Cambodge: deux anciens Khmers rouges témoigneront au procès de Nuon Chea "Je dirai la vérité, je n'ai pas peur. Je dirai au tribunal tout ce que je sais", a indiqué Nhem En, l'un des six photographes chargés de prendre des clichés de chacune des victimes avant leur exécution. Selon lui, Nuon Chea et l'ancien directeur de la prison, Duch, qui sont tous deux jugés par le tribunal spécial, doivent être tenus responsables des exécutions.
Des Khmers islam déposent plainte contre le régime Khmer rouge 25-10-2007 Des centaines de Cambodgiens de la communauté musulmane, ou Chams, vont déposer plainte auprès du Tribunal des Khmers rouges. A cette occasion, l’Ambassadeur des Etats-Unis leur a servi un discours sur une éventuelle aide à la tenue de ce procès. Représentants des Khmer islam et S.E.M. Mussomeli Trois cents Khmers islam sont invités par le DC-Cam (Centre de Documentation du Cambodge), à venir à Phnom Penh jeudi 25 octobre afin de déposer une plainte contre le régime Khmer rouge. Les formulaires de plainte sont déjà distribués, et avec l’aide du personnel du DC-Cam, les plaignants devraient finir de les compléter le jeudi 25 octobre, afin que le Centre les transmette aux bureaux de co-procureur et du co-juge d’instruction lundi 29 octobre.Le Centre a également tenu au courant les représentants de ces Chams des dernières évolutions des Chambres Extraordinaires au sein des Tribunaux Cambodgiens, avant de les amener écouter l’Ambassadeur desétats-Unis au Cambodge, Joseph A. Mussomeli. « Une activité au crédit des CETC, parmi d’autres, et que l’on doit féliciter, est que les victimes du régime Khmer rouge peuvent déposer une plainte pénale auprès du co-procureur », affirme l’Ambassadeur qui a reçu les Khmers islam à sa résidence. Selon le diplomate, Washington enverra en décembre prochain du personnel au Cambodge pour observer les évolutions du Tribunal Spécial, avant de décider d’une assistance.Un montant de 56,3 millions de dollars a été estimé nécessaire comme budget du Tribunal spécial, pour une période de trois ans (débutée en juin 2006). L’ONU devrait participer pour 43 millions, mais à ce jour, il lui manque 3,2 millions de dollars. Quant au Cambodge, sur les 13,3 millions de dollars à sa charge, 4,9 millions de dollars sont encore manquants. Répondant à la question des journalistes, ce jeudi 20 octobre, sur le fonctionnement des CETC, le ministre cambodgien des Affaires étrangères, Hor Nam Hong, a félicité le bon déroulement du procès, mais s’est inquiété de ce problème financier. Leang Delux
Des Khmers islam déposent plainte contre le régime Khmer rouge 25-10-2007 Répondant à la question des journalistes, ce jeudi 20 octobre, sur le fonctionnement des CETC, le ministre cambodgien des Affaires étrangères, Hor Nam Hong, a félicité le bon déroulement du procès, mais s’est inquiété de ce problème financier. Leang Delux
Huis clos pour la préparation de l’audience du 20.11 sur le cas de Duch 29-10-2007 Un communiqué adressé à la presse lundi 28 octobre, émis par le président de la Chambre préliminaire des Chambres Extraordinaires au sein des tribunaux Cambodgiens (CETC), a annoncé la tenue à huit clos de l’audience préparatoire à celle devant trancher sur une éventuelle mise en liberté de Duch. Le président de la Chambre préliminaire des CETC, Prak Kim San, a publié un communiqué pour annoncer que l’audience prévue au 15 novembre, destinée à préparer les procédures de l’audience du 20 novembre, aura finalement lieu à huis clos. Il sera alors décidé, le 20 novembre, de mettre fin ou non à la détention préventive de Duch, et s’il lui sera accordé une liberté surveillée. Cette procédure fait suite à la plainte déposée le 23 août dernier par ses avocats, qui ont demandé la remise en liberté de leur client.La semaine dernière, les CETC avaient fait savoir qu’une audience se tiendra le 15 novembre, afin de préparer les directives de celle du 20 novembre, en public. Ce dernier point a été modifié, et, selon Prak Kim San, ce sont les deux parties en présence qui ont proposé de tenir cette audience à huis clos. « Vu que l’audience de préparation sera faite seulement dans le but de préparer la première audience des CETC, elle pourra se tenir à huis clos en vertu de l’article 77 (5) du règlement intérieur », affirme Prak Kim San dans le même communiqué. Leang Delux
[color=#0000ff]Huis clos pour la préparation de l’audience du 20.11 sur le cas de Duch 29-10-2007
Recherche plaignants désespérément Plus d’un an après le début du processus de jugement des crimes des Khmers rouges, les survivants hésitent encore à déposer plainte. La complexité des procédures et l’envie d’oublier n’y sont pas étrangères. Des policiers montent la garde devant le tribunel d'exception, à Phnom Penh le 19 septembre AFP Le constat est affligeant à maints égards. Un an et demi après le début d’un long processus judiciaire devant permettre in fine aux survivants du régime khmer rouge de voir comparaître, devant un tribunal d’exception, les responsables des atrocités commises entre 1975 et 1979, les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC) ont échoué à impliquer la société civile dans leur projet. Il a en effet fallu attendre le 5 octobre 2007 pour que les CETC mettent enfin à la disposition du public un formulaire devant permettre aux victimes de déposer une plainte ou de se constituer partie civile dans ce procès historique. Un geste jugé “tardif” par les organisations non gouvernementales, qui, pour beaucoup d’entre elles, décrient également “la complexité et le caractère dissuasif des procédures établies par les CETC”. Lor Chunthy, directeur adjoint de l’ONG Legal Aid for Cambodia, estime qu’il revient désormais au monde associatif d’aider les victimes à s’impliquer dans le processus. “Mais comment faire quand on sait que l’Unité des victimes, sorte de chambre d’enregistrement des plaintes au sein du CETC, n’est toujours pas opérationnelle ?” s’interroge-t-il. Selon le document délivré par les CETC, les victimes des Khmers rouges doivent constituer un dossier comprenant, entre autres, un témoignage et des références juridiques pertinentes. “Même pour nous qui sommes pourtant avocats, la procédure est un peu compliquée à mettre en place. Alors, imaginez les difficultés d’un citoyen n’ayant aucune connaissance en la matière…”, explique Lor Chunthy. 200 plaintes ont été reçues par les coprocureurs Malgré la volonté de certains survivants du régime khmer rouge de porter plainte en leur nom propre, Hisham Mousar de l’association de défense des droits de l’homme ADHOC, estime plus judicieux que les plaignants déposent des plaintes collectives… L’expert en droit avance trois raisons pour justifier ce choix : la sécurité des témoins, la rigueur des témoignages (qui devront être vérifiés) et, enfin, la rédaction du document judiciaire. Quant aux CETC, Hisham Mousar estime qu’elles n’ont guère fait d’efforts pour sensibiliser la société civile cambodgienne. “Les droits des victimes ne sont mentionnés nulle part. Ni sur les brochures imprimées par les CETC, ni même dans les émissions diffusées à la radio ou à la télévision. Comment dans ces conditions les victimes peuvent-elles se tenir au courant de l’avancée du processus et éventuellement y participer ?” s’interroge l’expert. Porte-parole des CETC, Reach Sambath s’inscrit en faux contre cette allégation. Les plaignants ont, selon lui, la possibilité d’envoyer leurs dossiers par la poste au tribunal, à Phnom Penh, mais aussi par l’entremise des ONG. “Nous en avons déjà reçu un certain nombre en provenance de France ou des Etats-Unis”, explique-t-il. Si la mise en ligne sur le site Internet (www.eccc.gov.kh) des CETC du formulaire expliquant aux survivants comment faire pour déposer plainte ou se constituer partie civile s’est avérée utile au-delà des frontières, il est permis de s’interroger sur la pertinence de ce support pour sensibiliser des victimes des Khmers rouges résidant dans un pays pauvre où bon nombre de localités ne sont même pas reliées au réseau de distribution électrique. Depuis le début du processus judiciaire, 200 actions en justice seulement ont atterri sur les bureaux des coprocureurs des Chambres… Un bureau des plaignants devrait être ouvert, mais aucune date n’a encore été fixée. “J’ai été emprisonné par les Khmers rouges pendant quatre mois et vingt jours après avoir été accusé de vol. J’ai été menotté, privé de nourriture et torturé. Mais les responsables de ces actes sont tous décédés ou presque. Alors, expliquez-moi comment obtenir réparation”, lance, pour sa part, Say Soth, un vieux paysan du district de Krakor dans le nord-ouest du pays. Assise sous sa maisonnette sur pilotis, la voisine de Say Soth n’a aucune intention de réclamer justice… Le visage marqué par les préoccupations quotidiennes, cette femme aurait pourtant toutes les raisons de porter plainte. “Dans notre famille, ce fut l’hécatombe. En tout, ce sont quarante membres de ma famille qui ont été exécutés ou emprisonnés. Ils n’ont jamais plus donné signe de vie. Tout cela, c’est le passé. Je ne veux plus jamais y repenser… Jamais.” Kong Sothanarith Cambodge Soir Hebdo
Cambodge: hospitalisation de Khieu Samphan, chef de l'Etat sous les Khmers rouges PHNOM PENH (AFP) — Khieu Samphan, ancien chef de l'Etat cambodgien sous le régime brutal des Khmers rouges, a été admis mercredi à l'hôpital Calmette de Phnom Penh après avoir souffert la veille d'hypertension. Khieu Samphan (76 ans) est apparu fragile mais pas particulièrement malade à son arrivée à l'hôpital et il a marché seul en entrant dans un bâtiment où il devait subir des examens médicaux, selon un correspondant de l'AFP ............
Le vendredi 23 novembre 2007 Les procès de Phnom Penh Photo La Presse Mario Roy La Presse Lorsque, par la voix de son avocat, l'homme a plaidé que ses droits n'étaient pas respectés, la foule présente dans le tribunal de Phnom Penh a pouffé de rire, rapporte le New York Times. L'homme, c'est Kaing Guek Eav, 66 ans. Sous le régime des Khmers rouges, il a dirigé la prison de Tuoi Sleng, la célèbre S-21. Entre 16 000 et 20 000 personnes y sont passées et y ont subi la torture. À la fin, on y a trouvé sept survivants Emprisonné depuis 1999, l'ancien enseignant (comme la majorité des cadres de Pol Pot, lui-même décédé en 1998) comparaissait donc, lundi, afin d'obtenir sa libération provisoire. L'audience annonce en quelque sorte les procès de cinq dirigeants Khmers prévus pour 2008, maintenant qu'on a appréhendé, lundi, le dernier qui était recherché et encore libre, Khieu Samphan, 76 ans, ex-président du Cambodge. Les Khmers rouges ont occupé le pouvoir de 1975 à 1979. Ils ont fait entre un et deux millions de victimes, sur une population de 7,5 millions de citoyens. On périssait par la famine imposée, l'épuisement dû au travail forcé (59% de la population fut réquisitionnée) ou l'exécution pure et simple. Aujourd'hui, l'ONU supervise ces procédures judiciaires dans un pays où l'on n'est pas toujours très sûr de vouloir exhumer cette période du passé. L'épisode ultra-communiste qu'a vécu le Cambodge constitue en effet un phénomène unique dans l'histoire, unique comme l'a été l'Holocauste pour d'autres raisons. Alors que celle-ci a été une entreprise inédite de génocide perpétré sur le mode industriel, l'auto-génocide cambodgien, lui, fut le résultat d'un gigantesque travail d'ingénierie sociale qui n'a pas d'équivalent. Les maîtres mots sont: jeunesse et pureté. D'abord, comme tous les régimes totalitaires - nazi, fasciste, soviétique, maoïste -, celui de Pol Pot instaura un véritable culte de la jeunesse non dépourvu d'un côté pratique. Les adolescents étaient en effet les plus aptes à agir comme bourreaux. Embrigadés «dès l'âge de 12 ans (), ils constituaient un matériel humain particulièrement facile à initier à l'usage de la violence la plus extrême», écrit Marek Sliwinski dans Le Génocide Khmer rouge/une analyse démographique. Ensuite et surtout, le régime khmer boulonna pendant de brèves années une société qui atteignit un niveau de pureté communiste jamais égalé, ni auparavant ni depuis, se déclinant en outre en pureté nationale, morale, économique. Et même pastorale puisque, comme on le sait, la première initiative du régime consista à vider les villes de leurs habitants (de 61 à 67% de la population a été déportée). Kaing Guek Eav n'a apparemment pas abandonné cette quête de pureté, qu'il trouve aujourd'hui dans sa communion avec le dieu des chrétiens. Mais c'est un idéal toujours difficile à atteindre. Et, lorsqu'on l'interroge sur sa responsabilité dans le massacre à grande échelle perpétré par les Khmers rouges, il répond, comme tous les bourreaux, qu'il obéissait aux ordres, simplement.
La justice a bien du mal à s'exprimer Même si cinq dirigeants importants des Khmers rouges ont finalement été arrêtés pour être jugés, la journaliste et écrivaine Elizabeth Becker souligne que l'impunité dont ces individus ont bénéficié pendant trente ans a eu une bien mauvaise influence sur la société cambodgienne. Le 12 novembre dernier, la police a débarqué dans une villa pour y arrêter Ieng Sary et son épouse Ieng Thirith, expliquant en détail la procédure judiciaire à ces deux dirigeants Khmers rouges vieillissants. Près de trente ans se sont écoulés depuis le renversement du régime génocidaire auxquels ils ont participé et qui a coûté la vie à 1,7 million de Cambodgiens entre 1975 et 1979. Pourtant, personne n'a eu à répondre de l'un des pires crimes contre l'humanité du XXe siècle. Pol Pot, le chef des Khmers rouges, est mort libre en 1998. Ieng Sary, qui fut ministre des Affaires étrangères, et Ieng Thirith, ancienne ministre aux Affaires sociales, tous deux de proches collaborateurs de Pol Pot, ont vécu librement en vertu d'une amnistie qui leur avait été accordée en 1996 par le roi d'alors Norodom Sihanouk – et qui sera très probablement levée à l'occasion de leur procès pour crimes contre l'humanité. Ils font partie des cinq responsables Khmers rouges à être jugés par le tribunal spécial mis en place avec le soutien des Nations unies. Cette cour vient de tenir sa première séance publique pour statuer sur la demande de remise en liberté d'un des coaccusés, directeur de la prison S21. Toutefois, ces procès arrivent bien trop tard. Des décennies d'impunité ont profondément marqué les comportements de la population à l'égard de la loi et de la justice. En tant que journaliste, j'avais couvert l'ascension des Khmers rouges, et passé deux semaines très éprouvantes au Cambodge durant leur régime. [Durant ce voyage, le journaliste britannique Malcolm Caldwell avait été tué dans des circonstances qui restent inexpliquées.] Par la suite, je fus terrifiée par l'habileté des dirigeants à éviter les poursuites. Pourtant les preuves contre eux ne manquaient pas. Mais dans les derniers jours de la guerre froide, la Chine et les Etats-Unis avaient besoin des Khmers rouges pour faire face à l'Union soviétique. Ensuite, le régime de Hun Sen, ancien petit chef des Khmers rouges, s'est opposé à un procès, affirmant qu'il était inutile de rouvrir de vieilles blessures. Du fait de ce passé si marqué par le mépris du droit, il sera très difficile de rendre justice lors du procès à venir, et plus difficile encore d'en faire un événement qui améliore la société cambodgienne. Dans le Cambodge d'aujourd'hui, la justice se vend au plus offrant. Voilà pourquoi le tribunal spécial [dont le nom officiel est Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CEC)] qui juge les Khmers rouges suit la procédure cambodgienne, laquelle a été adaptée pour suivre les normes internationales, et la majorité des juges et des avocats sont cambodgiens. C'était le seul moyen de faire accepter au gouvernement la perspective de ces procès. Robert Petit, le co-procureur étranger, reconnaît que le droit cambodgien est "très approximatif". Il s'inquiète par ailleurs de la perception de ces procès au Cambodge. Car le tribunal ne jugera que les plus hauts responsables du régime encore en vie, et les Cambodgiens ne sauront jamais qui précisément a tué leurs proches, pas plus qu'ils ne recevront de compensation. Les Cambodgiens nés après le régime des Khmers rouges estiment toutefois que ces procès pourraient les aider à mieux comprendre l'histoire de leur pays. Il y a pour eux un lien direct entre la corruption qu'ils constatent au quotidien et le silence et les demi-vérités qu'on leur a racontées sur les Khmers rouges. "Le peuple khmer doit savoir ce qui est juste et ce qui ne l'est pas. Et cela commence par les responsables du génocide : Pol Pot, Ieng Sary, Khieu Samphan", affirme Solyn Seng, une jeune diplômée en comptabilité de la meilleure école de commerce du pays. Sa camarade de classe Chirattana Leng, diplômée en finances, estime qu'un tribunal efficace "montrerait au monde qu'il peut y avoir une justice au Cambodge, et cela ferait venir davantage d'investissements étrangers". Non qu'il y ait pénurie en la matière. Récemment, une conférence pour les investisseurs étrangers a fait salle comble, l'assistance devant rester debout. Car tout le monde sait que le Cambodge a une main-d'œuvre bon marché et une pléthore de terrains inutilisés. Reste que l'essentiel de ces nouvelles richesses parte directement dans les poches d'un petit groupe proche du régime. Ces individus ont d'ores et déjà rasé un tiers des forêts, chassé d'innombrables paysans de leurs terres pour faire place à d'immenses plantations qui produisent caoutchouc et huile de palme et ils ont exproprié des propriétaires pauvres pour bâtir de nouveaux immeubles. Et lorsque certains de ces paysans ou citadins pauvres ont plaidé leur cause en justice, ils ont presque systématiquement perdu. Telle est la chaîne ininterrompue de l'impunité au Cambodge. Puisque les Khmers rouges n'ont pas eu à rendre de comptes pour la mort de près de 2 millions de personnes, il n'est guère surprenant que leurs successeurs se comportent comme si la loi ne les concernait pas. Si le tribunal parvient à reconnaître coupables quelques-uns des vieux Khmers rouges, ce triste état de fait pourrait enfin commencer à changer. Elizabeth Becker International Herald Tribune
lundi 19 novembre 2007 La justice en marche contre les Khmers rouges Stéphanie Gée Les chefs Khmers rouges encore en vie sont désormais inculpés, près de trente ans après le génocide dont ils se sont rendus coupables. Dernier en date, ce lundi, Khieu Smaphan, ex-président du "Kampuchéa démocratique". Plus d'un an après leur entrée en fonction, les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC), chargées de juger les anciens chefs Khmers rouges responsables du génocide, entre 1975 et 1979, sont bel et bien entrées en action. Ex-président de ce régime totalitaire dit du Kampuchéa démocratique, Khieu Samphan, 76 ans, a été arrêté ce lundi à Phnom Penh, après une brève hospitalisation. Jusqu'ici, il prétend avoir tout ignoré des massacres et des purges. Il rejoint en détention quatre autres dignitaires Khmers rouges mis en examen, dont un couple emblématique appréhendé il y a peu: Ieng Sary, 82 ans, qui fut vice-Premier ministre et chef de la diplomatie, son épouse, Ieng Thirith, 75 ans, alors chargée des Affaires sociales et sœur de la première femme de Pol Pot - dirigeant suprême, décédé en 1998. Condamné à mort par contumace en 1979 par un tribunal populaire révolutionnaire non reconnu par la communauté internationale, Ieng Sary fut amnistié par décret royal en 1996 - après qu'il eut, le premier parmi ses pairs, prêté allégeance aux autorités de Phnom Penh et encouragé la reddition de milliers de ses partisans. Son rôle dans la "réconciliation nationale", chère au Premier ministre Hun Sen, a longtemps laissé penser qu'il pourrait se soustraire à la justice... Ex-directeur du centre de détention et de torture S21 à Phnom Penh, Duch a été mis en accusation pour crimes contre l'humanité en juillet dernier. Peu après, Nuon Chea, 81 ans, considéré comme l'idéologue du régime de Pol Pot, était appréhendé et inculpé. Parrainé par les Nations unies, le tribunal vient de réclamer une rallonge budgétaire. Les premiers procès ne devraient pas s'ouvrir avant la mi-2008.
L’heure de rendre des comptes a sonné pour les Khmers rouges L'ex-président Khieu Samphan, le 14 novembre aux obsèques de la femme de Pol Pot. (Reuters) GÉRARD THOMAS QUOTIDIEN : mardi 20 novembre 2007 Le tribunal mis en place sous l'égide du Cambodge et des Nations Unies pour juger les crimes des responsables de l'ancien régime khmer rouge (1975-1979), a tenu sa première audience publique mardi à Phnom Penh. Au lendemain de l'arrestation par la police cambodgienne de l'ancien président Khieu Samphan, c'est le tortionnaire Kang Kek Eav (alias Douch), 65 ans, l'ancien chef du centre de tortures Tuol Sleng, qui a inauguré les auditions. Quatre autres responsables de l'administration du dictateur Pol Pot doivent être traduits à compter de janvier 2008 devant cette juridiction spéciale financée par l'Onu qui aura mis près de 8 ans à devenir opérationnelle. 7 réactions La police cambodgienne a arrêté hier à Phnom Penh l’ex-président khmer rouge Khieu Samphan, sur ordre du tribunal mis en place sous l’égide conjointe du Cambodge et des Nations unies pour juger les crimes de l’ancien régime. Quatre autres responsables de l’administration du dictateur Pol Pot (1975-1979) ont déjà été arrêtés ces dernières semaines et inculpés de crimes contre l’humanité, de génocide ou de crimes de guerre. Pourquoi le mouvement vers un procès s’accélère-t-il ? Pour des raisons politiques, économiques et administratives. Politiques d’abord, puisque l’homme fort du Cambodge, le Premier ministre Hun Sen – qui a lui-même été du côté des Khmers rouges avant de leur tourner le dos en 1977 –, semble désormais résolu à permettre la tenue du procès de ses anciens alliés. Economiques ensuite, car le budget alloué par l’ONU aux «chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens» (nom officiel du tribunal international), d’un montant de 56,3 millions de dollars (environ 38,5 millions d’euros), couvre la période 2006-2009 et qu’une rallonge sera bientôt nécessaire. Difficile à obtenir sans procédure en cours. Pour des raisons administratives enfin : le 13 juin, les juges cambodgiens et internationaux se sont enfin mis d’accord sur une centaine de règles de fonctionnement. L’adoption d’un règlement intérieur permet aux procureurs de transmettre les dossiers aux juges d’instructions. Les premiers procès sont attendus début 2008. Comment est organisé le tribunal, et qui reste-t-il à juger ? Depuis le 29 avril 2000, date à laquelle un accord de principe est intervenu entre le Cambodge et les Nations unies pour la mise en place d’un tribunal commun, et l’arrestation de Khieu Samphan, hier, d’innombrables séances de négociations ont été nécessaires. En août 2001, le roi, Norodom Sihanouk, officialisait la création d’une cour spéciale mixte, cambodgienne mais «à caractère international».La cour est composée de 29 magistrats (12 internationaux – dont les Français Jean-Marc Lavergne et Marcel Lemonde – et 17 Cambodgiens). Elle ne peut juger que les personnalités encore en vie, et la peine de mort ne sera pas requise. Les procès pourraient durer trois ans. Il reste que, trente ans après les faits, la juridiction est plus morale que pénale puisque la plupart des tortionnaires sont déjà morts et que les survivants ont une moyenne d’âge qui flirte avec les 80 ans. Incarcérés, Ieng Sary, ex-ministre des Affaires étrangères, et sa femme, Ieng Thirith ; Nun Chea, idéologue des purges ; Kang Kek Ieu (dit Douch), chef d’un centre d’interrogatoires ; et Khieu Samphan devraient être traduits en justice. Pourquoi a-t-on tant traîné ? Le jugement des responsables de la mort d’au moins 1,7 million de Cambodgiens – un quart de la population – est longtemps resté embarrassant pour une large partie de la classe politique qui a eu des liens avec les Khmers rouges. Ainsi le Premier ministre, Hun Sen, a-t-il auparavant qualifié un tribunal international de «diktat judiciaire imposé au Cambodge». Les membres de son Parti du peuple cambodgien (PCC, ex-communiste) n’aiment d’ailleurs pas que des juges étrangers fourrent leur nez dans les «affaires intérieures» du pays. Le roi, Norodom Sihanouk, a, pour sa part, régné brièvement au début de l’ère khmère rouge, tandis que la Chine était la grande alliée de Pol Pot et que personne ne veut faire le procès du puissant voisin. Les Etats-Unis eux-mêmes, qui ont considéré un temps les Khmers rouges comme des partenaires contre le Vietnam à l’époque prosoviétique, n’étaient pas enclins à accélérer la justice. Quant à l’ONU, elle a permis aux Khmers rouges de garder leur siège à New York bien après qu’ils eurent été chassés de Phnom Penh.
Je ne retrouve plus le post concernant un site où l'on peut lire des témoignages de Cambodgiens sous les Khmers Rouges. Il y avait celui d'Aekreach dedans si je ne me trompe pas. Quelqu'un a le lien ?