Vous n'êtes pas connecté [Connexion - Inscription]
Bas de page
Version imprimable | Envoyer à un ami | S'abonner | Ajouter aux Favoris Nouveau SujetNouveau sondageRépondre
    « Sujet précédent | Sujet suivant »  
Auteur Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21)   ( Réponses 8 | Lectures 3430 )
Haut de page 29/03/2007 @ 23:41 Bas de page
Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) Sergvolant
Membre
MembreMembreMembre

11190005inv4.jpg
 
Messages 154
Inscrit(e) le 25/04/2006
Lieu de résidence Grenoble (France, 38)
Paru il y a quelques semaines, un article dans Cambodge Soir relate le projet du DC-CAM, explicitement différent, pour ne pas dire opposé, à "S-21, la machine de mort khmère rouge", le film de Rithy Panh (et Vann Nath, s'il est permis de le dire ainsi). Je croyais avoir photographié l'article, mais non (peut-être peut-on le lire sur Internet ?).

Le Document Center of Cambodia vient de réaliser un film sur Tuol Sleng dans le but de le diffuser dans les campagnes et de stimuler un débat parmi la population.

Les critiques adressées à l'oeuvre de Rithy Panh sont les suivantes (je ne dirai rien, hmmm) : trop long, les campagnards s'ennuient avant la fin ; construit de manière trop compliquée, ils ne le comprennent pas ; il ne permet pas de choisir la réconciliation si tel est le choix des habitants. Chez nous on appellerait ça un "format ARTE" et c'est ce que le journal sous-entend.

Le but est de motiver un débat parmi la population, donc, en montrant ce film de 20 minutes (ou 30) dans le maximum de villages. Une population qui pour les plus jeunes n'a pas connu la guerre, et qui, nous dit le producteur, peut préférer envoyer les gardiens prendre le froc plutôt qu'en prison, par exemple ; en plus de favoriser une discussion entre les générations.

Le documentaire raconte qu'il y a plus de survivants que prévu (la bonne nouvelle enthousiasmante, je suppose ; mais il ne semble pas y avoir l'histoire d'amour qui fait la gloire des films américains) et est basé sur le récit d'un gardien de Tuol Sleng qui, outre ne loupe pas la belle occasion de modifier un peu son rôle et de se faire passer pour une victime, apparaît dans le tout dernier plan, en larmes, après quoi le débat est censé pouvoir commencer.

Vann Nath a été hors de lui face à ce film, et ne s'est pas gêné de la faire savoir. Le producteur lui a rétorqué que ce pouvait être du à une sorte de maladresse de la part des réalisateurs, trois jeunes cambodgiens qui n'ont pas connu la guerre, et tout empreints de naïveté laisse-t-il entendre, sans trouver rien à y redire (naïfs aussi quant à la manipulation dont ils ont été l'objet, donc).

Je laisse à d'autres le soin de décoder toute cette affaire, dont certains paraissent assez évidents, mais j'aimerais bien savoir le devenir de cette histoire...
#36472 View Sergvolant's ProfileVisit Sergvolant's HomepageView All Posts by SergvolantU2U MemberAdd Sergvolant to your MSN contact list
Haut de page 30/03/2007 @ 05:09 Bas de page
Re : Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) robin des bois
Grand sage
MembreMembreMembreMembreMembreMembreMembreMembre

ava_196.jpg
 
Messages 7850
Inscrit(e) le 23/03/2004
Lieu de résidence 44000 Nantes
Claude Lanzman ( auteur de SHOAH ) et RITHY Panh (S-21) étaient côte à côte, il y a 2 ou 3 jours, sur FR3 vers 23h30 pour parler des Génocides, des témoins et Témoignages et du Darfour:
vu l'heure .. n'ai pu rester à écouter
#36476 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Haut de page 30/03/2007 @ 11:19 Bas de page
Re : Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) Sergvolant
Membre
MembreMembreMembre

11190005inv4.jpg
 
Messages 154
Inscrit(e) le 25/04/2006
Lieu de résidence Grenoble (France, 38)
Il y avait du beau monde, à cette émission, et j'ai été très déçu (peut-être un inconvénient du direct ?), car est-ce que quelqu'un peut me dire si c'est moi qui n'ai écouté que d'une oreille distraite, ou si Rithy Panh était là surtout pour faire décoration, dans une énième émission promotionnelle, parce que je ne me souviens pas l'avoir entendu aligner plus de trois mots ?...
#36504 View Sergvolant's ProfileVisit Sergvolant's HomepageView All Posts by SergvolantU2U MemberAdd Sergvolant to your MSN contact list
Haut de page 30/03/2007 @ 11:23 Bas de page
Re : Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) Sergvolant
Membre
MembreMembreMembre

11190005inv4.jpg
 
Messages 154
Inscrit(e) le 25/04/2006
Lieu de résidence Grenoble (France, 38)
Voilà l'article en question, paru le 9 mars 2007 dans Cambodge Soir. Copier/coller :


Un film du DC-Cam sur S-21 indigne Van Nath, un des survivants
09-03-2007
Le DC-Cam va diffuser dans les campagnes un documentaire sur le centre de torture de Tuol Sleng qui donne la parole à deux victimes rescapées et à un ancien gardien. Pour Van Nath, l’un des témoins clé de S-21, le DC-Cam “modifie” l’histoire en attirant exagérément l’empathie sur le gardien.
Sur la couverture du DVD de "Derrière les murs de S-21", le visage de Him Huy, un des gardiens en chef de Tuol Sleng (DC-Cam)
Derrière les murs de S-21, le nouveau film du Centre de documentation du Cambodge (DC-Cam) disponible à partir de la semaine prochaine en DVD, retrace l’expérience, à travers leurs témoignages, de trois personnes dont les destins se sont croisés à Tuol Sleng : deux anciens prisonniers, Bou Meng et Chum Mei, et un des gardiens en chef, Him Huy. La jaquette du DVD - un grand portrait de Him Huy - ainsi que son titre dévoilent clairement le parti pris des auteurs : détenus et bourreaux du célèbre centre de torture étaient tous derrière les mêmes “murs”, tous prisonniers, à différents titres, de cette même “machine de mort” décrite par le film de Rithy Panh. Le film se conclut sur un gros plan du visage de Him Huy, le regard perdu et embué, et ces propos : “Je pense tous les jours à ceux qui sont morts [...]. Je ne voulais pas travailler là. J’ai demandé à être muté. Ils ont refusé. Je ne suis pas celui qu’il faut blâmer”.

Le directeur du DC-Cam et producteur du film, Chhang Youk, explique son projet par la volonté de proposer un documentaire accessible à l’ensemble de la population. Le format du film, 30 minutes, et sa construction sont selon lui plus adaptés aux attentes des gens de la campagne que ceux qui ont été tournés jusqu’ici sur le même sujet, au premier rang desquels S-21, la machine de mort khmère rouge de Rithy Panh. Moins ambitieux, moins subtile, “Derrière les murs de S-21” peut aussi paraître plus tendancieux. Là où le film de Rithy Panh donnait à voir la “mécanique” derrière laquelle s’abritent aujourd’hui encore les anciens tortionnaires de Toul Sleng pour justifier leurs actes afin d’en souligner l’inhumanité, le film du DC-Cam tente d’attirer l’empathie sur le destin tragique d’un bourreau qui dit ne pas avoir eu le choix : ce sont ses larmes qui annoncent le générique et non celles de ses anciennes victimes.

“Le DC-Cam modifie l’Histoire”
Un des rescapés de Tuol Sleng, le peintre Van Nath, témoin central du film de Rithy Panh, a appelé Chhang Youk dès qu’il a vu le film pour lui faire part de son indignation. “Je suis en profond désaccord. Him Huy n’était pas un simple gardien. On ne peut pas le laisser dire ça. Il ne peut réclamer justice comme les autres victimes”, explique-t-il. Dans Derrière les murs de S-21, Him Huy se présente tantôt comme un simple gardien, tantôt comme le chef d’un groupe de “messagers”, chargé de transmettre des courriers officiels : il assure qu’il n’allait pas chercher lui-même les prisonniers dans leurs cellules et se contentait de “prendre leurs noms”, même s’il finit par avouer qu’il a été contraint de tuer un détenu à Chœung Ek pour prouver sa fidélité à l’Angkar. Van Nath condamne la complaisance dont ont fait preuve les auteurs du film dans cette interview : “Ils ont donné l’occasion à Him Huy de se laver de ses fautes. Mais il a beau se maquiller, sa peau portera toujours les stigmates de la lèpre”.


"Chaque parcelle de Tuol Sleng représente une goutte de sang", rappelle Van Nath (Photo Keo Sothy - Archives)
Interpellé par Van Nath, Chhang Youk lui a envoyé les trois jeunes membres du DC-Cam qui ont réalisé le documentaire afin qu’ils expliquent leur démarche. Les trois jeunes gens ont justifié la prudence avec laquelle ils ont mené l’interview du “gardien” par le fait qu’il devait être considéré comme présumé innocent tant qu’il n’aura pas été jugé, et qu’il ne leur revenait donc pas de le présenter comme un bourreau. Les trois jeunes auteurs lui auraient par ailleurs assuré que le nombre des survivants de S-21 n’était pas sept, comme on a coutume de dire, mais 12, selon une enquête du DC-Cam. “Les réalisateurs de ce film sont très jeunes, je leur ai expliqué qu’ils ne comprenaient pas la souffrance des gens qui ont connu le régime khmer rouge. Chaque parcelle de Tuol Sleng représente une goutte de sang ou une larme. On ne peut pas décrire ces événements comme ils l’ont fait. Les jeunes doivent eux aussi se montrer responsables face à l’histoire. Le DC-Cam modifie l’histoire”, estime Van Nath.

Réconciliation
Chhang Youk aime à présenter le documentaire qu’il produit comme une version plus “courte” du film de Rithy Panh à destination du peuple cambodgien, les deux films ayant selon lui le même “contenu”. “Nous avons remarqué que les gens des campagnes s’ennuient quand un film est trop long et que son montage, destiné à un public occidental, est trop complexe. Nous avons donc réalisé un autre documentaire afin de permettre aux gens de comprendre ce qui s’est passé à Tuol Sleng”, explique-t-il.

En diffusant ce film dans les campagnes, le DC-Cam ne cache pas qu’il entend également faire passer un message qui lui est cher : celui de la réconciliation. “On espère que ce documentaire provoquera des débats. Nous voudrions savoir si les victimes sont aujourd’hui capables de pardonner à leurs anciens bourreaux, explique Chhang Youk. Dans le film, Him Huy raconte qu’il a demandé à être muté de Tuol Sleng, mais que Son Sen [responsable du centre] avait refusé. Quelle sera la réaction des gens? Que veulent-ils qu’il fasse pour trouver la paix? Veulent-ils l’envoyer devant le tribunal ou à la pagode pour qu’il prenne le froc?”

Ni excuses ni remords
A la différence du film de Rithy Panh où anciens bourreaux et anciens prisonniers étaient mis en présence les uns des autres, tentaient d’entamer un dialogue et d’échanger leurs points de vue, celui du DC-Cam se contente de juxtaposer les témoignages : les victimes racontent leurs souffrances passées, le gardien explique à quel point tout lui échappait. D’un côté comme de l’autre, aucun signe d’une volonté de dialogue ou de réconciliation : les victimes ne demandent pas d’explication, le gardien ne formule ni excuse ni remord. Mais pour Chhang Youk, encore une fois, c’est ce qui se passe devant l’écran, et non dans le film, qui importe. Selon lui, les habitants qui auront été moins directement touchés par les événements survenus à Tuol Sleng sont plus susceptibles de réagir de façon constructive que les anciens détenus, estime-t-il sans citer nommément Van Nath. “On ne peut pas demander aux bourreaux de demander pardon car cette histoire est trop douloureuse. Il faut bien comprendre que dans la tradition khmère, demander publiquement pardon est honteux. Et puis est-on certain que c’est ce que veulent les victimes ?”, s’interroge-t-il.


Chheang Bopha
#36505 View Sergvolant's ProfileVisit Sergvolant's HomepageView All Posts by SergvolantU2U MemberAdd Sergvolant to your MSN contact list
Haut de page 29/04/2007 @ 10:43 Bas de page
Re : Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) Jean-Sien
Banni à sa propre demande



 
Messages 511
Inscrit(e) le 27/08/2006
C'est un peu acrobatique de donner un avis sur la question, dans le sens où je n'ai pas pu voir le film du DC-CAM.
Je ne peux donc que tenter de parler des principes de base des deux films. Je pense que la motivation pédagogique du DC-CAM est justifiée, plutôt louable : donner à comprendre les mécanismes et les événements survenus à Tuol Sleng au plus grand nombre.
C'est d'ailleurs exactement la même intention que celle de Vann Nath, lui le fait à travers ses peintures qui décrivent les divers supplices et la vie quotidienne des prisonniers.
Si tous deux, la DC-CAM et Vann Nath, partagent le même objectif de donner à connaître cette sombre réalité de leur histoire, ils divergent complètement sur la méthode.

S-21 de Rithy Panh a la particularité de dresser face à face le bourreau et la victime. Le bourreau ne peut donc s'exprimer que sous le regard implacable de la victime, et ne trouve pas d'espace pour se décharger, pour se laver les mains, ou atténuer sa responsabilité. Il y a un vertige, une tension extrême dans cette confrontation. Vann Nath reste très humble, et digne dans cette posture de témoin, de garde-fou.

Le film de la DC-CAM, d'après l'article du journal, se contente de placer parallèlement les témoignages des bourreaux et des victimes. Le processus est moins riche, et moins exigeant.
Et je pense que si c'est le prix à payer pour la pédagogie, il est trop élevé.
Se donner tous les moyens de tendre vers la justice, vers la vérité, doit selon moi être une condition nécessaire, et motrice dans l'élaboration d'un film documentaire qui porte sur de tels événements.

Le danger serait que Houy exploite directement la faille pour en faire une tribune de défense. S'il est sincère, s'il avoue dignement, sa responsabilité dans le massacre du S-21, pourquoi pas ? en l'occurrence, d'après l'article, il la rejette presque complètement.

D'après Vann Nath, la DC-CAM est tombée dans le panneau, d'où sa colère.

Je suis assez bouleversé par le dernier paragraphe :


Mais pour Chhang Youk, encore une fois, c’est ce qui se passe devant l’écran, et non dans le film, qui importe.

Oui, d'accord, c'est normalement l'objectif de pas mal de films, pas simplement des films documentaires. Il ne s'agit pas selon moi d'une caractéristique déterminante. Le film pour lui-même, ça ne sert à rien, le film n'existe que parce-qu'il est regardé.


Selon lui, les habitants qui auront été moins directement touchés par les événements survenus à Tuol Sleng sont plus susceptibles de réagir de façon constructive que les anciens détenus, estime-t-il sans citer nommément Van Nath.


Là, c'est un coup bas et c'est assez faux, en vertu de quoi des témoins plus distants pourraient réagir de façon plus constructive que des témoins plus directs ? la distance constitue-t-elle un facteur de constructivité ? si je pousse le raisonnement, les américains réagiraient de manière plus constructive que les cambodgiens eux-mêmes en regardant le film.
Il sous-entend que la douleur des victimes les aveugle et les pousse dans la vengeance. C'est une position difficile à tenir, car c'est une affirmation qui nie la dignité des victimes, et leur capacité de discernement. Mettre en question la dignité et la capacité de discernement de Vann Nath est assez irrespectueux, compte-tenu du travail qu'il a déjà accompli (biographie, peintures).
J'ai lu sa biographie, il ne s'agit pas d'un réquisitoire sanguinaire vis-à-vis des KR, ce qui disqualifie d'emblée, selon moi, un tel sous-entendu.
Je pense qu'il s'agit plutôt d'une réponse de dépit suite à la réaction de Vann Nath.


“On ne peut pas demander aux bourreaux de demander pardon car cette histoire est trop douloureuse. Il faut bien comprendre que dans la tradition khmère, demander publiquement pardon est honteux. Et puis est-on certain que c’est ce que veulent les victimes ?”, s’interroge-t-il.


Personne n'a dit que demander pardon était facile. Bien au contraire, surtout dans la culture khmère, d'accord. La honte me semble dérisoire par rapport au prix qu'ont payé les victimes.
Ne devrait-on pas, de toute façon, avoir honte, d'avoir pris part au massacre inhumain d'autant de personnes ?
J'estime assez peu probable qu'il y ait des victimes qui n'espèrent pas, au moins secrètement, que les responsables de leur malheur leur demande pardon. Car demander pardon, c'est admettre sa faute, et reconnaître à la victime, sa qualité de victime. Cela donne une consistance légitime à sa souffrance.

Après, il est assez certain que toutes les victimes des KR ne demandent pas publiquement des excuses, par peur de représailles pour certaines, par traumatisme, par volonté d'oublier pour d'autres, mais éthiquement parlant, je trouve ça assez bancal de mettre en doute que les victimes aient besoin d'excuses pour la souffrance qu'on leur a fait subir.
J'ai conscience que l'on puisse m'accuser d'ethnocentrisme, je dirais simplement que pour moi, l'éthique est une notion supra-culturelle.







#38469 View Jean-Sien's ProfileView All Posts by Jean-SienU2U Member
Haut de page 30/04/2007 @ 10:10 Bas de page
Re : Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) Hanaflora
Membre Honorable
MembreMembreMembreMembreMembre

ava_1112.jpg
 
Messages 511
Inscrit(e) le 01/05/2007


Rrrrrraaaah, le sujet sur les KR à savoir qui sont les coupables me brule les doigts !!!!!
Cela fait donc plus d’une décennie que nous, les victimes, attendons de savoir le comment du pourquoi les raisons et les vrai coupables de ce régime de massacre ???!!!
Si les bourreaux nient de nos jours, et depuis toujours qui sait, leur responsabilité et affirment qu’ils étaient eux-mêmes des victimes, mais qui sont-ils ces véritables bourreaux et victimes alors ??

C’est bien de faire des films et de les montrer aux gens. Mais au fond, comprendraient-ils quelque chose, en tireraient-ils une conclusion alors que ces pauvres gens ne comprennent toujours pas ce qu’il leur était arrivé durant 3 ans ??? La première préoccupation de ces gens est de trouver suffisamment de nourriture à leur vie quotidienne. Peu de cambodgiens s’intéresse au tribunal et à la justice ! Car ils savent que personne ne sera jugé !! il n’y aura de toute manière aucune justice rendue !!
Ce qu’ils ont traversé, pour eux c’était une fatalité, un mauvais sort qui leur était jeté car c’est le bouddhisme qui leur est été inculqué de penser de cette façon pour oublier et affaiblir leur souffrance ! Le bouddhisme dit aussi ne pas chercher de vengeance auprès de son ennemi !!

Et pourquoi ne juger que les dirigeants ? Et ce fameux tribunal qui coût tant d’argent et peine à démarrer, serve-t-il vraiment à quelque chose alors que les responsables meurent un par un derrière les barreaux ????

Même Khiev Samphan qui était le Président du Kampuchea Démocratique nie son implication, alors un bourreau ne peut donc pas être plus royal que le roi !!!!
Ahhhh l’hypocrisie !!!!!

Demander pardon ??? Est-ce avoir commis un crime pareil demander pardon suffit ?? Hitler ou Staline, pouvaient-ils demander juste un pardon ???






http://khmerrouge.blogspot.com/2005/02/khmer-rouge-tribunal-needed-to-heal.html

Edité le 30/04/2007 @ 17:11 par Hanaflora

Il est parfois nécessaire de se taire pour délivrer une parole juste.
[ Christian Bobin ]
Extrait de L’Inespérée
#38576 View Hanaflora's ProfileView All Posts by HanafloraU2U Member
Haut de page 30/04/2007 @ 12:41 Bas de page
Re : Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) Sergvolant
Membre
MembreMembreMembre

11190005inv4.jpg
 
Messages 154
Inscrit(e) le 25/04/2006
Lieu de résidence Grenoble (France, 38)
L'idée du DC-Cam n'est-elle pas entre autres que le tribunal n'aurait pas de sens pour les cambodgiens, et qu'il serait sans doute instrumentalisé par le pouvoir et certains occidentaux (cf. l'interview de Ponchaud) ?

Le film semble jouer de la naïveté des adultes, de ceux qui ont connu cette période (et c'est là son risque, et sa faute grave si ses buts n'étaient pas atteints), mais il semble compter plus encore sur la naissance d'un dialogue, d'un débat, public ou au sein des familles, des villages, entre les différentes générations (ce qui ne marcherait pas et serait une faute encore plus grave si les jeunes ne voyaient là qu'un "divertissement" sentimental excusant le bourreau dont il est question).

Faire participer les cambodgiens à ce débat, c'est déjà une intention louable, non ? Mais il faut sans doute un zeste d'instrumentalisation pour passer à côté du fatalisme bouddhiste, comme vous dites, Hanaflora... Mais au service de quoi ? Toute la question est là

Si quelqu'un connait ce film, et a des échos quant à sa réception auprès des cambodgiens, pourrait-il en faire part ?
#38592 View Sergvolant's ProfileVisit Sergvolant's HomepageView All Posts by SergvolantU2U MemberAdd Sergvolant to your MSN contact list
Haut de page 30/04/2007 @ 21:20 Bas de page
Re : Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) Jean-Sien
Banni à sa propre demande



 
Messages 511
Inscrit(e) le 27/08/2006
Oui, c'est vrai que demander pardon ne fera jamais revenir les morts. D'un point de vue matériel, ça n'apporte rien. Mais symboliquement, cela veut dire que l'on donne un sens à ce que c'est qu'être une victime.
Le procès donne de la visibilité aux victimes et empêche les anciens Khmers-Rouges de dormir sur leurs deux oreilles, c'est déjà pas mal. Ils ne réussiront ainsi jamais à complètement effacer la mémoire des gens. Je crois que la cicatrice permet de rendre hommage, et que l'on ne rendra jamais assez hommage aux victimes avant de leur reconnaître leur statut de victimes en tant que telles.
Les proches des victimes ont une partie de leur identité qui leur manque, si on nie leur histoire.

Moi aussi, je serais très curieux de voir ce fameux film de la DC-CAM.

#38616 View Jean-Sien's ProfileView All Posts by Jean-SienU2U Member
Haut de page 01/05/2007 @ 15:30 Bas de page
Re : Le DC-CAM vs Rithy Panh & Vann Nath (S-21) Reply With Quote
Déconnecté(e) paristhmey
Membre Senior
MembreMembreMembreMembre

ava_889.jpg
 
Messages 254
Inscrit(e) le 18/11/2006
Lieu de résidence France
J'ai vécu 2 histoires inoubliables avec les KR pendant mon adolescence et cela me hante toujours ma mémoire.

1. J'étais dans un groupe de jeunes que les KR appelaient "Nouveau peuple". Après le dîner avec qq grains de riz dans un petit bol, les KR sont venus chercher un jeune à peu près mon âge à l'époque (14 ans environ). Ils l'ont emmené un peu plus loin du camp et j'ai entendu les coups et les cris du jeune. Vous savez pourquoi l'ont-ils tué ? Seulement pour une montre car le jeune a refusé de la leur donner.

2. J'ai été arrêté par les KR car je me suis enfui du village où on avait pas à manger. Les KR m'ont mis en prison. Heureusement un monsieur très âgé m'a donné une place dans sa moustiquaire, sinon j'aurais été piqué par des moustiques. Lors de l'invasion des soldats vietnamiens, ce monsieur m'emmenait avec lui à son village. A l'arrivée dans son village, il n'a pas retrouvé sa femme ni ses 2 enfants de bas âge. On lui a dit que sa famille a été emmenée juste avant son arrivée qq minutes. Vous savez pourquoi ? C'est parce qu'il a perdu ses boeufs mal attachés et il devait les retrouver absolument; il était parti chercher au delà de son village et les KR l'ont arrêté et l'ont emprisonné.
Comme il n'a pas donné signe de vie et sa présence à son chef de village, ils l'ont accusé de CIA. Les KR ont emmené sa femme et ses enfants pour questionner et torturer. Depuis ce monsieur n'a pas revu sa famille.

Alors le mot "Pardon" est facile à prononcer, facile à le sortir de sa bouche; mais ce mot ne fait pas revenir le jeune garçon et la famille de ce monsieur.
#38669 View paristhmey's ProfileView All Posts by paristhmeyU2U Member
    « Sujet précédent | Sujet suivant »  
Nouveau SujetNouveau sondageRépondre
Haut de page