Le gouvernement cambodgien voit grand pour son budget, les crédits alloués à la Défense renforcés Par Duong Sokha 07-11-2008 Le budget national du Cambodge pour 2009, tel qu'adopté le 17 octobre dernier par le Conseil des ministres, s'envole en comparaison de celui de 2008, avec une augmentation de 28%. Il atteindra ainsi près de 2 milliards de dollars. Une inflation qui n'est pas sans inquiéter l'opposition parlementaire, et se traduira, redoute-t-elle, par un alourdissement du fardeau supporté par les contribuables. Le gouvernement rassure, cette augmentation sera compensée par les revenus de l'Etat, qui devraient être plus conséquents. La défense est l'un des postes du budget à être revus à la hausse, une décision qui intervient en pleine crise frontalière armée avec le voisin thaïlandais. Dans deux semaines, ce texte de loi fera l'objet de débats entre représentants du gouvernement, d'ONG, de la communauté internationale et les parlementaires avant son adoption fin novembre. Une opposition "soucieuse" Son Chhay, un ténor du Parti Sam Rainsy (PSR), la principale formation d'opposition, s'interroge sur l'origine de cette hausse du budget national et son impact sur les habitants qui risquent d'être mis à contribution en payant davantage d'impôts et taxes. "Si l'Etat décide de taxer plus lourdement l'essence et les produits de première nécessité, nous nous opposerons totalement à cette politique inacceptable. Rappelons qu'en vertu de la Constitution, les députés ne doivent pas adopter des lois qui tendent à augmenter les charges des Cambodgiens", met en garde le porte-parole du PSR. Sa formation, tempère-t-il, défend toutefois une hausse des crédits destinés au développement des infrastructures et aux postes de l'éducation, de la santé et de la défense. "Cependant, en ce qui concerne l'armée, nous demandons au gouvernement d'enquêter sur les dépenses passées car nous avons reçu des informations révoltantes selon lesquelles des détournements de fonds auraient lieu, notamment dans l'achat d'armements et de nourriture, et des salaires de militaires seraient injustement ponctionnés. Je vais prendre contact avec M. Cheam Yeap [président de la 2e commission parlementaire en charge de l'économie, des finances et des audits] pour obtenir une copie du projet de loi et lui faire part ensuite de nos commentaires", annonce l'ancien président de la commission parlementaire des affaires étrangères et de l'information. Des recettes qui devraient gonfler Cheam Yeap, également membre du Comité permanent du comité central du Parti du peuple cambodgien (PPC), au pouvoir, vole au secours de son gouvernement, en expliquant tout d'abord qu'augmenter le budget national est "chose normale" qui s'observe dans tous les pays et se décide en fonction des revenus que devrait engranger l'Etat. L'élu de Prey Veng met ainsi en avant les quatre piliers de la croissance économique au Cambodge - la confection textile, le tourisme, le secteur du bâtiment et l'agriculture - des secteurs porteurs soumis à l'impôt. "Nos recettes proviennent par ailleurs des taxes industrielles et commerciales et de taxes non inscrites à la loi comme celles, journalières, prélevées auprès des marchés, de CamboSix [une société de paris sur le football au Cambodge] et des casinos", détaille Cheam Yeap. En outre, souligne-t-il, "le Parlement autorise le gouvernement à échanger jusqu'à 200 millions de droits de tirage spéciaux (DTS) (1 DTS équivaut à 1,49 dollar) auprès de pays [membres du FMI] en vue de l'aider à atteindre l'équilibre budgétaire". Les subventions s'inscrivent aussi en positif, fait-il valoir. Plus de 137 millions de dollars pour la Défense nationale Sans surprise, Cheam Yeap fait le lien entre le conflit frontalier qui oppose le Cambodge à la Thaïlande depuis le 15 juillet dernier et l'inflation du budget de l'armée. Celui-ci enregistre ainsi une hausse de 68% en un an, s'établissant à plus de 137 millions de dollars contre seulement un peu plus de 81 millions de dollars en 2008. Depuis dix ans, le ministère de la Défense nationale voyait ses crédits fondre au soleil tandis que ses équipements et munitions se détériorent sous l'effet corrosif du temps et que ses officiers prennent de l'âge. "Il est nécessaire de les faire partir à la retraite et de recruter notamment de jeunes volontaires, ainsi que de renouveler notre stock d'armements à un moment où le pays est en situation d'insécurité avec l'intrusion sur notre territoire de troupes armées thaïlandaises", justifie Cheam Yeap. Il demandera par ailleurs, ajoute-t-il, en sa qualité de président de la 2e commission parlementaire, au président de l'Assemblée nationale et aux députés d'accorder au chef du gouvernement le droit de renforcer les forces de l'ordre afin d'y faire régner la discipline. Napoléon cité en exemple Ces crédits supplémentaires octroyés à l'armée serviront tout d'abord à augmenter les soldes des militaires, à prendre en charge leurs familles et à entreprendre la construction de nouvelles casernes. "Nous devons ensuite réserver un budget pour la formation des militaires aux tactiques de combat et à l'utilisation de nouvelles armes. Je vous renvoie à la devise du fin stratège Napoléon : 'Pour avoir la paix, il faut préparer la guerre' ["Si vis pacem, para bellum", en réalité une maxime romaine - NDLR]. Cela ne signifie pas qu'il faille envahir d'autres pays comme l'a fait la Thaïlande mais bien préparer et discipliner son armée. Si notre armée est puissante, on n'osera pas nous agresser. Et ce travail s'effectue étape par étape...", énonce doctement Cheam Yeap. Enfin, rappelle-t-il, le Premier ministre peut, sur sa proposition et en cas de nécessité, mobiliser les réserves budgétaires de l'Etat pour les injecter dans l'armée, au nom de la défense et de la sécurité nationales. En attendant qu'une telle éventualité ne se produise, la réforme militaire initiée dès le deuxième mandat se poursuit, avec notamment la démobilisation de milliers de soldats. L'inflation de l'équipe gouvernementale, un poids en plus ? Le gouvernement du quatrième mandat (2008-2013) a bien gonflé ses effectifs, fort aujourd'hui de plus de 400 ministres d'Etat, ministres, secrétaires d'Etat, sous-secrétaires d'Etat (ces derniers ne sont pas considérés officiellement comme "membres du gouvernement") contre seulement un peu plus de 300 lors du précédent mandat. Là encore, Cheam Yeap endosse infatigablement les habits d'avocat du Premier ministre Hun Sen qu'il n'hésite pas à comparer à "un capitaine d'équipe de football qui a besoin de pouvoir se reposer sur une équipe toujours plus performante". "Il a réfléchi à deux fois avant de sélectionner des personnes compétentes qui l'ont aidé à décrocher 90 sièges de députés. Quoi qu'il en soit, les raisons de l'augmentation du budget ne sont pas à chercher du côté de l'inflation de l'équipe gouvernementale, tranche Cheam Yeap. La hausse de leurs indemnités et des frais de mission, ainsi que des primes auxquelles ils peuvent prétendre, ne compte pas pour beaucoup", développe-t-il, avant de citer de nouveau un proverbe, français : "Tout travail mérite salaire". Un forum de discussions avant l'adoption du texte fin novembre Sur une proposition de l'organisation locale NGO Forum on Cambodia, soumise le 27 octobre au président de la chambre basse, un forum devrait se tenir le 20 novembre à l'Hémicycle, au cours duquel représentants du gouvernement, dont le ministre de l'Economie Keat Chhon, de la société civile, de la communauté internationale, députés et sénateurs passeront au crible le projet de budget 2009. "Souvent, dans les pays étrangers, les projets de loi de finances sont diffusés largement afin de recueillir des avis extérieurs et de s'assurer d'une participation tant de la société civile que du secteur privé. Cela n'a pas encore vraiment été fait au Cambodge, mais nous avons finalement tout de même pu y avoir accès et, avec l'aide d'experts, nous avons commencé à éplucher chapitre après chapitre le nouveau budget. Quand nous en aurons terminé, nous élaborerons des recommandations", explique Ngy San, directeur exécutif adjoint de NGO Forum, qui se refuse à commenter la hausse du budget national tant que son minutieux examen n'a pas touché à sa fin. Photo : Phnom Penh (Cambodge), le 24 septembre 2008. Garde d'honneur faisant contrôler son armement lors de la cérémonie d'ouverture du nouveau mandat parlementaire © John Vink / Magnum
Pou, est ce que vous pourriez traduire les légende car je ne comprends pas tout sur les photos ?
Hissement des drapeaux de l'UNESCO et de drapeau du Kampuchear
Je me demande si ces 3 drapeaux peuvent empecher les Thais à envahir le Cambodge !!...Enfin...j'espère !!!
[color=#3f00ff][size=4]Bonjour chers Tous, … J’espère vivement que nos dirigeants ne vont pas céder à la pression. ]
PREAH VIHEAR – Le Cambodge et la Thaïlande ont fait peu de progrès dans leurs négociations jeudi 13 novembre 2008 Les négociateurs cambodgiens et thaïlandais ont fait peu de progrès mardi dans les pourparlers cherchant à résoudre leur conflit de frontières, selon le chef de la délégation cambodgienne. Des dignitaires des deux pays se sont rencontrés à Siem Reap pour dresser l’agenda des discussions entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays qui étaient prévues hier. Le négociateur cambodgien Va Kimhong a affirmé que les deux parties avaient eu du mal à trouver une entente. "Nous avons besoin de temps et de décisions de haut niveau, a-t-il déclaré à la fin de la réunion, mais ce que nous avons convenu est positif". Il a ajouté qu’ils avaient décidé de déterminer ensemble d’ici décembre où était la frontière tracée il y a un siècle par les colonisateurs français. Les négociateurs ont également convenu que leurs pays retireraient conjointement les mines de cette zone controversée aux alentours du temple de Preah Vihear. Ces pourparlers ont pour but de mettre fin à quatre mois d’impasse militaire. Les tensions les plus récentes avaient commencé en juillet quand Preah Vihear, temple Khmer du 11ème siècle, avait reçu le statut de patrimoine mondial de l’Unesco, ranimant ainsi un long désaccord sur la propriété des terrains alentours. M.R. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) jeudi 13 novembre 2008
Négociations entre le Cambodge et la Thaïlande : "un grand pas en avant" Par Ros Dina 13-11-2008 A en croire les chefs de la diplomatie du Cambodge et de la Thaïlande, réunis en début de semaine à Siem Reap pour un nouveau round de négociations, les deux pays auraient nettement progressé sur la voie d'une résolution du conflit frontalier qui les oppose depuis le 15 juillet. Lors d'une conférence de presse conjointe donnée dans la soirée de mercredi 12 novembre, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sompong Amornvivat, s'est réjoui d'une réunion "fructueuse à 99%". "Il reste encore quelques points, mineurs, à régler, que je dois avant toutes choses soumettre à l'Assemblée nationale." Des éléments "nouveaux" qui, a-t-il expliqué, ne lui avaient pas été exposés avant la réunion et sur lesquels il ne peut pas engager sa seule responsabilité de ministre. A sa suite, son homologue cambodgien, Hor Namhong, a bien précisé que l'accord sur lequel ont débouché ces derniers pourparlers demeurait "provisoire" dans l'attente d'un feu vert de l'Assemblée nationale thaïlandaise, mais qu'il constituait "une avancée majeure". Si les parlementaires thaïlandais ne font pas obstacle au passage de cet accord, il donnera lieu à une signature entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays et entrera alors en vigueur jusqu'à ce que les deux voisins s'entendent définitivement sur le tracé frontalier. Entre autres décisions prises, a développé le ministre cambodgien, la promesse que le comité mixte de résolution du litige frontalier tienne réunion courant janvier 2009, de même que le groupe mixte de travail législatif mis sur pied parallèlement pour définir un véritable cadre juridique, et le lancement mi-décembre des opérations de mesurage du tracé frontalier, qui seront complétées par un déminage systématique de la zone frontalière. "Nous nous efforcerons de résoudre en priorité les problèmes relatifs à la zone de Preah Vihear - très sensible - et réglerons ensuite les autres points de conflit", a souligné Hor Namhong, confiant que tout était désormais mis en oeuvre pour accélérer le processus menant à une résolution du contentieux et exprimant à haute voix son souhait que l'Assemblée nationale thaïlandaise valide bel et bien l'accord trouvé entre les ministres des Affaires étrangères. Première concession faite, le retrait des forces armées de la pagode de Preah Vihear et de son proche périmètre. Le Cambodge aimerait cependant que cette démobilisation s'étende bien au-delà de cette zone tandis que la partie thaïlandaise appelle davantage à une réduction des effectifs déployés. Deuxième point sur lesquels les deux ministres se sont entendus, la création par la Thaïlande d'une "Task force" sur le modèle de celle déjà établie en juillet par le Cambodge. Au moindre problème qui surviendrait, les deux groupes prendraient contact et se rencontreraient dans les heures qui suivent, ce afin d'éviter tout incident comme il s'en est déjà produit par le passé, a mis en avant Hor Namhong. Sompong Amornvivat a assuré que son pays mettrait prochainement sur pied une telle Task force. A nouveau, Hor Namhong a réaffirmé la volonté partagée par les deux royaumes voisins "de faire preuve de patience" et de "tout mettre en oeuvre pour résoudre ce problème pacifiquement et dans un esprit de bon voisinage". Il a cru bon de rappeler à ses compatriotes que "ce genre de conflits ne se réglait pas en un jour, et les exemples dans le monde sont nombreux pour venir confirmer cela". Il a cependant assuré que "le Cambodge n'avançait pas les yeux fermés et qu'il suivait un chemin qui puisse préserver l'amitié entre les deux pays tout en garantissant la pleine souveraineté du Cambodge" sur son territoire.
Les mille et une façons de réconforter les soldats cambodgiens postés à la frontière Par Ros Dina 10-11-2008 Pour redynamiser le moral des troupes cambodgiennes postées à la frontière avec la Thaïlande depuis la mi-juillet, tous les moyens sont bons. Il y avait les collectes de fonds organisées ici et là dans le royaume, qui doivent, est-il à chaque fois annoncé, aider à améliorer le niveau de vie des soldats. Il y a maintenant la distribution de kramas sacrés aux soldats. C'est l'initiative d'un bonze de Phnom Penh, qui a béni plus de deux cents kramas à destination des militaires mobilisés, censés protéger leurs vies des éventuelles agressions de la partie thaïlandaise. "Il s'agit de soutenir les soldats et de leur donner du courage", expliquait, lundi 10 novembre à Ka-set, Men Ly, chef adjoint des forces armées de la province de Preah Vihear. L'unité des gardes du corps du Premier ministre Hun Sen, basée au pied de la colline, organise également des distributions de nouilles déshydratées et de cigarettes auprès de leurs collègues situés plus haut sur la ligne de front. Autre technique de stimulation des troupes observée sur place, sur le site de Preah Vihear, en fin de semaine dernière, la diffusion d'une vidéo dont la cruauté des images est difficile à soutenir du regard : la décapitation au canif d'un soldat thaïlandais par, vraisemblablement, un Birman. La pose, samedi 8 novembre, d'un large drapeau cambodgien et d'étendards tout aussi imposants frappés pour l'un du logo de l'Unesco et, pour l'autre, de celui du patrimoine mondial, à côté du temple de Preah Vihear, complètent ce train de mesures symboliques visant tant à fortifier le site qu'à rasséréner les troupes. Une cérémonie, plus solennelle cette fois-ci, de démarcation du site de Preah Vihear comme nouvel inscrit à la liste du patrimoine mondial devrait avoir lieu courant décembre. Par ailleurs, la route escarpée menant au sommet du promontoire sur lequel se dresse le temple séculaire est déjà rebétonnée à plus de la moitié, tandis que des fortins et des bunkers ont jailli du sol en contrebas. Photo : Prasat Preah Vihear (Preah Vihear, Cambodge), le 10 novembre 2008. Krama magique distribué aux soldats cambodgiens sur la ligne de front © John Vink / Magnum
Preah Vihear : pas de zone franche, selon le Cambodge 18-11-2008 Le porte-parole du Conseil des ministres Phay Siphan a contesté l’existence d’une zone franche autour du temple de Preah Vihear, défendue par la Thaïlande. Le terme de « zone franche », dont se prévaut la Thaïlande, n’a jamais été reconnu par le Cambodge, a affirmé le porte-parole du Conseil des ministres Phay Siphan le 18 novembre à l’occasion d’une réunion du Club des journalistes cambodgiens. « Le gouvernement cambodgien n’a jamais reconnu la carte militaire dessinée unilatéralement par la Thaïlande, qui est la seule à faire mention d’une zone franche », a déclaré Phay Siphan. Ayant rejeté la carte de 1908, issue du traité franco-siamois de 1904 et de la convention de 1907, la Thaïlande fait référence à sa propre carte sur laquelle figure une « zone franche » de 4,6 km2. Les autorités cambodgiennes ont récemment pris connaissance du fait qu’en juillet 2007, la Thaïlande avait produit cette carte lors de la réunion du comité du patrimoine mondial à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Selon Phay Siphan, le vice-premier ministre Sok An, chargé de l’inscription de Preah Vihear à l’Unesco, l’instance onusienne a également rejeté l’utilisation du terme de zone franche ». Selon Ros Chantraboth, historien et vice-président de l’Académie royale, la Thaïlande, membre de l’organisation du traité d’Asie du sud-est (Otase), a cherché un appui de la part des Etats-Unis après avoir perdu la bataille juridique en 1962 à la Haye. Ce sont les experts américains qui ont dessiné la carte, mais celle-ci n’est reconnue par aucune organisation internationale. « Je tiens à préciser qu’une seule carte fait foi, c’est celle de 1908, a-t-il ajouté. La Thaïlande, en refusant de la reconnaître, emploie une ruse tactique dont elle estime qu’elle l’aidera à remporter la négociation. » Leang Delux Photo : Phay Siphan, à Preah Vihear. ©A.L.G.