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Auteur Province de Siem Reap: la lente agonie de cinq temples oubliés (1ère partie)   ( Réponses 0 | Lectures 2785 )
Haut de page 18/12/2011 @ 21:46 Bas de page
Province de Siem Reap: la lente agonie de cinq temples oubliés (1ère partie) Reply With Quote
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Province de Siem Reap: la lente agonie de cinq temples oubliés (1ère partie)

©Krystel Maurice

Les bulldozers avaient débarqué par un beau matin de 2007 le long de la piste défoncée qui menait au nord du pays. Ils avaient bifurqué à la hauteur des grands arbres et s’étaient engouffrés dans l’obscurité de la jungle.
Des ribambelles de gosses avaient surgi des bicoques de bois. Les mères étaient restées au pied des baraquements, sans bouger, comme accrochés à leurs seuls biens.

Soixantaine familles vivaient là, au pied du Phnom Kulen, à quelques kilomètres du temple de Bang Meala. Démunies de tout, elles s’y étaient installées au début des années 2000. Les terres étaient arides, mais ici, pensaient-elles, personne ne viendrait ne les déloger.

C’était sans compter sur le gouvernement qui depuis quelques années distribue à tout va les terres du pays.
Des Cambodgiens influents, des membres du parti au pouvoir, des ministres ou leurs familles mais aussi des compagnies chinoises, vietnamiennes, sud- coréennes, taïwanaises se voient attribuer par le gouvernement des concessions d’exploitation pour des durée de 99 ans. Depuis 2008, plus 7 millions d’hectares de terre sur les 18 millions que compte le pays auraient ainsi été distribués, dont près de 5 millions destinés à l’exploitation forestière ou minière, selon l’association de défense des droits de l’homme Adhoc.
Leurs dirigeants spolient les populations locales qui se voient chassées de leur terre. La traque aux récalcitrants est ouverte. Des bataillons de militaires et de policiers aux ordres des puissants sont chargés de faire place nette. Les habitations sont incendiées, leurs occupants menacés, attaqués, emprisonnés.

Les bulldozers provoquent l’effondrement d’un temple pré Angkorien

Ici, au nord de la province de Siem Reap, non loin de Svay Leu, la Kreb Company venait d’obtenir une concession pour exploiter l’hévéa. Une fois de plus, les habitants avaient été sommés de plier bagages. Durant des semaines les bulldozers avaient abattu des arbres, et nettoyé toute trace de végétation.

Au cœur de la forêt les villageois avaient découvert un autre désastre. Ébranlé par les coups de boutoir des pelles mécaniques, Prasat Tukh Preah, un des cinq petits temples pré Angkoriens qui se trouvaient là s’était écroulé comme un château de cartes.

Deux ans plus tard, en décembre 2009, un petit article dans la presse avait attiré mon attention. Alerté par les habitants, l’autorité Apsara, en charge des temples d’Angkor, avait délimité une zone de protection autour de ces temples. Les engins de la compagnie ne pourraient plus y pénétrer.

Le gouverneur du district de Svay Leu s’était félicité de l’attitude « compréhensive » de la compagnie tandis que le procureur général de Siem Reap, au retour « d’une marche de 6 à 7 km dans la jungle », avait fait part de sa « profonde tristesse » de voir ces temples abandonnés.

Bun Tharith, le directeur général d’Apsara avait ajouté:« Nous voulons construire une route et ouvrir le site aux touristes. Mais la forêt complique les choses, sans parler des autres projets d’Apsara qui doivent être menés à bien ».

Quelques jours plus tard, je décidais de m’y rendre.
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