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Author L'étrange destin d'un rescapé du Cambodge de Pol Pot   ( Replies 2 | Views 732 )
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L'étrange destin d'un rescapé du Cambodge de Pol Pot Reply With Quote
Offline Vicheya
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cyberpresse a écrit


Parachuté aux États-Unis en avril 1975 grâce à l'opération Babylift, un petit orphelin de la guerre du Cambodge allait démontrer de stupéfiantes capacités dans une foule de domaines. Il ferait d'ailleurs de très brillantes études au pays de l'oncle Sam, avant de - fin du conte de fées - devenir chanteur-mendiant à Montréal, puis d'être accusé d'avoir incité ses enfants à se suicider. Récit d'un étrange parcours de vie.

Cet orphelin cambodgien a maintenant 41 ans, selon des documents officiels. En réalité, il serait né en 1961 et aurait donc 46 ans. Ce n'est pas l'unique zone d'ombre dans l'histoire de celui que nous appellerons Combo afin de protéger l'identité de ses enfants, comme l'a ordonné le tribunal.

Combo a-t-il vraiment une vingtaine de fragments d'obus dans le crâne, comme un médecin le lui aurait affirmé? A-t-il joué du violoncelle dans un orchestre symphonique aux États-Unis? Même celle qui a partagé sa vie pendant 13 ans au Canada et qui a eu trois enfants avec lui ne sait plus ce qui est vrai ou faux.

Ce qui est sûr, c'est le procès de Combo, qui s'est conclu en trois jours la semaine dernière. Le jury l'a acquitté de l'accusation la plus grave, celle d'incitation au suicide. Mais il l'a reconnu coupable de voies de fait sur deux de ses trois enfants. Il appert que celui qui avait été sauvé in extremis d'un régime tyrannique en 1975 était devenu un véritable Pol Pot pour ses propres rejetons.

Combo soutient que lui-même a été élevé de façon stricte au Cambodge, dans une famille très aisée. Chaque matin, debout bien droit devant son père, il devait réciter ses multiplications et ses règles de grammaire, de façon «rapide et claire». Le paternel, chanteur et animateur de télé, exigeait l'excellence. Puis, la guerre du Vietnam a débordé au Cambodge. Le père de Combo aurait été assassiné, comme beaucoup d'intellectuels à cette époque. La famille au complet aurait été décimée, sauf Combo lui-même. Blessé à la tête, l'enfant aurait survécu en cirant les chaussures des militaires à Phnom Penh, jusqu'à ce jour d'avril 1975, où il a pu embarquer dans un avion américain à destination des États-Unis. Bien lui en prit, car les Khmers rouges se sont emparés de la capitale quelques jours après son départ.

«Il n'y a pas de bombes ici»

«J'aime ça, ici, il n'y a pas de bombes ni de soldats dans les rues», racontait le petit Combo dans un article paru en avril 1975 dans le Washington Post. Cet article racontait l'arrivée de 28 enfants aux États-Unis, en provenance du Cambodge, grâce à ce pont aérien qu'était Babylift. On voyait même Combo sur une photo, tout souriant avec une guitare que sa famille d'accueil lui avait offerte. Malgré un séjour malheureux dans sa seconde famille, qui l'aurait adopté, il aurait fait de brillantes études universitaires en littérature ainsi qu'en musique.

En 1990, la vie de Combo change du tout au tout encore une fois. Lors d'une virée à Montréal avec des amis, il rencontre une jeune femme de qui il tombe amoureux. Il abandonne tous ses projets et reste à Montréal. Le couple a un premier enfant en 1991, un deuxième en 1994 et un autre en 2000. N'ayant pas de statut au Canada et ne faisant manifestement rien pour en obtenir un, Combo ne travaille pas. Il s'improvise professeur à la maison pendant que sa femme travaille. Avant même d'aller à l'école, les enfants doivent apprendre les mathématiques et la lecture. Combo leur interdit la télé et l'ordinateur, et les jouets n'entrent pas dans la maison. Quand ils ne réussissent pas parfaitement, Combo tempête, menace et frappe. Au procès, les enfants ont raconté que, lorsqu'ils faisaient quelque chose qui lui déplaisait, Combo leur disait de se pendre ou de se jeter du haut d'un viaduc sur le boulevard Décarie.

La vie avec Combo n'a plus rien de drôle. Les enfants sont malheureux, le frigo est vide, les loyers impayés s'accumulent, la famille risque encore une fois l'expulsion. Combo dépense les maigres revenus du ménage au casino, principalement aux tables de baccara. Champion aux échecs, il pense déjouer le sort avec ses savants calculs de probabilités.

Madame le quitte en juin 2003 pour se réfugier avec les enfants dans une maison pour femmes en difficulté. Elle obtient la garde des petits, Combo est accusé. Il devient presque sans abri et s'installe rue Mont-Royal pour jouer de la guitare contre quelques pièces que les passants lui donnent. Certains engagent la conversation avec lui et sont frappés par ses connaissances. Un jeune écrivain français, Guillaume Sire, écrit la biographie romancée de sa vie, une équipe d'étudiants en cinéma entreprend de tourner un documentaire sur lui.

Parallèlement, la cause de Combo traînera pendant quatre ans, notamment parce qu'il n'a pas d'argent et pas d'avocat. Comme il n'est pas citoyen canadien, il n'a pas droit à l'aide juridique. C'est le juge Jean-Guy Boilard qui remettra finalement le moteur en marche, en ordonnant que le gouvernement fournisse un avocat à Combo. L'accusé est condamné pour voies de fait, et le juge Réjean Paul lui impose six mois de prison.

Quand il aura fini de purger sa peine, Combo sera pris en charge par l'Immigration. Il a vécu au Canada pendant 17 ans en toute illégalité. En 1995, madame l'a épousé. «Je l'ai fait pour qu'il obtienne sa citoyenneté, mais il n'a jamais demandé ses papiers. Je ne veux pas qu'on le prenne pour une victime. Ce sont mes enfants, les victimes. Lui, il a eu toutes les chances, il est allé dans les meilleures écoles», a-t-elle dit à La Presse.

Dominique McNeilly, porte-parole de l'Agence des services frontaliers du Canada, a indiqué qu'il ne pouvait rien dévoiler du dossier de Combo. «De façon générale, lorsque quelqu'un sans statut est reconnu coupable d'une infraction criminelle, c'est amplement suffisant pour qu'il soit expulsé du pays. Mais c'est du cas par cas.»


Christiane Desjardins
La Presse




http://www.cyberpresse.ca/article/20071015/CPACTUALITES/710150687/1019/CPACTUALITES

Site de thanka, peinture traditionnelle bouddhiste
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Re : L'étrange destin d'un rescapé du Cambodge de Pol Pot Reply With Quote
Offline robin des bois
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Vicheya a écrit

cyberpresse a écrit


[b]Parachuté aux États-Unis en avril 1975 grâce à l'opération Babylift, un petit orphelin de la guerre du Cambodge allait démontrer de stupéfiantes capacités dans une foule de domaines. Il ferait d'ailleurs de très brillantes études au pays de l'oncle Sam, avant de - »

Christiane Desjardins
La Presse




http://www.cyberpresse.ca/article/20071015/CPACTUALITES/710150687/1019/CPACTUALITES


"Opération Baby-lift " donne lieu à plusieurs pages du livre d'Olivier TODD
""Cruel Avril"- 1975 la chute de Saïgon",

avec notamment un premier vol inaugural catastrophique..
Si j'ai le temps je vous taperai çà.. car cette histoire que je ne connaissais pas avnat ce livre est à peine croyable!!!
#49925 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
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Re : L'étrange destin d'un rescapé du Cambodge de Pol Pot Reply With Quote
Offline robin des bois
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[quote=robin des bois]
Vicheya a écrit

[ "Opération Baby-lift " donne lieu à plusieurs pages du livre d'Olivier TODD
""Cruel Avril"- 1975 la chute de Saïgon",

avec notamment un premier vol inaugural catastrophique..



Voici le passage en question sur l'opération Baby-lift

--------------------------------------------------------------------------------

Tiré du chapitre XIII de "Cruel Avril" d'Olivier Todd, intitulé Trois bandes rouges ", aux pages 238/240


[ Deux heures un quart après la rencontre du Premier ministre et du Président, un évènement tragique relègue au second plan le remaniement ministériel.
Une des dernières lettres officielles reçues par Kiem en tant que Premier ministre a été envoyée par un de ses adjoints chargés des Affaires de santé, le docteur Pham Quang Dan:

"Sujet: émigration aux Etats-Unis de 1 400 orphelins

" Monsieur le Premier Ministre,

" Il y a actuellement à Saïgon 1 400 orphelins parrainés par des organisations charitables internationales qui attendent un départ pour les pays étrangers où des parents adoptifs sont prêts à les prendre en charge. Le ministère de la Santé publique et le Comité international de sauvetage veulent résoudre ce problème immédiatement pour se consacrer à d'autres problèmes plus importants. De plus, l'émigration de ces orphelins provoquera un choc dans le monde, surtout aux Etats-Unis, et sera bénéfique pour la république du Viêt-nam."
"En ce moment, deux Boeing 727 de World Airwalys sont disponibles. M.Daly, président de cette compagnie d'aviation, est un homme connu dans les milieux politiques...M. Daily nous a fait remarquer que leur émigration [celle des orphelins] et que le million d'habitants fuyant les régions occupées par les communistes fourniront de la bonne propagande au Viêt-nam, surtout par l'exploitation en profondeur que la télévision et les journaux américains en feront.
"Par conséquent, je vous prie , Monsieur le Premier Ministre, d'accepter cette proposition..."

Légalement, aucun adulte, enfant ou bébé vietnamien n'a le droit de quitter le pays sans visa de sortie. Il faut donc pour les orphelins une décision collective exceptionnelle. Las des initiatives de Daly, l'ambassadeur Martin s'est arrangé pour faire venir un Galaxy de l'armée américaine, un C-5 A, le plus gros avion de transport du monde. A son arrivée, le Galaxy a débarqué des armes et des munitions.

A l'aéroport de Tan Son Nhut, deux cent quarante-trois orphelins, certains handicapés, attendent dans des autobus surchauffés une décision officielle autorisant leur départ. Les officiels décrètent que la lettre du docteur Dan au Premier Ministre a valeur de visa collectif. La presse a été convoquée. Belle histoire, "a good story" : on débarque des armes, on embarque des enfants. Superbe titre pour la Une des journaux: Opération baby-lift.
Pour accompagner les orphelins, l'ambassadrice américaine dépêche du personnel médical et des épouses d'employés américains. Afin de faire partir les familles d'une manière peu voyante, on cherche tous les prétextes, maladie, congés.. Plus de soixante adultes monteront dans l'avion. Cent soixante enfants occupent le pont supérieur de l'avion, attachés deux par deux sur les sièges. Emmitouflés de couvertures, les autres sont serrés dans la soute à bagages. Les petits souffrent de la chaleur et pleurent.Accompagnateurs et accompagnatrices s'affairent. Les caméras tournent . Gros plan sur une gentille petite tête.. ...

Zoom arrière sur le Galaxy qui décolle lourdement.


" Dix minutes plus tard , on entend une explosion dans l'avion. Un membre de l'équipage annonce que les portes arrière ont été arrachées. Le Galaxy perd de l'altitude, vire au-dessus de la mer. Les masques à oxygène tombent des plafonds. Mais il n'y en a pas assez. D'ailleurs comment un bébé s'en servirait-il seul ? Le plus proche aéroport est au cap Saint-Jacques, mais l'appareil revient sur Saïgon et s'écrase dans une rizière. Des digues en béton arrachent la moitié du Galaxy. Un pilote d'hélicoptère, manoeuvrant au-dessus de l'aéroport, alerte la base. D'autres hélicoptères se dirigent vers le lieu de la catastrophe. Certains enfants ont été projetés dans la boue de la rizière. On en récupère une soixantaine. Tous les autres sont morts.
A Tan Son Nhut, Jim Eckes, directeur de Continental Air Services, demande au copilote du Galaxy:
- Pourquoi n'avez-vous pas atterri au cap Saint-Jacques, à Vung Tau ?
- Vung quoi? réplique le pilote.

Des infirmières se passent des enfants enrobés de boue, les douchent: "Celui-ci est mort... Celui-là est vivant... Celui-ci?"

L'ambassadeur Martin téléphone à Eckes:
- Jim essayez de savoir combien de gens il y avait sur cet avion?
Eckes parcourt les bureaux civils et militaires, les manifestes de bord. Toutes les listes de passagers sont différentes. Au dernier moment, on a embarqué des accompagnateurs dont les noms ne sont pas enregistrés.
Eckes appelle l'ambassadeur:
-Je ne peux pas vous fournir une liste.

Les hangars et les bureaux de Eckes sont sur l'aéroport, près de l'aéro-club français. Comme beaucoup de spécialistes, il se pose des questions.
Pourquoi l'équipage du Galaxy ne savait-il pas qu'il y avait un un aéroport à Vung Tau?
Comment le commandant de bord a-t-il pu accepter de prendre ces enfants dans de si mauvaises conditions?
Pourquoi n'a-t-on pas fait venir à Saïgon un Boeing de la Pan Am? Un 707 bien équipé attendait à Guam avec du personnel et des hôtesses volontaires.
L'opération Baby-lift aurait eu une allure plus symbolique si elle avait été assurée par des avions militaires comme le Galaxy ?

Aux actualités télévisées à travers les Etats-Unis, les Américains voient l'abominable spectacle. Ils verront aussi, quand les vols amèneront d'autres orphelins, le président Ford les accueillir sur l'aéroport de San Francisco. Comble du mauvais goût, Ford est à l'arrivée du premier vol du nouveau Baby-lift. A Saïgon, amer et désepéré ou cynique, un Vietnameien dit à des Américains:
- Ces enfants, ce sont de bons souvenirs, comme les éléphants de porcelaine que vous aimez tant. Dommage que quelques-uns se soient cassés. Ne vous en faites pas: il y en a d'autres....]



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Edité le 17/10/2007 @ 18:05 par robin des bois
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