Not logged in [Login - Register]
Go bottom
Printable Version | Send to Friend | Subscribe | Add to Favorites New TopicNew PollPost Reply
    « Prev. thread | Next thread »  
Author /article Aseanie juin 2006/ Groupes ethniques des hautes terres du Cambodge au debut du XXe s.   ( Replies 0 | Views 278 )
Go top 29/06/2007 @ 13:26 Go bottom
/article Aseanie juin 2006/ Groupes ethniques des hautes terres du Cambodge au debut du XXe s. Reply With Quote
Offline Neko
Membre Honorable
MemberMemberMemberMemberMember

sanju.jpg
 
Posts 1369
Registered 10/02/2007
Location Phnom Penh
J'ai trouve a la librairie de l'Alliance Francaise de BKK des numeros des publications ASEANIE-Sciences humaines en Asie du Sud Est (Editions du centre d'Anthropologie Sirindhorn de Bangkok).
Dnas un numero precedent (juin 2006) il y avait cet article de Mathieu Guerin tire de sa these.
Le sujet etant assez long et peut etre un peu fastidieux, je n ai pour le moment que tape l'introdution de cet article...
SI cela vous interesse faites moi signe, je taperai la suite ! :ordi:

Extrait de
GROUPES ETHNIQUES AUTOCHTONES DES HAUTES TERRES DU CAMBODGE AU DEBUT DU XXe SIECLE

Essai de démographie historique

Mathieu Guérin

Le dénombrement des personnes est un exercice central dans l’étude des minorités ethniques en Asie du Sud-Est. Ces dénombrements sont souvent biaisés de manière à pouvoir être incorpores à un discours politique. Les défenseurs de telle ou telle minorité auront tendance à en accroître l’importance démographique, alors que les Etats centraux cherchent systématiquement à minorer le poids de leurs minorités ethniques. Par ailleurs, le dénombrement strict pose le problème de l’identité. Quelles sont les conditions pour que telle ou telle personne soit comptée dans tel ou tel groupe ? Quelles sont les conditions qui doivent être réunies pour qu’un groupe ethnique existe ? Certains pays comme le Viêt-Nam, le Laos ou la Thaïlande proposent des statistiques très précises, mais qui méritent souvent d’être questionnées.
Si l’exercice est difficile pour les études démographiques actuelles, il devient particulièrement périlleux lorsque l’on cherche à établir la structure et le poids des minorités ethniques dans le passé, Les sources manquent et sont souvent peu fiables.
Cette étude se propose de montrer que la démographie historique des peuples minoritaires en Asie du Sud-Est n’est pas impossible, même pour les peuples d’essarteurs vivant en forêt et souvent réfractaires au contrôle étatique. Elle vise à effectuer un dénombrement des peuples autochtones des hautes terres du Nord-Est cambodgien à l’époque de la colonisation française, notamment des Mnong et des Stieng, devenus par la suite des minorités ethniques dans le Cambodge contemporain. « Autochtones » signifie ici les membres des groupes ethniques non-khmers qui se perçoivent et sont perçus comme les primo-occupants de l’espace qui est devenu le Nord-Est du Cambodge. Contrairement à ce que l’on observe dans les pays voisins, les groupes humains sont suffisamment réduits pour pouvoir en suivre l’évolution au plus près.

Il est à noter que les Stieng vivant dans la partie orientale de la province de Kompong Cham à la fin du XIXe siècle ont pratiquement disparu un siècle plus tard. Ceci s’explique d’une part par une émigration vers la vallée du Song Be au milieu du XXe siècle après le développement des plantations d’hévéas, mais aussi par leur intégration dans la population cambodgienne qui s’accompagne d’un processus de khmérisation. Celui-ci passe par une appropriation de certains traits culturels auparavant spécifiques aux Khmers. C’est ainsi que les Stieng de Memot ou Snoul qui parlent khmer, adoptent le bouddhisme et pratiquent la riziculture humide deviennent khmers pour les recenseurs officiels. On assiste de ce fait, non à un déclin démographique stricto sensu, mais plutôt à un glissement vers une nouvelle identité. Les difficultés de décompte des peuples minoritaires tiennent donc pour une grande part aux problèmes posés par la définition des groupes ethniques.

Chronologiquement, les premières sources dont nous disposons sont les rôles d’imposition, souvent incomplets, qui ne prennent en compte que les contribuables, c’est-à-dire les hommes adultes inscrits. Ils peuvent être complétés par trois recensements conduits en 1903, 1921 et 1926 au Cambodge, auxquels s’ajoute un recensement réalisé uniquement dans la délégation du Haut Chhlong en 1936. Par ailleurs, des « statistiques de population, des cultures et de colonisation » sont plus ou moins tenues à jour par les résidents, administrateurs français des provinces cambodgiennes. Enfin le docteur Farinaud de l’institut Pasteur a publié plusieurs études démographiques dans les hautes terres. Le recensement de 1998, outil particulièrement fiable et détaillé, aide à mener une étude critique de ces sources.
#42352 View Neko's ProfileView All Posts by NekoU2U Member
    « Prev. thread | Next thread »  
New TopicNew PollPost Reply
Go top