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HOlY LOLA ( Replies 27 | Views 2152 )
15/10/2004 @ 09:40
HOlY LOLA
Eric
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Le nouveau film de Bertrand Tavernier arrive, Sortie le 24 Novembre 2004.
Le roman HOLY LOLA, auteurs Tiffany Tavernier & Dominique Sampiero ( editions Grasset) sort le 20 Octobre 2004.
Site : www.holylola.com
Eric
#5205
15/10/2004 @ 10:44
RE : HOlY LOLA
Rotha
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Registered 25/04/2003
Je rejouterais, si je peux me permettre, que notre Eric a conseiller Bertrand Tavernier pour le scénario.
En résumé, c'est un film sur un couple voulant adopter au Cambodge ... Eric et sa femme ont du être un très bon conseiller !
Tomb Raider, Les 2 Freres, l'autre film avec Depardieu, Holy Lola, un prochain Jacky Chan, une série télévisé américaine (en préparation, tout ce qu'on sait c'est que cela sera très corrosif !) sur l'ONU et son rôle (dont une partie de la 1ère saison se passera au Cambodge), etc ...
Cambodge va denir un 2ème Hollywood
[Edité le 15/10/2004 à 14:28 par
Rotha
]
#5208
15/10/2004 @ 11:35
RE : HOlY LOLA
Eric
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Registered 12/06/2003
Location NICE
Salut Rotha,
T' inquietes pas , il n' a pas besoin de mes conseils.........
Eric
#5210
22/10/2004 @ 08:25
RE : HOLY LOLA
Vorasith
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Registered 25/04/2003
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Mis en ligne le Vendredi, 22 octobre 2004
Beaune
Bertrand Tavernier au Ciné'Marey aujourd'hui
01
Bertrand Tavernier est aujourd'hui au Ciné'Marey où, à l'issue de la projection en avant-première de son film, Holy Lola, il débattra avec le public.
Holy Lola, avec Isabelle Carré, Jacques Gamblin et Bruno Putzulu, dont la sortie officielle aura lieu le 24 novembre, est le récit d'un désir d'enfant qui entraîne un jeune couple, Pierre et Géraldine, au cœur d'un voyage initiatique au bout du monde, dans un pays martyrisé par l'histoire : le Cambodge. Pour eux, commence une aventure éprouvante et formidable : ronde des orphelinats, confrontation avec les autorités françaises et cambodgiennes, menaces de trafics. Sans oublier la méfiance et la jalousie mais aussi l'entraide de la petite communauté des adoptants réunie par le hasard.
A travers cette quête, le couple fait face à ses peurs, ses égoïsmes. Il se déchire, se rapproche et en sort à jamais transformé.
Bertrand Tavernier, son réalisateur sera là à l'issue de la projection pour débattre avec le public. Un rendez-vous à ne pas manquer.
Ce vendredi au Ciné'Marey à 18 h 15, sur invitation à retirer - dans la limite des places disponibles - à la chapelle Saint-Etienne.
© Copyright Le Bien Public
#5254
19/11/2004 @ 01:10
RE : HOlY LOLA
Vorasith
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Registered 25/04/2003
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Adoption internationale: Le parcours du combattant
En France, quatre adoptés sur cinq viennent de l'étranger. Trois fois plus qu'il y a vingt ans. Le nouveau film de Bertrand Tavernier, « Holy Lola », met en scène la quête douloureuse d'un couple français en recherche d'enfant
François-Guillaume Lorrain
Avotre arrivée, le chauffeur de taxi vous tend sa carte : spécialiste en adoption. Un intermédiaire. Pas forcément véreux. Aucune aide n'est à négliger. A la guest-house, d'autres adoptants vous saluent. Des amitiés se nouent, des clans se forment. Première étape : aller à l'ambassade qui a reçu votre dossier de la MAI, Mission de l'adoption internationale, point de passage obligé des adoptants. Visite formelle. Pour l'instant, celle-ci ne garantit que le visa de sortie pour votre enfant adopté. Il vaut mieux être poli. Etape suivante : le bureau des adoptions du pays concerné, qui a lui aussi votre dossier transmis par la MAI. On vous indique un orphelinat. Mais aucun enfant n'est disponible. Des Nord-Américains, qui paient jusqu'à dix fois plus, les ont réservés. On vous dirige sur un autre orphelinat. Mais il faut attendre le transfert de votre dossier. Vous retenterez votre chance. Entre-temps, on vous parle d'autres enfants. Des intermédiaires louches. Les prix montent, 4 000 dollars. « Avant de partir, il faut se préparer à dire non », explique le docteur de Monléon, spécialiste de l'adoption (lire interview). Malgré l'impatience, vous résistez à ces petits bras tendus. Et dans le second orphelinat, vous trouvez enfin. Echange de regards, croisée des destins.
Mais il manque la lettre d'invitation du pays de l'enfant. Indispensable pour obtenir le visa de sortie délivré par votre ambassade. Plusieurs signatures sont nécessaires, certaines au conseil des ministres, d'autres au bureau des Affaires sociales, souvent fermé. Les « dons », ou bakchichs, sont bienvenus. « Par ailleurs, les procédures changent parfois tous les six mois », précise Tiffany Tavernier, coscénariste du film de Bertrand Tavernier « Holy Lola », qui raconte le parcours du combattant d'un couple parti adopter une enfant au Cambodge. Bienvenue chez Kafka. Souvent l'état-civil est absent. Dans certains pays, l'immense majorité des enfants n'est pas enregistrée.
En France, 23 000 dossiers sont en attente
L'adoption n'est peut-être pas encore un drame national, mais c'est une affaire qui préoccupe de plus en plus de Français. Principal souci : l'adoption internationale, qui fournit 4 000 enfants, soit 4 enfants sur 5 adoptés chez nous. Dans ce domaine, la France, en 2002, était vice-championne du monde, juste derrière la Suède. Mais, chaque année, 4 000 demandes d'agrément - soit une demande sur deux - ne peuvent être satisfaites. Résultat : en 2004, 23 000 familles ont un dossier en attente. Lenteurs administratives. Pays du tiers-monde difficiles à contrôler. Les obstacles s'accumulent pour des adoptants qui, le coeur vacant, vivent d'espoir et de crainte, à la recherche d'un enfant.
Affaire sensible, donc. Affaire politique, aussi. « L'adoption est un sujet national important et qui ne marche pas bien. » Cette déclaration de Jean-Pierre Raffarin, datée de janvier 2004, est à l'origine d'une réforme que la ministre de la Famille, Marie-Josée Roig, annonce pour 2005. Objectif déclaré : d'ici à 2006, le nombre d'adoptions internationales doit doubler. La réforme prévoit la création d'une Agence nationale de l'adoption, qui reprendrait certaines compétences de la MAI. En 2004,15 fonctionnaires ont pour mission de traiter des dizaines de milliers de cas. La paperasse s'entasse. Interrogé sur le budget de la MAI, le Quai d'Orsay est dans l'incapacité de fournir une réponse. A l'évidence, il est dérisoire.
Signe des temps : le film de Bertrand Tavernier, « Holy Lola », qui doit sortir dans les salles le 23 novembre. Pour rédiger cette fiction très documentée, Tiffany Tavernier et Dominique Sampiero ont interviewé des centaines d'adoptants. Le choix du Cambodge, pays à problèmes, n'est pas anodin : le développement de pratiques frauduleuses, les dérives financières de l'administration cambodgienne, certains trafics d'enfants, l'absence aussi d'état civil ont conduit la France à suspendre toute adoption au Cambodge en 2000. Suspension levée en mars 2001 puis rétablie en juillet 2003. Mais deux cas sont en instance de jugement en France : l'un concerne un jugement d'adoption où le tribunal a constaté que le consentement de la mère biologique était douteux. L'autre, un couple qui a accueilli huit petits Cambodgiens sans demande d'adoption.
Par ailleurs, au Cambodge, un des principaux orphelinats, Kieng Klang, qui vit des sommes versées par les adoptants, a dû mettre la clé sous la porte. Dans d'autres pays majeurs, le Guatemala, la Roumanie, la Birmanie, l'adoption a été également suspendue. Pour les autres pays, la France, selon des sources diplomatiques, déclare avoir « la conviction que tout se déroule selon le respect des lois ». Mais une conviction n'est pas une certitude. A Haïti, premier pays en nombre d'enfants adoptés en France - 542 en 2003 -, la responsable des adoptions, accusée de malversations, a pris la fuite. Quant au Vietnam, une timide réouverture s'est amorcée en 2003. Mais 400 dossiers sont en souffrance et les délais peuvent atteindre trois ans. Tout le monde n'a pas, comme Johnny Hallyday, une Bernadette Chirac qui attire l'attention du ministre de la Justice vietnamien sur votre cas. De fait, les conditions difficiles encouragent les passe-droits, mal vécus par des parents en mal d'enfant. Les adoptants, explique la journaliste Elisabeth Quin, qui, dans « Tu n'es pas la fille de ta mère », a raconté sa propre quête, sont des clients complexes, prêts à aller au bout de leur désir. « Nous ne savons pas ce que nous sommes, mais nous savons ce que nous voulons. » Pouvoir dire « ma fille », « mon fils », ces mots vides de sens qu'on remplira au retour en France. Mais avant, la fatigue d'un parcours du combattant.
Les pouponnières de l'Occident
Car il existe une particularité française : deux tiers des adoptants ne passent pas par un OAA (organisme agréé pour l'adoption), mais choisissent une démarche individuelle. La société française, trop atomisée, n'arrive pas à se structurer pour adopter à l'étranger. Les OAA français - Médecins du monde, Rayon de soleil sont les deux principaux - souffrent d'un déficit de moyens, d'un manque de reconnaissance. Leur comportement, parfois, porte préjudice. Conséquence : les Français subissent la concurrence agressive des Nord-Américains, mieux organisés et plus riches.
Les Français préfèrent donc se rendre sur place. Faire l'expérience d'une géopolitique qui a transformé ces contrées en pouponnières de l'Occident. Dès lors, toutes les histoires sont possibles, les plus belles, les plus catastrophiques aussi. A cet égard, « Holy Lola » parcourt toute la gamme des émotions. Tout commence par la stérilité. Echec physique, social aussi. La procréation médicale assistée (PMA) est un processus lourd, hasardeux. L'adoption apparaît comme la solution miracle. On se tourne vers son conseil général et l'aide sociale à l'enfance, qui délivre les agréments. Il faut attester de sa moralité, de sa stabilité, de ses revenus. Deux conseillers, l'un psychologique, l'autre social, mènent l'enquête durant neuf mois. Délai symbolique qui permet aussi de faire le deuil de l'enfant biologique. L'agrément obtenu, on s'adresse à la MAI, qui distille les informations sur chaque pays. On a décidé d'une destination. On a décidé aussi d'y aller seul, sans OAA. La MAI ouvre un dossier, le transmet au pays concerné et vous inscrit sur une liste d'attente. « Holy Lola » a la dent dure contre la MAI, accusée de mettre des bâtons dans les roues des adoptants.
Persuadés que le pays va fermer, qu'il y a des passe-droits, certains partent sans le feu vert de la MAI. Les autres attendent. Un jour, la MAI leur dit : « Vous pouvez partir. » Commence une trajectoire héroïque. « Parce qu'il y a une douleur, un manque, des couples sont projetés à l'autre bout du monde », résume Sampiero.
Mais des problèmes demeurent. En annonçant une réforme de l'adoption internationale pour 2005, le gouvernement a exprimé son intérêt. Cependant, un Etat ne saurait tout contrôler. Ni se substituer au citoyen, là où il s'agit d'une démarche très personnelle. Par ailleurs, peut-on reprocher à un Etat d'être trop vigilant sur la provenance d'enfants ? Les années 90 ont marqué un boom de l'adoption internationale. Mais, depuis 2000, l'Etat français a constaté certaines dérives. Sans doute l'avenir réside-t-il dans une collaboration avec des Etats pratiquant la transparence
« Holy Lola » : la réalité cambodgienne
Bertrand Tavernier n'aime rien tant que se renouveler. Après « Laissez-passer », son grand film consacré au cinéma français durant la période trouble de l'Occupation, il signe aujourd'hui « Holy Lola », une fiction strictement contemporaine, mise en scène au plus près d'une poignée de protagonistes aux prises avec la réalité de l'adoption au Cambodge. Comme d'ordinaire dans ses oeuvres réalistes (« L'appât », « L. 627 »), le cinéaste s'est imprégné du contexte environnant pour bâtir son film. Les acteurs l'ont accompagné de longs mois à Phnom Penh et dans ses environs pour donner à voir avec le plus de précision possible les mystères et les pièges de la vie quotidienne dans les centres d'adoption.
Autour de Géraldine (Isabelle Carré) et Pierre (Jacques Gamblin), couple en quête éperdue d'un enfant, le cinéaste filme l'espoir, la désespérance, la misère d'un pays et la corruption généralisée qui martyrise les plus beaux espoirs...
Même si le cinéaste s'attarde parfois avec trop d'insistance sur ses personnages secondaires, « Holy Lola », évitant à chaque instant la sensiblerie, rend compte avec une émouvante acuité du parcours vital de ses deux héros. Bertrand Tavernier aime agrémenter ses fictions de richesses documentaires. Une fois encore, la réussite est au rendez-vous -
Olivier De Bruyn
« Bientôt un enfant adopté sur deux viendra de Chine »
Le Point : Pourquoi adopte- t-on de plus en plus en France ?
Jean-Vital de Monléon : On constate une stérilité croissante des couples, surtout chez les hommes. En outre, les couples sans enfants sont moins bien acceptés qu'auparavant. Enfin, l'adoption est un phénomène contagieux. Avant, on n'y songeait pas, mais la multiplication des exemples autour de soi incite les couples à se tourner vers cette solution.
Depuis quand adopte-t-on ?
Le premier à légiférer a été Napoléon. N'ayant pas d'enfant avec Joséphine, il souhaitait pouvoir adopter Eugène de Beauharnais. Il s'agit alors d'une adoption entre adultes consentants. Après la saignée de la Première Guerre mondiale, une loi de 1923 permet enfin l'adoption d'enfants. Mais ce n'est qu'en 1966 que la filiation adoptive est mise sur le même plan que la filiation naturelle. Le texte, rédigé par Simone Veil, alors juriste, fut proposé par Georges Pompidou, Premier ministre, qui avait un enfant adoptif.
Sur les 5 000 enfants adoptés chaque année, seulement 1 000 viennent de France. Pour quelles raisons ?
Il y a très peu d'enfants adoptables en France. La loi sur l'IVG a eu une influence considérable. Seulement 700 mères accouchent sous X chaque année. En outre, les foyers de l'Aide sociale à l'enfance, ex-DASS, accueillent beaucoup d'enfants qui ne sont pas adoptables. Leur âge est trop avancé, ils souffrent d'un handicap trop lourd ou font partie d'une fratrie qu'on ne peut séparer. Il se peut aussi que les parents continuent à exercer leurs droits. La France est encore marquée par le droit du sang : même si le désintérêt des parents est flagrant, peu de juges prononcent la déchéance des droits. Pendant ce temps, les parents touchent les allocations. Enfin, les délais pour adopter sont décourageants. Il faut souvent plus de cinq ans.
En 1980, la France enregistrait 1 000 adoptions internationales. Aujourd'hui, le chiffre est passé à 4 000. Pourquoi un tel boom ?
Ce type d'adoption a débuté pour des raisons humanitaires. C'est la guerre du Biafra en 1970, puis le drame des boat people qui ont lancé l'adoption internationale. En vingt ans, l'étranger est devenu moins étrange. Entre l'Internet et les vols aériens, la planète s'est rétrécie. Or deux tiers des Français se lancent seuls dans l'aventure, sans passer par un OAA (organisme agréé pour l'adoption). 80 % des adoptants sont issus des catégories sociales supérieures. Une adoption coûte entre 4 000 et 10 000 euros. Parfois même plus cher.
Quelles sont les autres spécificités françaises de l'adoption internationale ?
Les Français s'adressent à de nombreux pays. Aujourd'hui, on en est à 71. Il y en avait 30 en 1990. La France est ainsi la seule nation à adopter en Afrique. Un quart des enfants adoptés viennent de ce continent. Dans les années 80, la Corée du Sud représentait jusqu'à 75 % des adoptions en France. Puis ce pays hôte des JO en 1988, devenu un dragon économique, n'a plus voulu donner l'image d'un pays qui abandonnait ses enfants. Le Brésil, puis le Vietnam ont pris le relais. Mais des histoires de trafic d'enfants ont causé énormément de tort. Pour 100 adoptions qui se passent bien, une adoption sale va tout gâcher. En décembre 2001, le gouvernement français a demandé à son homologue vietnamien de faire le ménage.
Quels sont pour le proche avenir les pays qui se distinguent ?
La Russie et l'Ukraine sont des terrains favorables pour l'adoption individuelle, elles acceptent les célibataires et les couples âgés de plus de 40 ans, mal vus par les OAA. La Chine a depuis 1998 mis en place une politique d'adoption. Si 80 % des enfants adoptés sont des filles, ce pourcentage atteint 99 % pour la Chine. Là-bas, l'abandon d'enfants est toléré, et les orphelinats sont très bien organisés. La Chine fait confiance à l'Etat français et à certains de nos OAA (Médecins du monde, Rayon de soleil). Les délais sont rapides. En travaillant avec la Chine, on augmentera encore le nombre d'adoptions, ce qui est l'objectif du gouvernement d'ici à 2006. Je ne serais pas étonné qu'avant deux ans une adoption sur deux se fasse en Chine -
Propos recueillis par François-Guillaume Lorrain
© le point 18/11/04 - N°1679 - Page 62 - 2329 mots
[Edité le 19/11/2004 à 01:11 par
Vorasith
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#5548
19/11/2004 @ 14:28
RE : HOlY LOLA
Vorasith
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Avec "Holy Lola", Bertrand Tavernier s'invite dans le débat sur l'adoption
PARIS, 19 nov 2004 (AFP) - 19/11/2004 08h29 - Avec "Holy Lola", qui sort mercredi 24 novembre, Bertrand Tavernier s'invite dans le débat passionnel sur l'adoption internationale (4.000 des quelque 5.000 adoptions annuelles en France), et souligne l'urgence d'une réforme prévue en 2005.
Pierre est médecin-généraliste dans le Cantal, et sa femme Géraldine ne peut pas avoir d'enfant : "Holy Lola" raconte les espoirs et les déboires de ce jeune couple (Isabelle Carré et Jacques Gamblin) qui part chercher l'enfant de ses rêves au Cambodge, et se retrouve livré à lui-même face à la dure réalité des rues de Phnom Penh.
Géraldine et Pierre repartiront en Auvergne avec une petite Lola, non sans affronter les autorités consulaires françaises, l'administration cambodgienne, les orphelinats, la corruption omniprésente, voire la tentation -écartée- du trafic d'enfant.
Enfance et familles d'adoption (EFA) a trouvé le film "émouvant" mais regrette que "seul le désir des parents potentiels soit mis en scène".
Dans "Holy Lola", les parents "n'hésitent pas à aller d'orphelinat en orphelinat pour chercher un enfant, sans prendre en compte la souffrance que représente pour les enfants ce défilés d'adultes. Finalement, les parents sont amenés à +choisir+ un enfant", déplore l'EFA.
"Un certain nombre de familles s'émeuvent et s'interrogent sur la manière dont leurs enfants vont percevoir ce film", ajoute l'EFA, "la plus importante association de familles adoptives".
"démarche inquisitoriale"
"L'adoption n'est pas la quête de parents potentiels qui souhaitent un enfant mais la recherche de parents pour un enfant. Et ce n'est pas une affaire d'argent", insiste l'EFA.
Le film a aussi irrité la Mission de l'adoption internationale (MAI, qui dépend du quai d'Orsay), chargée de délivrer les visas aux enfants étrangers et de suivre "aussi étroitement que possible" les dossiers de parents qui adoptent à l'étranger.
La MAI a rappelé à la presse que la France avait suspendu le 31 juillet 2003 l'adoption d'enfants cambodgiens, pour prévenir les dérives évoquées dans le film : absence d'Etat civil de nombreux enfants, exposés de ce fait à tous les trafics.
"A Perpignan et Montpellier, deux familles françaises sont poursuivies devant des juridictions sur commission rogatoire par des familles cambodgiennes pour enlèvement d'enfant", affirme-t-on à la MAI.
De son côté, la ministre de la Famille Marie-Josée Roig rappelle qu'"il nous faut aider ceux qui vont adopter" dans des pays difficiles et que ce sera la mission d'une agence nationale de l'adoption, attendue pour 2005.
Des "monsieur -ou madame- adoption" seront nommés dans les consulats ou ambassades de France, pour aider les couples qui adoptent par leurs propres moyens : les deux-tiers du total, les autres passant par des Organismes autorisés pour l'adoption (OAA).
Dans son rapport annuel, remis vendredi au chef de l'Etat, la Défenseure des enfants évoque également l'adoption, et notamment la toute première démarche que les futurs parents doivent accomplir : une demande d'agrément au conseil général de leur département, qui mène une enquête.
"Il n'est pas rare" que les entretiens soient "menés de manière inquisitoriale", ajoute la Défenseure, qui demande "d'harmoniser" au niveau national les procédures de demande d'agrément. La ministre de la Famille a indiqué qu'elle planchait sur un "formulaire-type".
© 2003 AFP
#5556
22/11/2004 @ 09:41
RE : HOlY LOLA
Vorasith
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Adoption
Les bébés de la discorde
par Marie Huret
Le dernier film de Bertrand Tavernier, qui relate le périple d'un couple en mal d'enfant, fait naître une polémique
Holy Lola, c'est le prénom du bébé adopté au Cambodge par un jeune couple de Français, Pierre (Jacques Gamblin) et Géraldine (Isabelle Carré), dans le nouveau film de Bertrand Tavernier, qui suscite des remous dans le milieu de l'adoption avant même sa sortie, le 24 novembre. A travers la démarche poignante de ce couple soudé par son désir d'enfant, qui part pour l'Asie, le scénario bouleversant de Tiffany Tavernier et Dominique Sampiero épingle en rafale les travers de l'adoption internationale: le trafic, la ronde des orphelinats, les bakchichs, la jungle administrative.
© Prod.
Trafic, bakchichs, jungle administrative... Holy Lola épingle les travers de l'adoption internationale.
Du coup, la plus importante association de familles adoptives et d'adoptés en France, Enfance et familles d'adoption (EFA), craint, dit-elle, la mauvaise interprétation qui risque d'être faite de ce parcours du combattant. «Seul le désir des parents potentiels est mis en scène, déplore Janice Peyré, présidente d'EFA. On les voit défiler d'orphelinat en orphelinat, bercer les bébés, les reposer, les choisir. Dans la réalité, les parents ne rencontrent pas l'enfant avant d'avoir accepté de l'adopter.»
Près des deux tiers des couples qui vont à l'étranger se débrouillent entièrement seuls - 5 000 familles françaises adoptent chaque année, dont 4 000 hors des frontières. Passage obligé: la Mission de l'adoption internationale (MAI), qui assure le suivi des dossiers et délivre aux enfants les visas nécessaires à leur entrée en France. «Je hais la MAI!» hurle l'héroïne du film de Tavernier. Elle relaie le cri de rage de bon nombre de candidats à l'adoption aux prises avec la rugosité de l'administration française. Sous le feu des critiques, le Quai d'Orsay rappelle que si les procédures sont longues, «c'est au nom du respect du droit de l'enfant, et non du droit à l'enfant».
Mais les problèmes avec l'étranger ne sont pas les seuls. Dans son dernier rapport, remis le 19 novembre à Jacques Chirac, la Défenseure des enfants, Claire Brisset, dénonce les inégalités entre les départements qui délivrent les agréments autorisant les couples à adopter: des taux de refus allant de 2 à 34%, selon les conseils généraux. «Il n'est pas rare que de tels entretiens soient menés de manière quasi inquisitoriale, relève Claire Brisset, s'accompagnant de questions véritablement intrusives.» Pas pour tout le monde: la Défenseure a été saisie d'un cas dans lequel l'agrément, pour un tout petit enfant, a été accordé à un jeune homme de... 76 ans.
© Groupe Express-Expansion
[Edité le 22/11/2004 à 09:41 par
Vorasith
]
#5587
22/11/2004 @ 09:55
RE : HOlY LOLA
Vorasith
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« Holy Lola ».
--Sur une idée de sa fille, Bertrand Tavernier filme un couple parti au Cambodge à la recherche d'un bébé à adopter. Rencontre avec un cinéaste engagé quoi qu'il tourne
Une aventure humaine
SOPHIE AVON
Le désir de parentalité incarné par Jacques Gamblin et Isabelle Carré, le couple vedette de « Holy Lola » PHOTO R.
Plus que tout autre cinéaste, Bertrand Tavernier est passionné par le monde. Il en aime la diversité, l'inattendu, l'exotique, ce qui fait histoire, en somme, le mot étant à prendre dans sa double acception de fiction et d'événement. Il y puise la matière de ses films depuis plus de trente ans, aussi prompt à saisir ce qu'il observe devant sa porte que ce qui l'appelle à des milliers de kilomètres de chez lui. Il y a du reporter chez ce cinéaste curieux, insatiable et généreux. Et tant pis, voire tant mieux, si le reporter s'est depuis longtemps fait voler la vedette par l'homme de cinéma. « J'aime inventer des personnages, dit Bertrand Tavernier, brasser les destins, en être le maître. Un grand reporter, lui, ne peut que constater... »
L'univers des « adoptants ». En tournant « Holy Lola » il a plus que jamais fait face au réel, même si le film demeure une fiction. Mais réaliser une oeuvre de fiction sur un phénomène de société aussi délicat que l'adoption, enrichir l'histoire en y introduisant celle d'un pays, le Cambodge, et retrouver, sous la narration factice, la vérité des « adoptants », voilà qui n'était pas simple. « Il y a des sujets qu'on ne peut pas traiter à la légère, dit le réalisateur. Pour celui-là, on a mis un temps fou à écrire le scénario et à comprendre de quoi il retournait. Ma fille Tiffany a commencé à récolter des témoignages, puis on a fait un premier voyage au Cambodge où on a rencontré beaucoup d'adoptants. Il y a eu douze versions du scénario ! Peu à peu, je me suis laissé envahir par ce pays où j'ai rencontré des gens magnifiques. Je voulais que mon film soit une déclaration d'amour... »
Huit semaines de tournage, « avec beaucoup de fêtes, beaucoup de prières et de rites pour chaque nouveau décor; la seul fois où ça s'est mal passé, c'est quand on a oublié de prier Bouddha... », s'amuse Bertrand Tavernier , des péripéties locales, des comédiens cambodgiens, mais aussi, bien sûr, des comédiens français qui incarnent la communauté de ces hommes et femmes ordinaires dont le désir de parentalité est lui extraordinaire, Jacques Gamblin et Isabelle Carré enfin, en couple vedette, ont achevé de faire de ce tournage une vaste aventure humaine. Une aventure renouant avec la grande histoire, forcément : « J'aimais bien l'idée de tourner dans un pays qui avait été français, comme si quelque chose, ici, m'attachait indéfectiblement, raconte Tavernier. J'ai hésité au départ avec le Mali où le processus d'adoption est très bien fait, mais pour le Mali, en fait, toutes les démarches se passent en France. Ca me faisait un film qui se passait entièrement en Auvergne (le couple formé par Isabelle Carré et Jacques Gamblin est d'Auvergne, NDLR) alors que, pour moi, le film commence quand le couple arrive au Cambodge. »
« L'histoire de ce pays est inouïe, poursuit le cinéaste. Qui sait qu'il a été condamné à un embargo de dix ans à cause de certaines puissances internationales dont la France ? Qui sait que les Khmers rouges ont siégé à l'ONU jusqu'en 1989 ? Qui sait que le Cambodge a subi davantage de bombes que l'Allemagne nazie ? » Engagé quoi qu'il tourne, Bertrand Tavernier mêle sa passion du cinéma, ses indignations politiques et son appétit d'apprendre. Si « Holy Lola » du nom de l'enfant adopté n'est pas, à nos yeux, le meilleur film de sa carrière, il n'en reste pas moins le témoignage précieux d'un cinéaste toujours en alerte.
« Holy Lola »
,
de Bertrand Tavernier. Avec Isabelle Carré, Jacques Gamblin, Bruno Putzulu. Durée : 2 h 08. En salle mercredi.
« Je voulais que mon film soit une déclaration d'amour... »
Copyright Sud Ouest 2004
[Edité le 23/11/2004 à 15:29 par
Vorasith
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#5588
23/11/2004 @ 15:27
RE : HOLY LOLA
Vorasith
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"Holy Lola" : au Cambodge, le parcours douloureux d'un couple candidat à l'adoption
LE MONDE | 23.11.04 | 13h12
Dans ce film où le réalisateur Bertrand Tavernier filme avec pudeur l'aventure éprouvante de l'adoptant, Isabelle Carré et Jacques Gamblin offrent un moment de pure émotion.
Film français de Bertrand Tavernier avec Isabelle Carré, Jacques Gamblin. (2 h 08.)
Les enfants grouillent dans les films de Bertrand Tavernier. Une fillette, sur la lande bretonne, qu'un pédophile tente de séduire avec une poupée (Que la fête commence).
Des bergers violés et assassinés par Bouvier le Terrible (Le Juge et l'Assassin). Des gamins noirs frigorifiés par une éclipse de soleil (Coup de torchon). Les élèves d'une école maternelle en région sous-développée (Ça commence aujourd'hui). Tant d'autres, enfants gâtés, autistes, gamins parqués dans les squares de la rénovation urbaine, enfants du divorce, déguenillés du Moyen Age, nourrissons abandonnés dans un dortoir sous le bombardement. Il semblait écrit qu'il s'attaque un jour au problème de l'adoption.
REGARD COMPLICE
Et, pourtant, c'est sa fille Tiffany (coscénariste avec son compagnon Dominique Sampiero), auteur d'un roman sur le milieu humanitaire de Calcutta qu'il aurait voulu adapter, qui l'a branché sur cet autre sujet : le douloureux parcours du combattant des parents qui cherchent à adopter en enfant à l'étranger. En l'occurrence, ici, le Cambodge, ses ruelles inondées par la mousson, ses moustiques, le souvenir des Khmers rouges, les gamines qui se font violer par les touristes, le Musée du génocide.
Holy Lola (le film porte le nom de l'enfant arrachée aux poignants orphelinats) mêle trois sujets : la peinture d'un pays martyrisé par l'histoire, peuplé d'"anges et de fantômes cherchant Dieu au plafond", et miné par la corruption. Une comédie de mœurs à la saine misanthropie sur les Français qui se retrouvent là-bas au même hôtel, "Loft Story" pour pistonnés, radins, beaufs en survêt Adidas, favorisés à la compassion sadique, buveurs de Martini, mais aussi portraits de femmes en détresse, à l'image de cette émancipée qui claque la porte de cette collectivité factice et assume l'audace d'adopter un enfant atteint d'une hépatite B. Un regard complice sur un couple, enfin, dont l'harmonie est menacée par l'impossibilité de procréer ou d'adopter.
C'est évidemment ce troisième volet qui fait décoller le film. D'abord grâce au charisme de deux comédiens, Isabelle Carré et Jacques Gamblin, que l'on sent surinvestis par le propos, et qui nous offrent, au moment où ils prennent réellement possession de leur fille, un moment d'émotion inouïe. La force de leurs personnages vient plus de la foi avec laquelle ils semblent découvrir le marasme social cambodgien, en payant de leur personne, sans recourir à une composition, que des séquences plus discutables (à la lisière de la sensiblerie) où ils parlent à leur enfant futur dans un dictaphone. Tavernier donne l'impression de cueillir à vif leurs réactions face à une réalité bouleversante. Ils se plient avec sincérité à ce rôle de passeurs de regards.
UN NOUVEAU COUP DE GUEULE
On retrouve la pudeur du metteur en scène dans sa façon de transformer le douloureux calvaire de l'adoptant en une aventure courtelinesque. Ronde des orphelinats, ballets des bureaucrates à l'affût de bakchichs, intermédiaires véreux pratiquant le trafic d'enfants volés, ritournelle des responsables absents, des jours fériés et des bureaux fermés "en raison d'une panne de ventilateur", abus de pouvoir des petits chefs, mascarade des paperasses à fournir, acte de naissance, lettre d'abandon de la procréatrice, lettre de motivation, deuxième copie certifiée conforme de l'acte de naissance avec tampon adéquat, lettre de la mission d'adoption internationale, visa : cette enquête très documentée sur une guerre d'usure ("Tout est en règle, sauf...") s'avère aussi burlesque qu'angoissante.
En dépeignant, comme toujours, des personnages qui vont jusqu'au bout de leur "mission", Bertrand Tavernier ouvre un nouveau dossier sociopolitique, pousse un nouveau coup de gueule. Les scènes filmées caméra sur l'épaule transfusent ses sentiments. Elles sont au diapason de l'élan rythmique apporté par le compositeur Henri Texier, de la sincérité d'un cinéaste qui, d'un film à l'autre, se remet en question. Holy Lola est peut-être un film mineur dans la carrière de ce bouillant insurgé. Il y libère néanmoins, comme jamais, cette émotion qui est sa marque de fabrique.
Jean-Luc Douin
Tiffany Tavernier et Dominique Sampiero cosignent Holy Lola, un roman tiré du film, aux éditions Grasset.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 24.11.04
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#5639
23/11/2004 @ 15:40
RE : HOLY LOLA
Vorasith
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Bertrand Tavernier, Réalisateur de HOLY LOLA
En artisan du cinéma passionné et passionnant, Bertrand Tavernier nous livre, avec HOLY LOLA, un film émouvant sur l'adoption au Cambodge, avec Isabelle Carré et Jacques Gamblin. Une aventure qui laisse au réalisateur des souvenirs très forts et des liens étroits avec ce pays. Interview.
Quel regard portiez-vous sur le Cambodge avant ce film ?
Je connaissais le Vietnam et pensais trouver des ressemblances, ce qui fut le cas pour la circulation ou l'utilisation du moindre espace dans la rue pour faire une échoppe, un petit atelier. Le Cambodge m'a beaucoup surpris. On trouve une agressivité moins grande dans le travail, un comportement plus bouddhiste, ce qui incite des Vietnamiens et les Thaïlandais, bien plus volontaires, à s'emparer de certains commerces.
Le scénario a connu plusieurs versions. Dans quelle mesure êtes-vous intervenu ?
Dès le choix de la structure du sujet. Très tôt j'ai essayé de poser un principe sur le début de l'histoire. Mes scénaristes étaient dans le Nord, nous nous voyions pendant quelques jours à Paris, ils retournaient écrire, nous communiquions ensuite par mail... J'ai proposé des scènes qu'ils retenaient ou pas. Le scénario a été le fruit d'un dialogue continu. Mais la rédaction, c'était leur domaine. A mes yeux, il ne fallait pas remonter dans le temps. J'avais envie que l'on soit très vite dans les rues de Phnom Penh. Le choix des professions des adoptants a donné lieu à nombre de discussions. J'ai par exemple refusé un militaire borné pour le rôle de Fontaine, dont je trouvais la psychologie trop facile. Nous avons beaucoup cherché. J'aurais bien vu un notaire sympathique, comme celui que l'on trouve dans le très bon documentaire PARDEVANT NOTAIRE.
Une des scènes les plus fortes montre le dernier contact de la nounou de l'orphelinat et de Lola, qui part avec ses nouveaux parents. Parlez-nous de cette séquence.
La nounou n'est pas actrice, elle travaille réellement dans cet orphelinat. Je lui ai demandé comment cette séparation se passerait dans la réalité. Elle a fait les gestes, nous avons fait une rapide mise en place avec les comédiens et j'ai demandé discrètement à Alain Choquart, mon chef opérateur, de tourner la répétition. Je vois que petit à petit cette femme fond en larme. Isabelle Carré est étonnée, veut manifester sa sympathie mais elle a Lola dans les bras. Elle monte dans la voiture après avoir eu un regard fort vers elle. Jacques Gamblin, témoin de ces larmes qui le surprennent, veut aussi faire part de sa tendresse mais il sait que la pudeur cambodgienne refuse le baiser sur la joue. Il amorce un geste, lui met la main sur l'épaule pour tenter d'atténuer son chagrin puis il monte dans le taxi. Enfin, la nounou a ce geste de toucher Lola une dernière fois. C'est cette prise que vous voyez dans le film. Je ne lui ai jamais demandé de pleurer, cela nous a tous pris de cours. Nous étions tous très émus. Tout était miraculeux dans cette prise. Cela fait partie de ces moments formidables où subitement tout le monde vous étonne dans le plan. Vous sentez toute l'équipe et tous les comédiens sur la même longueur d'onde, plus rien ne passe par la parole. J'ai éprouvé ce sentiment une quinzaine de fois durant le tournage.
Dans votre film, le rythme a un rôle important. Comment travaillez-vous sur cet élément ?
Le rythme intervient au tournage. Beaucoup de longs plans composent le film, de nombreuses scènes de groupe sont tournées en un seul plan avec beaucoup de mouvement. Je me force également à éviter la phrase qui fait fin de scène, je préfère quelquefois laisser 7 ou 8 secondes après la dernière réplique. Travailler sur le rythme coupe court au sentimentalisme, au nombrilisme, à une manière de se regarder en train de mettre en scène. Il s'agit d'être proche de l'énergie des personnages, en n'étant surtout pas un examinateur clinique. La lenteur ne m'effraie pas pour autant, mais tout le monde n'est pas Becket ou Duras. Des gens que j'admire énormément, de Billy Wilder à John Ford, de John Huston à Kurosawa ou Michael Powell ou même Godard, tous prêtent une grand attention au rythme des films, à la rapidité de la narration. Même Ford, qui n'est pas un cinéaste rapide : quand il accélère le tempo, c'est incroyable. Voyez le flash-back de L'HOMME TRANQUILLE.
Comme pour beaucoup de vos films, la musique tient une large place dans HOLY LOLA. Comment avez-vous travaillé avec le jazzman Henri Texier ?
J'ai découvert quelqu'un qui connaît et aime le cinéma. Le Cambodge est vu à travers des yeux européens. Je ne voulais pas de musique « à la manière de », pas plus que du jazz binaire. Inspiré par les rushes, il a commencé à composer très tôt. Dès le début du montage j'ai travaillé avec des maquettes. Henri m'a proposé de la musique dans deux endroits auxquels je n'avais pas pensé : l'arrivée en taxi et la déchetterie. Dans ce dernier cas, les sons qu'il a faits, un peu « free jazz », sont inspirés des sons réels montés par Elisabeth Paquotte : des bennes, des grincements de véhicules se mêlant à des notes tenues donnent du poids au regard d'Isabelle Carré, la séquence n'est plus seulement documentaire. La musique a influé sur le montage. Des bouts de plan, voire des séquences entières, ont été déplacés car la musique les appelait. Sur place, la musique nous a toujours accompagnés : une petite cérémonie pour chaque nouveau décor. En huit semaines de tournage, nous n'avons pas eu le moindre incident alors que nous tournions dans des conditions difficiles. On peut penser que Bouddha a protégé le film !
(monsieurcinema.com / Propos recueillis par Rémy Batteault)
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#5640
23/11/2004 @ 21:58
RE : HOlY LOLA
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Le Cambodge, terre d'adoption
Holy Lola, c'est le récit d'un désir d'enfant qui entraîne un jeune couple, Pierre et Géraldine, au coeur d'un voyage initiatique au bout du monde, dans un pays martyrisé par l'Histoire : le Cambodge. Bertrand Tavernier revient avec un film émouvant avec comme un thème sensible l'adoption.
Bertrand Tavernier le militant, le cinéaste engagé n'a pas voulu faire un film de combat, un manifeste. Holy Lola est avant tout l'histoire d'un couple qu'il raconte. C'est une histoire de désir, de douleur, de larmes et de grand bonheur… celle de Géraldine et Pierre qui, à peine le pied posé au Cambodge, pour adopter un enfant prennent en pleine figure un pays, sa mousson, son administration corrompue. On les suit à pas dans leur tournée des orphelinats. On partage leurs doutes, leurs espoirs. On découvre aussi la petite communauté des adoptants, tous réunis dans le même hôtel, leur solidarité, leurs petites mesquineries.
La grande force du film, c'est de sonner juste, tout le temps, d'être en permanence sur le fil de l'émotion. Il fallait pour cela deux grands comédiens, Isabelle Carré et Jacques Gamblin, qui avec une rare justesse donnent de l'épaisseur à ces personnages, les rendent profondément attachants.
Il y a aussi la Cambodge, que Tavernier filme avec pudeur, sans misérabilisme, sans concessions. Holly Lola va bien au delà d'un simple état des lieux de l'adoption à l'étranger. C'est un grand film de cinéma débordant de vie et d'humanité.
Denis Girolami
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#5642
24/11/2004 @ 09:31
RE : HOlY LOLA
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Les combattants de l'adoption
[24 novembre 2004]
Lola, c'est un visage et un espoir. Celui d'une petite Cambodgienne en attente d'adoption et le bout du voyage accidenté d'un jeune couple qui veut à tout prix revenir avec l'enfant qu'ils n'ont pu avoir. C'est cette quête semée d'embûches, de tracas administratifs, de jalousies et de trafiquants douteux que conte par le menu Bertrand Tavernier. Une odyssée sentimentale et risquée qu'il partage comme un reporter pour nous la faire vivre comme une aventure.
Dès leur arrivée au Cambodge, Pierre et Géraldine nous entraînent à leur suite. De l'hôtel refuge où se retrouvent et se disputent d'autres couples en attente, au médecin qui s'informe en passant par les administrateurs qui se font acheter, les filières clandestines qui vendent les enfants comme des marchandises lucratives, les hôpitaux, les villages lépreux... Rien ne nous est épargné dans ce parcours des combattants de l'adoption. Et surtout pas l'émotion enveloppée dans un suspense vériste qui ne cesse de rebondir jusqu'au départ.
Avec le style docu-fiction qu'il avait déjà adopté pour L 627 ou L'Appât, Tavernier reconstitue la réalité avec une part de vérité et des fragments de scènes intimistes, celles-ci expliquant et justifiant celle-là. On y croit au point d'accompagner le tandem Jacques Gamblin et Isabelle Carré, le mari médecin mué en aventurier et la fausse femme-enfant frustrée et passionnée, partagés entre l'espoir enfantin et la cruelle déception. Lorsque l'enfant paraît enfin, on partage presque leur joie et leur émotion de tenir Lola dans leurs bras, ultime trésor de leur course éperdue.
On hésite entre saluer la performance de ce faux reportage vécu ou vaguement déplorer la modestie narrative et les quelques longueurs de l'expédition. Mais la réalité de l'aventure et le naturel des interprètes l'emportent. Holy Lola est une belle et cruelle histoire vraie racontée comme un roman et perçue comme un récit.
© lefigaro.fr 2003.
#5645
24/11/2004 @ 09:38
RE : HOlY LOLA
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Isabelle Carré : "Holy Lola, une expérience de vie"
Isabelle Carré tient, avec Jacques Gamblin, le rôle principal du nouveau film de Bertrand Tavernier : Holy Lola. L'actrice revient pour tf1.fr sur la découverte du Cambodge lors du tournage et nous livre son sentiment sur le propos du film : l'adoption.
Mis en ligne le 24 novembre 2004
tf1.fr : Comment avez-vous vécu votre rôle dans Holy Lola de Bertrand Tavernier : comme un nouveau film ou comme une expérience ?
Isabelle Carré : C'est une expérience de vie avant d'être un film oui, c'est sûr. J'espère ne jamais l'oublier, la garder comme une petite fenêtre dans ma tête. Quand Bertrand Tavernier m'a fait lire le scénario, j'étais bouleversée par cette histoire. Il était impossible de ne pas accepter le rôle. C'est évident que ce n'est pas un film comme les autres. C'était partir découvrir un pays, le Cambodge, à travers le sujet de l'enfance et du désir d'enfant.
tf1.fr : Le Cambodge, pays où ce couple part adopter un enfant, n'est pas un endroit comme les autres...
Isabelle Carré : Non, ça a été une vraie découverte, une rencontre. Le film parle du Cambodge de manière très sensuelle. Au début du film, le couple que nous interprétons avec Jacques Gamblin sort de l'aéroport, c'est la saison des pluies, ils se prennent des trombes d'eau sur la tête... C'est comme une nouvelle naissance pour eux. C'est d'abord une rencontre physique avec le Cambodge, la pluie, la chaleur, les odeurs, leurs peaux blanches au milieu de ces peaux dorées. Et puis la rencontre de ce couple qui ne peut pas avoir d'enfant avec une autre souffrance, celle d'un pays meurtri par un génocide.
tf1.fr : On a l'impression dans ce film que "vous ne jouez pas", que les émotions sont les vôtres, pas celles d'une actrice qui interprète un rôle.
Isabelle Carré : Il y a deux aspects : l'histoire est très réelle car les auteurs se sont inspirée d'histoires vraies, de témoignages et d'expériences de couples qui vivaient ou avaient vécu ce type d'adoption. Par ailleurs, ces chocs, dans la rue, dans les orphelinats, étaient les nôtres. Bertrand Tavernier nous avait dit que le scénario était écrit, mais que ce qu'il voulait surtout, c'étaient nos propres réactions, notre regard. Il y a des moments où j'ai craqué, des moments où on n'a plus envie d'être acteur dans ce contexte-là comme lors de la visite du musée du génocide khmer. Jouer aurait été indécent.
Premiers instants avec leur fille adoptive, Lola-
tf1.fr : Dans sa quête d'enfant, le couple que vous formez avec Jacques Gamblin vit des choses terribles, très humiliantes, très violentes. Est-ce le prix à payer pour devenir parents ?
Isabelle Carré : Non, ce n'est pas nécessaire. On peut s'épargner des souffrances. Mais même si l'on se prépare au voyage, que l'on se documente sur le pays, que l'on commence à apprendre la langue, comme mon personnage, le choc est quand même inévitable. Ce couple s'immerge dans ce pays, il adopte un enfant mais aussi un pays.
tf1.fr : Comment à votre avis un couple peut-il traverser une telle épreuve ?
Isabelle Carré : J'ai l'impression que Jacques et moi avions une très grande complicité. C'était très important de faire croire à ce couple, à son intimité. Ce n'est pas l'histoire d'un couple d'occidentaux gâtés qui vont se chercher un enfant ou qui veulent adopter pour essayer de sauver leur relation. Ce sont deux personnes qui ont mesuré l'envie d'avoir un enfant, deux personnes admirables dans leur courage et qui arrivent à se rattraper l'un l'autre quand l'un flanche. C'est à la fois un film sur l'adoption, sur un couple, sur le désir d'enfant et sur le Cambodge.
Sophie LUTRAND
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#5646
24/11/2004 @ 09:42
RE : HOlY LOLA
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Holy Lola
Mis en ligne le Mercredi, 24 novembre 2004
Comédie dramatique de Bertrand Tavernier avec Isabelle Carré, Jacques Gamblin, Bruno Putzulu, Lara Guirao (France, 2h08).
Holy Lola, c’est le récit d’un désir d’enfant qui entraîne un jeune couple, Pierre et Géraldine, au cœur d’un voyage initiatique au bout du monde, dans un pays martyrisé par l’Histoire : le Cambodge. Pour eux commence une aventure éprouvante et formidable, entre ronde des orphelinats, confrontation avec les autorités françaises et cambodgiennes, menaces de trafics. Sans oublier la méfiance et la jalousie, mais aussi l’entraide de la petite communauté des adoptants réunie par le hasard. À travers cette quête, le couple fait face à ses peurs, ses égoïsmes. Il se déchire, se rapproche et en sort à jamais transformé.
#5647
24/11/2004 @ 09:48
RE : HOlY LOLA
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Holy Lola, le douloureux désir d'enfant
Holy Lola, c'est l'histoire d'un couple, Isabelle Carré et Jacques Gamblin, qui arrive au Cambodge pour adopter un enfant. L'histoire d'un couple face au désir d'enfant et face à un pays déroutant.
Mis en ligne le 24 novembre 2004
Loins de leur village d'Auvergne, Pierre, médecin de campagne, et Géraldine (Jacques Gamblin et Isabelle Carré) débarquent au Cambodge pour, enfin, adopter un bébé. Ils croient arriver au terme de leur parcours du combattant. Ils n'en sont qu'au début. La quête d'enfant dans ce pays chaotique, beau mais traumatisé, est à l'image du désir d'enfant : immense, fiévreuse, douloureuse et magnifique. "Je ne crois pas que Bertrand ait fait un autre film où il ait poussé à ce point la limite infinitésimale entre réalité et fiction et orienté ainsi ses acteurs vers cet endroit improbable où ils ne savent plus eux-mêmes s'ils jouent ou s'ils ne jouent plus", explique Jacques Gamblin.
Géraldine et Pierre écument les orphelinats, les administrations, découvrent les filières "parallèles et véreuses", les baqchiches que l'on appelle pudiquement des "dons". Ils s'enflamment, s'impatientent, espèrent, chutent, craquent, "arrivent à se rattraper quand l'un flanche", analyse Isabelle Carré. Mais pour Jacques Gamblin, "le sujet du film n'est pas (...) uniquement l'adoption et les démarches longues et labyrinthiques mais le couple, elle et lui, ensemble, et la force de ce qui les relie malgré les espoirs et les déceptions successifs".
L'intime dévoilé
Bertrand Tavernier s'est inspiré
de témoignages de couples d'adoptants-
Bertrand Tavernier filme au plus juste les espoirs, les faiblesses, la tendresse et l'érotisme de ce couple. Sans forcer le trait, sans caricaturer. Isabelle Carré y est lumineuse, bouleversante, entièrement tendue vers ce but, ce désir boulimique. Jacques Gamblin, plus en retenue, n'en est pas moins touchant… et sensuel.
Quoi de plus intime que le désir d'enfant ? Quoi de plus déplacé qu'un fonctionnaire français qui demande lequel des deux est stérile ? Ce désir, ils vont devoir l'exposer, le revendiquer, le confronter à celui des autres Français qui, comme eux, sont venus chercher un enfant. Et comme eux, ont trouvé refuge dans une pension de Pnomh-Penh. Promiscuité, mesquinerie, compétition mais aussi solidarité. Et dérision lorsqu'ils confrontent leurs "petits mensonges" pour obtenir l'agrément de l'assistante sociale : se prendre en photo dans un appartement plus grand que le leur, laisser traîner Télérama sur la table basse pour impressionner, pour être déclaré "apte". Ce qui ne tue pas renforce … Holy Lola est "à la fois un film sur l'adoption, le couple, le désir d'enfant et sur le Cambodge" estime Isabelle Carré. Un film juste et bouleversant en tout cas.
Sophie LUTRAND
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#5648
24/11/2004 @ 10:46
RE : HOlY LOLA
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Entretien
Les films peuvent être des armes de construction massive. Bertrand Tavernier
Son dernier film est sur les écrans aujourd’hui. Cela n’empêche pas Bertrand Tavernier d’être attentif au sort de l’Humanité. « J’ai abonné au moins une personne et offert des abonnements », nous dit-il goulûment. Cerise sur le gâteau. Il n’en fallait pas tant pour nous donner envie de rencontrer l’auteur de Holy Lola, qui accompagne au Cambodge Jacques Gamblin et Isabelle Carré. Les personnages qu’ils incarnent sont partis là-bas dans l’espoir d’en revenir avec un enfant adopté.
Peut-on commencer en vous demandant si Holy Lola (1) a été un film facile à - monter ?
Bertrand Tavernier. Il a fallu