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Auteur 17 avril jour pour jour   ( Réponses 218 | Lectures 15412 )
Haut de page 01/05/2013 @ 18:17 Bas de page
Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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Bonsoir à tous, bonsoir Seun nmott et kaunklau,

A ma connaissance, le travail de ramassage d’exécrables de bœufs pour en faire du "chi" est un travail "normal" pour les neak srè et kaun neak srè. Il n’y a rien d’humiliant ni déshonorant. Par contre, de là à en faire un métier, c’était de pousser le bouchon un peu loin.

Même si l’on sait que les exécrables humains peuvent être utilisés également pour fabriquer les engrais, exiger quelqu’un de les ramasser était vraiment dans le but de l’humilier. La méchanceté de certains cadres KR n’avait pas de limite.

Je confirme qu’avoir une charrette et 2 bœufs était un luxe... durant cette période surtout d’avoir pu conserver jusqu’à 7 janvier 1979…



Edité le 01/05/2013 @ 18:33 par NeakReach

"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
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Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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NeakReach a écrit

Bonsoir à tous, bonsoir Seun nmott et kaunklau,

............

Je confirme qu’avoir une charrette et 2 bœufs était un luxe... durant cette période surtout d’avoir pu conserver jusqu’à 7 janvier 1979…




Malheureusement.
Quand les gens se sentent libre de ces Piryoips, il n'y a plus de cadres KR, ils pensent à retourner à leurs villages.
Ce jour un gars est venu me réclamer la charrette. C'est un enfant du village de O Moni, un peu plus âgé que moi, il prétend que la charrette lui appartenait, et comme il n’y a plus d’Angkar, il veut récupérer sa charrette pour transporter ses affaires.
C’est un lèche botte des cadres KR, il avait ses proches familles dans le village. Quant à moi, j’étais seul. j'avais pas trop osé protester. Une charrette contre nos vies, ce gars est capable de me faire des choses inimaginables, alors je lui ai laissé ma charrette que j’ai bichonnée pendant presque trois ans

...
Les attaches « ksè tream » et « ksè team » sont de vrai et bonne, les praeks(les cadres des roues) ont été réparés. Elle est devenue mon outil de travail, dont l’état général est bien meilleur que beaucoup d’autres du village… Ça suscite une jalousie. Alors les cadres ont confisqué ma charrette.
Plus de charrette, ils m’envoient garder les bœufs des gens malades.
Je ne sais par quel miracle, une semaine plus tard, ils m’ont appelé pour que j’aille récupérer ma charrette, à l'autre bout du village. Joie et colère, mais je ne fais voir.
J’ai perdu ma charrette dont j’ai beaucoup de souvenirs, vous retrouverez dans mes récits.
A la fin des KR je suis rentré(avec ma femme et mon garçon) vers la ville sans ma charrette, alors j'avais fabriqué un traineau avec ma charrue pour transporter mes biens.

ksè tream : des cordes qui attachent le cadre principal du chariot au joug
ksè team : des rabouillères qui gardent les bœufs à leur joug
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Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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Seun nmott a écrit


Malheureusement.
Quand les gens se sentent libre de ces Piryoips, il n'y a plus de cadres KR, ils pensent à retourner à leurs villages.
Ce jour un gars est venu me réclamer la charrette. C'est un enfant du village de O Moni, un peu plus âgé que moi, il prétend que la charrette lui appartenait, et comme il n’y a plus d’Angkar, il veut récupérer sa charrette pour transporter ses affaires.
C’est un lèche botte des cadres KR, il avait ses proches familles dans le village. Quant à moi, j’étais seul. j'avais pas trop osé protester. Une charrette contre nos vies, ce gars est capable de me faire des choses inimaginables, alors je lui ai laissé ma charrette que j’ai bichonnée pendant presque trois ans


C'est pas juste !

"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
#93239 View NeakReach's ProfileView All Posts by NeakReachU2U Member
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Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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Sur la route en terre et poussiéreuse, je voyais mon père pousser difficilement la moto avec grand-mère dessus et ma mère s’inquiéter sur nos réserves de nourriture quasiment épuisées. Il fallait se rendre à l’évidence, nous ne pouvions aller plus loin et nous devions trouver un village pour nous accueillir.

Nous arrêtions dans un phum à une dizaine de kilomètres de la sortie de RN6 (Prey Kaor ?). Et nous trouvions 2 maisons pour nous accueillir, une pour notre famille et une pour celle de ma tante. Ces habitants avaient sans doute reçu l’ordre d’Angkar de partager leur maison avec les nouveaux arrivants.

Durant la saison sèche, dans ce phum, il n’y avait pas de coin d’eau. Tous les lacs étaient vides et secs et les habitants utilisaient l’eau de puits pour leurs usages quotidiens. En bas de la maison sur pilotis où nous étions logés, les propriétaires élevaient en plus les cochons.

Sur ces conditions d’hygiène exécrables, au bout de 2 jours, mon frère et moi attrapions des boutons partout. Le pire, c’était que nous ne pouvions même pas prendre des douches car l’eau de puits était insuffisante. De côté de ma tante, ce n’était guère mieux.

Nous ne pouvions donc rester davantage dans ce phum. Avec quelques rations de nourriture que les habitants nous avaient données, nous reprenions de nouveau la route vers la nationale 5.


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Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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Ils vous avaient laissé la moto , pour continuer le chemin . Ma direction vers Ang Sérei , ( Oudong) , toutes les motos étaient confisquées à 10 km de P.Penh . Donc , ceux qui possédaient les motos ou voitures , ont obligé de porter les affaires sur le dos pour continuer la route . Les " pleu pleu ", n'avaient rien à foutre , car à leurs yeux , vous êtes considérés , comme riches . Vieillards , enfants , malades , tous sans exceptions : ENNEMIS .
Les " habitants " que vous les appeliez , ce sont des "Moul than " ou populations libérées avant le 17/04/1975 . Elles auraient dû faire un peu d'effort , car votre grand-mère , apparemment très âgée . Tous ce que ces gens observaient , ce sont des maigres avoirs , que la population refoulée de la Capitale , avaient ramené avec !


Rappelons que pour piller nos marchandises , les phrases que employaient , ces barbares sont très courtoises : " Angkar snoeur " !( Angkar demande ).

Edité le 03/05/2013 @ 10:39 par kaunklau

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kaunklau a écrit


Ils vous avaient laissé la moto , pour continuer le chemin . Ma direction vers Ang Sérei , ( Oudong) , toutes les motos étaient confisquées à 10 km de P.Penh .



Oui, ils nous avaient laissé la moto… Par contre, je ne sais pas si elle était en état de fonctionner ou non. Je voyais mon père la pousser tout le temps avec grand-mère dessus. Assez étonnant que, dans votre direction, ils avaient confisqué les motos et les voitures à 10 km de Phnom-Penh. Il me semble que, sur la route nationale 5, les voitures étaient confisquées à l’approche de la ville d’Oudong, au niveau du pont Prek Kdam actuel.

kaunklau a écrit


Les " habitants " que vous les appeliez , ce sont des "Moul than " ou populations libérées avant le 17/04/1975 . Elles auraient dû faire un peu d'effort , car votre grand-mère , apparemment très âgée . Tous ce que ces gens observaient , ce sont des maigres avoirs , que la population refoulée de la Capitale , avaient ramené avec !



Ma grand-mère maternelle était victime d’une paralysie de la moitié du corps quelques mois avant l’arrivée des KR. Elle était venue à Phnom-Penh pour se faire soigner. Elle ne pouvait ni marcher, ni parler. Comme elle avait la peau claire, certains "Moul Than" disaient qu’elle était chinoise venant de Chine et ne savait pas parler khmer…

Mon beau-grand-père paternel était aussi victime d’une paralysie de la moitié du corps, mais c’était bien avant, vers des années 60. Il pouvait marcher mais difficilement.

Dans le village où nous étions logés, les habitants étaient gentils. C’était nous qui n’avions pas su nous adapter car les conditions d’hygiène étaient exécrables.



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A travers le récit de Kaunklau et NeakReach qui, sur KN, représentent les déportés de la capitale vers l’ouest par la RN5 et la RN6. Première acte inhumain des dirigeants KR de toutes les zones confondues, Piryoip, niredei, bopir de PM, rien n’y est exclu.
Je viens de recevoir les témoignages d’un ami qui a été déporté vers l’est(Bopir) zone 24, qui sera posté ultérieurement ici même. Cet ami a subit les mêmes sorts, condamnés et dépouillé de toutes possessions. Et bien souvent par les cousins, des Prachea chun chash. Les atrocités dépassent de loin les fictions. Le fameux "famille déchirée" que souligne bien souvent NeakReach.


Ils font en sorte qu'il ne vous reste qu'un petit sac dans lequel il n'y a rien.
La politique connue sous le nom de Kamchat Kammasith sourn tour, un des chapitres de la lutte des classes. Pour que tout le monde soit au même niveau, ils ont trouvé la méthode la plus simple, dépouiller les tous. Plus de riche, y a que des pauvres parmi les "ennemis". Ça ne s'applique pas sur les "peuple anciens".


Rappelez vous, le khmer dit Khlok lich, ambèng andète*( la calebasse submerge, les débris flottent), l'élément principal qui détermine la situation de Khol et ambèng, c'est l'eau. Pas d'eau, khloh et ambèng se trouvent aux mêmes endroist.
#93292 View Seun+nmott's ProfileView All Posts by Seun+nmottU2U Member
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Depuis quelques jours, les choses semblent tournées au ralenti, lorsque ce matin du 4 mai, Yo nous invite à préparer nos affaires, on doit repartir. C’est comme un coup de foudre qui tombe sur la tête, même si j’ai déjà douté qu’ils ne nous laissent pas vivre ici.
Rebelote, je recharge ma remorque, qui a bien perdu son volume. Lorsque quelqu’un est venu me dire que là où doit aller il n’y a pas de route, on doit traverser des rizières. J’ai failli tomber par terre. C’est comme si je reçois un deuxième coup de foudre sur la tête.

Je concerte avec ma femme. C’est elle qui décide de prendre ou de ne pas prendre telle ou telle chose. Je l’ai dit que la remorque ne peut pas traverser les digues des rizières, mais on peut encore servir de note vélo. Nous trouvons donc une solution pour emporter avec nous le maximum possible. Je démonte la remorque, je commence à charger mon vélo. La moitié de nos « biens » est laissée sur place. Ma femme a décidé de séparer de son sac rempli de robe en soie. Seul le nécessaire vital est adjugé. Le reste au revoir. Je n’ai pas oublié ma cage et mes poules.
Cette fois c’est moi seul qui pousse le vélo bien chargé. Mes enfants, ma femme me suivent derrière. Nous nous rendons sur le lieu de rassemblement. Ce sont les « Mits » qui nous attendaient. Ils sont une dizaine.

Pour ceux qui sont arrivés à Omuni avec des moyens mécaniques, en moto par exemple, c’est fini. La traversée des rizières, et les pannes secs sont les premières causes de l’abandon de ces engins. Les gens du village avec leurs charrettes à bœufs, sont maintenant plus avantageux que nous les citadins. Alors Yo et ses potes ont pu profiter de l’amitié avec Yé, qui a une charrette à bœuf.
Je ne sais combien on est en tout, au début de l’après-midi les « Mits » nous appellent à les suivre. C’est vrai, ils nous emmènent à travers les rizières, pour aller où ?
Traverser les rizières c’est passer par dessus les diguettes. Je suis arrivé à passer au-dessus les premières diguettes, celles qui sont hautes j’ai l’aide de ma femme. Mon dieu il y a combien de diguettes à passer ?
J’ai déraillé la chaine et bloqué les pédales pour faciliter le passage. Le cortège approche à une pagode, ils nous laissent faire une pause. Le cortège reprend la marche peu de temps après jusqu’à la fin de la journée.
On s’arrête d’avancer, on m’a dit que nous dormons ici cette nuit, à la belle étoile.

On campe au milieu des rizières. J’ai profité de jeter un coup d’œil sur la troupe. Mon dieu, nous sommes très nombreux. Ma femme avait sorti un morceau de plastique, je reconnais que c’était les nappes de notre table à manger. La première pièce de plastique est étalée sur le sol sur laquelle dorment les enfants. L’autre, elle me demande de faire un petit toit pour les enfants puissent dormir en dessous pour se protéger des rosées matinales.
Nous, les parents, nous ne couvrons que nos têtes.
Le solde de la rizière n’est pas plat comme nos matelas, mais la fatigue dus aux efforts de la journée nous aide à s’endormir très vite. La mère poule et ses petits passent la nuit auprès de nous.
Au petit matin nous sommes déjà debout, les autres aussi. Je sens qu’une nouvelle journée de galère commence. On vient de me dire qu’on ne dort qu’une nuit ici, c’est Pdao Teuk.
On doit continuer, encore plus loin.
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Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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Le soleil n’est pas encore dépassé le haut des arbres que les « Mits » nous donnent l’ordre de quitter Pdao teuk. Plus j’avance plus je ne sais où on est. Il est midi, nous nous reposons une minute à Tahèn, puis nous repartons sans tarder pour, parait-il, pourvoir arriver à l’endroit prévu avant la tombée de la nuit. Cette partie de voyage crève tout le monde, sauf ceux qui ont des charrettes. Un peu plus loin de Tahèn, le cortège quitte les rizières pour prendre un chemin de terre. Quel soulagement. C’est beaucoup mieux de pousser le vélo sur un chemin que dans les rizières. Cela a permis au groupe d’avancer plus vite, et d’arriver au lieu promis avant la nuit.

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Krâbao Chrom.

Lorsque les « Mits » disent nous sommes arrivés, tout le monde se débarrasse de ses fardeaux.
On assied par terre pour reposer les jambes, ou pour boire un bon coup. On se regarde les uns et les autres, on cherche les proches. Il y en a qui s’allonge carrément sur le sol.
Nous sommes à Krâbao Chrom *. C’est notre destination que nous venons de connaître son nom.
Pour moi, ce nom ne me dit rien du tout, car il y a bien longtemps, c’est à dire depuis qu’on a quitté Omuni que j’ai perdu tous mes repères. En plus je n’ai le temps de les chercher, puis qu’il faut suivre le groupe, de peur de se perdre dans ces terres inconnues.
Après avoir reposé un moment, je me lève pour aller cherche je ne sais quoi sur le vélo, là j’ai le sentiment que je marche bizarrement. J’ai alors demandé à ma femme, qu’est-ce qui m’arrive ?. Elle m’a répondu que je ne marche pas droit, même reste debout je penche sur mon côté droit.
Waouh ! Qu’est qui m’arrive ?

En fait à force de tenir le vélo, et pour le garder en équilibre pendant tout le trajet, et toute la journée. Le vélo avec ses charges doit incliner légèrement sur moi. Alors moi je dois exercer une force pour le tenir. Donc je n’avance pas avec un corps droit mais aussi légèrement incliné vers le vélo. C’est un moyen pour que le vélo ne bascule à l’autre côté. Car si jamais cela arrive ce sera une grosse merde pour nous.
Je ne me fais pas de souci , je pense que je me récupère sans souci.
Car mon premier souci est de comment fabriquer un toit ou un endroit pour y passer la nuit.
J’ai trouvé une place près d’un arbre. J’ai ramassé une branche, le l’attache à mon vélo. Avec mes cordes, oui les cordes que ma femme ne les avait pas oublié, je relie la branche à l’arbre. Nous avons donc un support pour étendre les toiles de plastiques.
Le mot on est arrivé, m’a permis de trouver un bon sommeil. Nous avons dormis jusqu’au matin. Personne n’est venu nous réveiller. Très bien, on est cool. Je commence à m’occuper de mes enfants. Ils sont aussi fatigués que moi, ils n’ont pas de blessure seulement des courbatures. Tant qu’ils sont avec papa et maman, tout va bien. Ma nièce supporte admirablement ce voyage, elle ne m’a pas causé des ennuis, elle se débrouille toute seule. Ce qui m’a marqué le plus c’est que nous avons perdu tous nos tongs, sans le savoir. J’ai quand même senti mal dans mes plantes de pied. Par contre je n’ai plus la démarche bizarre.


* Krâbao Chrom est à deux-trois kilomètre à l'est de Ksaôy, une place grand comme deux terrains de foot où pousse les Krâbao(arbres de 10è15mètre de haut).

Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. © Ismaël Mérindol (1466)
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Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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Depuis qu’on a quitté la ville, je n’ai pas pensé même pendant une seconde à savoir quelle heure est-il?
Ce matin-là, instinctivement je suis allé fouiller dans mon sac. Depuis qu’ils nous ont pillé notre moto, je suis plus prudent, je ne sors pas ma montre bracelet de mon sac, j’essaye seulement de regarder l’heure en cassette. Il était 8h et quelques minutes. Je me sens un peu revenir sur terre, puisque depuis plus de dix jours je n’ai plus le sens du temps. Quand j’ai raconté ça à ma femme ; elle me dit qu’elle ne veut plus le savoir, car plus le temps passe plus elle pense qu’on enfonce dans un trou sans fin. Si le temps s’arrête là, ce serait bien, puisqu’elle a peur qu’on ne peut plus revivre la vie précédemment.

Je vois Yé et Yo revenir de, je ne sais où ? Ils rassemblent le groupe et annoncent que le maitre du lieu veut faire une réunion d’information. Que tout le monde se dépêche. Je laisse ma femme s’occuper les petits, moi, je rejoins les autres à la « réunion ».
Je n’ai pas eu le temps de voir ce que c’est Krâbao Chrom.

Les déportés se mettaient au tour d’un arbre, sous lequel un homme se tenait demi assis sur une charrette. Il est torche nu, il porte seulement un bermuda en kaki bien usé, un krama au tour du coup, un kalachnikov pendu à son épaule gauche. L’homme fume une cigarette « sleuk sanker »* tranquillement.
C’est un khmer paysan bien basané, cheveux gris et court, un mètre soixante environ, aucun trait chinois. Il ne nous émet aucun signe de menace.
Les gens continuent à se formaient en demi-cercle au tour de lui, comme ça, sans que personne ne donne l’ordre. Je pense que les gens veulent le voir en face et l’écouter parler, puisque depuis la déportation, on n’a jamais eu l’occasion de voir le vrai visage d’un important Khmer Rouge. On a vu que des rapporteurs, des soldats ou des messagers.
L’homme, toujours seul, dans son coin, attend patiemment que les gens se mettent en place. Nous sommes à peu près trois cent. Tout le monde est assis par terre. J’étais dans les dix mètres, en face de lui ou presque. Je voyais deux groupes de soldats Khmer Rouges s’installer à une bonne distance derrière notre homme, avec leurs armes. Personne ne parle, il y en a aucun bruit, même pas un souffle de vent, il fait chaud, très chaud, il règne un silence presque absolu.
Les gens retenaient leurs souffles. Moi aussi.
L’homme se leva, se tenait debout face à la foule, d’un petit geste de son bras gauche pour ranger son fusil derrière le dos, puis il s’adresse au gens.
- Kniom(moi), envoyé par Angkar pour vous administrer. Il est temps, désormais, à vous tous d’obéir aux ordres de l’Angka, si vous ne voulez pas avoir des ennuis.
- Je vous conseille de bien enregistrer ce message, puisque je ne parle pas beaucoup et je n’aime pas répéter. J’ai l’habitude de commander l’armée, mais les civiles.
- Vous allez camper ici, à Krâbao Chrom, vous devez aller chercher de quoi faire votre abri, avec votre chef de groupe. Après on verra. J’ai terminé.

C’est donc un discours, court, clair et ferme, il n’y a pas de signe d’agression dans sa façon de parler. J’ai cru entendre sa dernière phrase pendant que la foule se retire : Allez, on n'a pas le temps de plaisanter, a dit le patron.

Yo est notre chef de groupe, nous sommes dix familles. Tandis que Yé, il me semble qu’il a un rôle plus important au près du Chef KR, le patron.
Toujours d’après Yo, Yé a connu Puk Neurm, le patron, il y a dix ans en arrière, avant qu’il rejoigne le maquis.
Puk Neurm c’est l’homme qui nous a parlé à la réunion, c’est notre patron, on dépend désormais de lui. Yo m’a dit qu’on doit appeler Puk Neurm, car Puk qui veut père, est un rang dans la hiérarchie Khmère Rouges, et Neurm est son nom révolutionnaire. Ces homologues l’appellent Camarade Neurm.
On ne sait combien il dispose de ses soldats, mais c’est sûr qu’il y en a assez pour nous surveiller.
Jusque-là, nous ne les voyons pas roder au tour de nous. Ils sont très disciplinés et très discrets

* Cigarette sleuk sanker dit barei sleuk sanker, c'est une cigarette rouler à la main avec une feuille de "Sanker".
Sanker(ou Sankaè) : combretum quadrangulare kurz
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Bonsoir Seun nmott,

Merci pour vos récits. Plus on avance dans les récits, plus je me pose des questions sur les actions préméditées des responsables KR.

Comment ont-ils pu préméditer ces actions ? Comment ont-ils pu organiser la déportation en espace de 2 semaines ?
A moins qu’ils aient improvisé au fur et à mesure…


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Merci S.nM de ton récit !
.................................................................................

Disparition de la famille du lieutenant de la Marine Phâl Kun .

La famille Bâng PHAL KUN , repérée puis ramenée dans une prison ou assassinée car plus de nouvelles depuis . Quand ,j'étais retourné de "kâng cha lath " de Kandieng , Pursat ,je ne trouvais plus sa famille , lui , sa femme et un bébé de 1 mois .

Bâng Phal Kun , était lieutenant de la Marine de l'armée de la République khmère . A peine , installé dans le coopérative , il se faisait repérer à cause d'une couverture . Celle-ci est d'origine américaine (phoury kamagnei), très confortable , lors de l'hiver khmer .
Or les illettrés de Moul Than ,l'avaient vu et voulait lui prendre . Le soir , ils rassemblaient tout le monde et demandaient à ces 17 Avril " d'abandonner leurs avoirs " ( chum rous ) . Il ne l'avait pas donné . A la fin de la réunion , ces chefs de phum disaient , sans lui dire en face , " tor tourl khos treuv doy khlourn ègn " ç-a-d prendre votre responsabilité .
Au retour de notre chaumière , j'avais conseillé à ce dernier d'abandonner ce bien , car , il ne fallait pas risquer sa peau pour peu de chose . Il était d'accord , car notre but , ce n'est pas de rester dans ce lieu pourri , mais , le but c'est d'arriver au pays non communiste " La Thailande " . Le lendemain , j'avais ramené , moi-même , cette couverture au Meh phoum . Un jour après , j'ai vu ces Moul Than envelopper dans cette couverture . Même ceux qui gueulaient contre les impérialistes américains , ils s'affolaient tout de même dernière les produits " made in USA ".

Mr Phâl Kun était repéré , depuis cette date .
Le rajout de dispute familiale , entre sa femme et ses soeurs , à cause de la famine et l'histoire d'un morceau de savon( sabou ka aub) en échange contre quelques bols de riz , entrainait la disparition de sa famille , donc lui , sa femme et son bébé .

Courant 1976 ,il y avait quelque chose qui m'intriguait . Vers 20h , un soir , en pleine lune , Le chef de coopérative , TA THORN , m'avait fait une petite réunion , face à face à 2 et m'avait demandé de " sam dègn ka smos trâng " c-à-d , dire la vérité et toute la vérité , si j'étais ancien militaire de Lon Nol ou étudiant en terminal ( thnak ti bagn châb) !
J'avais répondu , que , je n'étais , qu'un élève .
Le lendemain , il m'avait envoyé en " kâng cha lath " .
En fait , c'était une préméditation , pour envoyer la famille de Phâl Kun à la mort, car nous étions sous le même toit dans la chaumière . Heureusement , j'avais déclaré dès le premier jour à Pursat , que je n'avais pas de famille et je n'avais aucun lien de parenté avec cette famille .

A savoir , ce chef de coopérative , m'avait beaucoup apprécié , car , il m'avait dit que j'étais un bosseur , poli et " dak khlourn " c-à-d " tout abandonner pour respect de la loi de l'Angkar " . Je me souvenais , il devait faire un rapport à son supérieur " le nombre de pieds de choux , planté dans sa coopérative " . Comme , il était illettré et fier , alors il s'amusait à compter , or , c'était impossible de compter . Je lui ai aidé en faisant la simple multiplication " nombre de pieds en longueur multiplié par ceux de la largeur " .

J'avais trop pitié de la famille Bâng Phâl Kun , sa femme et leur petit bébé !!!

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Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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Bonsoir Seun nmott,

Merci pour vos récits. Plus on avance dans les récits, plus je me pose des questions sur les actions préméditées des responsables KR.

Comment ont-ils pu préméditer ces actions ? Comment ont-ils pu organiser la déportation en espace de 2 semaines ?
A moins qu’ils aient improvisé au fur et à mesure…



A mon avis il n'y avait pas un plan précis pour les évacuations des villes. Or vider la ville c'est pour eux une façons de déraciner les ennemis, et donc tant pis, pour le reste.
Ceux qui sont opposés à ce plan sont écartés bien avant leur victoire.

Ils les improvisent, au fur et à mesure. C'est pourquoi, Vous neakReach, vous êtes pas cadrés par eux. La déportation en masse a dépassé ses prévisions. C'est pourquoi à Battambang, ils exécutent les militaires , les hauts fonctionnaires, puis ils vident la ville.

Je persiste et je signe. Ils font en sorte qu'il ne nous reste rien.

Déporter c'est le pire des pires. N'oublier pas le proverbe khmer.
Sov lich touk kandal tonlé kom oy taè phleung chèh pterh( mieux vaut un naufrage qu'une incendie).

"Ne prenez pas grande chose, c'est pour deux trois jours" cette phrase sonne toujours.



Le cas cité par Kaunklau, existe aussi dans mon village.
C'était un ancien officier supérieur qui ne s'est pas présenté au rassemblement. On a dit qu'il a collaboré avec les KR avant la chute, en envoyant des munitions aux KR. Alors les KR l'a laissé vivre parmi le nouveau peuple. Il garde le bétail.
Un jour il a blessé un bœuf avec une pierre. C'est suffisant pour le traiter de anti Angkar et donc la peine de mort.


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Les jours suivants..

Les gens commencent à chercher tout ce qu’il trouve pour bâtir leur abri, des branches d’arbres, des lianes etc…
Yo est venu m’appeler pour aller avec lui chercher des tôles. Ce sont des toles en plastiques et des clous. J’ai été parmi les volontaires. Nous avons pris des piquets en bois des planches, des grosses branches pour faire les structures. Les tôles et les toiles en plastiques noirs et bleus pour les toits. Nos abris étaient comme des stands alignés les uns et les autres sous un même toit. Chaque stand est séparé par un mur de plastique. On dormait pas terre. Les rangés de stands ont pris la bute tout entière. Deux- trois jours après nous avons terminé notre abri. Certains autres sont en train de finir. Au total une semaine a déjà passé.
Chacun se débrouille pour se nourrir. Ils sont en train de vider leurs maigres provisions.
On vient d’avoir une nouvelle consigne : Ne pas éloigner de la bute, on risque de ne pas pourvoir rentrer.
Parmi les déportés, il y en a qui connaissent bien les bois. Ils sont partis plus loin de la bute pour chercher des fruits ou des racines comestibles. Ce qui ne plaisait pas aux nouveaux maitres. Alors ils préviennent donc que à ceux là s'ils osent encore le faire ils ne rentreront plus.
Seulement depuis qu’on est arrivé, il y a eu trois décès parmi les déportés. L’autre jour on a appris qu’il y a eu deux décès dans une seule journée. Ce qui attire les attentions de tout le monde c’est que les morts ne sont pas des gens fragile ni malades. Ce sont des gens bien portants.
Un soir une personne est entrée en transe, et dit « qu’il vient tuer tout le monde ». Cette nouvelle fait le tout de la bute en un rien de temps. Le nouveau chef et ses soldats ne croient pas à ce genre de chose. Ils demandent aux « gens » de commencer à travailler.
Nos devons défricher les alentours de la bute. Groupe par groupe, nous partons le matin, rentrons à midi pour déjeuner, puis repartons jusqu’à la fin de la journée. Les soldats sont là pour nous encadrer. Ce sont eux qui sont notre horloge.

Les gens commencent s’inquiéter, car le nombre de décès augment jour par jours, et toujours dans les mêmes conditions. On ne connaît pas la cause exacte de ces décès.
On les trouve mort chaque matin.Il y a eu une douzaines de morts depuis qu'on est là. L’inquiétude gagne toute la population de la bute.
L’inexplicable gagne petit à petit les nouveaux chefs. Ils commencent à s’intéresser réellement. Des réunions se succèdent. Les bruits courent que Krâbao Chrom est une bute protégée par des âmes errantes. Autrefois personne n’a jamais osé y passer la nuit. On raconte même en plein jour si on est seul, on risque d’être chassé de la bute par des choses étranges. Impuissants, les déportés continuent à vivre avec la peur ventre, ils se posent même plus la question, à qui le tour demain ?
Les chefs ne montrent aucun signe de flottement. Puisqu’il ne se passe rien parmi eux. Très bizarre ?!?

Par contre ils organisent au moins deux fois par semaine des réunions. Ils recrutent des volontaires pour aller faire des stages, organisés par l’Angkar. Les volontaires sont partis avec des guides. Mais on n’a jamais des nouvelles d’eux. Chez Angkar, on est discret, voilà la réponse si un des membres de la famille cherche à avoir les nouvelles de leur proche parti comme volontaire.
Au début j’ai fait la queue parmi les volontaires, attend qu’on me prenne, mais depuis que les doutes s’installent je ne me montre plus à l’appel. J’agissais comme un con, je ne sais pas d’où vient cette idée, volontaire pour le stage ?
Par contre j’ai beaucoup moins peur que les autres à l’idée de mourir demain. Je crois que depuis toujours, dès que j’arrive dans un endroit inconnu, silencieusement je demande au maitre de lieu de m’accorder le passage. Sans trop y croire, superstitieux non plus, mais je l’ai toujours fait. C’est le conseil d’un grand oncle, toujours demandé, ça ne te coute rien, il m’a dit que chaque lieu, chaque chose appartient toujours à quelqu’un. Soyons donc poli, c’est tout.


Edité le 07/05/2013 @ 12:44 par Seun nmott
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Seun nmott a écrit


A mon avis il n'y avait pas un plan précis pour les évacuations des villes. Or vider la ville c'est pour eux une façons de déraciner les ennemis, et donc tant pis, pour le reste.
Ceux qui sont opposés à ce plan sont écartés bien avant leur victoire.

Ils les improvisent, au fur et à mesure. C'est pourquoi, Vous neakReach, vous êtes pas cadrés par eux. La déportation en masse a dépassé ses prévisions. C'est pourquoi à Battambang, ils exécutent les militaires , les hauts fonctionnaires, puis ils vident la ville.



Bonsoir Seun nmott et kaunklau,

Au départ, je pensais la même chose que vous, c’est à dire qu’il n’y avait pas de plan précis et ils les improvisaient au fur et à mesure. Mais en lisant vos récits, j’ai l’impression que c’étaient des actions préméditées : ils vous encadraient et vous déportaient dans des lieux prédéfinis, d’où ma question sur comment ils auraient pu préméditer ces actions. Peut-être qu’ils avaient décidé sur les lieux de déportation à l’improviste, c’est à dire des lieux qui sortaient de nulle part !



"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
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Deuxième escale

Après plusieurs heures de marche à travers des petits phums par la route en terre, nous arrivâmes en fin de journée au bord d’un tonlé et nous traversâmes le phum de Kampong Ba Srov. Soudain mon père et son beau-père croisaient une connaissance. C’était un ouvrier agricole saisonnier qui travaillait durant les saisons de moisson à notre srok natal vers les années 60 et mes grands-parents le logeaient pendant ses séjours. Ce fut un soulagement, enfin quelqu’un pourrait nous aider.

Il nous conseilla de ne pas aller plus loin car, partout dans le pays, c’était la même chose. Il habitait de l’autre côté du tonlé, et son phum ne pouvait recevoir les nouveaux arrivants. Par contre, le phum de Kampong Ba Srov que nous venions de traverser pouvaient recevoir quelques familles.

Quelques heures plus tard, le méphum de Kampong Ba Srov nous a trouvé 2 maisons paysannes non habitées mais dans un bon état, une pour notre famille et une autre pour la famille de ma tante. Il y avait là 5 maisons pour accueillir les nouveaux dont 2 déjà occupées. Ces maisons se trouvaient à l’extérieur de phum. Nous passâmes notre première nuit dans cette nouvelle maison.

Une maison à nous, le tonlé en face, et le méphum était un instituteur avant la guerre civile et le courant passait bien avec mon père. Les conditions nous paraissaient idéales pour commencer notre nouvelle vie, la vie de communauté dans un monde paysan où nous étions issus. Nous décidions donc de rester et de nous installer.

Après l’inscription "officielle", les adultes aptes à travailler devaient participer aux réunions d’information organisées par le méphum. Effrayé par la nouvelle vie paysanne qui nous attendait, le mari de ma tante se rebella et refusa catégoriquement de rester davantage dans ce phum. De notre côté, avec 2 personnes handicapés, nous ne pouvions poursuivre la route. Malgré des pleurs et des supplices de ma mère et de ma tante, la séparation était inéluctable.

Je voyais la famille de ta tante partir en direction de la route nationale 5. A cet instant précis, j’étais loin, de très loin d’imaginer que 4 ans plus tard, il n’en resterait qu’une. Toute une famille de 3 adultes (dont un cousin de ma tante) et 5 enfants allait être décimée… par ce régime.

Quant à nous, notre nouvelle vie allait commencer…

Explication par le plan :

81557_Plan3_17_avril.jpg


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Seun nmott a écrit


A mon avis il n'y avait pas un plan précis pour les évacuations des villes. Or vider la ville c'est pour eux une façons de déraciner les ennemis, et donc tant pis, pour le reste.
Ceux qui sont opposés à ce plan sont écartés bien avant leur victoire.

Ils les improvisent, au fur et à mesure. C'est pourquoi, Vous neakReach, vous êtes pas cadrés par eux. La déportation en masse a dépassé ses prévisions. C'est pourquoi à Battambang, ils exécutent les militaires , les hauts fonctionnaires, puis ils vident la ville.



Bonsoir Seun nmott et kaunklau,

Au départ, je pensais la même chose que vous, c’est à dire qu’il n’y avait pas de plan précis et ils les improvisaient au fur et à mesure. Mais en lisant vos récits, j’ai l’impression que c’étaient des actions préméditées : ils vous encadraient et vous déportaient dans des lieux prédéfinis, d’où ma question sur comment ils auraient pu préméditer ces actions. Peut-être qu’ils avaient décidé sur les lieux de déportation à l’improviste, c’est à dire des lieux qui sortaient de nulle part !





La zone Piryoip, ou la ville de Battambang si vous voulez, est à mon avis bien préparé avant les évacuations. Je vous ai raconté que les KR, par petits groupes, sillonnent tous les rues et ruelles chaque jours.

Quand Ils ont décidé de nous orienter vers Omuni, quittant ainsi la RN5, c'est qu'ils ont bien calculé. Ceux qui étaient devant nous, continuaient jusqu'à Kampong Preah(sur la RN5). Quand à nous et ..je ne sais pas combien, sont venus vers Omuni-Taponn.
Quelques mois après, il me semble que nous nous retrouvons tous à Khsaoy, si je me trompe pas, au moins une bonne partie, on n'était environ 1500-2000 dispersées en trois groupes, dont khsaoy, Samteam et le troisième je ne me rappelle plus..

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Deuxième escale

Après plusieurs heures de marche à travers des petits phums par la route en terre, nous
.....

Quelques heures plus tard, le méphum de Kampong Ba Srov nous a trouvé 2 maisons paysannes non habitées mais dans un bon état, une pour notre famille et une autre pour la famille de ma tante.




Là où nous étions c'est un lieu abandonné, isolé qui se trouve à quelque kilomètre de Tonlé sap. A la saison des crues on est entouré d'eau, coupé du monde. Euh! comme un Alcatraz sans maison , on peut dire. On doit tous construire notre abri avec rien..
Vous le verrez dans la suite mon récit.

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Seun nmott a écrit


La zone Piryoip, ou la ville de Battambang si vous voulez, est à mon avis bien préparé avant les évacuations. Je vous ai raconté que les KR, par petits groupes, sillonnent tous les rues et ruelles chaque jours.

Quand Ils ont décidé de nous orienter vers Omuni, quittant ainsi la RN5, c'est qu'ils ont bien calculé. Ceux qui étaient devant nous, continuaient jusqu'à Kampong Preah(sur la RN5). Quand à nous et ..je ne sais pas combien, sont venus vers Omuni-Taponn.
Quelques mois après, il me semble que nous nous retrouvons tous à Khsaoy, si je me trompe pas, au moins une bonne partie, on n'était environ 1500-2000 dispersées en trois groupes, dont khsaoy, Samteam et le troisième je ne me rappelle plus..



Je crois qu’ils s’étaient rendus compte de leur erreur en ayant évacué Phnom-Penh trop rapidement et en masse sans aucune organisation. Jeter 2 millions de personnes dans les rues n’était pas une mince affaire. Et raison pour laquelle, certains phnom-penhois, comme nous, n’avaient pas été cadrés par les soldats KR.

Et aussi raison pour laquelle les villes provinciales, telle que Battambang, avaient été évacuées bien après, et surtout après avoir bien préparé.

Nous verrons plus tard que, au fur et à mesure de l’avancement de notre histoire, quelques mois après, tout rentrait dans l’ordre : ceux qui avaient été dispersés seraient déportés pour la deuxième fois vers les lieux "aptes" à recevoir le peuple nouveau.


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Les jours passent, les décès se multiplient, toujours sans motif apparents. Les chefs s’alarment. Ils patrouillent la nuit. Nous avons peur d’eux plus que les diables. Des fois ils tirent en pleine nuit, ils vident bien leurs bandes. Là ça réveille tout le monde en pleine nuit, nous sommes terrifiés. Le lendemain personne ne pose aucune question.
On va au travail tête baissée, la tristesse, la peur se lisent sur chaque visage.

Éloigner de la bute, c’est interdit par les Khmers Rouges, rester sur la bute on est la proie d’une chose étrange. On est bel et bien dans une impasse.
Chaque matin on scrute les morts, et oui il y a presqu'un par jour.
Le matin où on n’entend pas parler de mort c'est un matin soulagé.
Par contre les vives commencent à manquer, c'est un vrai souci. Ce qui fait plus peur c’est de voir une personne bien portante meurt aujourd’hui que la vielle on bosse ensemble.

Lorsqu’un matin, nous avons reçu l’ordre de décamper.
C’est un grand soulagement. Tout le monde se hâte de démonter le stand, hâte de quitter cet endroit avant la nuit. C’est la nuit la plus peur. Krâbao Chrom est déserté dans l’après-midi même. Les Khmers Rouges nous emmènent vers un ancien village qui se trouve à un ou deux kilomètres plus à l’ouest de la bute. C’est Khsaoy.


Sur mon journal, à la page mercredi 9 juillet 1975, j'ai noté : on a quitté krâbao chrom pour Khsaoy.

On a resté plus deux mois sur la terre des diables. Quel horreur.
Pendant plus deux mois qu’on vit dans un endroit où la mort rode chaque nuit.

… C’est un peu plus tard que j’ai réalisé que cet endroit est mentionné dans un roman de NOU Hach intitulé « Phka srâpaune »(fleur flétrie) éditée en 1949 , chapitre la pêche miraculeuse dont l’auteur a bien raconté à l’époque que les pêcheurs font en sorte que le cortège des charrettes transportant les poissons ne font pas escale à Krâbao Chrom, la butte est hantée depuis …. Elle continue à hanté et les KR et nous.

Rendez vous au 7 juillet, comme indique le titre du sujet.

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"L'évacuation de villes entières" reste un phénomène unique dans l'Histoire .

Je suis persuadé qu'il convient donc d'aborder ses causes et explications avec la plus extrême prudence.. Notamment :

- par recoupement :

. des récits des témoignages de ceux qui ont vécu directement cet "évènement hors norme",
. des écrits des responsables concernés(mais je pense qu'il y en a très peu, ou même pas du tout du tout !!!)
. probablement la méthode la plus fiable, en observant les destinées des compagnons de route de POL Pot.... avant le 17 avril 1975.





Edité le 11/05/2013 @ 13:21 par robin des bois
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robin des bois a écrit



"L'évacuation de villes entières" reste un phénomène unique dans l'Histoire .

Je suis persuadé qu'il convient donc d'aborder ses causes et explications avec la plus extrême prudence.. Notamment :

- par recoupement :

. des récits des témoignages de ceux qui ont vécu directement cet "évènement hors norme",
. des écrits des responsables concernés(mais je pense qu'il y en a très peu, ou même pas du tout du tout !!!)
. probablement la méthode la plus fiable, en observant les destinées des compagnons de route de POL Pot.... avant le 17 avril 1975.






Pour l'instant ce n'est que des récits et témoignages, des vécus pendant.
Je pense que l'analyse se fera par la suite.
Puisque la déportation ou "l'évacuation des villes entières" dans le récit n'est pas encore terminé.

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Re : Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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robin des bois a écrit



"L'évacuation de villes entières" reste un phénomène unique dans l'Histoire .

Je suis persuadé qu'il convient donc d'aborder ses causes et explications avec la plus extrême prudence.. Notamment :

- par recoupement :

. des récits des témoignages de ceux qui ont vécu directement cet "évènement hors norme",
. des écrits des responsables concernés(mais je pense qu'il y en a très peu, ou même pas du tout du tout !!!)
. probablement la méthode la plus fiable, en observant les destinées des compagnons de route de POL Pot.... avant le 17 avril 1975.






Pour l'instant ce n'est que des récits et témoignages, des vécus pendant.
Je pense que l'analyse se fera par la suite.
Puisque la déportation ou "l'évacuation des villes entières" dans le récit n'est pas encore terminé.



ok d'accord

Des éléments recueillis, il semble apparaitre que cette décision semble bien être le fait du seul POL Pot, probablement décision prise au tout début 1975, voire même en 1974.( en même temps que la décision de la suppression de la monnaie .

Elle semble avoir été contestée au sein même de l'Angkar, mais la prise assez rapide de PP ayant donné raison à POL Pot lu-même, les contestataires internes ont été éliminés aussi sec ;

Voici

- sur ce lien :

http://proceskhmersrouges.net/?p=380

- l'avis de F.PONCHAUD qui reprend les trois hypothèses les plus vraisemblables (analyse d'après coup!!!):

Pourquoi vider les villes ?

Toutes les villes du pays ont subi le même scénario. En route vers la Thaïlande il constate que les villes traversées sont toutes vidées de leurs habitants. « Ce n’était pas de l’improvisation », affirme François Ponchaud qui imagine quelques raisons : la première, inspirée des propos de Duch et Ieng Sary, c’est que Phnom Penh était difficile à gérer du point de vue de la sécurité ; la deuxième, c’est qu’il n’y avait pas à manger pour tout le monde ; la troisième, et pour lui la plus importante, est l’idéologie : « les anciens Khmers rouges disaient que la ville était mauvaise, malfaisante parce que la ville c’était l’argent. ‘Plantez du riz et vous saurez la vraie valeur de tout’, pensaient-ils. » Cette mesure radicale aurait attiré les louanges de Mao Zedong.



- "improvisation ou pas" ??? faux problème selon moi ..

la décision avait été prise et bien prise par le Chef ; les modalités d'exécution ne semblent pas avoir intéressé particulièrement dans le détail l'état- major KR ...
Si on regarde bien le fonctionnement des zones KR après le 17 avril 75, il apparait très clairement que les responsables de zone bénéficiaient d'une très grande latitude intra- zone si évidemment ils commençaient par respecter la ligne de l'ANGKAR!!!
D'autre part, cette façon de faire correspondait très bien aven l'absence de "paperasse intermédiaire" et le goût de la discrétion absolue ( l'exception restant Duch et son perfectionnisme de S-21, qui démontre- a contrario et par l'absurde- que "l'ANGKAR avait raison" de cultiver le secret ....






Edité le 11/05/2013 @ 14:41 par robin des bois
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Bonjour Seun nmott,

Si je comprends bien dans vos récits, ils vous envoyaient volontairement sur la terre des diables pendant environ 2 mois et demi. Questions :
- Y-avait-il de la cantine collective ?
- Si c’était non, comment faisaient les gens pour se nourrir ?


"Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s'adaptent le mieux aux changements." (Charles Darwin / 1809-1882)
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Re : 17 avril jour pour jour Reply With Quote
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NeakReach a écrit

Bonjour Seun nmott,

Si je comprends bien dans vos récits, ils vous envoyaient volontairement sur la terre des diables pendant environ 2 mois et demi. Questions :
- Y-avait-il de la cantine collective ?
- Si c’était non, comment faisaient les gens pour se nourrir ?




Bonjour NeakReach
La cantine collective, non, les gens se débrouillent comme ils le peuvent, c'est pourquoi il y en a qui s'éloignent de la butte pour chercher des patates(damlong chreuv), des herbes comestibles ou d'autres racines. Les sentinelles ne veulent plus les voir éloigner de la butte.
D'autres sont entrain de vidés leurs reste.

PS : je repasserai...

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