rendre à l’hôtel de ville, dans le but d’aller accueillir le prince Sihanouk. Il a confié à ma femme la caisse de la banque. Les personnels de la banque a été informés et peut prendre congé. Avant de le quitter il m’a demandé à ce que je sois avec lui, quand il doit se rendre à l’hôtel de ville.

A peine sortir de la banque, sur le chemin de retour, nous sommes faits arrêter sur le bas-côté de la rue par trois jeunes soldats khmers rouges.
L’un d’eux nous a dit tout en montrant du doigt à notre moto Honda ,
-Camarade vous l’avez déjà longtemps, aujourd’hui elle est à nous, descend.
Face à ces jeunes inconnus et armés jusqu’aux dents, nous ne faisons qu’à se plier à leur volonté. Je regarde ma femme. Elle ne dit mot, elle descend de la motocyclette, moi aussi.
Les trois jeunes soldats y montent dessus, partent, s’éloigne tout heureux, nous laissant bouche bée.
Nous sommes retournés au siège et dit aux autres ce qui vient de nous arriver. Ils ne savent pas quoi dire. Le directeur nous dit qu’il nous la remboursera, faut pas que nous nous inquiétons.
M. CB est un bon chef, apprécié par ces personnels. Il a une très grande confidence à ma femme.
…………..

Nous sommes rentrés à la maison très tristement. Moi, je regrette tellement ma moto, c’est de mes sueurs…

La nuit tombe sur Battambang, on entendait des appels à tous les anciens corps enseignants de se rassembler demain matin à l’amphithéâtre de l’université. Tout le monde sort de chez eux pour écouter les appels. Ce sont les nouveaux maitres de la ville, ils se sont massés dans des camionnettes, un porte-voix à la main, parcourant les rues en adressant à la population le rassemblement.

C’est la deuxième nuit que la population de Battambang ville ne pouvait pas fermer l’œil de la nuit. Moi je suis encore sous le choc. C’est la première fois de ma vie qu’on vient de m’enlever de force mon bien. Je savais qu’ils sont bizarres ces Khmers rouges, mais pas à me cambrioler en pleine jours, comme si tout leur appartienne désormais.
Je commence à avoir vraiment peur. Mes parents, mes frères, en fin toute la famille sont à Phnom Penh. Nous sommes seuls à ici.
Hier nous nous sommes demandé, qu’est ce qu’il peut nous arriver aujourd’hui ?

*réfugiés , ce sont les gens qui fuyaient les zones de combats* des banlieues de la ville, ils occupaient les places publiques.
#92713 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 09:40 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005
Merci NeakReach et Kaunklau d'avoir rejoindre le jour pour jour.

Merci à RDB d'avoir apporté ce témoignage dont j'avais déjà.

Le catholicisme au Cambodge aux yeux de la majorité des khmers à l'époque, peut aussi aujourd'hui, est la religion des vietnamiens. C'est pourquoi au temps de Lon Nol, cette religion est très mal vue. Les KR en font pire, on connais le résultat...
Je suis content de voir qu’aujourd’hui le catholicisme revit.
" Quand j'avais 8-9 ans, tous les jeudis je suis allé avec mes pots dans un sorte de grande maison, on nous a donné plein de très jolis cartes postales racontant la vie de Jésus...Je ne suis pas pour autant devenu un chrétien".


Quant à la purification de la mémoire, pour nous les khmers, en fin pour ceux qui les appliquent, c'est la purification de sa propre pensée.
... "l'accomplissement du bien, l'abstention de tout mal, et la purification de sa propre pensée, tels sont les recommandations de tous les Bouddha".

Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
#92714 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 09:57 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) kaunklau
Sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre


 
Messages 3348
Inscrit(e) le 25/04/2011
Lieu de résidence thionville
Le fait d'écrire ,ces récits , ces réalités , le démon se réveille , mais , on dirait que ça soulage quelque chose qui sont cachées dans mon cerveau .

A l'inverse de S.nM , je n'ai jamais raconté mes vécus à mes enfants .

A leurs yeux , je ne suis qu'un immigré venant vivre dans un autre pays . Ils voient , les khmers rouges ,comme , "des gens " qui sont des " des méchants " , quelque part au Cambodge , voire des " voyous " de l'histoire cambodgien.


Par hasard , hier soir le 17/04 , une chaine télé avait montré "l'histoire vrai " , de la seconde guerre mondiale , depuis l'année 1939 jusqu'à 1945.
Il y a une similitude de misères des réfugiés , mais c'était des réfugiés français d'un département vers d'autres départements , car , La France était coupée en deux .En 1939 , on voyait les gens pousser leurs chariots , fabriqués eux-même ,accrochés sur les vélos , les fortunes enveloppées dans des sacs ...lors de la déroute de l'armée française . L'autre côté de la frontière , en 1945 , lors de la prise de Berlin , c'est pareille . Les réfugiés allemands ont utilisé les mêmes styles que ceux des français . Les femmes étaient violés par les soldats russes ( 1.000.000 de viols) , certaines s'étaient suicidées .
C'est cette misère que subit le peuple innocent , qui me fait révolter . On ne demande qu'à vivre en paix !

Revenons au pays , Cambodge , la folie de ces cadres khmers rouge " ANGKAR " ,ce sont toujours sous le slogan de mensonge "Intérêt du peuple , pour le peuple " . Ces dirigeants cachaient " la férocité " hypocritement ,derrière la tête , mais dans quel but , et pour quel intérêt ?
Pourquoi , il faut évacuer les villes ? , l'abolition de l'argent ? , l'absence de tribunal ?, interdiction de religion ? ...

C'était vraiment n'importe quoi , c'est de la folie ...en plus , il y a des pays dans le monde qui le soutiennent .
Le père Ponchaud avait tout à fait raison , cette " bande d'Angkar " gouverne le Kampuchea démocratique avec des mensonges .

En tant que cambodgien , je n'arrive pas , à pardonner , ces gouvernants Angkar Khmer Rouge .
Certains me voyaient peut-être , comme "rancunier" , car eux sont des khmers également.

Je n'en voulais pas aux " pleu pleu " khmer rouge , mais leurs cadres supérieurs ,à la tête du régime . Ce ne sont que des brigands et voyous et rien d'autres .

Comment , je peux enlever cette notion "rancuniers " , chaque fois , je vois comment , de quelle façon , ils ont tué la famille de mon frère !
Lui , ma belle-soeur , ces 7 enfants de bas âges "tués" ,( ma dernière nièce n'avait que 2 ans) , par ces " khmers " de même sang qu'eux , que moi ?

Ce respectueux frère , n'avait jamais fait mal à une mouche et plutôt " aider l'humanité " , car , il était anesthésiste dans un bloc opératoire de l'hôpital Preah kèt mea lea .

La bande des membres d'ANGKAR , sont restées debout devant nous et ils criaient ,qu'ils n'avaient rien fait ou il n'étaient pas au courant de ce qui s'est passé , écoeurant non ? .
Ce ne sont que des menteurs et des lâches . Il auraient dû se suicider , comme Hitler , au moins , on n'en parle plus d'eux .

Le 17 Avril 1975 , c'est bien , la date maudite pour le Cambodge.





Edité le 18/04/2013 @ 11:24 par kaunklau

#92716 View kaunklau's ProfileVisit kaunklau's HomepageView All Posts by kaunklauU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 10:47 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005
kaunklau a écrit

Le fait d'écrire ,ces récits , ces réalités , le démon se réveille , mais , on dirait que ça soulage quelque chose qui sont cachées dans mon cerveau .

A l'inverse de S.nM , je n'ai jamais raconté mes vécus à mes enfants .

A leurs yeux , je ne suis qu'un immigré venant vivre dans un autre pays . Ils voient , les khmers rouges ,comme , "des gens " qui sont des " des méchants " , quelque part au Cambodge , voire des " voyous " de l'histoire cambodgien.


Le 17 Avril 1975 , c'est bien , la date maudite pour le Cambodge.





Bonjour Kaunklau
Si je raconte à mes enfants c'est par ce que je pense qu'il faut qu'il soient au courant de ce qui s'est passé, notre passé. Je ne connais pas les belles histoires des princes et des princesses. La notre est certainement très triste. C'est histoires des rescapés et des ces malheureux victimes d'une folie meurtrière. Et de ceux qui ont commis cette grave erreurs, cette catastrophe. Et que le monde ne doit pas l'oublier. Et que les générations d'après prennent conscient de cette acte de folie, que leurs successeurs soient conscient des erreurs de leurs parents, qu'ils ne sont pas des héros.

Il faut crier et crier encre plus fort et partout.
En suivant mon carnet(mon journal), je vais essayer de vous raconter jour pour jour, du 17 avril 75 jusqu'à la fin de 1975. Si je pourrais.

Si on tient compte des données déjà connu:
1 700 000 morts pendant 3 ans huit mois et 20 jours(1355j)
C'est 1255 personnes meurent chaque jours pendant 1355 jours.
#92719 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 11:34 Bas de page
Re : Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7801
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
Seun nmott a écrit

kaunklau a écrit

Le fait d'écrire ,ces récits , ces réalités , le démon se réveille , mais , on dirait que ça soulage quelque chose qui sont cachées dans mon cerveau .

A l'inverse de S.nM , je n'ai jamais raconté mes vécus à mes enfants .

A leurs yeux , je ne suis qu'un immigré venant vivre dans un autre pays . Ils voient , les khmers rouges ,comme , "des gens " qui sont des " des méchants " , quelque part au Cambodge , voire des " voyous " de l'histoire cambodgien.


Le 17 Avril 1975 , c'est bien , la date maudite pour le Cambodge.





Bonjour Kaunklau
Si je raconte à mes enfants c'est par ce que je pense qu'il faut qu'il soient au courant de ce qui s'est passé, notre passé. Je ne connais pas les belles histoires des princes et des princesses. La notre est certainement très triste. C'est histoires des rescapés et des ces malheureux victimes d'une folie meurtrière. Et de ceux qui ont commis cette grave erreurs, cette catastrophe. Et que le monde ne doit pas l'oublier. Et que les générations d'après prennent conscient de cette acte de folie, que leurs successeurs soient conscient des erreurs de leurs parents, qu'ils ne sont pas des héros.

Il faut crier et crier encre plus fort et partout.
En suivant mon carnet(mon journal), je vais essayer de vous raconter jour pour jour, du 17 avril 75 jusqu'à la fin de 1975. Si je pourrais.

Si on tient compte des données déjà connu:
1 700 000 morts pendant 3 ans huit mois et 20 jours(1355j)
C'est 1255 personnes meurent chaque jours pendant 1355 jours.



Au travers de vos témoignages, un fait me saute aux yeux :

- en mars 1970, les " calés" de l'Histoire du Cambodge s'accordent sur un chiffrage avoisinant les 5 000 maquisards Khmers Rouges (au grand maximum, tout le monde est d'accord pour dire :" moins de 10 000"
- le 17 avril 1975, vous les témoins directs à Battambang ou Phnom Penh, vous voyez apparaitre majoritairement ceux que plus tard on verra apparaitre partout dans le monde :"des "enfants-soldats" .. des gamins de 12/14 ans

Moins de 5 ans pour arriver à un tel résultat : visiblement les KR n'étaient pas seuls pour- en partant de rien - mettre aussi vite en application l'un des principes les plus cruels des guerres révolutionnaires modernes.

#92724 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 12:11 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) kaunklau
Sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre


 
Messages 3348
Inscrit(e) le 25/04/2011
Lieu de résidence thionville
RDB ,
"...Moins de 5 ans pour arriver à un tel résultat : visiblement les KR n'étaient pas seuls pour- en partant de rien - mettre aussi vite en application l'un des principes les plus cruels des guerres révolutionnaires modernes".

Personnellement , je ne pense pas que les khmers rouges ont gagné la guerre " par des armes " , comme leur Angkar avait vanté .

On est tout d'accord , que la majorité des khmers " monsieur tout le monde " respectent et apprécient NSH, comme Samdech Euv ( roi papa ). Celui-ci avait appelé la révolte ,via la radio de Pékin , en khmer . On a constaté que dans l'armée de La République khmère , les soldats ne sont pas motivés .

Au début , c'était réellement l'agression par des forces de l'armée communistes vietnamien , d'où Lon Nol avait fait appel au soldat khmer de Kampuchea krom ," les échappes blanches (kansèng sâr)" , formés par les américains .

Un autre facteur et un gros défaut , c'est la corruption dans ce régime et l'abandon de l'aide américain .
Comment vous allez vous battre , si vous enfants n'ont rien à manger ?

Le dernier facteur , c'est dans la tête des gens " mais , ils sont également khmers , pourquoi s'entretuer ? ".

La naïveté des khmers , le bouddhisme , nous entrainaient dans l'enfer .Il n'y a qu'une phrase de regret , si et seulement si , on le savait d'avance , on ne se laissait pas faire !

#92727 View kaunklau's ProfileVisit kaunklau's HomepageView All Posts by kaunklauU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 12:44 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005

Moins de 5 ans pour arriver à un tel résultat : visiblement les KR n'étaient pas seuls pour- en partant de rien - mettre aussi vite en application l'un des principes les plus cruels des guerres révolutionnaires modernes.


Non ils n'étaient pas les seuls. Ils étaient aidés par ces frères Vietcong depuis les premiers jours en armes, en hommes et en techniques.
Les attaques de Kratié et de Kompong Thom ne peuvent avoir lieu sans les aides de ces frères. A Touk meas Kampot, c'étaient que des Vietcong.

Ces soit disant 5000 adultes qui sont devenus formateurs des mômes des zones libérées. Dans un monde fermé, et bien entretenus, en un rien de temps ces mômes sont devenus de vrais esclaves(robots), obéit aux ordres sans réfléchir. Ils connaissaient à peines trois lettres de l'alphabet, ne parlent pas plus de trois mots. C'est la force de KR, pour tyranniser sa propre population plus tard, mais pas pour faire face à une vraie armée vietnamienne.
Ils ne sont pas capable de prendre une décision, mais très doués à exécuter les ordres de l'Angkar.

Une chose qu'on doit se rappeler: ce sont les gamins de "prachéa chun chah", ils sont nombreux. Dès 1971 ils sont devenus des soldats au fronts, prêt à mourir pour Angkar, qui à vrai dire ils savent pas ce que c'est. Capturés par les hommes de Lon Nol, ils deviennent muets.
#92729 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 18/04/2013 @ 14:13 Bas de page
Re : Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7801
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
[quote=Seun nmott]


Ces soit disant 5000 adultes qui sont devenus formateurs des mômes des zones libérées. Dans un monde fermé, et bien entretenus, en un rien de temps ces mômes sont devenus de vrais esclaves(robots), obéit aux ordres sans réfléchir. .



Oui et dès le 23 mars 1970, date de l'appel radiodiffusé de SNS à partir de Pékin, les 5 à 10 000 "maquisards initiaux" seraient passés rapidement à 100 000 (estimation souvent retenue); de plus effectivement, tant les soldats du Nord Vietnam( ex-Vietminh) que les Vietcongs du Sud sont entrés profondément dans le Cambodge,au moins jusqu'au premier semestre 1973 (accords de Paris) :la formation et l'organisation des maquis KR était visiblement nord-vietnamienne (ex. Viet-minh )

#92741 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 09:11 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005
19 avril 1975

La nuit était bien longue. Ma femme et moi nous essayons de nous encourager mutuellement. Nous avons bien des choses à se dire. C’est aussi la première fois que nous nous parlons beaucoup. Nous ne sommes réveillés que pas les bruits des haut-parleurs, nous convoquons cette fois à venir à une réunion. C’est déjà le matin de 19 avril 1975. Deuxième matin que je me réveille avec tante de peine. Qu’est-ce qu’il peut bien nous arriver encore ?
Ma femme m’a laissé partir à la réunion.
L’université, lieu de réunion, se trouve à l’extérieur de la ville, vers la base militaire et l’aéroport. J’ai emprunté le vélo d’un voisin pour m’y rendre.
Les KR nous ont annoncé que tous les fonctionnaires, les corps enseignants en priorité, sont convoqués à venir à une réunion d’information obligatoirement.
Je ne suis jamais venu par ici, je veux dire dans cette université. Je me dirige vers l’amphithéâtre, comme les autres, les corps enseignants. Arrivé dans l’amphi, cette grande salle est presque pleine déjà. Alors il y en a beaucoup d’enseignants, jamais pensé, jamais vu.
Il m’arrive à les voir ou les rencontrer beaucoup pendant les manifestations, mais pas à ce point.

Peu après mon arrivé dans cet amphi, des hommes apparaissent sur l’estrade devant les gradin de l’amphi. Ils sont une dizaine, tous en noirs, casquette noire et un krama au cou.

Leur chef, un homme assez fort, prend le micro. Il nous explique qu’il faut tourner la page. Oublier le passé, l’Angkar est là pour mener le pays vers le progrès. Pour se faire il nous invite tous à faire ce que l'Angkar nous demande.
On m’a dit qu’il se nomme camarade Sou, son nom révolutionnaire. Qu’il était prof, et son vrai nom est Khèk Pèn. Camarade Sou a expliqué que le pays est détruit par la guerre, il faut donc le reconstruire. Il est bien possible dans le premier que tout le monde doit quitter provisoirement leur demeure pour deux -trois jours, le temps nécessaires pour réorganiser la ville. Tout le monde est figé dans leur siège, on peut entendre une mouche qui vole. Le discours est haché et sec. A la fin il repartait sans dire au revoir. On ressort de l’amphi tête baissée, sans un mot, la mort dans l’âme.

Une fois arrivé à la maison, je racontais à ma femme tout ce que j’ai entendu et ce que je ressens. Nous sommes face à un terrible futur proche très inquiétant. Après manger je reprenais le vélo pour aller à la banque. M. CB et son chauffeur sont prêts à partir. Il insiste à ce que je l’accompagne jusqu’à centre de rassemblement, c’est dire dans l’enceint de l’hôtel de ville. Nous montons dans sa Land Rover, véhicule de service, M. CB fait au revoir à sa femme et à ses enfants. Arrivé à l’hôtel de ville, la voiture s’arrête devant un petit portail, M. CB descend de la voiture. Une fois sur le trottoir, il me disait, que je garde un œil sur sa famille si c’est possible. Puis il est parti rejoindre les autres chefs de services dans l’enceint de l’hôtel. C’est triste, c’est déchirant. Lui et moi on s’entend tellement bien.
Le chauffeur revient me poser chez moi, et on ne se le reverra plus.

Je commence à réfléchir sur qu’est-ce que je dois emmener pour ces « deux-trois jours» ?
Ma femme et moi, on est bien d’accord que ce n’est pas sincère, ce discours
Nous sommes certains qu'ils vont nous chasser de chez nous. Après avoir fait le tour de ce qu’on doit emmener, j’ai vite compris qu’il nous faut un moyen de transport. Ma femme pense à sa cousine dont le mari possède plusieurs vélo-remorque. Si on peut en avoir un, ce sera une bonne solution pour transporter tout ce qu’on a besoin.

Nous sommes allés à la recherche de ce vélo-remorque, en laissant les enfants à la maison. Une fois arrivés chez eux, nous les dévoilons notre souhait. Quelle chance alors, il a pu nous en offrir un. Il en avait une dizaine de remorques.
Ouf ! Oui, un grand soulagement car le mari de la cousine, un peu avant notre arrivée avait fait don de ces vélo-remorques à ses employés. Puisqu’il a compris comme moi, que « ces trois jours » n’est pas sincère.

Nous sommes rentrés avec un vélo-remorque, à la surprise générale. Mes voisins n'ont pas eu cette idée.
La troisième nuit nous la passons avec quelques assurances. Nous sommes certains que nous quitterons un jour notre appartement. Donc il faut emporter les indispensables, les nécessaires. Là où nous devons aller ce sera un lieu complètement inconnu, sûrement pas là où il y a de l’électricité ni de l’eau potable.
Nos nous sommes enfermés plus tôt que d’habitude, c’est pareil chez les voisins. Un drôle de silence règne, même pas un aboiement ni les chants des Gecko.
Eux aussi, ils ont peur!
Nous ne laissons qu’une petite lampe de pétrole allumée pour pouvoir préparer les sacs.
Les enfants sont tous au lit comme d’habitude. Ma femme commence à faire sa liste. Elle est très soucieuse et très minutieuse. Elle sait quoi prendre. Des paquets, des sacs sont déjà fait.
La remorque est dans la maison, je la charge au fur et à mesure. Oui on n’a pas attendu une minute. Je connais un peu comment fonctionner les khmers rouges. Pendant que ma femme contrôle ses préparations, moi, j’ai commencé à mettre mas livres dans des caisses de cartouches, dont j’ai pu les avoir par connaissance.Ce sont des livres dont j’ai espoir de les récupérer un jour. Les autres je les ai jeté direct dans les égouts derrière la maison pendant la nuit.

Les premiers indispensables sont déjà fait. Il est un déjà tard, avant de s’endormir ma femme m’a dit,
-Demain on ne doit pas laisser sortir les poules.
Oui, mes poules sont dans une cage qui se trouve dans un coin de ma cuisine. Chaque matin elles sortent quand j’ouvre la porte de la cuisine. Avant la nuit tombée, elles et ses petits rentrent à la cage, sans souci.
Par précaution ma femme ne souhaite pas qu’on les lâche. En cas échéance on ne pourrait pas les rassembler. Elle tient à ses poules soient avec nous quand on quitte la maison.


#92759 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 09:32 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) kaunklau
Sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre


 
Messages 3348
Inscrit(e) le 25/04/2011
Lieu de résidence thionville
Oui ,S.nM , c'est hallucinant ton vécu , j'attends , pour lire la suite de ton vécu .
M. CB est-il , un khmer ?
Une fois arrivé à Pursat , j'ai entendu dire que ces fonctionnaires étaient montés dans des camions pour aller recevoir le roi et ils seront fusillés " sous forme d'ambuscade " par des mitrailleuses des soldats khmer rouge .
Je me demande , si ce n'est pas "Koh Krâ lâr " , le lieu de massacre ?

#92760 View kaunklau's ProfileVisit kaunklau's HomepageView All Posts by kaunklauU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 09:58 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005
kaunklau a écrit

Oui ,S.nM , c'est hallucinant ton vécu , j'attends , pour lire la suite de ton vécu .
M. CB est-il , un khmer ?
Une fois arrivé à Pursat , j'ai entendu dire que ces fonctionnaires étaient montés dans des camions pour aller recevoir le roi et ils seront fusillés " sous forme d'ambuscade " par des mitrailleuses des soldats khmer rouge .
Je me demande , si ce n'est pas "Koh Krâ lâr " , le lieu de massacre ?



Bonjour Kaunklau
M. CB est un khmer, je l'écris en initial puisque je ne sais pas si sa famille ou ses enfants sont encore en vie, dont je n'ai pas leur autorisations. Quelques personnels de cette banque vivent encore aux USA.

Du côté de Pursat, je ne connais pas très bien. Mais le nom de Koh krâlar est bien un lieu de massacre.

Cher Kaunklau, je vais poster jour pour jour...ce que ma famille a vécu selon mon carnet jusqu'à la fin de 1975. Pas peur de découvrir mes notes, certaines pages sont détruites volontairement par sécurité et par moi même. Sur ces pages, s'ils ont pu mettre la main, c'est une mort assurée.
#92761 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 11:35 Bas de page
Re : Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7801
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
kaunklau a écrit

Oui ,S.nM , c'est hallucinant ton vécu , j'attends , pour lire la suite de ton vécu .
M. CB est-il , un khmer ?
Une fois arrivé à Pursat , j'ai entendu dire que ces fonctionnaires étaient montés dans des camions pour aller recevoir le roi et ils seront fusillés " sous forme d'ambuscade " par des mitrailleuses des soldats khmer rouge .
Je me demande , si ce n'est pas "Koh Krâ lâr " , le lieu de massacre ?



je suis aussi avec un très grand intérêt vos témoignages vécus .

SVP, sur les "lieux de massacre à Battambang", cf aussi ce topic concernant Claire LY et son témoignage et ses recherches sur le massacre des membres de sa famille.

http://www.khmer-network.com/forum/viewthread.ph...03&highlight=claire%20LY&page=1#pid84317

#92764 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 12:33 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) kaunklau
Sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre


 
Messages 3348
Inscrit(e) le 25/04/2011
Lieu de résidence thionville
Bonjour RDB ,
je revois , le lien , que vous avez remis , en haut , ci-dessus .

Effectivement , ces lieux de massacre sont peut-être , plus que un . A l'époque , quand j'étais arrivé à Pursat , vers fin 1976 , "les gens" m'avaient raconté , je n'ai pas pu constater les lieux . C'est dommage . Je ne suis pas " témoin oculaire " , je ne connais pas du tout , ces coins , cette région : Pursat , Battambang , Kompong chhnang , car je suis né à Kompong Cham vers l'est du Cambodge .

Mais , il faut savoir que les khmers rouges n'arrivent pas tous détruit des positions défensives des soldats de la République khmère , avant le 17/04/1975 . Or ,il y a des endroits , ils ont subi beaucoup des pertes , lors des assauts et des fois , ils sont obligés de se replier .

Ainsi pour marquer leur vengeance , ils fusillaient les gens ," amoureux de Samdech euv " sur ces lieux typiques . Koh krâ lâr , est bien l'une des position que subissent beaucoup de pertes des khmers rouges .

Bientôt ,comme je suis actuellement en retraite , j'irai découvrir de mes propres yeux ces lieux maudites . Mais ,il me semble que tout est changé , maintenant ...il y a déjà 38 ans .

#92765 View kaunklau's ProfileVisit kaunklau's HomepageView All Posts by kaunklauU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 12:51 Bas de page
Re : Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7801
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
kaunklau a écrit

Bonjour RDB ,
je revois , le lien , que vous avez remis , en haut , ci-dessus .

Effectivement , ces lieux de massacre sont peut-être , plus que un . A l'époque , quand j'étais arrivé à Pursat , vers fin 1976 , "les gens" m'avaient raconté , je n'ai pas pu constater les lieux . C'est dommage . Je ne suis pas " témoin oculaire " , je ne connais pas du tout , ces coins , cette région : Pursat , Battambang , Kompong chhnang , car je suis né à Kompong Cham vers l'est du Cambodge .

.



Si vous lisez attentivement l'extrait de Claire LY que j'ai cité sur K-N, dans la conversation entre Claire LY et le jeune Cambodgien qui la reçoit sur les lieux, celui-ci commence par lui demander ce que faisait exactement son père, puis lui explique qu'il y a en fait 2 charniers :

- un avec les "notables de Battambang et les gradés"(s-e "de l'armée de LON Nol") : c'est Phnom TIPADEI, dont Sn-n connaissait visiblement déjà le nom, qu'il avait déjà cité en tant que charnier avant que je ne publie le txt de Claire LY

- un autre avec les "subalternes " ( interprétation de rdb : des soldats de l'armée de LON Nol sans doute )
je suppose que c'est l'autre nom de charnier que vous avez cité, et que Sn-n connait aussi .




Edité le 19/04/2013 @ 13:56 par robin des bois
#92767 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 13:24 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) kaunklau
Sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre


 
Messages 3348
Inscrit(e) le 25/04/2011
Lieu de résidence thionville
Phnom THIP PA DEI , chez les khmers rouges se trouve DAMBâN 2 . A gauche de la RN 5 de PURSAT vers BATTAMBANG . La séparation de Dâmbân 2 et Dâmbân 7 , c'est le chemin de fer (construit par les français ) reliant P.Penh /Battambâng . A mon avis , cette montagne (phnom = montagne) est à environ 30/40 km de la RN 5 , par loin de Mong .
C'est l'endroit où j'ai passé à côté , pendant la nuit , où j'avais quitté " camarades khmer rouge " en 1976 , avec mes 3 amis .
J'aimerai bien voir la carte détaillée de cette région ! mais qui pourra nous mettre en ligne ? , nos amis cambodgien , au Cambodge , peut-être ?

Edité le 19/04/2013 @ 14:25 par kaunklau

#92774 View kaunklau's ProfileVisit kaunklau's HomepageView All Posts by kaunklauU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 13:32 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) bbn
Membre
MembreMembreMembre


 
Messages 125
Inscrit(e) le 11/04/2013
le chemin a été l initiative des francais, et la construction est faite par les esclaves khmeres. oui, durant la période coloniale, il y avait des esclaves khmeres. jamais un francais colon ne construit quoique ce soit. les colons supervisaient.
#92777 View bbn's ProfileView All Posts by bbnU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 13:51 Bas de page
Re : Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7801
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
bbn a écrit

le chemin a été l initiative des francais, et la construction est faite par les esclaves khmeres. oui, durant la période coloniale, il y avait des esclaves khmeres. jamais un francais colon ne construit quoique ce soit. les colons supervisaient.



?????? Dites donc, vous avez fait des études très classiques et très "class"

- Le chemin de fer : je ne sais pas mais très possible que votre version s'approche de la réalité de la "Belle Indochine de papa "...

- ceci dit, cela n'aurait pas été une "nouveauté en pays khmer"!

Angkor Vat et d'autres monuments d'Angkor ont été construits aussi avec des esclaves : çà c'est sur !!

° "esclaves de guerre"(quand Jaja VII manquait de main d'oeuvre, allez hop une petite guerre )

° "esclaves pour dettes d'argent ou de jeu" : et y en avait pas mal parait-il (rien n'a, semble-t-il, beaucoup changé depuis !!!)
... etc etc ..







Edité le 19/04/2013 @ 14:53 par robin des bois
#92779 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 13:54 Bas de page
Re : Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) kaunklau
Sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre


 
Messages 3348
Inscrit(e) le 25/04/2011
Lieu de résidence thionville
bbn a écrit

le chemin a été l initiative des francais, et la construction est faite par les esclaves khmeres. oui, durant la période coloniale, il y avait des esclaves khmeres. jamais un francais colon ne construit quoique ce soit. les colons supervisaient.

pour vous faire plaisir :
lire , plus tôt : " le chemin de fer construit à l'époque de colonisation française " ou " construit à l'époque de protectorat français "

#92780 View kaunklau's ProfileVisit kaunklau's HomepageView All Posts by kaunklauU2U Member
Haut de page 19/04/2013 @ 13:56 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
Déconnecté(e) Seun nmott
Modérateur Vénérable Sage
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

djnsAFy.gif
 
Messages 10164
Inscrit(e) le 27/12/2005
robin des bois a écrit

kaunklau a écrit

Bonjour RDB ,
je revois , le lien , que vous avez remis , en haut , ci-dessus .

Effectivement , ces lieux de massacre sont peut-être , plus que un . A l'époque , quand j'étais arrivé à Pursat , vers fin 1976 , "les gens" m'avaient raconté , je n'ai pas pu constater les lieux . C'est dommage . Je ne suis pas " témoin oculaire " , je ne connais pas du tout , ces coins , cette région : Pursat , Battambang , Kompong chhnang , car je suis né à Kompong Cham vers l'est du Cambodge .

.


- un avec les "notables de Battambang et les gradés"(s-e "de l'armée de LON Nol") : c'est Phnom TIPADEI, dont Sn-n connaissait visiblement déjà le nom, qu'il avait déjà cité en tant que charnier avant que je ne publie le txt de Claire LY

- un autre avec les "subalternes " ( interprétation de rdb : des soldats de l'armée de LON Nol sans doute )
je suppose que c'est l'autre nom de charnier que vous avez cité, et que Sn-n connait aussi .




Phnom TIPADEI, c'est là que je dois m'y rendre pour et dans l'espoir de retrouver mon père. Mais le salop de Mékang(chef de section), un jeune de 13 ans ne m'a pas accordé . Oui dans man village on est en train de former un groupe pour aller ramasser les lianes à Phnom Theupdei.
On racontait au paravent que beaucoup de Phnom Penhois y sont envoyés par milliers. Je suis donc allé demander, supplier je me suis mi à genou à ce jeune de faire partie du groupe. Hélas, il m'a rejeté comme une feuille morte.
C'est pourquoi je ne sais jamais où est mort mon père et les autres membres de la famille.
Ce n'est qu'en février 1980 que j'ai pu faire un tour par là. Juste un tour pour seulement voir ce que c'est Phnom Theupdei.

J'ai encore de la rage.
Voilà 38 ans passé que je n'ai pas vraiment fait un vrai deuil.


Kaunklau, tu as surement croisé mon père.....
..............

#92781 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
« 1  2  3  4  5 »   « Sujet précédent | Sujet suivant »  
Nouveau SujetNouveau sondageRépondre
Haut de page