Le temple Preah Vihear, admis dans la liste des patrimoines mondiaux AKP Phnom Penh, 02 juillet 2007 -- Le Comité de l’héritage mondial a décidé que le temple Preah Vihear ayant un sens international profond et une valeur culturelle universelle a été inscrit en principe dans la liste des patrimoines mondiaux. Le Cambodge doit continuer à organiser le plan de gestion et le rapport sur le développement du plan pour parvenir à l’inscription officielle du temple Preah Vihear à la 32e réunion en 2008. Le ministre de l’Information Khieu Kanharith, porte-parole du gouvernement, a souligné que la décision du Comité de suspendre l’admission du temple pour un an n’était pas due à l’opposition de la Thaïlande, mais à certains problèmes techniques. --AKP
Thai army closes entrance to Phreah Vihear shrine L’armée thaïe a fermé l’entrée de l’ancien sanctuaire hindou de Preah Vihear, proche de la province de Si Sa Ket, après avoir refusé de se soumettre à un ordre cambodgien de ne pas porter d’uniforme quand ils visitent les lieus. Les cambodgiens clament que voir des militaires thaïs en uniforme ne sera pas bon pour le tourisme à Preah Vihear. L’ordre est venu quelques jours après que le comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a reporté à l’année prochaine la décision de mettre le temple sur sa liste. La Thaïlande argumentait que la frontière khméro thaïe n’était pas encore délimitée et qu’un plan de gestion commun de la région était toujours en discussion. Le jury de l’UNESCO a demandé aux deux pays de résoudre d’abord les problèmes en suspens et a suggéré au Cambodge de soumettre à nouveau sa demande l’année prochaine. Techniquement, Preah Vihear est situé à la pointe extrême nord du Cambodge mais n’est facilement accessible que depuis le nord est de la Thaïlande. La propriété du temple de Preah Vihear fut disputée par la Thaïlande et le Cambodge et la cour internationale de justice l’a attribué au Cambodge en 1962. Une source fiable de l’armée confiait que l’armée thaïe refusait de se soumettre aux ordres cambodgiens, conduisant au conflit et à la fermeture de l’entrée vers Preah Vihear. Il ajouta que ce n’était pas la première fois que les Cambodgiens venaient avec ce type d’ordre ni que des problèmes en cours amènent la suspension de l’accès au sanctuaire. « Chaque fois qu’il y a eu des problèmes en suspens entre la Thaïlande et le Cambodge, cela a conduit à un changement d’ordres concernant Preah Vihear » a-t-il conclu. Marisa Chimprabha The Nation
Querelles de vieilles pierres entre Cambodge et Thaïlande LE MONDE | 06.07.07 | 15h49 • Mis à jour le 06.07.07 | 15h49 (Bangkok, correspondant) Les "vieilles pierres" les plus controversées d'Asie du Sud-Est font à nouveau parler d'elles. Le temple khmer de Preah Vihear, situé sur la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge, est revenu ces derniers jours dans une actualité qu'il n'a jamais totalement quittée tant est vif le contentieux concernant son statut exact : temple hindou appartenant à l'ancien royaume d'Angkor ? Ou édifice de style dit "lopburi" pour les Thaïlandais, remontant à l'époque, voici dix siècles, où les souverains khmers régnaient jusqu'au milieu du royaume de Siam et y construisaient, en bâtisseurs illuminés, leurs innombrables cathédrales ? La question n'a jamais été franchement tranchée entre les deux pays. Elle vient de refaire surface quand l'Unesco, à la demande de la Thaïlande, a décliné, fin juin, de satisfaire à un souhait insistant du Cambodge pour que le temple de Preah Vihear (Phra Wihan en langue thaïe) soit porté sur la liste des sites du Patrimoine mondial. Indiscutablement de style khmer angkorien, édifié entre les Xe et XIIe siècles, le temple est situé sur un surplomb, à 600 m au-dessus de la plaine du nord cambodgien. Son accès est très malaisé par cette voie, alors qu'il ne pose aucun problème à partir de la Thaïlande. Depuis le XIXe siècle, Bangkok, qui régnait à son tour sur cette partie du Cambodge, reproche à la France d'avoir favorisé le retour du temple dans le giron d'une nation cambodgienne reconstituée sous férule coloniale. La cour de justice internationale de La Haye a jugé, en 1962, en faveur du Cambodge. Mais la pilule de l'histoire postcoloniale n'est jamais vraiment "passée". FLOU FRONTALIER La Thaïlande "n'a pas d'objection" envers la demande de Phnom Penh, dit son ministère des affaires étrangères. Mais elle fait observer qu'il faudrait d'abord que la frontière entre les deux pays, sur la ligne de crête de la chaîne des Dangrek, soit officiellement démarquée et que la mise en valeur touristique nécessiterait à tout le moins un plan commun. Ceci plus de dix ans après la fin des conflits du Cambodge qui avaient rendu la zone inaccessible. Le bras culturel des Nations unies a demandé à l'un et à l'autre de procéder à cette opération élémentaire. Le flou frontalier fait, sur le terrain, le bonheur des uns et des autres. Les touristes doivent s'acquitter d'un droit de visite à la fois auprès des administrations thaïlandaise et cambodgienne. Mais il favorise aussi les risques de dérapage sur fond nationaliste. L'ambassade de Thaïlande au Cambodge a évoqué, devant la communauté thaïlandaise y vivant - surtout des commerçants -, un plan d'évacuation au cas où les choses s'envenimeraient au point que des manifestations contre Bangkok y dégénéreraient. Les intérêts thaïlandais avaient souffert d'émeutes violentes à Phnom Penh, en 2003, à la suite de diverses maladresses diplomatiques. Francis Deron Article paru dans l'édition du 07.07.07.
. Bien sûr, la Thailande ne pourrait jamais avoir fait ça! C'est une nation de gens tellement souriants. Curieusement, on ne parle que du grignotage vietnamien. A creuser . Tiens au fait, pendant la deuxième guerre mondiale, profitant de l'affaiblissement de la France dans ses colonies, la Thailande a essayé d'annexer une partie du Cambodge et du Laos. Il y a eu une guerre contre la France (Vichiste...enfin à 12 OOO Km de Vichy) ....
Oui c'est vrai tout çà, et même que la France a du livrer - pour défendre l'intégrité territoriale du Cambodge-une bataile navale qu'elle a gagnée...m^me sans ses 2 porte-avions!!!.... Vous vous rendez compte au lieu de nous reprocher continuellment la perte du K.K.? (bon c'est vrai , c'était avec Pétain mais quand même!!!)
... Tiens au fait, pendant la deuxième guerre mondiale, profitant de l'affaiblissement de la France dans ses colonies, la Thailande a essayé d'annexer une partie du Cambodge et du Laos. Il y a eu une guerre contre la France (Vichiste...enfin à 12 OOO Km de Vichy) ! C'était une situation un peu confus, du fait que la Thailande s'était alliée à l'Axe...et la France aussi...bref, vous pouvez lire tout ça dans : Fana de l'aviation, n° 450 du mois de mai 2007. Bon, ce sera un peu ennuyeux pour ceux qui ne sont pas sensibles au monde du volant. L'article comporte également quelques erreurs géographiques.
1867-15-7 traité franco-siamois : le Siam renonce à sa suzeraineté sur le Cambodge, mais garde les provinces annexées. 1907-23-3 : 2e traité franco-siamois : Battambang, Siem Reap et Sisophon restitués au Cambodge.
Tu savais ça, toi ? Tu as dû manger pas mal de bouquins d'histoire ! Et moi, j'ai vraiment découvert cette histoire par hasard ! La bataille navale avait mis fin aux combats avec 4 batiments thais coulés.
Tiens au fait, pendant la deuxième guerre mondiale, profitant de l'affaiblissement de la France dans ses colonies, la Thailande a essayé d'annexer une partie du Cambodge et du Laos. Il y a eu une guerre contre la France (Vichiste...enfin à 12 OOO Km de Vichy) ! C'était une situation un peu confus, du fait que la Thailande s'était alliée à l'Axe...et la France aussi...bref, vous pouvez lire tout ça dans : Fana de l'aviation, n° 450 du mois de mai 2007. Bon, ce sera un peu ennuyeux pour ceux qui ne sont pas sensibles au monde du volant. L'article comporte également quelques erreurs géographiques.
1867-15-7 traité franco-siamois : le Siam renonce à sa suzeraineté sur le Cambodge, mais garde les provinces annexées. 1907-23-3 : 2e traité franco-siamois : Battambang, Siem Reap et Sisophon restitués au Cambodge. Source : http://www.quid.fr/monde.html?mode=detail&iso=kh&style=doc&id=50214&docid=729
Ambassadeur américain: Le temple Preah Vihear doit être enregistré dans la liste des patrimoines mondiaux AKP Phnom Penh, 19 juillet 2007 -- L’ambassadeur des Etats-Unis au Cambodge, Joseph A. Mussomeli, a dit que le temple Preah Vihear devait être assuré et que son nom devait être enregistré dans la liste des patrimoines mondiaux. Lors d’une rencontre le 17 juillet avec Sok An, vice-Premier ministre et ministre du Conseil des ministres, le diplomate américain a souligné que suite à la déclaration du Comité d’évaluation des patrimoines mondiaux de l’UNESCO, les Etats-Unis étaient déjà prêts à envoyer des experts et un fonds pour développer le plan et d’organiser le programme de gestion du temple de Preah Vihear, une des conditions exigeantes pour que ce monument soit officiellement enregistré dans la liste des patrimoines mondiaux. Selon Sok An, le projet d’organisation du programme de gestion du temple Preah Vihear et de son développement coûterait environ 800 000 dollars américains. --AKP
Le temple Preah Vihear, thème essentiel de l’entretien entre Sok An et la diplomate canadienne AKP Phnom Penh, 20 juillet 2007 -- Sok An, vice-Premier ministre, ministre du Conseil des ministres, et Mme Donica Pottie, ambassadrice du Canada au Cambodge, ont eu le 18 juillet un entretien portant sur l’inscription du temple Preah Vihear sur la liste des patrimoines mondiaux. Mme Donica Pottie, qui est venue pour prendre congé de Sok An au terme de sa mission au Cambodge, a souligné que le gouvernement canadien apporterait le soutien technique et financier au projet de protection du temple. La diplomate canadienne s’est déclarée réjouie du progrès des chambres extraordinaires chargées de juger les anciens dirigeants Khmers rouges. De son côté, Sok An a mis la diplomate au courant du succès dans l’inscription du temple Preah Vihear sur la liste des patrimoines mondiaux. Entre-temps, il s’est félicité du succès de la mission diplomatique de Mme Donica Pottie. Sok An s’est déclaré contre la tentative de la Thaïlande de bloquer l’inscription du temple sur la liste des patrimoines mondiaux, affirmant que ces affaires sont faites suivant la décision du tribunal de la Haye en 1961 et que le Cambodge a sa souveraineté sur le temple. --AKP
Relations sour over Preah Vihear claim Les relations {de la Thaïlande} avec le Cambodge se sont aigries après que le ministère de la défense est prétendu hier que PHNOM PENH avait "maquillé" l'histoire pour revendiquer le vieux temple hindou de PREAH VIHEAR et le mettre dans la liste des sites du patrimoine mondial de l'UNESCO. Publié le 25 Janvier 2008 Les militaires ont condamné le Cambodge, l'accusant d'avoir créer de "fausses preuves" dans le but de réclamer le site historique pour son seul intérêt. D'après leur porte parole, le lieutenant général PICHSANU PUCHAKARN, ils ont demandé que le ministère des affaires étrangères envoie une protestation officielle a PHNOM PENH. Le sujet a été abordé hier lors d'une réunion du conseil de défense. L'année dernière, la Thaïlande avait contesté la volonté du Cambodge de mettre le temple hindou dans la liste des patrimoines mondiaux sous le prétexte que les deux royaumes doivent bénéficier ensemble des retombés de l'ancien complexe. L'accès au site se fait en effet principalement par la Thaïlande alors que le temple lui même est situé au Cambodge. Le Cambodge a créé de toute pièce une nouvelle frontière pour prétendre à la souveraineté complète de la zone et a fait campagne pour obtenir un soutien international dans ce sens a fait remarquer PICHSANU. Le nouveau gouvernement doit prendre ce problème très au sérieux a-t-il affirmé. PHNOM PENH peut générer des sentiments anti thaïlandais auprès des gens vivant le long de la frontière et cela peut créer une menace à la sécurité du coté thaïlandais. "Les soldats, notamment ceux de la seconde région militaire, seront mis en alerte pour protéger leurs compatriotes et la souveraineté de leur pays." a ajouté PICHSANU. Le général BOONRAWD SOMTAS, ministre de la défense s'est inquiété et a encouragé tout le monde à rechercher un arrangement. "Nous ne devons pas nous quereller pour un petit bout de territoire, mais plutôt parler des bénéfices mutuels que nous pourrions en tirer," a proposé le ministre. La cour internationale de justice a statué en juin 1962 que le temple appartenait au Cambodge mais le site est depuis resté au cœur d'un conflit entre les deux pays. Le ministre des affaires étrangères NITYA PIBULSONGGRAM et son homologue cambodgien, HOR NAMHONG, ont discuté d'une meilleure coopération dans le développement du temple, lorsque NITYA était à PHNOM PENH, en décembre. Les deux ministres ont affirmé qu'il n' y avait pas de différents et la Thaïlande a donné son accord pour fournir une aide technique et former les ouvriers cambodgiens à restaurer l'ancien site avant de proposer à nouveau d'inscrire le temple. The Nation
Il y a egalement un article a ce sujet sur le Bangkok Post de ce jour.
AKP/01 Communiqué de presse du Conseil des ministres concernant l’inscription du temple Preah Vihear sur la liste des patrimoines mondiaux AKP Phnom Penh, 28 janvier 2008 -- Le Conseil des ministres du Cambodge a rendu public samedi un communiqué de presse sur la question de l’inscription du temple Preah Vihear sur la liste des patrimoines mondiaux de l’UNESCO. La prise des conflits frontaliers inexistants comme argument pour bloquer le processus de l’inscription du temple Preah Vihear sur la liste des patrimoines mondiaux est, ... une transgression évidente du verdict de la Cour internationale de justice daté en 1962, selon lequel le temple Preah Vihear appartient au Cambodge. ... la réunion du haut Comité du Cambodge chargée de l’examen des documents pour l’inscription du temple Preah Vihear sur la liste des patrimoines mondiaux de l’UNESCO tenue le 21 janvier. Le comité, qui a les vice-Premiers ministres Sok An, ministre du Conseil des ministres, et Hor Namhong, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, comme co-présidents, a examiné l’évolution du travail après la 31ème réunion du Comité des patrimoines mondiaux tenue du 23 juin à 2 juillet dernier à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. La Communauté internationale représentée par le Comité des patrimoines mondiaux a, ..., noté l’importance au niveau international et la valeur mondiale du site sacré Preah Vihear. Le Comité des patrimoines mondiaux a donné son accord de principe que ce site doit être inscrit sur la liste des patrimoines mondiaux. Il a aussi remarqué le déroulement rapide de l’inscription de ce site. ... Le comité a en outre demandé au Cambodge de renforcer la préservation et la gestion du site sacré Preah Vihear en préparant un plan de gestion convenable pour avoir une inscription officielle lors de la 32ème réunion en 2008. Les autorités cambodgiennes concernées ont, a continué le communiqué, pu soumettre à temps (avant le 1er février 2008) les rapports sur le progrès de la préservation et de la préparation du plan de gestion du temple Preah Vihear comme a proposé le Comité des patrimoines mondiaux. Le haut Comité chargée de l’examen des documents pour l’inscription du temple Preah Vihear sur la liste des patrimoines mondiaux de l’UNESCO a, par ailleurs, remercié le Comité de l’UNESCO, l’Autorité APSARA, les spécialistes en gestion des patrimoines de la Belgique, des Etats-Unis, de la France et de l’Inde de leur soutien et assistance technique. Il a également remercié les spécialistes de la Chine, du Japon et de la Thaïlande de leur participation à la discussion et à la réunion synthétique avec les spécialistes cambodgiens sur l’étude et le travail sur place au temple Preah Vihear, travail lié à l’histoire, à l’archéologie, au système hydraulique, à la démographie locale, et au déminage. Sur la coopération avec la Thaïlande dans le cadre multipartite, le haut comité a noté la déclaration du vice-Premier ministre Sok An sur les projets concernant les questions de délimitation frontalière et d’implantation des bornes frontalières qui seront discutées lors de la prochaine réunion de la commission mixte des affaires frontalières Cambodge-Thaïlande. Ce qui est très nécessaire, c’est que les sous-commissions spécialistes des deux pays doivent examiner tous les problèmes liés à la gestion de « buffer zone » et à la coopération économique, surtout touristique. Tout cela nous permet d’avoir une conviction ferme que la Thaïlande continuera activement à soutenir le processus de l’inscription du site sacré Preah Vihear sur la liste des patrimoines mondiaux de l’UNESCO comme avaient affirmé publiquement plusieurs fois ses représentants, a dit enfin le communiqué. --AKP
Edito du 31 janvier 2008 05-02-2008 La tension entre le Cambodge et la Thaïlande à propos de Preah Vihear s’est momentanément ravivée la semaine dernière par une bourde du porte-parole du ministère thaïlandais de la défense. Ce dernier a déclaré le 24 janvier que son pays contesterait l’inscription du temple sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, si la demande n'émanait que du seul Cambodge. La décision de la Cour internationale de justice de La Haye, en 1962, a déclaré le temple de Preah Vihear partie intégrante du Cambodge. Cette décision est sans appel. En revanche, l’évocation récurrente du tracé des frontières doit retenir toute l’attention de notre gouvernement, afin qu’elles soient respectées. Les zones frontalières de notre pays sont trop souvent laissées à l'abandon, ou du moins, livrées à elles-mêmes. Une situation dont pourraient profiter nos voisins. Pen Bona
POLITICS AND PREAH VIHEAR Un héritage culturel partagé est à nouveau au cœur d'une guéguerre. Avec le musicien sexagénaire jouant de son archet sur son instrument à trois cordes, une tendre mélodie nuptiale cambodgienne enveloppe l'antique temple de PREAH VIHEAR, brisant le silence matinal. L'estrade de POU WAN est un petit espace dans la galerie du sanctuaire où tous les jours il joue de son TRO, un instrument traditionnel cambodgien. Les visiteurs aiment sa musique et beaucoup lui donnent de l'argent. Né à SIEM REAP, POU WAN a grandi dans la violence qui a déchiré son pays pendant trente ans. Comme beaucoup d'autres jeunes, il a été happé par la guerre qui sévissait alors entre les communistes khmers rouges et les forces royalistes. Il a servi comme soldat et y a laissé sa jambe gauche. Son handicape ne lui permettait pas de trouver du travail dans le tumulte qui suivi la guerre, aussi se tourna-t-il vers la musique. Récemment, POU WAN est venu dans une nouvelle ville près du monument et tous les jours, il monte vers le vieux temple où il gagne assez d'argent pour nourrir sa famille. Néanmoins, l'histoire montre que PREAH VIHEAR, qui trône au sommet d'une falaise escarpée dans la zone des DANGREK entre la Thaïlande et le Cambodge n'a pas toujours été une porte ouverte à toutes les opportunités. A cause du différent sur la frontière mal définie, le sanctuaire a été pendant longtemps tantôt fermé, tantôt ouvert aux visiteurs. La dernière fois qu'il a été fermé remonte à 2002; il a été rouvert une année plus tard. Ces atermoiements de la diplomatie des frontières n'a pas seulement rendu la vie difficile à des personnes comme POU WAN, mais a aussi créé une atmosphère de défiance entre les Thaïlandais et les Cambodgiens de la région. Un responsable des gardes forestiers thaïlandais au parc national de KHAO PHRA VIHARN, comme le sanctuaire est appelé en Thaïlande, précise que quand les deux gouvernements se fâchent, les deux peuples arrêtent eux aussi de se parler - au lieu d'attendre muets, face à face, une barrière en fer entre eux. "Les personnes ont toujours eu des problèmes entre eux," reconnait le garde forestier. "Mais quand nous recevons l'ordre de fermer la frontière, nous devenons des étrangers, agissant comme si nous ne nous connaissions plus. Les récents efforts du Cambodge pour faire nominer PREAH VIHEAR à l'héritage de l'humanité a à nouveau mis sous pression les habitants des deux cotés de la frontière. Le Cambodge a officiellement demandé en 2001 à l'UNESCO de mettre le vieux temple à l'héritage de l'humanité. Depuis, il a poussé la proposition tout seul sans l'aide de la Thaïlande. L'année dernière, lors d'une réunion en Nouvelle Zélande du comité du patrimoine mondial, la Thaïlande a désapprouvé la proposition. Cela a conduit à une recommandation demandant aux deux pays de travailler ensemble pour gérer conjointement le site. Les officiels thaïs ont justifié leur protestation par le fait que la proposition cambodgienne intégrait des zones frontalières revendiquées par les deux pays. Le conseil international des monuments et sites (International Council on Monuments and Sites, ICOMOS en Anglais) que l'UNESCO consulte pour les sites nominés, avait indiqué dans son rapport d'évaluation que la frontière passait le long de la limite nord du lieu. Il se basait sur les informations fournies par une autre agence, qui précisait que l'emplacement de la frontière était l'objet de litiges entre les deux pays. Le processus pour résoudre les problèmes aussi bien des alentours du site que de la frontière doit se poursuivre pour s'assurer la gestion à long terme du monument. Concernant le site à nominer, l'ajout de terrains avoisinant et d'une zone tampon sont nécessaires pour le protéger d'une influence extérieure, d'après un responsable archéologue Thaï travaillant sur le plan recommandé de cogestion. L'adjonction de ces zones n'a pas uniquement besoin de l'aval du Cambodge, mais aussi de celui de la Thaïlande. Mais les deux pays ne seraient pas en train de lutter pour des souverainetés si une centaine d'années de colonisation n'avait pas laissé une situation explosive dans les régions frontalières. SURACHART BAMRUNGSUK, professeur adjoint en stratégie militaire à l'université CHULALONGKORN, prétend que traditionnellement le sud est asiatique n'avais jamais eu de perception de ce qu'est une frontière nationale. Les habitants de la région traversaient les barrières naturelles et tissaient des liens sociaux et culturels avant que des limites ne soient imposées par les puissances coloniales. Il y a une centaine d'années, à l'ouest de la Thaïlande ou de ce qui était alors le Siam, les Britanniques ont tracé une frontière avec la Birmanie, alors que les Français en faisaient de même avec leurs colonies à l'est. Cela a conduit à la naissance des pays de la région en tant qu'états, au sens moderne du terme. Mais ces nations se formèrent avec des frontières qui ne tenaient pas compte des relations sociales et culturelles des habitants de la région, objecte le professeur. Un centre spirituel de l'importance de PREAH VIHEAR ne fut pas exempté de ces démarcations, même si il rassemblait des personnes dont il est difficile de définir la nationalité. L'historienne DHIDA SARAYA, qui a étudié les antiques citées de la région et a publié le livre KHAO PHRA VIHARN, explique que le monument a été construit il y a un millier d'années, par des rois Khmers pour honorer les divinités hindoues. Mais plus significativement, il symbolise les tentatives de fusionner les vieilles croyances des différentes populations des régions avoisinantes. Les peuples ont été unifiés et le nouveau culte DEVARAJA, dans lequel le roi était vu comme un dieu, a été instauré. Il s'est ensuite étendu à d'autres régions. Pendant les querelles du milieu du XXème siècle à propos de la possession de PREAH VIHEAR, la discussion tournait essentiellement autour d'où était situé le temple - en Thaïlande ou au Cambodge ? En 1959, le Cambodge porta l'affaire devant la cour internationale de justice. En 1962, le tribunal reconnaissait la souveraineté du Cambodge sur le monument, laissant dans l'ombre les terrains environnants, où la frontière entre les deux pays n'était pas clairement définie. Mme DHIDA suggère, afin de gérer une propriété culturelle que les parties devraient penser à une "limite culturelle", surtout quand les frontières physiques ne sont pas très claires. Avec la reconnaissance de cette limite culturelle, les parties seraient plus à même de comprendre l'embarras de l'autre et de travailler ensemble à préserver l'héritage culturel commun. Elle recommande à l'UNESCO d'être plus attentif à cet aspect pour éviter un conflit potentiel entre la Thaïlande et le Cambodge. "De nombreuses preuves montrent que les habitants de ces régions ne sont pas uniquement unis ou dissociés à cause du tracé d'une ligne sur une carte. "Ils ont un héritage culturel commun et cela doit être pris en compte, surtout quand la région est nominée au patrimoine mondial," déclare Mme SHIDA, "Comment la culture pourrait s'identifier à des nationalités ou des frontières ?" THARAPONG SRISUCHART, directeur du bureau archéologique assure que le groupe de travail thaïlandais a présenté un plan où les deux pays gèrent conjointement la région. Ils attendent la réponse cambodgienne au plan prétend-il. La prochaine réunion du comité du patrimoine mondial est prévue au milieu de cette année au Canada. Beaucoup de personnes s'attendent à ce que la proposition cambodgienne soit acceptée. Peu de personnes en local, voire personne, n'accueillerait favorablement l'interruption qui pourrait suivre si les deux pays se disputaient à nouveau la propriété du territoire, avec très certainement la fermeture de la frontière. "Les gens traversent à travers la forêt ou les champs pour aller visiter leur famille de part et d'autre," reconnait un autre garde forestier Thaï. "Ici, nous ne reconnaissons pas la frontière" Pendant ce temps, tous les matins POU WAN continue de manipuler son archet sur les cordes de son TRO et la douce mélopée berce telle une houle la paix qui prévaut à PREAH VIHEAR, qui dans les temps heureux était ouvert à tout le monde, sans distinction. PIYAPORN WONGRUANG