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Auteur Thierry Chantha Bin, de Villepinte au Cambodge   ( Réponses 0 | Lectures 671 )
Haut de page 09/08/2016 @ 12:06 Bas de page
Thierry Chantha Bin, de Villepinte au Cambodge Reply With Quote
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Né en Seine-Saint-Denis, Thierry Chantha Bin (25 ans) évolue désormais bien loin de la région parisienne. Il a choisi l'exil sur la terre de ses ancêtres : au Cambodge. Un pays qu'il représente fièrement à l'international puisqu'il est le capitaine de la sélection. Portrait d'un homme heureux, mais privé de kebabs.

Francis Smerecki ne s’en souvient sans doute plus. Mais en 2006, alors sélectionneur des U16, il avait convoqué un certain Thierry Chantha Bin pour des rencontres amicales face à la Turquie et l’Allemagne. Dans cette liste figuraient également des joueurs tels qu’Alexandre Lacazette (Lyon), Gilles Sunu (Angers), Loic Damour (Bourg-en-Bresse) ou encore Gueida Fofana (ex-Lyon). Si aujourd’hui, ils évoluent tous en France, Thierry, lui, a choisi de partir loin. Très loin de la France. A près de 10 000 kilomètres, au Cambodge. Son pays d’origine en fait. «J’ai commencé le foot à Aulnay-sous-Bois, se remémore celui qui porte aujourd’hui les couleurs du Phnom Penh Crown FC. Je n’étais pas trop dedans au début, j’avais signé là-bas parce qu’il y avait mes amis.» A 14 ans, Le Bourget finit quand même par lui mettre le grappin dessus avant que Strasbourg le repère. Il finira par rejoindre le centre de formation alsacien, où il côtoiera Thiévy Bifouma, Alexis Peuget ou encore Billy Ketkeophomphone, dont il est encore très proche.

Footballeur mais aussi modèle photo

«On s’envoie toujours des sms, on prend des nouvelles, explique le milieu de terrain offensif du SCO Angers. Il se bat tous les jours pour s’améliorer. On était vraiment très proche au centre de formation, on était souvent quatre avec Mourad Satli (aujourd’hui à Malines en Belgique) et Olivier Lacoste-Lebuis (aujourd’hui sans club). Ça m’a un peu surpris quand il m’a dit qu’il partait en Asie, mais c’est une bonne chose pour lui.» «A Strasbourg, ça s’est bien passé la première année, se rappelle Thierry, qui pose parfois pour des shootings ou des publicités. Les deux autres années moins, car je n’étais pas trop sérieux. Je pensais plus à m’amuser, que ce soit sur le terrain ou à l’école.» Strasbourg ne le gardera pas. «Après ça, j’ai vagabondé un peu partout.» Brétigny, St-Jean-le Blanc, Aubervilliers notamment. Puis, à cette époque-là, grâce à une équipe de «Khmers» composée de Cambodgiens français, belges ou néerlandais, il réussit à rejoindre son pays d’origine.

Capitaine de la sélection du Cambodge

«On est d’abord parti en Thaïlande pour une rencontre amicale. On l’a perdue 5-2 il me semble, mais j’avais mis les deux buts, donc ça s’était bien passé pour moi. J’avais même eu des contacts pour rester là-bas mais ça ne s’était pas fait.» S’en suivent deux autres matches, cette fois au Cambodge même. «A la fin, j’ai eu trois propositions. J’ai signé avec le club qui m’a le plus plu. Il y avait un coach étranger qui me voulait vraiment et financièrement c’était aussi plus intéressant. Je voulais un changement et je sentais que c’était un peu bloqué en France. C’est pour ça que j’ai tenté ma chance là-bas.» Bien lui en a pris puisqu’aujourd’hui, il a étoffé son palmarès (deux titres de champions) et il porte le brassard de capitaine en sélection cambodgienne. Rien que ça ! Une sélection 182e au classement FIFA (au 16 avril, NDLR), coincée entre Taipei et les îles Fidji.

«Thierry, ici, c'est la star ! Se balader en ville avec lui, c'est pas facile.» (Son coéquipier Anthony Aymard)


Côté vie courante, au début, ça n’a pas été simple d’oublier quelques plaisirs gastronomiques. «La première année, je mangeais comme un bledard, du riz tous les jours, explique le natif de Villepinte (93), qui utilise régulièrement son scooter pour d’éviter les embouteillages. Les kebabs, c’est vraiment le seul truc qui me manque. Ils ne connaissent pas ici. Ou quand ils essayent, ça ne ressemble à rien. Sinon, y’a tout ici, je ne suis pas dépaysé. J’essaye de mieux me nourrir car c’est important. Je mange des pâtes, du poulet. Je suis obligé de faire attention.» Ce qui ne l’a pas empêché de faire découvrir les joies des insectes grillés à son coéquipier français, Anthony Aymard.



«Thierry, ici, c’est la star, rigole Aymard, passé par le Championnat de Singapour et par Polignac en France (Promotion d’Honneur). Il est très aimé. C’est un mec très simple et toujours super cool avec les fans. Car se balader en ville avec lui, c’est pas facile. On lui demande tout le temps des photos. Moi, personne me connaît (rires).» Les Angkor Warriors, le surnom des joueurs de l’équipe nationale, sont effectivement très suivis par la population locale, qui s’intéresse davantage au sort de la sélection qu’au Championnat local. Il peut ainsi y avoir jusqu’à 60 000 personnes dans le stade olympique de Phnom Penh lorsque la sélection s’y produit. «On a de bons joueurs, mais après, c’est le manque d’expérience, le manque d’entraînement à l’européenne. Il y a de la qualité. Actuellement, la star numéro un au Cambodge, c’est Chan Vathanaka. C’est lui qui marque souvent. Il joue pour le club rival, Boeung Ket. Mais ici, les joueurs ne rêvent pas d’Europe. Ce n’est pas réellement leur but. Au Cambodge, ils sont des stars, ils sont contents. Du coup, ils manquent un peu d’ambition.»



«Le plus gros pays que j’ai joué, c’est le Japon, avoue Thierry Chantha Bin, qui n’avait pu empêcher la défaite à domicile en novembre dernier (0-2). C’était quelque chose de fou. Tu te retrouves face à des Kagawa, des Honda, c’est abusé. Au Japon, le stade était rempli et les fans n’arrêtaient pas de chanter. C’est un délire ! Ça fait plaisir de toucher le monde professionnel.» Il ainsi pu approcher Vahid Halilhodzic et son staff à l’accent français composé notamment de Jacky Bonnevay et Cyril Moine. Celui qui porte le numéro 23 en sélection et le 93 en club a également pu découvrir d’autres pays que celui du Soleil levant. «J’ai pu faire le Vietnam, Myanmar, Singapour, la Chine, l’Iran, la Thaïlande. Franchement, c’est que du plaisir ! Ce sont des souvenirs inoubliables car ce sont des trucs que je n’aurais peut-être jamais faits si je n’avais pas été footballeur. On est bien encadré, c’est professionnel. On va dans des beaux hôtels, on mange bien. Je profite au max.» Son meilleur souvenir pour le moment reste son but inscrit face à Macao lors des qualifications à la Coupe du monde 2018.



«C’est un bon tremplin pour lui, avoue Billy Ketkeophomphone, qui possède, lui, des origines laotiennes. L’idéal pour lui, ce serait qu’il réussisse à aller en Thaïlande, où il commence à y avoir un niveau de jeu intéressant.» Ça tombe bien, c’est dans les plans de Thierry. «C’est un de mes rêves, confirme-t-il depuis son appartement du centre ville de Phnom Penh, qu’il partage avec sa copine. Ce serait top d’évoluer là-bas. J’y suis déjà allé pour visiter et pour jouer quelques matches, franchement, j’adore ! C’est plus développé et le niveau est meilleur. Après, au Cambodge, c’est en train de changer. C’est de mieux en mieux. Financièrement, tu peux bien vivre ici car la vie n’est pas chère. Tu peux faire quelques économies même si c’est difficile de voir l’avenir. Je n’ai de toute façon jamais vraiment eu de proposition pour jouer ailleurs car généralement les clubs ne sont pas intéressés par les footballeurs cambodgiens. On est comptabilisé comme "Asian player" donc les clubs, à l’étranger, privilégieront généralement un Japonais ou un Coréen. En Thaïlande, les clubs n’ont le droit qu’à quatre étrangers et un seul Asiatique. Le reste, ce ne sont que des Thaïs. Ça limite un peu les choix en Asie. Après, faut juste avoir le level !»

Tanguy Le Seviller

Edité le 09/08/2016 @ 13:08 par Vicheya
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