Newsflash
Si cela n'est déja fait, venez débattre, discuter, parler de vos sujets favoris sur le Cambodge, et de votre vécu au pays dans le forum de KN !
powered_by.png, 1 kB
Interview de Sok Hach (Directeur de l'EIC, Economic Institute of Cambodia) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
21-10-2005
Image
Sok Hach

 1 - Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Sok Hach, Directeur et fondateur de l'EIC (Economic Institute of Cambodia).

 2 - Et à  part être Directeur de l’EIC que faites-vous dans la vie ? 
Je suis aussi Président du CEA (Cambodian Economic Association). Regroupant des jeunes économistes professionnels Cambodgiens, CEA est membre de la prestigieuse FAEA (Federation  of ASEAN Economic Association).
 
Image

3 - Quel est le rôle de l’EIC ?
EIC est un centre de recherche socio-économique du Cambodge. EIC est enregistré comme une ONG (pour des convenances financières et fiscales), agit comme un « Think Tank Institute», et géré comme une société de consulting international. EIC est composé d’environ 35 jeunes professionnels (presque tous Cambodgiens nés au Cambodge), dont la moitié environ dispose de diplôme de Master à l’étranger (ESCP, Université de Tokyo, etc.). Les critère de sélection sont très stricts : l’anglais, les maths, la dissertation, la rapidité et le comportement de travail en équipe. EIC est bien connu pour sa spécialisation dans le domaine de la politique économique, macroéconomie, globalisation, compétition des nations, etc. EIC travaille très étroitement avec les organisations internationales, comme la Banque Mondiale, PNUD, USAID et  CIDA (Canadian aid agency). EIC publie beaucoup de rapports économiques sur le Cambodge.

4 - De nombreux cambodgiens se plaignent de la hausse des prix, quel en est votre constat ? Est-ce un frein au développement du pays ?
Les deux principaux éléments conduisant à la hausse des prix au Cambodge en ce moment sont les prix du pétrole et les prix des produits alimentaires. La hausse des prix du pétrole est un phénomène mondial. Cependant, les prix du pétrole au Cambodge sont plus élevés que ceux des pays voisins à cause de la taxe élevée au Cambodge. Concernant la hausse des prix alimentaires, c’est un phénomène grave pour les cambodgiens, car elle touche spécialement les pauvres démunies, qui représentent une part importante au Cambodge. Cette hausse provient essentiellement de la rareté des produits alimentaires de base, comme le poisson et les légumes. La mauvaise gestion des ressources naturelles du pays est la principale source du problème.

5 - Quels ont été les dégâts dans le secteur du  textile, suite à  la fin des quotas ?
Pour le moment, le secteur de la confection marche encore relativement bien, car les européens et les américains ont continué à limiter les exportations chinoises. La question est de savoir ce qui va se passer d’ici 2008, quand cette restriction sera levée, et surtout quand le Vietnam va joindre l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Actuellement, les exportations vietnamiennes sont limitées du fait que ce pays n’est pas membre de l’OMC. On pense très sérieusement que le Vietnam pourrait devenir membre de l’organisation l’année prochaine.

6 - La dépendance de l’économie cambodgienne vis-à-vis du dollar, est-elle un avantage ou un inconvénient ?
A court terme, c’est très bon, car il vaut mieux faire confiance à Mr. Greenspan (Président de la banque centrale américaine) qu’aux responsables de la banque centrale du Cambodge. Le jour où l’état de droit s’est bien répandu au Cambodge, on parlera de la dé-dollarisation.

7 - Justement, cela ne sera pas trop tard pour la « rielisation » de l’économie ?
Dans cette ère de globalisation, avoir sa propre monnaie n’est pas une nécessité. Dans le cas du Cambodge, le plus important facteur pour le développement économique est l’abondance de crédit à bon marché. Il faut donc que la balance de paiements (plus d’exportation que d’importation, plus d’investissement étranger que la délocalisation, etc.) soient excédentaires. Dans ce cas, les monnaies étrangères (US$, Thaï Baht) seront plus abondantes. Pour ce faire, il faut que les facteurs de production au Cambodge soient compétitifs (faible coût des matières premières, de l’énergie, de la bureaucratie, etc.). La politique d’augmenter la masse de crédit à travers la création monétaire (impression de sa propre monnaie) sans croissance économique (comme c’etait le cas dans les années 80) est dépassée. Il ne fait que provoquer l’inflation (en riel), et donc fortement pénaliser les pauvres qui ne possèdent que du riel.

8 - Quel est le secteur qui se porte le mieux ? Et celui qui va de « mal en pis » ?
Le secteur qui porte le mieux est le tourisme. Et celui qui porte le mal est l’agriculture.
 
9 - Des projets à venir ?
Bien sûr que oui. Mais j’en parlerai un peu plus tard.

10 - Êtes-vous plutôt pessimiste ou optimiste pour l’avenir du Cambodge ?
L’avenir du Cambodge est incertain. Il est donc difficile de faire des pronostics.
 
11 - Dire qu’elle a un avenir « incertain », c’est déjà être pessimiste, non ?
(Pas de commentaire)

12 - Et pour finir, quels sont vos endroits préférés au Cambodge ? 
La région nord-est du Cambodge (Kratie, Stung Treng, Modulkiri et Rattanakiri). Venez visiter vite, avant qu’elle soit totalement « modernisée ».

Merci et bonne continuation

Site web : http://www.eicambodia.org/
Copyright 2000 - 2005 Khmer-Network France Cambodge. Tous droits réservés
Khmer-Network