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Author Jusqu'où peut-on aller par patriotisme ?   ( Replies 69 | Views 2313 )
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Re : Jusqu'où peut-on aller par patriotisme ? Reply With Quote
Offline oldchapman
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DE LA SOUMISSION ASIATIQUE

étude extraite du livre de Martial Dassé,
Les Guérillas en Asie du Sud-Est, chez l'Harmattan, 1993, page 140

La valeur de la soumission l'emporte toujours sur celle de la révolte.

Voici un texte essentiel pour la compréhension des phénomènes politiques au Cambodge, que ce soit la fin d'Angkor, l'attitude de la population devant les Khmers rouges, les amnisties de ceux-ci ou les rivalités actuelles entre Hun Sen et Rannaridh.
Il se trouve en plus que le Cambodge est la société la plus féodalisée, au moins dans sa mentalité, d'Asie.

Le concept de soumission en Asie n'a pas la même résonance qu'en Occident et se situe même à l'opposé. Loin d'être assimilé à une humiliation, il l'est à la raison. Le but ultime de la vie dans la misère de l'Asie est tout simplement de survivre.
Pour l'homme né misérable, la sécurité ne peut être assurés que par un maître qui, en échange de la soumission et des services rendus, assurera gîte, nourriture et surtout protection. C'est alors la fin de l'isolement qui, en Asie, signifie la mort certaine à plus ou moins bref délai.
Se soumettre au plus fort, alors que s'opposer à lui est risquer la mort, constitue un acte raisonnable, un acte de bonne conduite sociale. La société traditionnelle est conçue un peu comme une classe dirigée par un instituteur sourcilleux qui distribue des bons points pour la meilleure conduite et obéissance. Dans la société asiatique, on ne saurait être original. Sortir du troupeau est assimilé à l'arrogance. L'insoumis est un tigre, animal cruel et asocial.
Or, n'a pas la chance de trouver à se soumettre qui veut. Chacun veut bien se soumettre mais encore faut-il trouver quelqu'un qui accepte cette soumission en remarquant ses qualités.
Cependant la soumission est calculée : elle n'est ni servile, ni définitive. Le maître doit la mériter en faisant la preuve constamment qu'il est le plus fort et donc peut assurer la protection.
C'est le prix qu'il a à payer. Au moindre signe de faiblesse, il n'est plus respecté comme important, celui qui donne l'ombre, selon l'expression de l'Asie, et donc il n'est plus utile de le servir. Le soumis démontre alors son habilité en cherchant un nouveau maître. Ce qui pour un Occidental est opportunisme forcené est pour l'Asiatique art de survivre. A quoi bon mourir pour un incapable. Ce n'est pas trahir mais chercher une légitime amélioration de son sort. En conséquence, la confiance accordée aux disciples, subordonnés, soldats, etc., dépend de la force que l'on possède, non pas envers eux, mais envers la société et tout ennemi. Ainsi, le soumis veut savoir qui est réellement le plus fort de tous car ce sera lui le meilleur protecteur. Sa vie peut avoir comme emblème la girouette.
Pourtant, il se considère seulement comme astucieux de suivre le vent et il ne comprend pas les critiques de l'occidental.
Retoumer sa veste n'est pas manquer à sa promesse, car c'est le maître qui a toujours tort : il n'avait qu'à demeurer le plus fort s'il voulait que ses gens restent à son service. C'est avoir une grande face, pour un chef, que d'avoir de nombreux subordonnés mais encore faut-il les conserver. Ils sont une masse extrêmement mobile.
Le combattant, guérillero marxiste ou non, applique cette règle. Changer de camp est admis. Cela facilite les infiltrations par de faux défecteurs, antique ruse utilisée maintes fois dans les Trois royaumes. Il s'agit alors de sonder la sincérité du défecteur, non pas en lui proposant une épreuve cruelle dans laquelle il risquera sa vie, mais en lui demandant un plan qui permettra de nuire de rnanière très conséquente à son ex-maître. Dans ce recrutement des défecteurs, se retrouve le pragmatisme de l'Asie : il est plus utile de grossir ses rangs de déserteurs que de les tuer.
C'est en se fondant sur ces notions que les gouvernements font sans cesse des offres d'amnistie. Ils sont les plus forts, le guérillero doit être raisonnable en se soumettant à eux. ( cf les Khmers rouges en 1996/1997) Il sera reçu comme l'enfant prodigue. S'il refuse, il sera un rebelle, un têtu, un mauvais sujet, un vaurien, etc., les qualificatifs nc manquant pas en ce domaine. Le guérillero accepte de se soumettre à partir du moment où il perçoit qu'il a fait le mauvais choix. Son reniement est accepté par les deux côtés et il n'y a pas de représailles. La société considère qu'il s'est réinséré et les guérilleros qu'ils ne peuvent s'opposer à son choix du moyen de survivre. Si les gouvernements ne tiennent pas leur promesse ils seront considérés comme sans honneur, car l'honneur consiste à bien traiter les soumis.
On est loin du marxisme et de l'occident qui l'a créé. C'est une lapalissade de dire qu'en Asie l'Asie reste l'Asie. La valeur de la soumission l'emporte toujours sur celle de la révolte. Se rendre, capituler, est recommandé si cette attitude est la solution correcte. Camerone ne sera pas pour l'honneur des armes mais seulement si l'ennemi n'accepte pas la soumission et ne laisse donc pas d'autre choix.
#14792 View oldchapman's ProfileView All Posts by oldchapmanU2U Member
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Je trouve que c'est une " tartine " pour parler
la soumission.

je résume tout ce qui vient d'être dit par simplement ceci : " on n'attrape pas les mouches avec du vinaigre ".

D'autres diraient que pour obtenir la faveur d'une femme, on se soumet à ses caprices et désirs, mêmes les plus fous!
#14799 View Superpredateur's ProfileView All Posts by SuperpredateurU2U Member
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Re : Jusqu'où peut-on aller par patriotisme ? Reply With Quote
Offline oldchapman
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Des causes de la révolution Khmer Rouge,
Texte extrait de "Cambodge année zéro" du père François PONCHAUD


La révolution Cambodgienne a surpris le monde entier par sa violence : comment les Khmers doux et paisibles en sont ils arrivés à transformer le pays de la douceur de vivre en un goulag ? .....


Une révolution conduite par l'étranger ?

De nombreux Cambodgiens rejettent sur l'étranger, en particulier Vietnamien, la responsabilité des excès de cette révolution : "Le comportement des révolutionnaires n'est pas khmer ! Il est inspiré par les Vietnamiens qui veulent anéantir notre peuple et affaiblir notre pays pour se l'approprier". Nous étions proches de les croire, tant les apparences pouvaient leur donner raison.... Cependant il fallut bien admettre que les révolutionnaires vietnamiens étaient bien retournés chez eux... et les dirigeants khmers Rouges ont bien été des ultranationalistes qui ont tenu à prendre leurs distances vis à vis de leur grand frère socialiste.....

Des observateurs ont rendu la Chine coupable. Selon eux, la révolution khmère serait une expérience révolutionnaire modéle opérée par la Chine sur un petit peuple non industrialisé... Les apparences ne leur donnaient pas totalement tort... et sur de nombreux points les dirigeants du Kampuchea ont suivi le modèle chinois : retour à la terre, désir d'autosuffisance, médecine traditionnelle, société rigoureusement égalitaire, positions identiques en politique étrangère etc. Cependant la révolution khmère est trop différente de celle de la Chine pour être conduite directement par elle.

Des méthodes et une révolution typiquement khmères...

La révolution khmère est bien dirigée par des Khmers. Si l'idéologie qui la sous-tend vient de l'extérieur, les procédés employés sont marqués par le tempérament cambodgien.

........ La race khmère est une race de guerriers redoutables... [Elle contrôla un vaste empire]... Si, depuis le XVI ème siècle, le Cambodge subit défaites sur défaite contre ses voisins expansionnistes thaïs et viets, ce recul est dû davantage aux intrigues de palais et à l'incurie des chefs militaires qu'à la diminution de l'ardeur guerrière du peuple. [Durant la guerre d'indochine les officiers jetaient leur dévolu sur des soldats khmers de préférence aux vietnamiens, en juin1970 les Vietnamiens durent battre en retraite devant les Khmers à Kompong Thom, abandonnant des milliers de morts]
....... Qui, de tous temps, a usé de procédés sanguinaires : entre 1968 et 1970 des prisonniers [de l'armée] étaient attachés, ventre ouvert, à des arbres; d'autres ont été projetés du haut des falaises de Bokor; les villages étaient rasés, les villageois tués à coup de bâton par les paysans...
L'esprit de vengeance, cette violence des timides, s'est exercé implacablement, même au risque de conduire le pays à la catastrophe...
..... Le Khmer respecte l'autorité [rappel du vieux fonds hindouiste dans lequel l'autorité est une émanation divine]. Il a une confiance fondamentale dans la capacité des dirigeants... Les Khmers Rouges ont utilisé à leur profit cette capacité instinctive de tout Khmer à obéir au pouvoir en place : on ne s'oppose pas à l'ordre, on évite de se singulariser dans une opposition, on a peur d'être seul à le faire... Ainsi quelques poignées de révolutionnaires ont pu vider Phnom Penh et les autres villes...

Le mode de pensée, la logique khmère est aussi une des raisons des excès : Après de longues palabres, qui peuvent durer des jours, pour établir des statuts où rien n'était oublié, à élaborer des projets aussi irréalisables les uns que les autres, le Khmer fonce sans prendre en compte les réalités annexes, ni prévoir les conséquences pratiques. En fait, on se satisfait de bonnes intentions, et lorsque le projet ou le statut était enfin établi, les difficultés qui les avaient provoquées étaient elles-mêmes résolues ou dépassées.

Autres causes :

Un nationalisme bafoué depuis des siècles...

Les divers aspects du tempérament khmer ne suffisent pas à rendre compte de cette extraordinaire révolution.
D'autres causes ont joué, alors qu'en apparence, peu de raisons poussaient les khmers vers la révolution.

Les Occidentaux n'apercevaient du Cambodge qu'un peuple heureux. Les campagnes vivaient calme, les paysans "adoraient" leur leader vénéré, les villes proprettes et bien administrées donnaient le spectacle d'un développement humain harmonieux, en contraste avec le Vietnam en guerre depuis trente ans ou le Laos resté en léthargie. Il n'y avait apparemment pas de problèmes sociaux ou agraires majeurs. Au contraire de la Chine ou du Vietnam, il n'y avait guère de grandes propriétés. La terre, possession de la couronne, appartenait à celui qui la défrichait. Certes les paysans étaient pauvres, mais rarement misérables; ils vivaient en harmonie avec la nature qui les entourait. "Qu'importe d'être à l'étroit dans sa maison, pourvu que l'on soit à l'aise dans son cœur."

Cet art de vivre portait cependant en lui des germes de destruction. Après la grandeur du XIIIe siècle, le royaume khmer avait connu une très longue période de décadence: Angkor avait été prise une première fois par les Thaïs en 1394, puis totalement abandonnée par sa population en 1432. A la faveur d'intrigues de palais, Thaïs et Viets avaient guerroyé au Cambodge pendant près de quatre siècles, chacune des deux puissances en expansion répondant à l'appel d'un prétendant au trône khmer. Entre 1841 et 1845, le Cambodge avait même été annexé purement et simplement par le Vietnam. Ainsi pendant des siècles, le peuple khmer avait été humilié, écrasé, avait dû subir des invasions dévastatrices, supporter des conscriptions, des levées d'impôts de la part des divers belligérants. En 1863, sur la demande du Roi Ang Doung, puis du Roi Norodom, la France avait établi son protectorat sur le Cambodge.

La colonisation française de 1863 à 1953 avait amené l'ordre et la paix. La France fit rarement sentir la férule de son pouvoir au peuple khmer, contrairement à ce qui se passait au Vietnam voisin et les rapports entre Khmers et Français ont été empreints jusqu'à une date très récente d'amitié réciproque. Seule les mesures prises par le gouverneur Charles Thomson, sous le gouvernement de Jules Ferry en 1884, provoquèrent la colère du peuple khmer : ces mesures, qui ne laissaient au souverain khmer qu'un pouvoir symbolique, aboutirent à une véritable rébellion. Pourtant, de toute l'histoire de la colonisation française au Cambodge, un seul fonctionnaire français a trouvé la mort dans l'exercice de ses fonctions : en 1925, l'administrateur Bardez avait commis la faute impardonnable d'aller lever les impôts à Kompong Chhnang durant la fête sacrée du Nouvel An khmer. Durant la guerre franco-japonaise, de nombreux Français avaient eu la vie sauve grâce à la protection de khmers qui les avaient cachés et nourris.

Cependant la colonisation avait contribué à aviver puis à exaspérer le nationalisme khmer. Sans doute le peuple appréciait la paix et l'ordre, mais la France était un pays étranger.

Consciente de sa grandeur, elle prétendait, avec une assurance tranquille, détenir la norme universelle du savoir-vivre et de la culture. Si de nombreux intellectuels et le prince Sihanouk lui-même savaient gré à la France d'avoir sauvé le Cambodge de l'anéantissement total en 1863, nombreux ceux qui lui reprochaient d'avoir gardé leur pays dans son sous-développement économique et culturel. On reprochait également à la France d'avoir exercé son pouvoir par l'intermédiaire de fonctionnaires vietnamiens. Cette procédure entretenait l'antagonisme ancestral qui depuis plus de sept siècles opposait les deux races. Quand le Cambodge deviendra indépendant, il se trouvera démuni de tout, tant sur le plan économique que sur le plan administratif. La France sera accusée également d'avoir consacré la séparation de la Cochinchine, berceau du Cambodge, au profit des Vietnamiens envahisseurs.

Un régime féodal rétrograde

Dans son système d'administration, la France républicaine aux idées démocratiques s'était appuyée sur le régime en place : une monarchie féodale vieille de près de dix siècles. Les rois portaient une large part de responsabilité dans la décadence de leur pays, mais peu de gens en avaient conscience, le roi, la race et la religion étant les trois bases sur lesquelles reposait la nation. Ce roi "mangeait le royaume", selon l'expression imagée de la langue khmère pour exprimer ce type de gouvernement. Il était secondé par des mandarins féodaux qui à leur tour "mangeaient les provinces". Le pouvoir était considéré avant tout comme une promotion, une récompense personnelle plus qu'un service du peuple, mais les bénéficiaires de ce pouvoir étaient rarement objets de haine ou de révolte : le détenteur du pouvoir avait, tout simplement, de "la chance" ; il bénéficiait d'un bon karma, c'est-à-dire qu'il possédait une " charge de mérites" redevable à la bonne conduite qu'il avait eu la sagesse de mener dans sa vie antérieure. Il ne tenait qu'à chacun "d'amasser des mérites" en cette vie pour obtenir une fonction semblable dans une vie future.

Un courant antimonarchique et antiféodal avait commencé cependant à se dessiner au Cambodge. Déjà en 1336, "le jardinier aux concombres doux" avait détrôné les dieux en assassinant son roi et en prenant sa place sur le trône. Longtemps après, vers les années 1930, sous l'influence des études française, Son Ngoc Thanh et un groupe d'intellectuels cochinchinois commençaient à s'en prendre violemment au régime monarchique et à la France qui le cautionnait. Avec l'indépendance en 1953, le pouvoir royal n'avait guère évolué et restait tout aussi absolu, en dépit d'élection d'un parlement...Dans sa propagande officielle, le régime révolutionnaire Khmer Rouge s'inscrit dans la ligne de cette opposition démocratique, fustigeant la monarchie et son système féodal qui "a réduit le peuple en esclavage pendant deux mille ans et ruiné le pays"

Une économie aux mains des étrangers...

Sur le plan économique, la France s'intéressa fort peu au Cambodge, petit marché dont les richesses en matières premières représentaient peu de valeur. Elle préférait investir au Yunan, au Tonkin ou en Cochinchine, et se contentait d'intégrer le royaume khmer dans son système économique. Si l'on en croit les analyse économiques de Khieu Samphân, l'intégration économique d'un pays sous-développé comme l'était le Cambodge dans le système économique français ne permettait pas le développement du pays : La France importait quelques matières premières en provenance du Cambodge à des prix très bas, mais y revendait très cher, ses produits manufacturés. L'épargne des Cambodgiens servait presque exclusivement à acheter des produits français et non à investir dans le pays. "Les seules périodes d'industrialisation sérieuse des pays sous-développés se situent pendant la guerre mondiale, c'est-à-dire au moment où l'autarcie forcée réduit la concurrence étrangère et que les capitaux étrangers n'affluent plus"

A partir de 1921, la culture des hévéas suscita un regain d'intérêt des capitalistes français qui commencèrent à investir davantage. Là encore, le travail des ouvriers khmers et vietnamiens servait plus au développement de l'économie française qu'à celle du Cambodge, bien qu'elle lui apportât la majeure partie des devises étrangères de son budget. Sur le plan social, les conditions pécuniaires des travailleurs étaient meilleures que celles des autres ouvriers cambodgiens. Il n'en reste pas moins que leurs conditions de vie ressemblaient fort à celles des ouvriers français aux années les plus noires de notre XIXe siècle : Il n'est donc pas étonnant que les plantations aient toujours été des foyers de propagation des idées marxistes, non seulement auprès des vietnamiens, mais aussi des khmers.

L'essor du commerce français et celui des plantations eut pour effet de généraliser l'emploi du cadastre et de réglementer le système de propriété. Sans prendre pour argent comptant toutes les réflexions de Hou Youn dans sa thèse qui s'appuie plus, semble-t-il, sur des présupposés idéologiques anticolonialistes que sur une analyse récente et chiffrée de la situation des terres au Cambodge, on doit cependant constater qu'un malaise commençait à naître. Afin d'acquérir les biens de consommation importés de l'étranger, l'argent devenait nécessaire pour le paysan habitué au troc jusqu'à la fin du XIXe siècle. Seule sa récolte constituait une valeur marchande. Si elle ne suffit pas, sa terre devenait monnaie d'échange pour l'acquisition de billets de banque. Les résidents chinois, à qui les lois de 1929 avaient interdit la culture des terres, devenaient des intermédiaires ou " compradore", vendant aux paysans les marchandises étrangères et leur achetant leurs produits. Faisant sans cesse plus de profit, ils pouvaient prêter de l'argent nécessaire aux paysans à des taux usuraires atteignant 200 ou même 300% par an! Il arrivait à des paysans de ne travailler que pour rembourser de propriété. Ainsi, bien qu'on ne puisse à proprement parler de grosses propriétés, les terres commençaient à se rassembler entre les mains des capitalistes locaux.

En 1956, le prince Sihanouk avait essayé de remédier aux prêts usuraires en instituant un crédit agricole et une sorte de coopérative pour le ramassage des produits agricoles. Mais les directeurs du crédit ou des coopératives exploitaient les paysans d'une façon encore plus éhontée que les commerçants chinois. Le système féodal qui veut que toute charge rapporte un bénéfice ne pouvait être aboli par une loi ou une organisation nouvelle : c'était une transformation complète des mentalités qu'il fallait opérer.

La corruption

Si l'on se tournait du côté de l'administration, c'était la même constatation : l'exercice féodal du pouvoir n'avait guère évolué avec l'indépendance. Les gouverneurs de provinces étaient les nouveaux vassaux qui écrémaient les richesses du petit peuple pour offrir leur tribut à la famille royale, et surtout, disait-on, à la reine mère. Policiers, douaniers, agents de renseignements ayant des salaires dérisoires se rattrapaient sur l'habitant, afin d'entretenir le ban et l'arrière-ban de leur famille et donner prébende à leur supérieurs hiérarchiques. On peut imaginer au prix de quelles exactions. Dans l'administration supérieure de Phnom Penh, la corruption, même du temps de Sihanouk, atteignait à une ampleur à peine convenable. Un député de province, fort corrompu, me disait un jour que les fonctionnaires en poste à Phnom Penh amassaient en un jour plus que lui en un an.

On comprend ainsi qu'une propagande intelligente ait su exploiter ces injustices en "conscientisant" les paysans et attisant leur haine pour les villes où se concentraient commerçants chinois et personnel de l'administration. Je n'ai pas été surpris d'entendre, au matin du 18 avril 1975, un cadre khmer rouge m'expliquer : "Les ennemis du peuple cambodgien, ce sont les commerçants chinois vivant dans notre pays". Traditionnellement, les ennemis des Khmers étaient les vietnamiens envahisseurs. Ce Khmer Rouge présentait une analyse de l'exploitation marxiste de son peuple qui reléguait à l'arrière-plan les haines historiques. C'est sans doute pour cette raison que les commerçants chinois ont été, au dire des réfugiés, beaucoup plus maltraités que l'ensemble de la population déportée.

Certes, les Khmers étaient nombreux à déplorer ces abus du pouvoir féodal; ils aspiraient à un changement de société. Ils ne possédaient cependant pas les outils nécessaires pour analyser leur situation, ni les moyens efficaces pour la changer. Non seulement les gens en place étaient responsables des injustices, mais le peuple lui-même favorisait à son insu les mécanismes d'exploitation, habitué qu'il était à vivre dans ce système.

Même les intellectuels de formation marxiste - il n'en manquait pas - exerçaient leur service public avec des dents aussi longues que les mandarins d'antan. Il suffit de citer tel député-ministre notoirement connu comme progressiste et même communiste : il avait commencé une carrière sans un sou vaillant, mais pouvait, en 1967, se retirer dans son exil en France, avec une copieuse fortune.

Le 18 mars 1970, la jeunesse, le corps enseignant, l'armée et beaucoup de gens probes saluaient le coup d'état renversant Sihanouk comme l'avènement d'une ère de justice, succédant à la pourriture du régime féodal. La République suivit cependant les traces du royaume, et le rêve généreux s'évanouit pour laisser place à une corruption d'autant plus généralisée que le nombre de ceux qui avaient accès aux postes de commandement était plus important que jamais.

L'histoire de la République khmère est, pour les vrais démocrates khmers, celle d'une immense déception. Un changement radical de mentalité et de rapports humains était indispensable. Pour le réaliser, ne restait-il donc que le remède sanglant de la révolution?
#14822 View oldchapman's ProfileView All Posts by oldchapmanU2U Member
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La révolution Cambodgienne a surpris le monde entier par sa violence : comment les Khmers doux et paisibles en sont ils arrivés à transformer le pays de la douceur de vivre en un goulag ? .....


C'est inexact !

Les Américains et la CIA savaient ce qui se passait après 1975 au Cambodge avec le Kampuchea démocratique.


:-(
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Jeune institutrice, elle épouse en 1967, un étudiant cambodgien. Ils partent d’abord en 1975 vivre à Pékin. Puis avec leurs deux enfants, ils vont participer à l’édification du nouveau Cambodge rebaptisé kampuchéa. Cinq ans d’enfer. Après sa fuite, elle a tiré un livre de son expérience : « Au-delà du ciel ».
Dont voici un extrait :

La désillusion commence avant même d’arriver. Dès le départ de Pékin, les représentants de l’Angkar (le Parti communiste) prennent nos papiers, nos objets de valeur, notre argent. A mon arrivée à Phnom Penh, stupéfaite, je découvre l’apocalypse. Rien n’est détruit mais la vie semble avoir abandonné la ville. Quand je revois mon mari pour la première fois depuis un an, il a changé. Il a énormément maigri. Mais, surtout, il est devenu fermé, rigide, doctrinaire. Il me juge, me critique, m’espionne. Peu de temps après, une jeune fille venue de la campagne me confie qu’elle a vu des horreurs et des morts partout. Je rapporte ses propos à Sikoeun. Que fait-il ? Il me frappe et me menace : « Tu n’as rien entendu ! » La loi du silence règne. Un jour, je laisse jouer mes enfants avec une poupée. On m’accuse de leur donner une éducation bourgeoise et on me les enlève. D’autres les élèverons à ma place. Accepter sans rien dire est la seule issue pour survivre. Très vite, je suis cantonnée à B1 dans un espace clos et réduit. Je vais de ma chambre au jardin potager, de la cantine à ma chambre. A tout bout de champ, j’entends parler de complot, de C.I.A, du K.G.B, du S.D.E.C.E, des services d’espionnage vietnamiens, chinois et taïwanais. Même le vocabulaire a changé. Il ne faut plus utilisé les mots « famille », « merci », « s’il vous plaît », « je ». J’obtiens, privilège fou, de pouvoir écrire à ma mère en France. Quand Sikoeun me rapporte la lettre deux semaines après, je dois la récrire car je ne suis pas assez « positive » pour la censure !
Les horaires sont terrifiants. Dès 5 heures du matin, je travaille dans le jardin. Faire attention à ne pas être accusée de sabotage économique en arrosant trop ou pas assez. Ensuite, je donne des cours de français et d’espagnol aux enfants. Puis des cours de dactylo. Suit un travail de bureau : traduire et taper des documents et des discours. Repas en commun à 11 heures. Un vague de bouillon de riz, quand il y a du riz… L’après midi recommence comme la matinée. En fin de journée, j’effectue du « travail socialiste » :, nettoyer quelque part, quelque chose… Suit, après la soupe, une nouvelle séance de travail jusqu’à 22 ou 23 heures où l’on parle du travail du camp et des objectifs à tenir. Et pour finir, à 23 heures, la réunion baptisée « bilan quotidien des actions révolutionnaires ». On raconte ce qu’on a fait dans la journée, on se livre bien sûr à son autocritique et on écoute les critiques sur soi des autres. On se couche vers minuit pour recommencer le lendemain vers 5 heures. Sept jours sur sept, avec une nuit blanche tous les quinze jours. Une seule journée de repos tous les dix jours. Et encore : elle se limite à deux heures le matin où on écoute à la radio les articles idéologiques de Pol Pot. En six mois, je perds 15 kilos et je vois régner Ubu. Des enfants de 12 ans sont désignés comme médecins. Ils rangent les rares médicaments en deux catégories : les sucrés et les salés !
Des gens commencent à disparaître dans notre camp. Une femme pleure la nuit en pensant à son bébé qu’on lui a enlevé. Deux jours après, elle n’est plus là. Le pays est devenu une machine délatrice infernale. Nous ne nous parlons plus avec mon mari. Comme tous les couples ! Lui, cambodgien, proche de Ieng Sary, me critique en public, et moi, française et traître potentielle, j’accepte en disant que j’essaierai de faire mieux. A la fin de 1978, je sens l’étau se resserrer sur nous. Nos jours sont probablement comptés. L’intervention vietnamienne nous oblige à quitter Phnom Penh. Enceinte de 8 mois, je suis bientôt atteinte de malaria. Notre odyssée dans la jungle jusqu’à la frontière thaïlandaise dure vingt-trois jours. Epuisés, les gens meurent en route. Exténuée, ma fille de 6 ans refuse d’aller plus loin et je vois son propre père la frapper et la traiter de saboteuse. J’accouche en pleine jungle le 17 février 1979. Je suis si faible que je ne peux allaiter mon bébé, Beng. Mais il faut encore repartir, organiser la contre attaque. Beng ne survit pas à cet enfer. Il meurt le 10 mai 1979. J’apprends que Pol Pot a consenti à nous laisser partir, mais Sikoeun a refusé. Il est prêt à offrir sa famille en sacrifice pour montrer aux dirigeants l’étendue de sa dévotion. Enfin, en août, après des mois d’errance, mes filles et moi rejoignons Pékin où Sikoeun vient d’être nommé ministre conseiller auprès de l’ambassade. Ensuite, après un nouveau séjour dans les maquis, je profiterai d’une mission diplomatique pour regagner la France avec mes filles. Nous sommes arrivées à Paris le 24 décembre 1980…

L'impossible nous ne l'atteignons pas, il nous sert de lanterne !
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C'est un livre poignant, comme beaucoup d'autres, mais on voit bien le changement de cet homme, qui ne voit plus rien, ni la detresse de sa femme, ni même celle de ses gosses !
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Offline Vicheya
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Ce livre répond plutot à la question "Jusqu'où peut on aller par amour ?"
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Re : Re : Jusqu'où peut-on aller par patriotisme ? Reply With Quote
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Vicheya a écrit



C'est un livre poignant, comme beaucoup d'autres, mais on voit bien le changement de cet homme, qui ne voit plus rien, ni la detresse de sa femme, ni même celle de ses gosses !


C'est tout simplement le récit de la vie d'un homme ordinaire - comme vous ou moi - pas complètement abruti ou ignorant (il est étudiant marié à une institutrice) qui a laissé volontairement sa liberté annihilée par un système qui l'a happé et dépassé.
A ce stade d'aveuglement, il n'y a plus de libre arbitre.

Se soumettre ou se révolter ?
Combien de Cambodgiens de cete triste époque se sont révoltés ? :quoi:
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Re : Jusqu'où peut-on aller par patriotisme ? Reply With Quote
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Surprenant ce récit tout de même...pourtant cette femme était institutrice et française de surcroît...alors comment ça se fait qu'elle ait été épargnée par les massacres ? En tout cas elle est courageuse !

Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rame
Et qui peut quitter son ami
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Ne me parlez pas de politique !
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Offline Vicheya
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Tres peu, et ca se comprend facilement.

Les Khmers Rouges connaissaient tres bien la psychologie de l'homme.
*manque de nourriture
*manque de sommeil
*insecurite constante
*division de la famille
etc...
Beaucoup de ces techniques sont egalemnt employées par les sectes pour enlever aux victimes le désir de contester, de remettre en cause !

#15017 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Offline Vicheya
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Il faut lire le livre Creamy Sopheap !!

D'apres mes souvenirs, il faisait parti des K Rouges !
#15018 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Offline Creamy Sopheap
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Ah tiens, moi aussi ça m'avait fait penser à une secte en lisant certains passages, comme quoi...:-(

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Offline Creamy Sopheap
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Oui je vais lire le livre, rien que l'extrait me donne envie de lire la suite :12: , reste à le trouver maintenant :sarcastic:

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Offline Vicheya
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En le commandant dans une librairie, ca devrait etre bon ! Sinon, à la bibliotheque !
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Offline yayawarman
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C'est un livre qui se lit d'un trait !
Bon ce n'est pas un livre qui a reçu un prix littéraire... mais simplement un beau message d'espoir.

Edité le 29/01/2006 @ 07:33 par yayawarman

L'impossible nous ne l'atteignons pas, il nous sert de lanterne !
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oldchapman a écrit

Vicheya a écrit



C'est un livre poignant, comme beaucoup d'autres, mais on voit bien le changement de cet homme, qui ne voit plus rien, ni la detresse de sa femme, ni même celle de ses gosses !


C'est tout simplement le récit de la vie d'un homme ordinaire - comme vous ou moi - pas complètement abruti ou ignorant (il est étudiant marié à une institutrice) qui a laissé volontairement sa liberté annihilée par un système qui l'a happé et dépassé.
A ce stade d'aveuglement, il n'y a plus de libre arbitre.

Se soumettre ou se révolter ?
Combien de Cambodgiens de cete triste époque se sont révoltés ? :quoi:




Cette personne a choisi son camp en toute connaissance de cause.

A un moment donné au Cambodge, à cette époque, il doit savoir ce qui n'allait pas et doit choisir entre se soumettre et de se révolter comme vous dites.

Mais il a persisté dans son choix.

Seuls des fanatiques sont des individus qui ne veulent pas changer d'avis , ni de sujets,.


Le PM M. HUN SEN et les autres khmers qui l'ont suivi n'ont- ils pas donné l'exemple que d'autres choix sont possibles, celui de la révolte ?

C'est facile de dire aujourd'hui qu'on était victime du système.

C'est comme Khieu Samphan qui essayait de se justifier aujourdh'ui devant la mise en caue de sa responsabilité dans le génocide khmer, par des réponses totalement irrecevables du genre: je ne savais pas ce qui se passait, on était dépassé par le système...


:smilie1:

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Offline virsna_fr
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Originally Posted by oldchapman

Originally Posted by Vicheya



C'est un livre poignant, comme beaucoup d'autres, mais on voit bien le changement de cet homme, qui ne voit plus rien, ni la detresse de sa femme, ni même celle de ses gosses !


C'est tout simplement le récit de la vie d'un homme ordinaire - comme vous ou moi - pas complètement abruti ou ignorant (il est étudiant marié à une institutrice) qui a laissé volontairement sa liberté annihilée par un système qui l'a happé et dépassé.
A ce stade d'aveuglement, il n'y a plus de libre arbitre.

Se soumettre ou se révolter ?
Combien de Cambodgiens de cete triste époque se sont révoltés ? :quoi:


Il ya eu un rumeur de revolte qui se situait dans la region du nord a la frontiere de la Thailand ( Sisophong... ) . Rien que ca tous les responsables de ces regions etaient elimines et remplace par ceux qui venaient de la regions de Kompong Chnam...

Virsna
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Offline yayawarman
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Je rejoins les propos de superpredateur....

L'impossible nous ne l'atteignons pas, il nous sert de lanterne !
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Re : Jusqu'où peut-on aller par patriotisme ? Reply With Quote
Offline Vicheya
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Je pense qu'il y a des cas exceptionnels, comme sous les KR, où l'homme ne peut pas maitriser son avenir. Comme je l'ai dit, les KR ont mis en place un système que l'on retrouve dans les sectes afin d'abrutir les gens. On parle bien de victimes des sectes. Pour moi, ce Sikoeun était une victime également.Ils étaient psychologiquement impossible pour eux de se révolter de facons cohérente et en groupe.

Même cetains chefs de village, sous les Khmers Rouges, ont ete victimes de ces derniers. Certains aidaient par ci ou par là des gens, sans se faire voir, pour ne pas se faire tuer. Il ne faut pas oublier que le fait d'être KR ne vous assurait pas une protection contre la mort !

Plusieurs se sont révoltés en se laissant mourir ou en se suicidant. C'etait une revolte individuelle, certes pas très efficace !
#15151 View Vicheya's ProfileView All Posts by VicheyaU2U Member
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Re : Re : Jusqu'où peut-on aller par patriotisme ? Reply With Quote
Offline virgule
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Superpredateur a écrit

La révolution Cambodgienne a surpris le monde entier par sa violence : comment les Khmers doux et paisibles en sont ils arrivés à transformer le pays de la douceur de vivre en un goulag ? .....


C'est inexact !

Les Américains et la CIA savaient ce qui se passait après 1975 au Cambodge avec le Kampuchea démocratique.


:-(




Exact.

http://www.mekong.net/cambodia/memo0510.htm

Memorandum For The President, May 10, 1976


Editor's Note: The memorandum reproduced below, originally dated May 10, 1976, was obtained from the Gerald R. Ford library and is now declassified. In hindsight, the memo suggests that early official assessments of conditions inside the country were reasonably accurate.


MEMORANDUM FOR THE PRESIDENT
FROM: BRENT SCOWCROFT
SUBJECT: Life Inside Cambodia


Our Embassy in Bangkok has prepared a comprehensive report on "Life Inside Cambodia" (Tab A) based on numerous interviews with Cambodian refugees who have fled to Thailand and on information available from intelligence sources. The report indicates that the Cambodian Communists are radically reconstructing that country using extremely harsh and brutal methods to implement their policies. Some of the more notable comments which the report makes are:

-- Since January 1 the Communists have executed former teachers, students, and even low ranking enlisted men of the Lon Nol military forces. Moreover, anyone who shows any sign of being educated also risks arrest or execution.

-- Executions are reportedly widespread and in many cases members of the entire family of former government officials or soldiers are executed along with the head of the family. Almost all executions occur in the same manner: several Communist cadre beat the person to death with hoe handles or other blunt instruments.

-- The regime is extremely anti-intellectual. One former school teacher described book burnings in Phnom Penh following the Communist takeover including one instance in which the entire contents of the National Library were destroyed.

-- Education has virtually ceased to exist save for some ideological training for children between the ages of 7 and 12.

-- Organized religion is being eradicated. Monks are forced to do work in the fields. Most pagodas have been either dismantled or are being used for other purposes such as to store grain.

-- Virtually everyone has been made a member of a "production cooperative" and forced into agricultural work. To exert control over the population, the Communists have divided cooperatives into ten-man and ten-woman work groups. These groups are further subdivided into three person cells with the tenth person serving as group leader. Each person within a cell is responsible for the other two and should any one member flee, the remaining members of the cell may be executed.

-- Work hours are from dawn to dusk and sometimes even longer. In one province people worked by torchlight after dark until 9 or 10 p.m., and slept at the work site so they could begin work early the next morning.

-- Standards of health have declined drastically and disease is rampant. There are widespread epidemics of malaria, dysentery, and cholera in various parts of the country. Remaining medical medical facilities are open only to Communist cadre. Most doctors are no longer allowed to practice but are either forced into manual labor or executed.

-- In several areas the family unit is being destroyed with children permanently separated from their parents and husbands and wives placed in separate work groups.

The Embassy report concludes that Cambodia is under the control of a xenophobic collective leadership dedicated to attaining a radical change in the social, political, and economic makeup of the country in the shortest time possible. In its determination to achieve results, it appears willing to use any means possible. Other reports reaching us confirm the level of brutality which this Embassy Bangkok airgram portrays.

#15180 View virgule's ProfileView All Posts by virguleU2U Member
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