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Author Les Miguet, l'adoption au coeur, à la vie, à la mort   ( Replies 0 | Views 1028 )
Go top 10/04/2005 @ 09:12 Go bottom
Les Miguet, l'adoption au coeur, à la vie, à la mort Reply With Quote
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MONTARGIS (Loiret), 10 avr 2005 (AFP) - "On s'est toujours battus !" Arnaud et Béatrice Miguet ont surmonté bien des épreuves pour adopter une petite Cambodgienne, Emma, après la mort d'Arthur, un premier enfant adoptif.

Et ce couple du Loiret, elle secrétaire, lui ouvrier agricole, veut encore accueillir un petit venu d'ailleurs, avant de "se poser un peu".

Lot commun de tous les adoptants, leur parcours a commencé par une demande d'agrément au conseil général: "La première fois, c'est dur. Les assistantes sociales regardent où va vivre l'enfant, posent des questions sur votre vie. Mon mari a onze ans de moins que moi. Pour elles, on n'était donc pas fait pour adopter", se souvient Béatrice, 43 ans.

Un psychologue corrigera cet avis défavorable. En 2001, après trois années d'attente, les Miguet, qui ne pouvaient pas avoir d'enfants, ramèneront un petit Letton de trois ans, Arthur, chez eux à Chevillon, près de Montargis.

Arthur était un petit blond rieur et fonceur, qui n'aimait pas l'école, mais apprenait le français très vite.

Janvier 2003. L'enfant, bientôt cinq ans, meurt d'hydrocution en tombant dans un étang gelé. "Il était avec son père en train de soigner les animaux", raconte Béatrice, pendant que l'adorable petite Emma finit sa tranche de veau et ses pommes de terre sautées.

"Après Arthur, je ne pensais plus adopter", reprend la mère meurtrie, qui a finalement suivi une amie, Josée, au Cambodge, en juin 2003. Une amie qui partait adopter.

"Comme des chiens"

A Phnom Penh, nouveau choc: "Dans les orphelinats, j'ai vu des enfants mourir par terre comme des chiens. Je me suis dit qu'il fallait que je me batte pour eux".

Et plus particulièrement pour Emma (Sokvy de son prénom de naissance): "C'était la plus grande, la plus sale et la plus moche", raconte-t-elle. "Mais je savais que c'était la petite soeur d'Arthur".

Après les tests médicaux de la petite (HIV, hépatite et tuberculose), les Miguet, le 25 juillet 2003, reçoivent du Cambodge l'autorisation d'adopter Emma, qui a aujourd'hui 5 ans.

Mais le 31 juillet 2003, la France suspend toute adoption d'enfants cambodgiens, pour lutter contre les dérives.

Désemparés, les Miguet font le siège de la Mission de l'adoption internationale (MAI) à Paris: "On leur disait qu'on ne faisait pas de trafic d'enfant. Emma pesait dix kilos. En octobre, elle a fait des hémorragies. Il fallait absolument qu'on aille la chercher".

Réponse de la MAI: "Dirigez-vous vers d'autres pays. La MAI nous a donné d'autres adresses, en Inde, au Népal. Mais la petite nous appelait papa et maman, on ne pouvait pas la laisser", raconte Béatrice.

Les Miguet feront trois fois le voyage au Cambodge, à leurs frais, malgré leur 2.000 euros de revenus mensuels.

Dans leur malheur, ils ont la chance de ne pas être seuls, douze dossiers d'enfants cambodgiens en instance d'adoption ayant subi la date-couperet du 31 juillet 2003.

Un adoptant du Gard ira jusqu'à faire une grève de la faim en novembre. En décembre, le Premier ministre promet d'agir au plus vite, et les dossiers sont finalement débloqués début janvier.

Quelques jours après, Emma est dans le Loiret.

Maintenant, le couple veut adopter un petit frère dans un pays de l'Est. Il lui faut un nouvel agrément. Les assistantes sociales sont attendues de pied ferme: "Je n'ai plus peur de rien", assure Béatrice.

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