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Interview de Paul BIN-HENG (Conseiller spécial du prince Ranariddh) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
07-08-2005
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Paul BIN-HENG : Conseiller spécial du prince Ranariddh, ancien Conseiller honoraire au Cabinet de SM le Roi Norodom Sihanouk, et Commandeur de l'Ordre Royal du Monisaraphon
NB de Paul BIN-HENG : Je souhaite tout d’abord préciser que je réponds à cet interview qu’en mon nom propre et non en celui du parti royaliste Funcinpec, non plus en celui de Son Altesse Royale Samdech Krom Preah Norodom Ranariddh.

1) Pouvez-vous vous présenter brièvement ?
Je suis né à Phnom Penh en 1939… Après une scolarité au Lycée Sisowath, j’ai  poursuivi mes études en France, ce dés 1962 à Paris puis en partie à Lyon.  Je suis donc diplomé en Sciences Sociales, Sciences politiques et Droit  puisque je suis Docteur en Droit international, ma thèse portant sur le Cambodge.
J’ai rencontré ma femme sur les bancs de Sciences Po Lyon, de cette rencontre sont nés mes deux enfants. Ceci explique que je me sois installé en France où au fil de l’évolution politique et notamment le renversement de la Monarchie j’ai fait venir la plupart des membres de ma famille. Notre famille a toujours été fidèle à la Monarchie, les évènements ne pouvaient alors que nous inquiéter.
Installés dans la région lyonnaise nous avons refait notre vie sans toutefois oublier le Cambodge et la tragédie qui s’y déroulait. Mon frère aîné, qui a choisi le camp républicain pour lequel il a combattu en tant que Colonel dans la 13e Brigade d'Infanterie du prince Général Chantaraingsey, a payé son engagement de sa vie, sa famille aussi.


2) Quel a été votre parcours avant votre retour au pays ? Des amis vous ont suivi dans votre retour aux sources ?
Notre famille a ouvert un restaurant « Angkor » , un des premiers restaurants asiatiques de la région lyonnaise, une boutique d’import-export a suivi. De mon coté j’ai effectué divers travaux avant de trouver véritablement ma voie suite à une rencontre.
Ma rencontre avec Gabriel Rosset, véritable saint (Gabriel Rosset est d'ailleurs sur le point d'être "béatifié" par l'Eglise Catholique), a profondément modifié ma vie. A sa suite je me suis engagé dans des activités au service des plus démunis. D’abord bénévole, j’ai fini au terme de plus de 20 ans de présence comme Directeur de plusieurs centres d’hébergement du Foyer Notre Dame des Sans Abris, ainsi que du Foyer des Trois migrants et d'autres structures associatives. Il s’agissait en quelque sorte de rendre à la France ce qu’elle m’avait donné en acceptant ma famille comme travailleur migrant, puis en nous accordant la nationalité française.
Je ne me suis jamais éloigné non plus des réalités cambodgiennes, à l’époque cela allait de l’accueil des premiers réfugiés au militantisme politique en faveur des actions du prince Norodom Sihanouk. Membre de tous les mouvements créés par le Prince, j’ai avec l’aide de quelques amis organisé dans la région Rhône Alpes la Communauté sous le patronage de l’Union Générale des Cambodgiens. Nos principaux faits d’armes ont alors été une manifestation opposée à l’occupation vietnamienne en 1979 réunissant 4000 personnes à Lyon puis à Genève, et l’accueil la même année de Samdech Euv à Lyon pour un meeting réunissant l’ensemble de la diaspora française.
Ma vie de famille me permettant alors plus de liberté, j’ai effectué de longs séjours à la frontière thaïlandaise à la fin des années 80. C’est à partir de là que je suis retourné au Cambodge au moment des élections de 1993, en tant qu'Expert juridique de la Communauté européenne auprès du premier Ministre. Mon frère cadet (* le général BIN Sovanna décédé récemment) m’a rejoint peu après. Peu d’amis sont venus, il faut dire que peu de cambodgiens de Lyon sont revenus à l ‘époque, surtout si l’on compare au fort contingent parisien de 1993.


3) Et à part de la politique, que faîtes-vous d'autres ?
Je dirige un cabinet d’avocats que j’ai créé il y a maintenant 5 ans, notre clientèle n’est pas très importante mais stable. J’ai durant 3 ans été membre du Conseil de l’Ordre… je dois avouer m’en éloigner un peu aujourd’hui au vue des forts conflits d’intérêt qui en paralyse le fonctionnement. Ce d’autant plus que si à l’avenir des fonctions gouvernementales m’ étaient confié il y aurait incompatibilité, je prépare donc l’avenir avec mes collaborateurs.
Mon frère cadet a créé il y a quelques années le Lyon d’Or, un café-restaurant…L'idée était de créér un lieu de rencontres pour les personnalités locales et les gens de passage... je dois avouer que j’aime y passer du temps pour échanger des idées avec les habitués et les nouveaux.


4) Quel est votre rôle au sein du FUNCINPEC ?
Je suis Conseiller spécial du Président. Mes domaines de compétence sont essentiellement juridique et notamment ce qui concerne les droits de l’homme.
Je suis membre du Comité directeur et j’ai été jusqu’il y a peu Secrétaire général adjoint du parti. Les mois qui viennent pourraient me voir prendre la tête d’une des listes du parti pour la campagne des élections sénatoriales.
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Paul BIN-HENG avec le prince Sirivuddh (secrétaire-général du parti Funcinpec)

5) Quel est le programme du FUNCINPEC ?
Il serait fastidieux de présenter ici tous les points du programme du FUNCINPEC. Pour résumer disons que le FUNCINPEC a pour référence le Cambodge du Sangkum Reastr Niyum… La devise du Cambodge résume en fait assez bien notre programme.
NATION – le FUNCINPEC reste avant tout un parti nationaliste, nous avons combattu par le passé pour l’indépendance du Cambodge et nous continuons à militer pour son indépendance et sa souveraineté. C’est pour cela que les notions d’intégrité territoriale et de contrôle de l’immigration sont très importantes pour nous, le Cambodge a déjà perdu beaucoup de territoires par le passé et sans tomber dans une version paranoïaque de l’histoire c’est en grande partie à cause de nous mêmes, par manque d’unité et par absence de réaction aux étapes cruciales, c’est pourquoi nous nous devons de réagir, il est déjà trop tard pour anticiper mais pas trop tard pour contrôler.
ROI – le FUNCINPEC a été fondé par le Roi-Père, aujourd’hui encore une grande partie de la famille Royale est membre ou nous soutient. A la différence des deux autres grands parties nous ne sommes pas royalistes de façade, cela ne corresponds pas chez nous à un jeu politique ou à un opportunisme électoral, il s’agit pour nous de défendre certaines valeurs autour du Trône. Le Roi est et doit rester le symbole du Cambodge et de son Peuple. Suivant l’exemple historique des règnes précédents nous entendons promouvoir une Monarchie sociale, en défense des populations les plus défavorisées. Maintenir la Monarchie permet de perpétuer une tradition de 1000 ans, d’assurer une continuité historique et donc de conserver un destin national.
RELIGION – le FUNCINPEC n’est pas un parti intégriste, mais estime que la religion elle aussi permet le maintien de valeurs saines et qui devraient être à la base d’un véritable développement social. Ces valeurs sont communes à bien des religions, c’est pourquoi nous prônons un respect égalitaire des autres cultes, nous comptons dans nos rangs des dirigeants, des cadres, des militants de confession musulmane ou chrétienne. Seul le prosélytisme de certains cultes nous inquiète d’autant que ce prosélytisme a souvent des vues politiques.
Moi même bouddhiste j’ai longtemps baigné dans un environnement catholique par ma belle-famille cela ne me pose aucun problème aujourd’hui. C’est cela notre but, unir les Cambodgiens autour de valeurs communes et développer notre pays en suivant ces valeurs et traditions. Je cite souvent l’Espagne du Roi Juan-Carlos comme une référence, la Thaïlande aussi bien qu’il y aurait beaucoup plus de choses à redire, mais bien sûr le contexte est différent, le Cambodge doit créer sa propre voie.

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Paul BIN-HENG lors d'un meeting du FUNCINPEC à Siem Reap

6) L'Alliance des Démocrates, c'était trop beau pour être vrai ? Un coup d'épée dans l'eau ?
Quelle relation reste-t-il avec vos homologues du PSR ?

Les relations d’homme à homme sont personnelles, elles peuvent être bonnes ou mauvaises par delà les allégeances politiques. J’ai du respect pour certains de mes collègues du PSR, tel Mme Mu Sochua, qui croient vraiment en certaines valeurs que j’estime avoir en commun avec eux. J’estime beaucoup moins les autres, plus portés sur les coups politiciens et autres provocations.
L’Alliance des Démocrates correspondait aux attentes d’une grande partie de notre électorat… Elle correspondait aussi aux conditions politiques de ce moment là. Je n’ai personnellement jamais crû à une fusion véritable des deux partis. Il s’agissait de négocier en force, royalistes et PSR côte à côte, nous y avons réussi. Les négociations ont été menées en commun avec le PSR face au PPC, la plupart de nos revendications ont été acceptées, aux observateurs de voir en fin de mandat si ces mesures ont été correctement appliquées.
Les samrainsystes ont choisi de quitter l’alliance au moment où les négociations aboutissaient, c’est étrange mais c’est ainsi. Je pense qu’une coalition tripartite ne correspondait pas à la stratégie politique de ce parti et surtout de ses mentors américains… Le PSR a choisi de rester dans l’opposition c’est son choix mais c’est sur lui que repose la responsabilité de la fin de l’Alliance. Depuis de nombreux cadres du PSR, pour certains des hauts dirigeants, ont choisi de continuer l’Alliance en rejoignant le parti royaliste FUNCINPEC… Je sais personnellement que la décision de notre parti de poursuivre notre coalition avec le PPC est mal perçue dans de nombreux milieux, j’estime pourtant qu’il s’agissait alors du meilleur choix pour le pays.
Aller à une nouvelle confrontation, revivre les journées de 1997, n’aurait certainement pas fait avancer la cause nationale, bien sûr il est aisé de parler de résistance à partir des villas de Versailles, mais nous, sur
place, nous connaissons le prix de telles attitudes et nous en savons le coût pour le Cambodge.


7) Certains membres du Funcinpec, ainsi que leurs familles ont été massacré en 97, pourtant le Funcinpec semble avoir déjà oublié, les morts sont oubliés aux profits de la réconciliation nationale (tout comme le procès des KR) ?
Nos camarades ne sont pas oubliés, ce serait nous faire injure que de penser cela. Tous les ans nous commémorons ceux des nôtres qui sont tombés en 1997 mais aussi ceux morts au combat durant les années de Résistance. Nos militants aussi, les royalistes des villages de province, ceux qui sont ont été assassinés lors des précédents scrutins électoraux.
C’est parce que nous savons le prix de la guerre, que nous souhaitons la paix et que nous sommes prêts à faire des sacrifices pour elle ? Sans paix, pas de stabilité, sans stabilité pas de développement.
Le Cambodge sort de 30 ans de guerre civile, ce n’est pas la France… Il n’y a eu ni vainqueur, ni vaincu dans ce conflit, alors oui il faut composer, nous le savons que trop bien depuis 1997. Nos armes ne sont plus guerrières, les choses changeront peu à peu il faut l’espérer, nous y travaillons probablement mieux en partageant le pouvoir. Cela n’empêche pas que nous espérons voir un jour juger les assassins de 1997, cela nous l’attendons.


8) Au sujet du jugement des dignitaires KR, tout est prêt, mais cela semble encore trainer, pourquoi ?
Comme beaucoup de compatriotes j’ai eu des membres de ma famille qui ont disparu sous le régime communiste. Le gouvernement, du moins sa partie PPC, invoque des motifs financiers pour le repousser, probablement les raisons sont surtout politiques. Beaucoup de gens ont intérêt à parasiter ce procès, et pas seulement au Cambodge.
Je souhaite ce jugement mais le résultat en sera t-il déterminant pour l’avenir du pays ? Juger un régime politique est toujours difficile car apparaît alors seulement la justice des vainqueurs. J’entends ici et là que ce jugement sera un premier pas pour un état de droit, je pense qu’un premier pas, bien plus important et efficace, serait déjà de retrouver et juger les assassins de Om Radsady, Chea Vichea et autres victimes de ces dernières années. Juger des vieillards qui ne sont plus protégés par personne ne renforcera pas la confiance de la population en la justice.
Néanmoins ce jugement doit avoir lieu et je prie sincèrement pour qu’il ai lieu, toute la question est de savoir dans quelles conditions.


9) Au fil des élections le Funcinpec perd des voix, comment allez-vous faire pour remonter la pente ?
Il y a plusieurs éléments pour expliquer la baisse de la popularité du FUNCINPEC.
Les gens ont en 1993 placé de grands espoirs en notre parti, probablement trop comparativement aux moyens qui nous étaient donné, puisque bien que vainqueur l’ONU nous a alors obligé à partager le pouvoir avec les perdants de l’élection. Quand je parle de partage du pouvoir il faut voir dans cette question la principale raison du coup d’état de 1997, le refus par le PPC de se voir distancer.
Sans bien même parler des drames individuelles qu’il a causé, ce coup d’état a fait énormément de tort à notre parti. Nous avons perdu des individus de valeur, notre organisation a été réduite à néant et chose plus importante juillet 1997 a brisé en quelque sorte le rêve de 1993. La peur aujourd’hui prime de beaucoup sur les convictions au moment du vote, alors qu’en 1993 la présence de l’ONU rassurait les populations.
Nos adversaires ont été intelligents et ont su utilisé nos propres divisions, sur la trentaine de partis qui présentent des candidats à chaque fois, la plupart sont issus de dissidence du FUNCINPEC, autant de voix qui à chaque scrutin ne servent à rien sinon à renforcer ceux d’en face. Qu’est ce que le PSR lui même sinon une dissidence du parti royaliste ?
Voilà des raisons que je dirai extérieures à notre déclin actuel, mais il faut aussi savoir se regarder le nombril. Le positionnement du FUNCINPEC est difficile car nous sommes entre deux chaises. Il est plus facile d’être en dehors du gouvernement à critiquer que d’essayer de pousser aux réformes de l’intérieur. Les gens qui sont contre le PPC auront pour beaucoup le réflexe facile de soutenir le PSR, mais ceux qui savent regarder voient qui est la véritable alternative, le PPC le sait, je vous assure qu’en cas de nouvelle crise ils sauront sur qui taper !
Sans le FUNCINPEC aujourd’hui le Cambodge serait peut être dans la situation du Laos voisin. Il ne faut pas oublier les années de lutte qui ont permis sinon de remporter la victoire au moins de pousser le Vietnam à négocier, à se retirer. Sans le FUNCINPEC, sans le prince Ranariddh, il n’y aurait pas de démocratie au Cambodge, bien sûr ce n’est pas parfait loin de là mais au moins il y a un début… les gens ont la mémoire courte surtout la diaspora, car il ne faut pas oublier que sans la paix de 1991 aucun d’entre nous ne pourrait rentrer au pays, ne serait ce qu’en touriste.
Le pays est aujourd’hui en paix, on peut aujourd’hui dire ce que l’on pense au Cambodge, tout cela est à mettre au crédit du FUNCINPEC… Ce sans parler de la restauration monarchique qui correspondait et corresponds aux vœux de l’immense majorité de la population. . Bien sûr nous ne pouvons toujours baser notre discours sur le passé, je suis conscient que le FUNCINPEC a déçu beaucoup de gens mais je suis sûr que ceux qui aujourd’hui votent Sam Rainsy pour s’opposer au PPC, que ceux qui ne votent plus ou qui acceptent de se laisser acheter par dépit, ceux la retourneront un jour en notre maison et revoteront FUNCINPEC, ce si nous leur prouvons que nous sommes et restons une alternative crédible.
Nous sommes un parti responsable, nous travaillons pour le pays… à nous de l’expliquer, à nous de travailler dur pour avoir des résultats à montrer.
C’est la seule solution , mais ceux qui misent sur la fin du FUNCINPEC se trompent.


10) On voit de plus en plus de belle villas, de gros 4X4 mais aussi de plus en plus de mendiants, la corruption en est la cause ? Comment combattre ce "cancer" ?
Tout d’abord il faut faire attention, beaucoup de 4x4 ne signifient pas que les gens qui les conduisent sont très riches… Etre vu est important au Cambodge, on investit plus sur une voiture que dans l’intérieur de sa maison, c’est un fait… maintenant évidemment la corruption est omniprésente et touche tout le monde, tous les milieux, là est le drame.
Eliminer la corruption est une tâche colossale, au sens où il faudrait nettoyer la société entière, de haut en bas et de bas en haut. Il y a des exemples de réussite en Asie, Singapour ou Hong Kong où des autorités avec les pleins pouvoirs sont arrivés à lutter contre ces pratiques. Est-ce possible actuellement au Cambodge ? Je pense qu’il faut être réaliste, la corruption a toujours existé, partout, et je dirai en Asie peut être plus qu’ailleurs. Une réforme du système est la seule solution, moins de fonctionnaires, mais mieux payés, la question est que va t-on faire des partants ? Même en augmentant les salaires, ce que nous avons fait récemment, les sommes n’atteindront jamais celles des revenus parallèles, alors il faudra faire des exemples et surtout faire appel au civisme. Ce civisme est inexistant pour les générations actuelles, il faut miser sur les jeunes, par l’éducation mais cela prendra du temps.
Le problème de la corruption au Cambodge n’est pas qu’elle existe, mais qu’elle devienne négative et paralyse en partie le développement, c’est cette corruption qui bloque les bons projets et favorise les mauvais, celle qui est exponentielle sans rapport avec les activités concernées qu’il faut éliminer. Mais je ne pense pas que cela soit réalisable facilement et rapidement. Ceux qui promettent ainsi seraient probablement les premiers à poursuivre ce système demain, il faut faire attention à la démagogie.
La proposition de demander aux hommes politiques de déclarer leurs biens et revenus est démagogique, car rien n’empêche de mentir en rédigeant cette déclaration, de placer des biens sous des faux noms, sous le nom de proches.
Elle est démagogique mais symbolique, ça peut être un début, pourquoi pas ?

11) Vous êtes un conseiller du Prince Rannaridh, pourquoi ne porte-t-il pas plainte contre l'Express pour diffamation ? (Suite à un article, où Sam Rainsy l'accuse de corruption).
Je ne conseille pas Samdech Krom Preah sur ce dossier, je ne suis pas son avocat, je dois avouer ne guère suivre ce dossier, une plainte a t-elle été déposée ou non je n’en sais rien ?
Ce que je sais c’est que les procédures de ce genre sont longues et coûteuses, cela en vaut-il la peine ? Les observateurs impartiaux savent que l’Express est proche du couple Sam Rainsy, que ce journal reprenne à la ligne les écrits de ceux ci n’étonnent plus personne. Dans cet article on parle même d’un assassinat pour couvrir cette corruption, est-ce bien sérieux de la part d’un tel journal à grand tirage ? On prête plus attention aux histoires avions qu’à un éventuel meurtre cela prouve bien que l’article ne repose que sur peu de faits.
Cette histoire d’avions est assez étonnante, ils appartenaient au prince et lui ont été dérobé en 1997, aujourd’hui ils lui sont rendus, est ce là objet à contestation ? N’y a t-il pas des dossiers plus importants à évoquer ?

12) Quel conseil donneriez-vous à un(e) jeune franco-khmer(e) qui veut se lancer dans la "jungle politique" du Cambodge ?
Faire de la politique cela signifie servir… servir une cause, servir des idéaux, servir un leader… cela ne signifie pas « se servir », c’est important de le comprendre car beaucoup de personnes l’oublient au Cambodge et ce dans tous les partis.
Si un jeune a un idéal, s’il croit en ce qu’il fait alors c’est son devoir de s’engager mais je lui demanderai de bien faire attention, les bonnes volontés et les bonnes intentions peuvent souvent être manipulées. Il faut bien connaître les sujets, ne pas se contenter des « ont dit », c’est cela qui est difficile de France. Mais en tout cas la relève est bienvenue si elle est constructive, si cela amène quelque chose au débat.

13) Pour les prochaines élections de 2008, quels seront les changements stratégiques de votre parti ? Vos attentes ? Et votre pronostique  ?
Les prochaines échéances sont sénatoriales puis communales... il est important pour nous de parvenir à établir une base solide sur le plan local, cette base qui nous fait défaut depuis juillet 1997. C'est ce que nous nous appliquons à faire, en faisant rentrer nos partisans dans l'administration. Au cours des précédents mandats même si nous avions la tête de certains ministères tous les échelons en dessous ne dépendaient que du PPC, maintenant nous espérons pouvoir faire progresser nos réformes grâce à cette meilleure implantation. Cela est vrai tant dans les ministères qu'au niveau local, Srok, Phum....
Il est encore trop tôt pour parles de pronostic au vue des élections de 2008, les deux échéances qui précedent sont trés importantes, mais il est évident que le Funcinpec doit se ressaisir et regagner le terrain perdu.


14) Et pour finir, en un mot comment qualifierez-vous les autres partis ? CPP ? PSR ? Les petits partis ?
CPP = vieux et communiste… le pouvoir de l’argent et les habitudes que cela entraîne.
PSR= démagogue et ambitieux dans le mauvais sens du terme, l’ombre américaine… royaliste au Cambodge, républicain dans la diaspora…
Petits partis= fantômes dans les idées donc inutiles dans le débat, beaucoup sont inutiles car ne repose sur aucun projet sinon des manoeuvres politiciennes ou des ambitions personnelles, c'est un des drames du Cambodge : tout le monde veut être président de quelque chose...
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