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Author Campagne électoale ( ds le combodge soir)   ( Replies 0 | Views 716 )
Go top 18/07/2003 @ 10:48 Go bottom
Campagne électoale ( ds le combodge soir) Reply With Quote
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CAMPAGNE ÉLECTORALE
La communauté vietnamienne en otage
Thème récurrent chez de nombreux leaders d'opposition, la question de l'immigration illégale vietnamienne est plus que jamais au coeur de la campagne des législatives. Déjà en 1998, à la suite d'une rumeur concernant du vin empoisonné, plusieurs Vietnamiens avaient été victimes de lynchage à Phnom Penh. Cette année, la communauté vietnamienne est devenue un enjeu de campagne à part entière, offrant un angle d'attaque de choix contre la politique gouvernementale.
Particulièrement virulent depuis l'ouverture des hostilités électorales, le prince Norodom Ranariddh, président du Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif (FUNCINPEC), a répété à plusieurs reprises qu'il envisageait, une fois réélu, la création d'un ministère de l'Immigration afin de lutter contre les clandestins. "Je ne suis pas raciste, s'est expliqué le prince lors d'une rencontre avec ses militants, à Phnom Penh. Je défends simplement la race cambodgienne." Et, du Parti Sam Rainsy (PSR) au Parti Chakrapong de l'Ame khmère [celui du demi-frère du prince Ranariddh, Norodom Chakrapong] en passant par le Front des Khmers (présidente adjointe : Sun Sokun Mealea), tous stigmatisent le manque de volonté politique de Hun Sen [Premier ministre], Sun Sokun Mealea allant jusqu'à annoncer qu'elle n'hésiterait pas, si elle était élue, à renvoyer "immédiatement chez eux tous les immigrants vietnamiens".
"Mais, moi, je me considère comme un Khmer", s'insurge Siem Chy, cet ouvrier du bâtiment établi au Cambodge depuis dix ans, quand on l'interroge sur le sentiment antivietnamien véhiculé par la classe politique. "J'ai la carte d'identité et la carte électorale, déclare-t-il, espérant ainsi couper court aux amalgames. Je ne suis pas d'accord avec ceux qui veulent nous renvoyer au Vietnam. Personne ne pense à notre situation : nous n'occupons pas de bons emplois comme les Chinois ou les Taïwanais. La plupart d'entre nous sont ouvriers, coiffeurs, motodops [moto-taxis] ou petits commerçants." Toeung Min Tam (alias Bou Chhin), 41 ans, ouvrier du bâtiment et motodop au Cambodge depuis 1985, s'exclame d'emblée que, "si le gouvernement [l']y force", il sera bien contraint de rentrer chez lui. "Mais il faut avoir pitié de moi, je me considère comme vous [les Cambodgiens], se défend-il. Je vis paisiblement. Même si quelques Cambodgiens ne m'aiment pas, je ne les ai jamais dérangés et les ai toujours respectés." Un autre ouvrier du bâtiment, assurant dans un khmer hésitant être établi dans le royaume depuis 1979, affirme de son côté qu'il fait peu de cas de ces déclarations politiques.
Porte-parole d'une communauté souvent accusée d'occuper les emplois - même peu qualifiés - des Cambodgiens, Sum Chi, président de l'Association vietnamienne au Cambodge (AVC), s'inquiète des conséquences de cette récupération politique. "Les Vietnamiens ont peur que la situation ne dégénère", témoigne-t-il, avant de rappeler que, outre les cinq victimes de 1998, plus d'une quarantaine de Vietnamiens sont morts à la suite des élections de 1993. "Après chacun de ces incidents, de nombreuses familles ont vendu leur logement pour migrer dans le pays ou à la frontière vietnamienne. Quand la situation s'est apaisée, ils sont revenus, mais les mains vides." Pourtant, assure-t-il, la majorité de ces Vietnamiens ont la nationalité cambodgienne et sont présents dans le royaume depuis de nombreuses années. Et de citer le cas de sa propre famille, présente au Cambodge depuis trois générations.
La confusion la plus totale semblant régner entre présence vietnamienne sur le sol cambodgien et lutte contre l'immigration clandestine, certains craignent par-dessus tout d'être victimes des amalgames. Ainsi de cette mère de trois enfants, installée au Cambodge depuis les années 80 et qui préfère s'exprimer sous couvert de l'anonymat. "Il faut permettre aux Vietnamiens d'avoir les mêmes conditions de vie que les Cambodgiens, car nous sommes ici depuis longtemps", s'exclame-t-elle, avant de tenter timidement d'éclairer le débat : "Il ne faut pas confondre ceux qui sont ici depuis longtemps et ceux qui viennent d'arriver." :quoi:
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