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Author ---- Dossier Coup d'Etat militaire en Thaïlande ---- Suivez le deroulement en Live   ( Replies 85 | Views 10908 )
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Coup d'Etat en Thaïlande : vos témoignages
LEMONDE.FR | 21.09.06 | 14h19 • Mis à jour le 21.09.06 | 14h30


Voici une sélection de témoignages qui nous sont parvenus de Thaïlande jeudi 21 septembre.

"Je vis en Thaïlande depuis plus de deux ans à Koh Samui, une île du sud à une heure d'avion de Bangkok. Ici tout est calme et le seul inconvénient fut hier soir d'être privée de télévision pas satellite. Sur le câble, la BBC est restée ouverte et n'a finalement montré que quelques chars et des soldats portant un foulard jaune à l'épaule, signe de ralliement au roi. C'était un faux coup d'Etat. Plutôt un coup monté pour se débarrasser de façon 'élégante' et définitive de Thaksin. Celui-ci devait parfaitement être au courant de ce qui allait se passer et il a dû 'l'accepter' avant de partir à New York. Le roi de Thaïlande n'en pouvait plus de supporter cet arrogant personnage, qui avait provoqué par son affairisme agressif des manifestations à Bangkok pendant des semaines. Il a très certainement soutenu – ou s'est servi – des militaires puisque la situation était bloquée du côté des opposants civils. Un coup d'Etat militaire sans l'aval – ou sa bienveillance muette – du roi est impensable en Thaïlande !
La rapidité avec laquelle il vient de nommer le général 'putschiste' en charge du conseil pour préparer la suite (nouvelle Constitution et élections en octobre 2007) le montre ! Y compris l'acceptation si rapide aussi par Thaksin de rester 'en exil'. Sa femme l'y avait précédé lundi, partant pour Singapour avec des montagnes de valises. Selon les mauvaises langues 'l'argent' y était déjà."
Annie Fratoni, Koh Samui, Thaïlande



"A priori, il semblerait bien, vu l'organisation du truc, que notre bon roi n'est pas contre (voire qu'il a un peu appuyé) la sortie forcée de l'abuseur public pour organiser de nouvelles élections rapidement. On parle ici de deux semaines.
Il est probable que l'armée sert de rempart antipopuliste et antiprofiteur à une démocratie malmenée par le manque et la manipulation de l'information. Malmenée aussi sans doute par une certaine naïveté qui ressemblerait bien à de l'inexpérience, d'un peuple qui n'a pas mérité les dérives du précédent élu.
Personne n'est vraiment inquiet ici. Certains sont même contents. Tout le monde a confiance en ce roi bienfaisant qui semble bien savoir ce qu'il fait, une fois de plus. Ce ne serait pas la première fois qu'il évite au royaume de Siam une catastrophe politique. Aucun signe extérieur des récents événements ne se fait sentir à part la fermeture exceptionnelle des banques et des institutions pour la journée."
Yorick Vince, Chiang Maï, Thaïlande


"Un de mes amis a reçu l'appel d'une amie thaïlandaise qui était complètement paniquée. Il paraissait de plus en plus nerveux au téléphone puis il nous a dit d'allumer la télévision car 'quelque chose' s'était passée. Je me souviendrais de la première image qu'on a vue sur CNN. Il y avait le présentateur avec un bandeau rouge qui devait faire un quart de l'écran avec écrit en grand "TANKS IN BANGKOK". Autant vous dire qu'on n'était pas rassurés, on n'avait que très peu d'informations, on ne savait pas s'il y avait des affrontement ou si la prise de pouvoir était "pacifique". Le stress augmenta en entendant à la télévision les mots tels que Etat d'urgence, loi martiale, et aussi quand on se rendit compte qu'on ne pouvait plus téléphoner, que ce soit du fixe ou du portable. On a pensé à un réseau surchargé mais lorsque quelques minutes plus tard on a vu CNN et la BBC arrêter d'émettre et que les chaînes thaï passaient toutes des images de la famille royale en boucle sur fond de musique traditionnelle, on a vraiment commencé à se poser des questions. Trente minutes plus tard, le téléphone remarchait ce qui nous a permis d'appeler nos familles pour les rassurer, leur dire que tout allait bien, qu'on était à l'abri dans l'appartement d'un ami et qu'il ne fallait pas qu'ils se fassent de souci. On a également reçu des appels en provenance de nos entreprises respectives pour nous prévenir qu il était plus prudent de rester chez soi. On est finalement reparti le lendemain matin sans problème, sans voir un seul char ni un seul militaire. Le coup d'Etat s'est déroulé sans heurts et sans conséquences majeures sur la vie quotidienne à Bangkok."
Cyril Motte, Bangkok, Thaïlande

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Edito du Monde

Putsch paradoxal
LE MONDE | 21.09.06 | 15h24 • Mis à jour le 21.09.06 | 15h24

La Thaïlande vient de renouer avec une tradition du coup d'Etat militaire que l'on croyait révolue. Scènes classiques, trop vues : chars postés aux endroits stratégiques de Bangkok ; brochette d'officiers investissant les studios de télévision ; mises en garde lancées aux médias. Ce retour du passé putschiste est un coup dur pour la Thaïlande et un signal désastreux adressé à d'autres nations aspirant à s'affranchir du joug de pouvoirs autoritaires. C'est une régression déplorable pour une jeune démocratie qui avait su, en dépit de tous ses handicaps - influence historique de l'armée, traumatisme de la crise financière de 1997... -, conserver les acquis du libéralisme politique.

Pourtant, ce coup d'Etat a été mollement condamné par la communauté internationale. Signe des temps ? Indice d'une érosion, d'un épuisement du modèle démocratique dans les pays en développement où il se confond trop souvent avec népotisme et corruption ? La frilosité des critiques s'explique par un constat : le putsch, accompli sans effusion de sang, a été accueilli avec soulagement par la population, en tout cas par les habitants de Bangkok. C'est un fait : la réaction de la rue a été d'offrir aux soldats des fleurs et non de leur lancer des pierres. Le symbole est puissant.

Fallait-il que le discrédit qui frappait le gouvernement renversé soit à ce point sans appel ? Fallait-il que les classes moyennes de Bangkok, qui furent jadis le ferment des luttes démocratiques en Thaïlande, soient à ce point désenchantées par les errements du premier ministre déchu, Thaksin Shinawatra, pour qu'elles jugent ainsi salutaire l'intervention de l'armée ?

Là est l'atout du général putschiste Sonthi Boonyaratglin : l'espoir assez partagé que les militaires rétabliront un ordre démocratique dévoyé par les scandales de corruption et les manipulations électorales imputées à M. Thaksin. Depuis les élections législatives d'avril - invalidées par la Cour constitutionnelle - le blocage politique était total et la frustration de la population grandissante, ouvrant la voie à une option militaire tenue pour un mal nécessaire afin de s'arracher à l'impasse. Habile, le général Sonthi a su s'assurer du soutien tacite du très respecté roi Bhumibol (78 ans).

Mais le plus dur reste à faire. Trois défis attendent les militaires. Ils devront d'abord éviter qu'une dangereuse fracture ne s'ouvre avec les populations rurales déshéritées du nord du pays, qui constituaient le bastion de M. Thaksin. Ils devront ensuite apaiser le Sud musulman où s'est radicalisée, depuis 2004, une rébellion qui a coûté la vie à 1 500 personnes. Il leur reviendra enfin, et surtout, d'honorer leur promesse de restituer au plus vite le pouvoir aux civils. Un putsch pour la démocratie est déjà un paradoxe. Que les généraux thaïlandais soient paradoxaux jusqu'au bout !

Article paru dans l'édition du 22.09.06
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L'aveuglement d'un milliardaire soi-disant "visionnaire"



Le Premier ministre renversé Thaksin Shinawatra a cru pouvoir gérer la Thaïlande comme son conglomérat: sans tenir compte des pouvoirs concurrents et en bafouant l'Etat de droit.

Avertissement ou manipulation? Lorsqu'au mois d'août dernier, les services de sécurité de Thaksin Shinawatra saisissent devant son domicile privé de Bangkok une voiture piégée remplie d'explosifs, l'élite politique thaïlandaise comprend que la fin de règne est proche pour ce magnat des télécommunications entré en politique au milieu des années 90, et devenu chef du gouvernement après avoir remporté les élections législatives en 2001 puis 2005. Pour la plupart des analystes, l'homme fort de l'ex-Royaume de Siam a monté de toutes pièces ce faux complot, afin de pouvoir démettre les chefs de l'armée et de la police hostiles à son pouvoir sans partage. D'autres, alors, jugent plus discrètement que cette tentative d'assassinat est un signal adressé par l'Etat Major au milliardaire pour lui faire comprendre que s'il reste en place, la situation pourrait dégénérer.

La vérité ne sera sans doute jamais connue. Mais beaucoup, en Thaïlande, redoutaient depuis un scénario du pire. Car Thaksin "le sauveur" et son populisme, basé sur un langage de manager doublé de subventions publiques tous azimut pour convaincre les électeurs, avaient depuis deux ans fait place à un potentat familial de moins en moins regardant sur les méthodes pour conserver les rênes du "pays du sourire". Privilèges systématiques accordés à ses vassaux politiques, nominations d'officiers proches - voire parents – à la tête d'unités décisives de l'armée, achats massifs de voix dans les provinces déshéritées du Nord et du Nord-est... Le milliardaire "visionnaire" qui prétendait gérer la Thaïlande comme une entreprise bafouait de plus en plus ouvertement l'Etat de droit qu'il était supposé défendre. Au point d'oser, en janvier dernier, vendre son empire des télécommunications à une firme publique de Singapour pour près de deux milliards de dollars, via un montage destiné à éviter à sa famille de s'acquitter des taxes.

Entré en politique, cet héritier d'une famille de commerçants en soie de Chiangmai y a en fait transposé les pratiques qui firent sa fortune dans le secteur privé. Ex officier de police, l'homme avait, dans les années 80, fait de juteuses transactions en s'assurant le quasi monopole des fournitures d'ordinateurs ... à la police. Puis il avait usé de son argent pour obtenir une concession de téléphonie mobile plus juteuse encore. Rien que de très normal en Asie du Sud-Est, où famille, argent, clans et corruption font plutôt bon ménage. Mais à la tète de l'Etat, cet appétit insatiable pour le pouvoir unique mâtiné d'arrogance a braqué contre lui les pouvoirs concurrents des militaires, de la famille royale et des dynasties d'affaires rivales. Contre M. Shinawatra et ses méthodes de bulldozer, une guerre de tranchées a commencé à diviser Bangkok entre les pro et les anti-Thaksin.

Sur le papier, son parti Thai Rak Thai (les Thaïs aiment les Thaïs) lancé en 1999 a fait le plein des voix à chaque scrutin, et réussi le tour de force de rassembler la grande majorité des élus et des notables politiques dans un pays habitué aux coalitions d'intérêt. Ses victoires électorales, en 2001 puis 2005, ont été écrasantes. Mais la réalité des rapports de force à la tête du pays n'a pas suivi les urnes: élu puis réélu, Thaksin Shinawatra a commis l'erreur de croire que ces scrutins lui conféraient une légitimité incontestable. Et pire: que ces bons scores électoraux pouvaient lui permettre de sermonner le Roi, et de dominer l'armée. Erreur. En bon populiste, l'homme a cru que le peuple et le Parlement pesaient le plus lourd dans la jeune démocratie thaïlandaise alors que le vote n'y est en réalité qu'un aspect du pouvoir. D'autant moins respecté que tout le monde sait que tout s'achète: les voix comme les politiciens.

Le peu de goût des Thaïlandais pour les extrêmes a fait le reste. Partisan de la manière forte, par exemple, pour résoudre les tensions séparatistes dans les provinces musulmanes du Sud, le Premier ministre déchu a fait peur aux tenants du consensus et à sa propre "famille": ces gros commerçants d'origine chinoise certes assimilés,mais terrifiés par la perspective de troubles dont ils pourraient faire les frais. En foulant grossièrement les lois, l'homme a aussi effrayé les milieux d'affaires. En osant défier plusieurs conseillers du roi, le milliardaire a fait perdre la face à des caciques idolâtrés par les généraux et leurs hommes, comme l'ancien Premier ministre Prem Tinsulanonda. La Thaïlande, qui n'a jamais été colonisée, a toujours sauvegardé son indépendance en se rangeant du côté du plus fort. Les Thaïlandais aussi. Or depuis que le roi Bhumipol lui-même était intervenu en faveur de l'annulation du scrutin d'avril, remporté par le Thai Rak Thai, l'évidence sautait aux yeux: M. Thaksin n'était plus le plus fort.

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jeudi 21 septembre 2006, 17h39
Thaïlande: les putschistes s'arrogent de nouvelles prérogatives, Thaksin jette l'éponge
Par Sébastien BLANC

BANGKOK (AFP) - Les généraux désormais au pouvoir à Bangkok ont interdit jeudi les réunions politiques et se sont arrogé de nouvelles prérogatives, alors que le Premier ministre renversé Thaksin Shinawatra annonçait prendre un "repos mérité" après avoir appelé à de nouvelles élections.

Plusieurs des proches lieutenants de l'ex-chef du gouvernement sont détenus à Bangkok, d'autres ont été limogés. M. Thaksin a finalement jeté l'éponge depuis Londres, au moins provisoirement, prenant acte de son renversement avec le soutien tacite du vieux roi roi et l'approbation d'une majorité des habitants.

"Nous espérons que le nouveau régime organisera rapidement des élections législatives et maintiendra les principes de la démocratie, pour l'avenir de tous les Thaïlandais", a indiqué M. Thaksin, avant d'apparaître un sourire aux lèvres dans un quartier huppé de la capitale britannique où il s'est réfugié.

Les Etats-Unis ont annoncé qu'il réexaminaient leur aide à la Thaïlande en raison du coup d'Etat militaire.

Dans une série de déclarations officielles lues par un présentateur à la télévision, les auteurs du coup d'Etat ont soufflé le froid après avoir promis la veille qu'ils rendraient rapidement le pouvoir à des civils.

Ils ont d'abord confirmé leur volonté de contrôle de l'information. Les responsables de chaînes de télévision ont été convoqués au quartier général de l'armée, alors que certains officiers se sont plaints de SMS envoyés par des téléspectateurs.

Ils ont ensuite interdit aux partis politiques d'organiser des réunions ou de mener toute autre activité.

"En vue de maintenir la loi et l'ordre, les réunions de partis politiques et l'organisation d'autres activités politiques sont interdites", a indiqué le présentateur.

Celui-ci est réapparu dans la soirée pour lire un nouveau communiqué selon lequel les auteurs du coup d'Etat s'autorisaient désormais à promulguer les lois en l'absence du Parlement suspendu.

"Dans l'intérêt du pays, étant donné qu'il n'a plus d'Assemblée ni de Sénat, les lois requérant une adoption par l'Assemblée et le Sénat seront promulguées (par l'exécutif militaire intérimaire)", a indiqué le texte.

La reprise en main s'est également manifestée dans la convocation jeudi de deux ex-ministres proches de M. Thaksin.

Au total, au moins quatre lieutenants de M. Thaksin restaient détenus dans la soirée.

Enfin, les auteurs du coup d'Etat ont annoncé jeudi avoir limogé quatre personnalités, dont le chef des services de renseignements et les numéros deux et trois de la police.

Le général Sonthi Boonyaratglin , 59 ans, auteur du coup d'Etat de mardi, a assuré bénéficier de l'assentiment du roi Bhumibol, 78 ans, très vénéré en Thaïlande, pour conduire l'exécutif intérimaire, qu'il a baptisé "Conseil pour la réforme démocratique sous la monarchie constitutionnelle".

Tandis qu'il asseyait son autorité dans la capitale, celle-ci a retrouvé jeudi une apparence quasi-normale malgré la présence des soldats.

Ecoles, banques et édifices publics ont rouvert et le nombre de chars a été réduit devant le siège du gouvernement: quatre s'y trouvaient jeudi, premier jour non chômé depuis le renversement de M. Thaksin, contre une dizaine la veille.

Les blindés positionnés sur la principale artère de Bangkok menant aux ministères ont eux aussi été retirés pour que la circulation puisse reprendre.

Des soldats apparemment plus décontractés que mardi patrouillaient toujours dans les rues de la capitale du royaume qui n'avait pas connu de putsch depuis 15 ans.

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vendredi 22 septembre 2006, 16h18
La junte thaïlandaise nomme une commission anti-corruption pour enquêter sur M. Thaksin

BANGKOK (AP) - Trois jours après son putsch, la nouvelle junte militaire au pouvoir en Thaïlande a annoncé vendredi la création d'une commission d'enquête chargée de faire la lumière sur les accusations de corruption visant le Premier ministre déchu Thaksin Shinawatra et ses collaborateurs.

Pour la première fois depuis le coup d'Etat de mardi, des manifestants se sont réunis pour protester contre la prise de pouvoir des militaires, la dénonçant comme antidémocratique. Une centaine de protestataires étaient disséminés en petits groupes à Bangkok pour contourner l'interdiction des rassemblements publics de plus de cinq personnes décrétée par l'armée.

Aucune présence des forces de l'ordre n'était visible et les manifestants se sont dispersés d'eux-mêmes. Les organisateurs de la manifestation ont affirmé que sept personnes ont été arrêtées, mais la police de Bangkok a démenti toute interpellation.

Par la voix de leur porte-parole, le général Palanggoon Klaharn, les putschistes ont réaffirmé vendredi leur "intention de ramener la paix et l'ordre". Lors d'une conférence de presse, le général Klaharn a d'autre part récusé les rumeurs de contre-coup d'Etat circulant à Bangkok, les qualifiant de "fausses".

Le Conseil pour la réforme démocratique sous la monarchie constitutionnelle, instance dirigeante créée par la junte, a annoncé la reconstitution d'une commission anti-corruption chargée d'examiner des allégations de corruption contre le gouvernement de M. Thaksin.

Neuf membres ont été nommés à la Commission nationale contre la corruption (NCCC), dont son ancien secrétaire général Klanarong Chanthik, qui avait tenté sans succès en 2001 de poursuivre M. Thaksin pour dissimulation d'avoirs. Le nouveau chef de la NCCC, Partnep Klanarongran, est un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense et la commission comprend également plusieurs juges.

Par ailleurs, le chef des putschistes, le général Sondhi Boonyaratkalin, qui avait déjà reçu l'appui du roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej, a participé à une cérémonie télévisée vendredi officialisant le soutien du très respecté souverain.

Tout de blanc vêtus, le général Sondhi et d'autres officiers se sont tenus au garde-à-vous alors qu'une annonce du palais était lue au quartier général de l'armée, reconnaissant Sondhi comme le chef du Conseil. Le commandant de l'armée s'est ensuite agenouillé et incliné devant une photo du roi, en signe d'allégeance au monarque.

Après le coup d'Etat mené sans violence mardi alors que M. Thaksin se trouvait à New York pour participer à l'Assemblée générale de l'Onu, la junte a abrogé la Constitution, qui avait permis au Premier ministre déchu de concentrer des pouvoirs extraordinaires entre ses mains. Les militaires ont annoncé vendredi qu'une nouvelle Constitution serait rédigée qui rendrait les futurs dirigeants du pays davantage responsables de leurs actes.

La junte a lancé une purge visant d'anciens responsables sous le gouvernement Thaksin. Trois ministres ont ainsi été placés en détention et d'autres arrestations étaient attendues.

Très critiquée par la communauté internationale pour son coup d'Etat, la junte cherchait un civil n'ayant pas été éclaboussé par des affaires de corruption pour diriger provisoirement le pays en attendant des élections, qui devraient être organisées d'ici un an. La nomination d'un Premier ministre civil intérimaire devrait intervenir d'ici deux semaines, selon les putschistes.

Les noms de plusieurs candidats potentiels circulaient dans la presse thaïlandaise vendredi. Etaient pressentis Supachai Panitchpadki, secrétaire général de la Conférence de l'ONU pour le commerce et le développement (CNUCED), Ackaratorn Chularat, président de la Cour suprême administrative, et Pridiyathorn Devakula, qui dirige la banque centrale thaïlandaise.

M. Supachai, ancien patron de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), bénéficie d'une solide réputation internationale. M. Ackaratorn avait été mandaté par le roi pour tenter de résoudre la récente crise politique dans le pays. Quant à M. Pridiyathorn, c'est un économiste respecté, mais les observateurs le voient plutôt à la tête du ministère des Finances.

Depuis son arrivée au pouvoir, la junte a renforcé son contrôle sur le pays et restreint les libertés. Elle a notamment interdit les meetings politiques et la création de nouveaux partis, et s'est arrogé les pouvoirs législatifs. AP

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Le général Sonthi lors de la cérémonie d'investiture le 22 septembre 2006 à Bangkok

samedi 23 septembre 2006, 11h29
Thaïlande: la junte propose quatre noms pour remplacer Thaksin
Par Anusak KONGLANG


BANGKOK (AFP) - Les généraux au pouvoir en Thaïlande se sont mis d'accord sur quatre noms parmi lesquels sera choisi le remplaçant du Premier ministre déposé Thaksin Shinawatra, tandis qu'un attentat dans le Sud musulman est venu samedi doucher l'espoir d'un apaisement dans cette zone troublée, à la faveur du renversement du gouvernement.
Parmi les quatre personnalités civiles proposées par la junte figure Supachai Panitchpakdi, ex-directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).


La liste restreinte sera présentée mercredi au roi très vénéré Bhumibol Adulyadej, qui décidera qui remplacera M. Thaksin, a-t-on précisé de source militaire. Quelle que soit la nomination, celle-ci sera loin de signifier un retour vers la démocratie: les généraux ont suspendu les principales institutions de la Thaïlande et restreint les libertés publiques, notamment celles des médias.
Le gouvernement qui sera choisi ultérieurement aura pour tâche de préparer une nouvelle Constitution qui fournira le cadre pour des élections générales prévues pour octobre 2007. Les trois autres candidats désignés par la junte auto-baptisée "Conseil pour la réforme démocratique sous la monarchie constitutionnelle" sont le gouverneur de la Banque de Thaïlande, Pridiyathorn Devakula, et deux hauts magistrats, Charnchai Likhitchittha et Akkharathorn Chularat, qui président les deux plus hautes cours de justice du royaume.


Supachai Panitchpakdi, le plus connu sur le plan international des quatre candidats, est actuellement secrétaire général de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Les militaires au pouvoir, qui ont reçu vendredi l'investiture royale et déclenché une purge parmi les fidèles de M. Thaksin, promettent d'assainir le fonctionnement de l'Etat.
Une de leurs premières mesures a été de créer une commission spéciale qui pourra notamment enquêter sur le patrimoine de l'ex-Premier ministre, un milliardaire accusé par le général Sonthi Boonyaratglin, à la tête des putschistes, de "corruption rampante" et de "népotisme". Les généraux devront par ailleurs s'attaquer au problème posé par l'instabilité dans le Sud à majorité musulmane de la Thaïlande. Samedi matin quatre policiers y ont été blessés dans une attaque à la bombe, la première depuis le coup d'Etat de mardi à Bangkok.


L'attentat s'est produit dans la province de Pattani, alors que les quatre policiers étaient déployés peu avant une visite dans une mosquée du Prince héritier Vajiralongkorn, le fils du roi Bhumibol Adulyadej, a précisé un porte-parole de la police. La mise à l'écart de M. Thaksin avait fait naître un espoir d'apaisement de la situation tendue dans le Sud, surtout vu que le chef des putschistes, le général Sonthi, est musulman.
En juillet 2005, M. Thaksin avait imposé l'état d'urgence dans cette région, donnant de larges pouvoirs aux forces de sécurité et suscitant de vives critiques de nombreux habitants qui affirment être victimes "d'abus" et de "discriminations". Sonthi, premier musulman à diriger l'armée thaïlandaise, avait surpris tout le monde après des attentats à la bombe contre 22 banques le 31 août en ouvrant la porte à des négociations avec les chefs des insurgés, à propos desquels il avait toutefois admis qu'il ne savait rien.

Depuis janvier 2004, les provinces les plus méridionales de la Thaïlande sont le théâtre de violences qui ont fait près de 1.500 morts, selon la police. Dans cette région, la grande majorité de la population est d'ethnie malaise et de confession musulmane, contrairement au reste de la Thaïlande, largement bouddhiste.


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CHATU MONGOL SONAKUL, FAVORI POUR DIRIGER LE GOUVERNEMENT THAÏLANDAIS

samedi 23 septembre 2006, 10h10
Un ex-banquier favori pour diriger le gouvernement thaïlandais


BANGKOK (Reuters) - Un ancien directeur de la Banque centrale de Thaïlande, Chatu Mongol Sonakul, fait figure de favori pour succéder à Thaksin Shinawatra, renversé par un putsch militaire, à la tête du gouvernement, écrit samedi le journal Bangkok Post.

Chatu Mongol Sonakul apparaît comme la personne la mieux qualifiée pour ce poste en raison de ses connaissances dans les domaines monétaires et fiscaux ainsi que pour son renom au sein de la communauté internationale, ajoute le Bangkok Post en citant des "sources haut placées".

Cet économiste a dirigé la Banque de Thaïlande de 1998 à 2001 avant d'être démis de ses fonctions par Thaksin en raison d'un désaccord sur les taux d'intérêt. Il n'a fait aucune déclaration à propos des informations le concernant.

L'armée, qui a pris le pouvoir cette semaine, a promis de nommer un civil à la tête du gouvernement dans les deux semaines, puis de se retirer. Elle serait favorable à un juriste, afin que des réformes politiques soient engagées au cours de l'année à venir.

Le chef d'état-major de l'armée de l'air, Chalit Phukpasuka, a confirmé vendredi que le président de la cour administrative suprême, Ackaratorn Chularat, était candidat au poste de Premier ministre. Mais pour le Bangkok Post, il est peu probable qu'Ackaratorn soit nommé Premier ministre de transition car ses connaissances des dossiers économiques sont jugées limitées et qu'il n'est pas véritablement connu au plan international.

On s'attend à ce que le nouveau Premier ministre soit nommé le 30 septembre, au lendemain de l'acceptation de la constitution provisoire, ajoute le journal.

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Vente de tee-shirts immortalisant le putsch le 21 septembre 2006 à Bangkok




Je veux bien le t-shirt "get out" :lol: ça peut servir un peu partout :smiley12: sait-on jamais :sygus:

bon, merci d'avance ! et : ça presse pas ... quand tu viendras en France "gnam" ou qq chose comme ça chez miam miam - ou chez Neo

(m'invite :angkorbeer: j'apporte ... des copains) :xtrem:



:languetourne: sothy :lol:


Drôle de t*** le candidat potentiel - jdis pas le mot ; on sait jamais, qui me lit :nono:

j'ai trooo peur :whaou: au secours :smiley18:
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Deux soldats thaïlandais surveillent la circulation à Bangkok, le 22 septembre 2006

amedi 23 septembre 2006, 14h23
La junte thaïe veut punir les médias étrangers ayant "insulté" le roi


BANGKOK (AFP) - La junte militaire au pouvoir en Thaïlande a demandé au ministère des Affaires étrangères de prendre des mesures de rétorsion contre des médias étrangers qu'elle a accusés d'avoir insulté le roi lors de leur couverture du putsch militaire, a annoncé samedi un porte-parole.
"Lors de la réunion d'aujourd'hui, les leaders militaires ont demandé au ministère des Affaires étrangères de prendre des mesures de rétorsion urgentes contre les journalistes étrangers dont la couverture a été jugée insultante pour la monarchie", a déclaré lors d'une conférence de presse Thaweep Netniyan, un officier porte-parole militaire.

Il n'a pas précisé quels étaient les organes de presse visés par ces accusations.

Monarque constitutionnel, le roi Bhumibol Adulyadej est immensément révéré dans son pays où la plupart de ses sujets lui vouent une admiration sans borne.

Le Palais surveille de près l'image du souverain, examinant à la loupe les ouvrages et les articles écrits sur lui, y compris à l'étranger. Toute insulte est assimilée à un "crime de lèse-majesté" et peut être sévèrement punie, y compris par la prison.

Des généraux ont renversé mardi le Premier ministre Thaksin Shinawatra, suspendu les principales institutions de la Thaïlande, restreint les libertés publiques, tout en s'engageant à rendre rapidement le pouvoir à des civils.

L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) s'est déclarée mercredi "préoccupée" par les menaces contre les libertés fondamentales et notamment celle de la presse.

Dans un nouveau communiqué vendredi, RSF a exigé la "restauration" de la liberté de la presse. "Des élections démocratiques ne pourront avoir lieu qu'après un débat libre relayé par les médias", a souligné l'association.

Les militaires putschistes ont par ailleurs annoncé samedi interdire les écoutes téléphoniques, en visant notamment les opérateurs de téléphonie.

Une société nommée Advanced Info Service, fondée puis revendue par M. Thaksin, possède plus de la moitié du marché de la téléphonie cellulaire en Thaïlande.


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dimanche 24 septembre 2006, 14h14
Thaïlande: 300 radios fermées dans le nord, fief du Premier ministre renversé


BANGKOK (AFP) - Les militaires qui ont pris le pouvoir à Bangkok ont fermé plus de 300 stations de radio communautaires dans les provinces rurales du nord de la Thaïlande où le Premier ministre renversé Thaksin Shinawatra était populaire, a indiqué dimanche la junte.
Cette mesure, mise en oeuvre vendredi, soit trois jours après le putsch sans effusion de sang dans la capitale thaïlandaise, vise à "éviter des troubles et la confusion à propos de la situation", a expliqué le colonel Acar Tiproj, un porte-parole de la junte.

"Nous souhaitons empêcher (la diffusion de) toute information susceptible de provoquer la désunion dans le pays", a-t-il dit.

L'armée a fermé plus de 300 radios dans 17 provinces du nord, y compris celle de Chiang Mai, la région natale de M. Thaksin, a indiqué un autre responsable militaire.

Une cinquantaine d'autres stations ont été fermées dans la province de Roi Et, située dans l'Issan, la région la plus pauvre du pays, a précisé un quotidien thaïlandais. La junte n'a pas donné de chiffre pour cette région.

Ces stations de radio communautaires, qui diffusent de la musique, des informations locales et des appels d'auditeurs, rencontrent un certain succès parmi les villageois.

Un groupe d'officiers, dirigé par le chef de l'armée, le général Sonthi Boonyaratglin, a renversé mardi dernier M. Thaksin alors qu'il se trouvait à New York. Affirmant vouloir mettre fin à cinq années de "corruption" et de "népotisme", ils ont déclaré avoir le soutien du roi de Thaïlande.

La junte a suspendu la Constitution et le Parlement, et a instauré la loi martiale. Elle a interdit tout rassemblement politique et a menacé de fermer les médias qui violeraient de nouvelles réglementations, y compris l'interdiction d'appels d'auditeurs à la radio et des restrictions sur les messages via les sites web et les SMS envoyés par le public à la télévision. Les militaires ont enfin demandé au ministère des Affaires étrangères de prendre des mesures contre des médias étrangers qui insulteraient le roi.

M. Thaksin, riche homme d'affaires de 57 ans, a été au centre de nombreuses controverses. Il bénéficiait cependant d'un fort soutien parmi les paysans qui ont bénéficié de ses mesures populistes depuis 2001.


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dimanche 24 septembre 2006, 14h42
Thaïlande: l'armée pourrait désigner dans la semaine un Premier ministre intérimaire civil

BANGKOK (AP) - Un Premier ministre intérimaire civil pourrait être désigné dans la semaine à venir en Thaïlande, a annoncé dimanche un porte-parole de l'armée après le coup d'Etat militaire qui a renversé mardi le gouvernement de Thaksin Shinawatra.

"Le nom du nouveau Premier ministre devrait être annoncé à la fin de la semaine au plus tôt", a expliqué le porte-parole de l'armée Akara Thiproj.

Au lendemain du putsch, le chef de l'armée, le général Sondhi Boonyaratkalin, avait promis la mise en place d'un gouvernement intérimaire civil et d'une Constitution provisoire dans les quinze jours, avant la tenue d'élections pour octobre 2007.

Plusieurs personnalités thaïlandaises sont pressenties pour diriger le futur gouvernement intérimaire, selon des sources diplomatiques et journalistiques.

Elles ont toutes une réputation d'intégrité personnelle, sont neutres politiquement ou s'étaient opposées à Thaksin. Il s'agit du président de la Cour suprême Charnchai Likhitjittha, de son collègue de la Cour administrative supérieure Ackaratorn Chularat, du président de la Banque centrale Pridiyathorn Devakula, de l'ex-ministre des Finances Chatumongkol Sonakul, et enfin de Supachai Panitchpadki, patron de la Conférence de l'ONU pour le Commerce et le développement.

Quant à la constitution provisoire censée remplacer celle de 1997, suspendue par la junte, elle devrait être achevée elle aussi d'ici quelques petites journées. La Constitution de 1997, censée introduire des réformes démocratiques, a en fait accru les pouvoirs de Thaksin, rendant sa position presque indéboulonnable par les moyens légaux.

La désignation d'un civil pourrait apaiser un peu les critiques ayant suivi le premier putsch dans le pays depuis 15 ans. La junte compte également justifier sa prise du pouvoir en s'attaquant à la corruption, considérée comme généralisée, du gouvernement Thaksin.

"Nous devrons enquêter de toute urgence sur toutes les affaires qui causent des dommages sérieux au pays", a déclaré Parnthep Klanarongran, nouveau président de la Commission nationale anti-corruption, qui doit tenir lundi sa première réunion. La Commission a déjà dans ses cartons quelque 10.000 dossiers à traiter, dont plusieurs susceptibles d'impliquer le Premier ministre déchu. Un des hommes les plus riches d'Asie du Sud-est, magnat des télécommunications avant d'entrer en politique, Thaksin est soupçonné de s'être encore plus enrichi pendant son mandat.

Nouvelle révélation à charge pour lui, un responsable de la compagnie aérienne Thaï Airways a affirmé dimanche, sous couvert de l'anonymat, qu'il aurait "utilisé un des avions de la société pour transporter ses avoirs hors du pays", quelques jours à peine avant le putsch.

Les rumeurs et spéculations autour de cette affaire vont bon train depuis des jours à Bangkok, où on évoquait déjà des avions russes transportant des valises de billets... Mais les responsables de la Thaï sont désormais précis. D'après eux, s'envolant pour une tournée internationale le 9 septembre, Thaksin aurait embarqué 58 valises et malles dans son avion de fonction. Et celui-ci, le "Thaï Koofah", serait bizarrement resté garé sur un tarmac finlandais pendant deux semaines tandis que le Premier ministre poursuivait son voyage par d'autres moyens.

Le 17 septembre, soit deux jours avant le putsch, un deuxième avion de la Thaï, aurait décollé de Bangkok pour rejoindre Thaksin, transportant également à son bord 56 valises. La rumeur pense donc que Thaksin aurait eu vent du projet de putsch et donc profité de cette tournée pour faire sortir une partie de ses biens du pays.

Autre personne qui risque de se retrouver dans le collimateur, l'ancienne ministre de l'Agriculture Sudarat Keyuraphan, très proche de Thaksin, rentrée dimanche de l'étranger. Plusieurs projets de son ministère avaient déjà été montrés du doigt pour manque de transparence, mais l'enquête piétinait du temps de Thaksin. Mme Sudarat, également numéro deux de l'ancien parti au pouvoir le Thai Rak Thai, s'est dite prête à rencontrer les chefs de la junte et a promis son entière coopération.

Car c'est surtout la corruption présumée et les abus de pouvoir de son équipe qui ont déclenché la colère populaire contre Thaksin depuis un an, un mécontentement qui a permis aux putschistes d'agir sans rencontrer de résistance, leur coup d'Etat étant plutôt bien accueilli par la population. AP

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Des personnes regardent les chars de retour sur la Royal Plaza à Bangkok, le 25 septembre 2006

lundi 25 septembre 2006, 8h47
Thaïlande: des chars, retirés dimanche, font leur réapparition lundi à Bangkok

BANGKOK (AFP) - Une dizaine de chars de combat, retirés dimanche, ont fait leur réapparition lundi sur la Royal Plaza, dans le centre de Bangkok, alors que les militaires thaïlandais déclaraient procéder à un redéploiement de forces en liaison avec leur putsch de la semaine dernière.
La résidence du roi et différents ministères se trouvent à proximité de la Royal Plaza où les chars étaient devenus une des principales attractions touristiques de Bangkok.

"Le niveau de déploiement est le même qu'au premier jour du coup d'Etat" qui a renversé mardi dernier le Premier ministre Thaksin Shinawatra, a déclaré lundi un porte-parole de la junte, le colonel Acar Tiproch.

L'armée, qui procède à des redéploiements de troupes dans des endroits stratégiques de la capitale thaïlandaise, "a prévu de retourner dans les casernes dès qu'une constitution intérimaire et un nouveau Premier ministre seront annoncés", a-t-il dit.

Des responsables militaires ont indiqué au cours du week-end qu'un nouveau Premier ministre pourrait être nommé mercredi.

L'infanterie a déployé 7.200 hommes dans Bangkok, tandis que l'armée de l'air a accru sa présence près de l'aéroport international de Don Muang, a précisé le colonel Acar. De son côté, la marine a déployé des forces à Thonburi, sur la rive occidentale du fleuve Chao Phraya, a-t-il ajouté.


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Des soldats rient dans une rue de Bangkok

lundi 25 septembre 2006, 8h39
Thaïlande: les soldats du putsch ont pour instruction de sourire


BANGKOK (AFP) - Les soldats déployés après le coup d'Etat en Thaïlande ont reçu l'instruction de sourire tandis que les touristes et les habitants se pressent pour se faire photographier en leur compagnie.
Selon le quotidien The Bangkok Post, le leader des officiers putschistes, le général Sonthi Boonyaratglin, a demandé aux militaires de sourire afin de contribuer à améliorer l'image de la junte qui a pris le pouvoir. Cette instruction a également été transmise à la radio.

Les journaux du week-end étaient remplis de photographies montrant des habitants posant devant les blindés, à côté de soldats visiblement détendus. Certains militaires faisaient même semblant d'être mis en joue, les bras levés vers le ciel. Des écoliers en uniforme demandent à leurs parents de faire une halte sur le chemin de l'école pour une photo devant les chars.

Les habitants de Bangkok ont depuis mardi dernier, jour du coup d'Etat, apporté de la nourriture et des fleurs aux soldats positionnés dans la capitale.

Des généraux ont renversé mardi le Premier ministre Thaksin Shinawatra, suspendu les principales institutions de la Thaïlande, restreint les libertés publiques, tout en s'engageant à rendre rapidement le pouvoir à des civils.

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Nouveau Premier Ministre : Le roi pourrait avoir à approuver la nomination d’un Premier Ministre mercredi.- Le Conseil pour la Réforme Démocratique, l’organe militaire provisoire chargé d’assurer l’autorité et la transition en attendant la mise en place d’un gouvernement civil, à dressé ce week-end une liste de 4 candidats au poste de premier ministre. Le nom du nouveau Premier ministre civil devrait être soumis mercredi au roi Bhumibol Adulyadej pour approbation. Le plus pressenti serait, selon la presse thaïe, Supachai Panitchpakdi, ancien directeur de l’OMC, aujourd’hui président de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement. Le suivant sur la liste, préféré par certains observateurs pour sa forte personnalité et son pouvoir de décision, est le gouverneur de la Banque de Thaïlande Pridiyathorn Devakula. Les deux restants sont Charnchai Likhitchittha et Akkharathorn Chularat, Présidents de deux hautes cours du pays. (www.lepetitjournal.com Bangkok) Lundi 25 septembre 2006

Corruption : La junte lâche une meute anti-corruption sur les pas de Thaksin.- Les généraux ce week-end ont préparé la mise en place de la commission d’enquête qui sera chargée de traiter une dizaine d’affaires de corruption présumée concernant l'ancien Premier ministre. Dès aujourd’hui, neuf enquêteurs de la Commission Nationale Anti-Corruption, nommés la semaine dernière par les militaires, vont commencer leurs investigations à partir de plaintes déposées contre Thaksin et son gouvernement. Jaruvan Maintaka, l’auditrice générale, qui a vu son pouvoir accru depuis le coup d’état, a fait savoir qu’elle espérait rapidement conclure l’affaire des scanners de l’aéroport de Suvarnabhumi, dont l’ouverture est prévue jeudi. Elle a également annoncé qu’elle s’attaquerait ensuite à neuf autres affaires dont le projet de liaison ferroviaire avec l’aéroport, la reconstruction de l’après tsunami, et bien entendu la fameuse affaire Shin Corp qui avait mis un coup de fouet aux protestations contre l'ex Premier ministre à l’origine de la crise politique. (www.lepetitjournal.com Bangkok) Lundi 25 septembre 2006

Contrôle : Des check points sur les routes de 19 provinces du nord-est.- L’armée aurait ordonné à ses soldats et à la police de mettre en place conjointement des postes de contrôle dans 19 provinces du nord-est, annonçait ce week-end le quotidien The Nation sans toutefois préciser desquelles ils s’agissait. Selon le commandement militaire de la zone, il s’agit de prévenir d’éventuels actes criminels ou troubles causés par des agitateurs. Les check points devraient rester en place le temps que le prochain gouvernement se mette en place. (www.lepetitjournal.com Bangkok) Lundi 25 septembre 2006

Libertés publiques : Nouvelles restrictions.- Tout en annonçant la nomination imminente d’un Premier ministre civil, le Conseil pour la Réforme Démocratique imposait ces derniers jours de nouvelles restrictions. La junte a en effet notamment interdit les rassemblements publics, défendu aux partis politiques de faire de la politique et menacé de « représailles » les reporters étrangers qui auraient insulté le roi dans leurs articles. Les militaires au pouvoir avaient déjà menacé vendredi de fermer les médias qui violeraient les nouvelles réglementations dont l'interdiction d'appels d'auditeurs à la radio et les restrictions sur les sites web et les SMS. Aussi, environs 300 radios locales du nord ont été fermées. Hier, dans son 22e communiqué, le Conseil pour la Réforme Démocratique annonçait l’interdiction des activités des politiques locaux jusqu’au retour de la situation à la normale. Lire aussi au sujet des medias, l’article de Reporters Sans Frontières (www.lepetitjournal.com Bangkok) Lundi 25 septembre 2006

Tourisme : Les touristes dans le Coup.- Alors que la vie reprenait son court ces jours-ci à Bangkok, les militaires putschistes apprivoisaient les touristes de la capitale thaïlandaise. Des bus entiers de visiteurs ont déferlé vers les chars d’assaut pour immortaliser "le coup d’état le plus sympathique du siècle", selon une expression désormais commune. Les vacanciers faisaient ainsi la queue ce week-end pour se faire prendre en photo avec les soldats en armes, tandis que les Thaïs ont couvert les chars de fleurs et gavé les soldats de nourriture. Peu après le coup d’état pourtant, les tours opérateurs avaient enregistré de nombreuses annulations de réservations. Mais il faut dire que vendredi, les généraux avaient intimé à leurs soldats de sourire afin de donner une image sympathique du coup et de rassurer la population. Dimanche, les chars se sont retirés. (www.lepetitjournal.com Bangkok) Lundi 25 septembre 2006

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Le leader du coup d'Etat en Thaïlande, le Général Sonthi Boonyaratglin, lors d'une conférence de presse le 26 septembre 2006 à Bangkok

mardi 26 septembre 2006, 8h11
Thaïlande: la junte entend travailler aux côtés du Premier ministre


BANGKOK (AFP) - La junte au pouvoir en Thaïlande restera en place après la nomination d'un Premier ministre civil, avec qui elle compte travailler côte à côte pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'abus de pouvoir du gouvernement, a déclaré mardi à l'AFP le chef des militaires putschistes.
"Il est nécessaire de conserver le Conseil (militaire) afin qu'il n'y ait pas de carence dans l'exécutif", a déclaré par téléphone le général Sonthi Boonyaratglin, chef de la junte qui a renversé le 19 septembre (bien septembre) le Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Les généraux ont renversé le gouvernement, suspendu les principales institutions de la Thaïlande, restreint les libertés publiques, tout en s'engageant à rendre rapidement le pouvoir à des civils.

Alors que la nomination du nouveau chef de l'exécutif intérimaire avait semblé lundi prendre plus de temps que prévu, le général Sonthi a assuré que le choix serait fait dans les 48 heures.

"Le Premier ministre intérimaire et la constitution provisoire seront prêts dans un jour ou deux. Tout va se dérouler selon le calendrier prévu", a-t-il assuré.

"Le choix du Premier ministre intérimaire est confirmé à 75%", a-t-il précisé à l'AFP. "Nous faisons de notre mieux pour répondre à l'attente du public".

La veille il avait rencontré l'ex-général Prem Tinsunalonda, qui préside le "Conseil privé" du roi Bhumibol Adulyadej, souverain très respecté.

Le général Sonthi a assuré agir avec l'assentiment du roi et la junte a reçu l'investiture royale après son coup d'Etat.

Le chef des putschistes a plus tard souligné, lors d'une conférence de presse à Bangkok, que le gouvernement provisoire pourrait inclure des officiers. "Il est possible que des membres de l'armée fassent partie du gouvernement, mais je ne suis pas celui qui les choisira", a-t-il dit.

"La junte sélectionnera seulement le Premier ministre. Le Premier ministre choisira son gouvernement", a-t-il ajouté.

Il a aussi affirmé que l'armée aurait un rôle de "conseil" auprès de l'exécutif de transition. "Nous agirons en tant que conseillers du nouveau gouvernement. Nous ne contrôlerons pas le gouvernement, nous lui ferons part de notre expertise", a-t-il déclaré.

Une fois le gouvernement formé, la junte auto-baptisée "Conseil pour la réforme démocratique sous la monarchie constitutionnelle" (CDRM) doit changera de nom pour devenir "Conseil de sécurité nationale".

Des élections sont promises par les généraux en octobre 2007.


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Des étudiants s’étaient rassemblés vendredi soir à Siam et lundi à l’université de Thammassat pour dénoncer le coup d’état, bravant l’injonction des militaires de ne pas critiquer ouvertement le régime ainsi que l’interdiction de réunion de plus de cinq personnes. (Photo Pierre Queffélec).

Coup d'Etat suite...

Processus : L’opinion met la pression sur la junte.- Le coup d’état qui a renversé le Premier ministre Shinawatra la semaine dernière a beau être populaire dans le pays, les Thaïlandais n’en restent pas moins vigilants quant au processus d’un retour rapide à la démocratie. Ces derniers jours, universitaires, politiciens, militants anti-thaksin, médias, ont tour à tour fait savoir, chacun à sa manière, que la junte était indésirable à moyen et long terme. Tous ou presque s’accordent à dire que les militaires doivent nommer un Premier ministre civil au plus vite et que le délai d’un an avancé par le régime pour procéder à de nouvelles élections est trop long. Certains craignent notamment que se reproduise le même scénario qu’il y a 15 ans, lorsque le coup d’état contre le Premier Ministre Chatichai Choonhawan, basé sur les mêmes arguments de corruption, avait connu un an plus tard un dénouement sanglant. Lire aussi l’article du Bangkok Post « Les universitaires insistent pour avancer la date des élections » (www.lepetitjournal.com Bangkok) Mercredi 27 septembre 2006


Transition : La junte restera près du pouvoir après la nomination du Premier ministre.- Les militaires ont annoncé hier qu’ils resteront en place après la nomination d’un Premier ministre, annoncée pour la semaine prochaine. Il s’agit selon la junte d’assister le gouvernement intérimaire afin de prévenir tout abus de pouvoir. Selon un général interrogé par le Bangkok Post, une fois le premier ministre nommé, le Conseil pour la Réforme Démocratique devrait se transformer en Conseil National de Sécurité et conseiller le gouvernement sur les questions de sécurité. Juste après avoir pris le pouvoir et aboli la constitution de 1997 le 19 septembre, les militaires avaient assuré qu’une constitution transitoire serait rédigée et un Premier ministre civil intérimaire nommé dans les deux semaines en attendant les prochaines élections prévues en octobre 2007. Selon le général Sonthi, interrogé par l’AFP, tout devrait être prêt dans un jour ou deux. Pour plus de détails lire aussi l’article du Bangkok Post (www.lepetitjournal.com Bangkok) Mercredi 27 septembre 2006

Restrictions : Une centaine d’enseignants bloqués à un poste de contrôle par des soldats.- Une centaine d’enseignants de Chiang Raï auraient été bloqués, selon le Nation, à un poste de contrôle de la même province lundi soir alors qu’ils se rendaient à des festivités dans la province de Chon Buri. Les soldats auraient refusé le passage aux deux bus qui transportaient les enseignants, ces derniers ne pouvant présenter de laissez-passer les autorisant à voyager en groupe de plus de 5 personnes. Le sésame aurait apparemment dû leur être délivré par le responsable militaire de la zone de Chiang Raï, mais le groupe a dit ignorer que les déplacements en groupe étaient interdits. Certains d’entre eux sont rentrés chez eux tandis que d’autres ont passé la nuit à Payao. (www.lepetitjournal.com Bangkok) Mercredi 27 septembre 2006

Edité le 27/09/2006 @ 10:13 par Swann

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mercredi 27 septembre 2006, 10h31
Thaïlande: le nom du nouveau Premier ministre sera connu dimanche


BANGKOK (AFP) - La junte au pouvoir en Thaïlande annoncera dimanche le nom du Premier ministre qui succèdera au milliardaire Thaksin Shinawatra renversé le 19 septembre, a indiqué mercredi un de ses porte-parole.
Le chef des militaires putschistes, le général Sonthi Boonyaratglin, "doit être reçu samedi en audience par le roi afin de lui soumettre pour approbation la Constitution intérimaire, et le nom du Premier ministre sera annoncé le jour suivant", a déclaré à l'AFP Thawip Netniyom, un officier porte-parole de la junte.

Il a ajouté que le choix du futur chef de l'exécutif provisoire n'était pas arrêté, mais qu'en revanche, la Constitution provisoire, comptant 39 articles, était rédigée.

Le général Sonthi avait assuré mardi que la nomination du Premier ministre interviendrait dans les 48 heures, mais cette annonce semblait, une nouvelle fois mercredi, prendre plus de temps que prévu. La junte a dit vouloir travailler "côte à côte" avec le futur Premier ministre.

Les généraux, qui affirment avoir le soutien du roi et de la population, ont renversé le gouvernement de Thaksin Shinawatra, suspendu les principales institutions, restreint les libertés publiques, mais se sont engagés à rendre rapidement le pouvoir à des civils.


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"Go-go girls" en spectacle devant des chars le 25 septembre 2006 à Bangkok

mercredi 27 septembre 2006, 16h24
Les "go-go girls" devant les chars à Bangkok, c'est fini


BANGKOK (AFP) - Les généraux au pouvoir à Bangkok ont fait part mercredi de leur irritation après le spectacle de cinq "go-go girls" peu vêtues qui ont dansé devant des chars positionnés dans le centre-ville.
Les femmes habillées d'un mini-short moulant et d'un débardeur couleur treillis laissant apparaître leur nombril se sont produites sur la Place royale, juste devant les blindés. Leur photo s'est retrouvée à la une de la presse thaïlandaise.

"J'ignore l'intention de l'organisateur mais c'est la première et la dernière représentation de ce type. C'est totalement déplacé", a déclaré aux journalistes Palangoon Klaharn, un officier porte-parole de la junte.

Selon les journaux, le spectacle avait été organisé par une radio locale pour divertir les soldats et les centaines de touristes qui se bousculent depuis le coup d'Etat pour se faire photographier devant les chars de combat.

Les généraux putschistes, qui affirment avoir le soutien du roi et de la population, ont renversé le 19 septembre le gouvernement de Thaksin Shinawatra, suspendu les principales institutions et restreint les libertés publiques mais se sont engagés à rendre le pouvoir à des civils rapidement.

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