j'avais lu un article sur des gens, qui étaient restés cachés dans la "jungle", pensant que la guerre (KR) n'était pas fini, pendant plus de 25ans
En fait, ceux qui étaient resté 25 ans dans la jungle sont des khmers rouges qui avaient fuit l'arrivée des viets.
Cambodge-KhmersRouges PREV Une odyssée de 25 ans dans la jungle pour des fuyards khmers rouges (REPORTAGE) par Guillaume Suon PETIT (PHOTOS) KALIAY (Cambodge), 17 avr (AFP) - Lorsqu'en 1979 les Vietnamiens ont envahi le Cambodge et renversé le régime khmer rouge, la plupart des habitants des villages du Rattanakiri (nord-est) ont fui dans la jungle, craignant d'être tués. Le dernier groupe vient de refaire surface, après une odyssée de 25 ans. Parmi les fuyards, de simples fermiers, d'ethnie Krung ou Para Tamphoun, mais surtout des soldats khmers rouges préférant déserter ce bastion de longue date des ultra-maoïstes plutôt que de combattre les terribles "bo doï" vietnamiens. Certains ont vécu quelques mois dans la jungle, et d'autres plusieurs années avant de réapparaître. Un groupe de 12 personnes s'est enfoncé plus loin que les autres et s'est perdu, pendant un quart de siècle, dans les forêts denses aux confins du Cambodge, du Laos et du Vietnam, pour n'émerger qu'à la fin 2004. Le clan, qui comptait une trentaine de membres avec les naissances, ignorait tout de la fin de la guerre et de la mort de Pol Pot --arrivé au pouvoir il y a 30 ans ce dimanche-- lorsqu'il a pris sa décision. "Comment aurions-nous pu savoir ce qu'il se passait hors de la jungle ?", s'interroge Lamam Luang, l'aîné du groupe. Li Mun avait 15 ans quand il s'est enfoncé dans les forêts. "J'étais un soldat de Pol Pot et en 1979, je n'ai eu d'autre solution que de m'enfuir", explique-t-il à l'AFP en khmer, qu'il est l'un des seuls à parler, les autres membres du groupe s'exprimant dans leur dialecte. Le clan s'acclimate au fil des années à la rigueur de la jungle. "On vivait dans de petites huttes construites avec des feuilles et des branches d'arbres", dit Lamam Luang. "Dès qu'on entendait du bruit, on s'enfuyait. Et tous les ans, après la saison des pluies, nous avancions vers le nord". Pour se nourrir, les femmes récoltaient les fruits et les plantes sauvages et les hommes chassaient avec des bambous ou des lances. Le métal était récupéré sur les bombes américaines infestant les sols. Mais les repas n'étaient jamais copieux. "Pour avoir du riz, on attrapait les oiseaux et on replantait les graines qu'on trouvait dans leur gorge, se souvient At, la femme de Li Mun. "Et pour les vêtements, les hommes battaient l'écorce des arbres pour la rendre plus molle, on confectionnait ensuite des jupes et des pantalons". "Ce n'était pas très solide et au bout de 10 jours nous étions nus de nouveau", sourit Lamam Luang. Lorsque le premier des 22 enfants vint au monde, ils redoutèrent que les conditions de vie lui soient fatales. Cependant, seuls un nouveau né et un vieillard ont succombé. Les enfants commençant à être malades, les fuyards ont décidé d'affronter le monde extérieur en novembre 2004. Ils se sont mis à voler des vêtements et de la nourriture dans les maisons isolées le long de la frontière laotienne. C'est ainsi que les autorités les ont appréhendés, apprenant avec stupeur leur parcours. Aujourd'hui, les familles ont été replacées dans leurs villages d'origine et ne sont plus prises en charge par le gouvernement ni le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés. Le retour à la vie normale est difficile, surtout pour les enfants. "Ils sont nés dans la jungle et n'ont connu que leurs proches tout au long de leur vie. La perspective qu'un autre monde existe est assez déroutante pour eux", explique Ly Channarit, vice-directeur de l'hôpital du Rattanakiri, qui s'est occupé du suivi médical. "De plus leur organisme ayant été isolé durant toutes ces années, le contact d'autres hommes les a tous rendus malades. Les enfants souffrent de pneumonie, bronchite et autres infections virales", ajoute-t-il. La femme de Lamam Luang est décédée en mars des suites d'une pneumonie. Les villageois ne sont pas trop surpris de cette odyssée: tous ont fui dans la jungle après 1979. Mais ils s'étonnent juste du retard des derniers arrivants. Et certains restent persuadés que des résistants se cachent toujours dans la jungle. str-pt/ia tf AFP 171025 AVR 05
Cambodge Les fuyards de la jungle Pendant plus de vingt ans, une poignée de déserteurs khmers rouges s'est cachée dans la forêt du Cambodge. Six familles qui ont survécu à partir d'un peu de riz sont restées à l'écart du monde, ignorant tout de la fin du régime de Pol Pot. Jusqu'en novembre dernier. Par Arnaud DUBUS jeudi 20 janvier 2005 (Liberation - 06:00) Rattanakiri envoyé spécial Asis en tailleur dans sa hutte, Mam Luong porte une chemise élimée couverte de poussière rouge et un short déchiré, un luxe qu'il n'a pas pu se permettre depuis bien longtemps.Revenu à la civilisation à la mi-novembre avec trente-trois de ses compagnons après plus de vingt années cachés dans la forêt, ce montagnard de la minorité ethnique tampuon a retrouvé son village natal de Louk, dans la province de Rattanakiri, la plus reculée et l'une des plus pauvres du Cambodge. Face à sa hutte, des villageois dansent dans le matin frisquet en faisant tournoyer leurs mains au son d'une radiocassette reliée à une batterie de voiture. D'autres assis en cercle se réchauffent autour d'un feu en trinquant à l'alcool de riz. Mam Luong observe cette animation sans y participer. «C'est la tradition, je ne dois pas m'éloigner de ma femme», explique-t-il en désignant un cercueil de bois grossier couvert d'ustensiles de cuisine et de bouteilles au fond de la hutte. «Bien sûr, je suis très content d'avoir retrouvé mon village, mes frères et mes soeurs. Mais ma femme est morte. Nous avons survécu vingt-cinq ans dans la forêt, mais elle est morte il y a deux nuits.» Le choc du retour ? Le changement drastique de climat et d'environnement ? Ou simplement les suites d'une fausse couche il y a plusieurs années dans la forêt ? Mam Luong, 55 ans, n'est pas sûr, mais il sait qu'il devra désormais affronter seul ce monde nouveau dans lequel il est replongé. Une odyssée qui démarre en 1979 Dans les villages de Kala et de Svay à une trentaine de kilomètres de là, Ly Moun et Tchakao, de la minorité kreung, ont aussi réintégré leur communauté après un quart de siècle d'absence. On fête le nouvel an kreung. Les hommes aspirent avec de longues pailles l'alcool de riz stocké dans des jarres et se partagent d'énormes cuisses de buffles tués rituellement. Ly Moun et Tchakao sont les héros du jour. Entourés d'une nuée d'enfants et de villageois, ils racontent leur aventure dans une joyeuse cacophonie. Pour reconstituer leur odyssée, il faut remonter à la fin du régime khmer rouge. En ce début 1979, les bodoï vietnamiens, assistés de la toute nouvelle armée gouvernementale cambodgienne, se battent pied à pied contre les Khmers rouges chassés du pouvoir à Phnom Penh. A Rattanakiri, zone khmère rouge depuis les années 60, les combats sont acharnés. Une centaine de familles se replient dans le village de O'Chong près de la frontière laotienne. Parmi eux, Tchakao et Ly Moun, âgés de quinze ans, deux anciens chhlôp (espions) du S 34, le centre de sécurité khmer rouge pour la région nord-est du Cambodge, ainsi que Mam Luong, «simple soldat». Quatre ans plus tard, les Vietnamiens lancent une offensive sur ce camp situé sur la rive nord du fleuve Se San. Dans la confusion, six familles décident de s'enfuir. A leur tête, Mam Luong et Manyav At, sa femme d'ethnie jarai. Le groupe marche dix jours dans la forêt, avant de s'établir dans la région de «la queue du dragon» où les frontières du Laos, du Cambodge et du Vietnam se rejoignent. «J'avais pris mon AK 47, mais j'ai eu peur [d'être identifié comme combattant, ndlr] et je l'ai laissé dans la forêt. Je n'avais que les vêtements que je portais, un couteau et une machette, et quelques poignées de semences de riz, de courges et de manioc», raconte Mam Luong. Ce dernier s'impose comme le chef de la petite troupe d'une douzaine de membres. «J'avais peur à la fois des Vietnamiens et de Pol Pot [le leader des Khmers rouges]. J'ai dit aux autres, il faut vivre dans la forêt jusqu'à la mort.» Arrivés près d'un torrent, ils bâtissent des huttes de feuilles et de bambous et reconstituent progressivement un village. «On a d'abord défriché en brûlant la forêt, puis on a planté nos semences de riz. Les trois premières années, il y avait très peu de pousses et on collectait seulement les semences. La troisième année, on a pu récolter un sac de riz. L'année suivante, dix sacs», dit Ly Moun. La vie est difficile, mais pour ces montagnards habitués à la discipline ascétique des Khmers rouges, l'épreuve est surmontable. En attendant que la récolte puisse être consommée, les déserteurs creusent la terre pour trouver des patates douces, pêchent et posent des pièges. «On attrapait des rats, de petites antilopes, mais j'ai aussi attrapé trois tigres», lance Tchakao non sans fierté. «On a eu à manger pour trois jours. J'ai abandonné la peau dans la forêt car je ne savais pas la préparer. Dommage car si j'avais été au village, je serais devenu riche.» Mariages à l'alcool de riz... Peu à peu, la communauté s'étoffe. Les enfants, nés dans la forêt, se marient entre eux, toujours entre membres des différentes familles. «Se marier entre frères et soeurs, mais on ne peut pas faire cela», répond Ly Moun sur un ton offensé, quand on lui pose la question. «Le jour du mariage, il n'y a pas de cérémonie. Simplement, on boit de l'alcool de riz pour être joyeux, et on crée une séparation dans la hutte pour le nouveau couple», raconte Mam Luong. Car la communauté s'est mise à distiller son alcool, stocké dans des jarres trouvées dans des tombes de montagnards creusées dans la forêt. La femme de Tchakao apprend sur le tas à faciliter les accouchements et devient la sage-femme attitrée. Tchakao, reconnu comme le chasseur le plus habile, s'occupe de la pose des pièges. Ly Moun, comme la plupart des membres de l'ethnie kreung, sait choisir les racines et les herbes pour concocter des remèdes traditionnels. «Je sais aussi quels sont les fruits empoisonnés et ceux qu'on peut manger», dit-il. Malgré cela, certains s'adaptent mal au nouvel environnement, d'autant que l'alimentation est irrégulière ; les racines bouillies ne s'avèrent pas toujours efficaces. Après quelques années, Ta Pling, l'un des six chefs de famille, et le plus âgé du groupe, succombe aux fièvres. «Je l'ai enterré de mes mains, sans prière et sans cérémonie», dit Mam Luong. Plus tard, un enfant né dans la forêt meurt à l'âge de 7 ans. 1995, repartir de rien Pourquoi alors n'être pas retourné au village ? «On était tout simplement perdus, on ne savait même pas où on se trouvait», affirme Ly Moun. Plus vraisemblablement, le groupe est resté volontairement dans son exil. «C'était la règle chez les Khmers rouges. Ceux qui désertaient étaient exécutés», confirme Muong Poy, vice-gouverneur de Rattanakiri. Et quand le régime a changé, ils ne pouvaient en avoir eu vent... Autour de leur village, les hommes observent attentivement la moindre trace d'une présence étrangère. Une branche cassée, des empreintes dans la terre, des sons inhabituels suffisent à les faire s'enfoncer plus profondément dans la jungle. Mais en 1995, leur campement est découvert. Alertés par des commerçants qui ont trouvé des pièges, Kham Koen, gouverneur de Rattanakiri, pense avoir affaire à un groupe isolé de combattants khmers rouges. A la tête d'une section de militaires, il les piste dans les forêts denses du parc national de Virachey. «Nous en avons arrêté neuf. Mais les autres ont déguerpi. Dans leur village, nous avons trouvé une quantité impressionnante de riz. Ce n'étaient plus des Khmers rouges, ils étaient devenus neutres», dit-il. Paniqués, Mam Luong et son petit monde marchent cinq jours et cinq nuits vers le nord, se rapprochant de la frontière laotienne. Beaucoup d'ustensiles ont été perdus dans la fuite. Il faut recommencer à zéro : reconstituer un village près d'une source d'eau, planter du riz à partir de quelques semences. Les conditions sont devenues plus difficiles. Cela fait longtemps que les vêtements ne sont plus utilisables. Pour lutter contre le froid nocturne qui sévit dans ces montagnes du nord-est cambodgien, les fuyards affinent l'écorce d'un arbre et parviennent à fabriquer des habits rudimentaires un pagne pour les hommes et un sarong tombant aux genoux pour les femmes et des couvertures. «Ces vêtements ne durent que huit ou neuf jours. S'ils entrent en contact avec l'eau, ils sont fichus. Ils durcissent au soleil», dit Tchakao en montrant la seule étoffe d'écorce qu'ils ont conservée. Les couteaux et les machettes d'origine, plus utilisables, sont remplacés par des outils fabriqués à l'aide d'éclats d'obus et de pièces de voitures trouvés dans la forêt. Les années passent. Il devient de plus en plus difficile de nourrir la communauté qui comprend maintenant une vingtaine d'enfants. «Le plus dur était l'absence de sel et de médicaments. On avait toujours la fièvre», dit Mam Luong. La belle cohésion commence à s'effriter. «A partir du moment où j'ai eu des petits enfants, j'ai décidé de revenir dans le village, même si je devais être tué», dit Ly Moun. Les cinq chefs de famille sortent de la forêt et suivent une route de terre jusqu'à un village laotien. A la vue des aliments et des étoffes, la tentation est trop forte. «Nous avons attendu que les hommes partent travailler aux champs. On a pris tout ce qu'on pouvait. Quelqu'un a crié "au voleur". Nous nous sommes enfuis tout de suite», raconte Mam Luong. Dans les mois qui suivent, ils multiplient les cambriolages dans deux villages laotiens, jusqu'au 8 novembre dernier où ils se font piéger. «Les Laotiens ont vu qu'ils étaient misérables. Ils ont eu pitié d'eux», dit le gouverneur Kham Koen. Les autorités laotiennes contactent Kham Koen, qui vient chercher les fugitifs en 4 x 4 et les ramène à Rattanakiri. «Dans la forêt, on avait toujours peur» Pour les plus âgés du groupe, le choc du retour est moins fort qu'on l'imagine. Ils retrouvent la vie fruste des villages montagnards sans eau courante ni électricité de cette province reculée. Ils se disent simplement «étonnés et contents» d'apprendre que le régime khmer rouge n'existe plus. «Tout ce que je sais, c'est qu'Hun Sen [l'actuel Premier ministre] a rassemblé toutes les factions pour qu'il n'y ait plus de conflits», dit Ly Moun. Il s'est offert un poste radio pour cinq dollars. «J'aime écouter le soir, même si je ne comprends pas tout.» Pour les jeunes nés dans la forêt, qui ne parlent pas khmer, tout est nouveau. «Ils ont l'air d'animaux sortis de la forêt. Les premiers jours, ils étaient scotchés devant la télévision, leur visage exprimant une énorme surprise. Ils sont fascinés par les spectacles de musique et de danse», indique Chung Ravuth, un officier du Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies qui s'est occupé d'eux. La réintégration ne sera pas aisée car les ex-fugitifs sont plongés brutalement dans un environnement concurrentiel qu'ils n'ont jamais connu. Le HCR leur a fourni un an de nourriture et de quoi bâtir une maison. Chaque homme a reçu un terrain de sa famille. «Dans la forêt, il n'y a jamais eu de bons moments. On avait toujours peur», dit Mam Luong, qui se dit fier d'avoir finalement réussi à ramener sa troupe au village. Reste-t-il dans la jungle d'autres oubliés de l'époque khmère rouge ? Non, affirment-ils. D'autres sont moins sûrs : des vêtements d'écorce ont été trouvés récemment dans une forêt de la province voisine de Stung Treng. photos PATRICK CHAUVEL
C'est beau, moi aussi je voudrait bien retrouver un membre de ma famille que je n'ai jamais connu. Mais ne sachant pas son nom, c'est difficile. Il serait en France actuellement !
C'est beau, moi aussi je voudrait bien retrouver un membre de ma famille que je n'ai jamais connu. Mais ne sachant pas son nom, c'est difficile. Il serait en France actuellement ! :larme:
Hanaflora a écrit C'est beau, moi aussi je voudrait bien retrouver un membre de ma famille que je n'ai jamais connu. Mais ne sachant pas son nom, c'est difficile. Il serait en France actuellement ! Par hasard, ça ne serait pas moi que tu recherches ? Il se trouve que je vis en France et que je recherche aussi quelqu'un.
Je n'oserai pas... Je plaisante seulement. Par contre, je recherche vraiment mon oncle, le frère de mon père. On s'est vu la dernière fois, près de la faculté de droit, à PP, lors de l'évacuation de la ville. Lui, son épouse d'origine vietnamienne et ma grand-mère paternelle se dirigeaient vers Neak Lurng pour rejoindre le Vietnam, tandis que notre groupe voulait rejoindre la Thaïlande.
Dans les années 80, j'avais adressé un courrier au HCR. J'avais reçu une réponse négative et depuis je n'ai jamais réitéré ma demande. Comme j'aimerais aussi savoir si l'Université de Paris conserve leurs archives des années 50 et 60. Les années où mon père était étudiant à Paris.