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Author [LIVRE] Gregor MUELLER: Colonial Cambodian's "bad frenchmen"   ( Replies 4 | Views 442 )
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[LIVRE] Gregor MUELLER: Colonial Cambodian's "bad frenchmen" Reply With Quote
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En espérant qu'un jour il soit traduit en Français.

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Auteur: Gregor Mueller
Editeur: Routeledge
Parution: 2006
ISBN: 0415355621


En même temps une biographie et l'histoire de comment le Cambodge fut colonisé par les Français au XIXe siècle. Cambodia's bad frenchmen offre un captivant compte rendu d'une période méconnue de l'histoire coloniale. Basé sur des documents inédits des archives françaises, vietnamiennes et cambodgiennes, il fait revivre un temps où la France lutte pour donner un sens et une consistance à son protectorat sur le Cambodge. Le livre se focalise sur les limites entre les mondes des colonisateurs et des colonisés: les interprètes indigènes, les concubines, leurs enfants métis et des Européens marginaux qui ne réussissent pas à façonner leur propre existence coloniale - les mauvais colons - notamment Thomas Caraman. Ils constituent tous un défi à l'entreprise coloniale en embrouillant leurs limites sociales, culturelles et raciales. Par son étude critique du rôle joué par ces groupes, ce livre se démarque des grands discours des gouverneurs généraux et nous offre une vue simple du colonialisme, des colonialistes contre les colonisés. Il nous montre ainsi comment les choses se passait en fait sur le terrain. Il examine en particulier la "mission civilisatrice" et les initiatives éducatives; la lente destruction du système judiciaire indigène; le règlement des relations sexuelles entre colonisateurs et colonisés; la spoliation des terres cambodgiennes et l'imposition par le pouvoir colonial; enfin la brutale répression systématique de toute résistance d'où qu'elle vienne. D'une manière générale, Cambodia's bad frenchmen décrit le rôle crucial joué par la classe moyenne indigène et des Européens marginaux dans l'essor de l'état colonial et raconte la fascinante histoire d'un Français qui vint à représenter tout ce que l'administration du protectorat appréhendait.

L'auteur

Gregor Muller est un archiviste aux Archives Nationales du Cambodge et délégué au comité international de la croix rouge. Il est titulaire de deux doctorats d'état, reçus à Zurich et à la Cornell University. Il vie au Cambodge sur une île du Mékong, non loin de Phnom Penh. Il s'agit de son premier livre.

Traduit librement de l'Anglais

Edité le 10/09/2007 @ 14:05 par Sundgauvien38 : Rajout du commentaire de dos de couverture

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
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Re : [LIVRE] Gregor MUELLER: Colonial Cambodian's Reply With Quote
Offline Sundgauvien38
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'The bad Frenchmen' in Cambodia

Par Milton Osborne
Phnom Penh Post, publié les 16 / 18 Septembre 2007


Le fascinant récit de Gregor Muller sur les "bad Frenchmen" dans le Cambodge du XIXe siècle est un des plus remarquable livre sur le royaume après que les Français aient établi leur protectorat en 1863. Il est toutefois regrettable que son prix de 135$ le rende quasiment inaccessible, sauf pour un faible auditoire aisé ou extrêmement ciblé. Ceci dit, le fait que ce livre soit réimprimé est une raison suffisante pour en parler.

En acceptant avec enthousiasme la critique de ce livre je dois avouer mon intérêt. Bien avant que je rencontre Gregor Muller, je fus en contact avec lui à cause d'une annotation - oui ! Une simple annotation ! - dans un livre que j'avais écrit 30 ans auparavant. L'annotation concernait la présence au Cambodge au XIXe siècle d'un Français nommé Frédéric Thomas-Caraman - appelé plus simplement Caraman - qui me semblait à l'époque au mieux un aventurier, au pire un trafiquant.

Mais l'homme que je considérais comme une figure mineure de l'histoire du Cambodge apparaissait à Muller comme représentatif d'une classe de colonisateurs qu'il voulait étudier, des personnes qui ne se conformaient ni aux règles ni à la morale sensées être en vigueur dans l'administration française. Afin de poursuivre ses recherches sur Caraman, Muller dût faire preuve d'une énergie remarquable. Pour trouver des informations personnelles sur ce personnage équivoque, il dût consulter 25 archives publiques et 5 privées réparties dans trois différents pays.

Le récit de la recherche du dossier de Caraman aux archives nationales à Phnom Penh en 1997 pourrait à lui tout seul faire un livre. Durant la période khmère rouge, le bâtiment des archives était tombé dans un tel état de décrépitude que cela rendait très minces les chances pour Muller de retrouver le dossier que j'avais lu en 1966. Mais Peter Arfanis, un Australien alors détaché comme consultant à la réhabilitation des archives, promis de faire de son mieux pour trouver le dossier que Muller lui demandait et le dénicha en 24 heures.

S'ensuivit pour Muller une quête effrénée pour retrouver les différents éléments de la vie de Caraman et d'autres particuliers français qui travaillaient au Cambodge durant les toutes premières décennies de la présence française dans le royaume. Mon deuxième intérêt est qu'il travaillait avec une telle énergie que je fis tout mon possible pour l'encourager et mes commentaires enthousiastes qui apparaissent en quart de couverture ne sont que mérités.

Le livre est un magnifique sujet d'érudition, souvent distrayant par ses détails sur les imperfections de la nature humaine et une contribution importante à la compréhension de la vie dans une colonie. Caraman, qui clamait sans preuve, sa descendance aristocratique - un comte, rien de moins ! - est le personnage principal du livre. Il arriva au Cambodge en 1865, avant que Phnom Penh ne deviennent une fois de plus la capitale du royaume et établit quasi immédiatement des relations avec le roi Norodom Ier. Cette association dura 20 ans avec des hauts et des bas. L'un des principaux accords avec le roi, conclu en 1873 concernait la livraison d'un paravent doré destiné à être mis dans la salle du trône. Cela donna lieu a une confrontation judiciaire entre le roi et le Français qui fut ne finalement réglé en 1881.

Il y a une série d'autres "mauvais Français" et Françaises qui apparait dans le livre en tant que personnages secondaires, tels que Le Faucheur, Blanscubé, et la veuve Marrot, pour n'en nommer que quelques uns. Le Faucheur fut l'un des premiers Français à s'installer comme marchand au Cambodge après 1863. Il semble avoir été accusé fréquemment de viol, mais également de violence envers des producteurs de poivre de Kampot et d'avoir, dans une de ses crises alcoolique, enterré vivant un de ses employés. Comme Muller le note, la réputation de Le Faucheur était mauvaise mais la plupart des faits qui lui étaient reprochés n’étaient pas loin de la vérité. Il vécut néanmoins à Phnom Penh sans être inquiété jusqu'à sa mort en 1874.

Blanscubé, un avocat et politicien véreux basé à Saigon et plus connu comme porte parole des Indiens vivant en Cochinchine, essaya sans succès de trouver un arrangement dans l'affaire du paravent doré. Il se rangea du coté du Roi quand le gouverneur Thomson imposa un traité inique en 1884, mais, après avoir été dénoncé par d'autres pour son aide à Norodom, changea complètement de camp, proclamant les vertus de Thomson et condamnant le supposé rôle de Madame Marriot.

Madame Marriot ouvrit le premier hôtel de Saigon dans les années 1860 et ne vint pas à Phnom Penh avant 1875. C'était une businesswomen rusée qui travailla avec Caraman mais réussit à éviter les nombreuses affaires qui rythmèrent la vie du Français à Phnom Penh. Son association avec Norodom semble avoir survécut aux nombreuses dettes que le monarque avait contractées à son égard et il n'y aucun doute qu'elle s'opposa à l'action de Thomson en 1884. Sa sympathie pour le roi lui valut de devoir quitter le Cambodge. Un rapport officiel français dénonçait ses supposés encouragements faits à Norodom de résister aux demandes françaises de réformes.

A travers les anecdotes et les personnages impliqués, le livre nous en apprend plus aussi bien sur les relations des officiels français avec le roi du Cambodge et sa cour que sur l'éducation et la justice dans le Phnom Penh du XIXe siècle. Enfin, cet ouvrage décrit également les relations entre personnes de sexes opposés dans un régime colonial avant que la rigidité des années suivantes définisse comment les Européens doivent se comporter avec les femmes asiatiques. A tout cela, Muller répond par de profonds commentaires sur la question graveleuse des relations entre colonisateurs et colonisés dans le Cambodge du XIXe siècle. L'exposé s'applique très certainement aux autres expériences coloniales.

La vie de Caraman et des autres pionniers coloniaux au Cambodge, écrit Muller, démontre que leur proximité et parfois leur intimité avec certaines franges de la société hôte étaient accompagnée d'un complet détachement de cette société et sa façon de vivre. Les Français perdirent la capacité et parfois aussi la volonté de comprendre leur environnent et de communiquer avec leurs semblalbles indigènes.

Ce livre n'est pas uniquement accessible aux érudits. Ecrit dans un Anglais clair - ce n'est pas la langue maternelle de Muller- il est destiné à toute personne ayant un intérêt plus que superficiel pour l'histoire du Cambodge. Rempli d'anecdotes, parfois amusantes, parfois vraiment tragiques mais surtout admirable par leur perspicacité, il s'adresse à un lectorat très large.

Milton Osborne est conférencier à la "Lowy Institute for International Policy" de Sydney et professeur adjoint en études asiatiques à l'Australian National University de Canberra.


Traduction libre de l'Anglais.
Source : http://www.phnompenhpost.com/TXT/current/stories/1618/bad.htm

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
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Re : [LIVRE] Gregor MUELLER: Colonial Cambodian's "bad frenchmen" Reply With Quote
Offline VANNA
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… et nous saurons un peu plus de quelle manière Barang Sès agissaient sur nos arrières grands parents…
Vivement la version Française !


Une petite page sur les KHMERS REFUGIES !

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Re : [LIVRE] Gregor MUELLER: Colonial Cambodian's Reply With Quote
Offline Sundgauvien38
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VANNA a écrit


… et nous saurons un peu plus de quelle manière Barang Sès agissaient sur nos arrières grands parents…
Vivement la version Française !




Ou comment nos arrière grand parents "apportaient les bienfaits de la civilisation" aux populations de leur empire colonial.

PS: pour ceux qui auraient pas compris : quand je mets "apporter les bienfaits de la civilisation" ce n'est pas à prendre au premier degré.

En tout cas je plussoie: vivement la version française !

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
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Re : Re : [LIVRE] Gregor MUELLER: Colonial Cambodian's Reply With Quote
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Sundgauvien38 a écrit

VANNA a écrit


… et nous saurons un peu plus de quelle manière Barang Sès agissaient sur nos arrières grands parents…
Vivement la version Française !




Ou comment nos arrière grand parents "apportaient les bienfaits de la civilisation" aux populations de leur empire colonial.

PS: pour ceux qui auraient pas compris : quand je mets "apporter les bienfaits de la civilisation" ce n'est pas à prendre au premier degré.

En tout cas je plussoie: vivement la version française !


La réponse est déja connue globalement, je pense:

- les Français se sont très peu occupés du Cambodge... beaucoup plus intéressés qu'ils étaient par la Cochinchine, le Tonkin et l'Annam

- Administrativement, certains vont jusqu'à dire que le Cambodge était géré de " très loin"... à partir d'Hanoï
Les ressources premières et l'intérêtpour la Métropole venaient des grandes plantations de colons de la Cochinchine..

Pour le reste :je me répète mais la thèse sur les " Toubibs Cambodgiens" de Anne-Marie Guillou donne une excellente description de cette période par le biais de la politique de la Santé appliquée dans toute l'Indochine..

- idem le bouquin du copain de Virgule :Alain Forest
"Le Cambodge et la Colonisation française"

Y a déjà de quoi faire .. en attendant la traduction française de ce nouveau livre
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