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Author Rapport du comité des frontières sur "le «développement» et la dérive politique au Cambodge"   ( Replies 27 | Views 565 )
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RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline Vicheya
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Les représentants de la société civile, les intellectuels et les techniciens cambodgiens,réunis en séminaire le 20 avril 2008, organisé par le Comité des Frontières du Cambodge à Bussy-Saint-Georges (France), pour examiner et débattre de la situation sociale et politique du Cambodge, ont constaté essentiellement que :

1. Le développement économique

Ce développement tant vanté par le régime en place est « soutenu » en particulier par le pillage et la braderie des richesses nationales, les privations imposées aux travailleurs et les spoliations des biens publics et privés. Seuls s'enrichissent de millions de dollars US M. Hun Sen, sa famille et ses camarades dirigeants du Parti Populaire du Cambodge (PPC), tandis que 80% de la population végètent misérablement avec 0.50, 1 ou à peine 2 dollars par jour. Le « développement » au Cambodge s'est traduit en réalité par plus de destructions de la société khmère, de sa culture, de ses traditions et de sa souveraineté nationale que par leur restauration ou leur reconstruction prévues par les Accords de Paix de Paris de 1991 sur le Cambodge, après le règne dévastateur des Khmers Rouges.



2. La culture et la religion

La société khmère est plongée chaque jour davantage dans la débauche, l'immoralité et la violence, des conséquences d'un pouvoir qui entretient la corruption et l'impunité de ses agents, viole les règles démocratiques, réprime toutes revendications et utilise toutes formes de violence pour se faire respecter. L'ouverture sans restriction à une certaine culture étrangère, relayée jour et nuit par les médias du pouvoir et de ses alliés, a fini par dévaloriser et détruire les règles des traditions et coutumes familiales et sociales khmères, et développer à vive allure la délinquance, la prostitution, le viol, le trafic humain, le sida, l'alcoolisme, la consommation de drogues... Ces fléaux ont frappé durement et particulièrement les faibles et les jeunes, en villes et à la campagne, ce que le Cambodge n'a jamais connu dans le passé.


La religion bouddhique, qui est l'âme de notre société, est rigidement embrigadée par le Parti afin de dénaturer complètement son enseignement et sa pratique. Les nouveaux bonzes, appâtés par le confort matériel, ont délaissé les règles disciplinaires traditionnelles, le « Dharma Vinaya », et se sont adonnés profusément au commerce de toutes sortes de pratiques superstitieuses. Le clergé bouddhique lui-même est divisé en factions, celle « du 7 janvier (1979) » au service du Parti et celle des traditionalistes, constamment en conflit entre elles. Les violentes répressions commises par les religieux « du 7 janvier » et la police sur les religieux traditionalistes en 2007 étaient bien la face visible de la volonté du Parti de démanteler « démocratiquement » le bouddhisme khmer et, partant, toute résistance morale de la population aux méfaits du pouvoir et de groupes sociaux dévoyés.


Après la tragédie polpotienne, la culture nationale, péniblement reconstituée par les Khmers, est de nouveau menacée de disparition par le développement de la corruption, de la « mondialisation » des tentations et de la répression par le pouvoir des droits et libertés élémentaires des citoyens.



3. La condition des femmes khmères

La misère et l'Etat de non-droit ont frappé encore plus durement les femmes. Aujourd'hui, elles sont réduites à l'état d'esclaves, exploitées, agressées, maltraitées, violées, puis abandonnées aux rebuts sociaux. Les femmes ministres et députées et des organisations de la société civile ont fait d'énormes efforts pour revendiquer le respect des droits de la femme, mais la police et la justice ne suivent pas.


En 2007, la misère a poussé, selon une organisation internationale, 38% de jeunes filles de 16-17 ans à « vendre » leur virginité. Les parents, pour survivre de la faim et de la maladie, ont vendu leurs petites filles de 6-7 ans aux proxénètes pour 100 dollars US (66 euros) par tête. Il y a dans le pays entre 50 000 et 100 000 femmes et enfants engagées dans l'industrie du sexe. Une catégorie d' « employées d'entreprise », formée de masseuses, de vendeuses d'oranges, de « lanceuses de bière », de chanteuses de karaoké ou d'hôtesses d'accueil, doivent se prostituer à la demande des clients si elles veulent garder leur « emploi ». Le Cambodge vit, en effet, d'un tourisme sexuel florissant depuis quelques années. L'explosion de la débauche sexuelle a d'ailleurs ravagé le reste de la société. On ne compte plus les viols incestueux des pères, des oncles ou des frères sur leurs filles, leurs nièces ou leurs sœurs. Sont devenus courants aussi, les rapts de prostituées, de collègues de travail, de voisines ou de jeunes paysannes, suivis de viols collectifs. Les victimes peuvent être tuées, pour qu'elles ne puissent dénoncer leurs agresseurs.



Evidemment, le nombre et le degré des violences conjugales, dont sont victimes les femmes, sont peu connus par les autorités, car, par pudeur ou par « obligations » - celle, par exemple, de « protéger l'avenir des enfants » – ces femmes préfèrent se taire. D'ailleurs, les femmes divorcées ou abandonnées avec 4, 5 ou 6 enfants à charge par les maris violents ou volages ne sont pas vraiment protégées par la loi et par les tribunaux. Seules quelques organisations étrangères s'occupent, comme elles le peuvent, de la détresse des femmes, de leur santé morale. Le coût de la santé physique des mères est inabordable, les hôpitaux étant rares et pauvrement équipés et les soins n'étant prodigués qu'aux plus offrants. A la campagne, les femmes n'ont pratiquement aucun accès aux soins médicaux. Les statistiques disent que le taux de mortalité des femmes après l'accouchement au Cambodge est de 4 ou 5 fois plus élevé que ceux du Viêtnam ou de la Thaïlande. Plus tragique encore, le taux des avortements mal opérés ayant entraîné la mort est de 25% en 2006 au Cambodge, selon l'OMS, alors qu'il est 13% des cas dans le monde. Quant aux opérations de dépistage des cancers du sein ou de l'utérus, elles sont inconnues à 90% de nos femmes...


D'une une longue tradition matriarcale, les femmes khmères, gardiennes de la famille, des bonnes mœurs et d'une grande part de la culture nationale, ont toujours été respectées, honorées, dotées d'un statut social au moins égal à celui des hommes. C'est une caractéristique importante de notre identité nationale. Evidemment, nos femmes doivent avoir des droits semblables à ceux des hommes, à la santé, à l'éducation, à un travail digne, à l'accès aux postes de responsabilité dans la vie professionnelle ou dans la politique. Mais d'abord, et c'est le plus important, elles doivent pouvoir jouir des droits à la protection de leur nature particulière de femmes, leur pudeur, leur santé morale, leur maternité, et ce, quelle que soit leur condition sociale.



4. Les pertes dans le problème des frontières

Concernant les problèmes des frontières du Cambodge avec ses voisins, ils ne sont pas « terminés », mais restent entiers, sur terre et en mer.



Sur la frontière terrestre entre le Cambodge et le Vietnam, le Traité de 1985 et son « Traité complémentaire » de 2005 conclus par M. Hun Sén avec Hanoi ne reposent sur aucune base juridique internationale valable, bien qu'ils fassent allusion l'un et l'autre à l'application « des principes et pratiques internationaux ». Les vices de procédure de leur conclusion (l'occupation militaire viêtnamienne, les abus de pouvoir de M. Hun Sén, ses répressions, ses menaces et ses contraintes exercées sur les citoyens, sur le Parlement et sur le Roi, et l'absence totale du consentement préalable des populations khmères frontalières) sont évidents, pour que l'on doute encore de l'illégalité des adoptions de ces traités. Avec ces traités, le Cambodge a perdu au profit du Viêtnam de 4 à 6 000 Km² de ses terres les plus riches des provinces de l'est, à cause de l'occupation de fait et des déplacements autoritaires de Hanoi des anciennes bornes de frontière vers l'intérieur de notre pays, jusqu'à 40 Km en certains endroits. Le cas de la Piste Ho-Chi-Minh est un exemple éclairant : cette piste construite pendant la dernière guerre du Vietnam passait à plusieurs kilomètres à l'intérieur du nord-est cambodgien et est devenue maintenant un grand axe routier viêtnamien, dont les environs sont également aménagés et contrôlés par les forces de Hanoi. La création récente, sans l'approbation du Parlement khmer, d'une énorme zone dite du «Triangle de développement Vietnam-Laos-Cambodge» est d'abord pour cacher toutes ces annexions autoritaires de territoires khmers par Hanoi. Nous attendons de voir la nouvelle carte politique du Cambodge, que M. Hun Sén publiera à la connaissance de la Communauté internationale, pour savoir si elle correspond à celle de 1964, avec une superficie de 181 035 Km² ou « même plus », comme il l'a toujours assuré.



Concernant les frontières maritimes du Cambodge, rien n'est réglé non plus, et l'occupation militaire de Hanoi de nos eaux territoriales se maintient jusqu'à présent. L'annexion par le Viêtnam des îles Koh Trâl et Krâchâk Sés et son invention de la soi-disant « Zone des Eaux historiques » sont d'indéniables violations de l'intégrité territoriale du Cambodge. Tout est remis en question aussi par M. Hun Sén sur nos frontières avec la Thailande, malgré l'existence depuis un siècle de traités détaillés de délimitations des frontières terrestre et maritime entre les deux pays. En plus de ces îles hautement stratégiques, nous avons perdu les deux-tiers des 95 000 Km² de notre plateau continental au Viêtnam et à la Thailande, à cause d'un Accord signé par M. Hun Sén avec Hanoi le 7 juillet 1982. Ces accords successifs nous font perdre toute possibilité d'une défense indépendante de notre espace maritime jusqu'à la haute mer et, sur le plan économique, d'énormes richesses halieutiques et sous-marines au profit des deux voisins. Ce qui, sur mer aussi, réduit notre souveraineté nationale et appauvrit davantage encore notre peuple. M. Sean Péngsè, président du Comité des Frontières du Cambodge basé en France, souhaite, pour sa part, avoir un débat à distance avec M. Hun Sén, par l'intermédiaire de la radio RFA ou de la VOA, pour éclaircir tous ces problèmes touchant les frontières terrestre et maritime de notre pays.



5. L'exploitation aventureuse du pétrole

Concernant l'exploitation des gisements du pétrole cambodgien, c'est encore M. Hun Sén seul qui décide des contrats avec des compagnies étrangères, en secret, sans aucun appel d'offre international, à sa convenance politique et financière personnelle. L'espace maritime pour l'exploitation off-shore est aujourd'hui réduit à celui qui reste des annexions viêtnamienne et thaïe des eaux khmères, respectivement en 1982 et en 1997. Pourtant, en février 1970, le Cambodge, après un appel d'offre international, a accordé un permis de recherches pétrolières en mer sur la totalité des 95 000 Km² de son plateau continental à la Société nationale française Elf-Erap, pour une durée de 5 ans. En 1974, les renseignements et résultats techniques obtenus par des travaux de reconnaissances géophysiques d'Elf-Erap nous ont fait comprendre que les plus grands gisements de pétrole et de gaz ne se trouveraient pas dans les « blocs » actuellement définis par M. Hun Sén, mais plutôt au large de Koh Trâl, devenu depuis 1982 « Zone des eaux historiques » (de 10 000 Km²) occupée par les forces du Viêtnam.



Sur le plan technique, les recherches pétrolières et gazières en mer sont très complexes et les résultats effectifs à la surface peuvent être bien inférieurs à ceux théoriquement escomptés. Jusqu'ici, la compagnie américaine Chevron n'a pas encore donné les estimations de la quantité de productions de son bloc. C'est peut-être aussi un secret qu'elle réserve à M. Hun Sén seul, dans ses négociations sur les quotas financiers à se partager. Par ailleurs, les négociations de M. Hun Sén avec Bangkok sur les conditions d'exploitation des 20 600 Km² de « zone maritime de chevauchement » pourraient encore avoir d'autres incidents sur l'exploitation elle-même et le profit pétrolier attendu. Mais, le plus grave sur le plan politique, en acceptant de coopérer avec les Thaïs sur la soi-disant « zone de chevauchement », M. Hun Sén reconnaît implicitement la validité de l'Accord bilatéral Viêtnam-Thailande du 11 août 1997 sur leur nouvelle frontière maritime, au détriment flagrant du Cambodge.



Quant aux recherches et exploitations pétrolières on-shore au bassin du Tonlé Sap, Hanoi en sera le grand maître d'œuvre, les berges du grand lac étant déjà massivement occupées par les colons viêtnamiens. M. Hun Sén a pris cette décision en octobre dernier, malgré les craintes exprimées par des spécialistes que les opérations d'extraction du pétrole « pourraient endommager irrémédiablement le fragile écosystème de cet endroit unique en Asie du Sud-est ». Il s'est opposé également à la demande de l'UNESCO, dès 1997, de protéger le lac Tonlé Sap comme l'une de ses réserves de biosphère et comme un Patrimoine mondial, arguant que les conditions de cette dernière gêneraient les activités de la pêche et l'exploration d'hydrocarbures sur ce grand lac. Or, il faut savoir aussi que des travaux et des synthèses cartographiques et géologiques faits dans le passé sur ce bassin ont montré que ses perspectives pétrolières sont très réduites. Ce que l'on tirerait de ce projet d'exploration pétrolière serait surtout une plus grave pollution chimique pouvant entraîner la mort du Tonlé Sap lui-même. Mais que peut refuser M. Hun Sén à son « Grand frère » de Hanoi ?



6. La dépendance énergétique

Pour le moment, le « très rapide » développement économique du Cambodge dépend pratiquement à 100% de l'essence, du fuel et de l'électricité fournis par ses voisins. A l'ouest, la Thailande vend son électricité aux villes de Koh Kong, Poipet, Banteay Mean Chey, Siemreap et Battambang. Le Viêtnam se charge d'éclairer les villes et les grands bourgs de toutes les provinces de l'est et du sud jusqu'à Phnom Penh. Le Laos aussi va fournir son électricité aux villes du nord cambodgien. La Chine construit pour 2010 un barrage hydroélectrique de 190 mégawatts à Kamchay (Kampot) et promet d'en faire quatre encore dans la province de Pursat. En effet, l'électricité vendue par la compagnie nationale Electricité du Cambodge à Phnom Penh et dans les capitales provinciales est l'une des plus chères du monde (de 0,12 à 0.39 euro par KWh, en 2007). Il faudrait attendre 2016 ou 2020, selon un ministre, pour que les barrages hydroélectriques cambodgiens, construits par les Viêtnamiens en Ratanakiri et en Stung Trèng, puissent produire « des milliers de mégawatts ».



Dans le domaine de l'énergie, le Cambodge est depuis 30 ans sous la lourde dépendance du Viêtnam. La situation risque de durer très longtemps encore. En effet, nous avons complètement négligé à bâtir notre propre force dans ce domaine crucial. Le Japon et l'Allemagne, pourtant très lourdement endommagé à la sortie de la 2e Guerre mondiale, ont réussi à se reconstruire pour devenir de grandes puissances économiques. Ces deux pays ont cru à la science et ont résolument tourné vers la modernité, aussi bien pendant la guerre que après. Ils ont utilisé la science et la technique pour créer des richesses, pour le plus grand bien de leurs peuples. Au Cambodge, cependant, l'indépendance politique depuis 55 ans n'est pas accompagnée par le développement économique, par l'indépendance énergétique, ni par l'indépendance du savoir et du savoir-faire. Aujourd'hui, ce sont exclusivement des spécialistes étrangers des compagnies françaises, américaines, japonaises, malaises, viêtnamiennes, thaïlandaises ou singapouriennes qui nous vendent leur électricité ou qui nous découvrent des gisements de pétrole sous nos mers, et qui vont gérer et contrôler les exploitations, uniquement pour leur profit, sans se soucier des conséquences sur notre environnement.



Il n'est pas certain que ce pétrole soit profitable au peuple khmer. Par contre, il sera générateur de pollutions - et de l'aggravement de la corruption généralisée dans notre pays. Or, même si nous n'avions pas de pétrole, avec de l'effort, nous pouvions créer d'autres types d'énergies, dont, par exemple, les énergies solaires photovoltaïque, éolienne et hydroélectrique, les biomasses sous forme de bio-gaz à partir des déchets et sous forme d'agrocarburants. Ainsi, nous ne devons pas sous estimer l'importance de la science et de la technologie, ni la nécessité de former nos propres techniciens de tous niveaux, dans toutes les activités industrielles. Sans cela, nous retournerons sûrement et simplement vers notre déchéance, et nos deux puissants voisins seront très contents de se partager notre pays.



7. L'emprise viêtnamienne des institutions du Cambodge

L'ancienne histoire des visées hégémonique et annexionniste du Vietnam sur le Cambodge se déroule de nouveau sous nos yeux. La République Socialiste du Vietnam (RSV), sûre de ses forces, a entrepris sa nouvelle conquête du Cambodge en 1979, en bafouant ses engagements vis-à-vis de ce pays et sans se soucier des condamnations internationales.



Le nouveau processus de la viêtnamisation du Cambodge comporte trois phases. D'abord, les traités et accords de 1979, 1982, 1983, 1985 entre la RSV occupante et sa créature, la République Populaire du Kampuchéa (RPK) de MM. Heng Samrin, Chea Sim et Hun Sén, constituent des cadres politico-juridiques imposés à cette dernière, appliqués insidieusement, sans discontinuité jusqu'à présent, en portant gravement atteinte à la souveraineté, à l'intégrité et l'inviolabilité territoriales, à l'indépendance, à la neutralité et à l'unité nationale du Cambodge. En même temps que l'annexion immédiate de territoires khmers, ces traités et accords ont favorisé l'immigration massive de colons vietnamiens et leur implantation sur le sol khmer.



Ensuite, soumis à de fortes pressions intérieures et extérieures, le Viêtnam a simulé un retrait de ses troupes du Cambodge en septembre 1989, avant la conclusion des Accords de Paris de 1991 et l'arrivée de l'APRONUC, surtout pour éviter de soumettre toutes les catégories de ses forces à la vérification de cette dernière et de transformer en conséquence sa stratégie de vietnamisation du Cambodge en une vietnamisation discrète et silencieuse, en plaçant ses agents déguisés en Khmers au sein des différents organes de direction et de l'administration du pays, dans l'armée, la police et la milice notamment. De sources dignes de foi, le Viêtnam a laissé, en 1989, 27 000 soldats au Cambodge, puis fait revenir peu de temps après de 64 à 66 000 troupes pour aider M. Hun Sén à parer aux menaces des forces de la Résistance cambodgienne. A ce moment-là, l'on a estimé le nombre des colons civils viêtnamiens (et leurs milices) au Cambodge à plus de 2 millions de personnes déjà.



Dans la troisième phase qui continue en ce moment, la vietnamisation du Cambodge se consolide par des visites incessantes, d'« échanges d'informations et d'expériences » et la multiplication de « coopérations fraternelles dans tous les domaines et de tous niveaux » entre le gouvernement, l'armée, la police, le parlement, les organisations sociopolitiques, économiques, culturelles et religieuses du Viêtnam avec celles du Cambodge strictement contrôlées par le Parti Populaire du Cambodge (PPC) et les réseaux de forces occultes viêtnamiennes laissés en place.



Rien n'est laissé au hasard par Hanoi et les dirigeants khmers, saisis à la gorge et paralysés sous la domination des « frères Viêtnamiens », sont forcés de collaborer à la viêtnamisation de leur propre pays. D'un autre côté, vu son développement rapide, dû à son ouverture à la « mondialisation », le Viêtnam est maintenant perçu dans le monde comme un nouveau Grand héros d'Asie du Sud-est. Il vient d'être élu membre du Conseil de sécurité de l'ONU. Pour qu'il apporte sa « contribution à la paix dans la région et dans le monde », après qu'il ait violé ouvertement, et continue à le faire, la neutralité et le non-alignement du Cambodge, bafouant délibérément l'Accord de Genève de 1954 sur l'Indochine et les Accords de Paix de Paris sur le Cambodge du 23 octobre 1991, dont il est également signataire ?



8. La colonisation viêtnamienne


Depuis 30 ans, le Cambodge est devenu une colonie de peuplement du Viêtnam. Dès les premières semaines de 1979, les nouveaux immigrants viêts sont autorisés - ou plutôt dirigés - à occuper toutes les régions riches et stratégiques du Cambodge, dans les zones urbaines et dans les campagnes où sont présentes les forces d'occupation de Hanoi. Les provinces frontalières, les berges du Mékong et le grand lac Tonlé Sap étaient leurs premières destinations. Ils ont investi massivement aussi les grandes villes, de Phnom-Penh à Battambang, de Kampot à Koh Kong et Kompong Som (Sihanouk-ville). Après la reddition totale des Khmers Rouges polpotistes en 1996, des Viêts sont venus en grand nombre s'installer à la frontière thaïlandaise. Depuis quelques années, on les trouve très nombreux également dans les provinces du nord, même à Anlong Vèng, un ancien fief de Pol Pot et de Ta Mok... A présent, les « immigrants » viêts sont majoritaires dans les provinces cambodgiennes comme Svay Rieng et Prey Vèng, vraisemblablement à Phnom-Penh aussi. Ces colons estimés actuellement à plus de 5 millions (sur les 14 millions de population totale du Cambodge) ont pu obtenir très facilement la carte de nationalité cambodgienne qui est aussi carte d'électeur. Evidemment, ils adhèrent tous au PPC, le parti de M. Hun Sén : selon les responsables du PPC, le nombre de ses membres, qui était de 20 000 environ en 1989 était passé exponentiellement à plus de 3 millions en 1993, puis à 4,1 millions en 2006, et à plus de 5 millions sur les 8 millions d'électeurs inscrits en février 2008.



Il n'empêche qu'ils se sont regroupés au sein de l'Association des Viêtnamiens du Cambodge (AVC) laquelle, en fait, est la branche « sociale » de la puissante Ambassade du Viêtnam à Phnom-Penh. En 2008, elle dispose de 75 sections dans le pays, dont 55 à Phnom-Penh. Son président Chau Van Chi (alias Soum Chi, pour les officiels khmers) est également membre du Conseil national du « Front de la Patrie du Kampuchea (Cambodge) », un organe du PPC présidé par MM. Chea Sim et Heng Samrin. L'AVC est très influente auprès des Administrations cambodgiennes à Phnom-Penh et en provinces : les autorités doivent « consulter » ses représentants locaux pour traiter tous les problèmes concernant les Viêts de l'endroit. D'ailleurs, pour le député Son Chhay, « l'immigration des Viêts vers le Cambodge est maintenant plus facile qu'avant encore, grâce à la protection que leur apporte l'AVC ». En avril 2006, en fêtant à Phnom-Penh le 31e anniversaire de la chute de Saïgon, ainsi que le 116e anniversaire de la naissance de Ho Chi Minh, Chau Van Chi a déclaré que « les Viêts du Cambodge sont déterminés à contribuer à l'édification du Viêtnam, leur mère-patrie, en un pays prospère » et a exhorté ces Viêtnamiens à « vivre et suivre l'exemple du Grand Oncle Ho ».



A présent, des Khmers d'origine viêt sont aussi chefs de village, de quartier, de commune, officiers de police, chefs de services provinciaux, gouverneurs de districts, de provinces, et réclament de nouveaux droits légitimes pour les leurs. En janvier 2008, le ministre de l'Intérieur Sar Kheng annonce soudainement son projet de loi pour « une décentralisation démocratique et une déconcentration indispensable des charges du Gouvernement royal ». Il a prévu essentiellement l'institution des « Conseils (des élus municipaux) de la capitale et des provinces, villes, districts, arrondissements, communes et quartiers, qui ont les pouvoirs de proposer des projets de gestion de leur territoire respectif et de voter la défiance aux administrateurs nommés par le ministre de l'Intérieur ». Ces collectivités disposent « de l'autonomie budgétaire et de leurs propres services publics, et travaillent pour élever démocratiquement le niveau de développement local pour les besoins de leurs populations ». Or, depuis 15 ans, le régime a instauré une démocratie sans liberté et sans transparence ; la notion de solidarité nationale, en termes de services publics et sociaux, est largement ignorée. Avec ces carences, la décentralisation adoptée ressemble plutôt à un morcellement politico-administratif du pays qu'à une recherche d'un nouvel équilibre entre l'Etat et ses collectivités nationales. Elle permettra surtout l'accélération de la viêtnamisation politique des provinces, districts, villes et communes où les Viêtnamiens dominent déjà les populations khmères.



9. Appel


Face à ces dangereuses menaces de dissolution de leur patrie et de leur nation, les participants au Séminaire ont appelé à la mobilisation et à l'union de tous les Khmers, dans le pays et dans le monde, quels que soient leur âge, leur sexe, leur situation sociale et leur conviction politique, individuellement ou en groupe, à prendre part activement au Combat national commun, sous toutes ses formes culturelles, sociales, économiques et politiques, pour résister contre les destructions étrangères et la colonisation du Cambodge par le Viêtnam, et contre le régime dictatorial et corrompu de Phnom-Penh du Parti Populaire du Cambodge dominé par les éléments du Parti Communiste du Viêtnam. Chaque Khmer, homme ou femme, où qu'il se trouve, doit lutter pour préserver et privilégier l'Identité et l'Indépendance nationales, dont les coutumes familiales et sociales, les enseignements du bouddhisme khmer, le mode de vie et les arts ancestraux, et, surtout, la souveraineté nationale, l'intégrité territoriale, la démocratie et la neutralité du Cambodge !



Bussy-Saint-Georges, le 1er mai 2008

Les principaux intervenants :
Vénérable Ngin Phén
Mme Ung Daravichet Chai
M. Sean Péngsè
M. Y Sy Dèn
M. Mey Siphal
M. Dy Kareth

Notes :
1- Le président du Comité des Frontières du Cambodge est chargé de soumettre le présent rapport à :
- la Haute connaissance de leurs Majestés le Roi-Père et la Reine-Mère du Cambodge,
- la Haute connaissance de Sa Majesté le Roi Norodom Sihamoni du Cambodge,
2- et de le transmettre, pour suites de droit :
- aux Présidents et aux Membres de l'Assemblée nationale et du Sénat du Cambodge,
- à Monsieur Hun Sén, Premier Ministre du Cambodge,
- à Monsieur Le Secrétaire Général de l'ONU,
- à Messieurs les Co-Présidents de la Conférence de Paris sur le Cambodge,
- aux Gouvernements des autres États signataires des Accords de Paix de Paris de 1991 sur le Cambodge,
3- à la presse.
4- Les organisateurs publieront une brochure de la totalité des études et des débats enregistrés à ce Séminaire.






Edité le 04/05/2008 @ 09:31 par Vicheya

Site de thanka, peinture traditionnelle bouddhiste
http://thanka-sherpa.blogspot.com/
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Association des Cambodgiens de Franche-Comté (Besançon)
http://associationcambodgiensfranche-comte.blogspot.com/


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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline robin des bois
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Ah le Comité des Frontières?

Mais quelle est sa représentativité au sein du Srok Khmer?

Le contenu même de ce "catalogue très orienté" le rend à mes yeux peu crédible, y compris pour ceux qui ne manifestent aucune sympathie particulière pour le pouvoir et les gouvernants en place (dont moi!!!).


J'ajouterai qu' à vouloir trop prouver, on obtient un effet caricatural plutôt inverse de ce que l'on souhaite...De plus,selon moi, celà contribuerait plutôt à ne pas rendre très sympathique certaines diasporas de la planète!!!



Edité le 04/05/2008 @ 09:48 par robin des bois
#55928 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
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Re : Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline Sundgauvien38
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robin des bois a écrit


Ah le Comité des Frontières?

Mais quelle est sa représentativité au sein du Srok Khmer?

Le contenu même de ce "catalogue très orienté" le rend à mes yeux peu crédible, y compris pour ceux qui ne manifestent aucune sympathie particulière pour le pouvoir et les gouvernants en place (dont moi!!!).


J'ajouterai qu' à vouloir trop prouver, on obtient un effet caricatural plutôt inverse de ce que l'on souhaite...De plus,selon moi, celà contribuerait plutôt à ne pas rendre très sympathique certaines diasporas de la planète!!!




Mêmes remarques que Robin.

Un nouvel avatar des pseudos "Représentants de la communauté des Français d'origine cambodgienne" ? ... à moins que ce ne soit une manoeuvre de Samdech Akkak Moha Sena Padei Decho pour discréditer ses opposants ?

Ps: IL Y A VRAIMENT BESOIN DE D'UTILISER DES MAJUSCULES POUR LE TITRE D'UN TORCHON PAREIL ?

Edité le 04/05/2008 @ 12:11 par Sundgauvien38

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline NEO
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Ils ont traité des points essentiels.

Mais leurs positions radicales risque de pousser le pouvoir en place dans leur position défensive. Par conséquence il n’y aura pas de dialogue et leur demande ne sera pas compri.

De même ils ont traité trop de choses à la fois.
Ceci apparaître plus comme une propageant qu’une crise d’alarme.
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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline Seun nmott
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Ce sont quand mêmes des gens qui investissent énormément.
Ils ne font pas plaisir à beaucoup.

Je préfère qu'ils luttent sous cette forme à la voiture piégée.



Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline domrey
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Dommage ,javais pis un long moment pour recenser un certain nombre de contradictions internes au texte et mauvaise manip !!!

Enfin j'ai decouvert qu'il existe des khmers d'origine vietnamienne!...Moi betement ,je croyais que c'etaient des cambodgiens !

Mais si cette volontaire erreur n'est pas remarquee ,on peut donner un peu de cedibilité à un paragaphe qui ne tient d'ailleurs, meme avec cet artifice ,pas la route!

Celui là:
A présent, des Khmers d'origine viêt sont aussi chefs de village, de quartier, de commune, officiers de police, chefs de services provinciaux, gouverneurs de districts, de provinces, et réclament de nouveaux droits légitimes pour les leurs. En janvier 2008, le ministre de l'Intérieur Sar Kheng annonce soudainement son projet de loi pour « une décentralisation démocratique et une déconcentration indispensable des charges du Gouvernement royal ». Il a prévu essentiellement l'institution des « Conseils (des élus municipaux) de la capitale et des provinces, villes, districts, arrondissements, communes et quartiers, qui ont les pouvoirs de proposer des projets de gestion de leur territoire respectif et de voter la défiance aux administrateurs nommés par le ministre de l'Intérieur ». Ces collectivités disposent « de l'autonomie budgétaire et de leurs propres services publics, et travaillent pour élever démocratiquement le niveau de développement local pour les besoins de leurs populations ». Or, depuis 15 ans, le régime a instauré une démocratie sans liberté et sans transparence ; la notion de solidarité nationale, en termes de services publics et sociaux, est largement ignorée. Avec ces carences, la décentralisation adoptée ressemble plutôt à un morcellement politico-administratif du pays qu'à une recherche d'un nouvel équilibre entre l'Etat et ses collectivités nationales. Elle permettra surtout l'accélération de la viêtnamisation politique des provinces, districts, villes et communes où les Viêtnamiens dominent déjà les populations khmères.


"penser est facile, agir est difficile, agir selon sa pensée st ce qu'il y a de plus difficile au monde" GOEUTHE , Philosophe allemand

domrey
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Re : Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
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Seun nmott a écrit


Ce sont quand mêmes des gens qui investissent énormément.

Ils ne font pas plaisir à beaucoup.

...






Peut être mais le fait de s'investir ne les autorisent pas à se prétendre représentatifs des autres ( représentants de la société civile ???, intellectuels ???, techniciens cambodgiens ???)

S'il s'étaient contenté d'écrire, "Les sympathisants du parti xxx, opposants du gouvernement actuellement en place à Phnom Penh, réunis en séminaire le 20 avril 2008 ... cela m'aurait moins choqué.

Qu'ils commencent par être honnètes avec ceux à qui ils veulent s'adresser et déjà ils feront plus plaisir.

Comme l'avait souligné Robin, leurs bétises risquent de se retourner un jour contre l'ensemble de la diaspora, et je trouverais cela fort domage.

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline Seun nmott
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Sundgauvien38 a écrit

Seun nmott a écrit


Ce sont quand mêmes des gens qui investissent énormément.

Ils ne font pas plaisir à beaucoup.

...






Peut être mais le fait de s'investir ne les autorisent pas à se prétendre représentatifs des autres ( représentants de la société civile ???, intellectuels ???, techniciens cambodgiens ???)

.
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Je ne dis pas le contraire.


Comme l'avait souligné Robin, leurs bétises risquent de se retourner un jour contre l'ensemble de la diaspora, et je trouverais cela fort domage.


Ils ne sont pas les premiers.



#55969 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline robin des bois
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Mon analyse personnelle:

Ce qui est troublant, choquant, voire très gênant dans ce texte, c'est qu'il détourne un certain nombre de constats propres à la société cambodgienne, qui existent depuis un certain nombre de décennies (et qui ont effectivement un fond de vérités), pour en faire une charge:

- à caractère politique contre le gouvernement actuel, alors qu'il est très facile de constater que certains faits rapportés existaient déjà du temps de SNS, voire bien avant.

- à caractère franchement xénophobe contre le Vietnam et plus généralement contre les régimes communistes.


Et quand on sait- même si ce séminaire a eu lieu à Bussy st Georges !!!- que l'essentiel du Comité des Frontières repose sur les diasporas et les fonds de personnes qui résident esentiellement en Amérique du Nord (USA et Canada), ben çà dmande quelques réflexions avant de soutenir un tel programme les yeux fermés et la bouche béate d'admiration !

Je n'ai pas très envie de m'attarder sur le contenu d'un tel discours- instinctivement je sens que ce n'est pas ma place !!

Par contre ce passage me choque profondément par son hypocrisie masculine, rapprochée de ce que j'ai vu et appris au Srok:

" D'une une longue tradition matriarcale, les femmes khmères, gardiennes de la famille, des bonnes mœurs et d'une grande part de la culture nationale, ont toujours été respectées, honorées, dotées d'un statut social au moins égal à celui des hommes. C'est une caractéristique importante de notre identité nationale. "

Bien sûr .. si on remonte aux Apsaras et au grand Empire Khmer, la femme khmère ... ah la femme khmère !
Mais la société khmère, profondémént influencée par le Monde Indien est profondément macho dans la réalité quotidienne
..
Et SNS- même s'il n'a pas eu franchement de harem comme ses ancêtres - a quand même été un sacré polygame avec une floppée d'épouses et de gosses.
Par ailleurs, la violence conjugale ne remonte pas qu'aux Khmers rouges que je sache, sans parler de ce qui se passe encore en 2008 (et sans oublier que la prostitution en réseau reste une affaire criminelle dont les femmes sontles victimes... et pas qu'au Cambodge !)

( mais je conviens volontiers que si la femme Khmère a du pognon: elle sera respéctée et crainte : cf l'exemple de Boun RANI!!!)


Par contre si la femme khmère n'a ou n'avait pas d'argent du tout du tout, je voudrais qu'on me confirme qu'elle a bien toujours eu dans l'Histoire un statut social au moins égal à celui de l'homme !!


"Ce serait nouveau et çà viendrait de sortir"

etc etc



Edité le 04/05/2008 @ 21:59 par robin des bois
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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline Sundgauvien38
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robin des bois a écrit



....

Et quand on sait- même si ce séminaire a eu lieu à Bussy st Georges !!!- que l'essentiel du Comité des Frontières repose sur les diasporas et les fonds de personnes qui résident esentiellement en Amérique du Nord (USA et Canada)...ben çà dmande quelques réflexions avant de soutenir un tel programme les yeux fermés et la bouche béate d'admiration !

...




Le lieu du séminaire n'est pas si surprenant :


Association : COMITE DES FRONTIERES DU CAMBODGE.
No de parution : 20000017
No d'annonce : 1649
Paru le : 22/04/2000
Département (Région) : Seine-et-Marne (Île-de-France)

Lieu parution : Déclaration à la sous-préfecture de Meaux.
Type d'annonce : ASSOCIATION/CREATION


Déclaration à la sous-préfecture de Meaux. COMITE DES FRONTIERES DU CAMBODGE.
Objet : sensibililser l’opinion sur les problèmes des frontières du Cambodge et mobiliser ses membres en vue de préserver la souveraineté et l’intégrité territoriales du pays, notamment sur l’application des accords de Paris sur le Cambodge du 23 octobre 1991.
Siège social : 8, avenue du Golf, 77600 Bussy-Saint-Georges.
Site Internet : http://www.cfcambodge.org/secretariat@cfcambodge.org.
Date de la déclaration : 23 mars 2000.



Source: http://www.journal-officiel.gouv.fr/association/index.php

Pour l'analyse du texte, mon statut de modo m'interdit de faire usage de propos orduriers (des enfants pourraient nous lire)

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline héritier du kambuja
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Est-ce que le texte mérite d’être intitulé le « Rapport ».

Tout semble extrêmement exagéré.

Prenons quelques exemples :


« ….Le « développement » au Cambodge s'est traduit en réalité par plus de destructions de la société khmère, de sa culture, de ses traditions et de sa souveraineté nationale que par leur restauration ou leur reconstruction prévues par les Accords de Paix de Paris de 1991 sur le Cambodge, après le règne dévastateur des Khmers Rouges…

…. Le sida….la drogue….

…… On ne compte plus les viols incestueux des pères, des oncles ou des frères sur leurs filles, leurs nièces ou leurs sœurs. Sont devenus courants aussi, les rapts de prostituées, de collègues de travail, de voisines ….. »






J’ai eu des occasions de retourner au Cambodge et je constate que malgré ses multiples défauts, on ne peut pas dire que ce sont des destructions de la société khmère, etc. Au contraire, le pays se reconstruit petit à petit.

Le sida, la drogue, les viols incestueux…
C’est la faute du gouvernement ?

Je n’ai pas envie de les reprendre point par point. Ce n’est pas crédible. C’est toujours en décalage et anachronique, ces vieux discours.

La plupart des intervenants de ce soi-disant séminaire est issue de la bourgeoisie de Phnom Penh qui avait des moyens de venir vivre en France avant la chute de Phnom Penh et qui par conséquent n’a pas connu le régime des Khmers rouges. Ils ne sont même pas proches de leurs compatriotes.
Il se trouve peut-être que parmi eux, il y en qui sont complètement en décalage de la situation réelle du pays.

Ce n’est pas pour défendre le gouvernement actuel, mais les corruptions et la façon dont le Cambodge est gouverné ne datent pas d’aujourd’hui.
Certains membres du Comité des Frontières du Cambodge qui étaient de loyaux serviteurs de l’ancien monarque le savent très bien.


Edité le 05/05/2008 @ 10:01 par héritier du kambuja

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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
Offline BAC
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Waoooolaaaaaa!!!!!!!!!!!!!!! Arrëtez-vous tout de suite!!! Sinon je vais me fâcher kékékékéké joke , qu'est ce qu'il y a euh???, j'aime bien ce rapport,...même si je n'ai pas tout lu kékéké, mais j'aime pas ce que vous dites ou écrit. kékékéké Vous relativisez!!!! ce gouvernement est corrompu, même si l'autre avant lui est corrompu. La corruption c'est mauvaise, c,est tout.
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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
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BAC a écrit

Waoooolaaaaaa!!!!!!!!!!!!!!! Arrëtez-vous tout de suite!!! Sinon je vais me fâcher kékékékéké joke , qu'est ce qu'il y a euh???, j'aime bien ce rapport,...même si je n'ai pas tout lu kékéké, mais j'aime pas ce que vous dites ou écrit. kékékéké Vous relativisez!!!! ce gouvernement est corrompu, même si l'autre avant lui est corrompu. La corruption c'est mauvaise, c,est tout.




Bonjour BAC,

Il faut tout lire d’abord avant de me dire d’arrêter.
Tout le monde sait que la corruption est mauvaise.
Quand on vit en Occident, on peut donner des leçons devant l’écran d’ordinateur.

Le Comité des Frontières du Cambodge qui traite tous les problèmes.
Un rapport est le résultat d’une étude sérieuse, ce n’est pas sorti d’une réunion soi-disant un séminaire.
Ce n’est pas avec de vieux discours antivietnamiens qu’on peut défendre le pays.

Vous trouvez vraiment qu’il y a la destruction du Cambodge en ce moment et qu’il n’y a aucun progrès ?
J’ai bien dit que malgré ses multiples défauts, le Cambodge se reconstruit petit à petit.

Allez sur place pour aider le Cambodge !
Moi, je préfère rester humble car je ne peux pas apporter concrètement ma contribution à la construction du Cambodge.




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Re : RAPPORT SUR LE «DEVELOPPEMENT» ET LA DERIVE POLITIQUE AU CAMBODGE Reply With Quote
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La quasi-totalité des éléments de la bourgeoisie de Phnom Penh qui ont eu le privilège de venir vivre en France avant Avril 1975, c’est grâce à la corruption et à l’abus de pouvoir dans des régimes précédents.

Maintenant, la plupart de ces gens donne la leçon aux autres avec des discours extrémistes et hypocrites.

Edité le 05/05/2008 @ 10:21 par héritier du kambuja

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Rapport du comité des frontières sur "le «développement» et la dérive politique au Cambodge" Reply With Quote
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BAC a écrit

Waoooolaaaaaa!!!!!!!!!!!!!!! Arrëtez-vous tout de suite!!! Sinon je vais me fâcher kékékékéké joke , qu'est ce qu'il y a euh???, j'aime bien ce rapport,...même si je n'ai pas tout lu kékéké, mais j'aime pas ce que vous dites ou écrit. kékékéké Vous relativisez!!!! ce gouvernement est corrompu, même si l'autre avant lui est corrompu. La corruption c'est mauvaise, c,est tout.


Oops ! Désolé, mais je l'avais pas vu celui-là !

Le fait de trouver que le "document" n'a de rapport que le nom ne veut pas dire pour autant que moi, représentant des Français de 45 ans habitant un étage pair cautionne le gouvernement actuellement en place à PP.

Voilà !

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
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Re : Rapport du comité des frontières sur Reply With Quote
Offline Vann
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Ce rapport a le mérite de donner un coup de pieds à la fourmilière !

A force de lire quotidiennement Cambodge soir (que j'apprécie beaucoup) et l'AKP, on a l'impression que le Cambodge est un monde de bisounours !

Mais il faut se réveiller : la misère, la corruption , la prostitution sont bel et bien présents au Cambodge ! Seule une petite poignée de la populace jouit de la richesse du pays.

Ce n'est pas le gouvernement qui va évoquer ce problème mais c'est nous, la société civile qui devons le dire ! C'est en pointant ces problèmes qu'il y aura une réaction derrière.

Sinon il n'y a qu'à discuter sur le jeu de jambes de Hun sen au partie de golf, ou la promenade de santé de Sihanouk pour soigner son rhume!

Edité le 08/05/2008 @ 19:52 par Vann
#56101 View Vann's ProfileView All Posts by VannU2U Member
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Re : Rapport du comité des frontières sur Reply With Quote
Offline héritier du kambuja
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Tout le monde est conscient des multiples problèmes du Cambodge.
Mais ce « rapport », non seulement ne résout rien, au contraire comme disait Robin des bois cela risque de susciter du ressentiment, voire de la haine non seulement de la part des dirigeants, mais aussi des Cambodgiens du pays envers leurs compatriotes d’Outre-mer.
Il y a une nuance entre : évoquer des soucis du pays et tenir un discours très politique, très engagé et très provocateur.

C’est un discours anachronique. La colonisation vietnamienne avec des chiffres à l’appui (quelle étude, quelles sources ?). On peut raconter tout ça au début des années 80.
Je ne sais pas si les partis politiques de l’opposition parlent encore de la colonisation vietnamienne au Cambodge actuel ?

Le programme de l’énergie au Cambodge proposé par Le Comité des Frontières du Cambodge est très fort :
« Les énergies solaires photovoltaïque, éolienne et hydroélectrique, les biomasses sous forme de bio-gaz à partir des déchets et sous forme d'agro carburants ».
Mais il faut aller sur place.



On passe à l’ « Appel »:

« Face à ces dangereuses menaces de dissolution de leur patrie et de leur nation, les participants au Séminaire ont appelé à la mobilisation et à l'union de tous les Khmers… ».


Avec ces dangers, on ne sait plus s’il faut retourner au pays : entre les conditions des femmes, les viols de tous genres, le Sida, la culture et la religion qui ne sont plus ce qu’elles étaient, les quelques millions de Vietnamiens au Cambodge …?
On ne sait pas si le Cambodge va survivre ?

Ce genre de « rapport » doit plaire à plus d’un Cambodgien.
C’est à croire que pour être un bon Cambodgien, il faut applaudir ce « rapport ».



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Re : Rapport du comité des frontières sur Reply With Quote
Offline robin des bois
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héritier du kambuja a écrit



Il y a une nuance entre : évoquer des soucis du pays et tenir un discours très politique, très engagé et très provocateur.





* Vann a écrit ceci:

"Mais il faut se réveiller : la misère, la corruption , la prostitution sont bel et bien présents au Cambodge ! Seule une petite poignée de la populace jouit de la richesse du pays.
Ce n'est pas le gouvernement qui va évoquer ce problème mais c'est nous, la société civile qui devons le dire ! C'est en pointant ces problèmes qu'il y aura une réaction derrière."


(petite interrogation au passage de ma part: est-ce le même Vann que celui de LJK?)

* et HdK lui a écrit ceci:

" La quasi-totalité des éléments de la bourgeoisie de Phnom Penh qui ont eu le privilège de venir vivre en France avant Avril 1975, c’est grâce à la corruption et à l’abus de pouvoir dans des régimes précédents.
Maintenant, la plupart de ces gens donne la leçon aux autres avec des discours extrémistes et hypocrites."


Pour ma part, je tiens à souligner que c'est la première fois que je lis un texte évoquant le fait qu'avant les catastrophes humanitaires d'après 75(que ce soit au Cambodge ou au Vietnam d'ailleurs), on évoque aussi clairement une diaspora antérieure à 75, dotée d'un très bon niveau de vie et d'excellents avoirs en banque!!.

Personnellment je le savais, mais n'avais jamais osé soulever cet aspect des "diasporas asiatiques".

Et je suis persuadé(celà n'engageque moi!!) que, dans ce fameux "Comité des frontières" ... on trouve en priorité et aux postes importantsQUI ?

Qui, selon vous?


CQFD:je ne crois pas du tout que cette "diaspora là" soit la bienvenue au Srok, surtout pour donner des leçons de Géo-politique en 2008 ?
Je pense même que HUN Sen doit se marrer !

( bon ben c'est dit.. et je ne pense pas que çà va m'aider à me faire de nouveaux copains je le regrette!!)

#56115 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
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Re : Re : Rapport du comité des frontières sur Reply With Quote
Offline Vann
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