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Auteur Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun   ( Réponses 172 | Lectures 14864 )
Haut de page 18/04/2007 @ 17:52 Bas de page
Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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( Aekreach et son papa ) photo prise chez mamie à Aulnay sous Bois.



Je suis né à Paris, de mère française, et de père cambodgien, natif de Kompong Luong, une localité située à environ 20 kilomètres de Phnom Penh.


En 1970, quelques semaines avant la destitution du Prince Norodom Sihanouk, mon père avait décidé, de rentrer au Cambodge avec ses amis khmers, étudiants à Paris.

A ce moment là, j’avais à peine 7 ans, je l’ai accompagné en croyant partir pour quelques jours de vacances. J’ignorais que mon séjour allait durer 10 ans. Ma sœur, plus jeune que moi de 4 ans, était donc restée avec ma maman à Paris.

Sous le régime de Lon Nol, mon père avait refait sa vie avec une cambodgienne, *. Il travaillait à la B.C.D. (Banque Cambodgienne pour le Développement), située sur le boulevard Monivong, à Phnom Penh.

Quant à moi, je suivais ma scolarité au Petit Lycée René Descartes, un établissement privé français, jusqu’à la fermeture définitive en 1974, suite à l’explosion d’une roquette à l’entrée de l’établissement.


Ce matin là, j’aurais pu périr dans l’explosion, heureusement que nous avions quitté la maison avec un léger retard par rapport à l’accoutumée. Nous étions arrivés à la hauteur du Lycée Descartes, quand a retenti la déflagration, suivie d’un épais nuage de fumée noire. Dans la rue, c’était la panique générale. Des gens courraient dans toutes les directions, en poussant des cris d’effroi.

Mon quartier se situait derrière le Palais Royal, dans la rue Oknha Chhun, rebaptisée aujourd’hui rue n° 240.

Quelques mois avant la chute de Phnom Penh, les tirs de roquettes en provenance de Chhroy Changvar, étaient de plus en plus fréquents. Elles s’abattaient régulièrement dans un périmètre assez proche de mon quartier ( Palais royal – Psar Sileup – Vat Botum ). J’avais appris à les reconnaître à leur sifflement si particulier.

La capitale n’était plus ravitaillée par la route. L’inflation était galopante. Le prix des denrées alimentaires grimpait tous les jours. Mon père, par ses relations, avait pu constituer un stock de riz. Au moins 10 sacs de 50 kg étaient entreposés au rez-de-chaussée sous l’escalier. On pouvait facilement faire face à un siège de plusieurs mois.

Mon père semblait être très bien informé. Il nous avait prédit avec une exactitude déconcertante la date et l’heure de l’assaut final des Khmers rouges sur la capitale et par où ils allaient entrer. Peut-être que c’était tout simplement notre voisin, Colonel dans l’Armée Républicaine, qui était sa source d’information ?

Le matin du 17 avril 1975, la majorité des habitants de mon quartier était partie s’amasser le long du boulevard Norodom, une grande artère qui relie le Monument de l’Indépendance à Vat Phnom, pour acclamer les vainqueurs de cette « sale » guerre, qui avait opposé des khmers entre eux.

La fin de la guerre semblait réjouir petits et grands. J’entendais des gens dire que grâce à la paix, ils allaient pouvoir rentrer dans leur village. Ma grand-mère paternelle aussi avait abandonné sa maison de Kompong Luong pour fuir les attaques des ennemis de la République deux ans auparavant. Toute la matinée, on assistait à des embrassades entre les soldats de Lon Nol et les vainqueurs en uniforme noir. Certains militaires de la République se sont rendus à ce moment là.


Mais, très vite, la peur avait supplanté à la joie, juste après que de petits groupes de jeunes révolutionnaires étaient passés dans notre rue, pour nous obliger, à leur remettre des armes, et à hisser des drapeaux blancs à la fenêtre, en signe de ralliement, ou plutôt de capitulation.

Comme tous les voisins, mon père a coopéré docilement, sans aucune réticence. Il a remis ses deux armes à feu, un revolver et un fusil mitrailleur M16 avec toutes les munitions. A cette époque là, beaucoup de civils étaient armés.

Dans notre rue régnait un silence inhabituel et inquiétant. Les oiseaux se sont soudain tus et les écureuils avaient disparu des branches du tamarinier en face de notre maison. Plus personne n’osait s’aventurer dans la rue. De temps à autre, on pouvait entendre des tirs sporadiques dans les rues adjacentes. Le bruit de ces tirs était effrayant pour l'enfant que j'étais. On ignorait, si c’étaient seulement de simples tirs en l’air.


Vers 18 heures, au coucher du soleil, un autre groupe est venu frapper à notre porte déjà close. Il nous a demandé, de déguerpir au plus vite, pour échapper aux bombardements de l’aviation américaine.

Après quelques longues minutes de négociation, ils nous ont, tout de même, autorisés à rester encore une nuit. Mais, ils nous ont sommés de quitter la maison dès l’aube, en nous rassurant, que dans 3 jours tout au plus, on pouvait regagner notre maison, sans aucun souci. Dans la rue, nous étions que quelques familles à vouloir passer encore une nuit. Tous les autres riverains étaient partis.


Nous avions tous passé une nuit blanche. Personne n’a réussi vraiment à dormir à cause des tirs et des cris qu’on entendait dehors dans la nuit. Au petit matin, nous avons abandonné notre maison, sans presque rien emporter, car nous étions convaincus, que dans 3 jours nous serions de retour. Avant de quitter la maison, j’avais un étrange pressentiment de l’abandonner pour toujours. Alors au dernier moment, je suis remonté à l’étage, et j’ai fait un balluchon avec un drap, pour envelopper tous mes vêtements, qui se trouvaient dans mon armoire. Mon père voulait, que j’aille les remettre à leur place, pour ne pas encombrer la voiture. Mais je ne lui ai pas obéi. Par la suite, ils ont été très utiles pour les échanger contre de la nourriture. Les villageois préféraient des vêtements ou de l’or, mais n’accordaient pas beaucoup d'importance aux diamants. Pour eux, les diamants étaient de simples cailloux, sans aucune valeur.

Pendant la nuit, mon père avait réussi à confectionner un drapeau de la croix rouge française, grâce à un morceau de drap blanc, et du feutre rouge. Il l’avait étendu sur le capot de notre voiture. Je lui ai demandé, pourquoi il faisait ça. Il m’a répondu que ce drapeau allait nous faciliter l’accès à l’Ambassade de France.

Il pensait que, si on pouvait franchir le portail de l'Ambassade de France, il pouvait me renvoyer en France, grâce à ma nationalité française. Mais les jeunes soldats Khmers Rouges nous ont refusés, sans ménagement, l'accès, en nous menaçant avec leurs fusils mitrailleurs par des tirs en l’air.
 
L’idée de se réfugier dans l’Ambassade de France a été très vite abandonnée. Ce jour là, il faisait très chaud, peut-être pas plus chaud que d’habitude, mais la circulation était très dense. Il y avait une marée humaine dans les artères principales. Les gens s’énervaient pour un oui ou pour un non. Ceux, qui étaient à pied, se déplaçaient encore plus vite que nous, qui circulions en voiture. Les automobiles avançaient mètre par mètre, pare-chocs contre pare-chocs. Afin d’économiser du carburant, mon père avait coupé le contact et poussait la voiture pour la faire avancer.


A la tombée de la nuit, nous étions arrivés devant la Faculté de Droit située à Beung Trabaèk. Tout le monde était épuisé. La voiture était garée sur le bord du trottoir. Notre femme de ménage avait improvisé un coin cuisine sur le trottoir. C’était notre premier repas chaud de la journée. Au menu du jour, il y avait du riz blanc et du poisson séché. Les jours suivants, le menu ne variait guère jusqu’à épuisement du stock, mais personne ne se plaignait, même pas moi, qui étais réputé un peu difficile. Si notre femme de ménage n’avait pas eu la présence d’esprit, d’emporter un sac de riz et quelques poissons séchés, on aurait peut-être rien eu à manger pendant plusieurs jours. Mon père et sa femme ont passé la nuit dans la voiture, la femme de ménage et moi, avons dormi à même le trottoir sur une natte. Il y avait un brouhaha pendant toute la nuit et la chaleur qui remontait du sol était presque insupportable.


 
Le lendemain matin de bonne heure on a repris la route, sur le chemin on a rencontré ma grand-mère paternelle, mon oncle, et son épouse. Ils étaient à pieds, avec quelques balluchons de vêtements et de nourriture.
Ils n'ont pas voulu nous suivre.
 
Mon père voulait rester à la périphérie de la capitale, alors que mon oncle  préférait  rejoindre au plus vite le Vietnam par Nerk Leurng. Ont-ils réussi à franchir la frontière ? Je n’en sais toujours rien à ce jour.
 

Ils ne se sont pas attardés très longtemps. De l’intérieur de la voiture, je les regardais s’éloigner. C’était la toute dernière fois que je les ai vus et cette image est restée gravée dans ma mémoire. Dans les années 80, j'ai effectué des recherches auprès du H.C.R. pour les retrouver, mais en vain. Aujourd’hui, je suis toujours sans nouvelle de ma famille paternelle. J’ignore, si d’autres membres de la famille de mon père ont survécu aux massacres.

Nous avancions toujours avec peine. En fin d’après-midi, nous avions traversé le pont Chhroy Aok, pour rejoindre Chhroy Ampil, située au bord du Mékong. Nous avions campé plusieurs jours dans cette localité, à l’ombre d’un grand arbre, près du fleuve. C’est là, que nous avions retrouvé des membres de la famille de la femme de mon père. Sa sœur *, et son mari *, sa mère *, ses deux frères * et *, ses deux neveux * et *.

Notre femme de ménage a demandé l’autorisation à mon père, pour rejoindre sa famille dans son village. Elle nous a souhaité bonne chance. Elle n’a même pas voulu emporter beaucoup de vivres avec elle. Elle nous a pratiquement tout laissé. C’était une femme de cœur. J’appréciais énormément sa compagnie. Elle m’a beaucoup manqué par la suite.
 
Maintenant, notre groupe était constitué de 10 personnes. Nos vivres s’amenuisaient de jour en jour. L’argent n’avait plus aucune valeur. On ne pouvait plus rien acheter. Avec mes cousins * et *, nous occupions nos journées, à cueillir des fruits, ou à nous baigner dans le Mékong en tout insouciance.

Tous les jours, on assistait à des enterrements ; des cadavres trouvés, en train de flotter dans le fleuve ou de jeunes enfants morts de déshydratation.

A la radio, les messages qui étaient diffusés, étaient plutôt rassurants. Les militaires de l’ancien régime étaient invités à rejoindre la capitale, pour constituer la grande armée unifiée du pays. D’autres corps de métier étaient également sollicités. Beaucoup se sont rendus. Or, quelques-uns uns ont pu s’échapper par la nage, et ont très vite informé la population du sort, qui était réservé à ceux, qui se rendaient.

Quand mon père avait entendu les témoignages de ces soldats, qui ont échappé à la mort, il a réuni l’ensemble des adultes de notre groupe, pour prendre la décision, de quitter les lieux au plus vite. Avec ces dernières informations, tout le monde était d’accord, pour continuer la route. Les 3 jours sont passés depuis au moins une semaine. Plus personne n’espérait rentrer à la maison. Nous avons alors payé des passeurs avec quelques objets de valeur, pour nous faire traverser le fleuve en canot. Le but du groupe était de rejoindre la frontière thaïlandaise.

La voiture était restée sur la rive. Mais avant de l’abandonner, mon père a eu l’idée de siphonner le réservoir d’essence, pour récupérer quelques bouteilles de carburant, qui nous ont servi par la suite de monnaie d’échange, pour se procurer de la nourriture dans les villages, que nous avions traversés.

Notre progression était très lente, car la grand-mère ne pouvait pas marcher à notre rythme. Dès qu’on trouvait un peu d’ombre, on s’arrêtait. Nous avons mis plusieurs jours pour atteindre Rokar Kong. A Rokar Kong, nous avons été hébergés pendant quelques jours par une famille, qui avait des liens de parenté avec la grand-mère. Un membre de cette famille, menuisier de métier, nous a aidé à fabriquer une charrette avec les deux roues d’une mobylette. Elle servait surtout à transporter la grand-mère, et tout ce qui était lourd et encombrant.


Dès que la charrette était opérationnelle, nous avions poursuivi notre chemin.
Dans la journée, le soleil était torride. Lorsqu’il était au zénith, le goudron de la route se mettait à fondre par endroit. Mes chaussures m’avaient lâché au bout de quelques jours de marche. J’avais des ampoules aux deux pieds.

Pour suivre le cortège, mes cousins et moi, marchons sur le bord de la route, là, où il y avait un peu d’herbe, pour éviter de se brûler la plante des pieds.

Je ne me rappelle pas des noms de toutes les localités, que nous avions traversées, ni des dates, avec précision.

Tous les jours, la principale préoccupation des adultes de notre groupe était, de se procurer un peu de nourriture, et de parcourir environ 20 km / jour. L’objectif n’était pas souvent atteint.

Lorsqu’on parvenait à trouver un village, où il était facile d’obtenir de la nourriture, on s’attardait plusieurs jours, pour récupérer des forces. Adultes et enfants, nous étions tous épuisés. Personne de notre groupe n’avait, de leur vie durant, marché autant sous un soleil de plomb.

Un jour, je me rappelle avoir aussi traversé une importante plantation d’hévéa, où nous avions passé une nuit. Ce lieu était infesté de moustiques, de jour comme de nuit. A mon réveil, j’avais des traces de piqûres sur le visage, les jambes, et les bras, et je n’étais pas le seul dans ce cas là.

J’avais déjà perdu toute notion de temps. Après plusieurs semaines de marche, et de multiples péripéties, la saison des pluies débutait. A un check point, des Yothears nous ont réquisitionnés quelques biens jugés non conformes selon les directives de l’Angkar : des montres, stylos, livres etc … et nous ont ordonnés, de suivre leur convoi. Aucun groupe ne pouvait continuer la route, sans être encadré par des Yothears. Pendant le trajet, certaines nuits, la plupart d’entre nous dormaient avec des habits, trempés par la pluie.

Notre groupe a été installé dans un village (Phoum Trokourn), situé sur les bords du fleuve (Steung Sèn), dans la province de Kompong Thom. C'est là, que j'ai vécu pendant tout le régime de Pol Pot, de 1975, jusqu’à l’arrivée des soldats vietnamiens, en 1979.
 
A notre arrivée dans ce village, nous n’avions plus rien à manger. Chaque jour, le chef du village nous rationnait, l’équivalent d’un verre à saké de grains de riz, par jour, et par personne. Pendant plusieurs jours, personne ne nous obligeait à travailler. Alors, on en profitait pour aller chercher un complément de nourriture dans la nature. On allait cueillir des liserons d’eau dans des étangs, infestés de sangsues. Parfois, on ramenait des poissons, qu’on avait réussi à attraper dans de la boue, où se rafraîchissaient les buffles. Des pousses de bambou nous servaient également, à épaissir notre bouillon de riz.

Malgré tous ces efforts pour trouver de la nourriture, de jour en jour, nos corps étaient devenus squelettiques. Mon père, qui avait pourtant un embonpoint, très vite, trouvait, que son pantalon devenait trop large.

Au bout de quelques semaines, le chef du village, Pou (oncle) Ri, m’a séparé du reste de la famille. Il m’a demandé, d’aller m’installer dans le village voisin, parmi des gens, appartenant à l’ancien peuple. J’étais effrayé à l’idée de vivre loin de mes proches. Mais je ne pouvais pas refuser.

Plusieurs semaines après, j’ai appris que, mon père et son beau frère par alliance , ont été arrêtés. Tous les deux étaient accusés, d’être des espions à la solde de la CIA.

En fait, des villageois avaient ramassé un appareil photographique juste derrière notre cabane. En présence du chef du village, Le beau frère de mon père n’a pas nié, que c’était le sien. Il a avoué l’avoir jeté dans le fleuve dès notre arrivée. A cette époque de l’année, le fleuve était en pleine crue. Il était persuadé, que le courant allait l’emporter très loin de là. Mais, manque de chance, l’appareil s’était accroché à une branche, et à la décrue du fleuve, il n’avait pratiquement pas bougé de place.

Dans un premier temps, ils ont été enchaînés, et escortés à pied par des Yothears jusqu’au Centre de Détention et de Sûreté (Sontésok) à Srok Sondân, puis au bout de quelques mois de détention, ils ont refait le chemin à l’envers, toujours à pied, pour leur transfert vers le Santésok de Kompong Thom.
 
Après quelques mois de détention à Kompong Thom, le beau frère de mon père a succombé aux tortures, infligées par les bourreaux de ce centre. Sa femme, en apprenant cette terrible nouvelle, a tenté de se suicider à plusieurs reprises, en se jetant dans le fleuve (Steung Sén) en pleine crue. Dans sa dernière tentative de suicide, c’est moi qui avais alerté les villageois, pour la sauver. A ce moment là, je ne savais pas encore bien nager, pour pouvoir la secourir. Et le courant était trop fort. Elle a toutefois été sauvée une fois de plus. Mais commençait déjà à délirer sérieusement. J’étais très en peine de la voir dans cet état. Elle, qui était si joviale, et si gentille avec tout le monde.

Quelques jours plus tard, elle a été abattue froidement de plusieurs balles dans le dos par des Yothears, qui montaient la garde à la sortie du village de Prey Ponlu, où était basé son camp de travail. Elle voulait aller au petit coin. Or elle avait oublié de demander l’autorisation au chef de camp, avant de s’engager dans le bois, qui jouxtait son campement. Je pense, qu’elle savait, ce qui allait lui arriver, en agissant ainsi. Après le décès de son mari, elle avait perdu tout espoir et voulait mettre un terme à son calvaire.

J’étais très triste en apprenant ce deuxième décès dans notre famille.

A cette époque là, j’avais tout juste 12 ans. Le responsable du village, jugeant que j’étais encore trop faible pour les travaux pénibles, m’avait confié deux buffles. Je devais prendre soin de ces deux bêtes, du matin au soir, et également empêcher les oiseaux, de venir manger le paddy dans les rizières.

Surveiller les buffles était bien plus aisé, que d’empêcher des oiseaux, de détruire la récolte. Il fallait sans cesse crier, pour les éloigner des rizières. Au bout de quelques jours de surveillance, je souffrais d’une extinction de voix. Ne pouvant plus crier, je tapais de toutes mes forces dans un morceau de bambou creux, pour faire le plus de bruit possible. Je n’avais aucun répit, dès que je m’arrêtais de taper ou que j’avais le dos tourné, par centaines, les oiseaux se posaient sur les plants de paddy, et arrachaient les épis, pour aller les décortiquer sur les branches de bambou.

J’étais tellement décharné que toutes mes côtes étaient visibles. La nuit, lorsque je dormais, à même le sol, elles me faisaient mal. J’avais la désagréable impresssion, de dormir sur des rondins de bois. Dans ces moments là, j’essayais de penser à mon lit douillet d’autrefois.

Un jour, en trébuchant sur le talus, qui bordait la rizière, je me suis retrouvé à plat ventre sur le sol. Mes forces m’ayant abandonné, je ne pouvais, ni me relever, ni crier, pour appeler à l’aide. J’ai du rester un long moment dans cette position, avant d’être secouru par deux vieilles dames, qui passaient par-là par hasard. Elles faisaient partie de l’ancien peuple, et pouvaient encore manger à leur faim. Elles ont pris pitié de moi, et ont partagé leur repas avec moi. Alors que je commençais à croire, que tout le monde était devenu cruel, et égoïste. Ces deux vieilles dames, comme deux anges envoyés du ciel, m’avaient remonté le moral, et surtout, m’avaient redonné un peu d’espoir. Grâce à leur bonté, j’ai pu, ce jour là, manger du riz consistant, avec un vrai plat cuisiné, et les jours suivants, régulièrement, elles venaient sur mon lieu de travail, m’apporter quelques nourritures.

Beaucoup de mois ont passé, et je n’avais toujours aucune nouvelle de mon père. J’étais devenu un Chalat Komar. On m’avait fourni un uniforme bleu avec un krama. J’étais appelé à effectuer quasiment les mêmes travaux que les adultes. C’est-à-dire, labourer les rizières, repiquer du riz, moissonner, creuser des canaux, construire des talus ou de grandes digues pour les retenues d’eau. J’étais très apprécié des villageois, car j’apprenais très vite. Je savais même exécuter certaines tâches, que les jeunes villageois de mon âge ne maîtrisaient pas encore. Mais j’avais beau m’efforcer à leur ressembler, je restais toujours l’élément du nouveau peuple du 17 avril.

J’avais perdu tout espoir, de retrouver mon père vivant. A un moment donné, j’ai pensé, que, lui aussi, avait été exécuté à Kompong Thom. Car, jusqu’à présent, personne n’était revenu sain et sauf de ce camp de détention.

Au début de l’année 1978, selon les dires de mon père, Ieng Sary était venu inspecter, le centre de détention de Kompong Thom. Ieng Sary l’avait reconnu, malgré sa maigreur. Je pense, qu’ils se sont connus au Lycée Sisowath dans les années 50, et peut-être même, par la suite, à Paris.
Ieng Sary aurait donné l’ordre aux responsables de ce centre de libérer mon père.

C’était la fin de la saison des pluies. Le niveau du fleuve était très bas. On pouvait le traverser à pied, à certains endroits.

Mon père avait pu regagner le village, pour retrouver toute la famille restante. Il a demandé à me voir. Le chef de mon village, Pou Phén, chez qui j’étais hébergé, ne s’était pas opposé à ces retrouvailles.

Mon père ne m’a pratiquement pas parlé de ses conditions de détention. Mais j’ai pu constater des cicatrices sur tout son corps. J’avais surtout remarqué des traces, plus marquées que les autres, sur ses deux chevilles. Plus tard, j’ai su, que ces marques étaient causées par les fers, qui servaient à enchaîner les prisonniers sur place.

Peu de temps après son retour au village, tous les habitants, en âge d'effectuer des travaux pénibles, ont été appelés à construire une digue à ÔTourk. Cette localité, située près de la forêt, se trouvait à environ une journée de marche de notre village.
 
J’étais aussi désigné pour effectuer les travaux sur ce chantier. J’étais dans le groupe des « Chalat Komar » = Enfants mobiles. C’était ma troisième participation à la construction de digue. Mon père était dans le groupe des adultes mariés.
 
Ces deux groupes étaient réunis dans le même baraquement, conçu par nous-mêmes, dès notre arrivée. La moitié était réservée aux adultes, et l’autre aux « Chalat Komar ». Les femmes et les filles occupaient un autre baraquement. L’effectif total sur le chantier devait dépasser allègrement le millier. Les gens venaient de partout. Jours et nuits, les haut-parleurs diffusaient des chants révolutionnaires pour notre lavage de cerveau et nous pousser à travailler plus vite.

Au début, mon père dormait loin de moi, à l’autre bout du bâtiment. Chaque baraque était constituée de deux rangées de dortoir. Nous étions séparés par au moins une vingtaine de personnes. Sur le chantier, mon père se montrait toujours très enthousiaste. Il exécutait ses tâches comme un travailleur modèle. Il avait complètement changé depuis son retour du centre de détention.

Au bout de plusieurs semaines, il avait réussi à changer de place avec quelqu’un, pour se mettre au milieu, pour se rapprocher de moi. J’ai moi-même pu changer de place avec un camarade, qui se trouvait à côté de mon père.

Pour la première fois, depuis des mois et des mois, je savourais ce moment. Pouvoir dormir à ses côtés me procurait une joie indescriptible. La nuit, il me caressait les cheveux comme il avait l’habitude de le faire, quand j’étais petit. La plupart du temps je m’endormais sur son bras. Le matin, de très bonne heure, nous partions chacun de notre côté, le ventre vide, pour rejoindre notre groupe de travail.

Pour nous, les jeunes, il fallait creuser, et déposer un mètre cube chacun sur la digue. Parfois, il était difficile de finir dans les temps, lorsqu’on tombait sur un sol très dur.

Un soir, en rentrant du chantier, mon camarade de travail, qui était resté au dortoir pour des problèmes de santé, se dirigea vers moi avec un air triste, et discrètement m’annonça avoir vu quatre hommes armés escorter mon père, avec les mains liées dans le dos. D’après lui, ils sont entrés dans la forêt. Plus tard, il les a vus ressortir, sans mon père.

Pour moi, il n’y avait aucun doute. Mon père a été exécuté. En apprenant, cette terrible nouvelle, je voulais hurler ma colère mais la peur m’en empêchait. J’étais comme tétanisé, incapable d’aligner deux mots à la suite. D’habitude, à la fin de la journée, j’avais toujours très faim. Ce soir là, je n’ai rien pu avaler. J’ai fait semblant d’aller uriner dans la forêt, mais c’était pour pleurer lâchement en cachette. Je m’efforçais d’étouffer mes sanglots dans mon krama pour ne pas être remarqué.
Cette nuit là, la place de mon père était restée vide. Ses affaires personnelles avaient disparues. J’avais à peine 15 ans, ma mère et ma sœur se trouvaient à dix milles kilomètres de moi, et je venais de perdre mon père définitivement.

Quelques jours plus tard, les bourreaux de mon père sont venus me voir. Ils m’ont d’abord demandé, si je voulais voir, où se trouvait mon père. Je leur ai répondu : non.

Puis ils ont insisté, pour me donner plus de détails, pour me torturer psychologiquement. Sur le moment, j’ai essayé de me montrer indifférent, pour ne pas laisser transparaître ma douleur et mes faiblesses. Je ne voulais rien entendre, et pourtant j’ai été contraint de les écouter.

Malheureusement, je ne connais pas leur identité. A l’époque, je connaissais leurs prénoms. Mais aujourd’hui, 28 ans après, c’est le trou noir total.

Je ne sais même pas pourquoi mon père a été exécuté, et qui l’a ordonné. Pourquoi l’avoir libéré pour le tuer ensuite ?

En tous les cas, ils ont tenu à me préciser, qu’ils avaient obligé mon père à creuser sa propre tombe avec une pioche. Ils l’ont ensuite forcé à se mettre à genou, face au trou. Puis l’un d’eux a pris la pioche et lui a fracassé la nuque. Mon père a donc été exécuté en 1978, une quinzaine de jours avant que ne débuta la saison des pluies

Je me souviens également que, sur le chantier, une équipe de cinéastes, accompagnée par quelques responsables habillés impeccablement de la tête aux pieds, était venue nous filmer sur place. Notre chef de camp « Mé Chalat Komar » nous avait ordonné de nous aligner avec nos fléaux d’épaule, chargés de paniers pleins de terre. On devait sourire devant la caméra et surtout marcher avec entrain.



Quelques mois après, les troupes vietnamiennes arrivaient dans notre village pour nous libérer, et tous ceux, qui avaient exercé une quelconque responsabilité dans le village, sont entrés se cacher dans la jungle...

Edité le 31/10/2008 @ 22:44 par Aekreach
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Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Bienvenue à toi, mon cher Aekreach ! Enfin, tu as décidé d'être parmis nous !:lol:

C'est triste de lire ton histoire ! Courage ! Moi, depuis la classe de seconde, ma miopie de cesse de s'agraver mais d'après l'opthamologue, c'est un cas normal ! Pour moi, cette miopie était dû à ma rage de réussir, la fureur de vaincre, pour utiliser le titre d'un film de Bruce Lee !:lol:

Un garçon de 19 ans ! Tu vas être grand-père bien avant moi !:lol: Mon ainée n'a que 11 ans !:lol:

Edité le 18/04/2007 @ 20:00 par Sereypheap

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Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Je te souhaite la bienvenue sur KN. Ca me fait très plaisir de te voir ici. Et j'espère que tu seras toujours partant pour me traduire mes chansons de Preap, toujours aussi rapidement ! :sygus:

J'ai lu avec attention ta présentation qui m'a attristée quand tu parles de céssité car elle m'a renvoyé une partie de mon histoire à la figure (Ma mère a en effet perdu la presque totalité de sa vue dû à une tumeur au cerveau quand j'étais ado. Je connais très bien cette hantise) et ton récit sur le site "Justice pour le Cambodge".

J'y ajoute d'ailleurs le lien afin de donner à tous la possibilité de le lire :
http://www.justicepourlecambodge.org/article.php3?id_article=37&var_recherche=Tran+


Bienvenu Aekreach






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Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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J'ai commencé ton histoire Aekcreach ! Je continuerai demain...

Pourquoi ne pas publier ton histoire ici ?

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Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Bienvenue à toi :12:

Ton histoire c'est assez triste surtout que si ça m'arrivait je ne sais pas ce que je ferais vu que je fait de l'info et de l'info sans voir l'écran ça serait chaud... :sarcastic:

Profite aussi de ton temps pour voir les bonnes choses... :smiley12:

En tout cas, t'es un sacré bosseur didonc avec tes études du soir, c'est bien, ça change des féniant comme moi... :lol: Un peu de type sérieux en plus sur KN ça fait pas de mal !!! :sygus:

Parfois un bon coup de bambou remet les idées en place !
Il y a certains principes qui surpasse notre propre existence, notre bonheur...

#37765 View misteroud's ProfileView All Posts by misteroudU2U Member
Haut de page 18/04/2007 @ 20:51 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Bienvenue Aekreach

Suis ébranlé, j'ai aussi connu ces lieux de honte et de souffrant. Vaut mieux pas en parler.

FELICITATION

Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
#37768 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Haut de page 18/04/2007 @ 22:16 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Bienvenue sur le forum Aekreach ! :up:

Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rame
Et qui peut quitter son ami
Sans verser une larme ?

Ne me parlez pas de politique !
#37774 View Creamy+Sopheap's ProfileView All Posts by Creamy+SopheapU2U Member
Haut de page 18/04/2007 @ 22:34 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Bienvenue Aekreach!!!!! :lol:

#37778 View Vikcheka's ProfileView All Posts by VikchekaU2U Member
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Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Merci à tous pour votre chaleureux accueil !
#37791 View Aekreach's ProfileView All Posts by AekreachU2U Member
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Re : Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Aekreach a écrit

Merci à tous pour votre chaleureux accueil !


Ben moi je ne t'ai pas encore souhaité la bienvenue!!!!

Bien le bonjour Aekreach...( et n'oublie pas d'aller voter dimanche!!!)
#37792 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 19/04/2007 @ 09:28 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Merci Robin. Depuis ma majorité, je ne me suis jamais abstenu d'aller voter. Mon bureau de vote se trouve juste derrière chez moi. Une année, j'ai même participé au dépouillement.
#37797 View Aekreach's ProfileView All Posts by AekreachU2U Member
Haut de page 19/04/2007 @ 09:33 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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En lisant ton histoire, je comprend le vrai sens du mot aecreach !:lol: Et surtout, quand tu ajoutes quelques mots khmers, mots très utilisés par les Khmers rouges !:lol: Cela donne plus de sens que le mot "indépendance" !:lol:

Edité le 19/04/2007 @ 10:33 par Sereypheap

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#37801 View Sereypheap's ProfileView All Posts by SereypheapU2U Member
Haut de page 19/04/2007 @ 12:50 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Après que l'acceuil chaleureux des autres membres honorables du forum pour ton entrée sur scène, je te prie de bien vouloir accepter le mien en deuxième phase...histoire de mettre une petite mise-en-scène à la sauce LBKiste!!

soit le bienvenu sur ce forum!! et fais nous partager ton amour pour le Srok-khmer comme tu le fais si bien derrière ton écran d'ordinateur!

Ps: les bretons ont des têtes de cochon, sachant que les porcs bretons sont de couleur "rose", et les "cochons" khmers sont petits et noirs, j'en déduis que tu as une tête mi-rose, mi-noire...n'est-ce point-vrai? et ton caractère: indomptable!!

LBK.


#37808 View lebosskhmer's ProfileView All Posts by lebosskhmerU2U Member
Haut de page 19/04/2007 @ 20:35 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Bienvenue sur le forum Aekreach ! content d'en apprendre un peu plus sur ta vie.
Je suis vraiment très triste d'apprendre que tu as un tel problème de vue : mon père a lui aussi eu un décollement de rétine de l'oeil droit et a été opéré plusieurs fois (4 ou 5). Il voit beaucoup moins bien de cet oeil-là et a du mal à apprécier les hauteurs dorénavant. Son état est cependant stabilisé.
Apparemment, ça peut être génétique : moi et ma soeur avions aussi des petits trous au niveau de la rétine. L'état de ces trous-là est encore bénin, nous nous sommes faits opérés il y a un an et demi de l'oeil droit. Contrairement à mon père, ça n'était pas bien méchant. Il faut simplement surveiller ça régulièrement.
Tes gamins aussi devraient faire des examens ophtalmologiques réguliers (fond de l'oeil), si ça n'est pas déjà le cas.

#37816 View Jean-Sien's ProfileView All Posts by Jean-SienU2U Member
Haut de page 19/04/2007 @ 22:26 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Bienvenue a toi, o honorable ancien combattant et brave travailleur de l'ombre!!! :lol:

Perdre la vue... Brrrrrr... Je comprends que ca te hante! J'espère pour toi que ca n'arrivera pas!

Quant a tes origines... pfff, je prefere les purs sang, mais bon, tant pis, on fera avec! :12:
#37820 View mathix's ProfileView All Posts by mathixU2U Member
Haut de page 20/04/2007 @ 06:19 Bas de page
Re : Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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mathix a écrit

Quant a tes origines... pfff, je prefere les purs sang, mais bon, tant pis, on fera avec! :12:



:xtrem:



Aekreach ! Mathix veut faire un clin d'oeil a quelqu'un d'autre. Cette phrase n'était pas pour toi !


Edité le 20/04/2007 @ 07:20 par Vicheya






#37824 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
Haut de page 20/04/2007 @ 06:39 Bas de page
Re : Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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mathix a écrit

Bienvenue a toi, o honorable ancien combattant et brave travailleur de l'ombre!!! :lol:



Vicheya,

Donc cette phrase ne m'est pas destinée non plus. Si vous commencez à causer codé, je vais me sentir paumé.

Mathix doit quelqu'un de très matheux. Moi, à l'école j'adorais Math et Dessin ! (lol) A vous de trouer le sens caché !

Merci pour votre accueil.
#37827 View Aekreach's ProfileView All Posts by AekreachU2U Member
Haut de page 20/04/2007 @ 06:43 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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La première phrase, je n'en sais rien ! :lol:

Je voulais juste te préciser que cette phrase ne t'était pas destinée car justement, tu n'es pas là depuis longtemps et je ne voulais pas que tu l'interprètes mal.

Mathys voulait faire un pied de nez a quelqu'un. Je te laisse le lien pour comprendre.
http://www.khmer-network.com/forum/viewthread.php?tid=5357&highlight=Asian&page=3#pid37581




Edité le 20/04/2007 @ 07:44 par Vicheya






#37829 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
Haut de page 20/04/2007 @ 07:16 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Si j'ai bien compris, vous faites allusion aux propos de "asian" ( sang pur sang cambodgien ).

Personne ne peut prétendre faire partie d'une race pure. Nous sommes tous le fruit d'un métissage plus au moins visible.

En tous les cas, je suis fier de mon métissage. Je suis 100% cambodgien, 100% breton, 100% lorrain et 100% chinois. Et comme je vis en France, je suis donc 400% citoyen français et j'irai voter dimanche.

Et par la même occasion, j'invite tous les citoyens français en âge de voter d'user de leur droit vote, même s'ils pensent que rien ne changera pour leur propre vie.


Edité le 20/04/2007 @ 12:24 par Aekreach
#37833 View Aekreach's ProfileView All Posts by AekreachU2U Member
Haut de page 20/04/2007 @ 08:59 Bas de page
Re : Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Aekreach a écrit



Si j'ai bien compris, vous faites allusion aux propos de "asian" ( sans pur sang cambodgien ).




Exact et je suis tout à fait d'accord avec toi !

Alors bienvenu dans notre forum où on parle quelques fois en codé, mais certainement pas pour faire fuir les nouveaux ! :smiley12:






#37837 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
Haut de page 20/04/2007 @ 10:27 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire, je ne le répèterai pas !!!! :radote:

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#37855 View misteroud's ProfileView All Posts by misteroudU2U Member
Haut de page 24/04/2007 @ 18:56 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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...

Edité le 14/09/2007 @ 11:23 par Aekreach

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#38023 View Aekreach's ProfileView All Posts by AekreachU2U Member
Haut de page 24/04/2007 @ 19:32 Bas de page
Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Ah ben je suis plutôt d'accord avec Vivi, Aekreach, vous êtes grossier ! Ca mérite le fouet ! :xtrem: :xtrem: :xtrem:

Ha ha ha ! :sygus: Bon j'aurais pas écrit le mot que vous avez mis, c'est pas très joli (d'ailleurs je voulais reprendre Jean-Sien qui l'a écrit aussi ! :nono:), mais ça méritait pas un blâme, c'était ptêtre juste une remarque un peu mal formulée ,non ?...


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Ne me parlez pas de politique !
#38026 View Creamy+Sopheap's ProfileView All Posts by Creamy+SopheapU2U Member
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Re : Aekreach mjass kar kloun ti peung kloun Reply With Quote
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Personnellement, les paroles d'Aekreach ne me choquent pas plus que celà ! On a bien pire avec certains de nos propres membres, mais chacun gère son forum comme il le sens et il ne serait pas très bon de rentrer dans cette polémique.

Aekreach ! Reste avec nous ! :lol: Et laisse l'eau couler sous les ponts et retourne sur LJK quand ce sera plus calme. Ne t'auto-exclue pas pour si peu, ce serait dommage !

De toutes façons, les sujets de politiques sont toujours "dangereux" :sarcastic:






#38029 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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