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Author LE CAMBODGE ET L'ÉVOLUTION DES INTÉRÊTS GÉOSTRATÉGIQUES DES GRANDES PUISSANCES   ( Replies 1 | Views 431 )
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Offline swann
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LE CAMBODGE ET L'ÉVOLUTION DES INTÉRÊTS GÉOSTRATÉGIQUES DES GRANDES PUISSANCES



SOMMAIRE :



I. La signature des Accords de Paris du 23 octobre 1991

II. L'après signature des Accords de Paris du 23 octobre 1991

III. Mise en place du scénario proposé par Mitterrand

IV. Le Japon, le Sud-Est Asiatique et le Cambodge

V. Situation actuelle

VI. Notes





I. La signature des Accords de Paris du 23 octobre 1991



9 novembre 1989 le Mur de Berlin tombe. Le 18 juillet 1990 le Secrétaire d'Etat US, James Baker, de retour de Moscou, déclare que Washington "withdrew his support from guerilla coalition in Cambodia", c'est-à-dire que les USA retirent leur soutien au Gouvernement de Coalition Tripartites, imposé en 1982 par l'ONU et les grandes puissances, dont les USA, à l'exception de l'URSS.



Pourquoi ce changement subit, radicale et unilatérale ? Explication : James Baker vient de constater que l'URSS ne présente plus un danger pour les Etats Unis. Washington se prépare à affronter la puissance chinoise qui lui fait face dans le Pacifique.



Le 5 septembre 1990, James Baker annonce que les Etats-Unis discuteront désormais directement avec l'Etat du Cambodge installé depuis le 7 janvier 1979 sous la protection des chars de l'Armée Populaire du Vietnam. Hanoi est satisfait de la décision américaine (1)



Les USA commencent à appliquer la politique si bien formulée par Lee Kuan Yew de Singapour



"A strong Vietnam, Laos and Cambodia as a bloc to check any southward thrust of China influence."



C'est donc une période de grands changements stratégiques dans le rapport des forces dans le monde. C'est aussi une période de grandes modifications dans la politique des grandes puissances pour défendre leurs intérêts géostratégiques. C'est durant cette période que sont signés les Accords de Paris du 23 octobre 1991.



Pour l'Asie de l'Est et du Sud-Est, à partir de l'arrivée des Portugais à Malacca en 1511, il n'est plus possible de comprendre l'histoire de cette région sans tenir compte de l'intervention des Européens (2). Ne pas tenir compte de cette réalité, c'est rendre incompréhensibles l'histoire du Cambodge, celle de ses voisins et aussi celle de tous les autres pays de l'Asie.



II. L'après signature des Accords de Paris du 23 octobre 1991



Rappelons que plus de 99 % de Cambodgiens, à l'étranger comme au Cambodge, ont cru que l'ONU et les grandes puissances vont apporter aux Cambodgiens, l'Indépendance, l'Intégrité territoriale et maritime, le développement rapide de l'enseignement et de l'économie, la Démocratie et la Liberté. Rappelons que, le lendemain de cette signature mémorable, dans les grandes salles de l'hôtel Sofitel de la Porte de Versailles à Paris, lors de la réception organisée conjointement par le prince Sihanouk, Khieu Samphan et Hun Sen, les Cambodgiens se disputèrent les places pourtant très chères. A l'exception de quelques rares septiques, nos compatriotes pensaient que cette réception historique à ne pas manquer allait ouvrir une nouvelle page dans notre histoire !



En 1981, lors des élections présidentielles en France, à une lettre adressée par des Cambodgiens au candidat François Mitterrand, ce dernier a répondu :



"Quand on ne dispose pas de la force, mais qu'on dispose du droit, on dispose d'une force."



Malheureusement, beaucoup ont crû à ce discours démenti avec une constance remarquable par l'Histoire de l'Humanité et des êtres vivants.



Rappelons que pour mettre en application ces Accords, il aurait fallu que la communauté internationale débourse entre 2 à 3 milliards de $US. Qui paiera ? Il fallait donc essayer de trouver une solution moins onéreuse. Les Occidentaux se seraient fiés à un scénario imaginé par François Mitterrand. Ce dernier n'a-t-il pas réussi à arranger la première rencontre Sihanouk - Hun Sen à Fère-en-Tardenois le 2 décembre 1987 ? Un mariage Sihanouk - Hun Sen n'aurait-il pas été une bonne solution qui aurait pu mettre fin aux Khmer Rouge ? Sans la mise en place onéreuse de l'Opération UNTAC ?



III. Mise en place du scénario proposé par Mitterrand



Arrivée à Phnom Penh du Roi dans les fourgons de Hun Sen le 14 novembre 1991. Le lendemain, 15 novembre, le Roi reçoit la "lettre de créance" de Pierre Coste, chargé de mission français qui devient le doyen du corps diplomatique.



19 novembre 1991 : le prince Sihanouk reçoit la lettre de créance de Yukio Imagawa, chargé de mission japonais.



23 novembre le Roi reçoit Roland Dumas, ministre français de Affaires étrangères envoyé bien à propos par Mitterrand.



N'est-ce pas un ballet bien organisé et minuté ? (3) Tout semble donc se dérouler selon le scénario imaginé et appliqué par la France. Quand contre toute attente, la population de Phnom Penh manifeste massivement contre le pouvoir fantoche le 17 décembre 1991. Les jours suivants les manifestations s'amplifient. Finalement le 23 décembre la police vietnamienne Dakon décide à tirer à bout portant sur la foule pacifique, tuant des dizaines de personnes femmes, vieillards, enfants, étudiants. Cela sous les yeux des médias et diplomates occidentaux. A nos jours, aucune investigation n'a été faite et les responsables de ces massacres restent toujours des inconnus. Silence de la communauté internationale.



Le scénario imaginé par Mitterrand fait fiasco. Le 9 janvier 1992, l'ONU se dépêche de nommer à la hâte le Japonais Yasushi Akashi chef d'UNTAC. Le Japon est obligé de dépenser entre 2 et 3 milliards de $US pour cette opération. Le Japon se préparait au rôle d'arbitre de l'Asie du Sud-Est à la place des Etats-Unis depuis le milieu des années 1960 (1) comme la création par des capitaux principalement japonais de la Banque Asiatique pour le Développement (BAD) en 1966, dont le siège se trouve à Manille aux Philippines.



IV. Le Japon, le Sud-Est Asiatique et le Cambodge



"Le jour où le crime se pare des dépouilles de l'innocence, par un curieux renversement qui est propre à notre temps, c'est l'innocence qui est sommée de fournir des justifications" (Albert Camus dans L'Homme révolté).



Lors de son VIè congrès, 15 – 18 décembre 1986, la direction du PCV tire la conclusion que l’URSS de Gorbatchev n’a plus les moyens pour continuer à financer l’occupation du Cambodge par l’Armée Populaire du Vietnam (APV) et à payer la location de la base militaire de Cam Ranh, ancienne base US au Vietnam. Il faut donc remplacer ces aides soviétiques par des stratagèmes.



Diviser le Gouvernement Tripartite de Coalition par la rencontre de Sihanouk - Hun Sen à Fère-en-Tardenois et faire miroiter aux Etats-Unis la possibilité de remplacer les Soviétiques à Cam Ranh.



L'occasion se présente après la chute du Mur de Berlin suivi de l'implosion de l'URSS comme nous venons de voir plus haut. Le Japon est tout désigné pour jouer ce rôle. Le Japon se préparait à ce rôle depuis la signature des Accords de Paris du 27 janvier 1973 entre Washington et Hanoi :



"Avec le contexte nouveau qui s'annonce à l'approche de la fin du conflit, les autorités japonaises considèrent qu'il devient urgent d'établir de bonnes relations avec le Viêt Nam du Nord, évident "leader des trois pays indochinois (Viêt Nam, Laos, Cambodge), région indispensable à la prospérité de l'Asie du Sud-Est". " (1, page 56).



Ainsi jusqu'en 2003, la politique japonaise consiste à aider Hanoi à dominer le Cambodge. C'est ce que faisait Akashi durant l'Opération UNTAC. Cette politique se traduisait aussi par le financement de la construction des infrastructures comme les routes et les ponts pour privilégier le port de Prey Nokor par rapport au port cambodgien de Kompong Som ; et de soutenir à toute occasion le fantoche et criminel Hun Sen. Rappelons aussi que le Japon, pour toutes ces constructions n'ont jamais fait appel à des ingénieurs et techniciens cambodgiens. Les seuls Cambodgiens ou plus exactement Cambodgiennes, car moins chères, utilisés sont pour les travaux les plus durs. Les ingénieurs cambodgiens n'ont même pas la possibilité de jeter le moindre coup d'œil. Le Japon a fermé les yeux sur les massacres et assassinats des Cambodgiens sans défense, sur la corruption etc. Par contre le Japon aide réellement le Vietnam à se développer en particulier à élever son niveau technologique et à traduire en vietnamien des livres scientifiques et technologiques d'un certain niveau.



Pour Washington, la naïveté va jusqu'à permettre au fils du fantoche et tueur Hun Sen de fréquenter la prestigieuse Académie militaire de West Point ; jusqu'à la visite à Hanoi de l'amiral Richard Macke, Commandant en chef des forces US du Pacifique dans une déclaration relevée dans le journal Bangkok Post du 1er novembre 1994 :



"Lors d'une visite à Hanoi, au début de la semaine dernière, l'Amiral Richard Macke, a déclaré qu'il envisageait la coopération des forces américaines avec le Vietnam, une fois les relations entre nos deux pays normalisées...



"Je (R. Macke) pense que la collaboration économique et politique débutera, alors la collaboration militaire pourrait commencer également.



"Les Etats-Unis et le Vietnam étaient ennemis dans le conflit qui a pris fin en avril 1975, quand les blindés des communistes vietnamiens sont entrés dans Saigon (30 avril 1975) et ont renversé le Gouvernement Sud-Vietnamien soutenu depuis plus de dix ans par les forces américaines."



"Les troupes américaines se sont retirées et le Vietnam a libéré les prisonniers (américains) de guerre après des accords de paix signés à Paris en 1973 (27 janvier). Macke a déclaré que ni la coopération militaire ni Cam Ranh Bay n'avaient été évoqué lors de sa rencontre du 23 octobre avec les ministres vietnamiens. Mais il a ajouté "Je suis officier de marine et les officiers de marine sont toujours à la recherche de bons ports".



Jusqu'à la visite honteuse de Bill Clinton au Vietnam en décembre 2000, peu avant la fin de son deuxième mandat.



V. Situation actuelle



Les élections législatives de juillet 2003 sont toujours faites sous la menace permanente de la "Culture de l'Impunité, avec des fraudes scandaleuses à tel point qu'il n'y a plus unanimité pour les qualifier de "fair and free". La formation, en juillet 2004, de ce qu'on appelle "nouveau gouvernement" par des "votes bloqués à main levée" est anticonstitutionnelle et antidémocratique. Ces "votes bloqués à main levée" ne sont approuvés que par un vieux professeur français de droit de province, depuis longtemps à la retraite, un dénommé Gour, ancien professeur de Ranariddh. Gour vient d'être grassement gratifié de 5 millions de $US par le criminel Hun Sen.



Depuis le fantoche Hun Sen n'est invité par aucun gouvernement occidental, même le Japon et l'Australie ses fidèles supporteurs. Lors de son dernier séjour en France, Hun Sen n'a été reçu par aucune personnalité politique française. Plus d'Hubert Védrines. Certains pays européens ont coupé toutes coopérations avec le pouvoir fantoche.



Les pressions de la communauté internationales, gouvernements et organisations internationales comme les banques internationales comme FMI, BM et BAD, même l'ONU, contre la corruption effrénée, la mauvaise gouvernance et les mesures antidémocratiques liberticides se font de plus en plus fortes. De l'autre côté les mécontentements du peuple se font de plus en plus sentir. Les contradictions au sein du PPC et du FUNCINPEC s'accentuent, en particulier dans la répartition des postes lucratifs. La Coalition hétéroclite est fragile et risque d'éclater à tout moment. Chacun veut la part du lion dans le partage des richesses cambodgiennes.



Il faut remarquer que le Japon va prolonger les quais du Port de Kompong Som, ce qui est nouveau. La Chine va construire une usine de tissage pour alimenter en tissus les usines textiles. Mais à quand une raffinerie de pétrole qui existait avant 1970 ? C'est pourtant la solution pour lutter contre le prix élevé injustifié de l'essence.



La construction d'une immense ambassade américaine est aussi un indice important de l'engagement des Etats-Unis au Cambodge. C'est aux hommes politiques patriotiques de savoir utiliser les luttes entre les grandes puissances pour la défense de leurs intérêts géostratégiques.



Maintenant l'ensemble des Cambodgiens, surtout au Cambodge même, sait que seule l'Union dans les luttes multiformes contre l'ignorance, la maladie et la misère, pour l'Indépendance nationale dans l'intégrité territoriale et maritime, contre le monopole économique et financier de la société vietnamienne Sokimex, de la banque vietnamienne Canadia et d'une dizaine de leurs associés, pour le développement économique pour l'ensemble du peuple, pour la démocratie et la liberté.



Notes :



(1) Dans "Japon Vietnam, Histoire d'une relation sous influences" par Guy Faure et Laurent Schwab, Ed. IRASEC, Bangkok, 2004, page XIV. IRASEC est un maillon du réseau de centres de recherche du Ministère français des Affaires Etrangères. Il faut noter que c'est une étude pour servir la politique française comme l'indique les sources de son financement. Il reflète donc, dans ce livre, la défense des intérêts plus que séculaires français en faveur du Vietnam. Il est donc important de lire ce livre en ayant cette information en tête. Il contient pas mal d'informations intéressantes. Il faut aussi noter que ce livre est publié en juin 2004 avec la stratégie japonaise et américaine de début 2003. Depuis la politique de ces deux grandes puissances ont évolué. Ce livre n'a pas la possibilité de prévoir cette évolution. Ce livre mentionne aussi la soutenance en 2000 à Paris d'une thèse sur "Géopolitique du Vietnam". A quand une thèse "Géopolitique du Cambodge" ? On ne nous aide que s'il y a des intérêts géopolitiques pour cela. Or la situation géographique du Cambodge intéresse hautement la géostratégie des grandes puissances à condition que nous sachions nous unir pour défendre nos propres intérêts nationaux.

(2) "Géopolitique du XVIè siècle" par Jean-Michel Sallmann, Ed. du Seuil, Paris 2003. Lire aussi "1492" par Jacques Attali, Ed. Fayard 1991.

(3) Lire le détail du déroulement de ces événements dans "Cambodge, Chronologie des événements" par Tan Bun Sor, Ed. par Mouvement des Démocrates Khmers, Paris 1992.
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RE : LE CAMBODGE ET L'ÉVOLUTION DES INTÉRÊTS GÉOSTRATÉGIQUES DES GRANDES PUISSANCES Reply With Quote
Offline robin des bois
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SOMMAIRE :



I. La signature des Accords de Paris du 23 octobre 1991

II. L'après signature des Accords de Paris du 23 octobre 1991

III. Mise en place du scénario proposé par Mitterrand

IV. Le Japon, le Sud-Est Asiatique et le Cambodge

V. Situation actuelle

VI. Notes

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Maintenant l'ensemble des Cambodgiens, surtout au Cambodge même, sait que seule l'Union dans les luttes multiformes contre l'ignorance, la maladie et la misère, pour l'Indépendance nationale dans l'intégrité territoriale et maritime, contre le monopole économique et financier de la société vietnamienne Sokimex, de la banque vietnamienne Canadia et d'une dizaine de leurs associés, pour le développement économique pour l'ensemble du peuple, pour la démocratie et la liberté.


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Bonjour Swann

Si j'ai bien compris le texte contenu dans les chapitres I à IV , le Cambodge a été continuellement la victime des puissances extérieures ,que ce soit la France, les USA ,le Japon ..etc .Seul semble-t-il ,et une fois de plus,le Vietnam a su tirer son épingle machiavélique de ce jeu géostratégique.

Ok , c'est votre analyse; je n'y reviens pas.

S'agissant du point V -"Situation actuelle"- ,par contre ,je ne comprends vraiment pas pourquoi vous ne parlez pas de l'ASEAN ,à laquelle adhère le Cambodge depuis 1999 .

Car au " plan géostratégique" auquel vous vous réferez ,il est évident que :

-désormais les grandes puissances ont déja commencé - et continueront - de se désengager des relations d'Etat à Etat avec le Cambodge ,pour favoriser les relations directes avec l'ASEAN ( voir en particulier l'attitude des principaux pays donateurs,de l'UE ,de la CHINE,de l'OMC ..etc)

-d'autre part :un tas de problemes spécifiques à l'ASIE du Sud-est(problemes frontaliers , échanges commerciaux de voisinage,émigration/immigration de proximité ..etc , etc) vont pouvoir désormais se régler "entre 10 paires d'yeux" des pays directement concernés - A LA GRANDE SATISFACTION des puissances étrangères que vous avez si bien habillées.

Le Cambodge doit donc prioritairement penser à son avenir dans un cadre géopolitique bien redéfini à pays dont LE VIETNAM ET LA THAILANDE.

Souhaitons lui bonne chance.... et n'oublions pas le passé ....même avant le protectorat !!!!
#4941 View robin+des+bois's ProfileView All Posts by robin+des+boisU2U Member
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