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HISTOIRE DU SINGE QUI VOLA LA COURONNE ROYALE Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
31-08-2005
Il était un roi qui passait régulièrement se distraire dans la forêt. Un jour il enleva sa couronne, la mit dans un coffre d'or et la fit garder par une femme dans un pavillon. Puis le souverain partit à la chasse avec son armée. Ayant sommeil, la gardienne de la couronne s'endormit. Alors un singe descendant d'un arbre vit cette femme dormir profondément. Il ouvrit le coffre, déroba la couronne royale, s'en coiffa et dansa fièrement sur une branche. Enfin il la cacha. La gardienne, s'étant réveillée, aperçut le coffre ouvert : la couronne avait disparu. Tout à fait affolée, elle se dit:
- Je vais certainement être exécutée par ordre royal.
Elle courut alors partout à la recherche de la couronne, mais en vain ; elle ne la trouva pas et pleura à chaudes larmes. Quand le monarque revint de la chasse, cette femme l'informa de cette affaire : elle avait eu sommeil et s'était endormie"; alors un voleur était venu dérober la couronne royale. Le roi ordonna à tous les gardes d'aller la chercher partout. Tout à coup, ils rencontrèrent un chasseur qui, une arbalète à la main, allait chasser pour assurer sa subsistance. Ils encerclèrent le chasseur, l'emmenèrent se prosterner devant le monarque et dirent :
- Celui-ci est le voleur de la couronne.
Puis ils le confièrent au juge afin qu'il fît son procès. Le juge réfléchit et questionna le chasseur qui lui répondit :
- Je n'ai pas volé la couronne. Je cherche seulement à chasser des animaux dans la forêt et ne me suis jamais approché du pavillon royal.
Le juge dit au roi :
- C'est lui le méchant voleur. Il n'y a personne d'autre qui oserait passer dans cette forêt. Ce n'est pas la peine de faire un jugement. Il suffit de le soumettre à la torture et de l'interroger pour retrouver la couronne.
Le roi ordonna qu'on martyrisât le chasseur. Celui-ci n'était pas le voleur, mais il souffrait tellement qu'il ne pouvait plus le supporter ; il cria :
-Ô Seigneur ! Je suis vraiment le voleur qui a dérobé la couronne et je l'ai donnée au Setthei (l'homme riche) car il m'avait envoyé la voler ; en échange il n'a donné une récompense.
Le souverain, ayant entendu cela, ordonna qu'on arrêtât « l'homme riche » pour le juger. Ce dernier répondit :
- Je n'ai pas envoyé ce chasseur dérober la couronne royale.
Le juge demanda qu'on torturât « l'homme riche ». Quand celui-ci souffrit si fort qu'il ne le supportait plus, il répondit :
- Ô Seigneur ! C'est vrai que j'ai chargé ce chasseur d'aller voler la' couronne royale. Mais je l'ai donnée comme cadeau au Porôhet (chapelain royal).
Le juge demanda au roi d'arrêter le chapelain pour le juger. Celui-ci répondit :
- Ô Seigneur ! Cet « homme riche » ne m'a pas offert la couronne royale.
Le juge demanda au monarque de faire torturer aussi le chapelain. Ce dernier était innocent, mais quand il subit un supplice si douleureux qu'il ne pouvait plus le supporter, il s'écria :
- Maître ! Veuillez desserrer un peu !
Puis il déclara :
- Ô Seigneur ! « l'homme riche » m'a vraiment offert la couronne royale, mais je l'ai dissimulée dans le bois du parc.
Le souverain ordonna qu'on allât l'y chercher. Mais personne ne trouvant rien, il fit recommencer la torture.
A ce moment-là, le mandarin Polatép, venu à l'audience royale, entendit les cris du chapelain, de « l'homme riche » et du chasseur qui gémissaient et se lamentaient très fort ; il réfléchit avec lucidité et se dit :
- Si on continue à les martyriser ainsi, ils mourront. Quant à la couronne, elle disparaîtra définitivement.
Alors il demanda au roi le droit de s'occuper du procès. Le souverain donna son accord ; le mandarin Polatép examina cette affaire avec l'ensemble des hauts dignitaires. Il emmena les trois prisonniers dans une pièce aux murs bien fermés. Pendant la nuit, il envoya un secrétaire aller écouter en cachette derrière le mur sans que les trois personnes ne fussent au courant. Alors « l'homme riche » dit :
- C'est à cause de toi, chasseur, que je souffre beaucoup. Eh, chasseur ! Depuis quand t'ai-je envoyé voler la couronne royale comme tu l'as déclaré ? C'est à cause de cela que le monarque m'a martyrisé ainsi.
Le chasseur répondit :
- Ô, Seigneur ! Je n'ai pas volé la couronne royale pour vous, mais on m'a torturé si fort que je n'ai pas pu le supporter. Alors je vous ai dénoncé afin de pouvoir me sauver un moment.
Le chapelain dit à « l'homme riche » :
- Depuis quand m'as-tu offert la couronne comme tu l'as prétendu ?
« L'homme riche » répondit :
- Ô, Maître ! On m'a torturé tellement que je n'ai pas pu l'endurer. Alors je vous ai dénoncé.
Ensuite il demanda à son tour au chapelain royal :
- Quant à vous, Maître, je ne vous ai jamais donné la couronne royale. Pourquoi avez-vous avoué cela ? Enfin vous avez dit que vous l'avez cachée dans le bois du parc, mais on ne l'y retrouve pas.
Le chapelain royal répliqua :
- Ô monsieur ! Le roi n'a pas examiné minutieusement l'affaire. Brusquement il a ordonné qu'on me torture tellement fort que j'ai parlé sans me contrôler afin qu'on suspende le supplice.
Le secrétaire, ayant entendu cela clairement, nota les paroles du chasseur, de « l'homme riche » et du chapelain royal. Il les rapporta au mandarin Polatép. Ce dernier réfléchit et se dit :
- Le chasseur, « l'homme riche » et le chapelain royal ne sont pas des voleurs.
Ensuite le mandarin Polatép ordonna à un artisan de faire une couronne semblable à la précédente et de l'offrir au monarque. Puis il demanda au roi d'aller à nouveau se distraire dans la forêt du parc et de garder la couronne royale au même endroit que celui où la femme l'avait mise ; il lui dit aussi de faire semblant de dormir tout en n'ayant l'air de rien, mais d'appeler en criant fort à partir du moment où un voleur reviendrait voler la couronne royale. Ayant fait ces recommandations à cette femme, le mandarin Polatép ordonna aux soldats de faire le guet en cachette. Puis le roi partit à la chasse comme auparavant.
Le même singe, descendant de la cime de l'arbre, vit la femme dormir sans bouger. Il ouvrit le coffre, déroba la couronne royale, s'en coiffa et dansa fièrement sur l'arbre. Cette femme cria :
-Ah ! C'est le singe qui a volé la couronne.
Les gardes qui surveillaient la couronne se hâtèrent en criant :
- C'est le singe qui a dérobé la couronne et l'a dissimulée dans un trou d'arbre !
Quand le roi rentra au pavillon, la femme et les gardes l'informèrent de l'affaire en détail. Le souverain ordonna à un garde de monter voir le trou de l'arbre. Il trouva l'ancienne et la nouvelle couronne et il les apporta au roi. Celui-ci dit :
- Ah, c'est le singe qui a volé la couronne. En ce qui concerne cette affaire, si le mandarin Polatép n'était pas venu au conseil de juridiction, le juge n'aurait pas trouvé de solution et aurait martyrisé le chapelain, « l'homme riche » et le chasseur jusqu'à la mort. Quant à ma couronne, elle serait définitivement disparue.
Le monarque, ayant parlé ainsi, donna au mandarin Polatép de merveilleuses bénédictions au milieu de l'assemblée.
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