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Author Un génocide qui laisse ses traces...   ( Replies 1 | Views 298 )
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Un génocide qui laisse ses traces... Reply With Quote
Offline Vicheya
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Registered 04/01/2006
Un séjour au Cambodge ne peut se concrétiser sans que certaines interrogations et curiosités n’émergent au sujet des Khmers rouges, un régime qualifié de génocide ou de crime contre l’humanité, dépendant des sources. Un régime qui, entre 1975 et 1979, a fait entre deux et trois millions de victimes. L’un des employés du Bureau canadien de coopération situé à Phnom Penh m’a d’ailleurs mentionné que tous les Cambodgiens, sans exception, avaient eu des membres de leur famille tués pendant cette période.
Malgré tout, la population est plutôt silencieuse à ce sujet: «Parler des Khmers rouges est un luxe que plusieurs personnes ne peuvent pas s’offrir», ai-je lu dans un article de magazine paru à ce sujet, faisant référence au fait qu’il est beaucoup plus concret de s’inquiéter au sujet d’un enfant séropositif ou de la difficulté de mettre un repas sur la table plutôt que de parler d’une époque qu’on souhaite qu’elle n’ait jamais existé.

Parmi les victimes, près de 13 000 personnes auraient perdu la vie dans la prison de Tuol Seng, qui signifie «le mont empoisonné» et qui est plus communément appelé S-21.

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Seules sept personnes ont survécu à la prison de Tuol Seng, et c’est leur talent de photographe ou d’artiste qui les a sauvés. Tous les prisonniers, dès leur admission, étaient pris en photo et une courte biographie à leur sujet était répertoriée. Les aveux se faisant sous la torture, on ignore toutefois la véracité de toutes ces histoires compilées. (Photo:Dominique Poirier)


Il s’agit en fait d’un lycée, transformé en prison en mai 1976. Les salles de classe sont devenues des cellules communes, ou ont été divisées pour devenir de petites cellules individuelles, d’à peine 1m50 par 1m, à peine suffisamment grande pour pouvoir s’y allonger. La potence, qui servait autrefois aux étudiants d’équipement pour faire de l’activité physique a quant à elle été transformée en outil de torture.

Ouvert au public depuis 1980, les visiteurs sont nombreux à venir visiter cette prison. Les cellules se suivent et se ressemblent, et provoquent toutes un effet de haut-le-coeur. Les lieux sont si empreints de désastres que chaque rencontre avec un autre visiteur provoque un sursaut.

Certaines cellules sont meublées d’un lit en métal, sur lequel repose des instruments de torture et une petite boîte en métal servant autrefois à soulager les besoins des prisonniers. Les plafonds sont hauts, les murs décrépis. Chaque cellule commune est décorée d’une photographie sur laquelle est immortalisé un prisonnier, en pleine souffrance, seul au milieu d’outils de torture.

Il est difficile de croire que ce massacre, dont la prison de Tuol Seng n’est qu’un infime témoin, s’est terminé l’année de ma naissance, alors que je n’ai pas encore trente ans. En réalité, seules sept personnes ont survécu à cette prison et tous avaient en commun un talent : celui de photographe ou d’artiste.

Grâce à eux, les visiteurs peuvent aujourd’hui faire face à tous ces visages, hommes et femmes, jeunes pour la plupart, certains portant un numéro de prisonnier, d’autres immortalisés d’un plan rapproché. D’autres encore ont été photographiés alors qu’ils rendaient leur dernier souffle, amaigris au point de ne plus avoir la force de respirer.

Ceux-là, vous n’en verrez pas de photos, puisque j’ai été incapable de les photographier. J’ai préféré garder en mémoire et sur pellicule leur visage alors qu’ils étaient toujours vivants, venant certes d’être fait prisonniers, mais toujours de ce monde, toujours en chair avec cette lueur d’espoir dans les yeux.
30 ans plus tard, la justice tarde à venir
À l’heure actuelle, le procès des Khmers rouges est en activité. Mais alors que le peuple cambodgien met beaucoup d’espoir en ce procès, espérant non seulement obtenir justice, mais également démontrer que de tels crimes ne sont pas permis et améliorer le regard que porte la scène internationale à l’égard du Cambodge, les procédures sont bloquées en raison des frais d’inscriptions exigés de la part du Barreau cambodgien aux avocats étrangers.

Les juges internationaux considèrent trop élevés les frais de 4 900$ réclamés aux avocats étrangers pour la première année du déroulement du procès, estimant que cette loi contredit le droit à un accès équitable à la défense. Les festivités du jour de l’an cambodgien n’aidant en rien, les procédures judiciaires s’éternisent.

Depuis mon arrivée, j’essaie d’en lire le plus possible à ce sujet. Certaines phrases marquent davantage, telles que celle lue dans le Plan de stratégies nationales en matière de développement pour la période de 2006 à 2010, un document gouvernemental publié en juin 2006.

Dans l’introduction de cet ouvrage, on utilise l’expression Below ground zero pour illustrer la réalité du pays à la suite du régime des Khmers rouges et de l’occupation étrangère. De nos jours, l’expression Ground zero fait souvent référence aux restes laissés par les événements du 11 septembre 2001 à New York. Comment un pays peut-il désigner sa réalité d’encore plus basse que celle-là, elle qu’il ne reste déjà plus rien?

Le Cambodge se reconstruit toutefois peu à peu et loin de nier le passé, le gouvernement a approuvé, le 3 janvier dernier, un livre de référence garni de 128 pages sur le régime des Khmers rouges. Ce livre, destiné aux élèves de la 9e à la 12e année, est en réalité le premier livre scolaire traitant de ce sujet!

Toutefois, la semaine dernière, le gouvernement a décidé que le livre servirait à la préparation des cours, mais non pas comme livre pédagogique, prétextant certaines lacunes au niveau de son contenu. Il faudra donc encore quelques années avant que les étudiants puissent avoir accès à un livre complet sur le sujet.


Dominique Poirier est étudiante finissante au Baccalauréat en journalisme de l'Université d'Ottawa et est récipiendaire de la bourse de Journalisme et développement de l'ACDI.
http://www.info07.com/article-95870-Un-genocide-qui-laisse-ses-traces.html



Edité le 18/04/2007 @ 10:38 par Vicheya
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Re : Un génocide qui laisse ses traces... Reply With Quote
Offline Seun nmott
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Registered 27/12/2005
Il est parmi les 13000...
Il a un gros grain de beauté noir (gros comme l'ongle d'un pouce), sa photo n'est plus à S.. elle est avec nous.
Toute la famille l'appelle Khora. Pauvre petit frère.

Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
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