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Author Samadhi Vipassana   ( Replies 1 | Views 646 )
Go top 22/08/2003 @ 14:12 Go bottom
saint.gif Samadhi Vipassana Reply With Quote
Offline swann
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Registered 01/01/1970
Vipassana est la seule pratique qui peut conduire le yogi à mettre fin à la souffrance. C’est le but le plus élevé du Bouddhisme, et celui qui pratique devra donc savoir que Vipassana est :

1 - Le type de sagesse (panna) qui sait que nama-rupa sont impermanentes, souffrantes et sans entité (ni homme, ni femme). Toute autre sagesse n’est pas la sagesse Vipassana, seule la sagesse qui sait cela est la sagesse Vipassana. Le Visuddhi Magga dit qu’elle est " la sagesse par excellence ".

2 - Les objets de Vipassana sont rupa et nama dans le moment présent. Si l’esprit nous éloigne de nos propres rupa et nama, réaliser le Véritable Etat de la nature (sabhava) devient impossible.

3 - Le rôle de Vipassana, c’est de détruire kilesa ou qu’elle se manifeste, c’est-à-dire à l’une ou l’autre " porte " des six sens. Nous devons donc, quand nous pratiquons, observer le moment présent à ces six " portes ", puisque c’est par-là qu’arrive kilesa.

4 - L’avantage de Vipassana, c’est de détruire vipallasas (la perversité de la perception) qui croit que rupa est la beauté même, et que rupa-nama sont permanentes, heureuses et existent en soi.

Quand la sagesse Vipassana est très forte, elle conduit à la fin de la souffrance, et par conséquent à nibbana.

5 - La pratique de Vipassana met en jeu les quatre fondements de satipatthana, ainsi qu’il est indiqué dans la prédication de mahasatipatthana.

Voici les trois points où ces dhammas peuvent se révéler utiles :

a) Les six vipassanas bhumi (" le savoir fondamental " Vipassana est en fait le résultat de satipatthana, c’est-à-dire un des seize yana - mais ici, pour l’occasion, elle est prise dans le sens d’une méditation révélatrice).

b) les seize yanas.

c) Les sept puretés.

Ces Vipassana bhumi sont les objets que nous devons observer dans la pratique Vipassana, pour que vipassana panna puisse se manifester.

Il y a six objets dans vipassana panna :

1) Les cinq Khandhas

2) Les douze Ayatanas.

3) Les dix huit Dhatus (éléments : liquide, solide etc...)

4) Les Quatre Nobles Vérités.

5) Les vingt deux Indriyas.

6) Les douze Paticcasamuppadas.

Vipassana panna n'est, pour simplifier, rien d’autre que rupa-nama, puisque celui qui pratique n’observe que rupa-nama. Rupa-nama sont les objets qui doivent être vus grâce à la vipassana panna, et qui apporteront la vérité à vipassana panna. Cette vérité sait que nama-rupa sont impermanentes, souffrances et sans entité. Et cette panna, appelée vipassana panna, peut détruire kilesa.

Vipassana bhumi est pariyatti (la théorie), et elle est sabhava, autant dire large et profonde. Celui qui pratique doit étudier les bhumi jusquà ce qu’ils soient parfaitement compris. Quand il pratique, il doit savoir comment les observer (rupa-nama). Par exemple, il doit bien connaître les sphères des sens ou les quatre positions. S’il ne possède pas bien pariyatti (la théorie) et ne sait pas comment observer nama-rupa, sa pratique vipassana ne sera pas correcte ; pariyatti, dans ces conditions, ne peut pas être la paccaya (la condition favorable) qui aide à obtenir un bon résultat, puisque pariyatti (la théorie), pattipada (la pratique) et pattivedha (le résultat, la révélation, le savoir) dépendent les uns des autres. Ils ne peuvent pas travailler séparément.

Vipassana doit réaliser la Loi Naturelle qui veut que tout ce qui existe ait trois caractéristiques : anicca, dukkha, anatta réputées être les trois signes de l’existence. Ne pas connaître la Loi Naturelle est le fait de l’ignorance (avijja). Et l’ignorance de la Loi Naturelle enchaîne au cycle des naissances perpétuelles (samsara-vatta) et empêche de mettre fin à la souffrance. Pour les Ecritures, l’ignorance, c’est de ne pas connaître les Quatre Nobles Vérités. Ignorer la Loi Naturelle, c’est s’interdire d’accéder aux Quatre Nobles Vérités, puisqu’on ne peut pas accéder à quelque chose qu’on ignore.

Les trois pratiques de la sagesse (et comment elles diffèrent de l’ordinaire sagesse) :

1) Sutta-panna s’apprend soit par pariyatti (la théorie), soit par l’enseignement oral de dhamma ; puis on passe à la pratique.

2) Cinta-panna s’apprend par la pratique.

3) Vipassana-panna s’apprend par vipassana-panna, c’est-à-dire uniquement par rupa et nama, qui sont impermanentes, souffrantes et sans entité.

(Seule une théorie correcte conduira à une pratique correcte, et seule une pratique correcte conduira à la révélation de la sagesse, c’est-à-dire à vipassana).

Vipassana-bhavana diffère de samattha-bhavana. Si le yogi ne le sait pas, il risque de mélanger les deux, et vipassana-panna ne peut plus se manifester, la fin de la souffrance non plus. Samattha-bhavana est Kusala, mais si elle conduit à l’apaisement, elle n’arrache pas au cycle des naissances perpétuelles (samsara).


Samadhi


Samadhi signifie la concentration, ou mieux : les effets de la concentration. Dans ce dernier sens, certains maîtres préfèrent une définition plus large - " le recueillement ", par exemple. Samadhi est utile en vipassana, mais seulement à l’occasion d’une concentration passagère.

Il y a trois types fondamentaux de concentration :

1) Khanika-samadhi - Une concentration passagère.

2) Upacara-samadhi -Une concentration élevée, proche du niveau d’appana-samadhi.

3) Appana-samadhi -Une concentration qui permet de s’arrêter très longtemps sur le même objet.

Comme il est dit ci-dessus, seule khanika-samadhi (la concentration passagère) est nécessaire à la pratique vipassana.

Khanika-samadhi

La raison pour laquelle nous devons nous servir de khanika-samadhi, pour la pratique vipassana, c’est que khanika-samadhi réside à demeure dans les six sens. Quand on change d’objet -de sitting-rupa à nama-hearing, par exemple, c’est-à-dire d’un sens mental au sens de l’ouïe - khanika samadhi s’adapte au changement. Khanika samadhi est l’outil indispensable qui permet à vipassana panna de travailler. C’est ce changement d’objet qui permet au yogi de voir surgir et se dérober les citta (les états mentaux).

Quand on voit l’impermanance des citta, on comprend la signification de cette impermanence : c’est la preuve que ces citta échappent à notre contrôle, et qu’elles sont, par conséquent, dukkha et anatta. Upacara-samadhi est seulement une attention lucide, mais ne peut pas servir à voir le mouvement ondulatoire des citta, et leur va et vient incessant. Quand l’impermanence est réalisée grâce aux citta, c’est avec la sagesse, pas avec samadhi.

La Voie du Milieu

La voie du milieu détruit ou élimine l’attachement ou l’aversion, ce qui est important dans cette pratique. Si vous avez sati et sampajanna dans le moment présent, alors l’attachement ou l’aversion (abhijjha oui domanassa) ne peut plus se produire.

C’est pourquoi nous devons :

1) Chaque fois qu’elle se manifeste, guérir la souffrance en changeant de position, puisque c’est la souffrance qui force rupa à changer. On doit avoir à ce moment-là un bon yoniso pour faire obstacle à l’emprise des sens. Si on a un bon yoniso pour faire obstacle à l’emprise des sens. Si on a un bon yoniso quand on change de position, en même temps qu’un bon sikkhati, alors on peut remarquer la présence de kilesa. Par exemple, si nous sommes assis et que la souffrance commence à se faire sentir, nous n’aimons pas cette position (sentiment d’aversion), et désirons l’échanger pour une autre. Nous ne devrions pourtant changer de position que si la souffrance nous y force.

Nous ne devons pas nous " asseoir sur la douleur " (nous obliger à la supporter plus longtemps qu’il n’est nécessaire), parce que cette attitude est créatrice de kilesa, cette fausse vue qui nous fait croire que nous pouvons contrôler la douleur. (En réalité, nama et rupa échappent à notre contrôle : elles sont anatta). Il arrive aussi que certains yogis, dans l’espoir de voir dukkha, restent assis trop longtemps et " s’assoient sur la douleur ". Mais cette dukkha n’est pas vraie, elle est artificielle. D’autres yogis restent assis le plus longtemps possible pour avoir davantage de samadhi, et croient qu’ainsi panna se manifestera; mais cela ne crée rien d’autre que kilesa. Souvenez-vous toujours que vipassana, c’est l’entraînement de l’esprit, pas celui du corps. Si l’esprit va mal, le corps ira de même. Si l’esprit, par exemple, croit que s’asseoir dans la position du lotus l’aidera à voir sabhava, l’esprit obligera le corps à se mettre dans la position du lotus -ce qui est étranger à la pratique vipassana.

2) Ne rechercher la paix ou le bonheur dans aucune position. Ne pas croire qu’une position est meilleure qu’une autre, car chaque position est in substantielle - elle est anicca, dukkha, anatta.

3) Ne pas chercher le calme (samadhi) dans la méditation. Le calme peut nous faire croire que nous y sommes pour quelque chose, que nous le contrôlons, et qu’il dépend de nous de connaître la paix et le bonheur. Mais il n’y a pas de bonheur, seulement la liberté de souffrir. Et cela, il n’y a que la souffrance pour nous en persuader. Dukkha-sacca (la vérité de la souffrance) est une évidence de l’enseignement du Bouddhisme, mais il n’existe pas de " sukha-sacca ", ou de Noble Vérité du bonheur -parce que sukha étant impermanente, elle devient dukkha.

4) Ne jamais pratiquer en se fixant un but, comme la vision ou l’illumination, mais se contenter de pratiquer conformément aux principes corrects de satipatthana. Celui qui veut atteindre nibbana ou devenir un arahant doit commencer par éteindre en lui ce désir; s’il ne le fait pas, nibbana ne sera jamais atteinte.

5) Ne jamais pratiquer avec l’idée de devenir un jour professeur. Cette idée exprime un désir et empêche la sagesse de se manifester. Le seul but de la pratique est de mettre fin à la souffrance.

Vipassana ( ou voir les choses par la Sagesse)

Pour chaque être humain, on peut distinguer deux parties :

la partie physique

la partie psychique (le mental).

Pour la partie mentale, il y a :

la conscience

l’inconscience.

On devient un être éveillé si la conscience occupe toute la partie de l’inconscience.

Vipassana permet de développer " la sagesse ", en faisant remonter à la conscience, la partie de l’inconscience.

Notre organisme a besoin de nourriture pour vivre, le mental a aussi besoin de " Sankhara " (formations mentales) pour se nourrir.

Comme l’organisme peut encore continuer à vivre si on ne magne pas pendant un certain nombre de mois (car dans ce cas il se nourrit des matières grasses en réserve), le mental qui se nourrit de sankhara, peut aller chercher les sankharas stockés dans l’inconscience si on ne produit pas de nouveaux sankharas.

Ce qui revient à dire que si on ne produit pas de nouveaux sankhara, les sankharas stockés dans l’inconscience vont diminuer.

Le but de vipassana est de détruire les sankharas existants en ne produisant pas de nouveaux sankharas.

Les sankharas sont les fruits de l’aversion et de l’avidité.

Ne pas produire de sankhara revient à ne pas avoir d’Aversion ou d’Avidité.

Quand on n’a plus de sankhara, on devient un illuminé, un Arahat.

Dans notre corps, la partie physique et la partie mentale ne sont pas indépendantes. Le contenu du mental se manifeste à travers la physique par des sensations.

Par exemple quand on a le trac, on constate que le corps tremble : le trac est le contenu de l’esprit et le tremblement du corps est la sensation de celui-ci.

En résumé, le contenu de l’esprit se manifeste par les sensations sur le corps.

Toute la technique repose sur l’observation de ces sensations.
#1182 View swann's ProfileView All Posts by swannU2U Member
Go top 28/08/2003 @ 10:59 Go bottom
RE : Samadhi Vipassana Reply With Quote
Offline kenory
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Registered 06/05/2003
Location st witz-france
:3:
Ouf, un peu difficile pour la digestion du petit déjeuner, qui doit être copieux, comme les nutritionnistes nous le rabachent.
Nous sommes en pleine théorie théologicienne! Pour moi, tu es allé un peu vite et je n'ai pas capté la moitié (que dis-je, pas même le quart!) du discours.
Il me semblait que l'on était parti de la constatation que le bouddhisme était une philosophie, donc des principes de vie qui nous imprègnent dans toutes les manifestations culturelles ou quotidiennes, dans nos échanges avec nos proches, humain, animal, végétal ou même l'"inanimé" qui nous entoure.
Bref plutôt un niveau de conscience morale et existentielle qu'une doctrine.
En tout cas, pour moi qui participe du commun des mortels, cette idée me suffit (pour l'instant).
J'entends pourtant qu'il a bien fallu ces écrits pour transmettre au fil des siècles les préceptes de Bouddha qui ont petit à petit investi les rites, les codes de notre société khmère et qui lui ont donné son sens.
Vaste débat!
#1207 View kenory's ProfileView All Posts by kenoryU2U Member
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