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Author ---- Dossier Coup d'Etat militaire en Thaïlande ---- Suivez le deroulement en Live   ( Replies 85 | Views 10886 )
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Re : Un coup d'Etat militaire est en cours en Thaïlande Reply With Quote
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J'ai l'impression que ce "putsh" s'est fait sans encombres ....
Trop facilement ....
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Re : Un coup d'Etat militaire est en cours en Thaïlande Reply With Quote
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Rotha a écrit

J'ai l'impression que ce "putsh" s'est fait sans encombres ....
Trop facilement ....


Moi je pense, au contraire, que cela a été bien préparé !
Mais les Bouddhistes n'étant pas pour la violence, on a choisi le moment opportun, pour le faire.
Je me demande, où l'on va, cette fois-ci ... je suis ça de tout près.
Entre le militaire musulman, à la tête du putsch, et les tensions dans le sud :sarcastic:
Inquiète pour mes amis, mon ami.
Mais bon, on verra bien.

"Pas de sang versé" - voilà le souhait de :whaou: sothy :lol:

#27253 View sothy's ProfileView All Posts by sothyU2U Member
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Re : Un coup d'Etat militaire est en cours en Thaïlande Reply With Quote
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Des touristes passent leurs bagages aux rayons-X, le 20 septembre 2006 à l'aéroport de Bangkok

Le tourisme thaïlandais une nouvelle fois en péril
Par Par Nareerat WIRIYAPONG
mer 20 sep, 10h58 Envoyer par mail


BANGKOK (AFP) - Le putsch militaire en Thaïlande risque de jeter une sérieuse ombre sur la florissante industrie touristique du pays qui venait à peine de se relever du tsunami dévastateur de décembre 2004, selon les experts.

Selon certaines prévisions, le nombre de touristes pourrait chuter de 30% alors que certains visiteurs -- en particulier en Asie -- ont déjà annulé leurs voyage en Thaïlande où des militaires ont annoncé mardi soir avoir renversé le Premier ministre, Thaksin Shinawatra, et s'être emparé du pouvoir.

"Nous avons reçu des appels d'un groupe de Sud-Coréens qui ne sont pas en mesure de confirmer leur venue en Thaïlande", a indiqué à l'AFP Chattan Kunjara Na Ayudhya porte-parole de l'Autorité touristique de la Thaïlande (TAT) qui estime que "beaucoup de touristes attendent de voir comment les choses vont tourner". "Le putsch militaire va certainement avoir des conséquences sur le secteur touristique", prédit-il.

Afin d'éviter un désastre économique, la TAT s'apprête à lancer une vaste opération de communication pour rassurer et persuader les touristes de revenir au "pays des Sourires". Mais le calendrier de cette opération séduction risque d'être un peu juste, la haute saison débutant dans un mois.

"L'incident n'aurait jamais du se produire à l'approche de la haute saison", se désole Pornthip Samerton, directrice de l'agence de voyage Destination Asie. "La confiance des touristes va en prendre un coup et en particulier ceux qui viennent du Japon et qui sont très sensibles en la matière", dit-elle.

"En gros, 30% des arrivées attendues au dernier trimestre vont peut-être se volatiliser", estime-t-elle.

Le tourisme est une manne qui rapporte chaque année quelque 12 milliards de dollars au royaume où les touristes affluaient de nouveau presque deux ans après le tsunami du 26 décembre 2004 qui avait fait plusieurs milliers de morts en Thaïlande et dévasté certaines de ses plus belles stations balnéaires.

Selon les projections du gouvernement, quelque 13,6 millions de touristes étrangers sont censés visiter le pays en 2006, dont 50% d'Asiatiques.

Ces objectifs semblent aujourd'hui d'autant plus compromis que certains pays tels que l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Chine ont conseillé à leurs ressortissants de différer jusqu'à nouvel ordre tout déplacement non essentiel en Thaïlande.

Les professionnels redoutent surtout un pourrissement de la situation actuelle et déplorent l'effet psychologique désastreux sur les visiteurs d'images montrant des blindés sillonnant les rues de Bangkok.

Pour Apichart Sankary, président de l'Association des agents de voyages thaïlandais, les militaires actuellement aux commandes doivent "rétablir la situation et tout faire pour que l'industrie touristique ne soit pas affectée".

Certains touristes abasourdis pris au milieu du putsch n'ont pas compris ce qu'il advenait. "Personne ne savait ce qui ce arrivait, alors on nous a dit de retourner dans nos hôtels pour nous mettre en sécurité", a témoigné Milena Murgo, un Italien qui faisait du shopping dans la capitale mardi soir.

#27288 View Swann's ProfileView All Posts by SwannU2U Member
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Sonthi Boonyratglin (C) le 11 septembre 2006 à l'aéroport Nay Pyi Taw

mercredi 20 septembre 2006, 11h27
L'auteur du coup d'Etat en Thaïlande: un musulman proche du roi


BANGKOK (AFP) - Le général Sonthi Boonyaratglin, leader apparent du coup d'Etat à Bangkok, est le premier musulman à diriger l'armée de la Thaïlande, pays largement bouddhiste, et a la réputation d'être proche du roi Bhumibol Adulyadej.
Le général Sonthi, 59 ans, s'était opposé publiquement au Premier ministre Thaksin Shinawatra à propos de la politique sécuritaire avant le putsch de mardi soir.

Sa nomination l'année dernière au poste de commandant-en-chef de l'armée avait été largement perçue comme une tentative par le gouvernement d'en finir avec la rébellion musulmane qui sévit depuis près de trois ans dans l'extrême sud de la Thaïlande.

A l'époque, ses sympathisants avaient affirmé que le général Sonthi pouvait contribuer à dissiper l'impression que les autorités se rendaient coupables de discriminations à l'égard des musulmans du Sud, région proche de la Malaisie où ils sont majoritaires. Encore récemment, il avait admis publiquement que Bangkok ne savait pas vraiment qui sont les chefs des insurgés et avait préconisé la négociation pour mettre fin aux violences qui ont fait plus de 1.400 morts depuis janvier 2004. Cependant, des ministres proches de M. Thaksin avaient rejeté de tels pourparlers.

Le général Sonthi a été diplomé de l'Académie militaire royale de Chulachomklao en 1969 et a été intégré au corps d'infanterie avant de rejoindre plusieurs unités d'élite. Depuis sa nomination à la tête de l'armée de terre, il s'est impliqué, peut-être au début malgré lui, dans la grave crise politique qui a secoué le royaume au cours des derniers mois.

M. Thaksin, riche homme d'affaires de 57 ans élu Premier ministre en 2001, a été au centre de vives controverses après la vente en janvier par sa famille de toutes les parts qu'elle détenait dans un géant des télécoms qu'il avait fondé avant de se lancer dans la politique Pour tenter de désamorcer la crise, le chef du gouvernement a convoqué des élections en avril qui ont été annulées en mai par la Cour constitutionnelle après une intervention exceptionnelle du roi Bhumibol qui a qualifié le processus de "non démocratique". Le scrutin avait été boycotté par l'opposition.

Le général Sonthi a été reçu en audience mardi soir par le roi après l'annonce du coup d'Etat. Au plus fort de la crise au printemps, il avait laissé entendre que le vieux souverain était perturbé par les remous politiques qui n'en finissaient pas. "Le problème" du pays "a attristé sa Majesté", avait-il dit à l'époque. "En tant que Soldat de sa Majesté, je voudrais soulager son inquiétude et l'Armée se conformera strictement à tout conseil qu'il nous donnera".

Alors que la situation s'aggravait, le général s'était empressé de démentir toutes les rumeurs de coup d'Etat. Cependant, lorsqu'un complot visant à assassiner M. Thaksin avait été annoncé le mois dernier et que cinq militaires avaient été arrêtés, certains diplomates avaient commencé à évoquer l'hypothèse que l'étau se resserrait autour de Sonthi et qu'il pourrait être tenté d'agir.


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Le directeur général du FMI, Rodrigo Rato, le 20 septembre 2006 à Singapour

Coup d'Etat en Thaïlande: pas d'affolement du FMI, ni des analystes

Par Par Amélie HERENSTEIN
mer 20 sep, 11h12



SINGAPOUR (AFP) - Le FMI a cherché mercredi à calmer le jeu sur l'impact potentiel du coup d'Etat à Bangkok, que les marchés et les experts ne jugent pas pour l'instant susceptible de faire chavirer la solide économie thaïlandaise et la stabilité économique de l'Asie.

"Nous surveillons les développements très étroitement, et nous n'avons certainement pas encore vu de conséquences financières", a déclaré le directeur général du Fonds monétaire international, Rodrigo Rato, pressé de se prononcer sur ce sujet à la clôture des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Singapour.

"Nous espérons que la situation évoluera au bénéfice de la démocratie et de la stabilité dans le pays", a-t-il ajouté devant les journalistes, se refusant à en dire davantage.

La veille encore, M. Rato faisait à la tribune du FMI l'éloge de la vigueur de l'économie asiatique, "la plus dynamique du monde".

Le coup de force du général Sonthi Boonyaratglin, leader apparent du coup d'Etat, a cependant provoqué des remous sur les marchés financiers de la planète.

Le baht thaïlandais (THB) se redressait quelque peu mercredi matin après sa chute de la veille face aux principales devises, les cambistes minimisant l'importance, en termes financiers, du coup d'Etat en Thaïlande.

Vers 08H15 GMT (10H15 à Paris), un dollar permettait d'acheter 37,70 baht, contre 37,95 THB la veille au comble de la progression du billet vert face à la monnaie thaïlandaise.

Mardi, la nouvelle du coup d'Etat en Thaïlande avait fait reculer la monnaie d'un peu plus de 2% face au dollar. Le baht avait subi un recul équivalent face à l'euro (2,3%) et un peu supérieur face au yen (2,8%), mais il refaisait aussi une partie de ses pertes mercredi matin face à ces monnaies.

Quant aux marchés boursiers asiatiques, ils limitaient leurs pertes. Celui de Bangkok est resté fermé.

"Personne ne croit à une répétition de la crise asiatique" de 1997-98, grâce "au bon approvisionnement en liquidité" du marché "et à la solidité du secteur bancaire", a également jugé la banque asiatique DBS Bank.

A l'époque, cette crise majeure avait justement débuté en Thaïlande par une série d’attaques spéculatives sur le baht. Elle avait provoqué un mouvement massif de retraits de capitaux avant de se solder par des récessions de 6% en Thaïlande et de 14% en Indonésie en 1998, selon le FMI qui avait été contraint d'intervenir.

Dans les pays voisins, l'heure n'est pas à l'affolement. Le secrétaire d'Etat philippin aux Finances, Margarito Teves, a estimé que "la Thaïlande, grâce à ses récentes expériences (en matière d'instabilité politique, ndlr) et ses fondamentaux économiques solides, sera capable de procéder aux ajustements nécessaires".

"Je suis certain qu'elle va rebondir et que cela ne nuira pas à la situation en Asie", a-t-il ajouté en marge des réunions de Singapour.

Sjamsul Arifin, directeur du département international de la Banque centrale d'Indonésie, a de son côté jugé que "même s'il y avait un impact négatif, il serait très limité car la stabilité est préservée".

Les agences de notation internationales, dont dépendra fortement la capacité du futur gouvernement thaïlandais à s'endetter, ont toutefois rapidement fait savoir mercredi qu'elles demeuraient sur le qui-vive, prêtes à abaisser la note souveraine de la Thaïlande. L'une d'entre elles a également placé les principales banques thaïlandaises sous surveillance.

Moody's note que l'événement "est essentiellement politique plutôt que financier", et suggère qu'il pourrait même permettre de mettre fin à la "paralysie politique à Bangkok" si des élections sont organisées prochainement.

Standard and Poor's redoute au contraire de voir cette paralysie "s'étendre, et affecter fortement le climat des affaires" dans le pays.

Edité le 20/09/2006 @ 12:15 par Swann

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mercredi 20 septembre 2006, 11h27
Le gouvernement militaire va rester au pouvoir pendant deux semaines en Thaïlande

BANGKOK (AP) - Des élections générales seront organisées en octobre 2007 en Thaïlande, a annoncé mercredi le chef de l'armée thaïlandaise, le général Sondhi Boonyaratkalin, à l'origine du putsch.

Une Constitution provisoire sera par ailleurs élaborée d'ici deux semaines, alors que le gouvernement militaire devrait rester au pouvoir pendant cette période. Un nouveau Premier ministre sera nommé dans le même temps, a précisé le général lors d'une conférence de presse.

Le futur dirigeant sera quelqu'un de "neutre" et qui "soutient la démocratie", a ajouté le chef de l'armée. Ensuite, le nouveau gouvernement sera en place pendant plus d'un an.

Le général Sondhi a déclaré que le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, renversé par ce coup d'Etat, pourrait être poursuivi. "Ceux qui ont commis des délits doivent être poursuivis, selon les termes de la loi", a-t-il dit sans plus de précisions.

"Je suis celui qui a décidé d'organiser ce coup d'Etat. Personne ne m'a soutenu", a-t-il déclaré en référence au roi Bhumibol Adulyadej. AP

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OUF - j'ai eu des nouvelles rassurantes de mon ami !

de l'autre côté "il faut se tenir prèt comme après le Tsunami" (dixit l'Ambassadeur à son amie, qui travaille à l'ambassade du Canada)

http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--dos1/060920105457.2nomamvq.html

:whaou: sothy :lol:
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Thaïlande: le baht tient bon et éloigne le risque de répétition de 1997
AFP 20.09.06 | 13h18

Le baht thaïlandais, dont la dégringolade avait déclenché la crise financière asiatique de 1997, résistait bien mercredi au coup d'Etat militaire survenu en Thaïlande et les économistes écartaient un scénario similaire à celui d'il y a neuf ans. La devise, qui avait perdu mardi 2% face au dollar, 2,3% face à l'euro et 2,8% face au yen dans la foulée de la nouvelle, redressait la tête et cotait 37,77 baht pour un dollar à 10H50 GMT, contre 37,95 au plus bas la veille. Il restait ainsi proche de ses plus hauts niveaux depuis 2000. La réaction des autres monnaies de l'Asie du Sud-Est a aussi été limitée. Le peso philippin cotait 50,15 PHP pour un dollar contre 50,05 mardi à l'ouverture des échanges, le dollar de Singapour 1,5872 SGD pour un dollar contre 1,5867, la roupie indonésienne 9.168 IDR pour un dollar contre 9.105 et le ringgit malaisien 3,6805 pour un dollar contre 3,68. Les économistes se montraient plutôt rassurants sur les éventuelles conséquences de l'événement. "Les risques de contagion régionale semblent vraiment limités", a estimé Sébastien Barbé, de la banque Calyon. "D'un point de vue financier, la plupart des facteurs de contagion présents il y a neuf ans durant la crise asiatique, qui avait commencé en Thaïlande, ont disparu". "Les taux de change de la région sont désormais plus flexibles et reflètent mieux les fondamentaux économiques, les déficits des comptes courants ont fait place à des surplus et le poids de la dette à court terme est bien plus réduit que durant les années 1990", a-t-il ajouté. Le 2 juillet 1997, la décision des autorités thaïlandaises de laisser flotter le baht avait entraîné dans sa chute la roupie indonésienne, le ringgit malaisien et le peso philippin. A l'automne, la crise s'était étendue à la Corée, Taïwan, Singapour et Hong Kong, la situation financière des banques et des entreprises locales, alors fortement endettées à court terme en dollars et en yens, se détériorant rapidement. Leur faillite entraînait la fuite des capitaux, une chute de l'activité économique et une forte hausse du chômage au premier semestre 1998. "Nous avons envisagé les bons et les mauvais scénarios, pour en conclure qu'une issue favorable était la plus probable", a indiqué mercredi Rob Subbaraman, de la banque Lehman Brothers. "L'économie thaïlandaise est déjà en difficulté, en raison d'une grande incertitude politique cette année, de la cherté du pétrole (la part des importations de brut dans le PIB thaïlandais est la plus élevée en Asie) et de la hausse des taux d'intérêt". Mais "en dépit du ralentissement de la croissance, les fondamentaux de la Thaïlande sont bons", a souligné l'économiste, qui ne croit pas non plus à une répétition de 1997 alors que la banque centrale du pays est "bien mieux équipée pour défendre le baht". Julian Jessop, de Capital Economics, va plus loin: "les marchés financiers, évidemment, n'aiment pas les périodes d'incertitude politique, mais dans ce cas, les derniers événements pourraient en fait aider à clarifier les choses" en Thaïlande, alors que "le gouvernement Thaksin a été en crise depuis le début de l'année et n'était plus une bonne chose pour l'économie et les marchés".

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Video :

http://www.dailymotion.com/video/xeukt_coup-detat-a-bangkok


mercredi 20 septembre 2006, 13h59
Les précédents coups d'Etat en Thaïlande

BANGKOK (AP) - Les coups d'Etat en Thaïlande depuis les années 70:

- 1971: le maréchal Thanom Kittikachorn revient au pouvoir. Il abolit la Constitution et dissout le Parlement.

- Octobre 1973: un soulèvement conduit par un mouvement étudiant renverse les "trois tyrans": Thanom Kittikachorn, son fils le colonel Narong Kittikachorn et son beau-père, le maréchal Praphas Charusathien, qui a dirigé le pays dans les années 60 et au début des années 70. La Thaïlande connaît une brève période de démocratie.

- 6 octobre 1976: au moins 46 étudiants qui manifestaient contre le retour de Thanom en Thaïlande sont tués et des centaines d'autres blessés par la police et l'armée. Un coup d'Etat installe au pouvoir un nouveau gouvernement conduit par l'armée.

- 26 mars 1977: la junte déjoue un putsch du général Chalard Hiranyasiri, qui avec 300 hommes s'empare de quatre bâtiments gouvernementaux et militaires.

- 20 octobre 1977: un coup d'Etat militaire sanglant, conduit par l'amiral Sangad Chaloryoo, installe Kriangsak Chomanan au poste de Premier ministre.

- 1er avril 1981: des factions dans l'armée tentent de renverser le gouvernement du Premier ministre Prem Tinsulanonda.

- 9 septembre 1985: des officiers à la retraite organisent un coup d'Etat avorté.

- 23 février 1991: le général Suchinda Krapayoon renverse sans effusion de sang le gouvernement civil du Premier ministre Chatichai Choonhavan.

- mai 1992: Suchinda est contraint de quitter le pouvoir après la mort d'une cinquantaine de manifestants pro-démocratie abattus par des soldats à Bangkok. Son Premier ministre démissionne. Le roi Bhumibol Adulyadej intervient pour mettre fin aux manifestations et le Parlement légifère pour réduire l'influence de l'armée sur la vie politique.

- 19 septembre 2006: nouveau coup d'Etat. profitant du voyage du Premier ministre Thaksin Shinawatra aux Nations unies à New York, le commandant en chef de l'armée Sondhi Boonyaratkalin prend les rênes du pouvoir, abroge la Constitution et instaure la loi martiale.



Edité le 20/09/2006 @ 16:38 par Swann

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mercredi 20 septembre 2006, 14h50
Le roi de Thaïlande nomme le responsable du putsch au poste de chef du conseil de gouvernement

BANGKOK -- Le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej a nommé mercredi le responsable du coup d'Etat militaire survenu la veille au poste de chef du nouveau conseil de gouvernement, selon une annonce télévisée.

"Afin de créer la paix dans le pays, le roi nomme le général Sondhi Boonyaratkalin comme chef du conseil de la réforme administrative", a annoncé la télévision. "Tout le monde doit rester calme et les fonctionnaires doivent désormais obéir au général Sondhi Boonyaratkalin."

L'initiative du roi donne une légitimité au nouveau Conseil de la réforme administrative formé par les militaires après leur coup d'Etat.

Profitant du voyage du Premier ministre Thaksin Shinawatra aux Nations unies à New York, Sondhi Boonyaratkalin, commandant en chef de l'armée, a pris les rênes du pouvoir sans tirer un coup de feu mardi, abrogeant la Constitution et instaurant la loi martiale. AP

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mercredi 20 septembre 2006, 16h50
Un nouveau Premier ministre thaïlandais d'ici 15 jours


BANGKOK (Reuters) - Les militaires thaïlandais qui ont pris le pouvoir sans effusion de sang à Bangkok ont promis mercredi de nommer un nouveau Premier ministre d'ici deux semaines puis de rentrer dans leurs casernes. Une proclamation royale est venue légitimer le coup d'Etat.

Thaksin Shinawatra, le chef du gouvernement renversé mardi soir alors qu'il assistait à l'Assemblée générale des Nations unies à New York a annulé son discours et pris l'avion pour Londres où il était attendu dans la journée.

Les putschistes ont assuré qu'il était libre de rentrer dans son pays s'il le désirait et ont précisé que ses avoirs ne seraient pas bloqués.

Lors d'une allocution télévisée moins de 24 heures après le coup d'Etat, le général Sonthi Boonyaratglin, chef du nouveau Conseil de réforme politique mis en place par l'armée, a précisé qu'il faudrait un an pour mettre au point une nouvelle Constitution, qui sera soumise à référendum, et organiser des élections.

"Le Conseil n'a aucune intention de diriger le pays lui-même et il remettra le pouvoir au peuple aussitôt que possible dans le cadre de la monarchie constitutionnelle", a-t-il dit.

Les militaires, a-t-il poursuivi, étudient une liste de possibles Premiers ministres. "Nous voulons une personne qui aime la démocratie et la monarchie constitutionnelle. Nous avons deux semaines. Dans deux semaines, nous nous retirerons."

"Thaksin est un Thaï, un compatriote et, s'il décide de revenir, cela ne posera aucun problème", a-t-il ajouté.

Une proclamation royale a appelé mercredi "la population à rester calme, les fonctionnaires et agents de l'Etat à suivre les instructions données par le général Sonthi Boonyaratglin".

Les militaires ont pris le pouvoir "car les constants efforts de conciliation n'avaient pas permis de rétablir le calme", ajoute-t-elle.

Lors de sa conférence de presse, le général Sonthi était flanqué de quatre autres membres du Conseil de réforme politique, qui s'est emparé du pouvoir dans la nuit de mardi à mercredi à Bangkok pour mettre fin à la "corruption endémique", a dissous le gouvernement, abrogé la Constitution et proclamé la loi martiale.

L'armée thaïlandaise a par ailleurs interdit tout rassemblement politique de plus de cinq personnes.

Les banques et certains commerces sont restés fermés mercredi matin, et plusieurs entreprises étrangères installées dans le pays, comme le constructeur automobile japonais Nissan, ont suspendu le travail pour une journée.

CALME A BANGKOK

La Bourse de Bangkok a elle aussi été fermée sur l'ordre des nouvelles autorités militaires du pays mais devrait rouvrir jeudi.

Aucun signe de trouble n'était visible à Bangkok.

Le bras droit du Premier ministre déchu, Chidchaï Vanasatidya, a été "invité à rester" au quartier général de l'armée, ont précisé les militaires soucieux d'éviter une éventuelle riposte des partisans du gouvernement renversé.

Le chef de la police, Kowit Wattana, a affirmé qu'aucune nouvelle poursuite ne serait lancée contre Thaksin mais que celui-ci, s'il rentre en Thaïlande, devra répondre des accusations le concernant déjà transmises à la justice, notamment pour fraude électorale et insulte à la personne du roi.

Etats-Unis, Union européenne, Australie et Nouvelle-Zélande ont condamné le coup d'Etat de mardi soir, le premier depuis 15 ans dans le royaume asiatique et le 18e depuis l'instauration de la monarchie constitutionnelle en 1932.

Mais de nombreux spécialistes pensent que c'était le seul moyen de sortir le pays de l'impasse politique dans laquelle il était engagé depuis un an et de ramener la stabilité.

"Ce coup d'Etat est différent des précédents. Avant, les putschs servaient uniquement les intérêts de l'armée. Cette fois, c'était une mesure nécessaire en raison de la violente polarisation de la société thaïlandaise", a expliqué Somjaï Phagapasvivat, de l'université de Thammasat à Bangkok.

Les chefs putschistes se sont rendus mardi soir au palais royal pour en référer au roi Bhumibol Adulyadej. Les télévisions ont diffusé les images du cortège, susceptibles d'apaiser les esprits à travers le pays, où le monarque est révéré.

La télévision a également passé des documentaires sur l'action du roi en faveur du développement des zones rurales, dans l'optique apparente de démontrer que l'armée avait agi au nom de la couronne.

Après des manifestations contre sa politique à Bangkok, Thaksin avait convoqué des élections en avril dernier, comptant sur le soutien des électeurs des zones rurales. L'opposition l'avait accusé de manipulation et avait boycotté le scrutin, qui avait finalement été annulé par la justice. Le parti du Premier ministre, Thaï Rak Thaï, était largement donné favori de nouvelles élections prévues théoriquement fin novembre.

La monnaie nationale, le baht, a connu sa plus forte baisse en trois ans dans les heures qui ont suivi l'annonce du coup d'Etat avant de stabiliser mercredi.

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Ambassade de France en Thaïlande, 35 Charoen Krung 36 - Bangkok 10500. Tel : +(66 2) 657 51 00
http://www.ambafrance-th.org/

Coup d’Etat en Thaïlande.

Les forces armées thaïlandaises ont pris sans aucune violence, le 19 septembre 2006, le contrôle du pays. La situation est calme.

La loi martiale a été décrétée par l’armée, dans le cadre des dispositions de cette loi, les rassemblements excédant 5 personnes sont désormais interdits.

Aucun affrontement armé n’a été signalé à cette ambassade sur l’ensemble du territoire. Ce mercredi 20 septembre a été déclarée journée chômée, les services publics, les banques, les écoles sont donc fermés. Les établissements scolaires ouvriront à nouveau dès demain 21 septembre.

Le Lycée français de Bangkok rouvrira également à cette même date.

A cette occasion, l’ambassade ne peut que renouveler ses conseils de prudence aux compatriotes se trouvant actuellement en Thaïlande. Il convient de limiter les déplacements au strict nécessaire, d’éviter les éventuels attroupements et de se tenir éloigné des bâtiments officiels. Rester chez vous ou dans l’hôtel dans lequel vous résidez actuellement serait la solution idéale si vous avez la possibilité de le faire.

Lors d’une réunion convoquée à 13h30 ce jour par l’autorité militaire, celle-ci a indiqué que les touristes n’étaient pas affectés par les événements en cours et qu’il n’y avait pas de mesures particulières concernant le contrôle des entrées et des sorties du territoire.

L’Ambassade publiera sur ce site les nouvelles informations susceptibles de venir à sa connaissance.

Il est recommandé de consulter périodiquement ce site, canal privilégié pour l’information de l’ambassade vers les Français résidents et de passage.



Edité le 20/09/2006 @ 17:42 par Swann

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mercredi 20 septembre 2006, 18h28
Thaksin accusé d'avoir divisé la Thaïlande

BANGKOK (AP) - Le coup d'Etat en Thaïlande marque la chute de Thaksin Shinawatra, milliardaire jugé arrogant et autoritaire par ses détracteurs qui lui reprochent d'avoir divisé le pays et estiment son sort mérité. Il marque aussi pour nombre d'observateurs une victoire pour le roi.

Etoile montante de la scène politique régionale, celui que l'on présentait comme un "Premier ministre PDG" pour son style de dirigeant d'entreprise ne manquait pas d'ennemis en Thaïlande. Des adversaires qui lui reprochaient notamment d'avoir opposé la majorité rurale et pauvre à l'élite urbaine.

"Nous l'avons mis en garde il y a longtemps", souligne Suriyasai Katasila, porte-parole de l'Alliance du peuple pour la démocratie, mouvement de protestation anti-Thaksin. "Nous avons souvent dit que Thaksin et son système créeraient les conditions d'un coup d'Etat."

Milliardaire des télécommunications et des médias devenu homme politique, Thaksin s'est hissé au pouvoir en 2001 alors que le pays se remettait de la grave crise financière asiatique de 1997-98. Volontiers populiste, il se présentait comme une nouvelle race d'homme politique, capable de relancer son pays en le gérant comme une entreprise.

Avant même son accession au pouvoir, il avait suscité la controverse. Une semaine avant son premier succès électoral, il avait été accusé d'avoir cherché à dissimuler une partie de sa fortune.

Malgré son éthique suspecte, ce fils d'une famille de marchand de soie qui a étudié aux Etats-Unis avait su séduire en mettant en cause la gestion du Premier ministre sortant Chuan Leekpai et en l'accusant de négliger les pauvres.

Thaksin a construit sa base électorale dans les campagnes, faisant bénéficier la majorité rurale pauvre d'un accès aux soins quasi gratuit, d'un plan de suspension de la dette pour les fermiers et de crédits à faible taux d'intérêt au profit des villages pauvres.

Mais sa popularité en zone rurale a été contrebalancée par des critiques croissantes dans les villes, où militants et intellectuels le décrivaient comme un faux démocrate, l'accusant de bafouer les droits de l'homme, d'étouffer la presse et de se livrer à un mélange des genres entre politique et affaires privées.

Il a également été critiqué pour sa guerre contre la drogue en 2003 qui s'est soldée par la mort de 2.300 Thaïlandais sur une période de trois mois et sa gestion d'une insurrection islamiste dans le sud du pays. Un conflit qui a fait 1.700 morts depuis 2004.

Malgré ces problèmes, il a été reconduit haut la main en 2005 pour un second mandat, son parti le Thai Rak Thai ayant remporté 377 des 550 sièges au Parlement.

Mais, face à l'essor d'un mouvement populaire réclamant sa démission, essentiellement à Bangkok, il a dissous le Parlement en février dernier et convoqué des élections anticipées. En mai, la Cour constitutionnelle a invalidé le scrutin au motif qu'il avait été entaché de fraude, laissant le pays dans une crise politique.

De nouvelles élections devaient avoir lieu en fin d'année. Thaksin avait dans un premier temps annoncé qu'il démissionnerait pour favoriser une sortie de crise, mais son attitude ces dernières semaines laissaient planer le doute sur ses intentions.

Beaucoup ont vu dans la chute de Thaksin la main du roi Bhumibol Adulyadej, 78 ans, qui reste l'homme le plus influent du pays. Le nouveau pouvoir militaire a décrété la loi martiale mais a formé une instance provisoire, le Conseil de la réforme administrative, respectant l'autorité du monarque.

Le palais affirme n'avoir joué aucun rôle dans les événements de mardi, mais le roi a nommé le chef des putschistes, le général Sondhi Boonyaratkalin, à la tête du nouveau Conseil. Ce qui revient à donner sa bénédiction au coup d'Etat.

Les observateurs voient dans le renversement de Thaksin une victoire pour le roi, le Premier ministre ayant été accusé par beaucoup d'avoir défié l'autorité du souverain, acte impardonnable en Thaïlande.

"Thaksin a montré un certain manque de considération pour le roi et les désirs du palais. Et il a montré beaucoup d'indépendance ce que le palais voyait d'un mauvais oeil", explique Paul Handley, spécialiste de la monarchie thaïlandaise.

A Bangkok, beaucoup ne semblaient pas mécontents de la tournure des événements. "Nous avions désespérément besoin de changement", affirmait Pongspan Lang, un étudiant de 20 ans. "Le Premier ministre était corrompu et faisait beaucoup de mal." AP

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"Thaksin voulait un Etat-entreprise"

NOUVELOBS.COM | 20.09.06 | 15:39

''Thaksin voulait un Etat-entreprise'' par Bruno Birolli,
correspondant en Asie
du Nouvel Observateur.

Ce coup d'Etat militaire était-il prévisible ?

- Oui, dès le mois de mars, le Haut commandement de l'armée de terre avait averti qu'il pourrait lancer un coup d'Etat pour rétablir l'ordre dans le pays. Les militaires ont commencé à planifier ce putsch dès ce moment-là. Ils ont attendu que le Premier ministre, Thaksin Shinawatra, parte à New York pour lancer leur offensive. Tout s'est donc passé exactement comme ils l'avaient prévu.
Cette crise est liée principalement à la personnalité du Premier ministre. C'est un homme très arrogant, sûr de lui, un nouveau riche. En 1998, il a créé un parti politique très habile, le Thaï Rak Thaï, en achetant plusieurs petits mouvements. Il s'en est ensuite servi pour mettre au pas les institutions monarchiques, notamment la cour suprême, la police…
Il faut savoir aussi que la Thaïlande est divisée en deux camps politiques. Le nord, rural, a toujours été fidèle à Thaksin. Ce sont ces voix qui l'ont porté au pouvoir en 2001. En revanche, il n'a jamais réussi à percer dans le sud, où se trouve Bangkok, la capitale, qui rassemble à elle seule 20% de la population. Car le Premier ministre a toujours poursuivi un modèle, celui de Singapour.

Il voulait transformer la Thaïlande en une sorte d'Etat-entreprise dont il serait le patron. Evidemment, ses ambitions étaient en porte-à-faux avec les institutions démocratiques mises en place par le gouvernement précédent, en 1997, et soutenues par le roi.
Thaksin a donc toujours été en conflit avec les habitants du sud, urbains et attachés à la démocratie. Fin 2005, le roi a lui aussi manifesté son mécontentement à son égard. Dans un discours officiel, il a évoqué ceux qui "divisent le pays", dans une allusion claire à son Premier ministre.
A cette situation déjà tendue est venu s'ajouter, début 2006, un scandale politico-financier. Par le biais de boîtes offshore, le Premier ministre a vendu son groupe Shin Corp à une holding de Singapour. Ce fut la goutte d'eau qui a fait déborder le vase… A l'appel des partis d'opposition, les habitants de Bangkok sont descendus dans la rue pour réclamer sa démission et l'armée a mis en route son plan, jusqu'à son dénouement aujourd'hui.

Après avoir connu plusieurs régimes militaires, quel est le rôle de l'armée aujourd'hui en Thaïlande ?

- Le pays a effectivement connu plusieurs périodes de dictature militaire, nationaliste et proche de l'extrême droite, après la Seconde Guerre mondiale. Mais depuis la promulgation de la nouvelle Constitution démocratique, en 1997, l'armée n'est plus une force autonome. Les militaires ont d'ailleurs annoncé aujourd'hui qu'ils remettront au plus vite le pouvoir au peuple. De toute façon, ils n'auront guère le choix: ils ont réalisé ce putsch avec l'aval du roi, très attaché aux valeurs de démocratie que Thaksin voulait remettre en cause. L'armée s'est donc engagée, en renversant le Premier ministre, à rétablir cette démocratie, et non à s'approprier elle-même le pouvoir.
On peut s'attendre à la mise en place d'un gouvernement rassemblant des proches du roi, des membres du Parti démocrate, principal parti d'opposition, et quelques militaires. Quant à Thaksin, des poursuites pénales l'attendent s'il rentre en Thaïlande, aussi peut-on douter de son retour… Personnellement, je pense qu'il finira en exil, comme tant d'autres chefs d'Etat ou de gouvernement qui ont utilisé leur pouvoir pour s'enrichir.
Son parti, le Thaï Rak Thaï, devrait rapidement voler en éclats, privé de son principal financeur. Le Parti démocratique aura alors la voie libre pour s'imposer, mais face à quatre ou cinq autres formations politiques. L'armée ne devrait plus jouer qu'un rôle secondaire.

Cette crise s'inscrit-elle aussi dans un contexte régional tendu ?

- Oui, mais à l'échelle de la Thaïlande elle-même. Au cours de ces dernières années, une crise s'est développée dans le sud du pays, à la frontière avec la Malaisie. Cette région est occupée par une minorité malaise, musulmane, qui ne parle pas le thaï et qui s'est toujours sentie marginalisée par rapport au reste de la Thaïlande. De plus, c'est un fief des démocrates, rivaux de Thaksin. A son arrivée au pouvoir en 2001, ce dernier a décidé d'employer la manière forte dans région. Il a aussi remplacé l'armée en place par la police, dont il est lui-même issu. Cette politique a provoqué une véritable guerre civile dans cette région frontalière: des milliers de morts, des exécutions sommaires, des attentats à répétition… Thaksin en fait une zone de guerre alors que ses habitants vivaient en paix avant son intervention.
Or, le commandant en chef des armées, Sonthi Boonyaratglin, qui a conduit le putsch, est originaire de cette région, tout comme beaucoup de députés démocrates. Ce coup d'Etat résulte donc en partie de rivalités personnelles et plus largement de cette spécificité régionale, où l'armée s'est sentie évincée et les démocrates envahis.
En revanche, les pays voisins n'ont pas eu d'influence directe sur la situation actuelle. Excepté la Malaisie, qui soutient la minorité malaise installée au sud de la Thaïlande. Des "gangs" en ont profité pour mettre en place un trafic d'armes et de drogue le long de la frontière entre les deux pays. Aucune trace par contre de terroristes du type d'Al-Qaïda, contrairement à ce que l'on pourrait croire.

Propos recueillis par Chiara Penzo
(le mercredi 20 septembre 2006)

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Si d’aucuns doutaient encore ce matin que les militaires avaient pris en main la destinée du royaume, l’apparition à la télévision des cinq généraux à la tête du coup d’Etat qui a renversé le gouvernement Thaksin, dans la nuit du mardi 19 septembre 2006, a dû leur rappeler de bons souvenirs (ou mauvais, c’est selon) ; celui d’un temps que l’on croyait pourtant révolu, où une junte militaire en chassait une autre quand elle ne tirait pas sur des étudiants en quête de démocratie.

Mais les 15 ans qui séparent le dernier putsch de 1991 n’auront finalement été qu’une parenthèse dans la fragile histoire démocratique de la Thaïlande, plus connue pour sa douceur de vivre et ses balades à dos d’éléphant que ses révolutions manquées. Ce «petit» pays qui voulait devenir grand a rejoint ses voisins - birman, cambodgien, vietnamien, malaisien, laotien, singapourien ou indonésien - qui ont tous en commun une «certaine idée asiatique» de la démocratie et des droits fondamentaux de l’homme.

Thaksin Shinawatra, richissime homme d’affaires féru de pouvoir, qui a dirigé pendant près de six ans la destinée du royaume avec plus ou moins de succès, a assisté, impuissant, dans une chambre d’un palace de New York, à sa chute. Triste fin pour cet homme trahi, probablement, par ceux qui, au sein de l’Armée et de la Police, lui avaient juré allégeance et qui se sont finalement ralliés au général Sonthi Boonyaratkalin, le commandant-en-chef de la puissante Armée de Terre, à la tête du coup d’Etat et proche du général Prem Tinsulanonda, le président du Conseil Privé du Roi.

Un roi qui, selon certains journalistes de la presse internationale, aurait été informé du Coup d’Etat et ne s’y serait pas opposé, ce que ne confirment pas les observateurs locaux. Le général Sonthi, souhaitant mettre un terme à la rumeur, a formellement démenti cet après-midi que le coup d’Etat avait été fomenté avec l’assentiment du roi.
Il est toutefois possible que Sa Majesté Bhumibol Adulyadej, qui a accordé une audience aux auteurs du putsch hier soir, quelques heures après le coup de force, ait obtenue de la junte qu’elle réforme la Constitution et restitue le pouvoir au peuple dans les meilleurs délais.

La junte a affirmé aujourd'hui dans un communiqué qu’un Premier ministre «démocratique» allait être désigné d’ici à deux semaines et qu’elle conserverait le pouvoir pour une période limitée, probablement un an, le temps de mettre en place les réformes politiques nécessaires à ses yeux. De bonnes intentions qui ne cachent pas toutefois l’évidence que ces mesures seront prises hors du cadre démocratique et devraient renforcer le pouvoir de l’armée. Pouvoir qu’elle n’aura finalement jamais quitté.

Dans les rues de la capitale thaïlandaise aujourd’hui, tout le monde vaquait tranquillement à ses occupations, malgré la fermeture des banques et des institutions publiques. Les écoles rouvriront demain et il est impensable que les ambassades, dont la France, ne lèvent pas leurs recommandations à leurs ressortissants de rester chez eux et de ne pas sortir. Environ 10000 Français vivent en Thaïlande. Quant aux touristes étrangers, ils sont plusieurs dizaines de milliers actuellement dans les hôtels du royaume et aucune restriction n’a été posée par la junte. Ils continuent, comme si de rien n’était, à visiter ce merveilleux pays du sourire...


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Le putsch en Thaïlande révèle les limites du miracle asiatique
Par La Tribune
jeu 21 sep, 0h00

La déliquescence de l'État et la montée de la corruption au sein de l'appareil dirigeant ont poussé l'armée thaïlandaise à intervenir. La stabilité de la région reste menacée par la faiblesse de l'État de droit.

Constitution, Sénat, Chambre des représentants, gouvernement et Conseil constitutionnel suspendus, loi martiale décrétée, les militaires thaï-landais qui ont déposé mardi l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra n'ont rien laissé au hasard.

La principale figure de ce coup d'État sans effusion de sang, le général Sonthi Boonyaratglin, a toutefois promis, au nom du " Conseil pour la réforme démocratique ", la désignation, d'ici quinze jours, d'institutions intérimaires, la nomination d'un Premier ministre et, surtout, " le retour à la démocratie " d'ici un an avec l'adoption d'une nouvelle Constitution. Des déclarations destinées autant à l'usage intérieur qu'à la communauté internationale dont plusieurs membres, Japon et Australie en tête, ont exprimé leur désaccord en des termes plus ou moins fermes.

Ce putsch - qui serait soutenu par 80 % de la population - est la conséquence d'un long pourrissement de la situation politique engendrée par la gestion autoritaire du Premier ministre renversé et ses manoeuvres dilatoires pour se maintenir au pouvoir, notamment l'organisation d'élections législatives au printemps dernier qui se sont révélées truquées.

Outre les atermoiements du pouvoir face à la rébellion islamiste du sud du pays, le mélange des genres, entre politique et affairisme, pratiqué par le millionnaire Thaksin a aussi contribué à la dégradation du climat social et économique. Corruption à tous les étages de l'appareil public, népotisme, les accusations contre le dirigeant déchu - réfugié à Londres - sont nombreuses et lui vaudront des poursuites s'il venait à regagner son pays (plusieurs de ses ministres ont été arrêtés).

Message reçu. Avec 5 % de croissance moyenne annuelle, la Thaïlande fait figure désormais d'exemple parfait résumant les contradictions du boom asiatique. Malgré des performances économiques élevées, ce pays, comme nombre de ses voisins - Hong Kong, Corée du Sud et, à un degré moindre, Taiwan exceptés -, peine à ancrer solidement l'État de droit et à chasser ses vieux démons. Ainsi, et malgré toutes les réformes promises, ces eldorados pour investisseurs étrangers restent encore marqués par une forte opacité réglementaire.

Même le géant chinois n'échappe pas à cette réalité. Selon des chiffres officiels, les détournements d'argent public y auraient atteint plus de 15 milliards de dollars dans un contexte d'aggravation des tensions sociales. En Chine, comme en Thaïlande, voire en Malaisie ou aux Philippines, la cohabitation entre des croissances économiques étincelantes et des environnements juridiques fragiles risque en permanence de conduire à l'instabilité.

Coïncidence étonnante, le putsch thaïlandais est intervenu un jour après la publication d'un rapport alarmiste de la Banque mondiale sur les dangers de la persistance d'une forte corruption et d'importantes inégalités sociales en Asie, et ce malgré un essor économique incontesté. Dans ce document, l'institution appelait à une " réponse vraiment déterminée " des gouvernements face à ces déséquilibres.

Un message peut-être entendu cinq sur cinq par l'armée thaïlandaise qui devra toutefois démontrer que son accès récurrent de " militique " (intervention des militaires dans le champ politique) n'aggravera pas la propension de ses officiers supérieurs à s'intéresser de trop près à la vie économique du pays...

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Le putsch bien accueilli en Thaïlande

La population apprécie d'être débarrassée du gouvernement corrompu de Thaksin.
Par Arnaud DUBUS
QUOTIDIEN : Jeudi 21 septembre 2006 - 06:00
Bangkok de notre correspondant


Face au palais gouvernemental, des Thaïlandais en polo jaune ­ la couleur du roi ­ apportent des guirlandes de fleurs et des gâteaux traditionnels aux militaires en faction qui encerclent toujours le siège du gouvernement. Le coup d'Etat qui a renversé mardi le cabinet du Premier ministre élu, Thaksin Shinawatra, est accueilli avec soulagement par une grande partie de la population de Bangkok. «Je suis contente : c'était le désordre. Avec les militaires, la situation sera plus calme», indique la gérante d'un petit restaurant dans un quartier est de Bangkok. «L'armée aurait dû faire cela depuis longtemps, car le gouvernement est vraiment trop corrompu», renchérit un vendeur de journaux. Ce n'est pas la première fois qu'un coup d'Etat est accueilli à bras ouverts par les Thaïlandais : lors du putsch de février 1991, la réaction avait été similaire. Ce coup d'Etat d'il y a quinze ans avait abouti à un bain de sang. Mais l'armée garde pour la population l'image d'une institution protectrice de la nation et de la monarchie ­ deux des trois piliers, avec le bouddhisme, du credo nationaliste thaïlandais.
Sur le même sujet




«Inacceptable». La communauté internationale n'a pas le même regard. L'Union européenne et de nombreux pays ­ l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Etats-Unis, les pays de l'Association des nations du Sud-Est asiatique ­ ont condamné le renversement du gouvernement de Thaksin Shinawatra. L'attitude des militaires est jugée «inacceptable» par Alexander Downer, le chef de la diplomatie australienne. La Finlande, présidente de l'Union européenne, a condamné le putsch et demandé un «retour au gouvernement démocratiquement élu». Les Etats-Unis ont adopté une position plus attentiste, appelant seulement les Thaïlandais à «résoudre leurs différends politiques de manière pacifique». Si certains analystes thaïlandais dénoncent aujourd'hui le «systèmeThaksin» et l'enrichissement du clan du Premier ministre, d'autres déplorent le retour des militaires. «Je m'oppose au coup d'Etat, c'est un pas en arrière», estime Gothom Arya, un intellectuel respecté qui préside le Conseil national économique et social.
Confusion. Sonthi Boonyaratglin, 59 ans, un général des forces spéciales qui dirige le nouveau Conseil pour la réforme démocratique ­ la junte désormais au pouvoir ­ était considéré jusqu'à présent comme l'archétype du militaire professionnel, dévoué à la légalité constitutionnelle. Son entrée dans le champ politique est d'autant plus surprenante que Sonthi avait assuré à de multiples reprises être opposé aux putschs qui ont constitué le plus clair de la vie politique de la monarchie thaïlandaise depuis 1932. «La Thaïlande a besoin d'un gouvernement stable. Les coups d'Etat ruineront ce pays», avait-il déclaré l'an dernier. Qu'il ait choisi de renverser un gouvernement élu illustre, selon certains, la confusion extrême créée par Thaksin Shinawatra dans le paysage politico-militaire.
L'ex-sénateur Kraisak Choonhavan ­ dont le père Chatichai, alors Premier ministre, avait été renversé lors du coup d'Etat de 1991 ­ estime que Sonthi et les autres généraux «ont agi avec une intention sincère et authentique». Soucieux de modérer l'impact négatif du coup d'Etat, les généraux au pouvoir ont annoncé une série de mesures pour restaurer progressivement la démocratie. Un gouvernement civil doit être nommé dans les deux semaines. Et, une fois la Constitution amendée, des élections sont annoncées pour octobre 2007.


Edité le 21/09/2006 @ 07:02 par Swann

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Coup d’Etat en Thaïlande.

Mise à jour au 21 septembre

Les forces armées thaïlandaises ont pris sans violence, le 19 septembre 2006, le contrôle du pays.

La loi martiale a été décrétée par l’armée, dans le cadre des dispositions de cette loi, les rassemblements excédant 5 personnes sont désormais interdits.

Aucun affrontement armé n’a été signalé à cette ambassade sur l’ensemble du territoire.

Lors d’une réunion convoquée le 20 septembre par l’autorité militaire, celle-ci a indiqué que les touristes n’étaient pas affectés par les événements en cours et qu’il n’y avait pas de mesures particulières concernant le contrôle des entrées et des sorties du territoire pour les touristes. Les aéroports fonctionnnent normalement.

Aujourd’hui, 21 septembre, la situation est redevenue normale : les administrations, les banques, les établissements scolaires ont rouvert.

Le Lycée français de Bangkok a également repris ses activités.

L’ambassade renouvelle ses conseils de prudence aux compatriotes se trouvant actuellement en Thaïlande. Il convient d’éviter les éventuels attroupements et, pour l’instant, de se tenir éloignés des bâtiments officiels.

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jeudi 21 septembre 2006, 7h58
Le calme prévaut en Thaïlande après le coup d'Etat

BANGKOK (Reuters) - La vie semble avoir repris un cours normal en Thaïlande, moins de 36 heures après un coup d'Etat condamné par la communauté internationale mais approuvé par le roi et accueilli avec soulagement par de nombreux Thaïlandais.

Les militaires ayant renversé mardi soir le Premier ministre Thaksin Shinawatra avaient suspendu quasiment toutes les activités mercredi à Bangkok, afin de maintenir le calme, disaient-ils. La capitale thaïlandaise a retrouvé jeudi sa circulation traditionnellement dense.

Thaksin est arrivé à Londres dans la nuit en provenance de New York, où il se trouvait pour l'Assemblée générale de l'Onu lorsque les militaires se sont emparés du pouvoir.

"J'étais Premier ministre lorsque je suis arrivé et je me retrouve sans emploi à mon retour", a-t-il dit aux journalistes l'accompagnant dans son avion, d'après l'agence de presse Thai News. "Je m'étais porté volontaire pour travailler pour ce pays, mais s'ils ne veulent que je le fasse, je ne le ferai pas."

La résignation apparente de Thaksin ne le prive pourtant pas d'avenir politique, préviennent des observateurs.

"Ce n'est pas le genre d'hommes qui aiment perdre", a déclaré Thitinan Pongsudhirak, de l'Université Chulalongkorn de Bangkok. "Thaksin jouit d'un soutien profond."

"En cas d'élection supervisée par l'Onu, Thaksin et (son parti) le Thai Rak Thai l'emporteraient et c'est un problème pour la Thaïlande", a-t-il ajouté.

Les auteurs du coup d'Etat ont déclaré que l'ancien Premier ministre était libre de revenir en Thaïlande. Le chef de la police a cependant prévenu qu'il aurait alors à faire face à des plaintes déjà déposées, notamment pour fraude électorale.

A la Bourse de Bangkok, les valeurs ont dans un premier temps chuté de près de 4% à la réouverture jeudi, avant de remonter à moins de 2% du niveau de clôture de mardi.

L'armée s'est engagée à nommer un nouveau Premier ministre dans un délai de deux semaines. Elle a prévu de rédiger une nouvelle Constitution en une année puis d'organiser des élections.


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