La perte de terres et celle de l’accès aux ressources naturelles sont en train de provoquer une crise économique chez les populations rurales du Cambodge. «des communautés rurales sont dépossédées de leurs terres par ceux qui ont de l’argent et du pouvoir politique», écrit Shalmali Guttal dans un rapport récemment rédigé pour Focus on the Global South. ... En 2004, des entreprises privées avaient déjà pris le contrôle de 2,7 millions d’hectares grâce à des contrats de concession. Dans ce chiffre sont comprises les « concessions économiques de terres », destinées à des plantations industrielles, à la prospection minière et pétrolière, à la pêche et au tourisme. Dans bien des cas, ces concessions s’établissent dans les terres des paysans. À la résistance de ces derniers on oppose des pots-de-vin offerts aux leaders des villages, souvent suivis de démonstrations de violence de la part de la police, des militaires ou des gardes de sécurité armés appartenant à des services privés. L’appropriation de terres est flagrante dans la province de Ratanakiri, située dans le Nord-Est du Cambodge. Ce qui se passe dans les villages jorai de Kong Yu et Kong Thom, dans le district d’O’Yadao, donne un aperçu de la situation qui règne partout dans le pays. ...
La deuxième banque suisse doit payer 12 millions de francs aux populations de la forêt tropicale – soit les bénéfices tirés de l'entrée en bourse du producteur de bois Samling. ... Samling détruit depuis des années les forêts tropicales dans lesquelles vivent ces peuples de Guyane, du Cambodge, de Malaisie et de Papouasie-Nouvelle-Guinée, ont dénoncé des représentants des indigènes, le Fonds Bruno Manser (BMF) et la Société pour les peuples menacés (SPM), jeudi à Zurich. ... Le BMF et la SPM reprochent au Credit Suisse de ne pas avoir respecté ses propres chartes de développement durable en acceptant de travailler pour le producteur de bois. ...
Débat public au Crédit Suisse sur la rémunération des dirigeants et le sort de populations des forêts tropicales Une assemblée générale peut-elle être un lieu de débat sur la rémunération des dirigeants ou l’impact environnemental des activités de l’entreprise ? Le Crédit Suisse a expérimenté cette double pratique novatrice lors de la réunion de ses actionnaires, organisée le 4 mai à Zürich. Ethos, fondation rassemblant 75 fonds de pension suisses, engagée sur l’ISR est à la pointe de cette forme d’engagement actionnarial, pas encore pratiquée en France. ... Pour la première fois en Europe continentale, une ONG a acheté des actions pour protester sur le sort fait aux populations qui vivent dans les forêts tropicales de Guyane, du Cambodge, de Malaisie et de Papouasie Nouvelle Guinée au cours de l’assemblée générale du Crédit Suisse. Pourquoi le Crédit Suisse ? Parce que la banque a reçu 10 millions de dollars (7,3 millions d’euros) pour avoir aidé Samling, société malaisienne, productrice de bois à entrer en bourse. ... Anne-Catherine Husson-Traore
Peut-être que c’est sincère, peut-être que non…
En tout cas c’est gagnant, gagnant : Il a besoin de gagner le cœur du peuple et le peuple a besoin de vivre.
Il veut régler le problème foncier? de quelle manière? Tout pour les riches rien pour les autres jejeje!
Souvenez vous de l'affaire "Samlot". L'affaire qui permet aux KR de faire un grand bon en avant avec un moha résultat que tout le monde connait.
... moi a mon avis il y sera ejecte par les urnes ...
Despite Warnings, No End to Land-Grabbing in Cambodia Par Rory Byrne Phnom Penh 03 Juillet 2007 La montée en flèche des prix des terrains aboutit à une explosion des spoliations au Cambodge, laissant des dizaines de milliers de personnes dans la misère. Un rapport récent des Nations Unies accuse les autorités cambodgiennes de permettre à une opulente élite de saisir illégalement des terrains, mais le gouvernement rejette les accusations et annonce qu’il essaye de faire stopper ces pratiques. Un article de Rory Byrne à Phnom Penh. L’ouvrage du rapporteur des Nations Unies pour les droits de l’homme au Cambodge a relaté que les spoliations ont un « impact dévastateur » sur les pauvres. Il rajoute que près de 15% des terrains au Cambodge appartiennent maintenant à une élite restreinte. On peut faire remonter l’origine du problème aux khmers rouges, qui abolirent la propriété privée à la fin des années 1970. Après qu’ils eurent été évincés en 1979, beaucoup de personnes se sont installés sur des terrains sans avoir de titres de propriété. Les conflits surgirent quand l’économie redémarra et que les terrains prirent de la valeur. D’après les promoteurs et les Cambodgiens influents, les juristes et les petits paysans ont évincés le petit peuple des terres où ils vivaient depuis des décennies. Le gouvernement ajoute que beaucoup de conflits éclatent parce que les pauvres vendent leurs terres puis occupent illégalement des propriétés privées ou de l’Etat. Chum Bun Rong s’occupe de la résolution des conflits fonciers à la « Cambodia's National Land Authority. » « Parce qu’ils ont des problèmes d’argent ils doivent vendre leurs terres et après ça ils deviennent des squatters. » indique Rong. « Ils habitent quelque part – parfois sur un terrain public. Ils restent ou construisent des maisons, le long du trottoir ou de la rue, de temps en temps la rue principale de la ville, mais ces terrains appartiennent à l’Etat. Yeng Virek dirige le « Community Legal Education Center » qui fourni une aide juridique aux victimes des spoliations. Il précise que le gouvernement, qui parfois expulse les gens des terres où ils vivent, ignore les droits des pauvres au profit d’intérêts de développement : « Parfois les autorités prétendent que la zone est propriété de l’Etat, ou qu’ils en ont besoin pour embellir la ville par exemple et ils évincent la population du terrain » Le gouvernement a mis en place une commission pour régler les conflits fonciers, mais les critiques disent qu’elle est bridée par la bureaucratie et la corruption. Le développement non régulé est mauvais pour le Cambodge indique Kek Galabru, qui dirige un groupe local de défense des droits de l’homme, la LiCaDHo. « Je comprends que le gouvernement voudrait développer le pays, mais [pour] développer un pays vous devez [le] faire d’une manière où tout le monde soit heureux – pas que la compagnie soit heureuse et les gens pauvres, le peuple vulnérable, soit malheureux. Je pense donc que ce type de développement est très dangereux pour le pays» annonce Galabru. Le premier ministre Hun Sen dénonce fréquemment les spoliations, mais Kek Galabru dit qu’il y a peu d’améliorations : « Quand vous écoutez les communiqués du gouvernement, particulièrement ceux du premier ministre, il semble qu’il est conscient de l’importance du problème parce qu’il menace ses ministres annonçant « si vous ne réglez pas cette question, cela créera un gros problème au Cambodge, peut être même de l’instabilité » annonce–t-il, mais je ne sais pas pourquoi ça ne marche pas. Il ajoute « Où cela bloque-t-il ? A quel niveau ? Comme nous manquons de transparence, nous ne savons pas pourquoi l’autorité nationale ne peut pas régler le problème. » Les familles dépossédées sont souvent déplacées dans des camps de fortune, souvent sans eau potable, sanitaire ni installations médicales. Kek Galabru ajoute « En perdant leur terre les gens ne peuvent plus nourrir leur famille. » « 80% des Cambodgiens vivent en milieu rural et utilisent la terre pour l’agriculture. Aussi, si vous prenez leurs terres, ils n’auront plus de possibilités de régler leurs problèmes vitaux. » prévient Galabru « Sans terre, vous les condamnez à mort » Andouang est un camp de relogement à une vingtaine de kilomètres de Phnom Penh. Il accueille environ 1 200 familles évincées de Sambok Chap, au bord du fleuve à Phnom Penh. La plupart attendent toujours les nouveaux lots qu’on leur avait promis l’année dernière. Les conditions dans le camp sont mauvaises avec des bambous et des feuilles de plastique qui offrent un abri précaire contre les pluies de la mousson. Certains résidants souffrent de malnutrition et d’épidémies. « Les conditions de vie sont très mauvaises parce qu’il n’y a pas de moyen pour ma famille de gagner de l’argent ici - j’ai quatre enfants » nous dit Sony qui vit dans le camp depuis plus d’un an. « Mon mari a disparu et n’ai pas revenu vers moi. Je n’ai pas d’abri correct, uniquement une feuille de plastique et pas de revenus » Denty vint à Andouang avec sa femme et son bébé depuis l’année dernière. Après avoir perdu son logis, Denty a perdu son travail parce qu’il ne peut pas s’offrir le coût du transport pour aller travailler. « Les conditions de vie sont terribles. Je suis tombé malade quand je suis arrivé – ma femme aussi est malade – et je ne pouvais plus travailler dans le bâtiment » nous dit-il. « Quand je suis arrivé là, nous n’avions pas d’abri convenable – juste une feuille de plastique – et nous ne pouvons pas avoir de traitement médical adéquat. Ma femme ne peut plus nourrir au sein notre bébé et nous n’avons pas d’argent pour acheter du lait. Le gouvernement dit qu’il fait ce qu’il peut pour régler le conflit foncier et aider les personnes sans terrain. Mais les officiels disent qu’ils ont besoin de l’aide étrangère pour rédiger les titres de propriété et créer un système informatique pour conserver les enregistrements. Kek Galabru affirme qu’une volonté politique est nécessaire si on veut régler le problème de spoliation. « D’abord une forte volonté politique des dirigeants, tous ceux qui ont le pouvoir de régler le problème. Et aussi, second point, je pense que nous devons conférer les pouvoirs aux institutions existantes, et implémenter une loi foncière. Autre chose aussi – le problème de la justice. Le système judiciaire est réellement faible et dépendant du pouvoir ; ainsi, une réforme drastique de la justice est également importante. » Plus tôt dans le mois, le premier ministre Hun sen déclara aux donateurs de l’aide internationale qu’il allait prendre des mesures pour redistribuer les terres illégalement saisies aux victimes des spoliations et décerner des titres. Mais dans l’économie cambodgienne qui croit de 10% par an, la valeur des terrains va continuer à augmenter. Les experts ajoutent que sans de fortes mesures pour lutter contre, le problème va continuer à s’accroitre. Rory Byrne.
Land Dispute Unearths Tension Des villageois cambodgiens sollicitent les réseaux d’aide Par Erika Kinetz Du Washington Post Mercredi, 4 Juillet 2007 PHNOM PENH - Cambodge -- Les os de sa grand-mère sont perdus depuis deux ans, juste après que la pluie ait cessé. « La tombe est maintenant couverte d’hévéas », déclare Sev Thveal, 23 ans. Membre de la minorité Jaraï, il peut à peine lire et écrire et a travaillé la terre si longtemps que ses ongles d’orteils ont des traces permanentes de brun. Lui et 11 villageois prétendent devant une cour qu’une riche businesswoman nommée Keat Kolney, dont le mari et le frère sont des hauts dignitaires du gouvernement cambodgien, s’est illégalement appropriée la terre appartenant à 70 familles rurales pour en faire une plantation d’hévéa. Keat Kolney refuse de commenter, raccrochant quand on la joint au téléphone. Mais elle nie les faits, affirme son avocat, Chhe Vibol et réagit par une action légale en son nom. Le conflit est dévoilé alors que le Cambodge lutte pour émerger de trois décennies de génocide et de guerre civile. Maintenant le pays du sud est asiatique essaye d’oublier son brutal passé et de construire une société fondée sur les règles de lois plutôt que les réseaux humanitaires. Le Cambodge a rejoint l’OMC en 2004 et le gouvernement, qui a eu récemment ses premiers « sovereign debt ratings » du « Standard & Poor's and Moody's » prévoit d’ouvrir son marché local d’actions et d’obligations au début de 2009. Les leaders gouvernementaux citent ce changement comme une preuve des progrès majeurs, mais les militants des droits de l’homme ainsi que beaucoup de simples Cambodgiens disent que pas grand-chose n’a changé. « Une classe sociale riche et puissante a émergé sur le dos de l’Etat – à travers l’exploitation du peuple et des ressources du pays. » déclare Yash Ghai, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU chargé des droits de l’homme au Cambodge, lors de la préparation du conseil aux droits de l’homme des Nations Unies à Genève. Global Witness, un groupe de consultants britannique qui a travaillé à la surveillance de la forêt cambodgienne jusqu’à ce qu’il se fasse expulser du pays en 2005, ont émis des réserves similaires dans un rapport récent, affirmant qu’une élite « kleptocratique » dépouillait le Cambodge de ses ressources naturelles. « Pendant la guerre civile cambodgienne, les factions combattantes utilisaient les ressources naturelles du pays pour générer des revenus destinés à couvrir leurs dépenses militaires » rapportait dans un mail Eleanor Nichol, une militante de Global Witness depuis Washington. « Ensuite, il a été difficile à l’élite politique cambodgienne d’oublier l’habitude d’utiliser les ressources naturelles à leur profit personnel. » Les accusations de Global Witness ont mis en colère les officiels cambodgiens, qui démentent les malversations et rejettent le rapport comme politiquement orienté. Le gouvernement a interdit la publication du rapport localement – un geste inutile, car le document est librement accessible en ligne – et a promis de mener sa propre enquête. Malgré le boom économique, Le Cambodge est toujours lourdement dépendant de l’aide internationale. Quand les donateurs sont venus s’asseoir à Phnom Penh les 19 et 20 juin et se sont engagés à fournir 689 millions de dollars, la délégation cambodgienne comprenait deux personnes dont Sev Thveal prétend qu’ils ont le pouvoir d’assurer le repos de sa défunte grand-mère. Il s’agit du grand frère de Keat Kolney, Keat Chhon, qui est le ministre des finances du pays et son mari, Chhan Saphan, un des plus influents officiels du ministère à l’aménagement du territoire. Chhan Saphan a décliné une demande d’interview et Keat Chhon na pas souhaité répondre aux demandes de commentaires Sev Thveal et ses compagnons villageois disent qu’en 2004, Keat Kolney a soudoyé nombre d’officiels locaux avec des espèces sonnantes et trébuchantes pour l’aider à tromper et intimider les villageois et leur faire signer une renonciation à près de 1 100 acres de leurs terres les plus fertiles. Les villageois prétendent que les officiels locaux leur ont joué une comédie, leur servant de la bière, du vin de riz traditionnel et du porc. Quand les villageois ont été ivres, les notables prirent leurs empreintes. Une partie de l’argent de Keat Kolney alla aux villageois, d’après le tribunal, mais ils ne réalisèrent pas ce pourquoi on les payait. Les plaignants expliquent qu’ils pensaient signer pour uniquement 125 acres en faveur de soldats infirmes d’une association affiliée au premier ministre cambodgien Hun Sen. Mais rapidement les bulldozers arrivèrent et arrachèrent près de 665 acres de cajous, de rizières et de potagers pour faire place à une vaste plantation d’hévéas. Les villageois confient qu’ils ont perdu 60% de leurs terres arables et n’ont pas vu un seul invalide. Maintenant, ils veulent à nouveau leurs terres. Chhe Vibol, l’avocat, annonce que c’est trop tard. « Les hévéas sont déjà plantés sur plus de 200 hectares. » ou environ 500 acres. Il ajoute « Rendre l’ensemble des terres est impossible. » Le 21 juin, Keat Kolney intentait un procès aux villageois et à leurs avocats, selon Chhe Vibol. Elle dépose aussi une plainte officielle avec l’association « Cambodia bar » prétendant que les avocats travaillant pour deux groupes d’assistance juridiques ont conseillé aux plaignants de set mettre sous l’influence des étrangers. « Nous avons acheté la terre légalement » affirme Chhe Vibol. Le mois dernier, les villageois sont partis du Ratanakiri, une province éloignée du nord est cambodgien vers la capitale Phnom Penh, où ils ont rendu visite au ministère de l’économie et des finances et ont fait un pèlerinage quotidien au ministère de l’aménagement du territoire, espérant obtenir une audience avec les relations influentes de Keat Kolney et les persuader d’intercéder en leur faveur. Ils n’eurent pas de chance. Maintenant ils sont retournés au Ratanakiri, espérant que la roue imparfaite de la justice cambodgienne tournera en leur faveur. Ith Mathoura, une de leurs avocats, pense que c’est improbable. La justice cambodgienne notoirement corrompue presque toujours sert les riches et puissants au détriment des pauvres. « Le problème foncier est partout présent au Cambodge » assure Brian Rohan, un procureur américain travaillant comme conseiller juridique au « Community Legal Education Center » qui aide à représenter les villageois. « Il y a beaucoup de spoliations car la valeur des terrains augmente, la stabilité est revenue et il y a une forte activité économique. » Le cas, ajoute-t-il est « un puissant symbole pour le gouvernement cambodgien de s’engager à implémenter certains des plans qu’il a déclaré soutenir durant ses conversations avec les donateurs. Le porte parole du gouvernement, Khieu Kanharith a refusé de faire des commentaires sur le litige qui oppose Keat Kolney et les villageois, mais a mis en garde contre des conclusions hâtives. « Quelques arbres ne constituent pas une forêt. Ce qui est le plus important est la volonté politique du gouvernement d’établir des règles de lois. » a-t-il précisé. Il désigne l’entrée du Cambodge dans l’OMC, un processus ardu qui a nécessité d’écrire ou de réécrire beaucoup de lois, comme preuve de cet engagement « Notre principal soucis est que nos lois correspondent aux standards internationaux. Bien sûr, de la théorie à la pratique, il y a un fossé, mais au moins le gouvernement prépare le terrain pour les règles de lois. Maintenant, beaucoup se demande jusqu’où le Cambodge peut aller. « Il y a clairement dans ce pays un problème pénible avec les exploitations illégales et les spoliations » avoue dans un interview l’ambassadeur américain Joseph Mussomeli . « Personne ayant un minimum de crédibilité ne peut le nier. Le premier ministre lui-même l’admet. » Mais M. Mussomeli ajoutait qu’il ne lui était pas possible de prouver toutes les allégations de Global Witness à l’encontre des officiels de haut rang. « Nous pensons que ce sont les haut placés dans le gouvernement qui sont concernés et qui travaillent dur pour contrecarrer les exploitations illégales » précise M. Mussomeli « Ce n’est pas un régime totalitaire. » Pendant ce temps, le villageois Sev Thveal a un problème plus immédiat : sa grand-mère défunte. Sa famille, n’a pas pu apaiser son esprit avec le sacrifice d’un buffle. Parce que sa ferme a été rasée, il doit commencer à acheter du riz pour manger et n’a pas d’argent supplémentaire. « J’ai l’habitude d’aller visiter la tombe de ma grand-mère tous les jours de tous les mois de chaque année » précise Sev Thveal. « Maintenant sont esprit a dû partir ailleurs. Elle est sans domicile. » Erika Kinetz - Washington Post