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Auteur Cambodge: les apprentis de Sala Baï   ( Réponses 8 | Lectures 3879 )
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Cambodge: les apprentis de Sala Baï Reply With Quote
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Cambodge: les apprentis de Sala Baï

LE MONDE | 25.02.05 | 14h47

Cette école hôtelière à la française, installée dans la ville de Siem Reap, près des temples d'Angkor, forme des jeunes issus des milieux les plus pauvres.

Dans la cour d'une grande maison à balustrades située dans une ruelle joyeuse et chaotique de Siem Reap se tient une étonnante cérémonie. T-shirts blancs, jupes longues ou pantalons bleu marine, 90 jeunes gens entonnent l'hymne cambodgien en suivant des yeux le drapeau national que l'on hisse vers le ciel. Il est 7 heures. La ville grouille déjà de mille rumeurs, le pont situé en face de la villa royale est obstrué par des milliers de vélos, motos et cyclopousses. Mais pour ces garçons et filles, âgés de 17 à 23 ans, la journée est historique et marque leur entrée dans une nouvelle vie. Ils intègrent Sala Baï, une école hôtelière d'origine française.

Les trois quarts n'ont jamais vécu en ville et débarquent des rizières et villages alentour. Plus de la moitié sont orphelins et n'ont guère eu d'enfance, contraints de travailler très jeunes pour survivre. Quelques jeunes filles ont connu la prostitution et mesurent la chance qui leur est offerte. Tous se tiennent droits, presque au garde-à-vous, fiers d'avoir été sélectionnés. Il leur reste à être à la hauteur des espérances placées en eux et à acquérir en dix mois l'aisance et les connaissances nécessaires pour intégrer un univers jusque-là inaccessible au petit peuple des rizières. Mais ils ont au moins une certitude : au terme de cette formation, tous trouveront du travail dans l'un des hôtels de Siem Reap.

Passée en une dizaine d'années de 10 000 à 120 000 habitants, cette ville située à 300 km au nord-ouest de la capitale - Phnom Penh - connaît, grâce au tourisme, un développement exponentiel. Longtemps boudée par les voyageurs et les compagnies aériennes pour cause d'insécurité et d'instabilité politique, elle est même devenue une sorte d'eldorado. Porte ouverte sur ces merveilles archéologiques que sont les temples d'Angkor, elle constitue un accès facile au Cambodge rural et mythique. Les tour-opérateurs ne s'y trompent pas qui l'incluent dans un tour des plus beaux sites asiatiques, en négligeant d'ailleurs Phnom Penh.

En 2002, la ville avait accueilli 500 000 visiteurs, dont près de 50 000 Français. Elle en espère 1 million en 2005. De quoi affoler les enquêteurs de l'Unesco qui, depuis dix ans, supplient les autorités de maîtriser, voire de limiter, le flux de visiteurs afin de sauvegarder les sites, classés au Patrimoine de l'humanité, et si longtemps objets de trafics et de pillages. Des vols directs viennent de s'ouvrir, en plus de ceux de la Thaïlande, en provenance de Taïwan, Singapour et Kuala Lumpur. Quatre-vingts hôtels et 128 maisons d'hôtes proposent près de 5 000 chambres. On en prévoit 10 000 pour la fin de l'année. Les autorités rêvent d'une autoroute reliant la ville à la Thaïlande, de nouvelles dessertes aériennes et d'une cité hôtelière et balnéaire permettant de longs séjours. Bref, dans ce Cambodge encore misérable, convalescent du génocide khmer rouge qui, entre 1975 et 1979, a tué près de 2 millions d'habitants et détruit le pays, Siem Reap s'emballe. D'où le succès de l'école de Sala Baï...

Face aux étudiants se tient un Cambodgien à cravate et lunettes, l'air sévère d'un père de famille nombreuse : Meas Sambath, le directeur de l'établissement. Autour de lui, une poignée de professeurs et de travailleurs sociaux khmers ; un garçon jovial, revêtu d'un tablier blanc : Joannès Rivière, le chef de cuisine ; et une jeune Française fluette et énergique, Sandrine Martel, la patronne de Sala Baï, son âme aussi. Et puis, sur le côté, un homme trapu à crinière blanche que reconnaîtraient sans doute des milliers de voyageurs dotés d'un Guide du Routard : Philippe Gloaguen, bourlingueur patenté et fondateur de la fameuse collection. En tant que parrain de la promotion, il lui appartient d'accueillir les nouveaux élèves.

Ceux-ci se dispersent bientôt dans les divers ateliers. Un petit groupe s'installe sur la terrasse du haut pour suivre un cours d'anglais. Un autre rejoint la cuisine et découvre, avec Joannès Rivière, le fonctionnement d'un four et l'usage du congélateur et du réfrigérateur. En bas, de jeunes serveurs apprennent à plier les serviettes, à dresser une table.

Sandrine Martel, 31 ans, a vécu l'aventure du lancement de cette école ouverte aux plus pauvres. Diplômée de gestion de l'université de Paris-Dauhine, elle a quitté un emploi de directrice financière parce qu'elle voulait faire "quelque chose d'intéressant" à l'étranger en tant que bénévole. Ses pas l'ont alors conduite vers l'organisation non gouvernementale (ONG) Agir pour le Cambodge, qui avait déjà une longue histoire dans ce pays. Créée en 1984 afin d'apporter une aide d'urgence dans les camps de réfugiés massés à la frontière thaïe, cette ONG assurait la gestion d'un orphelinat accueillant, près de Phnom Penh, une centaine d'enfants, ainsi qu'un programme de développement rural dans les provinces miséreuses du Nord-Ouest, les plus cruellement affectées par la présence tardive des Khmers rouges.

Agir pour le Cambodge a ensuite décidé de s'attaquer au problème de l'emploi des jeunes. Un problème central dans ce pays de 12,5 millions d'habitants dont 45 % de la population a moins de 14 ans. Toujours délaissées, parfois vendues par leurs propres parents et contraintes à la prostitution, bien des jeunes filles éprouvent les pires difficultés à trouver du travail. L'ONG française a donc eu l'idée d'organiser des formations professionnelles et de prospecter les secteurs d'avenir, à commencer par l'hôtellerie.

Sandrine Martel, dotée cette fois d'un statut de "volontaire du progrès" conféré par le ministère des affaires étrangères - indemnités et mission de deux ans - a pris le dossier à bras-le-corps. De son côté, l'administration parisienne d'Agir a réussi à lever d'autres fonds, y compris des fonds publics provenant du Quai d'Orsay (300 000 euros sur trois ans, soit près de la moitié du budget de l'école) et à obtenir le concours des Orphelins d'Auteuil et du lycée hôtelier Daniel-Brottier de Nantes. En octobre 2002, Sala Baï a pu ouvrir ses portes à une première promotion d'étudiants.

Mais après quel écrémage ! Prospection de diverses ONG touchant des coins isolés, informations auprès des chefs de villages, annonces à la radio... La première année, 1 500 jeunes gens sont ainsi venus, parfois après de nombreuses heures de vélo sous une température de 40 oC, chercher le dossier de candidature et puis le rapporter, deux semaines plus tard. Alors démarrait le processus de sélection.

Age minimum : 17 ans. Niveau scolaire requis correspondant à la sixième. Examen écrit pour s'assurer d'une parfaite maîtrise de la langue khmère. Entretien de motivation. Et surtout, visite à la famille pour contrôler la situation économique et sociale du candidat. C'est le test le plus important. Car l'école est destinée aux plus défavorisés ; à ceux qui, sans aide, se destineraient à une vie de misère, sur un chantier, dans un bordel, dans une rizière. Les travailleurs sociaux sillonnent donc la campagne pour trouver les familles.

Sandrine se joint régulièrement à eux, saisie à la fois par l'extrême pauvreté et les stratagèmes parfois mis en place pour amadouer les recruteurs. "Il arrive qu'on nous reçoive dans des paillotes pouilleuses, sans portes ni fenêtres, qui s'avèrent n'être qu'un décor pour mieux nous convaincre de la misère de la famille. Il arrive qu'un père se déclare fermier, et qu'une petite enquête le révèle menuisier, donc probablement plus à l'aise. On vérifie tout ce qui est indiqué sur le dossier, la longueur du terrain, la nature des arbres, la propriété de la maison, l'ensemble des revenus de la famille. Quand le village voit arriver la moto de Sala Baï, c'est la mobilisation et l'émotion générales. Toutes les familles affluent avec espoir. On s'assoit, on nous offre une noix de coco avec une paille pendant que les enfants courent chercher leur père à la rizière, ou leur mère au marché..."

Cela peut prendre des heures de trouver une maison à l'adresse incertaine. "Je me souviens d'une jeune fille qui, alors que la moto s'arrêtait, hésitait, repartait, essayait en vain de nous rattraper à vélo. On ne l'a repérée qu'au bout d'un moment, haletante et rouge d'essoufflement. Elle était épouvantée à l'idée qu'on puisse repartir sans avoir trouvé sa maison."

Les garçons forment environ 30 % des effectifs de l'école. Voici par exemple Loor, un jeune homme de 20 ans au regard vif, rencontré dans la classe des apprentis réceptionnistes. Selon le directeur, sa famille vit dans une cabane de bambous ; son père et sa mère travaillent à la rizière et peinent à élever, avec une trentaine de dollars par mois (26 euros), leurs sept enfants.

Quand Loor a entendu l'annonce de Sala Baï à la radio... "Vous ne pouvez pas savoir comme j'ai rêvé, dit-il. On était sept du village à se présenter et je suis le seul élu ! Quand je travaillerai dans un grand hôtel et que je gagnerai au moins 50 dollars par mois, j'aiderai mes parents. Mon plus grand rêve ? J'ose à peine vous le dire, car c'est énorme. Ce serait d'être réceptionniste dans l'hôtel où descendrait David Trezeguet, mon joueur de foot préféré !"

Le splendide hôtel Victoria (240 employés) a embauché dix élèves de Sala Baï et a bien l'intention de recourir à nouveau à cette filière de recrutement. "Le développement de Siem Reap m'apparaît sans limite prévisible et nous avons un besoin énorme de personnel", affirme Mida Ea, son directeur des ressources humaines. Le salaire ? 65 dollars mensuels, plus 20 dollars de bonus. Un petit pactole pour les élèves dont les familles, comme 36 % des Cambodgiens, vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

La cuisine de l'école est une ruche. Pas le moment de distraire le jeune chef, Joannès Rivière, lequel, guidant un jour son célèbre confrère Pierre Gagnaire au marché local, a littéralement bluffé le célèbre chef français venu visiter l'école. Il faut le voir circuler à l'aube dans les dédales des stands, examiner le poisson, choisir les épices, se régaler de la diversité des herbes et légumes : basilic sacré, galanga, tiges de nénuphar, haricots-dragons, tiges d'ail, pousses de bambou fraîches, polygonum, panicauts... Il peaufine, dit-on, un livre de recettes khmères. Pour le moment, ses élèves écarquillent les yeux devant sa dextérité. Le menu de midi annonce : patates douces braisées à l'estragon et au jambon cru (local) ; amok de poulet aux crevettes ; crème brûlée au pandan et au riz gluant. Les élèves n'imaginent pas encore qu'on peut utiliser un chalumeau en cuisine.

Et le routard Philippe Gloaguen dans tout ça ? Il n'est pas que de passage. Depuis huit ans, il défend, aide et administre Agir pour le Cambodge, décidé à s'impliquer autrement que par les prises de position humanitaires dans les pages de ses guides. "A 53 ans, j'ai besoin d'autre chose que de vérifier les piles de bouquins dans les librairies !, sourit-il. Et il y a peu de chose dont je sois aussi fier que de cette école."

Un scooter vient de se garer dans la cour. Harnachés sur la selle, une brassée de baguettes de pain et plusieurs régimes de bananes. Des élèves accourent. Il n'y a pas de temps à perdre. La table de Sala Baï est ouverte au public à midi. Le service sera peut-être un peu hésitant, mais pour 5 dollars, le repas sera une belle surprise.

Annick Cojean

• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 26.02.05

© Le Monde 2004

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Ecole de Sala Baï : en route pour la réussite.


A Siem Reap, au Cambodge, Sala Baï est une école hôtelière qui ouvre ses portes à des jeunes gens méritants, mais issus de familles vivant avec moins de 25 $ par mois. Pour eux, l’éducation est un luxe et, quand on leur offre une chance de se former, ils deviennent des étudiants brillants et ultra motivés.

L’autre originalité de Sala Baï est de s’adresser en priorité aux jeunes filles, car la formation est le meilleur moyen de lutter non seulement contre la pauvreté, mais aussi contre la prostitution et le trafic d’êtres humains qui les guettent.

Depuis 2007, la Fondation ELLE accorde des bourses aux adolescentes de Sala Baï pour qu’elles suivent les cours de service des chambres, cuisine, service en salle ou réception.


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Moins d’un mois après la fin de la formation, tous les élèves trouvent du travail dans les hôtels prestigieux de la région, ce qui atteste la qualité des enseignements et des élèves de Sala Baï.

Cette année, Sala Baï souhaite proposer une nouvelle formation aux métiers du spa et passer de 100 à 130 élèves.

Agir pour le Cambodge, l’association française qui a fondé Sala Baï, est toujours à la recherche de nouveaux parrains, CONTACTEZ LES !


http://www.agirpourlecambodge.org/fr/






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Vicheya a écrit




[color=#0033ff]Ecole de Sala Baï : en route pour la réussite.

http://www.agirpourlecambodge.org/fr/




Cà c'est un super beau-livre ( et une idée de très beau cadeau à offrir)

et alors à l'intérieur ..
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Combien et où ???
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Je l'ai acheté à la FNAC il y a longtemps

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La maison d'édition est Philippe PICQUIER , spécialiste des livres sur l'Asie

http://www.editions-picquier.fr/catalogue/fiche.donut?id=399&cid=

mais on le trouve à la FNAC aussi.. et ailleurs (voir Google SVP)

Le livre a été publié en 2005 : selon les maisons d'édition et les stocks, entre 15 et 20 euros :
à voir au coup par coup

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Merci de la précision de l'éditeur après recherche Google , il est à la FNAC B2 au prix de 21€. tarif éditeur.
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gabriel a écrit


Merci de la précision de l'éditeur après recherche Google , il est à la FNAC B2 au prix de 21€. tarif éditeur.



Pourquoi ne pas acheter directement sur le site de cette association : agir pour le Cambodge :

http://www.agirpourlecambodge.org/fr/nos-publications/nos-ouvrages

13,50 € mais en petit format.


"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
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Effectivement pourquoi pas.
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