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Auteur [Lemonde.fr] Madame Khmer rouge, psy à Dijon   ( Réponses 2 | Lectures 740 )
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http://www.lemonde.fr/festival/article/2016/08/13/madame-khmer-rouge_4982328_4415198.html
- ce début d'un article réservé aux abonnés , et consacré à Laurence PICQ
(CF ce précédent fil de discussion sur K-N la concernant
http://www.khmer-network.com/forum/viewthread.ph...mp;highlight=laurence%20PICQ&page=1#pid45121
)

Madame Khmer rouge, psy à Dijon
LE MONDE | 13.08.2016 à 10h47 • Mis à jour le 14.08.2016 à 18h55 |
Par Florence Aubenas

Le juge d’instruction Marcel Lemonde s’en léchait les babines d’avance.
Nommé par les Nations unies (ONU) pour enquêter sur les crimes contre l’humanité des Khmers rouges, il s’apprête à entendre un témoin « d’un intérêt exceptionnel ».
Laurence Picq, institutrice française, est l’unique Occidentale à avoir vécu dans le premier cercle du pouvoir khmer, depuis la victoire de Pol Pot en 1975 jusqu’à la débâcle en 1979.
Les autres étrangers dans le même cas ont été expulsés ou exécutés.

Le juge Lemonde ne peut s’empêcher d’imaginer celle qui voisinait avec les bourreaux, en pleine saison des massacres, 1,7 million de morts en trois ans.
Il voit une sorte de pasionaria, « une militante très engagée », genre « maoïste de la première heure, poussant à l’extrême la logique soixante-huitarde », raconte-t-il dans son livre Un juge face aux Khmers rouges (Seuil, 2013).
Là-bas, Laurence Picq vivait et travaillait au ministère des affaires étrangères.
Et la voilà qui entre dans le cabinet d’instruction, en octobre 2008. Hélas.
Trois jours durant, cette dame « menue et effarouchée » s’entête à répéter « n’avoir jamais été intéressée par la politique et encore moins par le communisme », poursuit le juge Lemonde.
Il a d’abord la tentation de demander à Laurence Picq si elle croit vraiment lui « faire accepter une telle fable ».
N’est-ce pas celle déjà tant de fois entendue, au tribunal de Nuremberg ou à celui du Rwanda, ces éternels « je-ne-savais-pas » et « je-n’ai-rien-vu » ?
« Je ne...

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ps de rdb : j'ai l'article entier " version papier" :
"le tout assez décevant" (article et personnages concernés)
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Convaincue d' » être du bon côté « , Laurence Picq: Madame Khmer rouge
14 août 2016 jscheffer81Laisser un commentaire
Madame Khmer rouge

Face aux ténèbres 6|6-Série le monde 14 Août

Convaincue d' » être du bon côté « , Laurence Picq a vécu parmi les fidèles de Pol Pot de 1975 à 1979, sans, dit-elle, avoir été témoin des crimes commis. Aujourd’hui, entre deux cauchemars, elle cherche » la vérité «

Le juge d’instruction Marcel Lemonde s’en léchait les babines d’avance. Nommé par l’ONU pour enquêter sur les crimes contre l’humanité des Khmers rouges, il s’apprête à entendre un témoin » d’un intérêt exceptionnel « . Laurence Picq, institutrice française, est l’unique Occidentale à avoir vécu dans le premier cercle du pouvoir khmer, depuis la victoire de Pol Pot en 1975 jusqu’à la débâcle en 1979. Les autres étrangers dans le même cas ont été expulsés ou exécutés. Le juge Lemonde ne peut s’empêcher d’imaginer celle qui voisinait avec les bourreaux, en pleine saison des massacres, 1,7 million de morts en trois ans. Il voit une sorte de pasionaria, » une militante très engagée « , genre » maoïste de la première heure, poussant à l’extrême la logique soixante-huitarde « , raconte-t-il dans son livre Un juge face aux Khmers rouges (Seuil, 2013). Là-bas, Laurence Picq vivait et travaillait au ministère des affaires étrangères.

Et la voilà qui entre dans le cabinet d’instruction, en octobre 2008. Trois jours durant, cette dame » menue et effarouchée « répète » n’avoir jamais été intéressée par la politique et encore moins par le communisme « , poursuit le juge Lemonde. Il a d’abord la tentation de demander à Laurence Picq si elle croit vraiment lui » faire accepter une telle fable « . N’est-ce pas celle déjà tant de fois entendue, au tribunal de Nuremberg ou à celui du Rwanda, ces éternels » je-ne-savais-pas » et » je-n’ai-rien-vu » ?

Laurence Picq, 69 ans, habite aujourd’hui une maison de poupée sur les coteaux de Dijon. Rien chez elle ne parle du Cambodge. Il y a trente-six ans, son retour en France ressemblait à une évasion, en sandalettes et chemise noire, la tenue révolutionnaire des Khmers. Profitant d’un transit, elle grimpe avec ses filles dans un train à Genève, en cachette de son mari, diplomate resté fidèle à Pol Pot après la défaite. En France, elle ne reconnaît rien, ni les rues ni les musiques, pas même cette délicieuse jeune femme qui se jette dans ses bras. C’est sa sœur. Les petites Picq, elles, ont 8 et 10 ans. Elles n’ont jamais été à l’école et parlent seulement khmer. On lui pose peu de questions sur ce qu’elle a vécu là-bas. Tant mieux. Son épopée lui semble plus honteuse qu’héroïque. » Je rentrais la queue basse, sans rien. Les gens me voyaient comme une farfelue. «

» Je ne savais plus ce que j’avais vu «

A bien y réfléchir, elle ne saurait que dire. Ses années au Cambodge lui apparaissent alors brouillées et floues, comme à travers une vitre embuée. Parfois un souvenir émerge, d’une netteté implacable. Ce petit pain chaud, par exemple, avec son odeur affolante pour qui vit dans la faim depuis des mois. Une responsable le lui avait offert en secret. Laurence Picq s’était bien gardée de le manger. Elle avait pensé, et pense toujours : » Ça pue le piège, une manière de me mettre à genoux pour quelques bouchées de pain et m’accuser ensuite de trahison. « Un homme n’a-t-il pas disparu pour avoir ramassé une noix de coco ? » Sabotage économique « . Elle revoit la photo de la crèche aussi, alignement de tout petits enfants au crâne rasé, dont ses deux filles. Sur l’image, certains visages ont été gribouillés au bic. » Ce sont les traîtres « , dit celle qui s’en occupe.

Les premiers temps, Laurence Picq se voit agir à Dijon comme elle faisait là-bas, étrangère à elle-même. Ne pas croiser les jambes en s’asseyant, signe des valeurs néfastes de la bourgeoisie et du colonialisme. Ne jamais dire » je « , manque d’humilité révolutionnaire. Parfois, un voisin l’interroge avec une curiosité brutale : » Vous les avez servis, n’est-ce pas ? Est-ce que vous avez du sang sur les mains ? « Elle n’a pas de réponse. Elle voudrait avoir du recul. N’y arrive pas. » Je ne savais plus ce que j’avais vu, qu’est-ce qui était la vérité. «

A quoi pense une institutrice de Coye-la-Forêt, dans l’Oise, quand elle rencontre un étudiant cambodgien de la Sorbonne en 1967 ? Elle a lu Pearl Buck. Elle s’ennuie. Métro-boulot-mal dans sa peau. Elle a 20 ans. Suong Sikœun est charmant. Elle est très amoureuse. Il a des amis, tout un groupe, » avec un idéal de justice sociale, ils croient en leur patrie « . Sa vie à lui paraît » intense « , capable de remplir sa vie à elle. Elle lâche l’enseignement pour des cours de khmer. Lui se souvient surtout qu’elle voulait qu’il l’épouse » dans les trois mois « . Il l’écrit dans ses Mémoires, Itinéraires d’un intellectuel khmer rouge (Editions du Cerf, 2013). Tous deux s’installent chambre 338, 3e palier au » Pavillon du Cambodge « , Cité universitaire à Paris. On l’appelle » l’étage rouge « , les futurs leaders du régime de Pol Pot sont formés là, boursiers dans l’ex-puissance coloniale. Sikœun rejoint son pays avant elle, pendant l’avancée des Khmers rouges en 1974.

» Laurence était naïve, lui avait surtout de l’ambition « , raconte un diplomate français qui a connu le couple. » Dans le maquis, il voulait se remarier avec une Cambodgienne, réalisant qu’une femme française le handicaperait sous ce nouveau régime, qui prônait la pureté de la race. « Ieng Sary, le beau-frère de Pol Pot, empêche le divorce. » Il visait le ministère des affaires étrangères et pensait qu’une femme occidentale donnerait à la révolution un panache internationaliste « , poursuit le diplomate.

Le 17 avril 1975, Le Monde fête à la » une » la victoire des Khmers rouges : » Phnom Penh libérée « . En trois jours, la capitale est vidée de ses habitants, deux millions de personnes envoyées dans des camps de travail à la campagne. Ils sont remplacés par des combattants, des cadres civils, des ouvriers d’usine, quelques dizaines de milliers de personnes à peine, » tous d’origine paysanne, n’ayant jamais connu l’électricité ou les sanitaires « , relève Sikœun. La monnaie, les transactions commerciales, les propriétés personnelles sont supprimées. Tout appartient désormais à Angkar (l’organisation), même les enfants. -Selon les mérites, Angkar distribuera travail, logement, permission de mariage, nourriture.

Laurence Picq est impatiente d’arriver à -Phnom Penh. On lui a prédit des privations, le pays sort de la guerre. Elle s’en moque. Elle se baignera dans le Mékong. Ses filles courront dans les rizières. » Toutes les plus belles personnes que nous connaissions faisaient le choix de partir. J’étais persuadée d’être du bon côté. «

Un cauchemar traverse les nuits de Laurence Picq, toujours le même depuis trente-six ans. Elle cherche ses filles, mais ne les trouve pas. A Dijon, pour tromper l’insomnie, elle commence à taper ses souvenirs à la machine. » Ce n’est qu’en écrivant que j’ai commencé à réaliser ce que j’avais vécu. « Parfois, encore, elle se sent » coupable « . De quoi ? Alors, à une jolie terrasse près de la cathédrale de Dijon, surgit soudain l’autre Laurence Picq. Ou plutôt » Phâl « , son identité là-bas. Au Kampuchéa démocratique, rien n’avait plus de nom, ni lieu ni homme, juste des syllabes, des lettres, des chiffres. Visage de cire, Phâl psalmodie d’une voix devenue mate : » J’ai tapé des documents. J’ai adhéré aux discours. J’applaudissais. J’ai arrêté de voir Moch, une femme qui regrettait la vie d’antan, de peur d’être accusée de complaisance et complicité. «

Elle revoit son odyssée de trois ans dans un rayon de 50 mètres. Entre 1975 et 1979, elle ne sort que deux fois de son » unité « , le B1, le ministère des affaires étrangères. Interdit sans autorisation. Dans les rues vides, seuls des soldats patrouillent, pas de voiture, plus de restaurants ou de magasins. Plus aucune odeur non plus. Dans le huis clos du B1, on se côtoie avec une promiscuité vigilante. Ne pas rester avec le groupe est louche. On peut être accusé d’ » activité non organisée « . Lever 5 heures, coucher bien après minuit, tout habillé. Travail au potager, écoute collective de la radio, réfectoire séparé hommes-femmes.

Chasse aux traîtres

Même Ri, une élégante de l’entourage du prince Sihanouk, porte la tenue noire des révolutionnaires, sans fard ni crème, et mange une soupe qu’elle n’aurait pas donnée à son chien. On se moque d’elle. » Les gens des villes se gavaient pendant que nous avions faim. « Puis Ri disparaît. » Des choses paraissaient bizarres, mais tout se passait dans des zones où on n’allait pas, se souvient Laurence Picq. Je voulais être obéissante, travailler le plus sincèrement possible. Je le sentais comme étant bien, j’avais la conscience tranquille. « Elle ne peut pas s’empêcher d’admirer une jeune femme qui part en camp de rééducation sans embrasser ses enfants comme le veut Angkar.

Les communiqués que Laurence Picq traduit au ministère célèbrent » les bonds prodigieux de la révolution « et » les récoltes historiques « . Elle n’a aucune autre information. Les contacts avec l’extérieur sont interdits. Des délégations passent, américaines, françaises ou suédoises, » trouvant tout formidable et disant qu’on a de la chance « . Elle pense : » Ils doivent avoir raison. « Quand elle demande à rentrer, Sikœun se réjouit : il a l’impression que sa femme française fragilise sa position. Accordé, mais sans ses filles. Elle reste.

En 1978, la chasse aux traîtres commence. Des familles entières disparaissent au nom de la pureté : le pays possédera la force absolue, une fois débarrassé de ses ennemis intérieurs. Les » traîtres » doivent recenser tous leurs proches par écrit. Si quelqu’un se trouve sur au moins trois de ces listes, il est arrêté à son tour. C’est le cas de Sikœun. Laurence le sauve : elle, personne ne la nomme. » On ne réfléchissait plus à rien, sauf à survivre « , dit-elle. Deux fois par semaine, au B1, chacun fait en public ses » confessions révolutionnaires profondes « . Elle est entre autres accusée de » communisme révisionniste « pour avoir animé un camp de vacances de la CGT sur l’île de Ré. C’est là qu’elle avait rencontré Sikœun.

Laurence Picq est devenue psychologue. Ça l’a aidée, dit-elle. » Est ce que j’ai été une victime ? Je ne sais pas. « Elle lance, en 2002, une procédure en réparation contre le régime de Pol Pot. Déboutée, question de délai. Lorsque le livre du juge Lemonde est sorti, Laurence Picq l’a cherché impatiemment dans les rayons de la Fnac. Elle lit le chapitre concernant son interrogatoire. Le magistrat, qui était si impatient de la voir, y écrit pour conclusion : » En écoutant Laurence Picq, je me rends compte qu’elle est probablement sincère. (…) Elle semble avoir été embarquée dans une aventure qui la dépasse. (…) Son audition fut en définitive frustrante. » Aujourd’hui, elle en rougit encore, comme un reproche de n’avoir su être ni tuée ni tueuse dans la folie des massacres, trop petite en somme pour que la grande histoire veuille d’elle.

Au Cambodge, Sikœun s’est remarié. Il vient de lui écrire une lettre enflammée dans laquelle il lui propose de redevenir la première épouse en titre. Elle accepte un rendez-vous s’il répond à une série de questions. Elle veut sa version à lui, comment il a vu les choses. » J’attends une autre vérité que la mienne. Qu’est-ce qui s’est passé là-bas ? Je n’ai jamais eu d’explication « , dit Laurence Picq. Suong Sikœun a refusé.

Florence Aubenas


Edité le 16/08/2016 @ 15:20 par f6exb

Seuls les faucons volent.
Les vrais restent au sol.
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Haut de page 16/08/2016 @ 13:48 Bas de page
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Merci beaucoup :
vous êtes doué pour récupérer les articles du monde.fr

J'avais repéré ces extraits de l'article qui- selon moi- ne donnent pas forcément une idée très positive des différents protagonistes qui y sont cités !!!



» Je ne savais plus ce que j’avais vu, qu’est-ce qui était la vérité.«

A quoi pense une institutrice de Coye-la-Forêt, dans l’Oise, quand elle rencontre un étudiant cambodgien de la Sorbonne en 1967 ?
Elle a lu Pearl Buck. Elle s’ennuie. Métro-boulot-mal dans sa peau. Elle a 20 ans. Suong Sikœun est charmant. Elle est très amoureuse.


. Lui se souvient surtout qu’elle voulait qu’il l’épouse » dans les trois mois « .

» Laurence était naïve, lui avait surtout de l’ambition «, raconte un diplomate français qui a connu le couple. » Dans le maquis, il voulait se remarier avec une Cambodgienne, réalisant qu’une femme française le handicaperait sous ce nouveau régime, qui prônait la pureté de la race. « Ieng Sary, le beau-frère de Pol Pot, empêche le divorce."

Lorsque le livre du juge Lemonde est sorti, Laurence Picq l’a cherché impatiemment dans les rayons de la Fnac. Elle lit le chapitre concernant son interrogatoire. Le magistrat, qui était si impatient de la voir, y écrit pour conclusion : » En écoutant Laurence Picq, je me rends compte qu’elle est probablement sincère. (…) Elle semble avoir été embarquée dans une aventure qui la dépasse. (…) Son audition fut en définitive frustrante. »

Au Cambodge, Sikœun s’est remarié. Il vient de lui écrire une lettre enflammée dans laquelle il lui propose de redevenir la première épouse en titre. .





Edité le 16/08/2016 @ 14:50 par robin des bois
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