Recycling boom adds to hazardous life of Cambodian children PHNOM PENH (AFP) - Le docteur TUY PUTHEA finissait sa tournée quotidienne, à la fin mars, inspectant une plaie au cou d'un jeune garçon, un parmi la douzaine d'enfants qui trainent dans les ruelles près du stade olympique. Son patient de 10 ans, portant uniquement un short en lambeaux et un t-shirt, fait partie des milliers de gamins qui se débattent pour vivre de la récupération des ordures dans les rues de la capitale cambodgienne. La demande grandissante du Cambodge pour les recyclables - allant des bouteilles ou bidons aux cartons - a vu une forte montée du nombre d'enfants chiffonniers fouillant les amas d'ordures de la capitale, beaucoup d'entre eux forcés de faire ce que leurs défenseurs appellent une des formes de travail les plus dangereuses au monde. En 2006, d'après CHAN HARANVADEY, un fonctionnaire du ministère des affaires sociales, près de 4 000 enfants travaillaient dans les rues de PHNOM PENH. Selon les estimations, ce chiffre aurait grimpé entre 10 000 et 20 000, malgré la baisse observée lors de la saison des plantations, aux mois de mai et juin, quand beaucoup d'enfants rejoignent leur ferme familiale. "Ces enfants chiffonniers sont les plus vulnérables," affirme TUY PUTHEA, qui travaille pour l'ONG MITH SAMLANH, venant en aide aux enfants sans abris. "Il n'utilisent ni gants ni chaussures, inhalent des fumées toxiques, mangent dans les poubelles," se lamente-t-il, énumérant les affections qu'il voit tous les jours, allant des migraines aux plaies infectées en passant par les diarrhées et les toux sèches. D'après les organisations d'aide à l'enfance, on estime, qu'à travers le Cambodge, 1,5 million d'enfants de moins de 14 ans sont obligés de travailler. Les bénévoles précisent qu'alors que la plupart travaillent dans la ferme familiale, plus de 250 000 sont utilisés dans des activités dangereuses telles que la mendicité, la récupération des déchets, le travail en usine ou dans des mines. D'après MITH SAMLANH et Pour un Sourire d'Enfant (PSE), une autre organisation d'aide à l'enfance, à PHNOM PENH, où la croissance économique alimente le marché des ordures, environ 70% des chiffonniers sont des enfants. On peut les voir jour et nuit, parfois seuls ou avec leurs familles, fouillant les amas de détritus ou mendiant pour des bouteilles ou des bidons aux terrasses des restaurants. -- La vie des chiffonniers est faite de violence et d'avilissement -- En triant le plastique, le verre, les métaux ou les cartons, un enfant peut gagner un ou deux dollars par jour - ce qui est loin d'être négligeable dans un pays où 35% de la population est embourbé dans la pauvreté. Mais faire de la récupération place les enfants dans un dur système de dépendance, d'extorsion et d'intimidation de la part de voyous locaux agissant comme intermédiaire pour de gros groupes de recyclage opérant en Thaïlande ou au Vietnam. Ces hommes de main, parfois des enfants à peine plus âgés que les chiffonniers eux-mêmes, payent souvent moins que la valeur du marché, mais offre en échange protection et petits services. C'est un mal nécessaire, dans un monde de violence et de dégradation. "Ils sont aussi exposés à d'autres problèmes - violence, consommation de drogue, trafic et harcèlement sexuel," signale TUY PUTHEA, dont la clinique traite chaque jour une trentaine d'enfants. Les chiffres pourraient exploser, avec la fermeture programmée de la plus grande décharge du Cambodge. PHNOM PENH doit chercher ailleurs pour ses déchets, car le dépotoir actuel est saturé, affirme des hauts fonctionnaires de la mairie. A seulement quelques kilomètres de la ville en expansion, au bout d'une voie sale et encombrée de camions benne, STUNG MEANCHEY étale ses déchets à perte de vue. Ici, des centaines de chiffonniers, la plupart des enfants, rôde dans une misère qui les consume, leurs habits raidis par la crasse et leurs visages recouverts d'écharpes pour lutter contre la fumée âcre et continuelle des lieux. Mais sans la décharge, ils seront forcés d'aller dans la rue, grossir les rangs de ceux qui rôdent déjà dans les amas de détritus de PHNOM PENH, mais aussi à rejoindre plus nombreux les organisations qui essayent de les aider. "Fermer la décharge est une bonne chose; elle ne doit pas être aussi proche de la ville," reconnait PIN SARAPITCH, qui, en tant que directeur de programme à PSE, opère depuis 12 ans aux abords de STUNG MEANCHEY, fournissant éducation et formation professionnelle à plus de 5 000 enfants. "La fermeture doit s'accompagner d'une meilleure action sociale de l'état. Le gouvernement ne peut pas fermer la décharge et abandonner ces familles sans leur donner un endroit pour vivre et travailler," prétend PIN SARAPITCH. "Où iront-ils et comment pourront nous les aider si nous ne savons pas où les trouver ?" conclut-il Lucie Lautredou
Les retraités de la décharge au Cambodge Pierre Barnérias - 06:50 Dimanche 27 Juillet 2008 Le meilleur du monde horaires de diffusion: 6h42, 8h28, 11h28, 13h21, 17h42, 20h50, 22h50 et 2h47 Les Cambodgiens les appellent affectueusement Mamie et Papy. A l’âge de la retraite, un couple de Français s’est installé aux abords de la plus grande décharge du Phnom Pen afin de sauver des milliers d’enfants, engloutis sous les immondices. 13 ans plus tard, 900 de ces chiffonniers ont un métier, certains sont même devenus PDG... Difficile alors d’imaginer à quelques pas de ce décor apocalyptique, des toits flambants neufs sous lesquels on récite l’alphabet et des centres d’apprentissage comme un salon de coiffure et un restaurant école trois étoiles pour former les futurs grands chefs cuisiniers du Cambodge. Depuis 1996, ce sont plusieurs hectares de bâtiments et d’aires de jeux qui ont ainsi été installés grâce à l’action de ces retraités hors du commun. Une micro société en pleine construction, où l’on apprend à vivre en communauté… Ce centre inimaginable ne cesse de se construire, grâce à des parrainages intelligents en provenance principalement de France. Nos deux retraités redoublent d’imagination pour inventer le Cambodge de demain. Avec des histoires, dignes des plus beaux contes de fée…
D'ailleurs j'enverrai bien des bonbons tu passes les prendre?