Not logged in [Login - Register]
Go bottom
Printable Version | Send to Friend | Subscribe | Add to Favorites New TopicNew PollPost Reply
    « Prev. thread | Next thread »  
Author Les "lanceuses de bières" méprisées et harcelées   ( Replies 4 | Views 602 )
Go top 15/11/2005 @ 16:34 Go bottom
Les "lanceuses de bières" méprisées et harcelées Reply With Quote
Offline swann
Recipient does not exist



 
Posts
Registered 01/01/1970
Les "lanceuses de bières" méprisées et harcelées

Engagées pour lancer des marques de bière dans des bistrots ou des karaokés, de jeunes Cambodgiennes se retrouvent exposées aux humiliations et au harcèlement sexuel des clients. Avec parfois la complicité de leurs patrons. Une Ong dénonce ces pratiques dégradantes.

Propos humiliants, attouchements, agressions et violences sexuelles : c'est le lot quotidien de celles qu'on appelle au Cambodge les "lanceuses de bières". Ces jeunes femmes sont recrutées dans les restaurants et les cafés pour vendre bouteilles et canettes de telle ou telle marque, étrangères ou non. Assimilées à des filles de mauvaises mours (srey langse), elles sont méprisées par les Cambodgiens ce qui autorise toutes sortes d'abus de la part de leurs clients ou de leurs patrons. Pour la première fois, un rapport accablant, de l'Ong Care Cambodia, lève le voile sur ces pratiques dégradantes.
L'enquête a été réalisée auprès de 640 lanceuses de bière interrogées à Phnom Penh et dans six provinces. Elle montre à quel point ces jeunes femmes, âgées en moyenne de 24 ans et qui seraient 4 000 dans tout le Cambodge, sont stigmatisées. Selon l'enquête, 38 % d'entre elles ont été contraintes à un acte sexuel sur leur lieu de travail, 83 % ont essuyé des humiliations, 80 % ont subi des attouchements. Et la moitié affirme avoir subi des pressions de la part des patrons de beer garden (restaurants-terrasses) ou de karaoké pour avoir des relations sexuelles avec des clients.

Chantage et violences
"Un soir, un client m'a demandé de toucher son sexe. J'ai refusé en lui disant qu'il était impoli, alors il s'est emporté contre moi : 'Si tu es une fille si respectable, que fais-tu là ?' Il a ensuite suggéré au patron de me renvoyer. Pourtant moi aussi je suis un être humain. Nous ne sommes pas des poupées avec lesquelles on joue", confie une de ces serveuses dont Care a recueilli le témoignage. Une autre, mariée et employée dans un karaoké, raconte, en fulminant ; l'odieux chantage d'un client qui acceptait de consommer la bière de la fille qui accepterait de se déshabiller devant lui. Une autre fois, elle-même a été contrainte de regarder un film pornographique sur le portable d'un consommateur. "J'ai refusé, dit-elle. Il a poussé ma tête contre l'écran. Heureusement, le téléphone s'est éteint faute de batterie et je me suis échappée."
Louise Bury, consultante pour Care, rapporte, très émue, que "le viol et les abus sexuels de ces femmes sont devenus monnaie courante au Cambodge". Pourtant, poursuit-elle, "l'enquête montre que celles-ci ne se considèrent pas comme des travailleuses du sexe et que la majorité d'entre elles ne se prostituent pas"
En effet, la plupart ont choisi ce métier pour les salaires plus élevés (50 _ par mois) que dans les usines ou l'agriculture, ce qui leur permet de faire vivre des familles élargies. "Plus vous êtes aimables et dociles avec le client, plus vous avez de chances de vendre votre bière et d'augmenter votre revenu. Le client est roi", leur serinent les patrons d'établissement. Ceux-ci les harcèlent pour qu'elles s'assoient avec les consommateurs, qu'elles boivent avec eux et aillent plus loin s'ils le souhaitent.
L'enquête de Care va plus loin en s'interrogeant sur les causes profondes de cette situation. La pression économique énorme pousse ces jeunes femmes à rester coûte que coûte en bons termes avec leur employeur, les clients, afin de garder leur travail surtout en province, où elles sont d'autant plus vulnérables que les places sont chères. S'ajoute au mépris de la société à leur égard un discours culpabilisant : "Si elles sont harcelées, elles en sont seules responsables".
Mme Albertha, coordinatrice du secteur santé de Care Cambodia, prépare avec la société Heineken, un programme d'éducation pour aider ces femmes à affronter les problèmes avec les clients et à sensibiliser les patrons. L'Ong propose également la tolérance zéro pour de tels abus, un renforcement de la loi sur le harcèlement, une clarification du statut de ces employées et la création de syndicats. Les premiers concernés par ces mesures sont les brasseurs. Ces derniers pourraient imposer des uniformes qui garantiraient une tenue décente, des salaires fixes et encore systématiser les transports vers le lieu de travail. La balle est dans leur camp.

Par Ung Chansophea (Syfia)
Le 15-11-2005

#10990 View swann's ProfileView All Posts by swannU2U Member
Go top 27/05/2007 @ 10:54 Go bottom
[Cambodgesoir.info]: Les marques de bière discutent des droits des " Srey Lancé" Reply With Quote
Offline robin des bois
Membre Honorable
MemberMemberMemberMemberMember


 
Posts 1984
Registered 23/03/2004
Location Nantes



Cf cet article de Cambodgesoir.info sur les "Sré Lancé" autrement dit "Les lanceuses de bière":

http://www.cambodgesoir.info/content.php?itemid=21549&p=

et ce passage:

“Les choses changent peu. Elles sont toujours 83% à rapporter faire l’objet d’attouchements sexuels contre leur gré, 54% à dénoncer des abus physiques, 60% à être menacées ou forcées [verbalement ou physiquement] et 38% à avoir subi une agression sexuelle sur leur lieu de travail”, s’est alarmée Sharon Wilkinson, directrice de Care Cambodge. “Les clients continuent d’associer les lanceuses de bière à des prostituées. Or leur attitude à leur égard compromet l’avenir de ces femmes, souvent encore célibataires”, a-t-elle ajouté, avant de faire l’éloge de la compagnie Heineken, qui s’est très tôt impliquée aux côtés de l’ONG pour protéger son personnel féminin."

C'est l'un des aspects de la vie phnompenhoise qui m'avait le plus marqué.. (et choqué, bien que je ne considère pas comme un enfant de choeur!!!):non pas, pour ces demoiselles elles-mêmes "au regard triste et à l'uniforme bizarre", mais bien pour le comportement affligeant de la gente masculine Cambodgienne vis à vis de leurs propres consoeurs..

En l'occurence "les plus minables" ne sont certainement pas celles à qui l'on pense en premier..
#40439 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Go top 27/05/2007 @ 11:34 Go bottom
Re : [Cambodgesoir.info]: Les marques de bière discutent des droits des Reply With Quote
Offline Seun nmott
Super Moderator
StaffStaffStaffStaffStaffStaffStaff

gocbyinterwizard20017ki.gif
 
Posts 3175
Registered 27/12/2005

s’est alarmée Sharon Wilkinson, directrice de Care Cambodge. “Les clients continuent d’associer les lanceuses de bière à des prostituées


J'espère qu'elle arrive à faire quelques choses pour ces SL.

Pourquoi elle s'alarme maintenant? Elle vient de se réveiller?
Depuis plus de 10 ans que, beaucoup de salauds profitent de ces filles, cette publicité agressive est importée au Cambodge.







Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
#40441 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
Go top 27/05/2007 @ 12:05 Go bottom
Re : Re : [Cambodgesoir.info]: Les marques de bière discutent des droits des Reply With Quote
Offline robin des bois
Membre Honorable
MemberMemberMemberMemberMember


 
Posts 1984
Registered 23/03/2004
Location Nantes
Seun nmott a écrit


s’est alarmée Sharon Wilkinson, directrice de Care Cambodge. “Les clients continuent d’associer les lanceuses de bière à des prostituées


J'espère qu'elle arrive à faire quelques choses pour ces SL.

Pourquoi elle s'alarme maintenant? Elle vient de se réveiller?
Depuis plus de 10 ans que, beaucoup de salauds profitent de ces filles, cette publicité agressive est importée au Cambodge.




Quant à Heineken et les grandes marques de Bières.. y a pas mieux dans le genre "Tartuffe et Cie"....parce que s'ils ne sont pas au courant des pratiques de leurs dépositaires en pays Khmer.. c'est qu'ils sont vachement myopes (vu que les fameux uniformes sont plutôt rutilants, kitchs et de très mauvais goût!!)


et vlan .. passe-moi l'éponge..!!!

Edité le 27/05/2007 @ 12:07 par robin des bois
#40443 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
Go top 15/02/2008 @ 08:30 Go bottom
Re : Les Reply With Quote
Offline Sundgauvien38
Membre Honorable
MemberMemberMemberMemberMember

P_304f8e4188.jpg
 
Posts 1243
Registered 10/02/2006
Location Grenoble
AMN_COBR_RGB.jpg



CAMBODGE - « SUPPORTER LES CLIENTS QUI ME TOUCHENT »


Au Cambodge, les brasseurs utilisent les charmes des serveuses pour accroître leurs profits dans les débits de boisson, les restaurants et les karaokés. Pour conserver leur emploi, plus de 20000 jeunes filles doivent s’habiller aux couleurs d’une marque et pousser les clients à consommer. Elles sont aussi encouragées à s’asseoir à leurs côtés, d’où de nombreux cas d’harcèlement sexuel, d’insultes et de violences de la part d’hommes éméchés. Mem et Thim, deux serveuses de Phnom Penh, témoignent.

02_actuel_paroles_cambodia-bdeb8.jpg
Thim Sokha, présidente du syndicat des « beer girls ». Phnom Penh, 2007. © Samuel Grumiau


Hidden Content
Thim Sokha est présidente du syndicat des lanceuses de bière du brasseur Tiger. « Je n’aime pas ce travail, mais j’ai deux enfants à nourrir et l’usine de confection où j’étais employée a cessé de me payer. Tiger n’a jamais digéré que je sois engagée dans le syndicalisme. Ses dirigeants m’ont mutée dans de petits débits de boisson peu fréquentés. Mon revenu mensuel a diminué, il était de 70 euros auparavant, il ne dépasse plus 40 euros actuellement. Comme les autres, j’ai un quota de bouteilles à vendre. Si nous ne l’atteignons pas trois mois de suite, nous sommes mutées. Je dois vendre chaque mois un minimum de 32 casiers de 24 bouteilles. Je recevrai 3,5 euros par casier supplémentaire, mais la plupart des « beer girls » parviennent à peine à atteindre leur quota, même en buvant avec les clients. Cette consommation d’alcool engendre de gros problèmes de santé chez beaucoup d’entre nous ».

Propos recueillis par Samuel Grumiau

Pour plus d’infos sur les « lanceuses de bières » et les brasseurs concernés, consulter

http://www.ethicalbeer.com/
http://www.beergirls.org
http://www.fairtradebeer.com/




Source : http://www.amnestyinternational.be/doc/article12449.html


Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent agir et refusent d'intervenir. A. EINSTEIN
#53795 View Sundgauvien38's ProfileVisit Sundgauvien38's HomepageView All Posts by Sundgauvien38U2U Member
    « Prev. thread | Next thread »  
New TopicNew PollPost Reply
Go top