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Author La "French Touch" de Phnom Penh   ( Replies 0 | Views 732 )
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La "French Touch" de Phnom Penh Reply With Quote
Offline swann
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La "French Touch" de Phnom Penh
Cinquante ans après l'indépendance de l'Indochine, que reste-t-il de la France à Phnom Penh, capitale du Cambodge ? Voyage au coeur d'une ville qui respire toujours le passé colonial(14/10/2004)



Le 11 août 1863, Norodom signait un traité de protectorat avec l'amiral Doudart de Lagrée, plaçant le Cam-
bodge, son peuple et son roi sous la protection militaire et diplomatique de la France. En 1953, le pays obtenait l'indépendance et, aujourd'hui, ses habitants ont repris leurs quartiers. Mais la France est encore bien présente et le français demeure la première langue étrangère officielle. L'architecture, la culture, les Français qui y vivent, les innombrables vendeurs de baguettes... autant de facettes de la "french touch" à Phnom Penh.
La ville
Les Français ont laissé derrière eux un important patrimoine architectural que la municipalité restaure progressivement. Phnom Penh regorge de charme : ses promenades-jardins aux perspectives dégagées, ses maisons coloniales jaunes flanquées de colonnes blanches et ses anciens bâtiments administratifs à l'enseigne française (commissariat, service des cartes d'identité, maternité...) servant aujourd'hui à l'administration cambodgienne. A commencer par la poste (1870), bâtiment colonial le plus ancien et le plus emblématique, la Banque d'Indochine devenue la Banque Nationale du Cambodge, le ministère des Douanes devenu cambodgien.
La capitale a conservé plusieurs joyaux de l'architecture des années trente : l'hôtel Royal Phnom Penh, construit par Ernest Hébrard en 1929, la gare édifiée en 1937 et le marché central en 1939, coeur de l'agitation quotidienne de la ville. Fusion exemplaire d'architecture française et khmère : le Musée national, fondé en 1917 par Albert Sarraut, d'après des dessins de Georges Groslier et de l'Ecole des arts cambodgiens (administrée jusqu'en 1966 par l'Ecole française d'Extrême-Orient) et le Palais-Royal.
La culture française
Le Centre culturel français a été créé en 1990. Borin, Cambodgien francophone et la trentaine à peine franchie, affiche un zèle et une passion pour la France qui en font un remarquable responsable de l'animation culturelle. "Depuis huit ans que je travaille ici, j'ai fait venir plein d'artistes d'horizons très divers. Avec notre nouveau directeur, Guy Issanjou, on va développer encore plus les échanges franco-cambodgiens." Le centre a une vocation triple : l'enseignement du français (plus de 3 000 élèves sont partagés en trois niveaux), la médiathèque (livres, revues, vidéos... un catalogue de plus de 20 000 références ouvert à tous les étudiants francophones de la ville !) et une programmation culturelle à faire pâlir d'envie ! Des films presque tous les jours (Depardieu est venu faire la promotion de Cyrano de Bergerac), des concerts (Patricia Kaas, Julien Clerc, Zazie...), des pièces de théâtre, des ateliers, des conférences... "Nous voulons donner au public français et cambodgien francophone, tant la culture française que khmer. Notre politique est basée sur l'échange. D'où la venue régulière d'artistes français, designers, acteurs, peintres... qui viennent animer des ateliers, comme en septembre dernier, les étudiants de l'Ecole des beaux-arts de Paris."
La langue française
"Je suis très fière de parler le français. Mes parents ne le parlent pas mais j'ai voulu l'apprendre car j'ai beaucoup d'estime pour la France" avoue Sarean, 25 ans. Depuis peu, elle travaille à la librairie française de Phnom Penh, la Mekong Librus. Spécialisée sur l'Asie et possédant tous les chefs-d'oeuvre de la littérature française, elle est tenue par Franck Dulac. "Le français jouit au Cambodge d'un fort capital de sympathie", souligne-t-il. En sont la preuve les institutions gouvernementales où tous les documents sont publiés en khmer et en français. Les universités de médecine, de droit, d'économie, de commerce où les cours sont en français. Le département d'études francophones de l'université royale est de plus en plus convoité et le lycée français abrite plus de 1 500 élèves. La famille royale et le prince Sihanouk vénèrent la langue française, comme beaucoup d'intellectuels du pays qui ont fait leurs études à Paris. Bref, parler français est de bon ton ! Même dans les restaurants, où la plupart des menus sont écrits en khmer et en français.
Le Cambodge Soir :
le quotidien écrit en français
"Je suis arrivé ici en 1995, pour faire un stage au mensuel francophone Le Mekong. Cette même année, l'Agence de la francophonie a désiré fournir à tous les étudiants francophones du Cambodge un quotidien écrit en français. Ainsi est né Le Cambodge Soir.", raconte François Gerles, rédacteur en chef adjoint. Avec une équipe de quatorze journalistes, dont la moitié de Cambodgiens francophones, le quotidien tire à 3 000 exemplaires.
Le "paing"
Eh oui ! Qui dit France dit pain et les Phnompenhois ne l'ont pas oublié. Ni retiré de leur vocabulaire puisque "paing" est la traduction phonétique de "pain". Dès l'aube, les vendeurs ambulants et les cafés disposent leurs petits pains chauds en pyramides. D'autres les chargent dans de grandes vannes en osier qu'ils transportent à mobylette. Pas un seul café n'en manque ! Jambon-fromage ou tartines beurre-confiture, les Khmers ont adopté le ptit déj' à la française et se régalent de sandwichs tout au long de la journée. "J'ai toujours mangé du pain chaud et croustillant le matin", s'exclame Chung, trempant ses tartines dans son thé avant d'aller à la fac. Nul besoin de chercher une boulangerie spécifiquement française - il n'en existe d'ailleurs pas : toutes les boulangeries font leurs baguettes et leurs pains au lait.
"Mon théâtre a dix ans"
Delphine a 33 ans. Originaire de Savoie, elle s'est installée au Cambodge à 21 ans. "Je venais du cirque et j'ai des donné des cours de diabolo dans une école de Phnom Penh. J'y ai rencontré des danseurs et des musiciens de l'Ecole des beaux arts qui ne donnaient jamais de spectacle car il n'y avait pas de scène ni de théâtre. C'est alors que j'ai décidé d'en construire un." Une estrade de bois, une charpente qui sert de cintres, un grand rideau rouge, des bancs de rotin aménagés pour les représentations, des ateliers de fabrication de marionnettes... Voici le théâtre Sovanna Phum dont le directeur artistique Kossal a fait renaître un genre oublié : le théâtre d'ombres (à l'affiche en octobre, à la Cité de la musique). Résultat : tous les vendredis et samedis soir, le théâtre alterne musique, danse ou théâtre d'ombres. Et affiche complet ! Une belle aventure démarrée il y a dix ans.
Texte et photos Pauline Garaude

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