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Author L'ancien président irakien Saddam Hussein a été pendu à Bagdad   ( Replies 66 | Views 10927 )
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L'ancien président irakien Saddam Hussein a été pendu à Bagdad Reply With Quote
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samedi 30 décembre 2006, 4h34
L'ancien président irakien Saddam Hussein a été pendu à Bagdad

BAGDAD (AFP) - L'ancien président irakien Saddam Hussein, condamné à mort pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980, a été pendu samedi à l'aube à Bagdad, a annoncé la télévision publique irakienne Iraqia.



"L'exécution de Saddam Hussein est terminée", a annoncé la télévision par un bandeau incrusté à l'écran, sur fond d'image du Coran et de psalmodies.
Saddam Hussein, qui a dirigé le pays d'une main de fer de 1979 jusqu'à la chute du régime en avril 2003, a été condamné à mort par pendaison le 5 novembre pour le massacre de 148 villageois chiites de Doujaïl, au nord de Bagdad, tués en représailles après un attentat manqué contre le convoi présidentiel en 1982.


Son appel a été rejeté mardi 26 décembre par la cour d'appel du Haut tribunal.

Edité le 30/12/2006 @ 07:00 par Swann

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amedi 30 décembre 2006, 4h56
Saddam Hussein, du pouvoir absolu à la potence

BAGDAD (AP) - "Longue vie au peuple et mort à ses ennemis!" Un Saddam Hussein visiblement ébranlé avait réagi par ces mots à sa condamnation à mort le 5 novembre, pour le massacre de chiites en 1982. Les efforts des avocats de l'ancien président irakien pour empêcher sa pendaison ont été vains, avant même la fin du deuxième procès, pour le génocide de Kurdes en 1987-88.

L'ex-raïs ne reconnaissait pas le tribunal spécial irakien et se considérait toujours comme le président, malgré l'invasion américaine et la chute de son régime en 2003. Mais, dans une lettre publiée le 27 décembre dernier, il exhortait ses concitoyens à "ne pas haïr, car la haine ne permet pas d'être juste; elle rend aveugle et ferme toutes les portes de la pensée". Il les appelait aussi à distinguer les gouvernements des populations, soulignant que des Américains avaient volontairement assuré sa défense. La sentence de mort, écrivait-il, a été "dictée par les envahisseurs".

Pendant neuf mois, l'ex-dictateur de 69 ans, né le 28 avril 1937, avait tout fait pour perturber le déroulement du procès du massacre des chiites de Doujaïl, ponctuant les audiences d'invectives, de menaces, recourant au boycott ou à la grève de la faim, tandis que ses avocats dénonçaient le non respect des règles du droit international.

Souvent debout, le Coran à la main, l'accusé combatif, devenu mince, généralement vêtu d'un costume occidental sombre et d'une chemise blanche sans cravate, n'avait plus rien à voir avec le fugitif à l'air hagard capturé par les Américains le 13 décembre 2003.

Sa cavale n'avait duré que quelques mois après l'invasion de l'Irak en mars 2003 par la coalition conduite par les Etats-Unis. Le 9 avril, sa statue était renversée, symbole médiatisé de la fin d'un règne de 27 ans marqué par de nombreuses atrocités et deux guerres, celle contre l'Iran de 1980 à 88 et celle du Golfe en 1990-91.

Chef de l'Etat, président du conseil des ministres, président du Conseil de commandement de la Révolution (CCR), commandant en chef de l'armée et dirigeant du parti Baas irakien: la litanie des fonctions qu'il cumulait depuis 1979 en disait déjà long sur ses ambitions.

Homme fort de l'Irak depuis juillet 1968, Saddam Hussein tenait d'une main de fer un pays de 22 millions d'habitants réputé pour la fréquence de ses coups d'Etat depuis sa création en 1932 après la fin du mandat britannique. Son pouvoir, il l'a assuré par des purges sanglantes qui ont notamment touché l'armée, qu'il a progressivement transformée en un outil à la dévotion du parti unique, le Baas.

Les débuts semblaient pourtant prometteurs pour ce pays possédant les secondes réserves mondiales de pétrole. Dans le courant des années 70, Saddam Hussein lance d'ambitieuses réformes sociales, éducatives et économiques. En une décennie, celui qui n'aurait appris à lire qu'à l'âge de dix ans fait passer le taux d'alphabétisation de 30% à 70%.

Saddam Hussein se fait alors appeler "Père-dirigeant", "prince de la Nation arabe", "Héros de la libération nationale"...

En septembre 1980, il lance l'armée irakienne à l'assaut de l'Iran, espérant profiter du chaos provoqué par la Révolution islamique de 1979 pour reconquérir rapidement le Chott el-Arab, l'estuaire du Tigre et de l'Euphrate, qu'un accord de 1975 l'obligeait à partager avec Téhéran. Malgré le soutien occidental, il échoue et l'Iran occupe même une partie du territoire irakien avant que la guerre ne s'enlise. Le mécontentement qui s'ensuit vaut au président deux tentatives d'assassinat suivies de purges sévères. En 1988, son pays sortira exsangue et à moitié vainqueur de huit années de guerre.

Né le 28 avril 1937 à Al-Aoudja, près de Takrit (160km au nord de Bagdad), dans une famille pauvre, Saddam Hussein n'a pas connu son père, un paysan mort ou disparu avant sa naissance, et a été élevé par un oncle, Khaïrallah, ancien officier nationaliste. C'est en 1957 qu'étudiant il adhère au parti Baas, alors clandestin. Son ambition lui vaut déjà d'être désigné pour diriger un groupe chargé d'assassiner le dirigeant de l'époque, Abdulkarim Kassem.

L'attaque à la mitrailleuse échoue le 7 octobre 1959 mais Saddam, blessé à la jambe, s'enfuit en Egypte. De 1963 à 1968, il partage sa vie entre les geôles et l'exil.

Lorsque le Baas prend le pouvoir le 17 juillet 1968, Saddam Hussein, N°2 de son cousin le général Ahmed Hassan al-Bakr, purge le parti, fait déporter des milliers de chiites d'origine iranienne et supervise la nationalisation de l'industrie pétrolière. Mais lorsqu'en 1979 Al-Bakr se rapproche du voisin syrien, Saddam l'écarte le 16 juillet et lance une nouvelle purge qui fait des centaines de morts en quelques mois.

Face à son opposition potentielle, s'appuyant sur la minorité sunnite, il manie carotte et bâton. Aux Kurdes, il promet d'abord l'autonomie, puis les poursuit dans leurs retraites montagneuses du Nord. Fin mars 1988, comme en Iran, il utilise des armes chimiques contre le village kurde d'Halabja, faisant 5.000 morts. La campagne Anfal de 87-88, objet de son deuxième procès, qui était en cours, tue quelque 180.000 Kurdes.

Avec les chiites, majoritaires dans le Sud et très menaçants du fait de l'exemple iranien, il se montre assez habile en restaurant leurs lieux de culte, mais aussi impitoyable. En 1980, il fait exécuter le grand ayatollah Mohammed Bakr al-Sadr, un des six grands dignitaires de l'islam chiite. Et juste après la guerre du Golfe en mars 1991, il écrasera dans le sang la révolte des chiites lâchés par George Bush père, qui les avait incités à se soulever.

Si le raïs s'appuie sur sa famille et le clan des Takriti, accordant de larges pouvoirs à ses fils Oudaï et Qoussaï (tués en juillet 2003 lors de l'intervention américaine), sa parentèle n'est pas à l'abri des représailles. En août 1995, deux de ses gendres, également ses cousins, s'exilent avec leurs femmes en Jordanie. En février 1996, ils rentrent en Irak, assurés du pardon de Saddam Hussein. Moins de trois jours plus tard, ils sont exécutés.

L'une des grandes ambitions de Saddam Hussein aura été de doter l'Irak de la bombe atomique. Grâce à une centrale nucléaire fournie par la France, il est proche du but quand en 1981 un raid israélien détruit le réacteur nucléaire d'Osirak. Mais tout au long des années 80 il se procurera auprès de sociétés occidentales un véritable arsenal chimique et bactériologique.

En dépit du processus d'inspection de l'ONU, souvent chaotique, Saddam Hussein n'a cessé de provoquer des confrontations sporadiques avec la communauté internationale, s'attirant à plusieurs reprises une riposte militaire américaine, comme lors de la campagne de bombardement de décembre 1998 à la suite d'un nouveau bras de fer avec les inspecteurs de l'ONU chargés de vérifier l'élimination des armes de destruction massive.

Mais en 2003, le président George Bush fils décide de "finir le travail" commencé par son père et, Saddam Hussein ayant refusé de se rendre, la coalition envahit l'Irak dans la nuit du 19 au 20 mars. La chute du régime est rapide mais trois ans plus tard, la guerre n'est toujours par finie, tandis qu'aucune trace des supposées armes de destruction massive irakienne n'a été trouvée. AP




Edité le 30/12/2006 @ 05:41 par Swann

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samedi 30 décembre 2006, 5h04
L'ancien dictateur irakien Saddam Hussein a été exécuté, selon la télévision nationale

BAGDAD (AP) - La télévision nationale irakienne a rapporté samedi que l'ancien dictateur Saddam Hussein a été exécuté par pendaison.

"Le criminel Saddam a été exécuté par pendaison", a annoncé la chaîne Irakiya, en diffusant une musique patriotique et montrant des images de monuments et symboles nationaux.

La chaîne Irakiya a également affirmé que le demi-frères de l'ex-raïs, Barzan Ibrahim, et l'ancien chef du Tribunal révolutionnaire, Awad Hamed al-Bandar, ont également été pendus.

"L'exécution a débuté avec le criminel Saddam, puis Barzan, puis Awad al-Bandar", a dit un membre de la chaîne.

Mariam al-Rayes, expert légal et ancien membre du parlement irakien, a déclaré à Irakiya que l'exécution "a été filmée et si Dieu le veut sera diffusée. Il y avait une caméra présente, et un docteur était présent aussi".

Mme Al-Rayes a précisé qu'elle n'avait pas assisté à l'exécution, et que le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki n'y était pas non plus, mais était représenté par un assistant.

Alors que des chansons nationales étaient diffusées à l'antenne, un bandeau sur l'écran disait: "L'exécution de Saddam marque la fin d'une sombre période de l'histoire irakienne".

La condamnation à mort de l'ancien raïs, pour le massacre de 148 chiites à Doujaïl en 1982, avait été confirmée mardi par le juge de la Cour d'appel Mounir Haddad. AP

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amedi 30 décembre 2006, 5h11
Certaines des atrocités commises sous le régime de Saddam Hussein

BAGDAD (AP) - Voici quelques exemples d'atrocités commises par le régime de Saddam Hussein en Irak:

- 1980: avec la guerre contre l'Iran, la pratique des expulsions s'accélère. Des centaines de milliers d'Irakiens d'origine iranienne (tabaiyya) et des Kurdes chiites voient ainsi leurs biens confisqués, sont jetés dans des camions et conduits à la frontière iranienne. Plusieurs centaines meurent de froid. Leurs enfants, au nombre de plusieurs milliers de mineurs, sont par ailleurs emprisonnés, tous devant mourir dans les 15 années qui suivent

- juillet/août 1983: campagne lancée dans la région d'Erbil contre la tribu kurde des Barzani accusée d'avoir aidé l'Iran à attaquer le nord de l'Irak. On estime que 8.000 seront tués, dont beaucoup seront jetés dans des charniers dans le sud du pays

- février/septembre 1988: grande offensive baptisée "Anfal" contre les Kurdes dans le nord du pays, accusés de chercher à être autonomes. Plus de 170.000 d'entre eux sont massacrés et parfois même gazés, comme à Halabja en mars (5.000 morts). De nombreux corps seront enterrés dans des charniers dans le sud du pays

- mars/avril 1991: violente répression des insurrections chiites et kurdes après la guerre du Golfe. Le chiffre de 60.000 morts est couramment évoqué, beaucoup finissant dans des charniers

- juillet/août 1992: drainage et assèchement des marais dans le sud du pays, repaire des maquis chiites. Cette politique revient à chasser la population locale (les Madans) et à détruire l'habitat naturel. On estime que des dizaines de milliers de personnes n'ont pas survécu

- 1979-2003: sous le régime de Saddam Hussein, ont été recensées de nombreuses disparitions de prisonniers politiques, dont des Turkmènes, des dirigeants religieux et des communistes. Des dizaines de milliers d'entre eux auraient été exécutés et beaucoup jetés dans des charniers, parfois à proximité des lieux de détention. AP

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Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. La France a "pris acte" samedi de l'exécution par pendaison de Saddam Hussein et appelle les Irakiens à "regarder vers l'avenir". /Photo prise le 21 septembre 2006/REUTERS/Mike Segar

samedi 30 décembre 2006, 5h07
La France "prend acte" de l'exécution de Saddam Hussein


PARIS (Reuters) - La France a "pris acte" samedi de l'exécution par pendaison de Saddam Hussein et appelle les Irakiens à "regarder vers l'avenir".

"La France, qui plaide comme l'ensemble de ses partenaires européens pour l'abolition universelle de la peine de mort, prend acte de l'exécution de Saddam Hussein", écrit le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué, précisant que "cette décision appartient au peuple et aux autorités souveraines de l'Irak".

"La France appelle tous les Irakiens à regarder vers l'avenir et à travailler à la réconciliation et à l'unité nationale. Plus que jamais, l'objectif doit être le retour à la pleine souveraineté et à la stabilité de l'Irak."

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Trois ans après sa capture dans une cache de sa région natale de Tikrit, Saddam Hussein, qui avait dirigé l'Irak d'une main de fer pendant trois décennies, a été exécuté samedi à l'aube par pendaison. /Photo prise le 31 décembre 2001/REUTERS/Faleh Kheiber
• (Reuters - samedi 30 décembre 2006, 4h53)

Saddam Hussein, des palais à la potence



BAGDAD (Reuters) - Trois ans après sa capture dans une cache de sa région natale de Tikrit, Saddam Hussein, qui avait dirigé l'Irak d'une main de fer pendant trois décennies, a été exécuté samedi à l'aube par pendaison.

Ses statues et ses portraits géants avaient été déboulonnées, son nom jadis omniprésent avait disparu des bâtiments publics et les manuels scolaires avaient été expurgés des pages de propagande qu'il y avait introduites.

Mais jusqu'au dernier moment l'ex-raïs s'est présenté comme le président de l'Irak et, dans une lettre manuscrite écrite après le verdict, il se disait prêt à se sacrifier pour son pays.

Capturé en décembre 2003 dans un "trou à rat" près d'une ferme des environs de Tikrit, le "raïs" déchu aura, durant son règne, engagé l'Irak dans les trois grands derniers conflits du Moyen-Orient, laissant son pays exsangue malgré ses richesses pétrolières.

Sa fin est intervenue trois ans pratiquement jour pour jour après sa capture.

Les Irakiens qui vivaient depuis des années à l'ombre de statues martiales de Saddam Hussein, avaient alors vu à la télévision des images délibérément humiliantes de l'ancien raïs, le visage mangé par une barbe hirsute, subissant, la bouche ouverte, un examen médical.

Mais, le 19 octobre 2005, à l'ouverture de son premier procès pour crimes contre l'humanité pour la mort de 148 habitants du village de Djoubaïl après une tentative manquée d'assassinat en 1982, il était apparu dans un costume impeccable, plus combatif que jamais, se présentant comme "le président de l'Irak" et contestant la légitimité du tribunal.

Profitant de la tribune que lui offrait le tribunal, Saddam Hussein, toujours soucieux de son image, déclarait en juillet qu'en tant qu'officier, s'il était condamné à mort, il devait être fusillé et non pendu.

"Saddam", dont le nom signifie "celui qui fait face" en arabe, faisait l'objet depuis août 2006 d'un autre procès pour génocide lors d'une opération militaire contre des Kurdes, en 1988. Il était dans les deux cas passible de la peine de mort.

ELEMENT UNIFICATEUR

Régnant d'une poigne de fer, Saddam Hussein avait réussi, lorsqu'il était au pouvoir, à éviter l'explosion des tensions entre Kurdes, chiites et sunnites, ses coreligionnaires qui, sous son régime, tenaient le haut du pavé en Irak.

Mais avec l'effondrement des instances de sécurité qui a suivi l'invasion américaine, l'insurrection sunnite et les affrontements intercommunautaires ont fait des milliers de morts en Irak.

De sa prison, Saddam avait exhorté les Irakiens à cesser de s'entretuer et à se concentrer sur la lutte contre les Américains. Fin tacticien, il avait toujours compris l'importance de se présenter un élément unificateur d'un pays constitué d'une mosaïque de communautés ethniques et religieuses.

En tant que président, il a ainsi tour à tour joué la corde du nationalisme arabe, de l'islam et du patriotisme irakien.

Au tribunal, il se présentait comme un pieux musulman, ne se déplaçant jamais sans son exemplaire du Coran. Ses avocats et co-inculpés lui donnaient respectueusement du "M. le Président", un titre qu'il a officiellement pris en 1979 après la mise à l'écart d'Ahmed Hassan al Bakr, président du Conseil de Commandement de la Révolution (CCR).

ORPHELIN

Né le 28 avril 1937 dans le village d'Al Aoudja, proche de la ville de Tikrit, à 150 km au nord de Bagdad, Saddam Hussein est orphelin de père à l'âge de neuf mois et élevé par un oncle. Dès 1953, il a déjà des démêlés avec la police du royaume pour ses activités politiques.

A l'âge de 18 ans, il se rend à Bagdad pour ses études et prend part à un soulèvement contre la famille régnante pro-britannnique en 1956. Peu après, il adhère au Parti Baas. La monarchie est renversée en 1958.

L'année suivante, en octobre, Saddam participe à la tentative d'assassinat visant le président Abdelkrim Kassem.

Le complot est éventé et le conspirateur fuit en Egypte, puis en Syrie. Il regagne Bagdad à la faveur du putsch militaire qui porte lei Baas au pouvoir, en février 1963, mais, neuf mois plus tard, les baassistes étant renversés, il doit se cacher.

Arrêté, jeté en prison, il est libéré en 1966. Il participe au putsch qui porte de nouveau au pouvoir les baassistes le 17 juillet 1968.

Nommé vice-président du puissant Conseil de commandement de la Révolution, il fait bientôt figure d'homme fort du pays derrière le chef de l'Etat, Ahmed Hassan al Bakr, de santé fragile, auquel il succède en juillet 1979 après avoir procédé à une vaste épuration au sein des instances dirigeantes du parti.

Un an environ après son arrivée à la présidence, le 22 septembre 1980, éclate la guerre Iran-Irak, le premier des grands conflits survenus sous son règne.

Cinq ans plus tôt, à Alger, Saddam Hussein avait "réglé" le contentieux frontalier du Chatt al Arab avec l'Iran voisin, alors dirigé par le chah.

La Révolution islamique qui s'est mise en place entre-temps en Iran constitue à la fois une menace et une occasion pour Bagdad, qui, depuis l'accord de paix israélo-égyptien, cherche à prendre la tête du monde arabe.

Saddam Hussein craint, avec la victoire des chiites à Téhéran, le risque de déstabilisation du Sud irakien, peuplé majoritairement de chiites. Aussi, en septembre 1980, dénonce-t-il l'accord d'Alger et lance-t-il une guerre qui se voulait éclair, manifestement destinée à conquérir la province pétrolière arabophone du Khouzistan.

DIABOLISATION

Même s'il a été soutenu en sous-main par les Occidentaux dans ce conflit, c'est sans compter avec la puissance et la résistance des Iraniens, et il faudra huit ans à Saddam Hussein pour sortir son pays d'une guerre qui aura fait autour de 700.000 morts, dont 300.000 côté irakien.

Deux ans après la fin de ce conflit, confronté à une lourde dette, estimant que le Koweït est une province irakienne, il lance son armée sur l'émirat, le 2 août 1990.

Les dirigeants occidentaux, qui l'avaient jusqu'alors soutenu, diabolisent alors Saddam Hussein et les Nations unies décrètent un embargo international contre l'Irak.

Au début de 1991, Saddam Hussein, intransigeant, se dit prêt à livrer la "mère de toutes les batailles" face à la coalition internationale, composée de 28 nations et menée par les Etats-Unis.

La guerre du Golfe ébranlera le pays, mais, dès la fin du conflit, Saddam Hussein mate dans le sang les insurrections kurde dans le Nord et chiite dans le Sud, qui ont éclaté au début du mois de mars.

Si le Kurdistan irakien échappe au contrôle de Bagdad, la mainmise de Saddam Hussein sur le reste du pays reste intacte. Un plébiscite le reconduit pour première fois pour sept ans à la tête de l'Etat en octobre 1995, et une seconde fois, en 2002, pour un nouveau septennat.

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, le président George W. Bush choisit l'Irak comme prochaine cible, après l'Afghanistan, de sa "guerre contre le terrorisme".

Depuis l'invasion américaine, de nombreuses preuves de la brutalité du régime de Saddam Hussein sont apparues avec la découverte notamment de fosses communes contenant les restes de ses adversaires, notamment kurdes et chiites.

Mais les forces américaines n'ont trouvé aucun élément accréditant les allégations américaines selon lesquelles Saddam disposait d'armes de destruction massive ou entretenait des liens avec Al Qaïda, prétextes invoqués par l'administration Bush pour justifier la guerre.

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samedi 30 décembre 2006, 5h47
George W. Bush prévient que la mort de Saddam Hussein ne mettra pas fin aux violences

CRAWFORD, Texas (AP) - Le président américain George W. Bush a souligné que l'exécution de Saddam Hussein marque la "fin d'une année difficile pour le peuple irakien et pour nos soldats", tout en prévenant que cette mort ne mettrait pas fin aux violences en Irak.

"C'est une étape importante dans le chemin de l'Irak pour devenir une démocratie qui peut se gouverner, se subvenir et se défendre, et être un allié dans la guerre contre le terrorisme", a commenté le président américain dans un communiqué diffusé vendredi soir depuis son ranch du Texas. AP

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Dans une lettre obtenue cette semaine par Reuters, Saddam Hussein, qui a été exécuté par pendaison samedi à l'aube, présentait son exécution comme un sacrifice en faveur de l'Irak et appelle les Irakiens à s'unir pour combattre les forces américaines. /Photo prise le 5 novembre 2006/REUTERS/Daniel Berehulak/Pool

samedi 30 décembre 2006, 5h48
Saddam Hussein se disait prêt à se sacrifier pour l'Irak


BAGDAD (Reuters) - Dans une lettre obtenue cette semaine par Reuters, Saddam Hussein, qui a été exécuté par pendaison samedi à l'aube, présentait son exécution comme un sacrifice en faveur de l'Irak et appelle les Irakiens à s'unir pour combattre les forces américaines.

"Je m'offre en sacrifice. Si Dieu le tout-puissant le désire, elle (mon âme) ira là où il me l'ordonnera, avec les martyrs", affirmait l'ancien président irakien dans cette lettre manuscrite obtenue auprès de ses avocats, en Jordanie.

"Si mon âme suit cette voie (celle du martyre), elle verra Dieu sereinement."

Les avocats de Saddam Hussein ont précisé que la lettre avait été rédigée peu après sa condamnation à mort, en novembre, pour crimes contre l'humanité, et avant que le Haut tribunal irakien ne décide mardi dernier de confirmer en appel le premier jugement.

"Tu as connu ton frère et ton dirigeant comme ta propre famille. Il n'a pas plié devant les tyrans et est demeuré tel une épée face à eux", écrivait encore Saddam Hussein.

"Ô, grand peuple d'Irak. Je t'exhorte à préserver les valeurs qui t'ont permis d'être dignes de ta foi et d'être la lumière de la civilisation", dit la lettre.

"Ton unité t'empêchera de sombrer dans la servitude."

Il ajoutait: "Ô braves, pieux Irakiens engagés dans une résistance héroïque. Ô fils d'une nation unique, dirigez votre hostilité contre les envahisseurs. Ne les laissez pas vous diviser (...). Longue vie au djihad (la guerre sainte) et aux moudjahidine face aux envahisseurs."

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Saddam Hussein. (AP/Darko Bandic, Pool)

L'ancien dictateur irakien Saddam Hussein a été exécuté

29 - décembre - 2006

BAGDAD, Irak (PC, AP) - Le dictateur irakien déchu Saddam Hussein a été exécuté dans les dernières minutes, selon plusieurs sources, dont la chaîne d'Etat Iraqia.

Le réseau américain CNN cite par ailleurs l'équipe légale de l'ancien despot et des sources gouvernementales irakiennes. Et le vice-ministre des Affaires étrangères d'Irak, Labid Abbaoui, a confirmé à la chaîne britannique BBC que l'ancien despot était mort.

Il aurait été pendu autour de 6h00, heure de Bagdad, donc 22h00, heure de l'Est.

La chaîne Iraqia a égallement annoncé l'exécution du demi-frère de Saddam Hussein, Barzan Al-Tikriti, et de l'ancien président du tribunal révolutionnaire, Awad Al-Bandar. Ils ont été mis à mort peu après l'ancien président.

Auparavant, des témoins de l'exécution de se réunissaient dans la zone verte de Bagdad, dans le cadre des derniers préparatifs avant la pendaison.

Saddam Hussein avait été condamné à mort le 5 novembre pour l'exécution de 148 villageois chiites en 1982. Une Cour d'appel avait confirmé la condamnation à mort le 26 décembre.

Une juge américaine devant laquelle les avocats de l'ex-tyran avait déposé un recours de dernière minute a refusé de reporter l'exécution de l'ancien dictateur irakien.

La juge fédérale Colleen Kollar-Kotelly a annoncé sa décision après un entretien téléphonique avec les avocats de l'ancien raïs.

La juge a justifié sa décision en expliquant que les tribunaux américains n'ont pas l'habitude d'interférer dans les procédures juridiques d'autres pays.

Les avocats de Saddam Hussein avaient déposé leur recours vendredi après-midi. Ils souhaitaient profiter de la plainte au civil dont l'ex-raïs fait l'objet à Washington. Selon eux, cette plainte lui offre des droits en tant que prévenu qui seraient violés s'il était exécuté.

Les principales dates du procès de l'ancien président irakien Saddam Hussein.

2005

-17 juin: première plainte criminelle enregistrée contre Saddam Hussein. Elle concerne le massacre de Doujaïl, ville chiite où 143 personnes furent tuées en 1982 en représailles à une tentative d'assassinat contre le président irakien.

-19 octobre: ouverture du procès de Saddam Hussein, immédiatement ajourné pour cinq semaines. L'ancien président, détenu par l'armée américaine depuis sa capture en décembre 2003, se répand en imprécations et refuse de reconnaître la légitimité du tribunal.

-20 octobre: des individus masqués enlèvent à Bagdad l'avocat de l'un des sept co-accusés de Saddam Hussein, Me Saadoun al-Janabi. L'homme est retrouvé mort le lendemain, plusieurs balles dans la tête.

-8 novembre: meurtre d'Adel al-Zubeidi, avocat de l'un des co-accusés de Saddam Hussein, l'ancien vice-président Taha Yassin Ramadan; un autre avocat, Thamir al-Khuzaie, blessé dans l'attaque, fuit l'Irak et demande l'asile au Qatar.

-28 novembre: réouverture du procès pour une journée, ajournement jusqu'au 5 décembre.

-4 décembre: un responsable judiciaire affirme que l'un des cinq juges s'est désisté en apprenant que l'un des co-accusés de Saddam Hussein pourrait avoir été impliqué dans l'exécution de son frère.

-5 décembre: reprise du procès. Le président du Tribunal spécial irakien (TSI, qui devient ensuite le Haut tribunal pénal) refuse de laisser deux des défenseurs de Saddam Hussein s'exprimer sur la légitimité de la cour et la sécurité des avocats, avant de se raviser. Témoignages sur les atrocités dont est accusé l'ancien dictateur irakien.

-7 décembre: ajournement du procès, qui ne reprendra qu'après les élections du 15 décembre.

-21 décembre: Saddam Hussein affirme avoir été frappé et torturé par ses geôliers américains.

-22 décembre: un juge déclare que rien ne permet de confirmer que Saddam Hussein ait été frappé sous la garde des Américains.

2006

-15 janvier: accusé par des hommes politiques et responsables de ne pas maîtriser le procès de Saddam Hussein, le président du tribunal, le juge kurde Rizgar Mohammed Amin, démissionne.

-23 janvier: le juge kurde Raouf Rachid Abdel-Rahman succède au juge Amin, dont l'adjoint Saïd al-Hammash, accusé d'avoir appartenu au parti Baas dissout de Saddam Hussein, est également remplacé.

-24 janvier: la reprise prévue du procès est reportée de cinq jours en raison de la confusion due à la désignation de nouveaux juges et à l'absence de témoins.

-29 janvier: le procès reprend sous la présidence du juge à poigne Abdel-Rahman. La défense quitte la salle après un échange orageux. Le juge désigne quatre nouveaux avocats de la défense. Saddam Hussein est expulsé après avoir crié "A bas les traîtres" et "A bas l'Amérique".

-15 mai: Saddam Hussein est officiellement inculpé de crimes contre l'humanité et notamment de tortures, de 157 meurtres et de l'arrestation illégale de 399 chiites dans les années 1980.

-19 juin: l'accusation requiert la peine de mort contre Saddam Hussein et deux de ses co-accusés pour le massacre de Doujaïl.

-21 août: un troisième avocat de la défense au procès de Saddam Hussein est assassiné en Irak.

-21 août: ouverture à Bagdad du deuxième procès de Saddam Hussein. Il est poursuivi pour génocide et crimes de guerre dans le cadre de l'"opération Anfal" dans laquelle périrent des dizaines de milliers de Kurdes en 1987-1988.

-5 novembre: Saddam Hussein est condamné à mort par pendaison pour les crimes contre l'humanité commis en 1982 avec le massacre de 148 chiites à Doujaïl. Deux autres co-accusés sont condamnés à mort. Le verdict provoque manifestations de joie et violences en Irak.

-26 décembre: la cour d'appel irakienne confirme la peine de mort. L'ancien dictateur devra être pendu dans les 30 jours.

-29 décembre: Saddam Hussein est transféré aux autorités irakiennes, qui annoncent que l'ancien dictateur sera exécuté le jour même ou le lendemain.

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Photographies diffusées lors du procès de Saddam Hussein montrant les parcelles culitivables du village de Doudjaïl avant (à gauche) et après leur destruction. Victime d'un attentat lors d'une visite dans ce village, Saddam Hussein se serait vengé en faisant déverser du sel sur les riches palmeraies et vergers appartenant à ses habitants pour les rendre à jamais stériles. Plus de 140 hommes seront également massacrés dès le 8 juillet 1982 et des dizaines d'autres suivront dans les mois et les années suivantes. /Photos diffusées le 1er mars 2006/REUTERS/Haute cour irakienne/Handout

samedi 30 décembre 2006, 6h07

Irak, Doudjaïl, 8 juillet 1982


BAGDAD (Reuters) - Par une journée brûlante de juillet 1982, le convoi de Saddam Hussein traverse les rues de Doudjaïl, petite ville située à une soixantaine de kilomètres au nord de Bagdad.

Ce 8 juillet, une petite foule accueille les six limousines du cortège présidentiel à leur arrivée. La sécurité est relâchée, des garçonnets courent le long de la Mercedes où a pris place Saddam.

Dix-huit mois plus tôt, le raïs, sunnite laïque, a déclaré la guerre à l'Iran et à ses dirigeants religieux de confession chiite, comme l'écrasante majorité de la population de Doudjaïl. Mais la crainte qu'il inspire à son peuple, trois ans à peine après son arrivée à la présidence, est terrible. Les femmes en abaya traditionnelle noir lui baisent les mains et le visage; les hommes chantent son nom.

Du haut d'un bâtiment, Saddam prononce un discours, visite ensuite quelques familles, pose pour les photographes au milieu d'enfants puis annonce qu'il va se rendre dans la vieille ville, selon un reportage tourné ce jour-là par le caméraman officiel de la présidence, diffusé par la chaîne britannique Channel 4 quelques semaines avant l'ouverture du procès de Saddam, le 19 octobre 2005.

Sur le trajet, des hommes armés du Daoua, formation chiite alors clandestine, ouvrent le feu sur le convoi. Saddam Hussein, qui est alors âgé de 45 ans, vient d'échapper à un attentat.

CHÂTIMENT

Les images ont vieilli, se sont teintées de sépia. Pourtant le raïs semble bel et bien choqué par l'incident. Plus tard ce jour-là, il dira que "ces quelques coups de feu" ne lui ont pas fait peur.

Aussitôt après son départ de Doudjaïl, selon les éléments à charge réunis contre lui lors de l'instruction, Saddam Hussein aurait ordonné à ses forces de sécurité de le venger des tireurs présumés et de leurs familles.

Plus de 140 hommes de Doudjaïl seront massacrés, certains le 8 juillet. Des dizaines d'autres suivront dans les mois et les années suivantes.

Des femmes et des enfants de suspects ont également été embastillés dans la prison d'Abou Ghraïb. Ils seront ensuite parqués des années durant dans un camp de rétention proche de la frontière saoudienne, en plein désert.

Quant à leurs terres, de riches palmeraies et vergers cultivés sur les berges du Tigre, Saddam Hussein aurait fait déverser du sel pour les rendre à jamais stériles.

L'organisation des massacres aurait été confiée à Barzane Ibrahim al Tikriti, demi-frère du président à la tête des moukhabarat. Taha Yassine Ramadan se serait chargé des destructions matérielles.

Le châtiment contre Doudjaïl a semble-t-il commencé immédiatement après la tentative d'assassinat. Des hélicoptères d'attaque ont fait irruption au-dessus de la ville et ont ouvert le feu. Au sol, des unités de l'armée se sont déployées, abattant des palmiers, salant le sol. Des maisons ont été détruites au bulldozer.

Pour l'essentiel, les victimes étaient des adolescents. Les hommes d'âge mûr combattaient eux sur le front iranien.

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Condamné à mort pour crimes contre l'humanité, l'ancien président irakien Saddam Hussein a été exécuté par pendaison samedi à l'aube à l'âge de 69 ans. /Photo prise le 5 novembre 2006/ REUTERS/Scott Nelson/Pool

samedi 30 décembre 2006, 6h15
Saddam Hussein a été exécuté par pendaison


BAGDAD (Reuters) - Condamné à mort pour crimes contre l'humanité, l'ancien président irakien Saddam Hussein a été exécuté par pendaison samedi peu avant 06h00 (03h00 GMT) à l'âge de 69 ans.

Son exécution, annoncée par la chaîne de télévision Al Hourra, a été confirmée par les autorités irakiennes alors que les appels à la prière retentissaient dans Bagdad en ce jour le plus sacré du calendrier musulman, celui qui marque le début de l'Aïd el Adha, la grande fête du sacrifice.

Les détails de l'exécution sont rares mais, selon un témoin cité par la chaîne publique Irakiya, Saddam Hussein, jugé pour le massacre de Doudjaïl en 1982, est apparu comme un "homme brisé" alors qu'il montait sur l'échafaud.

Sa mort, dans un lieu qui reste inconnu, a été filmée, mais on ignore encore si les images seront diffusées par les autorités irakiennes.

Elles devraient être accueillies avec satisfaction par la majorité chiite, violemment opprimée sous son règne - les 148 victimes du massacre de Doudjaïl étaient chiites - mais pourraient alimenter davantage encore la colère de la minorité sunnite et décevoir de nombreux Kurdes, qui souhaitaient le voir jugé pour génocide contre leur communauté.

BUSH: "UNE ÉTAPE IMPORTANTE"

Aux Etats-Unis, le président George Bush a estimé que la mort de Saddam Hussein constituait une "étape importante" du processus de démocratisation de l'Irak.

"Faire rendre justice à Saddam Hussein ne mettra pas un terme à la violence en Irak, mais c'est une étape importante sur le chemin de la démocratie en Irak, une démocratie qui pourra se gouverner, se soutenir et se défendre par elle-même", écrit-il dans un communiqué diffusé de son ranch texan de Crawford.

A Londres, la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, a estimé que Saddam Hussein, "jugé par un tribunal irakien pour une partie au moins des crimes effrayants qu'il a commis contre le peuple irakien", a "rendu des comptes".

La France, qui avait pris la tête du camp du "non" à l'intervention militaire de mars 2003, a simplement "pris acte" de son exécution et appelé "tous les Irakiens à regarder vers l'avenir et à travailler à la réconciliation et à l'unité nationale".

PROCÈS CHAOTIQUE

Pratiquement trois ans jour pour jour après sa capture dans une cache de sa région natale de Tikrit, près de trois décennies après son arrivée au pouvoir à Bagdad, l'existence de Saddam Hussein s'est achevée au bout d'une corde.

Sa fille Raghd, qui vit en exil en Jordanie, a demandé à ce que son corps soit inhumé "temporairement au Yémen jusqu'à ce que l'Irak soit libéré et qu'il puisse être réinhumé en Irak", a rapporté une source proche de la famille.

L'ancien président irakien, renversé en avril 2003, avait été condamné à mort pour crimes contre l'humanité le 5 novembre dernier. Sa condamnation, au terme d'un procès souvent chaotique, avait été confirmée mardi dernier en appel.

Jusqu'au dernier moment, le gouvernement irakien a gardé le secret sur les détails de son exécution, qui intervient le jour où débute l'Aïd el Adha, la grande fête musulmane du sacrifice.

Des associations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont dénoncé les conditions jugées inéquitables du procès d'un homme dont le règne a été marqué par des atteintes massives aux droits de l'homme et des répressions sanglantes.

"L'exécution précipitée de Saddam Hussein constitue tout simplement une erreur", a réagi Larry Cox, directeur exécutif d'Amnesty International-USA. "Cela signifie un déni de justice pour les victimes innombrables qui ont enduré des souffrances innommables pendant son régime et qui n'ont désormais plus la possibilité d'obtenir justice."

"JE M'OFFRE EN SACRIFICE"

Avec son exécution s'achève en effet le cycle des procès esquissés contre l'ex-raïs, qui comparaissait depuis l'été dernier dans le cadre d'une autre procédure, pour génocide cette fois, liée aux massacres de Kurdes lors de la campagne Anfal - dont le gazage d'Halabja, où quelque 5.000 personnes ont péri en mars 1988.

Dans une lettre écrite après sa condamnation, l'ex-raïs se disait prêt à se sacrifier pour l'Irak, dont il s'est présenté jusqu'au dernier moment comme le président légitime.

"Je m'offre en sacrifice. Si Dieu le tout-puissant le désire, elle (mon âme) ira là où il me l'ordonnera, avec les martyrs", affirmait l'ancien président irakien dans cette lettre manuscrite obtenue auprès de ses avocats, en Jordanie.

Sous son règne, l'Irak s'était engagé dans les trois grands derniers conflits du Moyen-Orient: la guerre contre l'Iran (1980-88) et la guerre du Golfe consécutive à l'invasion du Koweit (janvier 1991) avaient laissé l'Irak exsangue malgré ses richesses pétrolières.

L'intervention de mars 2003 et le cycle de violences et de représailles dans lequel il s'est enfoncé font désormais craindre à certains que le pays entre en guerre civile.


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George W. Bush après une réunion sur l'Irak à Crawford le 28 décembre 2006

samedi 30 décembre 2006, 6h22
Bush: l'exécution de Saddam Hussein est une "étape importante" pour l'Irak


CRAWFORD (AFP) - L'exécution de l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein est "une étape importante" sur la route vers la démocratie en Irak, a déclaré vendredi le président américain George W. Bush.
"L'exécution de Saddam Hussein marque la fin d'une année difficile pour le peuple irakien et nos troupes", a déclaré le président depuis son ranch de Crawford au Texas où il doit passer le Nouvel an.

L'exécution "ne mettra pas fin à la violence en Irak, mais c'est une étape importante sur la route de l'Irak vers une démocratie qui peut se gouverner, être autosuffisante et se défendre, et être un allié dans la guerre contre la terreur", a ajouté le président dans un communiqué.

La télévision d'Etat irakienne Iraqia avait annoncé peu après 03H00 GMT samedi que Saddam Hussein avait été pendu.

"Des choix difficiles et des sacrifices restent à faire, néanmoins, la sécurité du peuple américain exige que nous ne relâchions pas nos efforts pour nous assurer que la jeune démocratie irakienne continue de progresser", a ajouté le président am&ricain.

Près de 3.000 soldats américains sont morts en Irak depuis le début de la guerre, qui est de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis et a permis à l'opposition démocrate de reprendre le contrôle des deux chambres du Congrès lors des élections parlementaires le 7 novembre.

L'exécution est intervenue au moment où le président Bush se prépare à annoncer dans les semaines à venir une nouvelle stratégie en Irak, ravagée par les luttes confessionnelles.

George W. Bush avait lancé la guerre contre l'Irak en mars 2003 pour renverser Saddam Hussein qu'il accusait de détenir des armes de destruction massive et d'avoir des liens avec Al-Qaïda, responsable des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Mais aucune arme de destruction massive n'a finalement été trouvée en Irak et une enquête officielle américaine n'a pas trouvé de preuve de liens entre Saddam Hussein et Al-Qaïda.

M. Bush avait également cité la nature répressive du régime de Saddam Hussein pour justifier l'invasion de l'Irak.

Dans un entretien avec l'Agence France-Presse le 12 décembre, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice s'était dite "fière" d'avoir contribué à la chute de Saddam Hussein et sans regret sur la guerre en Irak.

La Maison Blanche a prévenu mercredi s'attendre à ce que l'exécution donne lieu à de nouvelles violences et le Pentagone a confirmé vendredi que les forces américaines en Irak se tenaient prêtes à y faire face.

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Dans l'Etat d'Orissa, un artiste a sculpté Saddam Hussein dans le sable.
Rout/AP.

Saddam Hussein, héros au Kerala indien
A Calicut, DELPHINE MINOUI.
Publié le 28 décembre 2006


À des milliers de kilomètres de Bagdad, dans le paisible État indien du Kerala, le dictateur déchu est une vedette inattendue.

AU PREMIER coup d'oeil, on a du mal à y croire. Accrochée au-dessus d'un étal rempli de bananes, entre le poster d'une fête hindoue et une publicité pour ventilateurs, la photo d'un homme barbu, ­index menaçant sur fond rouge, retient l'attention. On finit par ­reconnaître le visage de Saddam Hussein. Drôle de surprise en plein marché de Calicut, ville multi­religieuse de la province du Kerala ! Et pourtant, le dictateur déchu de Bagdad, condamné à la peine de mort pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980, semble avoir conquis le coeur des habitants de cette province du sud-ouest de l'Inde, où se trouve une importante minorité musulmane (un quart de la population). « Soutenir Saddam, c'est ­tenir tête à George Bush ! », explique Abdul Chekidappurathu, un petit vendeur de primeurs.

« Saddam est de loin une des ­figures les plus populaires parmi les musulmans du Kerala, remarque le journaliste Ajai Mangat, lui-même de confession musulmane. Ils ont suivi de près son procès retransmis par la télévision locale. » Ils ne sont pas ses uniques supporters. « Quand le verdict de sa ­condamnation est tombé, le 5 novembre, les gens sont descendus dans la rue pour protester. Il y avait des musulmans, mais aussi des hindous et des chrétiens ! », se souvient Hamid Chennamangaloor, un intellectuel musulman laïc.

« Saddam incarne la résistance contre l'impérialisme américain, analyse le professeur K. M. Bahauddin. Le peuple indien, qui s'est battu en son temps contre l'occupation britannique, ne peut s'empêcher de s'identifier au peuple irakien, dit-il. Vous savez, l'image des Américains n'est pas bonne ici. Ils ont armé les Pakistanais, et c'est un danger pour nous. On a également été choqués par leur comportement en Afghanistan, où leur soutien passé aux Talibans a poussé à la création d'une force fondamentaliste », commente, pour sa part, l'historien N. G. S. Narayan, de confession hindoue.

Les politiciens s'alignent

Cet engouement pour Saddam n'est pas nouveau. En 1991, à l'époque de la première guerre du Golfe, la plage de Tipou Sultan fut rebaptisée « Saddam Beach », par solidarité envers l'ancien président irakien. Depuis sa capture en Irak par les forces américaines en décembre 2003, huit mois après la chute de Bagdad, le phénomène a pris de l'ampleur. « On a vu des gens furieux descendre dans la rue, se rappelle le documentariste keralais Oumar Melmuri. Aujourd'hui, le choix du prénom Saddam pour les nouveau-nés est très en ­vogue dans les familles musulmanes ! »

L'écrivain Kamalram Sajiv n'en revient pas. Son livre Irak, Saddam : victimes d'un nouvel ordre mondial, publié en 2003 en Malayalam, la langue locale du ­Kerala, s'est vendu comme des ­petits pains. « Les deux premières éditions sont parties en l'espace de sept mois. Le livre est épuisé », ­remarque-t-il.

La mode « Saddam » n'a pas échappé aux politiciens keralais. Lors de la récente élection qui s'est tenue dans la petite ville de Thiruvambadi, où 40 % des électeurs sont musulmans, les deux principaux partis locaux ont mené bataille, non pas sur des enjeux d'ordre social ou économique, mais en brandissant, chacun à sa façon, l'icône de l'ancien raïs de Bagdad. « C'est une tactique des partis politiques, toutes tendances confondues, pour gagner des voix au sein de la communauté musulmane. Ils pensent que les musulmans s'identifient à lui, car il symbolise la bataille contre George W. Bush. Dans leur guerre politique, nos politiciens sont prêts à utiliser n'importe quelle arme », remarque Hamid Chennamangaloor. « Saddam Hussein est devenu, malgré lui, une métaphore politique », ironise l'écrivain Kamalram Sajiv.

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Les prévenus au procès du massacres de villageois chiites de Doujaïl en 1982. Au 1er plan à droite, Saddam Hussein.

Saddam Hussein "a payé"

- en Irak : la nouvelle de l'exécution de Saddam Hussein a été accueillie samedi par une multitude de tirs de joie à Najaf, ville sainte chiite du sud de l'Irak. A Bagdad, quelques rafales ont résonné brièvement, également en direction des quartiers majoritairement chiite, mais la situation semblait normale à l'aube dans la ville, alors que les muezzins appelaient à la prière.

- aux Etats-Unis : George W. Bush a souligné que l'exécution marquait la "fin d'une année difficile pour le peuple irakien et pour les soldats" (américains). Mais, a-t-il prévenu depuis son ranch du Texas, cette mort ne mettra pas fin aux violences en Irak.

- en France : Paris, tout en rappelant son opposition à la peine de mort, a "pris acte de l'exécution" et "appelé tous les Irakiens à regarder vers l'avenir et à travailler à la réconciliation et à l'unité nationale".

- au Royaume-Uni : Saddam Hussein "a payé", a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett, tout en rappelant que "le gouvernement britannique ne soutient pas le recours à la peine de mort en Irak ni nulle part ailleurs".

- en Australie : ce pays, fervent allié de la politique américaine en Irak, a indiqué samedi qu'il "respectait" la décision des autorités irakiennes d'exécuter par pendaison l'ex-président irakien Saddam Hussein malgré son opposition de principe à la peine capitale. "Quelle que soit la position des gens sur la peine de mort, et le gouvernement connaît celle du gouvernement australien en la matière, nous devons également respecter le droit des Etats souverains à prononcer des jugements concernant des crimes commis contre leur peuple dans leurs juridictions", a indiqué le ministre australien des Affaires étrangères Alexander Downer.

- réactions d'ONG : "Saddam Hussein était responsable de terribles et nombreuses violations des droits de l'homme, mais ces actes, aussi brutaux soient-ils, ne peuvent justifier son exécution, une punition cruelle et inhumaine", a déclaré un responsable de Human Rights Watch, Richard Dicker. Il a qualifié le procès de "profondément irrégulier".

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Les derniers instants de l'ex-dictateur

Sadam Hussein lors de son procès



"Saddam est monté calmement à la potence", a raconté le Conseiller à la sécurité nationale irakienne, l'un des rares témoins de l'exécution.

"C'était un processus 100% irakien. Il n'y avait que des Irakiens. Les Américains sont restés hors du lieu de l'exécution", a-t-il souligné.

- le 30/12/2006 - 07h12


Moaffaq al-Roubaï, Conseiller à la sécurité nationale irakienne, faisait partie des quelques personnalités qui ont assisté à l'exécution de Saddam Hussein. "Saddam est monté calmement à la potence, il était résolu et courageux", a-t-il raconté à la télévision nationale Iraqia. "Il n'a pas essayé de résister, n'a rien demandé. Il tenait un Coran dans sa main qu'il a souhaité envoyer à une personne. Des gens ont pris le nom du destinataire du Coran et promis de l'envoyer. A un moment, il a tourné sa tête vers moi comme pour me dire : 'n'aie pas peur', c'était une sensation très bizarre".

L'exécution s'est déroulée à Bagdad mais en dehors de la "zone verte", secteur ultra-protégé de la capitale où siègent les principales institutions irakiennes, selon le Conseiller à la sécurité nationale, qui a cependant a refusé de préciser son lieu exact "parce que ce n'est pas bon". Saddam Hussein avait "les deux mains attachées quand il a été pendu", a encore raconté Moaffaq al-Roubaï, en soulignant : "C'était un processus 100% irakien. Il n'y avait que des Irakiens, aucun étranger. Les Américains sont restés hors du lieu de l'exécution, aucun américain n'était présent".

Saddam Hussein pourrait être enterré hors d'Irak

Les derniers mots de Saddam Hussein avant de se rendre sur le lieu de l'exécution ont été rapportés par Mounir Haddad, juge à la cour d'appel du Haut tribunal pénal irakien. "Saddam a dit : J'espère que vous resterez unis et je vous mets en garde, ne faites pas confiance à la coalition iranienne, ces gens sont dangereux. Il a ajouté qu'il n'avait peur de personne". Un appel à l'unité des Irakiens, alors que beaucoup craignent une flambée de violences après cette exécution, repris sous une autre forme par le Conseiller national à la sécurité : "J'appelle tous les Irakiens à rester unis et à oublier ce chapitre de l'histoire de l'Irak", a lancé Moaffaq al-Roubaï. "Nous devons désormais vivre ensemble, cette page de l'histoire est tournée (...). Le symbole du despotisme s'en est allé".

D'après Moaffaq al-Roubaï, le corps du condamné "pourrait être remis à sa famille pour être enterré". Il pourrait être transféré hors d'Irak, a indiqué pour sa part l'un de ses avocats Najib al-Nouaimi à la télévision Sky News. S'exprimant en anglais par téléphone, il a expliqué que la décision revenait à la famille de l'ancien dictateur. L'avocat a assuré qu'il n'était pas à sa connaissance prévu que le corps de Saddam Hussein soit enterré dans sa ville natale de Tikrit.

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AFP a écrit


L'ancien président irakien Saddam Hussein, condamné à mort pour l'exécution de 148 villageois chiites dans les années 1980,


C'est sûr, il fallait le condamner ! Auncun autre homme politique au monde n'a tué plus de 148 personnes. :sarcastic:



AFP a écrit

Près de 3.000 soldats américains sont morts en Irak depuis le début de la guerre


:sarcastic: A quand la comdamnation de Bush ?


Tout ça me révolte !

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J'ai toujours été contre la peine de mort ! C'est l'acte le plus ignoble des gens civilisés !:mauvais:

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Des bougies en hommage à Saddam Hussein dans la ville indienne de Kolkata. L'ancien président irakien, qui a été pendu samedi à l'aube, sera probablement enterré en secret en Irak, le gouvernement de Bagdad refusant de restituer le corps de l'ancien dictateur à sa famille, selon