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Author [LIVRE] Denise Affonço: "La digue des veuves"   ( Replies 4 | Views 626 )
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[LIVRE] Denise Affonço: "La digue des veuves" Reply With Quote
Offline Sundgauvien38
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Auteur Denise Affonço
Editeur Presses de la Renaissance
Date de parution 7 avril 2005
ISBN 2750900492

Résumé du livre

De mère vietnamienne et de père français, Denise Affonço était promise à une existence paisible au Cambodge jusqu'à ce que les Khmers rouges fassent basculer sa vie. En avril 1975, les autorités françaises rapatrient leurs ressortissants. Denise Affonço fait le choix de rester aux côtés de son mari, chinois et communiste convaincu, espérant que les Khmers rouges mettront fin aux cinq années de guerre civile contre la république khmère pro-américaine corrompue. Mais rapidement, Denise et sa famille, tout comme des millions de citadins, sont déportés vers les campagnes, où ils découvrent l'enfer des camps de travail, la famine, la maladie et la mort. C'est ce cauchemar que se remémore l'auteur. Son conjoint, jugé " trop intellectuel ", est exécuté - elle en sera officiellement avertie lorsqu'on l'assignera à la construction de la " digue des veuves " ; sa fille âgée de neuf ans meurt de faim sous ses yeux ; son fils aîné est déporté vers un autre camp. Quatre années d'horreur auxquelles mettra fin l'arrivée des Vietnamiens en janvier 1979, qui permettront à Denise de retrouver son enfant et d'être rapatriée en France. Le récit bouleversant d'une " mère Courage " qui, au milieu du chaos et du désespoir, n'a jamais cessé de se battre pour la vie.




Edité le 23/11/2007 @ 11:32 par Sundgauvien38 : Modification de la photo qui vient maintenant du site de l'éditeur

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
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Re : [LIVRE] Denise Affonço: Reply With Quote
Offline robin des bois
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Sundgauvien38 a écrit

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Auteur Denise Affonço
Editeur Presses de la Renaissance
Date de parution 7 avril 2005
ISBN 2750900492



Cette dame a la particularité d'avoir témoigné au premier procès des Khmers rouges en 1979.

Voici son témoignage sur ce premier procès , extrait de son livre, page 225:

[ Le procès se déroule dans la salle Chakdomuk(réservée sous l'ancien régime, aux soirées artistiques), non loin du Palais royal, en présence de nombreux juristes locaux et internationaux. La presse française (FR3 et l'Humanité) et étrangère sont représentées. Le procès durera plusieurs jours, mais je ne suis convoquée que pour une seule date. Mon fils m'accompagne, il y assiste sans participer. C'est la première fois de ma vie que je comparais devant un tribunal, je suis tour à tour submergée par les souvenirs douloureux et par un terrible désir de punition, de vengeance...

Je commence par décliner mon identité à la barre, puis un avocat khmer lit un résumé de deux ou trois pages du texte que j'ai écrit à Siem Reap.
Puis on me pose des questions. Je me contente de relater les souffrances subies depuis quatre ans, de nommer tous les proches perdus, et je termine en implorant la cour de condamner les coupables.
D'autres témoins viennent ensuite à la barre: des bonzes relatent comment une partie d'entre eux ont été éliminés car jugés comme "bouches inutiles" ou ont été forcés de se marier alors que celà leur était interdit. Ensuite, des musulmans racontent comment la minorité qu'ils représentent a été massacrée, comment ils ont été forcés de manger du porc tandis que d'autres réfugiés mouraient de faim.
C'est ensuite le tour d'anciens fonctionnaires, d'instituteurs- qui ont échappé aux éxécutions en dissimulant leur véritable fonction - ou de paysans qui, tous, ont perdu leur famille.
J'écoute en pleurs ces témoignages, aussi accablants les uns que les autres, et lourdement accusateurs. les témoins racontent tous les mêmes souffrances morales et physiques. En l'absence des accusés POL Pot et IENG Sari,le président a désigné deux avocats pour les défendre. Ils sont tous deux condamnés à mort par contumace....]




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Re : [LIVRE] Denise Affonço: Reply With Quote
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A mother never forgets

Du Sunday Times
18 Novembre 2007

Elle était une femme au foyer française rattrapée par le chaos de la prise de pouvoir de POL POT au Cambodge. Mais son passeport ne l'a pas sauvée, elle, son mari et sa fille des "killing fields". Notre correspondant nous raconte l'histoire extraordinaire de Denise Affonço.

Jon SWAIN

Paris en automne sous un après midi morne. Les passants flânent sous le soleil. Les cafés sont pleins. C'est une vie qui n'a aucun point commun avec les "killing fields" cambodgiens. Mais les souvenirs de cette période d'il y a trente ans, quand les khmers rouges ont transformé un pays tranquille en charnier, reviennent soudainement en mémoire par le biais d'une chanson sur le "sang rouge vif couvrant les villes et les plaines".

"Même s'il y a des années que je n'avais pas entendu l'hymne national des khmers rouges, les paroles me provoquent encore des frissons dans l'échine." Denise Affonço le chante doucement après déjeuner dans un café en face du Trocadéro, le visage triste et légèrement embarrassée. "Je m'en rappelle toujours. On nous le rabâchait nuit et jour."

"Le sang rouge vif s'est répandu sur les villes/ Et sur les plaines du Kampuchéa, notre mère patrie/ le sang de bons travailleurs et fermiers et de/ Nos combattants révolutionnaires, aussi bien des hommes que des femmes."

Affonço s'arrête, les yeux brillants dans le soleil persistant de l'automne. Cette petite femme soignée est une survivante de l'un des plus gros crimes de l'histoire moderne. Quand cela s'est terminé, elle a démarré une nouvelle vie en France. Elle ne s'est plus réveillée avec la peur.

Les paroles de l'hymne décrivent fidèlement comment les khmers rouges ont transformé son pays, un oasis de paix au début des années 1960 alors que la guerre du Vietnam faisait rage à sa porte, en champs de la mort à partir de 1975. Près de 2 millions de personnes - environ le tiers de la population - ont été exécutés ou sont mort de maladie, de travail forcé et de faim pendant qu'eux dirigeaient le pays. Sa famille fut détruite. Comme les révolutions russes et chinoises avant eux, les khmers rouges ont forgé leur mouvement dans le sang mais leur leader, POL POT, a été plus loin avec ses troupes de paysans - plutôt que de transformer la société cambodgienne, ces paysans soldats tout de noir vêtus la détruisirent.

Sous la tyrannie de pol pot, des Cambodgiens de toute classe, croyance ou groupe ethnique périrent. Beaucoup furent torturés. Pour survivre, comme dit Affonço, il n’y avait que trois choses à faire: "Ne rien connaitre, ne rien voir, ne rien entendre." Affonço s'accrocha à la vie. Dans les communes rurales où elle a travaillé, elle fut le témoin de terribles horreurs et perdit le père de ses deux enfants ainsi que sa fille qui mourût de faim. Elle ne peut pas oublier. Quand bien même elle oublierait, son fils a réussi à survivre. Mais il n'a jamais surmonté son supplice et l'a enfoui au fond de son cerveau. Elle sait qu'il a été cruellement battu. Certaines choses sont trop douloureuses à se rappeler. "Je regretterai toujours d'avoir conduit ma fille à la mort. Je me sens si responsable quand elle me demandait un bol de riz et que je ne pouvais pas le lui donner. J'étais désespérée. Ce n'était pas ma faute. C'est le destin qui voulut ça. Mais comme elle a souffert avant de mourir, affamée et malade !"

Plusieurs survivants des khmers rouges ont publié leurs mémoires. Affonço écrivit un des meilleurs ouvrages. Son livre "La digue des veuves" est l'histoire d'une famille ordinaire luttant pour survivre; il parle pour tous les Cambodgiens qui ont souffert et qui ont péri sous les khmers rouges.

Aujourd'hui elle vie dans un monde élégant à Paris où les personnes s’attristent de le mort d'une seule personne et n'entendent pas de coup de feu. Elle s'est remariée avec un Suisse et travaille dans un comité européen de géopolitique.

Le Cambodge aussi a changé. Les "killing fields" font partie du passé. pol pot est mort. Le pays est maintenant une destination touristique prisée en Asie. Mais le 17 avril 1975, cette Française - la fille d'un père français d'un ancien comptoir indien et une mère vietnamienne - travaillant au service culturel de l'ambassade de France à Phnom Penh, s'est retrouvée piégée dans la capitale cambodgienne assiégée avec deux enfants et leur père, un cambodgien d'origine chinoise.

Affonço a décidé malgré de meilleures possibilités, de rester à l'arrière alors que la victoire khmère rouge approchait. En tant que citoyens français, elle et ses enfants, Jeannie et Jean Jacques, avaient le droit d'être rapatriés en sécurité en France. Mais l'évacuation posait problème pour PHOU TEANG SENG, le père qui n'était pas Français. Plutôt que de scinder la famille, elle choisi de laisser tout le monde ensemble.

SENG l'a convaincu aussi que rester à l'arrière serait plus sûr. En communiste naïf, il espérait en la victoire des khmers rouges. Elle allait rapidement découvrir qu'elle s'était trompée de manière tragique. "Il fut arrêté en juillet 1975 et je ne sais pas où il a été emmené" avoue-t-elle.

Il fut probablement dans un des premiers camps d'extermination khmer rouge. Il n'y avait alors pas d'archives. De temps en temps, j'essaye d'imaginer les tortures qu'il a dues endurées avant qu'ils ne le tuent. S'il était mort de malaria ou de maladie, j'aurais dit que le bon Dieu l'avait emmené. Mais je ne peux m'arrêter de l'imaginer torturé avant de mourir."

Quand elle relate son histoire, moi aussi je revois le Phnom Penh rafistolé et défoncé par la guerre. Pendant la majeure partie de la guerre, la ville avait su garder des airs de ville de province française. Mais comme le conflit approchait de son horrible conclusion, la vie se mua en débâcle. Des milliers de personnes étaient affamées et les hôpitaux croulaient sous les blessés qu’ils n’arrivaient plus à soigner.

Qui sait ? J'ai peut être marché ou roulé à coté d'Affonço dans ces derniers jours où j'étais aussi dans le PHNOM PENH assiégé. L'hôtel où restait la poignée de journalistes qui couvraient encore la fin de la guerre n'était qu'à quelques centaines de mètres du boulevard MONIVONG et de l'ambassade de France où elle travaillait. Ses enfants allaient au lycée Descartes, de l'autre coté de la rue. La cour de l'école était criblée d'éclats d'obus.

Comme les khmers rouges approchaient, la peur et la panique se propageaient dans les rues; les Américains fermèrent leur ambassade et évacuèrent leur personnel par opération héliportée, clôturant par une fin ignominieuse leur implication destructrice dans un pays jusque là paisible. Les khmers rouges se sont battus pendant cinq ans sous une grêle de 539 000 tonnes de bombes américaines. Les habitants de la ville attendaient dans un mélange de crainte et d'espoir que les vainqueurs arrivent.

Les khmers rouges victorieux ont aussitôt utilisé leurs fusils pour vider la ville de ses habitants. Ils s'écoulèrent hors de la cité par milliers. De l'ambassade de France où travaillait Affonço et où les quelques journalistes et autres étrangers bloqués dans Phnom Penh ont trouvé refuge, nous avons vu à travers la grille la marée de vieillards, de malades, d'orphelins et de petits enfants. Même les 20 000 blessés des hôpitaux clopinaient, essayant de se soutenir les uns les autres ou étaient poussé sur la route dans leurs lits, avec les bouteilles de sérum et de plasma encore accrochées.

Nous n'avions alors pas réalisé que nous étions les témoins d'une des plus terrifiantes tentatives visant à créer une utopie communiste agraire. Aucune autre révolution communiste n'avait encore été poussée à l'extrême, jusqu'à pousser les citadins dans la campagne, où ils furent implantés dans des communautés géantes. La déportation de masse n'était que le début de l'expérimentation la plus radicale d'un pouvoir communiste.

Affonço et sa famille ont rejoint dans ce voyage forcé un enfer inconnu. A partir de ce moment, la vie devint une lutte continuelle pour survivre. Elle se serait réfugiée à l'ambassade de France, elle et ses enfants auraient pu s'échapper vers la France comme les occidentaux réfugiés là bas qui furent évacués par camion quelques semaines plus tard. Peut être que SENG aurait aussi pu s'échapper, mais cela ne s'est passé différemment.

Pendant les trois années huit mois et vingt jours qui suivirent, jusqu'à ce qu'ils soient vaincus au début de 1979, les khmers rouges mirent le Cambodge sous une étreinte paralysante avec les champs de riz parsemés de cadavres. Comme tous les évacués de Phnom Penh, Affonço et sa famille pensait que l'évacuation serait temporaire et qu'ils seraient rapidement autorisés à retourner en ville. Ca n'est jamais arrivé. Ils devinrent une force de travail déshumanisée trimant pendant des heures dans les champs.

Mais le cauchemar sans fin fait de famine, de maladie et de violence ne put écraser la volonté de survivre d'Affonço - même après qu'elle eût perdu SENG et sa fille adorée Jeannie.

SENG fut appelé dans la forêt par l'angkar leu, l'organisation supérieure des khmers rouges, et exécuté comme les autres intellectuels, professionnels et surtout les soldats qui avaient servi sous l'ancien régime. La misère s'ajoutait à la misère. La santé de Jeannie, 9 ans, se détériora et elle mourût. Le livre d'Affonço lui est dédié.

En janvier 1979, les Vietnamiens envahirent le Cambodge et chassèrent les khmers rouges du pouvoir. Les combats permirent à Affonço de s'enfuir. Les joues creusées et désespérément malade, elle fut aimablement sauvée par un médecin militaire vietnamien appelé MINH, qui l'a remise sur pied. Finalement elle put venir en France.

Le livre d'Affonço est le prolongement du témoignage de ses souffrances qu'elle avait écrit immédiatement après les évènements à la demande des autorités vietnamiennes, qui voulaient l'utiliser comme preuve dans le procès pour crimes de guerre contre les dirigeants khmers rouges. Ce tribunal ne reçut aucune légitimité internationale. La guerre froide connaissait ses derniers soubresauts. Le Vietnam était clairement dans le camp soviétique. En conséquence l'occident considéra le nouveau gouvernement pro vietnamien qui remplaçait les khmers rouges comme un régime fantoche et que le procès n'était que propagande.

La vérité comme Affonço le reconnait, est que l'intervention militaire vietnamienne a sauvé la vie de nombreux Cambodgiens condamnés à mourir. Cela incluait Affonço et le reste de sa famille qui étaient dans l’antichambre de la mort. La preuve des crimes khmers rouges qui fut révélés avant ce premier procès ne peut être discutée. En fait, avec le temps on a découvert encore plus de barbarie.

"Un de mes pires souvenirs," raconte Affonço,"est arrivé dans une fosse commune remplie des corps des victimes de khmers rouges après les invasions vietnamiennes. Chaque détenu devait tuer un autre prisonnier d'un coup dans la tête avant d'être lui même tué. Le dernier vivant nous a montré comment cela s'est passé. Les corps furent dévêtus, allongés, couvert de cosses de riz et incinérés."

Les cendres ont été broyées et utilisées comme fertilisant naturel dans les champs.

Cette année, alors que le livre d'Affonço a été publié en Grande Bretagne, un accord a finalement été conclu entre l'ONU et le gouvernement cambodgien d'HUN SEN après des années de tractations, pour poursuivre en justice les anciens responsables khmers rouges encore en vie. Le tribunal financé par les nations unies a été mis en place trop tard pour pol pot. Fère numéro 1, comme il était connu, est mort dans la jungle en 1988 dans une zone contrôlée par les derniers combattants khmers rouges et a été incinéré sur un bucher funéraire composé de pneus.

Mais plusieurs haut responsables du génocide lui ont survécu et sont toujours en vie pour répondre devant la justice. Cela inclut le camarade deuch, le tortionnaire en chef du régime qui a utilisé la prison de TUOL SLENG de PHNOM PENH comme camp d'extermination. Sous sa direction, le lycée était devenu l'antichambre de la mort pour des milliers de personnes.
Alors que les khmers rouges ont des enregistrements montrant que 20 000 victimes ont été tuées là bas, deuch a reconnu sa responsabilité pour 40 000 morts.

Beaucoup de victimes étaient eux-mêmes des khmers rouges renommés traitres dans la phraséologie paranoïaque de deuch, alors que le régime dévorait ses enfants.

Les confessions étaient soutirées en utilisant des fouets, des chaines, des bains et des reptiles venimeux. Une fois, il a ordonné la purge d'un bataillon khmer rouge entier, y compris deux soldats de neuf ans, parce qu'il les jugeait déloyaux.

"Tuez les tous !" a-t-il écrit.

deuch est maintenant en prison et nuon chea, l'idéologue en chef du parti, connu sous le nom de frère numéro 2, a été arrêté en septembre à l'âge de 82 ans. Mais ieng sary, le ministre des affaires étrangères khmer rouge et khieu samphan, l'ancien chef de l'Etat, vivent toujours dans de luxueuses villas de l'ouest cambodgien, dans la dernière retraite des anciens communistes.

Affonço s'étonne du temps qu'il a fallu pour que les crimes soient jugés. "Le tribunal a une responsabilité historique" dit-elle. En fait, il s'agira du premier tribunal légal à devoir se prononcer sur le communisme. Mais Affonço ne sera pas là bas. Elle ne veut plus jamais retourner au Cambodge. "C'est fini ! J'ai tiré un trait dessus." Elle reconnait que son intégration en France fut dure, mais elle lui est particulièrement reconnaissante de lui avoir donné une nouvelle vie.

Quand elle est arrivée, quasiment sans le sou, elle fut mise dans un foyer de transit à l'extérieur de Paris. Son expérience sur les horreurs des khmers rouges et sa dénonciation du communisme causèrent un malaise en France dans les cercles de gauche. Ils ne voulaient pas admettre que leur amour pour le communisme était déplacé.

C'est alors que le président Giscard d'Estaing répondit à une lettre qu'elle lui avait envoyée à l'Elysée et l'aida à trouver un travail au ministère français des affaires étrangères. Elle précise qu'elle continue à lui en être redevable. Mais son plus grand souhait, quand elle partira à la retraite dans deux ans, est d'aller au Vietnam et de retrouver MINH, le médecin militaire vietnamien qui lui a sauvé la vie. "J'espère qu'il est toujours vivant et que je pourrais lui montrer ma reconnaissance."

"Je suis catholique et je continue à croire en la bonté de l'homme. Ceux qui nous ont fait ces horreurs ne sont qu'une infime partie de l'humanité. MINH a été bon avec moi. Je ne pourrais jamais oublier sa gentillesse." Le périple d'Affonço, du Cambodge déchiré par la guerre, en passant par les champs de la mort et enfin la France a été une extraordinaire odyssée. C'est le triomphe d'une grande adversité que les survivants des camps nazis peuvent comprendre.

Elle souffre toujours de cauchemars et ne peut oublier les adieux éplorés alors que sa fille gisait dans la douceur boueuse de la mort, avec juste la peau et les os, sans espoir et s'éteignant à petit feu. Mais Affonço voudrait entendre de ces dirigeants khmers rouges pourquoi cela est arrivé. Cela ne rendra pas justice, mais l'aidera à faire son deuil.


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- extrait du livre (je ne vais quand même pas traduire en Français une traduction anglaise d’un livre en français !!!) -



Source:
http://entertainment.timesonline.co.uk/tol/arts_and_entertainment/books/article2851364.ece

--
Traduction non-officielle de l'article d'origine en anglais.
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Re : [LIVRE] Denise Affonço: Reply With Quote
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28.11.2007
Denise, rescapée de l'enfer Khmer rouge



C’est une petite dame très digne. Son livre n’aura jamais de prix littéraire, d’ailleurs ce n’est pas un roman. Justement. Lors de l’enregistrement, nous étions tous, sur le plateau comme en régie, au bord des larmes. Pour la première fois, je me suis demandé si j’allais être capable de terminer une interview. Après, nous avons tous eu besoin de l’embrasser. De serrer dans nos bras ce petit morceau d’humanité martyrisé…De lui demander pardon. En notre nom à tous, le notre celui de nos ainés qui n’ont pas su ou pu la protéger.
Je venais juste de terminer, déchiré, la lecture de son récit « La digue des veuves », aux Presses de la Renaissance. Bien trouvé l’éditeur car Denise Affonço, franco-cambodgienne, est revenue à la vie après quatre ans (entre 1975 et 1979) passés dans les camps de concentration à ciel ouvert des Khmers rouge pendant lesquels elle est morte plusieurs fois. Sa fille, elle, est morte de faim, à l’âge de 9 ans, sous ses yeux. Comme elle était trop jeune pour trimer comme les autres du lever du jour au coucher du soleil, sept jours sur sept, ses bourreaux ne lui donnaient qu’une demi-ration de riz. Les privations de sa mère n’ont pas suffi à la sauver. La pauvre fillette est morte, non sans avoir demandé pardon à sa mère pour avoir « été méchante avec elle ». Les jours qui ont précédé sa mort, Jeannie, possédée par le démon de la faim avait insulté sa mère parce qu’elle ne la nourrissait pas assez. Comment peut-on jamais se remettre d’un tel supplice ? Toute la famille de Denise a connu le même sort. Son mari, un intellectuel communiste, a été exterminé dans un « camp de redressement ». Quant les Khmers rouge sont arrivés à Phnom Phen, il était pourtant enthousiaste. Les révolutionnaires allaient, pensait-il les débarrasser du régime honni de Lon Nol. Denise, citoyenne française, aurait pu être évacuée. Mais pas son compagnon et père de ses enfants. D’autres femmes ont fait ce choix et n’ont jamais revu leur mari, mais comme dit Denise, aucune n’a la conscience tranquille. Denise est donc restée et n’en veut même pas à la France pour avoir eu un cœur de pierre.
Il ne reste à Denise qu’un fils, Jean-Jacques, réfugié en France comme elle. Il avait douze ans à l’époque et fut traité comme adulte. C'est-à-dire envoyé au travail forcé, séparé de sa mère et constamment battu. Sous alimenté, sa croissance s’en est ressentie mais il doit néanmoins à ce traitement d’avoir eu la vie sauve. Il n’y avait pas de chambre à gaz au Cambodge, mais on exterminait tout aussi sûrement par la famine et les maladies. Avec les cadavres les SS khmers fabriquaient de l’engrais humain…
Aujourd’hui Jean-jacques a 43 ans. Il a encore du mal à regarder des scènes de violence trop réalistes à la télévision, et croit toujours que son père est vivant.
Tous les récits des survivants d’un génocide se ressemblent.
Celui-ci s’est déroulé, avec la complicité de la Chine, sans réaction des « nations du monde libre », trente ans après la fin de la deuxième guerre mondiale. A part quelques lampistes, les responsables n’ont pas été jugés. Pol Pot est mort dans son lit. Il y a eu d’autres génocides depuis. Rien ne change. Et c’est ça qui est vraiment à pleurer.


Sylvain ATTAL


Source: http://sylvainattal.blog.20minutes.fr/archive/2007/11/28/denise-rescapee-de-l-enfer-khmer.html

Edité le 05/06/2008 @ 10:20 par Sundgauvien38

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Re : [LIVRE] Denise Affonço: "La digue des veuves" Reply With Quote
Offline sothy
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Juste un lien vers France24 pour une interview de Denise Affenço :

http://www.france24.com/france24Public/fr/archiv...retien-denise-affonco-cambodge-digue-veuves.html


Verrai ça demain.



Vu ! Âmes sensibles s'abstenir ! (j'ai modifié le lien - l'ancien marchait pas)

Sathouk...:ideenoire:
_________________
Lorsque j'avais fini de marcher sur les Champs de la Mort, juste avant de quitter, un bon nombre de papillons
s'est mis à virevolter devant mes pas.
J'ai ressenti cela comme une note d'espérance dans cette désolation innommable.

Avatar : piqué sur le web - souvent GETTY IMAGES

http://picasaweb.google.com/renata54/TuolSlengEtChoeurnEkPourNeJamaisOublier
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